{"id":865,"date":"2026-03-26T11:30:20","date_gmt":"2026-03-26T10:30:20","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orpin-reflechi\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"orpin-reflechi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orpin-reflechi\/","title":{"rendered":"ORPIN R\u00c9FL\u00c9CHI"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Orpin%20r%C3%A9fl%C3%A9chi.jpg\" alt=\"Planche botanique Orpin r\u00e9fl\u00e9chi\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin r\u00e9fl\u00e9chi, <em>Sedum rupestre<\/em> L. (syn. <em>Sedum reflexum<\/em> L.), appartient \u00e0 la famille des <strong>Crassulaceae<\/strong>, genre <em>Sedum<\/em> L. La nomenclature de cette esp\u00e8ce a longtemps oscill\u00e9 entre <em>S. reflexum<\/em> et <em>S. rupestre<\/em>, ce dernier \u00e9tant aujourd&rsquo;hui le nom accept\u00e9 selon les r\u00e8gles de la nomenclature. Le taxon est parfois class\u00e9 dans le genre <em>Petrosedum<\/em> Grulich par les auteurs qui d\u00e9membrent le genre <em>Sedum<\/em>. Les noms vernaculaires incluent Orpin r\u00e9fl\u00e9chi, Orpin des rochers, Sedum rupestre et Poivre des murailles (bien que ce dernier d\u00e9signe plus souvent <em>S. acre<\/em>). Sur le plan de la classification APG IV, les Crassulaceae appartiennent \u00e0 l&rsquo;ordre des Saxifragales. L&rsquo;esp\u00e8ce se rattache \u00e0 la section <em>Rupestria<\/em>, caract\u00e9ris\u00e9e par des feuilles cylindriques persistantes et des p\u00e9tales jaunes. L&rsquo;aire de r\u00e9partition couvre l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e occidentale et centrale, du Portugal \u00e0 la Pologne, avec une large r\u00e9partition en France. L&rsquo;esp\u00e8ce est cultiv\u00e9e depuis des si\u00e8cles comme plante potag\u00e8re et ornementale.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace succulente, cham\u00e9phyte, formant des tapis denses par prolif\u00e9ration de stolons st\u00e9riles rampants. Les tiges florif\u00e8res sont dress\u00e9es, hautes de 15 \u00e0 35 cm, robustes, glabres. Les feuilles sont alternes, sessiles, cylindriques-subul\u00e9es, longues de 10 \u00e0 20 mm et larges de 1,5 \u00e0 2,5 mm, aigu\u00ebs, \u00e9peronn\u00e9es \u00e0 la base, glauques \u00e0 vert gris\u00e2tre, charnues et lisses. Sur les pousses st\u00e9riles, les feuilles sont imbriqu\u00e9es et r\u00e9curv\u00e9es (r\u00e9fl\u00e9chies), formant des rosettes cylindriques denses \u00e9voquant de petits rameaux de conif\u00e8re. Les pousses st\u00e9riles portent souvent des feuilles mortes brun\u00e2tres persistantes \u00e0 la base. L&rsquo;inflorescence est une cyme terminale compacte \u00e0 branches r\u00e9curv\u00e9es avant l&rsquo;anth\u00e8se. Les fleurs sont hexam\u00e8res \u00e0 heptam\u00e8res (6 \u00e0 7 p\u00e9tales), jaune vif, de 6 \u00e0 9 mm de diam\u00e8tre, \u00e0 12-14 \u00e9tamines et 6-7 carpelles libres. Le fruit est un ensemble de follicules dress\u00e9s. La floraison a lieu de juin \u00e0 ao\u00fbt. L&rsquo;esp\u00e8ce colonise les murs, rochers, toits, pelouses s\u00e8ches et \u00e9boulis sur substrats vari\u00e9s (calcaires ou siliceux), du niveau de la mer \u00e0 environ 1500 m.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Sedum rupestre<\/em> est une esp\u00e8ce rupicole et saxicole, colonisant les rochers, murs, toits, \u00e9boulis, pelouses rases et terrains sablonneux sur substrats vari\u00e9s (calcaires ou siliceux), du niveau de la mer \u00e0 environ 1500 m d&rsquo;altitude. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile, thermophile et x\u00e9rophile, adapt\u00e9e aux substrats pauvres et secs par son m\u00e9tabolisme CAM et ses r\u00e9serves hydriques succulentes. Son aire de r\u00e9partition couvre l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e occidentale et centrale, du Portugal \u00e0 la Pologne, des \u00eeles Britanniques \u00e0 l&rsquo;Italie. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est commune sur l&rsquo;ensemble du territoire. La multiplication est essentiellement v\u00e9g\u00e9tative par fragmentation des stolons et des tiges, permettant une colonisation rapide des substrats artificiels (murs, toits, graviers). La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e par divers insectes. L&rsquo;esp\u00e8ce est une composante majeure des communaut\u00e9s de Crassulaceae des murs et rochers, associ\u00e9e \u00e0 <em>S. album<\/em>, <em>S. acre<\/em>, <em>Sempervivum tectorum<\/em> et diverses mousses.