{"id":858,"date":"2026-03-26T11:30:11","date_gmt":"2026-03-26T10:30:11","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/crassule-rougeatre\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"crassule-rougeatre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/crassule-rougeatre\/","title":{"rendered":"CRASSULE ROUGE\u00c2TRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Crassule%20rouge%C3%A2tre.jpg\" alt=\"Planche botanique Crassule rouge\u00e2tre\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La crassule rouge\u00e2tre est une petite plante succulente annuelle, discr\u00e8te et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, que l&rsquo;on rencontre sur les sols sablonneux, les dalles rocheuses humides et les bords d&rsquo;\u00e9tangs de l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e et m\u00e9diterran\u00e9enne. Appartenant \u00e0 la famille des Crassulaceae \u2014 la grande famille des joubarbes, des s\u00e9dums et des kalancho\u00e9s \u2014, elle partage avec ses parentes un m\u00e9tabolisme acide crassulac\u00e9en (CAM) adapt\u00e9 aux milieux secs et un profil phytochimique domin\u00e9 par les acides organiques, les flavono\u00efdes et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> piperidiniques. Son usage m\u00e9dicinal traditionnel est tr\u00e8s limit\u00e9, mais le genre <em>Crassula<\/em> dans son ensemble suscite un int\u00e9r\u00eat croissant pour ses compos\u00e9s bioactifs, en particulier les alcalo\u00efdes et les flavono\u00efdes \u00e0 activit\u00e9 antimicrobienne et anti-inflammatoire.<\/p>\n<p><em>Crassula rubens<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Crassulaceae<\/p>\n<p>La crassule rouge\u00e2tre est de ces plantes qui ne se voient qu&rsquo;\u00e0 genoux. Minuscule, rougeoyante, poussant sur quelques centim\u00e8tres carr\u00e9s de roche humide ou de sable temporairement inond\u00e9, elle dispara\u00eet aussi vite qu&rsquo;elle est apparue. Sa biologie et sa chimie sont celles d&rsquo;une survivante \u2014 concentr\u00e9e, \u00e9conome, adapt\u00e9e aux milieux extr\u00eames que les grandes plantes d\u00e9daignent.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Crassulaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Crassula<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Crassula rubens<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Synonyme :<\/strong> <em>Crassula caespitosum<\/em> Cav., <em>Sedum rubens<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Crassule rouge\u00e2tre, Orpin rouge\u00e2tre, Red Crassula (anglais).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Crassula<\/em> compte environ 200 esp\u00e8ces, la grande majorit\u00e9 sud-africaines. <em>C. rubens<\/em> est l&rsquo;une des rares esp\u00e8ces europ\u00e9ennes du genre, avec <em>C. tillaea<\/em> (crassule de Vaillant) et <em>C. aquatica<\/em> (crassule aquatique). La classification APG IV maintient les Crassulaceae comme famille distincte dans l&rsquo;ordre des Saxifragales. Le nom <em>Crassula<\/em> vient du latin <em>crassus<\/em> (\u00e9pais), en r\u00e9f\u00e9rence aux feuilles charnues, et <em>rubens<\/em> signifie rougeoyant.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante annuelle succulente, minuscule, de 2 \u00e0 8 cm de hauteur, dress\u00e9e ou ascendante, souvent rouge\u00e2tre dans toutes ses parties. Tige simple ou ramifi\u00e9e d\u00e8s la base, glabre, charnue, rouge\u00e2tre. Feuilles oppos\u00e9es, sessiles, lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 oblongues, charnues, de 3 \u00e0 8 mm de long, souvent teint\u00e9es de rouge intense, \u00e0 bord entier.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Fleurs :<\/strong> petites (3-4 mm), blanches \u00e0 ros\u00e9es, sessiles ou tr\u00e8s bri\u00e8vement p\u00e9dicell\u00e9es, solitaires ou en petites cymes terminales. 5 s\u00e9pales, 5 p\u00e9tales libres, lanc\u00e9ol\u00e9s, aigus. 5 \u00e9tamines. 5 carpelles libres (follicules).<\/li>\n<li><strong>Fruit :<\/strong> 5 follicules dress\u00e9s, contenant de nombreuses graines minuscules.<\/li>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet.<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> dalles rocheuses siliceuses temporairement humides, sables, pelouses rases, bords d&rsquo;\u00e9tangs, vignobles, murs. Sol pauvre, acide \u00e0 neutre, alternativement humide et sec.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> Europe m\u00e9ridionale et occidentale, du Portugal \u00e0 la Gr\u00e8ce, Afrique du Nord, Asie Mineure. Pr\u00e9sent en France surtout dans le Midi, le Centre et l&rsquo;Ouest.