{"id":877,"date":"2026-03-26T11:30:37","date_gmt":"2026-03-26T10:30:37","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/genevrier-cade\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:49","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:49","slug":"genevrier-cade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/genevrier-cade\/","title":{"rendered":"GEN\u00c9VRIER CADE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Gen%C3%A9vrier%20cade.jpg\" alt=\"Planche botanique Gen\u00e9vrier cade\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left; margin:5px 25px 15px 0; max-width:280px; border:1px solid #c9b99a; padding:6px; background:#faf6ee; border-radius:4px; cursor:pointer;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/juniperus_oxycedrus.jpg\" alt=\"Juniperus oxycedrus \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%; height:auto; display:block;\" \/><figcaption style=\"text-align:center; font-size:0.78em; color:#5a4e3c; margin-top:5px; font-style:italic;\">Juniperus oxycedrus<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Juniperus oxycedrus<\/em> L.<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Cupressaceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Juniperus<\/em><br \/>\n<strong>Synonymes :<\/strong> <em>Juniperus oxycedrus<\/em> subsp. <em>oxycedrus<\/em><br \/>\n<strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Gen\u00e9vrier cade, Cade, Gen\u00e9vrier oxyc\u00e8dre, Petit c\u00e8dre, Prickly juniper (en), Stechender Wacholder (de), Enebro de la miera (es), Ginepro rosso (it)<\/p>\n<p>Le nom <em>Juniperus<\/em> est le nom latin classique du gen\u00e9vrier. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>oxycedrus<\/em>, du grec <em>oxys<\/em> (aigu, piquant) et <em>kedros<\/em> (c\u00e8dre), signifie litt\u00e9ralement c\u00e8dre piquant. Le nom vernaculaire cade est d&rsquo;origine proven\u00e7ale et d\u00e9signe sp\u00e9cifiquement cette esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne, dont le bois fournit par distillation s\u00e8che l&rsquo;<strong>huile de cade<\/strong>, un goudron v\u00e9g\u00e9tal brun fonc\u00e9 utilis\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 en dermatologie et en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire. Le Gen\u00e9vrier cade est l&rsquo;un des arbustes les plus caract\u00e9ristiques de la garrigue et du maquis m\u00e9diterran\u00e9ens, o\u00f9 il constitue, avec le ch\u00eane kerm\u00e8s, le romarin et le thym, la trame v\u00e9g\u00e9tale des paysages secs et lumineux du Midi. Le genre <em>Juniperus<\/em> comprend environ 70 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans tout l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord, depuis les zones arctiques jusqu&rsquo;aux montagnes tropicales.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Arbuste ou petit arbre dio\u00efque (plus rarement mono\u00efque), de 1 \u00e0 8 m de hauteur (exceptionnellement 10 m), \u00e0 port buissonnant, conique ou irr\u00e9gulier, \u00e0 \u00e9corce gris-brun, fissur\u00e9e en lani\u00e8res fibreuses. Le bois est dur, dense, brun-rouge, tr\u00e8s aromatique, imputrescible, \u00e0 grain fin, excellent pour la sculpture et la marqueterie.<\/p>\n<p>Les feuilles sont des aiguilles aciculaires dispos\u00e9es en verticilles de 3, \u00e9tal\u00e9es, rigides, piquantes, longues de 10 \u00e0 25 mm et larges de 1,5 \u00e0 2 mm, d&rsquo;un vert gris\u00e2tre, portant sur la face sup\u00e9rieure <strong>deux bandes blanches de stomates<\/strong> s\u00e9par\u00e9es par la nervure m\u00e9diane verte. Ce caract\u00e8re (2 bandes blanches au lieu d&rsquo;une seule chez le Gen\u00e9vrier commun <em>J. communis<\/em>) est le crit\u00e8re d&rsquo;identification le plus fiable pour distinguer les deux esp\u00e8ces sur le terrain.