{"id":856,"date":"2026-03-26T11:30:08","date_gmt":"2026-03-26T10:30:08","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/crassule-de-vaillant\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"crassule-de-vaillant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/crassule-de-vaillant\/","title":{"rendered":"CRASSULE DE VAILLANT"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Crassule%20de%20Vaillant.jpg\" alt=\"Planche botanique Crassule de Vaillant\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Crassula vaillantii<\/em> (Willd.) Roth, commun\u00e9ment appel\u00e9e crassule de Vaillant, est une petite plante annuelle de la famille des <strong>Crassulaceae<\/strong>. Nomm\u00e9e en l&rsquo;honneur du botaniste fran\u00e7ais S\u00e9bastien Vaillant (1669-1722), cette esp\u00e8ce discr\u00e8te appartient au genre <em>Crassula<\/em>, vaste ensemble de plus de 200 esp\u00e8ces principalement sud-africaines. La crassule de Vaillant est l&rsquo;une des rares repr\u00e9sentantes europ\u00e9ennes de ce genre essentiellement tropical et subtropical. Elle se rattache \u00e0 la section <em>Tillaea<\/em>, regroupant les crassules annuelles miniatures de l&rsquo;Ancien Monde. Longtemps d\u00e9crite sous le nom <em>Tillaea vaillantii<\/em> Willd., elle a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e dans le genre <em>Crassula<\/em> au terme de r\u00e9visions taxonomiques confirm\u00e9es par la phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La crassule de Vaillant est une plante annuelle minuscule, souvent presque invisible, haute de 1 \u00e0 5 cm seulement. La tige est gr\u00eale, dress\u00e9e ou ascendante, simple ou ramifi\u00e9e d\u00e8s la base, rouge\u00e2tre \u00e0 verd\u00e2tre, glabre, l\u00e9g\u00e8rement translucide. Les feuilles sont oppos\u00e9es, sessiles, ovales-oblongues \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9es, charnues, longues de 2 \u00e0 4 mm, conn\u00e9es \u00e0 la base en courte gaine. Elles sont vert p\u00e2le \u00e0 rouge\u00e2tre, glabres, \u00e0 marge enti\u00e8re. Les fleurs sont solitaires, axillaires, subsessiles ou bri\u00e8vement p\u00e9doncul\u00e9es, tr\u00e8s petites (1 \u00e0 2 mm de diam\u00e8tre). Le calice est compos\u00e9 de 3 \u00e0 4 s\u00e9pales soud\u00e9s \u00e0 la base. La corolle comprend 3 \u00e0 4 p\u00e9tales libres, ros\u00e9s ou blanch\u00e2tres, plus courts que les s\u00e9pales. Les \u00e9tamines, au nombre de 3 \u00e0 4, alternent avec les p\u00e9tales. Le gyn\u00e9c\u00e9e est constitu\u00e9 de 3 \u00e0 4 carpelles libres, chacun surmont\u00e9 d&rsquo;un style court. Les follicules, tr\u00e8s petits, contiennent de nombreuses graines minuscules, ovales, brun clair, finement stri\u00e9es. Le syst\u00e8me racinaire est filiforme, superficiel, adapt\u00e9 aux substrats temporairement humides.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La crassule de Vaillant est une esp\u00e8ce des milieux temporairement inond\u00e9s, caract\u00e9ristique des mares temporaires, des bords d&rsquo;\u00e9tangs exond\u00e9s, des orni\u00e8res humides, des chemins argileux gorg\u00e9s d&rsquo;eau en hiver et ass\u00e9ch\u00e9s en \u00e9t\u00e9. Elle affectionne les substrats siliceux, argileux ou sablonneux acides, pauvres en nutriments, formant des communaut\u00e9s amphibies de l&rsquo;alliance phytosociologique <em>Isoetion<\/em>. Sa r\u00e9partition est m\u00e9diterran\u00e9o-atlantique, s&rsquo;\u00e9tendant de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique au Proche-Orient et au nord de l&rsquo;Afrique, avec des extensions vers l&rsquo;Europe atlantique. En France, elle est pr\u00e9sente principalement dans le Centre-Ouest, le Sud-Ouest, le Midi m\u00e9diterran\u00e9en et la Corse, de mani\u00e8re dispers\u00e9e et souvent fugace. Elle se rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 600 m d&rsquo;altitude. Sa pr\u00e9sence est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la disponibilit\u00e9 de mares temporaires, habitats eux-m\u00eames rares et menac\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La crassule de Vaillant est une th\u00e9rophyte \u00e0 cycle court. La germination intervient \u00e0 l&rsquo;automne ou au d\u00e9but de l&rsquo;hiver, lorsque les pr\u00e9cipitations remplissent les d\u00e9pressions temporaires. Les plantules se d\u00e9veloppent durant l&rsquo;hiver, formant de petites touffes sur les vases humides d\u00e9couvertes. La floraison se d\u00e9roule de mars \u00e0 mai, voire d\u00e8s f\u00e9vrier en climat m\u00e9diterran\u00e9en. Chaque fleur est capable d&rsquo;autopollinisation (autogamie), assurant la reproduction m\u00eame en l&rsquo;absence de pollinisateurs. La fructification suit rapidement, les follicules lib\u00e9rant de tr\u00e8s nombreuses graines minuscules. La diss\u00e9mination est assur\u00e9e par l&rsquo;eau (hydrochorie), la boue adh\u00e9rant aux pattes des oiseaux (\u00e9pizoochorie) et le ruissellement. La plante compl\u00e8te son cycle avant le dess\u00e8chement estival de son habitat, ne subsistant plus qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de banque de graines enfouies dans le sol. Ces graines, dot\u00e9es d&rsquo;une dormance variable, peuvent persister plusieurs ann\u00e9es dans le substrat, germant lorsque les conditions hydriques redeviennent favorables.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la crassule de Vaillant reste tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9e, en raison de sa taille minuscule et de sa raret\u00e9 relative. Par analogie avec les autres esp\u00e8ces du genre <em>Crassula<\/em>, on peut s&rsquo;attendre \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>acides organiques<\/strong>, notamment de l&rsquo;<strong>acide malique<\/strong> et de l&rsquo;<strong>acide citrique<\/strong>, li\u00e9s au m\u00e9tabolisme CAM (Crassulacean Acid Metabolism) caract\u00e9ristique de la famille. Les Crassulaceae sont en effet r\u00e9put\u00e9es pour accumuler des acides organiques durant la nuit et les m\u00e9taboliser durant le jour, bien que l&rsquo;expression du m\u00e9tabolisme CAM chez cette esp\u00e8ce annuelle amphibie soit incertaine. Les feuilles charnues contiennent probablement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, des <strong>sucres solubles<\/strong> et des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> en faibles concentrations. Les <strong>tanins<\/strong> sont g\u00e9n\u00e9ralement rares ou absents chez les Crassulaceae. Les graines pourraient contenir des <strong>lipides<\/strong> de r\u00e9serve. Aucune \u00e9tude phytochimique sp\u00e9cifique \u00e0 <em>C. vaillantii<\/em> n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e \u00e0 ce jour, ce qui constitue une lacune pour la connaissance de cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La crassule de Vaillant n&rsquo;a aucun usage m\u00e9dicinal document\u00e9, pass\u00e9 ou pr\u00e9sent. Sa taille extr\u00eamement r\u00e9duite, sa raret\u00e9 et sa discr\u00e9tion la rendent impropre \u00e0 tout usage th\u00e9rapeutique pratique. Aucune tradition ethnopharmacologique ne la mentionne dans les flores m\u00e9dicinales europ\u00e9ennes ou m\u00e9diterran\u00e9ennes. Par analogie avec certaines crassules sud-africaines utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle (notamment <em>Crassula ovata<\/em> et <em>C. muscosa<\/em>), on pourrait sp\u00e9culer sur d&rsquo;\u00e9ventuelles propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires ou astringentes, mais aucune donn\u00e9e ne vient \u00e9tayer cette hypoth\u00e8se pour <em>C. vaillantii<\/em>. Son int\u00e9r\u00eat r\u00e9side exclusivement dans les domaines de la botanique, de l&rsquo;\u00e9cologie et de la conservation de la biodiversit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acides organiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide malique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide citrique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sucres solubles<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La crassule de Vaillant ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation ni pr\u00e9paration, que ce soit \u00e0 des fins alimentaires, m\u00e9dicinales ou industrielles. Sa biomasse est infime, ne d\u00e9passant pas quelques milligrammes par individu, ce qui exclut toute exploitation pratique. Aucun produit d\u00e9riv\u00e9 n&rsquo;existe. Seule la r\u00e9colte de graines, dans un objectif de conservation en banque de semences, constitue une forme de \u00ab transformation \u00bb au sens large. Les graines, r\u00e9colt\u00e9es manuellement sur les individus m\u00fbrs au printemps, sont s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 basse temp\u00e9rature et conserv\u00e9es en chambre froide dans des collections sp\u00e9cialis\u00e9es (conservatoires botaniques, jardins botaniques). Cette approche participe \u00e0 la sauvegarde du patrimoine g\u00e9n\u00e9tique de l&rsquo;esp\u00e8ce face \u00e0 la disparition progressive de ses habitats naturels.