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET CULTURE<\/h3>\n<p>La crassule rouge\u00e2tre est une th\u00e9rophyte (annuelle) des milieux temporairement humides sur substrat siliceux : dalles rocheuses \u00e0 mares temporaires, sables, pelouses rases, vignobles, murs. Elle exploite une niche \u00e9cologique tr\u00e8s sp\u00e9cifique \u2014 les micro-habitats alternativement inond\u00e9s et dess\u00e9ch\u00e9s que les plantes vivaces ne colonisent pas efficacement. Son cycle de vie est court (quelques semaines \u00e0 quelques mois), de la germination apr\u00e8s les pluies printani\u00e8res \u00e0 la fructification et la mort estivale. Le m\u00e9tabolisme CAM (Crassulacean Acid Metabolism) lui permet de fermer ses stomates le jour pour limiter la transpiration et de fixer le CO2 la nuit sous forme d&rsquo;acide malique. La coloration rouge est une r\u00e9ponse au stress hydrique et lumineux (accumulation d&rsquo;anthocyanes photoprotectrices). Elle se multiplie exclusivement par graines. Sa culture est possible en pot sur substrat min\u00e9ral drainant mais reste anecdotique.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Plante enti\u00e8re fra\u00eeche<\/li>\n<\/ul>\n<p>La crassule rouge\u00e2tre n&rsquo;a pas d&rsquo;usage phytoth\u00e9rapeutique officiel ou courant. Lorsqu&rsquo;elle est utilis\u00e9e en m\u00e9decine populaire, c&rsquo;est la plante enti\u00e8re fra\u00eeche qui est employ\u00e9e, en cataplasme ou en suc. Sa r\u00e9colte est difficile en raison de sa petite taille et de sa raret\u00e9 relative. L&rsquo;usage m\u00e9dicinal est document\u00e9 par analogie avec les autres Crassulaceae (joubarbe, orpin) plut\u00f4t que par des traditions sp\u00e9cifiques \u00e0 cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Acides organiques du m\u00e9tabolisme CAM<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Acide malique<\/strong> \u2014 acide organique majoritaire, accumul\u00e9 la nuit dans les vacuoles cellulaires par le m\u00e9tabolisme acide crassulac\u00e9en (CAM). Activit\u00e9 rafra\u00eechissante, l\u00e9g\u00e8rement laxative et antiseptique urinaire douce.<\/li>\n<li><strong>Acide citrique<\/strong>, <strong>acide isocitrique<\/strong> \u2014 acides organiques compl\u00e9mentaires.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et leurs glycosides \u2014 antioxydants et anti-inflammatoires, pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes des Crassulaceae europ\u00e9ennes.<\/li>\n<li><strong>Myric\u00e9tine<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonol<\/a> antioxydant identifi\u00e9 dans certaines esp\u00e8ces du genre.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Alcalo\u00efdes piperidiniques<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Crassulac\u00e9ine<\/strong> et d\u00e9riv\u00e9s pip\u00e9ridiniques \u2014 alcalo\u00efdes sp\u00e9cifiques de certaines Crassulaceae, \u00e0 activit\u00e9 pharmacologique peu \u00e9tudi\u00e9e. Des alcalo\u00efdes de type s\u00e9damine et s\u00e9dridine ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans le genre <em>Sedum<\/em> proche.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>D. Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Acide gallique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> \u2014 antioxydants.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins cat\u00e9chiques<\/a> (faible teneur).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>E. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a> \u2014 dans les feuilles charnues, contribuant \u00e0 l&rsquo;effet \u00e9mollient en application topique.<\/li>\n<li>Anthocyanes \u2014 responsables de la coloration rouge des tiges et des feuilles (cyanidine, p\u00e9largonidine).<\/li>\n<li>Vitamine C, sels min\u00e9raux.<\/li>\n<li>Cires et cuticule \u00e9paisse \u2014 adaptation \u00e0 la x\u00e9ricit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Action \u00e9molliente et adoucissante (usage externe)<\/h3>\n<p>Les feuilles charnues, gorg\u00e9es de suc mucilageux et d&rsquo;acides organiques, exercent un effet \u00e9mollient et rafra\u00eechissant lorsqu&rsquo;elles sont appliqu\u00e9es sur la peau. Par analogie avec la joubarbe (<em>Sempervivum tectorum<\/em>) et les s\u00e9dums, ce suc est traditionnellement employ\u00e9 sur les petites br\u00fblures, les piq\u00fbres d&rsquo;insectes et les irritations cutan\u00e9es.<\/p>\n<h3>B. Action antimicrobienne<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques des Crassulaceae exercent une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne mod\u00e9r\u00e9e, document\u00e9e in vitro pour des extraits de <em>Crassula<\/em> spp. sud-africaines contre <em>S. aureus<\/em>, <em>E. coli<\/em> et <em>Klebsiella pneumoniae<\/em>. L&rsquo;applicabilit\u00e9 \u00e0 <em>C. rubens<\/em> est pr\u00e9sum\u00e9e mais non sp\u00e9cifiquement d\u00e9montr\u00e9e.