{"id":866,"date":"2026-03-26T11:30:21","date_gmt":"2026-03-26T10:30:21","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orpin-telephium\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"orpin-telephium","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orpin-telephium\/","title":{"rendered":"ORPIN T\u00c9L\u00c9PHIUM"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Orpin%20reprise.jpg\" alt=\"Planche botanique Orpin reprise\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium, <em>Hylotelephium telephium<\/em> (L.) H.Ohba (synonyme <em>Sedum telephium<\/em> L.), commun\u00e9ment appel\u00e9 Grand orpin, Herbe de la Saint-Jean ou Reprise, est une plante vivace succulente robuste de la famille des Crassulac\u00e9es (Crassulaceae). Le genre <em>Hylotelephium<\/em>, r\u00e9cemment s\u00e9par\u00e9 de <em>Sedum<\/em> sur des bases mol\u00e9culaires, comprend une trentaine d&rsquo;esp\u00e8ces r\u00e9parties en Eurasie et en Am\u00e9rique du Nord. <em>H. telephium<\/em> est la plus grande et la plus commune en France. C&rsquo;est une plante dress\u00e9e, haute de 30 \u00e0 60 centim\u00e8tres, \u00e0 tiges robustes, charnues, non ramifi\u00e9es, portant des feuilles alternes, larges, plates et succulentes. L&rsquo;inflorescence terminale est un corymbe dense de petites fleurs \u00e9toil\u00e9es roses \u00e0 pourpres. Le nom \u00ab t\u00e9l\u00e9phium \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 T\u00e9l\u00e8phe, roi mythique de Mysie qui aurait gu\u00e9ri une blessure grave gr\u00e2ce \u00e0 cette plante. L&rsquo;esp\u00e8ce est polymorphe, avec plusieurs sous-esp\u00e8ces reconnues en France.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Hylotelephium telephium<\/em> est une esp\u00e8ce eurasiatique largement r\u00e9pandue, de l&rsquo;Europe occidentale \u00e0 la Sib\u00e9rie et au Japon. Introduite et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord. En France, il est commun dans une grande partie du territoire, des plaines aux montagnes (jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m\u00e8tres), \u00e0 l&rsquo;exception des r\u00e9gions les plus m\u00e9diterran\u00e9ennes. Son habitat est diversifi\u00e9 : lisi\u00e8res foresti\u00e8res, haies, talus, bords de chemins, murs de pierres s\u00e8ches, rochers, \u00e9boulis, friches et jardins. Il affectionne les situations semi-ombrag\u00e9es \u00e0 ensoleill\u00e9es, sur des sols bien drain\u00e9s, rocheux ou pierreux, de toute nature g\u00e9ologique (siliceux ou calcaire selon les sous-esp\u00e8ces). La sous-esp\u00e8ce <em>telephium<\/em> pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires, tandis que la sous-esp\u00e8ce <em>maximum<\/em> est plus souvent sur substrat siliceux. L&rsquo;orpin t\u00e9l\u00e9phium est un compagnon classique des vieux murs et des ruines, o\u00f9 il trouve les conditions rocheuses et bien drain\u00e9es qu&rsquo;il appr\u00e9cie.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>La souche est un rhizome horizontal tub\u00e9ris\u00e9, charnu, d&rsquo;o\u00f9 \u00e9mergent chaque ann\u00e9e de nouvelles tiges. Les racines tub\u00e9reuses, fusiformes, constituent une r\u00e9serve importante. Les tiges sont dress\u00e9es, robustes, cylindriques, charnues, non ramifi\u00e9es, hautes de 30 \u00e0 60 centim\u00e8tres, glabres, de couleur vert clair \u00e0 vert bleut\u00e9, souvent teint\u00e9es de rouge. Les feuilles sont alternes (ou parfois oppos\u00e9es \u00e0 verticill\u00e9es chez certaines sous-esp\u00e8ces), sessiles ou bri\u00e8vement p\u00e9tiol\u00e9es, ovales \u00e0 oblongues, longues de 4 \u00e0 8 centim\u00e8tres et larges de 2 \u00e0 4 centim\u00e8tres, plates, charnues, \u00e0 marge irr\u00e9guli\u00e8rement dent\u00e9e-cr\u00e9nel\u00e9e, glabres, vert glauque \u00e0 vert bleut\u00e9. L&rsquo;inflorescence terminale est un corymbe dense et aplati, de 5 \u00e0 12 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre, portant de tr\u00e8s nombreuses fleurs. Chaque fleur mesure 8 \u00e0 12 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre, poss\u00e8de cinq s\u00e9pales verts, cinq p\u00e9tales \u00e9tal\u00e9s en \u00e9toile, de couleur rose, pourpre ou blanc verd\u00e2tre selon les sous-esp\u00e8ces, dix \u00e9tamines et cinq carpelles libres. Le fruit est un ensemble de cinq follicules rouge\u00e2tres.