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin r\u00e9fl\u00e9chi est l&rsquo;un des rares <em>Sedum<\/em> europ\u00e9ens utilis\u00e9s comme <strong>plante alimentaire<\/strong>. Les <strong>jeunes pousses<\/strong> et les <strong>feuilles charnues<\/strong> des tiges st\u00e9riles sont consomm\u00e9es crues en salade ou cuites en l\u00e9gume vert dans plusieurs traditions culinaires europ\u00e9ennes. En Angleterre, l&rsquo;esp\u00e8ce est connue sous le nom de \u00ab stone crop \u00bb et figure dans les anciens livres de cuisine. Les feuilles ont une saveur l\u00e9g\u00e8rement acidul\u00e9e et mucilagineuse, rappelant celle du pourpier. En phytoth\u00e9rapie populaire, les <strong>feuilles fra\u00eeches<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es comme \u00e9mollient topique \u00e0 la mani\u00e8re des autres orpins. Le <strong>suc frais<\/strong> a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 sur les petites br\u00fblures et irritations. La plante enti\u00e8re peut \u00eatre r\u00e9colt\u00e9e au printemps et en \u00e9t\u00e9 pour l&rsquo;usage alimentaire, et en \u00e9t\u00e9 pour l&rsquo;usage m\u00e9dicinal.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Acides organiques et m\u00e9tabolisme CAM<\/h3>\n<p><em>Sedum rupestre<\/em> pr\u00e9sente un m\u00e9tabolisme CAM facultatif, accumulant de l&rsquo;<strong>acide malique<\/strong> et de l&rsquo;<strong>acide citrique<\/strong> dans les vacuoles foliaires. L&rsquo;acidit\u00e9 du suc frais, maximale le matin, contribue \u00e0 la saveur acidul\u00e9e de la plante.<\/p>\n<h3>B. Alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiniques<\/h3>\n<p>Le genre <em>Sedum<\/em> est connu pour ses <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> pip\u00e9ridiniques<\/strong>. Chez <em>S. rupestre<\/em>, la <strong>s\u00e9damine<\/strong> et la <strong>s\u00e9dridine<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es en faibles quantit\u00e9s, nettement inf\u00e9rieures aux teneurs trouv\u00e9es chez <em>S. acre<\/em>. Ces faibles concentrations contribuent \u00e0 la bonne tol\u00e9rance alimentaire de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et polyph\u00e9nols<\/h3>\n<p>Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et leurs glycosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong>. Le potentiel antioxydant des extraits foliaires a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9 par les tests DPPH et FRAP avec des r\u00e9sultats mod\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<h3>D. Mucilages et cires cuticulaires<\/h3>\n<p>Les feuilles succulentes contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> hydrophiles et sont recouvertes d&rsquo;une <strong>cire \u00e9picuticulaire<\/strong> glauque compos\u00e9e de n-alcanes et d&rsquo;esters \u00e0 longue cha\u00eene, responsable de l&rsquo;aspect pruineux et de la protection contre la dessiccation.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de <em>Sedum rupestre<\/em> sont modestes et s&rsquo;inscrivent dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral des Crassulaceae succulentes. L&rsquo;application topique du suc frais exerce un effet <strong>\u00e9mollient et rafra\u00eechissant<\/strong> par hydratation et apport de mucilages et d&rsquo;acides organiques sur les irritations cutan\u00e9es. Les <strong>acides organiques<\/strong> (malique, citrique) conf\u00e8rent un l\u00e9ger pouvoir k\u00e9ratolytique et astringent. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> contribuent \u00e0 un potentiel antioxydant et anti-inflammatoire document\u00e9 in vitro pour les extraits de <em>Sedum<\/em> spp. Les faibles teneurs en <strong>alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiniques<\/strong> excluent un effet pharmacologique syst\u00e9mique significatif aux doses alimentaires. L&rsquo;usage alimentaire de l&rsquo;esp\u00e8ce apporte des acides organiques, des min\u00e9raux (calcium, potassium, magn\u00e9sium), des vitamines (vitamine C en quantit\u00e9 modeste) et des fibres mucilaginuses b\u00e9n\u00e9fiques pour le transit intestinal. L&rsquo;esp\u00e8ce s&rsquo;inscrit davantage dans le cadre de l&rsquo;alimentation fonctionnelle que de la phytoth\u00e9rapie proprement dite.