<\/p>\n<h3>C. Action antioxydante<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes (<strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>querc\u00e9tine<\/strong>), les acides ph\u00e9noliques et les anthocyanes conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante significative. La coloration rouge de la plante, li\u00e9e aux anthocyanes, est elle-m\u00eame une r\u00e9ponse au stress oxydatif environnemental (UV, s\u00e9cheresse).<\/p>\n<h3>D. Action anti-inflammatoire (extrapol\u00e9e du genre)<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a> identifi\u00e9s dans les Crassulaceae exercent une action anti-inflammatoire par inhibition de la COX-2 et de la production de cytokines pro-inflammatoires. Cette action, document\u00e9e pour la joubarbe et les <em>Kalanchoe<\/em>, est extrapolable au genre <em>Crassula<\/em> mais non d\u00e9montr\u00e9e sp\u00e9cifiquement pour <em>C. rubens<\/em>.<\/p>\n<h3>E. Potentiel pharmacologique des alcalo\u00efdes<\/h3>\n<p>Les alcalo\u00efdes piperidiniques des Crassulaceae sont des compos\u00e9s bioactifs dont le potentiel pharmacologique reste largement inexplor\u00e9. La <strong>s\u00e9damine<\/strong> des <em>Sedum<\/em> poss\u00e8de une activit\u00e9 hypotensive et s\u00e9dative document\u00e9e. Des recherches compl\u00e9mentaires sont n\u00e9cessaires sur les alcalo\u00efdes de <em>Crassula<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune \u00e9tude pharmacologique, phytochimique ou clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e sp\u00e9cifiquement sur <em>Crassula rubens<\/em>. Les donn\u00e9es sont enti\u00e8rement extrapol\u00e9es du genre <em>Crassula<\/em> (principalement les esp\u00e8ces sud-africaines \u00e9tudi\u00e9es pour leur potentiel antimicrobien et anti-inflammatoire) et de la famille des Crassulaceae. Des \u00e9tudes sud-africaines ont d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 antibact\u00e9rienne et antifongique d&rsquo;extraits de <em>Crassula ovata<\/em>, <em>C. multicava<\/em> et <em>C. arborescens<\/em>. La phytochimie des Crassulaceae europ\u00e9ennes a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e principalement chez <em>Sedum<\/em> spp. et <em>Sempervivum<\/em> spp. L&rsquo;esp\u00e8ce repr\u00e9sente une lacune dans la connaissance phytochimique du genre en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acide malique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide citrique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide isocitrique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myric\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Suc frais (usage externe) :<\/strong> presser les feuilles charnues et appliquer le suc directement sur les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res, les piq\u00fbres ou les irritations cutan\u00e9es. Renouveler plusieurs fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Cataplasme :<\/strong> feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9es sur la peau.<\/li>\n<li><strong>Aucune forme gal\u00e9nique officielle<\/strong> n&rsquo;existe pour cette esp\u00e8ce \u2014 elle n&rsquo;est pas commercialis\u00e9e en herboristerie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Note : en l&rsquo;absence de donn\u00e9es posologiques sp\u00e9cifiques, il est recommand\u00e9 de limiter l&rsquo;usage \u00e0 l&rsquo;application externe et de ne pas consommer la plante en quantit\u00e9 significative par voie orale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es toxicologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>C. rubens<\/em> sont inexistantes. Par analogie avec les autres Crassulaceae europ\u00e9ennes, la plante est consid\u00e9r\u00e9e comme peu toxique. Cependant, la pr\u00e9sence d&rsquo;alcalo\u00efdes piperidiniques impose la prudence : certains de ces compos\u00e9s sont neurotoxiques \u00e0 forte dose chez l&rsquo;animal. L&rsquo;acide malique, en concentration \u00e9lev\u00e9e, peut irriter les muqueuses digestives. L&rsquo;usage externe est pr\u00e9sum\u00e9 bien tol\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONTRE-INDICATIONS ET PR\u00c9CAUTIONS<\/h3>\n<ul>\n<li>Grossesse et allaitement : aucune donn\u00e9e, \u00e9viter par pr\u00e9caution.<\/li>\n<li>Enfants : aucune donn\u00e9e, \u00e9viter l&rsquo;usage interne.<\/li>\n<li>Ne pas consommer en grande quantit\u00e9 par voie orale (alcalo\u00efdes, acide malique).<\/li>\n<li>Ne pas confondre avec des esp\u00e8ces toxiques de Crassulaceae ornementales (<em>Kalanchoe<\/em> spp. contenant des bufadi\u00e9nolides cardiotoxiques).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>INTERACTIONS M\u00c9DICAMENTEUSES<\/h3>\n<p>Aucune interaction document\u00e9e. L&rsquo;usage \u00e9tant quasi exclusivement externe et occasionnel, le risque d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse est n\u00e9gligeable. Par pr\u00e9caution th\u00e9orique, les alcalo\u00efdes piperidiniques pourraient interagir avec les m\u00e9dicaments du syst\u00e8me nerveux central en cas d&rsquo;ingestion significative.