<\/p>\n<p>Les c\u00f4nes m\u00e2les, petits et jaun\u00e2tres, apparaissent au printemps \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles. Les c\u00f4nes femelles, appel\u00e9s galbules (faux-fruits), sont sph\u00e9riques, charnus, de 8 \u00e0 15 mm de diam\u00e8tre, form\u00e9s de 3 \u00e9cailles soud\u00e9es. Ils passent du vert au brun-rouge puis au brun-pourpre fonc\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9 (2e ann\u00e9e), et sont nettement plus gros que ceux du Gen\u00e9vrier commun (qui sont bleu-noir). Chaque galbule contient 3 graines triangulaires. La maturation des galbules prend 18 \u00e0 24 mois, fait remarquable chez les gymnospermes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>Le Gen\u00e9vrier cade est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne, h\u00e9liophile et thermophile, caract\u00e9ristique des garrigues, des maquis, des matorrals, des cistaies, des pin\u00e8des claires et des ch\u00eanaies vertes d\u00e9grad\u00e9es. Il affectionne les sols calcaires ou siliceux, secs, rocailleux, bien drain\u00e9s, pauvres et superficiels. Il supporte la s\u00e9cheresse estivale intense, les sols squelettiques et les expositions br\u00fblantes.<\/p>\n<p>Du point de vue phytosociologique, il est caract\u00e9ristique de l&rsquo;ordre des <em>Pistacio lentisci-Rhamnetalia alaterni<\/em> (matorrals thermom\u00e9diterran\u00e9ens) et se rencontre dans de nombreuses associations de garrigues et de maquis. Il s&rsquo;associe \u00e0 <em>Quercus coccifera<\/em>, <em>Rosmarinus officinalis<\/em>, <em>Cistus monspeliensis<\/em>, <em>Phillyrea angustifolia<\/em>, <em>Pistacia lentiscus<\/em> et <em>Lavandula stoechas<\/em>.<\/p>\n<p>Il se d\u00e9veloppe de 0 \u00e0 800 m d&rsquo;altitude (localement jusqu&rsquo;\u00e0 1 200 m en exposition sud). La pollinisation est an\u00e9mophile. La diss\u00e9mination des galbules est assur\u00e9e par les oiseaux (endozoochorie), notamment les grives, les merles et les fauvettes, qui consomment les galbules charnus et dispersent les graines dans leurs fientes. Le Gen\u00e9vrier cade est r\u00e9sistant au feu : bien qu&rsquo;il soit d\u00e9truit par les incendies, il se r\u00e9g\u00e9n\u00e8re par semis apr\u00e8s le passage du feu, les graines dispers\u00e9es par les oiseaux colonisant les terrains br\u00fbl\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Le Gen\u00e9vrier cade est une esp\u00e8ce circumm\u00e9diterran\u00e9enne, pr\u00e9sente tout autour du bassin m\u00e9diterran\u00e9en : du Portugal et du Maroc \u00e0 l&rsquo;ouest jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Iran et la Jordanie \u00e0 l&rsquo;est, et du sud de la France au nord jusqu&rsquo;\u00e0 la Libye et l&rsquo;\u00c9gypte au sud. Trois sous-esp\u00e8ces sont g\u00e9n\u00e9ralement reconnues : subsp. <em>oxycedrus<\/em> (m\u00e9diterran\u00e9e occidentale), subsp. <em>macrocarpa<\/em> (\u00e0 gros fruits, c\u00f4tes sableuses) et subsp. <em>badia<\/em> (r\u00e9gions orientales).<\/p>\n<p>En France, il est commun dans tout le Midi m\u00e9diterran\u00e9en : Provence, Languedoc, Roussillon, Corse, basse vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, Ard\u00e8che et Dr\u00f4me m\u00e9ridionales. Il est absent du reste du territoire. Il est l&rsquo;un des arbustes les plus fr\u00e9quents et les plus caract\u00e9ristiques de la garrigue proven\u00e7ale et languedocienne.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Huile de cade (goudron de bois) :<\/strong> Produit de pyrolyse complexe contenant des <strong>ph\u00e9nols<\/strong> (ga\u00efacol, cr\u00e9osol, m\u00e9thylguaiacol), des <strong>hydrocarbures aromatiques polycycliques<\/strong> (HAP, dont naphtal\u00e8ne, anthrac\u00e8ne, fluoranth\u00e8ne, pyr\u00e8ne, benzo[a]pyr\u00e8ne), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a><\/strong>, des <strong>acides r\u00e9siniques<\/strong> et des <strong>compos\u00e9s soufr\u00e9s<\/strong>. La pr\u00e9sence de HAP canc\u00e9rig\u00e8nes dans l&rsquo;huile de cade brute constitue une pr\u00e9occupation majeure de s\u00e9curit\u00e9 (voir Toxicologie).