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium est une plante vivace h\u00e9micryptophyte dont les bourgeons hivernaux sont situ\u00e9s au niveau du sol, prot\u00e9g\u00e9s par les restes dess\u00e9ch\u00e9s des tiges de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. La croissance reprend au printemps, en avril, avec l&rsquo;\u00e9mergence de nouvelles pousses \u00e0 partir du rhizome tub\u00e9ris\u00e9. La croissance est r\u00e9guli\u00e8re tout au long du printemps et de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. La floraison est tardive, intervenant de juillet \u00e0 septembre, voire octobre, ce qui en fait l&rsquo;une des derni\u00e8res vivaces \u00e0 fleurir. Cette floraison tardive est \u00e9cologiquement importante car elle fournit du nectar aux pollinisateurs \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 les ressources florales commencent \u00e0 se rar\u00e9fier. La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e par une grande diversit\u00e9 d&rsquo;insectes : papillons, abeilles, syrphes, bourdons et mouches. La fructification donne des follicules rouge\u00e2tres lib\u00e9rant de petites graines en automne. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par fragmentation du rhizome et par les racines tub\u00e9reuses est tr\u00e8s efficace. Les fragments de feuille ou de tige tomb\u00e9s au sol peuvent s&rsquo;enraciner et produire de nouveaux individus.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium est une esp\u00e8ce relativement eurytope mais avec des pr\u00e9f\u00e9rences marqu\u00e9es. Il est h\u00e9liophile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile, prosp\u00e9rant en pleine lumi\u00e8re comme en lisi\u00e8re ombrag\u00e9e. Le sol doit \u00eatre bien drain\u00e9, de pr\u00e9f\u00e9rence rocheux, pierreux ou sableux. Il tol\u00e8re les sols pauvres mais accepte aussi les sols mod\u00e9r\u00e9ment riches. Son adaptation principale est la tol\u00e9rance \u00e0 la s\u00e9cheresse, assur\u00e9e par le stockage d&rsquo;eau dans ses feuilles et ses tiges charnues et par le m\u00e9tabolisme CAM (Crassulacean Acid Metabolism) qui lui permet d&rsquo;\u00e9conomiser l&rsquo;eau. L&rsquo;esp\u00e8ce est tr\u00e8s rustique, supportant des temp\u00e9ratures de -25\u00b0C et au-del\u00e0. Elle tol\u00e8re le calcaire comme le siliceux, selon les sous-esp\u00e8ces. L&rsquo;engorgement du sol est le principal facteur limitant : comme la plupart des Crassulac\u00e9es, l&rsquo;orpin t\u00e9l\u00e9phium pourrit si ses racines sont en permanence satur\u00e9es d&rsquo;eau.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales traditionnelles de l&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium ont \u00e9t\u00e9 partiellement confirm\u00e9es par la recherche moderne. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>cicatrisante<\/strong> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e in vitro et in vivo : les extraits de feuilles stimulent la prolif\u00e9ration des fibroblastes et la synth\u00e8se de collag\u00e8ne, favorisant la fermeture des plaies. Les <strong>polysaccharides<\/strong> (galactanes) isol\u00e9s de la plante pr\u00e9sentent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>immunomodulatrices<\/strong> significatives : stimulation de l&rsquo;activit\u00e9 des macrophages et de la production de cytokines. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>anti-inflammatoire<\/strong> a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par l&rsquo;inhibition de la cyclooxyg\u00e9nase et de la lipoxyg\u00e9nase. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> contribuent \u00e0 une activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> marqu\u00e9e. Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> mod\u00e9r\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antitumorale<\/strong> de certains polysaccharides a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e avec des r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires encourageants. En phytoth\u00e9rapie contemporaine, l&rsquo;orpin t\u00e9l\u00e9phium est principalement utilis\u00e9 en usage externe (gel, cr\u00e8me, cataplasme) comme cicatrisant et anti-inflammatoire pour les petites plaies, les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res et les irritations cutan\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">Flavonols<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins<\/a><\/td>\n<td>Astringents<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a>, acides organiques<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, rafra\u00eechissants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La floraison tardive de l&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium lui conf\u00e8re un r\u00f4le \u00e9cologique majeur en tant que ressource nectarif\u00e8re de fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Ses corymbes denses attirent une extraordinaire diversit\u00e9 de papillons (Vulcain, Paon du jour, Petite Tortue, Tabac d&rsquo;Espagne), d&rsquo;abeilles, de