{"id":863,"date":"2026-03-26T11:30:17","date_gmt":"2026-03-26T10:30:17","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orpin-blanc\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"orpin-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orpin-blanc\/","title":{"rendered":"ORPIN BLANC"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Orpin%20blanc.jpg\" alt=\"Planche botanique Orpin blanc\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin blanc, <em>Sedum album<\/em> L., est une plante vivace succulente de la famille des Crassulac\u00e9es (Crassulaceae). Le genre <em>Sedum<\/em>, l&rsquo;un des plus vastes de cette famille, comprend environ 400 esp\u00e8ces r\u00e9parties principalement dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. <em>Sedum album<\/em> est l&rsquo;un des orpins les plus communs et les plus reconnaissables de la flore europ\u00e9enne. C&rsquo;est une plante basse, haute de 10 \u00e0 20 centim\u00e8tres, formant des tapis denses de tiges rampantes couvertes de petites feuilles charnues, cylindriques, vert clair \u00e0 rouge\u00e2tre. Les tiges se redressent au moment de la floraison, portant des cymes terminales aplaties de petites fleurs \u00e9toil\u00e9es blanches \u00e0 cinq p\u00e9tales, parfois teint\u00e9es de rose. La capacit\u00e9 de cette plante \u00e0 coloniser les substrats les plus ingrats \u2014 rochers, murs, toitures, graviers \u2014 en fait un champion de la survie dans les milieux extr\u00eames. Son nom commun \u00ab orpin blanc \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la couleur de ses fleurs, tandis que le nom latin <em>album<\/em> confirme cette caract\u00e9ristique.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Sedum album<\/em> est une esp\u00e8ce eurasiatique largement r\u00e9pandue, de l&rsquo;Europe occidentale \u00e0 la Sib\u00e9rie et \u00e0 l&rsquo;Asie Mineure, englobant l&rsquo;Afrique du Nord. En France, il est commun sur l&rsquo;ensemble du territoire m\u00e9tropolitain et en Corse, du littoral jusqu&rsquo;\u00e0 plus de 2 500 m\u00e8tres d&rsquo;altitude. Son habitat est caract\u00e9ristique : les rochers, les \u00e9boulis, les murs de pierres s\u00e8ches, les vieilles toitures de lauzes ou de tuiles, les joints de pav\u00e9s, les graviers compact\u00e9s, les dalles rocheuses et les pelouses x\u00e9rophiles sur substrat superficiel. Il colonise aussi bien les substrats calcaires que siliceux, montrant une grande indiff\u00e9rence au pH. C&rsquo;est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re par excellence, capable de s&rsquo;installer sur des surfaces quasi nues o\u00f9 la r\u00e9tention d&rsquo;eau est minimale. Sa plasticit\u00e9 \u00e9cologique est remarquable et il est l&rsquo;un des constituants majeurs de la v\u00e9g\u00e9tation des toits v\u00e9g\u00e9talis\u00e9s extensifs, tant spontan\u00e9ment sur les vieilles toitures que dans les projets d&rsquo;\u00e9cologie urbaine contemporains.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p><em>Sedum album<\/em> forme des coussinets bas et denses par la ramification de ses tiges rampantes. Les tiges st\u00e9riles, couch\u00e9es et s&rsquo;enracinant aux n\u0153uds, sont couvertes de feuilles dens\u00e9ment imbriqu\u00e9es. Les feuilles sont alternes, sessiles, charnues (succulentes), cylindriques \u00e0 ovo\u00efdes, longues de 6 \u00e0 12 millim\u00e8tres et larges de 2 \u00e0 3 millim\u00e8tres, \u00e0 section transversale circulaire, vertes \u00e0 vert gris\u00e2tre, devenant souvent rouge\u00e2tres en conditions de stress (s\u00e9cheresse, froid, ensoleillement intense). La surface foliaire est glabre et lisse, parfois l\u00e9g\u00e8rement pruineuse. Les tiges florif\u00e8res sont dress\u00e9es, hautes de 10 \u00e0 20 centim\u00e8tres, portant des feuilles plus espac\u00e9es. L&rsquo;inflorescence est une cyme corymbiforme terminale, aplatie, de 3 \u00e0 6 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre, portant de nombreuses fleurs. Chaque fleur mesure 6 \u00e0 9 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre, poss\u00e8de cinq s\u00e9pales verts, triangulaires, cinq p\u00e9tales blancs, lanc\u00e9ol\u00e9s, aigus, libres, dix \u00e9tamines \u00e0 anth\u00e8res sombres, et cinq carpelles libres. Le fruit