<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle des feuilles et galbules :<\/strong> Obtenue par hydrodistillation (\u00e0 ne pas confondre avec l&rsquo;huile de cade qui est un goudron), elle contient principalement de l&rsquo;<strong>alpha-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a><\/strong> (20-40 %), du <strong>myrc\u00e8ne<\/strong> (10-20 %), du <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/limonene\/\">limon\u00e8ne<\/a><\/strong>, du <strong>delta-3-car\u00e8ne<\/strong>, du <strong>germacr\u00e8ne D<\/strong>, du <strong>b\u00eata-caryophyll\u00e8ne<\/strong> et de l&rsquo;<strong>alpha-humul\u00e8ne<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Galbules :<\/strong> <strong>Sucres<\/strong> (glucose, fructose), <strong>acides organiques<\/strong> (acide citrique, acide malique), <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (amentoflavone, biapig\u00e9nine), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a><\/strong>, <strong>tanins<\/strong> et <strong>r\u00e9sines<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Bois :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">Lignanes<\/a><\/strong>, <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (taxifoline), <strong>terp\u00e9no\u00efdes<\/strong>, <strong>r\u00e9sines<\/strong>. Le bois contient des compos\u00e9s antifongiques qui lui conf\u00e8rent sa durabilit\u00e9 exceptionnelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 antipsoriasique et antidermatosique (huile de cade) :<\/strong> L&rsquo;huile de cade est un k\u00e9ratolytique (qui favorise l&rsquo;\u00e9limination des squames), un anti-prurigineux et un anti-inflammatoire cutan\u00e9. Son efficacit\u00e9 dans le psoriasis est document\u00e9e depuis des si\u00e8cles et confirm\u00e9e par l&rsquo;exp\u00e9rience clinique, bien que les \u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es soient rares. Le m\u00e9canisme d&rsquo;action implique la r\u00e9gulation de la prolif\u00e9ration k\u00e9ratinocytaire et l&rsquo;inhibition de la r\u00e9ponse immunitaire cutan\u00e9e. L&rsquo;huile de cade reste utilis\u00e9e dans certaines pr\u00e9parations magistrales dermatologiques, en particulier dans les pays m\u00e9diterran\u00e9ens.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> L&rsquo;huile de cade et l&rsquo;huile essentielle poss\u00e8dent une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne et antifongique \u00e0 large spectre, document\u00e9e in vitro contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Malassezia furfur<\/em>, les dermatophytes et divers champignons phytopathog\u00e8nes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antiparasitaire :<\/strong> L&rsquo;huile de cade est efficace contre le sarcopte de la gale (<em>Sarcoptes scabiei<\/em>) et les ectoparasites des animaux d&rsquo;\u00e9levage. Cet usage v\u00e9t\u00e9rinaire persiste aujourd&rsquo;hui dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;\u00e9levage ovin.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 insectifuge :<\/strong> La combustion du bois de cade et l&rsquo;application d&rsquo;huile de cade \u00e9loignent efficacement les moustiques, les mouches et les tiques, ce qui confirme l&rsquo;usage traditionnel de fumigation des bergeries.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire et antioxydante (huile essentielle) :<\/strong> L&rsquo;huile essentielle obtenue par hydrodistillation pr\u00e9sente des activit\u00e9s anti-inflammatoires et antioxydantes mod\u00e9r\u00e9es, attribu\u00e9es aux <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> et aux sesquiterp\u00e8nes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Indications reconnues (usage traditionnel, pharmacop\u00e9es m\u00e9diterran\u00e9ennes) :<\/strong> Psoriasis (en pr\u00e9parations magistrales dermatologiques) ; dermite s\u00e9borrh\u00e9ique du cuir chevelu (shampoings au cade) ; ecz\u00e9ma chronique ; parasitoses cutan\u00e9es animales (gale ovine).<\/p>\n<p><strong>Indications traditionnelles :<\/strong> Dermatoses prurigineuses diverses ; teigne ; br\u00fblures superficielles ; affections du cuir chevelu (pellicules, d\u00e9mangeaisons) ; usage v\u00e9t\u00e9rinaire (soins des sabots, plaies cutan\u00e9es).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Huile de cade (ph\u00e9nols, goudron)<\/td>\n<td>Distillat (bois)<\/td>\n<td>Antiprurigineux, k\u00e9ratolytique (externe)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Huile essentielle (\u03b1-pin\u00e8ne)<\/td>\n<td>Monoterp\u00e8nes<\/td>\n<td>Antiseptique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Astringents<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Huile de cade purifi\u00e9e (usage externe uniquement) :<\/strong> En pr\u00e9parations magistrales dermatologiques, \u00e0 des concentrations de 1 \u00e0 10 % dans un excipient adapt\u00e9 (vaseline, cold cream, pommade). Applications 1 \u00e0 2 fois par jour sur les zones atteintes. Shampoings au cade : utilisation 2 \u00e0 3 fois par semaine.