bourdons, de syrphes et de mouches, qui y trouvent un nectar abondant pour reconstituer leurs r\u00e9serves avant l&rsquo;automne. C&rsquo;est l&rsquo;une des plantes les plus attractives pour les papillons dans les jardins. Les tiges creuses dess\u00e9ch\u00e9es persistent en hiver et servent d&rsquo;abri aux insectes hivernants. Les racines tub\u00e9reuses sont consomm\u00e9es par les campagnols et les limaces. La plante n&rsquo;est pas toxique pour les herbivores mais sa saveur astringente limite la consommation. Elle contribue \u00e0 la couverture du sol et \u00e0 la pr\u00e9vention de l&rsquo;\u00e9rosion sur les talus et les murets rocheux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p><em>Hylotelephium telephium<\/em> poss\u00e8de une composition chimique riche et diversifi\u00e9e. Les feuilles et les tiges contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol, myric\u00e9tine et leurs glycosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide gallique, acide caf\u00e9ique), des <strong>tanins<\/strong> condens\u00e9s et hydrolysables, et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> abondants. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> pip\u00e9ridiques en faible quantit\u00e9 (<strong>s\u00e9damine<\/strong>, <strong>s\u00e9dridine<\/strong>) sont pr\u00e9sents, comme chez <em>Sedum album<\/em>. Les feuilles accumulent de l&rsquo;<strong>acide malique<\/strong> via le m\u00e9tabolisme CAM. Des <strong>polysaccharides<\/strong> complexes (galactanes, arabinogalactanes) ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s et pr\u00e9sentent des propri\u00e9t\u00e9s immunomodulatrices. La teneur en <strong>vitamine C<\/strong> est significative. Les racines tub\u00e9reuses sont riches en <strong>amidon<\/strong> et en <strong>sucres solubles<\/strong>. Le suc des feuilles fra\u00eeches contient des compos\u00e9s \u00e0 activit\u00e9 cicatrisante et anti-inflammatoire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p><em>Hylotelephium telephium<\/em> est consid\u00e9r\u00e9 comme une plante peu toxique. Les feuilles et les tiges sont comestibles et ont \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9es comme l\u00e9gume depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 sans effets ind\u00e9sirables graves. Les <strong>alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiques<\/strong> sont pr\u00e9sents en tr\u00e8s faible quantit\u00e9, insuffisante pour provoquer des sympt\u00f4mes toxiques aux doses alimentaires normales. Une consommation excessive de feuilles crues peut provoquer des troubles digestifs l\u00e9gers (naus\u00e9es) en raison des tanins et des saponines. Le suc frais des feuilles, appliqu\u00e9 sur la peau, ne provoque g\u00e9n\u00e9ralement pas d&rsquo;irritation, bien qu&rsquo;une sensibilit\u00e9 individuelle soit possible. La plante est sans danger pour les animaux domestiques. La seule pr\u00e9caution significative concerne la distinction avec d&rsquo;autres plantes de la famille, certaines Crassulac\u00e9es exotiques cultiv\u00e9es en appartement pouvant \u00eatre plus toxiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus anciennement utilis\u00e9es en Europe. Son usage remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9 grecque : le nom \u00ab t\u00e9l\u00e9phium \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 T\u00e9l\u00e8phe, roi mythique de Mysie, fils d&rsquo;H\u00e9racl\u00e8s, qui aurait gu\u00e9ri une blessure inflig\u00e9e par la lance d&rsquo;Achille en appliquant cette plante sur sa plaie. Dioscoride le recommande comme vuln\u00e9raire (cicatrisant). Au Moyen \u00c2ge, il figurait dans tous les jardins de simples monastiques sous le nom de \u00ab herbe de la Saint-Jean \u00bb ou \u00ab Reprise \u00bb, ce dernier nom faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 sa capacit\u00e9 suppos\u00e9e de \u00ab reprendre \u00bb (cicatriser) les plaies. Les feuilles charnues, fendues en deux et appliqu\u00e9es c\u00f4t\u00e9 muqueux sur les br\u00fblures, les coupures, les ulc\u00e8res cutan\u00e9s et les h\u00e9morro\u00efdes, constituaient un pansement v\u00e9g\u00e9tal universel. En usage interne, les feuilles bouillies \u00e9taient consomm\u00e9es contre la diarrh\u00e9e et les h\u00e9morragies internes. Les jeunes feuilles et tiges \u00e9taient aussi mang\u00e9es en salade ou cuites comme l\u00e9gume.