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usage cutan\u00e9 par analogie avec les Crassulaceae<\/h3>\n<p>Dans la tradition populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, les petites Crassulaceae (crassules, s\u00e9dums, joubarbes) sont utilis\u00e9es de mani\u00e8re interchangeable pour soigner les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res, les piq\u00fbres d&rsquo;insectes, les verrues, les cors et les durillons. Le suc des feuilles charnues est appliqu\u00e9 directement sur la l\u00e9sion. La crassule rouge\u00e2tre, lorsqu&rsquo;elle est disponible, est utilis\u00e9e de la m\u00eame mani\u00e8re que l&rsquo;orpin br\u00fblant ou la joubarbe.<\/p>\n<h3>B. Absence d&rsquo;usage m\u00e9dicinal document\u00e9 propre<\/h3>\n<p>Il faut honn\u00eatement reconna\u00eetre que <em>Crassula rubens<\/em> n&rsquo;a pas d&rsquo;usage m\u00e9dicinal traditionnel sp\u00e9cifiquement document\u00e9 dans la litt\u00e9rature ethnobotanique europ\u00e9enne. Sa petite taille, sa raret\u00e9 relative et son caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re (plante annuelle \u00e0 cycle court) en font une esp\u00e8ce peu r\u00e9colt\u00e9e et peu utilis\u00e9e. Son int\u00e9r\u00eat r\u00e9side davantage dans la chimie du genre et de la famille que dans un usage th\u00e9rapeutique propre.<\/p>\n<h3>C. Usage alimentaire marginal<\/h3>\n<p>Comme d&rsquo;autres petites Crassulaceae, elle est parfois consomm\u00e9e crue en tr\u00e8s petite quantit\u00e9 dans les salades sauvages m\u00e9diterran\u00e9ennes, pour sa saveur acidul\u00e9e due \u00e0 l&rsquo;acide malique.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00c9GLEMENTATION ET STATUT<\/h3>\n<ul>\n<li>Non inscrite \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e.<\/li>\n<li>Non commercialis\u00e9e en herboristerie.<\/li>\n<li>Esp\u00e8ce prot\u00e9g\u00e9e dans certaines r\u00e9gions de France (Ile-de-France, Picardie, Nord-Pas-de-Calais) en raison de sa raret\u00e9 dans ces zones. Non menac\u00e9e dans l&rsquo;ensemble de son aire m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/li>\n<li>Aucune r\u00e9glementation sp\u00e9cifique concernant son usage m\u00e9dicinal.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La crassule rouge\u00e2tre est une plante fascinante du point de vue biologique et \u00e9cologique, mais m\u00e9dicinalement tr\u00e8s marginale. Son profil phytochimique \u2014 acides organiques, flavono\u00efdes, anthocyanes, alcalo\u00efdes piperidiniques \u2014 est int\u00e9ressant par sa diversit\u00e9 mais n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune \u00e9tude sp\u00e9cifique. Son usage th\u00e9rapeutique se r\u00e9sume \u00e0 l&rsquo;application externe du suc frais sur les br\u00fblures et les piq\u00fbres, par analogie avec les autres Crassulaceae. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de cette esp\u00e8ce pour la phytoth\u00e9rapie est indirect : elle appartient \u00e0 un genre et \u00e0 une famille dont la chimie bioactive \u2014 alcalo\u00efdes, flavono\u00efdes, triterp\u00e8nes \u2014 m\u00e9rite une exploration syst\u00e9matique. En attendant, la crassule rouge\u00e2tre reste avant tout un joyau miniature de la flore europ\u00e9enne, un concentr\u00e9 de survie v\u00e9g\u00e9tale sur quelques centim\u00e8tres carr\u00e9s de roche, une plante \u00e0 admirer plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 r\u00e9colter.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Crassula%20rubens\">Plants of the World Online, Kew : <em>Crassula rubens<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Crassula+rubens\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Crassula rubens<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antibact\u00e9rien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crassule rouge\u00e2tre est une petite plante succulente annuelle, discr\u00e8te et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, que l&rsquo;on rencontre sur les sols sablonneux, les dalles rocheuses humides et les [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[63],"tags":[],"class_list":["post-858","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-crassulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/858","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=858"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/858\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13932,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/858\/revisions\/13932"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=858"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=858"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=858"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}