<\/p>\n<p><strong>Bois de cade (fumigation) :<\/strong> Br\u00fbler des copeaux de bois de cade comme encens pour parfumer et assainir les int\u00e9rieurs. Usage non th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle (usage externe) :<\/strong> 2 \u00e0 3 gouttes dilu\u00e9es dans une cuill\u00e8re \u00e0 soupe d&rsquo;huile v\u00e9g\u00e9tale, en massage sur les zones douloureuses ou inflammatoires. Ne pas ing\u00e9rer.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;usage interne de l&rsquo;huile de cade est formellement interdit en raison de la pr\u00e9sence de HAP canc\u00e9rig\u00e8nes.<\/strong><\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;huile de cade brute contient des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) canc\u00e9rig\u00e8nes. Seules les pr\u00e9parations purifi\u00e9es (d\u00e9barrass\u00e9es des HAP) doivent \u00eatre utilis\u00e9es. L&rsquo;application prolong\u00e9e sur de grandes surfaces cutan\u00e9es est d\u00e9conseill\u00e9e. Contre-indiqu\u00e9 sur peau l\u00e9s\u00e9e, les muqueuses et les yeux. D\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement. L&rsquo;usage interne est formellement interdit. La photosensibilisation cutan\u00e9e est possible : \u00e9viter l&rsquo;exposition solaire apr\u00e8s application. Allergie possible chez les personnes sensibles aux <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">terp\u00e8nes<\/a> et aux r\u00e9sines.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse significative n&rsquo;est document\u00e9e en usage externe aux concentrations habituelles. La photosensibilisation potentielle doit \u00eatre prise en compte chez les patients sous traitement photosensibilisant.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La principale pr\u00e9occupation toxicologique concerne la pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>hydrocarbures aromatiques polycycliques<\/strong> (HAP) dans l&rsquo;huile de cade brute. Le <strong>benzo[a]pyr\u00e8ne<\/strong>, canc\u00e9rig\u00e8ne av\u00e9r\u00e9 du Groupe 1 (CIRC), est pr\u00e9sent dans l&rsquo;huile de cade non purifi\u00e9e. L&rsquo;utilisation prolong\u00e9e d&rsquo;huile de cade brute sur la peau a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 un risque th\u00e9orique de cancer cutan\u00e9, bien que les preuves \u00e9pid\u00e9miologiques soient limit\u00e9es. Les pr\u00e9parations modernes sont purifi\u00e9es pour r\u00e9duire la teneur en HAP en dessous des seuils r\u00e9glementaires. L&rsquo;ingestion d&rsquo;huile de cade provoque des irritations gastro-intestinales s\u00e9v\u00e8res, une n\u00e9phrotoxicit\u00e9 et une h\u00e9patotoxicit\u00e9. La DL50 orale de l&rsquo;huile de cade brute chez le rat est d&rsquo;environ 2-3 g\/kg.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;huile de cade (Oleum cadinum, Oleum juniperi empyreumaticum) est le produit le plus c\u00e9l\u00e8bre du Gen\u00e9vrier cade. Obtenue par distillation s\u00e8che (pyrolyse) du bois de cade dans des fours sp\u00e9ciaux (cadiers ou cadi\u00e8res), elle est un liquide brun-noir, visqueux, \u00e0 odeur de goudron fum\u00e9 caract\u00e9ristique et p\u00e9n\u00e9trante. La production d&rsquo;huile de cade est une activit\u00e9 artisanale ancestrale du Midi m\u00e9diterran\u00e9en, attest\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 romaine. Des cadi\u00e8res (fours \u00e0 cade en pierre) sont encore visibles dans les garrigues du Languedoc et de Provence.<\/p>\n<p>L&rsquo;huile de cade \u00e9tait utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire pour traiter les maladies de peau des moutons et des ch\u00e8vres (gale, teigne, parasitoses cutan\u00e9es), les plaies infect\u00e9es et les affections du sabot. En m\u00e9decine humaine, elle servait au traitement des dermatoses (psoriasis, ecz\u00e9ma, dermites s\u00e9borrh\u00e9iques, teigne) et des parasitoses cutan\u00e9es (gale). Son usage est attest\u00e9 par Dioscoride et Galien.