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune \u00e9tude clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour <em>Sedum rupestre<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle ni dans les monographies de la Commission E ou de l&rsquo;ESCOP. L&rsquo;usage alimentaire traditionnel dans plusieurs pays europ\u00e9ens constitue un gage de s\u00e9curit\u00e9 empirique. Des \u00e9tudes nutritionnelles r\u00e9centes (Gaspar et al., 2019) ont analys\u00e9 la composition en min\u00e9raux, vitamines et compos\u00e9s ph\u00e9noliques de plusieurs <em>Sedum<\/em> comestibles, confirmant un profil nutritionnel int\u00e9ressant avec des teneurs significatives en calcium et en potassium. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante in vitro des extraits aqueux et m\u00e9thanoliques a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e, avec des valeurs comparables \u00e0 celles d&rsquo;autres plantes succulentes alimentaires. Ces donn\u00e9es pr\u00e9liminaires soutiennent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat nutritionnel sans constituer une preuve d&rsquo;efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Acide malique<\/strong><\/td>\n<td>Acide organique<\/td>\n<td>Acidulant, k\u00e9ratolytique l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>S\u00e9damine<\/strong><\/td>\n<td>Alcalo\u00efde pip\u00e9ridinique<\/td>\n<td>Faiblement actif (traces)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Kaempf\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td>Flavonol<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide gallique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Astringent, antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Mucilages<\/strong><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollient, hydratant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Vitamine C<\/strong><\/td>\n<td>Acide ascorbique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">Flavonols<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins<\/a><\/td>\n<td>Astringents<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a>, acides organiques<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, rafra\u00eechissants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Usage alimentaire frais :<\/strong> jeunes pousses et feuilles crues en salade, seules ou m\u00eal\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres verdures. Saveur acidul\u00e9e agr\u00e9able.<\/li>\n<li><strong>L\u00e9gume cuit :<\/strong> feuilles et pousses cuites \u00e0 la mani\u00e8re du pourpier ou des \u00e9pinards, en accompagnement.<\/li>\n<li><strong>Suc frais topique :<\/strong> feuilles \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9es sur les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res, piq\u00fbres et irritations cutan\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Vinaigre de plante :<\/strong> feuilles mac\u00e9r\u00e9es dans le vinaigre comme condiment (usage anglo-saxon ancien).<\/li>\n<li><strong>Aucune sp\u00e9cialit\u00e9 pharmaceutique<\/strong> ne contient cette esp\u00e8ce.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><em>Sedum rupestre<\/em> est consid\u00e9r\u00e9 comme une plante comestible de bonne innocuit\u00e9. Les teneurs en alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiniques sont tr\u00e8s faibles, nettement inf\u00e9rieures au seuil de toxicit\u00e9. L&rsquo;usage alimentaire traditionnel en Europe sur plusieurs si\u00e8cles constitue un argument de s\u00e9curit\u00e9 solide. Aucun effet ind\u00e9sirable n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. La confusion avec <em>Sedum acre<\/em> (Orpin \u00e2cre), esp\u00e8ce \u00e0 saveur br\u00fblante et irritante, est le principal risque : <em>S. acre<\/em> a des feuilles plus petites, triangulaires, non r\u00e9fl\u00e9chies et d&rsquo;un vert plus vif. L&rsquo;ingestion de <em>S. acre<\/em> en quantit\u00e9 provoque des naus\u00e9es, vomissements et irritation gastro-intestinale. La distinction entre les deux esp\u00e8ces repose sur la forme des feuilles (cylindriques et r\u00e9fl\u00e9chies chez <em>S. rupestre<\/em>, ovales-triangulaires et appliqu\u00e9es chez <em>S. acre<\/em>) et sur la saveur (acidul\u00e9e douce vs. br\u00fblante). L&rsquo;usage alimentaire mod\u00e9r\u00e9 de <em>S. rupestre<\/em> ne pr\u00e9sente aucun risque connu.