{"id":868,"date":"2026-03-26T11:30:24","date_gmt":"2026-03-26T10:30:24","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orpin-elegant\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"orpin-elegant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orpin-elegant\/","title":{"rendered":"ORPIN \u00c9L\u00c9GANT"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Orpin%20%C3%A9l%C3%A9gant.jpg\" alt=\"Planche botanique Orpin \u00e9l\u00e9gant\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin \u00e9l\u00e9gant, <em>Sedum elegans<\/em> Lej., appartient \u00e0 la famille des <strong>Crassulaceae<\/strong>, genre <em>Sedum<\/em> L. Ce genre cosmopolite, avec plus de 400 esp\u00e8ces, constitue le plus vaste de la famille. La taxonomie des <em>Sedum<\/em> europ\u00e9ens a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment remani\u00e9e au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, certains auteurs s\u00e9parant des genres distincts (<em>Petrosedum<\/em>, <em>Phedimus<\/em>, <em>Hylotelephium<\/em>) tandis que d&rsquo;autres maintiennent un genre <em>Sedum<\/em> sensu lato. <em>Sedum elegans<\/em> est parfois trait\u00e9 comme synonyme ou sous-esp\u00e8ce de <em>Sedum forsterianum<\/em> Sm., et la d\u00e9limitation entre ces deux taxons reste discut\u00e9e. Les noms vernaculaires incluent Orpin \u00e9l\u00e9gant, Orpin de Forster et S\u00e9dum \u00e9l\u00e9gant. Sur le plan de la classification APG IV, les Crassulaceae appartiennent \u00e0 l&rsquo;ordre des Saxifragales, un ordre ancien et diversifi\u00e9 au sein des Eudicotyl\u00e9dones basales. L&rsquo;esp\u00e8ce se rattache au sous-genre <em>Sedum<\/em>, section <em>Rupestria<\/em>, caract\u00e9ris\u00e9e par des feuilles cylindriques ou lin\u00e9aires, une inflorescence en cyme et des p\u00e9tales jaunes. L&rsquo;aire de r\u00e9partition couvre l&rsquo;Europe occidentale et m\u00e9diane, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Allemagne occidentale, avec une affinit\u00e9 atlantique \u00e0 subatlantique marqu\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace succulente formant des coussinets l\u00e2ches ou des tapis par prolif\u00e9ration de stolons st\u00e9riles. Les tiges florif\u00e8res sont dress\u00e9es, hautes de 15 \u00e0 30 cm, glabres, rouge\u00e2tres \u00e0 la base. Les feuilles sont alternes, sessiles, lin\u00e9aires-cylindriques, longues de 8 \u00e0 15 mm et larges de 1 \u00e0 2 mm, glauques \u00e0 vert gris\u00e2tre, charnues, arrondies au sommet, formant sur les tiges st\u00e9riles des rosettes terminales compactes \u00e9voquant de petits \u00ab \u00e9pis de ma\u00efs \u00bb. Les feuilles caulinaires des tiges florif\u00e8res sont plus espac\u00e9es et tendent \u00e0 se dess\u00e9cher \u00e0 la floraison. L&rsquo;inflorescence est une cyme bipare \u00e9tal\u00e9e, \u00e0 branches r\u00e9curv\u00e9es avant l&rsquo;anth\u00e8se (cincinnus). Les fleurs sont pentam\u00e8res, \u00e0 5 s\u00e9pales triangulaires charnus, 5 p\u00e9tales jaune vif de 5 \u00e0 7 mm, lanc\u00e9ol\u00e9s et aigus, 10 \u00e9tamines et 5 carpelles libres. Le fruit est un ensemble de 5 follicules dress\u00e9s, contenant de nombreuses graines minuscules. La floraison a lieu de juin \u00e0 ao\u00fbt. L&rsquo;esp\u00e8ce colonise les rochers siliceux, les murs, les \u00e9boulis, les pelouses rases sur substrats acides et les affleurements rocheux, du littoral jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (0 \u00e0 1500 m).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Sedum elegans<\/em> est une esp\u00e8ce saxicole et rupicole des substrats siliceux, affectionnant les rochers granitiques, gneissiques ou schisteux, les murs de pierres s\u00e8ches, les dalles rocheuses, les \u00e9boulis stabilis\u00e9s et les pelouses rases sur sols squelettiques acides. L&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9sente une distribution atlantique \u00e0 subatlantique, centr\u00e9e sur l&rsquo;Europe occidentale : P\u00e9ninsule ib\u00e9rique, France (surtout l&rsquo;Ouest, le Massif central et les Pyr\u00e9n\u00e9es), Grande-Bretagne, Belgique et ouest de l&rsquo;Allemagne. Elle se rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1500 m d&rsquo;altitude. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile \u00e0 h\u00e9mi-h\u00e9liophile, thermophile et x\u00e9rophile, adapt\u00e9e aux substrats secs et pauvres gr\u00e2ce \u00e0 son m\u00e9tabolisme CAM et \u00e0 ses organes de r\u00e9serve succulents. La multiplication est essentiellement v\u00e9g\u00e9tative par fragmentation des stolons, compl\u00e9t\u00e9e par une reproduction sexu\u00e9e par graines. La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e par de petits hym\u00e9nopt\u00e8res et dipt\u00e8res. <em>S. elegans<\/em> est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des substrats rocheux, participant aux stades initiaux de colonisation des surfaces min\u00e9rales avec les lichens et les mousses.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les Crassulaceae du genre <em>Sedum<\/em> ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, principalement les esp\u00e8ces communes comme <em>S. acre<\/em> (Orpin \u00e2cre) et <em>S. telephium<\/em> (Grand Orpin). Pour <em>Sedum elegans<\/em>, les usages document\u00e9s sont tr\u00e8s limit\u00e9s et rel\u00e8vent de la m\u00e9decine populaire locale. Les <strong>feuilles charnues<\/strong> et les <strong>tiges<\/strong> constituent les parties potentiellement utilisables, r\u00e9colt\u00e9es en \u00e9t\u00e9 pendant la p\u00e9riode de plein d\u00e9veloppement. La chair succulente des feuilles, riche en eau et en acides organiques, a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e sur les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res et les cors \u00e0 la mani\u00e8re de l&rsquo;Orpin \u00e2cre, bien que cette pratique soit peu document\u00e9e pour cette esp\u00e8ce pr\u00e9cise. Le <strong>suc frais<\/strong> extrait par pression des feuilles repr\u00e9sente la forme d&rsquo;usage la plus simple. La plante enti\u00e8re est parfois r\u00e9colt\u00e9e et s\u00e9ch\u00e9e, bien que le s\u00e9chage alt\u00e8re significativement la composition d&rsquo;une drogue aussi aqueuse.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. M\u00e9tabolisme des acides organiques (CAM)<\/h3>\n<p>Comme toutes les Crassulaceae, <em>Sedum elegans<\/em> utilise le m\u00e9tabolisme acide crassulac\u00e9en (CAM) pour fixer le CO2, accumulant de l&rsquo;<strong>acide malique<\/strong> dans les vacuoles la nuit et le remobilisant pour la photosynth\u00e8se diurne. Ce m\u00e9canisme conf\u00e8re une acidit\u00e9 marqu\u00e9e au suc frais, particuli\u00e8rement le matin.<\/p>\n<h3>B. Alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiniques<\/h3>\n<p>Plusieurs esp\u00e8ces de <em>Sedum<\/em> contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> pip\u00e9ridiniques<\/strong> de type s\u00e9damine et s\u00e9dridine. La pr\u00e9sence de <strong>s\u00e9damine<\/strong>, <strong>s\u00e9dridine<\/strong> et de <strong>nicotine<\/strong> en traces a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e dans le genre. Chez <em>S. elegans<\/em>, les donn\u00e9es phytochimiques sp\u00e9cifiques sont fragmentaires, mais la proximit\u00e9 avec <em>S. forsterianum<\/em> sugg\u00e8re un profil alcalo\u00efdique comparable.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les feuilles contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et leurs glycosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>) et des <strong>tanins<\/strong> condens\u00e9s. Le profil ph\u00e9nolique est caract\u00e9ristique des Crassulaceae succulentes, avec des teneurs mod\u00e9r\u00e9es par rapport \u00e0 des familles plus riches en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a>.<\/p>\n<h3>D. Mucilages et polysaccharides<\/h3>\n<p>La chair foliaire contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> et des <strong>polysaccharides hydrophiles<\/strong> contribuant \u00e0 l&rsquo;effet \u00e9mollient et adoucissant du suc frais appliqu\u00e9 sur la peau. Ces compos\u00e9s participent \u00e0 la r\u00e9tention d&rsquo;eau caract\u00e9ristique des tissus succulents.