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium est une plante vivace ornementale tr\u00e8s facile \u00e0 cultiver, depuis longtemps pr\u00e9sente dans les jardins de cottage et les massifs naturalistes. Il appr\u00e9cie les situations ensoleill\u00e9es \u00e0 mi-ombrag\u00e9es, en sol bien drain\u00e9, m\u00eame pauvre et sec. La plantation s&rsquo;effectue au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne. La multiplication est extr\u00eamement facile par division de la souche, par bouturage de tige ou m\u00eame par simple d\u00e9p\u00f4t d&rsquo;une feuille sur le sol. L&rsquo;arrosage est minimal, la plante supportant la s\u00e9cheresse gr\u00e2ce \u00e0 ses r\u00e9serves hydriques. La taille des tiges s\u00e8ches en fin d&rsquo;hiver est le seul entretien n\u00e9cessaire, en laissant de pr\u00e9f\u00e9rence les tiges debout pendant l&rsquo;hiver pour abriter les insectes. De nombreux cultivars horticoles sont disponibles, avec des coloris de fleur et de feuillage vari\u00e9s (pourpre, gris-bleu, panach\u00e9). Le cultivar &lsquo;Herbstfreude&rsquo; (&lsquo;Autumn Joy&rsquo;) est l&rsquo;un des vivaces les plus populaires au monde.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium se distingue ais\u00e9ment des petits orpins (comme <em>Sedum album<\/em> ou <em>Sedum acre<\/em>) par sa grande taille (30 \u00e0 60 centim\u00e8tres), ses feuilles larges et plates et son inflorescence en corymbe dense. La confusion est plus probable avec d&rsquo;autres grands orpins : <em>Hylotelephium maximum<\/em> (Orpin \u00e9lev\u00e9) a des feuilles plus arrondies et des fleurs blanc verd\u00e2tre \u00e0 jaun\u00e2tre. <em>Hylotelephium spectabile<\/em> (Orpin remarquable), esp\u00e8ce asiatique couramment cultiv\u00e9e, poss\u00e8de des feuilles oppos\u00e9es ou verticill\u00e9es et des fleurs rose vif. Les sous-esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s de <em>H. telephium<\/em> sont elles-m\u00eames difficiles \u00e0 distinguer. La combinaison des feuilles alternes, de la marge dent\u00e9e-cr\u00e9nel\u00e9e et des fleurs roses \u00e0 pourpre permet g\u00e9n\u00e9ralement l&rsquo;identification du groupe <em>telephium<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Hylotelephium telephium<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 en France et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection. L&rsquo;esp\u00e8ce est commune et ses habitats (murs, talus, lisi\u00e8res) sont largement r\u00e9pandus. Cependant, la destruction des vieux murs de pierres s\u00e8ches, le rejointoiement des murets et la r\u00e9novation des b\u00e2timents anciens peuvent localement r\u00e9duire les populations spontan\u00e9es. La plante est par ailleurs tr\u00e8s largement cultiv\u00e9e comme ornementale, ce qui contribue \u00e0 sa diffusion.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium traverse l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine europ\u00e9enne comme un fil rouge : de la blessure mythique de T\u00e9l\u00e8phe aux cataplasmes des moines m\u00e9di\u00e9vaux, des jardins de simples aux massifs de vivaces contemporains, cette plante a accompagn\u00e9 l&rsquo;humanit\u00e9 pendant des mill\u00e9naires. Le nom \u00ab Reprise \u00bb, encore utilis\u00e9 dans certaines campagnes fran\u00e7aises, r\u00e9sume admirablement sa vocation : repriser les chairs bless\u00e9es, comme on reprise un tissu d\u00e9chir\u00e9. Les feuilles charnues, coup\u00e9es en deux et appliqu\u00e9es \u00ab \u00e0 vif \u00bb sur les br\u00fblures, constituaient le pansement biologique le plus r\u00e9pandu en Europe avant l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;asepsie \u2014 un cataplasme naturel dont l&rsquo;efficacit\u00e9 est aujourd&rsquo;hui scientifiquement confirm\u00e9e. Le cultivar &lsquo;Autumn Joy&rsquo;, cr\u00e9\u00e9 en Allemagne dans les ann\u00e9es 1950, est devenu l&rsquo;un des vivaces les plus plant\u00e9s au monde, r\u00e9compens\u00e9 par d&rsquo;innombrables prix horticoles. Son secret : une floraison spectaculaire en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9, quand le jardin commence \u00e0 d\u00e9cliner, transformant ses corymbes de vert \u00e0 rose puis \u00e0 brun cuivr\u00e9, offrant quatre mois de beaut\u00e9 changeante sans le moindre effort de la part du jardinier.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ORPIN T\u00c9L\u00c9PHIUM pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Hylotelephium%20telephium\">Plants of the World Online, Kew : <em>Hylotelephium telephium<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Hylotelephium+telephium\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Hylotelephium telephium<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire \/ cicatrisant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient (externe)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Orpin t\u00e9l\u00e9phium, Hylotelephium telephium (L.) 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