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin r\u00e9fl\u00e9chi est l&rsquo;un des plus anciens l\u00e9gumes sauvages europ\u00e9ens. Son usage alimentaire est attest\u00e9 depuis le Moyen \u00c2ge en Angleterre, en France et en Allemagne. John Gerard (1597) le mentionne dans son Herball comme plante \u00ab bonne en salade et de saveur plaisante \u00bb. Nicholas Culpeper (1653) le recommande comme rafra\u00eechissant et temp\u00e9rant. En France, les jeunes pousses \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9es au printemps et ajout\u00e9es aux salades de verdures sauvages. En Belgique et dans les Flandres, l&rsquo;esp\u00e8ce figurait parmi les \u00ab herbes de mur \u00bb consomm\u00e9es en p\u00e9riode de disette. L&rsquo;usage m\u00e9dicinal populaire se limitait \u00e0 l&rsquo;application du suc frais sur les petites plaies et br\u00fblures, \u00e0 la mani\u00e8re de la joubarbe. La plantation d&rsquo;orpins sur les toits et les murs \u00e9tait pratiqu\u00e9e dans tout le nord de l&rsquo;Europe pour la protection contre la foudre et le feu, croyance probablement renforc\u00e9e par la r\u00e9sistance au feu des plantes succulentes gorg\u00e9es d&rsquo;eau. L&rsquo;esp\u00e8ce est aujourd&rsquo;hui red\u00e9couverte par le mouvement de la cueillette sauvage et de la cuisine de terroir.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p><em>Sedum rupestre<\/em> est une esp\u00e8ce commune, non menac\u00e9e et ne b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;aucune protection r\u00e9glementaire en Europe. Son caract\u00e8re pionnier et sa plasticit\u00e9 \u00e9cologique lui permettent de coloniser aussi bien les milieux naturels que les milieux anthropiques. L&rsquo;esp\u00e8ce est largement cultiv\u00e9e comme plante ornementale et alimentaire, et constitue l&rsquo;un des composants standards des m\u00e9langes pour toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es extensives. La destruction des vieux murs et des toitures traditionnelles en lauzes peut localement r\u00e9duire les habitats, mais la capacit\u00e9 de l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e0 recoloniser de nouveaux substrats compense largement ces pertes. Aucune pr\u00e9occupation de conservation ne se pose pour ce taxon.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin r\u00e9fl\u00e9chi est avant tout une plante alimentaire sauvage remarquable, dont l&rsquo;usage culinaire traditionnel en Europe remonte au moins au Moyen \u00c2ge. Sa phytochimie, caract\u00e9ris\u00e9e par des acides organiques CAM, des flavono\u00efdes, des mucilages et de tr\u00e8s faibles teneurs en alcalo\u00efdes, soutient un profil de plante comestible de bonne innocuit\u00e9 aux propri\u00e9t\u00e9s nutritionnelles int\u00e9ressantes (min\u00e9raux, antioxydants). L&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal est secondaire et se limite \u00e0 un usage topique \u00e9mollient traditionnel. La plante illustre la fronti\u00e8re t\u00e9nue entre alimentation et phytoth\u00e9rapie dans le cas des plantes sauvages comestibles. Sa red\u00e9couverte contemporaine par la cuisine de terroir et les toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es lui assure un avenir prometteur, davantage dans l&rsquo;assiette et sur les toits que dans la pharmacie.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>&lsquo;t Hart H., Eggli U. (eds), 2003. <em>Evolution and Systematics of the Crassulaceae<\/em>. Backhuys Publishers.<\/li>\n<li>Gaspar M.C. et al., 2019. Nutritional characterization of <em>Sedum<\/em> species used in Mediterranean cuisine. <em>Food Chemistry<\/em>, 286, 114-121.<\/li>\n<li>Stephenson R., 1994. <em>Sedum: Cultivated Stonecrops<\/em>. Timber Press.<\/li>\n<li>Gerard J., 1597. <em>The Herball or Generall Historie of Plantes<\/em>. London.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Sedum rupestre<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Sedum rupestre<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire \/ cicatrisant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient (externe)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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