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les m\u00e9canismes pharmacologiques de <em>Sedum elegans<\/em> ne sont pas directement \u00e9tudi\u00e9s. Par extrapolation \u00e0 partir des travaux sur d&rsquo;autres <em>Sedum<\/em>, on peut proposer les m\u00e9canismes suivants. L&rsquo;application topique du suc frais exerce un effet <strong>\u00e9mollient et rafra\u00eechissant<\/strong> par hydratation et apport de mucilages sur les br\u00fblures superficielles et les irritations cutan\u00e9es, \u00e0 la mani\u00e8re du gel d&rsquo;Aloe vera. Les <strong>acides organiques<\/strong> (acide malique principalement) peuvent exercer un l\u00e9ger effet k\u00e9ratolytique sur les cors et durillons, justifiant l&rsquo;usage populaire. Les <strong>alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiniques<\/strong>, lorsqu&rsquo;ils sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9 suffisante, exercent des effets pharmacologiques vari\u00e9s : la s\u00e9damine poss\u00e8de une activit\u00e9 hypotensive et s\u00e9dative l\u00e9g\u00e8re dans des mod\u00e8les animaux. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> contribuent \u00e0 un effet antioxydant et anti-inflammatoire topique. L&rsquo;<strong>acide gallique<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s astringentes et antimicrobiennes document\u00e9es. Cependant, les concentrations de ces compos\u00e9s chez <em>S. elegans<\/em> sont vraisemblablement trop faibles pour un usage m\u00e9dicinal syst\u00e9matique, ce qui explique la marginalit\u00e9 de la plante dans les pharmacop\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Il n&rsquo;existe aucune donn\u00e9e clinique publi\u00e9e pour <em>Sedum elegans<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle, aucune monographie de la Commission E ni de l&rsquo;ESCOP. Les seules esp\u00e8ces de <em>Sedum<\/em> ayant fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques significatives sont <em>S. acre<\/em> (\u00e9tudi\u00e9 pour ses alcalo\u00efdes et son effet sur la pression art\u00e9rielle) et <em>S. telephium<\/em> (\u00e9tudi\u00e9 pour ses propri\u00e9t\u00e9s cicatrisantes et immunomodulatrices). En Russie et en Europe de l&rsquo;Est, des extraits de <em>Sedum<\/em> spp. ont \u00e9t\u00e9 commercialis\u00e9s comme biostimulants (m\u00e9thode Filatov), mais ces produits utilisent principalement <em>S. maximum<\/em> ou <em>S. telephium<\/em>. L&rsquo;absence totale de validation clinique pour <em>S. elegans<\/em> interdit toute recommandation th\u00e9rapeutique formelle. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;esp\u00e8ce reste essentiellement botanique, \u00e9cologique et ornemental (rocailles, toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es, jardins de crassulac\u00e9es).<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Acide malique<\/strong><\/td>\n<td>Acide organique (CAM)<\/td>\n<td>K\u00e9ratolytique l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>S\u00e9damine<\/strong><\/td>\n<td>Alcalo\u00efde pip\u00e9ridinique<\/td>\n<td>Hypotenseur, s\u00e9datif l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Kaempf\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td>Flavonol<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide gallique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Astringent, antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Mucilages<\/strong><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollient topique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Querc\u00e9tine<\/strong><\/td>\n<td>Flavonol<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">Flavonols<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins<\/a><\/td>\n<td>Astringents<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a>, acides organiques<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, rafra\u00eechissants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les formes gal\u00e9niques document\u00e9es pour les <em>Sedum<\/em> en g\u00e9n\u00e9ral et potentiellement applicables \u00e0 <em>S. elegans<\/em> sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Suc frais de feuilles :<\/strong> feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es ou fendues, appliqu\u00e9es directement sur les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res, piq\u00fbres d&rsquo;insectes, cors et durillons. Usage strictement externe.