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La crassule de Vaillant est une esp\u00e8ce bio-indicatrice de premier ordre pour les mares temporaires m\u00e9diterran\u00e9ennes et atlantiques, habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire prioritaires au titre de la directive europ\u00e9enne Habitats (code 3170*). Sa pr\u00e9sence signale des conditions \u00e9cologiques tr\u00e8s sp\u00e9cifiques : substrat siliceux acide, alternance d&rsquo;inondation hivernale et d&rsquo;ass\u00e8chement estival, faible niveau trophique. Elle s&rsquo;int\u00e8gre dans des communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales exceptionnellement riches en esp\u00e8ces rares et menac\u00e9es, aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;autres th\u00e9rophytes amphibies comme <em>Isoetes histrix<\/em>, <em>Juncus pygmaeus<\/em>, <em>Radiola linoides<\/em> et <em>Cicendia filiformis<\/em>. Son r\u00f4le \u00e9cologique fonctionnel est celui d&rsquo;une pionni\u00e8re colonisant les surfaces nues des mares temporaires, contribuant \u00e0 la fixation du substrat et \u00e0 la formation d&rsquo;un micro-habitat pour la faune invert\u00e9br\u00e9e. La r\u00e9gression des mares temporaires sous l&rsquo;effet de l&rsquo;urbanisation, du drainage agricole, du comblement et de l&rsquo;eutrophisation constitue la principale menace pesant sur cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La crassule de Vaillant n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun usage traditionnel connu, qu&rsquo;il soit alimentaire, artisanal ou c\u00e9r\u00e9moniel. Sa petite taille et sa fugacit\u00e9 la rendent imperceptible pour la plupart des habitants des r\u00e9gions o\u00f9 elle pousse. Elle n&rsquo;appara\u00eet dans aucun trait\u00e9 ethnobotanique, aucun herbier d&rsquo;apothicaire ni aucun recueil de plantes utiles. Son existence m\u00eame est rest\u00e9e longtemps ignor\u00e9e des naturalistes locaux, et elle n&rsquo;est connue que des botanistes sp\u00e9cialis\u00e9s dans la flore des milieux humides temporaires. Ce vide ethnobotanique est en soi r\u00e9v\u00e9lateur : il illustre l&rsquo;immensit\u00e9 de la diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale qui \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;attention humaine, une flore \u00ab invisible \u00bb dont la valeur ne se mesure pas \u00e0 l&rsquo;aune de l&rsquo;utilit\u00e9 directe mais \u00e0 celle de son r\u00f4le dans le fonctionnement des \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La crassule de Vaillant ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune culture commerciale. Sa multiplication en conditions contr\u00f4l\u00e9es est cependant possible dans un contexte de conservation ex situ. Les graines, tr\u00e8s fines, se s\u00e8ment en surface sur un substrat argileux-sableux acide maintenu constamment humide. Un cycle d&rsquo;inondation hivernal suivi d&rsquo;un ass\u00e8chement estival reproduit les conditions naturelles. La temp\u00e9rature de germination optimale se situe entre 10 et 15 \u00b0C. Les plantules sont extr\u00eamement fragiles et ne tol\u00e8rent aucune concurrence v\u00e9g\u00e9tale. En pratique, les rares tentatives de culture ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es dans le cadre de jardins botaniques ou de programmes de conservation, avec des r\u00e9sultats variables. Les principales difficult\u00e9s r\u00e9sident dans la reproduction fid\u00e8le des alternances hydriques et dans la pr\u00e9vention de l&rsquo;envahissement par des esp\u00e8ces concurrentes plus vigoureuses. L&rsquo;esp\u00e8ce ne pr\u00e9sente aucun int\u00e9r\u00eat horticole en raison de sa taille minuscule et de sa floraison insignifiante.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La crassule de Vaillant est consid\u00e9r\u00e9e comme rare et menac\u00e9e dans la plupart des r\u00e9gions fran\u00e7aises o\u00f9 elle est pr\u00e9sente. Elle figure sur plusieurs listes rouges r\u00e9gionales avec des statuts de vuln\u00e9rabilit\u00e9 variable (Vuln\u00e9rable \u00e0 En danger selon les r\u00e9gions). Elle n&rsquo;est cependant pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national en France. Dans certains d\u00e9partements, elle b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une protection indirecte via la protection de son habitat (mares temporaires, habitats prioritaires Natura 2000). \u00c0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne, elle est inscrite sur des listes d&rsquo;alerte dans plusieurs pays. En Belgique et aux Pays-Bas, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9teinte ou au bord de l&rsquo;extinction. Au Royaume-Uni, elle est class\u00e9e comme \u00ab vulnerable \u00bb. La principale mesure de conservation consiste \u00e0 pr\u00e9server les mares temporaires et les zones humides temporaires qui constituent son habitat, en luttant contre le drainage, le comblement et l&rsquo;eutrophisation. Des programmes de suivi de ses populations existent dans plusieurs conservatoires botaniques nationaux fran\u00e7ais.