est un ensemble de cinq follicules dress\u00e9s, brun clair \u00e0 maturit\u00e9. Les graines sont minuscules, oblongues, brunes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin blanc est une plante vivace cham\u00e9phyte succulente, persistante tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e. Les coussinets de feuillage restent verts (ou rouge\u00e2tres) en hiver, assurant une couverture permanente du substrat. La croissance v\u00e9g\u00e9tative reprend activement au printemps, en avril-mai, avec l&rsquo;allongement des tiges et la formation de nouvelles rosettes. La floraison intervient de juin \u00e0 ao\u00fbt, offrant des nappes blanches \u00e9toil\u00e9es tr\u00e8s d\u00e9coratives. La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e par une grande diversit\u00e9 d&rsquo;insectes : mouches, abeilles, syrphes, col\u00e9opt\u00e8res et papillons, attir\u00e9s par le nectar abondant et facilement accessible des fleurs. La fructification a lieu en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9 ; les follicules s&rsquo;ouvrent \u00e0 maturit\u00e9 pour lib\u00e9rer de minuscules graines dispers\u00e9es par le vent et l&rsquo;eau de ruissellement. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative est tr\u00e8s efficace : les fragments de tige et m\u00eame les feuilles isol\u00e9es peuvent s&rsquo;enraciner et r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer un nouveau plant, ce qui explique la colonisation rapide des substrats rocheux par simple bouturage naturel. Un simple fragment de tige tomb\u00e9 sur un rocher peut fonder une nouvelle colonie.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin blanc est une esp\u00e8ce extr\u00eamement frugale, adapt\u00e9e aux conditions les plus s\u00e9v\u00e8res. Il est strictement h\u00e9liophile et ne supporte pas l&rsquo;ombre prolong\u00e9e. Son adaptation principale est la r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse, assur\u00e9e par le m\u00e9tabolisme CAM (<em>Crassulacean Acid Metabolism<\/em>) qui permet d&rsquo;ouvrir les stomates la nuit pour fixer le CO\u2082 sous forme d&rsquo;<strong>acide malique<\/strong>, \u00e9vitant les pertes hydriques diurnes. Ses feuilles succulentes stockent l&rsquo;eau dans leurs cellules parenchymateuses. La cuticule \u00e9paisse et la faible surface foliaire limitent l&rsquo;\u00e9vapotranspiration. Ces adaptations permettent \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce de survivre sur des substrats o\u00f9 la disponibilit\u00e9 en eau est quasi nulle pendant des semaines. L&rsquo;Orpin blanc tol\u00e8re les sols squelettiques, les surfaces rocheuses, les substrats artificiels (bitume, ciment, tuiles) et les conditions de temp\u00e9rature extr\u00eames : de -30\u00b0C en hiver \u00e0 plus de 60\u00b0C sur les surfaces rocheuses expos\u00e9es au soleil estival. Il est indiff\u00e9rent au pH du sol et tol\u00e8re une l\u00e9g\u00e8re salinit\u00e9. En revanche, il ne supporte pas la concurrence v\u00e9g\u00e9tale dense ni l&rsquo;engorgement du sol.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les \u00e9tudes pharmacologiques modernes sur <em>Sedum album<\/em> confirment certaines de ses propri\u00e9t\u00e9s traditionnelles. Les extraits de feuilles pr\u00e9sentent une activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> significative, attribu\u00e9e aux <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et aux <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>anti-inflammatoire<\/strong> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e par l&rsquo;inhibition de la production de m\u00e9diateurs inflammatoires (NO, prostaglandines) dans des mod\u00e8les cellulaires. Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> mod\u00e9r\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es contre certaines bact\u00e9ries Gram-positives. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>cicatrisante<\/strong> traditionnelle est probablement li\u00e9e \u00e0 la combinaison des mucilages (effet \u00e9mollient et protecteur), des flavono\u00efdes (anti-inflammatoire) et des acides organiques (effet l\u00e9g\u00e8rement antiseptique). Les <strong>alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiques<\/strong> (s\u00e9damine, s\u00e9dridine) poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques (hypotensives, analg\u00e9siques) mais \u00e0 des concentrations trop faibles pour un effet th\u00e9rapeutique significatif dans la plante enti\u00e8re. <em>Sedum album<\/em> n&rsquo;est inscrit dans aucune pharmacop\u00e9e officielle moderne mais reste utilis\u00e9 en herboristerie traditionnelle et en cosm\u00e9tique naturelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">Flavonols<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins<\/a><\/td>\n<td>Astringents<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a>, acides organiques<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, rafra\u00eechissants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin blanc joue un r\u00f4le \u00e9cologique fondamental en tant que colonisateur primaire des surfaces rocheuses et des substrats artificiels. En formant des coussinets denses, il pi\u00e8ge les poussi\u00e8res, les d\u00e9bris organiques et les graines d&rsquo;autres esp\u00e8ces, amor\u00e7ant ainsi le processus de formation de sol (p\u00e9dogen\u00e8se) sur les surfaces nues. Ce r\u00f4le de plante pionni\u00e8re facilitatrice est essentiel dans la succession \u00e9cologique des milieux rocheux. Ses fleurs nectarif\u00e8res constituent une ressource alimentaire importante pour les insectes pollinisateurs en \u00e9t\u00e9, notamment les abeilles, les syrphes et les papillons. Les coussinets d&rsquo;orpin h\u00e9bergent une microfaune vari\u00e9e : acariens, collemboles, araign\u00e9es et petits col\u00e9opt\u00e8res trouvent refuge dans l&rsquo;\u00e9paisseur du tapis v\u00e9g\u00e9tal. Les oiseaux, comme les rougequeues et les moineaux, consomment parfois les graines ou les insectes associ\u00e9s. Dans les villes, l&rsquo;Orpin blanc des vieux murs et des toitures contribue \u00e0 la trame verte urbaine et \u00e0 la biodiversit\u00e9 des b\u00e2timents anciens.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p>La composition chimique de <em>Sedum album<\/em> est li\u00e9e \u00e0 ses adaptations physiologiques remarquables. L&rsquo;<strong>acide malique<\/strong>, produit nocturne du m\u00e9tabolisme CAM, est le compos\u00e9 organique dominant dans les feuilles en d\u00e9but de journ\u00e9e, avant sa reconversion diurne en glucides. Les feuilles contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> abondants, responsables de la texture visqueuse de la s\u00e8ve, et des <strong>tanins<\/strong> qui contribuent \u00e0 la coloration rouge\u00e2tre du feuillage stress\u00e9. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, notamment des glycosides de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et de <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> de type <strong>pip\u00e9ridine<\/strong>, caract\u00e9ristiques du genre <em>Sedum<\/em>, sont pr\u00e9sents en faible quantit\u00e9, notamment la <strong>s\u00e9damine<\/strong> et la <strong>s\u00e9dridine<\/strong>. Des <strong>acides organiques<\/strong> (acide citrique, acide isocitrique) et des <strong>sucres solubles<\/strong> (glucose, fructose, saccharose) constituent les r\u00e9serves m\u00e9taboliques. La teneur en eau des feuilles peut d\u00e9passer 90 % en p\u00e9riode humide et descendre \u00e0 50 % en cas de s\u00e9cheresse s\u00e9v\u00e8re, la plante tol\u00e9rant cette d\u00e9shydratation extr\u00eame sans dommage irr\u00e9versible.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p><em>Sedum album<\/em> est consid\u00e9r\u00e9 comme une plante peu toxique. Les <strong>alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiques<\/strong> (s\u00e9damine, s\u00e9dridine) sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9s insuffisantes pour provoquer des intoxications aux doses alimentaires habituelles. La consommation mod\u00e9r\u00e9e des jeunes feuilles crues ou cuites est sans danger pour la plupart des personnes. Toutefois, une consommation excessive pourrait provoquer des troubles digestifs l\u00e9gers (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e) en raison des saponines et des acides organiques. Certaines personnes peuvent pr\u00e9senter une sensibilit\u00e9 cutan\u00e9e au suc frais des feuilles, bien que les r\u00e9actions soient rares et b\u00e9nignes. Les orpins ne doivent pas \u00eatre confondus avec les joubarbes (<em>Sempervivum<\/em>), \u00e9galement des Crassulac\u00e9es mais aux feuilles dispos\u00e9es en rosettes compactes et non en tiges rampantes. La distinction avec d&rsquo;autres orpins, dont certains sont l\u00e9g\u00e8rement plus toxiques (<em>Sedum acre<\/em> notamment, au go\u00fbt tr\u00e8s piquant), est importante.