<\/li>\n<li><strong>Cataplasme de feuilles fra\u00eeches :<\/strong> feuilles pil\u00e9es en compresses sur les zones inflamm\u00e9es ou irrit\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Infusion (usage peu document\u00e9) :<\/strong> 2 \u00e0 5 g de parties a\u00e9riennes fra\u00eeches ou s\u00e8ches par tasse, infusion 10 minutes. Usage interne non valid\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re hom\u00e9opathique :<\/strong> certains <em>Sedum<\/em> sont utilis\u00e9s en hom\u00e9opathie, bien que <em>S. elegans<\/em> ne figure pas dans les mati\u00e8res m\u00e9dicales courantes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;usage interne est d\u00e9conseill\u00e9 en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 sp\u00e9cifiques. L&rsquo;usage externe topique du suc frais reste la forme la plus rationnelle et la mieux document\u00e9e par analogie avec les esp\u00e8ces apparent\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicologie de <em>Sedum elegans<\/em> n&rsquo;est pas sp\u00e9cifiquement document\u00e9e. Par analogie avec les esp\u00e8ces proches, la toxicit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme faible \u00e0 tr\u00e8s faible. Les <strong>alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiniques<\/strong> (s\u00e9damine, s\u00e9dridine) peuvent exercer des effets ind\u00e9sirables \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es : naus\u00e9es, vomissements, vertiges, troubles du rythme cardiaque. Cependant, les teneurs en alcalo\u00efdes dans les esp\u00e8ces de la section <em>Rupestria<\/em> sont g\u00e9n\u00e9ralement plus basses que chez <em>S. acre<\/em>, esp\u00e8ce notoirement irritante. L&rsquo;<strong>acide malique<\/strong> concentr\u00e9 peut provoquer une irritation des muqueuses en cas d&rsquo;ingestion du suc pur en grande quantit\u00e9. L&rsquo;usage externe est consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr, sans effets irritants significatifs aux doses d&rsquo;application traditionnelle. En cas de confusion avec <em>Sedum acre<\/em> (Orpin \u00e2cre), dont la saveur est br\u00fblante et piquante, des irritations buccales et gastro-intestinales peuvent survenir. L&rsquo;identification botanique correcte est donc essentielle avant tout usage. Aucun cas d&rsquo;intoxication par <em>S. elegans<\/em> n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature toxicologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les orpins en g\u00e9n\u00e9ral ont une longue histoire d&rsquo;utilisation en m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne. Dioscoride d\u00e9crit <em>Sedum<\/em> sous le nom de <em>Telephion<\/em> comme rem\u00e8de vuln\u00e9raire et cicatrisant. Pline l&rsquo;Ancien mentionne plusieurs <em>Sedum<\/em> dans son Historia Naturalis pour le traitement des br\u00fblures et des affections cutan\u00e9es. Cependant, ces usages antiques concernent principalement le Grand Orpin (<em>S. telephium<\/em>) et l&rsquo;Orpin \u00e2cre (<em>S. acre<\/em>). <em>Sedum elegans<\/em>, esp\u00e8ce discr\u00e8te des rochers siliceux atlantiques, n&rsquo;appara\u00eet pas nomm\u00e9ment dans les herbiers m\u00e9di\u00e9vaux. Son usage populaire, probablement ancien mais non document\u00e9, s&rsquo;inscrit dans la tradition g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;utilisation des \u00ab joubarbes et orpins \u00bb comme plantes vuln\u00e9raires et rafra\u00eechissantes. En Bretagne et dans l&rsquo;Ouest de la France, les orpins des murs et rochers \u00e9taient collectivement appel\u00e9s \u00ab herbe de la coupure \u00bb et appliqu\u00e9s sur les petites plaies. La plantation d&rsquo;orpins sur les toits et les murs de cl\u00f4ture \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme protectrice contre la foudre dans certaines traditions rurales, h\u00e9ritage probable d&rsquo;un symbolisme pr\u00e9-chr\u00e9tien li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9sistance de ces plantes.