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La crassule de Vaillant doit son nom \u00e0 S\u00e9bastien Vaillant, botaniste fran\u00e7ais qui fut l&rsquo;un des premiers \u00e0 \u00e9tudier syst\u00e9matiquement la flore des environs de Paris. Vaillant, intendant du Jardin du Roi (actuel Jardin des Plantes), publia en 1727 son c\u00e9l\u00e8bre <em>Botanicon Parisiense<\/em>, ouvrage posthume illustrant plus de 300 plantes de la r\u00e9gion parisienne. C&rsquo;est cependant le botaniste allemand Carl Ludwig Willdenow qui d\u00e9crivit formellement l&rsquo;esp\u00e8ce en 1811 sous le nom de <em>Tillaea vaillantii<\/em>, en hommage au Fran\u00e7ais. La minuscule taille de cette plante en fait l&rsquo;une des plus petites plantes \u00e0 fleurs d&rsquo;Europe, d\u00e9pass\u00e9e seulement par <em>Wolffia arrhiza<\/em> (lentille d&rsquo;eau sans racine) parmi les plantes aquatiques. L&rsquo;observation de cette esp\u00e8ce sur le terrain constitue un v\u00e9ritable d\u00e9fi, m\u00eame pour les botanistes exp\u00e9riment\u00e9s, car elle se confond avec le substrat boueux sur lequel elle cro\u00eet. Sa d\u00e9couverte dans une nouvelle station est toujours consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00e9v\u00e9nement botanique notable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La crassule de Vaillant peut \u00eatre confondue avec quelques autres esp\u00e8ces miniatures des milieux humides temporaires. La confusion la plus probable concerne <em>Crassula tillaea<\/em> (crassule mousse), esp\u00e8ce voisine qui fr\u00e9quente des milieux plus secs (dalles rocheuses, sables). <em>C. tillaea<\/em> se distingue par ses fleurs \u00e0 3 p\u00e9tales (contre 3-4 chez <em>C. vaillantii<\/em>), ses feuilles plus petites et plus serr\u00e9es, et son port plus compact. <em>Illecebrum verticillatum<\/em>, qui partage les m\u00eames habitats, poss\u00e8de des fleurs blanches en glom\u00e9rules axillaires et des feuilles oppos\u00e9es arrondies. <em>Radiola linoides<\/em> (radiole faux-lin), autre th\u00e9rophyte des mares temporaires, est encore plus minuscule mais pr\u00e9sente des feuilles oppos\u00e9es non charnues et des fleurs \u00e0 4 p\u00e9tales blancs tr\u00e8s petits. <em>Lythrum portula<\/em> (pourpier d&rsquo;eau) a des feuilles oppos\u00e9es plus larges, spatul\u00e9es, et des fleurs roses. L&rsquo;examen des feuilles charnues et du port succulent reste le meilleur crit\u00e8re pour identifier les crassules.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La crassule de Vaillant incarne la fragilit\u00e9 des esp\u00e8ces inf\u00e9od\u00e9es aux habitats temporaires. Plante minuscule, fugace, d\u00e9pourvue de tout int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique direct, elle n&rsquo;en constitue pas moins un maillon irrempla\u00e7able des communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales des mares temporaires, habitats parmi les plus menac\u00e9s d&rsquo;Europe. Sa conservation passe n\u00e9cessairement par la pr\u00e9servation de ses habitats, ce qui implique une gestion attentive des zones humides temporaires : maintien de la dynamique hydrique naturelle, lutte contre le drainage et l&rsquo;eutrophisation, surveillance des populations. La recherche fondamentale gagnerait \u00e0 explorer sa physiologie (expression du m\u00e9tabolisme CAM, m\u00e9canismes de tol\u00e9rance aux alternances hydriques), sa g\u00e9n\u00e9tique de conservation et son \u00e9cologie fonctionnelle au sein des communaut\u00e9s amphibies. Cette esp\u00e8ce rappelle que la biodiversit\u00e9 ne se limite pas aux esp\u00e8ces spectaculaires et que la pr\u00e9servation de la nature passe aussi par la protection de ses composantes les plus discr\u00e8tes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Crassula%20vaillantii\">Plants of the World Online, Kew : <em>Crassula vaillantii<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Crassula+vaillantii\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Crassula vaillantii<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Crassula vaillantii (Willd.) Roth, commun\u00e9ment appel\u00e9e crassule de Vaillant, est une petite plante annuelle de la famille des Crassulaceae. 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