<\/p>\n<p>Le bois de cade \u00e9tait br\u00fbl\u00e9 dans les \u00e9tables et les bergeries pour \u00e9loigner les insectes et les serpents, et pour purifier l&rsquo;air. La fum\u00e9e de cade \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9sinfectante et r\u00e9pulsive. Aujourd&rsquo;hui encore, les encens et b\u00e2tons de cade sont commercialis\u00e9s pour parfumer les int\u00e9rieurs d&rsquo;une odeur bois\u00e9e et fum\u00e9e caract\u00e9ristique de la Provence.<\/p>\n<p>Les galbules, non comestibles (trop amers et r\u00e9sineux), \u00e9taient parfois utilis\u00e9s en m\u00e9decine populaire comme diur\u00e9tique, emm\u00e9nagogue et carminatif, mais leur usage est bien moins document\u00e9 que celui de l&rsquo;huile de cade.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p>Le Gen\u00e9vrier cade est cultiv\u00e9 dans les jardins m\u00e9diterran\u00e9ens et les parcs comme arbuste ornemental, pour son port pittoresque, son feuillage persistant bleu-vert et son caract\u00e8re tr\u00e8s r\u00e9sistant \u00e0 la s\u00e9cheresse. La culture est facile en sol drainant, calcaire ou siliceux, en plein soleil. La multiplication se fait par semis (stratification n\u00e9cessaire, germination lente et irr\u00e9guli\u00e8re) ou par bouturage semi-ligneux. La plante est rustique jusqu&rsquo;\u00e0 environ -12 \u00e0 -15 \u00b0C (zone USDA 7-10).<\/p>\n<p>La production artisanale d&rsquo;huile de cade a presque disparu mais conna\u00eet un renouveau d&rsquo;int\u00e9r\u00eat gr\u00e2ce \u00e0 la valorisation des savoirs-faire proven\u00e7aux et \u00e0 la demande en cosm\u00e9tiques naturels. Quelques producteurs artisanaux perp\u00e9tuent la tradition dans les garrigues du Gard, de l&rsquo;H\u00e9rault et des Bouches-du-Rh\u00f4ne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Juniperus oxycedrus<\/em> est class\u00e9 LC (Pr\u00e9occupation mineure) par l&rsquo;UICN. L&rsquo;esp\u00e8ce est commune dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en et non menac\u00e9e. Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection en France. L&rsquo;huile de cade est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise<\/strong> (monographie Huile de cade). Les pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;huile de cade sont autoris\u00e9es en usage dermatologique externe, sous r\u00e9serve de conformit\u00e9 aux normes de puret\u00e9 (teneur en HAP inf\u00e9rieure aux seuils r\u00e9glementaires). Le bois de cade et les encens de cade sont commercialis\u00e9s librement comme produits d&rsquo;ambiance et de parfumerie. L&rsquo;huile essentielle de cade (hydrodistill\u00e9e, diff\u00e9rente de l&rsquo;huile de cade pyrolytique) est commercialis\u00e9e en aromath\u00e9rapie sans restriction particuli\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>GEN\u00c9VRIER CADE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Juniperus%20oxycedrus\">Plants of the World Online, Kew : <em>Juniperus oxycedrus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Juniperus+oxycedrus\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Juniperus oxycedrus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antiprurigineux \/ dermatologique (huile de cade, externe)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> K\u00e9ratolytique (ecz\u00e9ma, psoriasis)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Juniperus oxycedrusK\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887 Nom scientifique : Juniperus oxycedrus L. Famille : Cupressaceae Genre : Juniperus Synonymes : Juniperus oxycedrus subsp. [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[65],"tags":[],"class_list":["post-877","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cupressacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/877","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=877"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/877\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14294,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/877\/revisions\/14294"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=877"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=877"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=877"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}