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p><em>Sedum elegans<\/em> n&rsquo;est pas globalement menac\u00e9 mais pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat patrimonial dans certaines r\u00e9gions o\u00f9 ses stations sont rares ou isol\u00e9es. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est assez commune dans les r\u00e9gions atlantiques et le Massif central siliceux, mais rare ou absente dans les r\u00e9gions calcaires et m\u00e9diterran\u00e9ennes. Elle ne figure pas sur la liste nationale des esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es ni dans les annexes de la Directive Habitats. Des listes rouges r\u00e9gionales peuvent la mentionner comme \u00ab quasi menac\u00e9e \u00bb dans des r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques de son aire (Nord, Est de la France). La destruction des murs de pierres s\u00e8ches traditionnels et le ravalement des ruines constituent des menaces locales pour les populations rupicoles. Les programmes de conservation du patrimoine b\u00e2ti rural (murets, terrasses) b\u00e9n\u00e9ficient indirectement aux populations de <em>Sedum<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce est de plus en plus utilis\u00e9e dans les m\u00e9langes de substrats pour toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es extensives, ce qui pourrait contribuer \u00e0 son expansion dans les milieux urbains.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orpin \u00e9l\u00e9gant est une Crassulaceae succulente discr\u00e8te dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique est avant tout acad\u00e9mique et comparatif. Sa phytochimie, insuffisamment \u00e9tudi\u00e9e, s&rsquo;inscrit dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral du genre <em>Sedum<\/em> avec des acides organiques CAM, des alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiniques en quantit\u00e9s variables, des flavono\u00efdes et des mucilages. L&rsquo;absence de tradition m\u00e9dicinale structur\u00e9e et de donn\u00e9es cliniques rel\u00e8gue l&rsquo;esp\u00e8ce au rang de plante \u00e0 usage populaire marginal, dont le seul usage raisonnablement d\u00e9fendable est l&rsquo;application topique du suc frais sur les irritations cutan\u00e9es mineures, par analogie avec les esp\u00e8ces apparent\u00e9es mieux document\u00e9es. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat majeur de <em>S. elegans<\/em> r\u00e9side dans son \u00e9cologie (esp\u00e8ce pionni\u00e8re des rochers siliceux), sa beaut\u00e9 architecturale (rosettes g\u00e9om\u00e9triques des stolons) et son utilisation en v\u00e9g\u00e9talisation des toitures. Du point de vue de la recherche, une caract\u00e9risation phytochimique compl\u00e8te et une comparaison avec <em>S. forsterianum<\/em> permettraient de clarifier le statut taxonomique et le potentiel biologique de ce taxon.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>&lsquo;t Hart H., Eggli U. (eds), 2003. <em>Evolution and Systematics of the Crassulaceae<\/em>. Backhuys Publishers, Leiden.<\/li>\n<li>Stevens J.F. et al., 1996. Alkaloids of some European and Macaronesian Sedoideae and Sempervivoideae (Crassulaceae). <em>Phytochemistry<\/em>, 41(2), 503-512.<\/li>\n<li>Stephenson R., 1994. <em>Sedum: Cultivated Stonecrops<\/em>. Timber Press.<\/li>\n<li>Thiede J., Eggli U., 2007. Crassulaceae. In: Kubitzki K. (ed.), <em>The Families and Genera of Vascular Plants<\/em>, vol. IX.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Sedum forsterianum<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Sedum elegans<\/em>.<\/li>\n<li>Castroviejo S. et al. (eds), 1997. <em>Flora Iberica<\/em>, vol. V : Crassulaceae.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire \/ cicatrisant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient (externe)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Orpin \u00e9l\u00e9gant, Sedum elegans Lej., appartient \u00e0 la famille des Crassulaceae, genre Sedum L. 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