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les orpins sont utilis\u00e9s en m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride mentionne les <em>Sedum<\/em> comme plantes rafra\u00eechissantes et cicatrisantes. L&rsquo;Orpin blanc partage avec les autres esp\u00e8ces du genre un usage traditionnel comme plante \u00ab vuln\u00e9raire \u00bb (cicatrisante). Les feuilles charnues, fendues et appliqu\u00e9es directement sur les petites plaies, les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res et les irritations cutan\u00e9es, \u00e9taient r\u00e9put\u00e9es calmer la douleur et favoriser la cicatrisation \u2014 \u00e0 la mani\u00e8re du gel d&rsquo;aloe vera. Le suc des feuilles \u00e9tait appliqu\u00e9 sur les cors, les verrues et les durillons pour les ramollir. En usage interne, les orpins \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme rafra\u00eechissants et diur\u00e9tiques. Les jeunes feuilles d&rsquo;<em>Sedum album<\/em> sont comestibles et ont \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9es en salade ou comme condiment dans certaines r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes, leur saveur \u00e9tant l\u00e9g\u00e8rement acidul\u00e9e et astringente. La plante figurait dans les jardins monastiques m\u00e9di\u00e9vaux comme plante m\u00e9dicinale et ornementale. Charlemagne mentionne les orpins parmi les plantes \u00e0 cultiver dans le capitulaire <em>De villis<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin blanc est l&rsquo;une des plantes les plus faciles \u00e0 cultiver, ne n\u00e9cessitant quasiment aucun soin. Il s&rsquo;adapte \u00e0 tous les emplacements ensoleill\u00e9s et \u00e0 tous les sols bien drain\u00e9s, m\u00eame les plus pauvres. La plantation s&rsquo;effectue au printemps ou en automne, par simple d\u00e9p\u00f4t de fragments de tige sur le substrat : ils s&rsquo;enracinent spontan\u00e9ment en quelques jours. L&rsquo;arrosage est inutile en pleine terre. Le seul ennemi de l&rsquo;orpin est l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;eau stagnante, qui provoque la pourriture des racines. Les utilisations sont multiples : rocailles, murets, joints de dallage, toits v\u00e9g\u00e9talis\u00e9s, jardini\u00e8res, bordures, couvre-sol en terrain sec. L&rsquo;Orpin blanc est le composant principal de la plupart des m\u00e9langes pour toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es extensives, gr\u00e2ce \u00e0 sa r\u00e9sistance exceptionnelle \u00e0 la s\u00e9cheresse, au gel et \u00e0 la chaleur. La multiplication est triviale : division des touffes, bouturage de tige ou m\u00eame de feuille individuelle. Aucun traitement phytosanitaire n&rsquo;est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin blanc peut \u00eatre confondu avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Sedum<\/em> \u00e0 fleurs blanches. <em>Sedum dasyphyllum<\/em> (Orpin \u00e0 feuilles \u00e9paisses) poss\u00e8de des feuilles plus courtes, plus globuleuses, souvent glauques-bleut\u00e9es et oppos\u00e9es (et non alternes). <em>Sedum anglicum<\/em> (Orpin d&rsquo;Angleterre) se distingue par ses feuilles plus petites et souvent rouge\u00e2tres, et ses fleurs blanches souvent teint\u00e9es de rose. <em>Sedum brevifolium<\/em> a des feuilles tr\u00e8s courtes et arrondies. L&rsquo;Orpin blanc peut \u00e9galement \u00eatre confondu \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif avec <em>Sedum acre<\/em> (Orpin \u00e2cre), mais ce dernier poss\u00e8de des feuilles triangulaires en section et surtout des fleurs jaune vif (et non blanches). La saveur des feuilles est \u00e9galement distinctive : douce \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acidul\u00e9e pour <em>S. album<\/em>, intens\u00e9ment piquante pour <em>S. acre<\/em>. L&rsquo;examen attentif de la forme des feuilles (cylindriques chez <em>S. album<\/em>), de leur disposition et de la couleur des fleurs permet g\u00e9n\u00e9ralement une identification fiable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Sedum album<\/em> est une esp\u00e8ce commune, largement r\u00e9pandue et non menac\u00e9e. Il n&rsquo;est inscrit sur aucune liste rouge ni prot\u00e9g\u00e9 par aucun texte r\u00e9glementaire en France ou en Europe. Sa capacit\u00e9 exceptionnelle \u00e0 coloniser les substrats les plus hostiles et \u00e0 se multiplier v\u00e9g\u00e9tativement le met \u00e0 l&rsquo;abri de toute pr\u00e9occupation de conservation. L&rsquo;esp\u00e8ce tend m\u00eame \u00e0 se d\u00e9velopper dans les milieux urbains artificiels (murs de b\u00e9ton, toitures, bordures de trottoirs) o\u00f9 elle trouve des conditions de chaleur et de s\u00e9cheresse favorables. Le d\u00e9veloppement des toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es dans les villes europ\u00e9ennes constitue paradoxalement une extension d&rsquo;habitat pour cette esp\u00e8ce. Les populations naturelles sur rochers et vieux murs ne sont menac\u00e9es que par la r\u00e9novation des b\u00e2timents anciens et le rejointoiement des murs de pierres s\u00e8ches, qui \u00e9liminent les microhabitats colonis\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin blanc incarne \u00e0 merveille la capacit\u00e9 du monde v\u00e9g\u00e9tal \u00e0 prosp\u00e9rer dans les milieux les plus improbables. Voir cette petite plante grasse fleurir au sommet d&rsquo;un mur de pierre br\u00fbl\u00e9 par le soleil, dans la fissure d&rsquo;un rocher surplombant un pr\u00e9cipice ou sur les tuiles d&rsquo;un toit centenaire, force l&rsquo;admiration pour la t\u00e9nacit\u00e9 du vivant. Le m\u00e9tabolisme CAM, qui lui permet de ne \u00ab respirer \u00bb que la nuit pour \u00e9conomiser l&rsquo;eau, est l&rsquo;une des adaptations les plus \u00e9l\u00e9gantes du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal \u00e0 la s\u00e9cheresse \u2014 un tour de passe-passe biochimique qui transforme chaque nuit en session de photosynth\u00e8se diff\u00e9r\u00e9e. Les toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es modernes, pr\u00e9sent\u00e9es comme une innovation \u00e9cologique, ne font en r\u00e9alit\u00e9 que reproduire un ph\u00e9nom\u00e8ne que la nature avait spontan\u00e9ment initi\u00e9 depuis des si\u00e8cles sur les vieux toits de lauzes et de tuiles des villages europ\u00e9ens. L&rsquo;orpin \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le roi des toits bien avant que les architectes ne le red\u00e9couvrent. Le nom \u00ab orpin \u00bb viendrait de <em>auripigmentum<\/em> (pigment d&rsquo;or), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la couleur dor\u00e9e des fleurs de certaines esp\u00e8ces du genre, ou du vieux fran\u00e7ais <em>orpiment<\/em>, sulfure d&rsquo;arsenic jaune autrefois utilis\u00e9 en peinture.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ORPIN BLANC pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Sedum%20album\">Plants of the World Online, Kew : <em>Sedum album<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Sedum+album\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Sedum album<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire \/ cicatrisant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient (externe)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Orpin blanc, Sedum album L., est une plante vivace succulente de la famille des Crassulac\u00e9es (Crassulaceae). Le genre Sedum, l&rsquo;un des [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[63],"tags":[],"class_list":["post-863","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-crassulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/863","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=863"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/863\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14240,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/863\/revisions\/14240"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=863"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=863"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=863"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}