{"id":8813,"date":"2026-04-17T14:12:38","date_gmt":"2026-04-17T12:12:38","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/17\/elaeagnus-x-ebbingei-chalef-debbing-monographie-complete\/"},"modified":"2026-04-17T14:19:52","modified_gmt":"2026-04-17T12:19:52","slug":"elaeagnus-x-ebbingei-chalef-debbing-monographie-complete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/17\/elaeagnus-x-ebbingei-chalef-debbing-monographie-complete\/","title":{"rendered":"Elaeagnus \u00d7 ebbingei \u2014 Chalef d&rsquo;Ebbing : Monographie compl\u00e8te"},"content":{"rendered":"\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/elaeagnus-photo.jpg\" alt=\"Elaeagnus ebbingei - photographie\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> &mdash; Chalef d&rsquo;Ebbing<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> Boom, commun&eacute;ment appel&eacute; <strong>Chalef d&rsquo;Ebbing<\/strong>, est un hybride horticole issu du croisement entre <em>Elaeagnus macrophylla<\/em> Thunb. et <em>Elaeagnus pungens<\/em> Thunb., deux esp&egrave;ces originaires d&rsquo;Asie orientale. Cet arbuste persistant, d&eacute;crit pour la premi&egrave;re fois par le botaniste n&eacute;erlandais Boudewijn Karel Boom en 1963, s&rsquo;est impos&eacute; comme l&rsquo;une des esp&egrave;ces ligneuses les plus polyvalentes des jardins europ&eacute;ens.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del&agrave; de son usage ornemental classique en haie ou brise-vent, <em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> rec&egrave;le des propri&eacute;t&eacute;s &eacute;cologiques remarquables qui en font un acteur central dans les syst&egrave;mes agroforestiers, les jardins-for&ecirc;ts et les approches permaculturelles. Sa capacit&eacute; &agrave; fixer l&rsquo;azote atmosph&eacute;rique gr&acirc;ce &agrave; une symbiose actinorhizienne avec des bact&eacute;ries du genre <em>Frankia<\/em>, sa floraison automnale mellif&egrave;re &agrave; contre-saison, et ses fruits comestibles font de lui un v&eacute;ritable <strong>ing&eacute;nieur &eacute;cologique<\/strong> dont cette monographie se propose de d&eacute;tailler l&rsquo;ensemble des facettes.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1. Syst&eacute;matique et identification botanique<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.1. Position taxonomique<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><th>Rang<\/th><th>Classification<\/th><\/tr><\/thead><tbody><tr><td>R&egrave;gne<\/td><td>Plantae<\/td><\/tr><tr><td>Clade<\/td><td>Angiospermes &mdash; Eudicotyl&eacute;dones &mdash; Rosides<\/td><\/tr><tr><td>Ordre<\/td><td>Rosales<\/td><\/tr><tr><td>Famille<\/td><td>Elaeagnaceae <em>Juss.<\/em> (1789)<\/td><\/tr><tr><td>Genre<\/td><td><em>Elaeagnus<\/em> L.<\/td><\/tr><tr><td>Esp&egrave;ce<\/td><td><em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> Boom (1963)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>La famille des <strong>Elaeagnaceae<\/strong> ne comporte que trois genres&nbsp;: <em>Elaeagnus<\/em> (environ 90 esp&egrave;ces), <em>Hippopha&euml;<\/em> (argousier, 7 esp&egrave;ces) et <em>Shepherdia<\/em> (3 esp&egrave;ces, Am&eacute;rique du Nord). Cette petite famille se distingue par un caract&egrave;re commun remarquable&nbsp;: la capacit&eacute; de tous ses membres &agrave; &eacute;tablir une <strong>symbiose actinorhizienne<\/strong> avec des bact&eacute;ries fixatrices d&rsquo;azote du genre <em>Frankia<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon la classification phylog&eacute;n&eacute;tique APG IV (2016), les Elaeagnaceae sont plac&eacute;es dans l&rsquo;ordre des Rosales, aux c&ocirc;t&eacute;s de familles aussi diverses que les Rosaceae, les Moraceae, les Cannabaceae et les Rhamnaceae. Cette position refl&egrave;te une origine &eacute;volutive commune au sein du clade des Rosides fixatrices d&rsquo;azote (<em>nitrogen-fixing clade<\/em>), qui regroupe les quatre ordres dont les membres sont capables de symbiose actinorhizienne&nbsp;: Rosales, Fagales, Cucurbitales et Fabales.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1.2. Parentage et hybridation<\/h3>\n\n\n\n<p>L&rsquo;hybridation a probablement eu lieu spontan&eacute;ment dans des jardins europ&eacute;ens o&ugrave; les deux esp&egrave;ces parentales &eacute;taient cultiv&eacute;es simultan&eacute;ment&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong><em>Elaeagnus macrophylla<\/em> Thunb.<\/strong> &mdash; Originaire du Japon et de Cor&eacute;e. Arbuste &agrave; grandes feuilles (<em>macro<\/em> = grand, <em>phylla<\/em> = feuille) aux rameaux non &eacute;pineux, &agrave; floraison automnale parfum&eacute;e. Il apporte &agrave; l&rsquo;hybride sa vigueur, la taille de ses feuilles et son caract&egrave;re non &eacute;pineux.<\/li>\n<li><strong><em>Elaeagnus pungens<\/em> Thunb.<\/strong> &mdash; Originaire du Japon et de Chine. Arbuste &agrave; rameaux nettement &eacute;pineux (<em>pungens<\/em> = piquant), &agrave; feuilles plus petites et plus coriaces. Il conf&egrave;re &agrave; l&rsquo;hybride sa rusticit&eacute;, sa densit&eacute; de feuillage et sa r&eacute;sistance aux conditions difficiles.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L&rsquo;hybride combine avantageusement les qualit&eacute;s des deux parents&nbsp;: la vigueur et l&rsquo;ampleur du premier avec la rusticit&eacute; et la compacit&eacute; du second. Il pr&eacute;sente en outre une <strong>vigueur hybride<\/strong> (h&eacute;t&eacute;rosis) qui le rend souvent plus performant que chacun de ses parents pris isol&eacute;ment.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2. Description morphologique d&eacute;taill&eacute;e<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.1. Port et architecture<\/h3>\n\n\n\n<p><em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> se pr&eacute;sente comme un <strong>arbuste sempervirent<\/strong> (persistant) de grande taille, atteignant g&eacute;n&eacute;ralement <strong>3 &agrave; 5 m&egrave;tres<\/strong> de hauteur pour un &eacute;talement &eacute;quivalent, parfois davantage en conditions optimales. Son port est <strong>dense, buissonnant et arrondi<\/strong>, avec une ramification abondante depuis la base qui lui conf&egrave;re naturellement une silhouette opaque et volumineuse.<\/p>\n\n\n\n<p>La croissance est rapide pour un arbuste persistant&nbsp;: <strong>40 &agrave; 60 cm par an<\/strong> en conditions favorables durant les premi&egrave;res ann&eacute;es, ce qui en fait l&rsquo;un des choix les plus efficaces pour constituer rapidement un &eacute;cran v&eacute;g&eacute;tal.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.2. Syst&egrave;me caulinaire<\/h3>\n\n\n\n<p>Les <strong>rameaux<\/strong> sont cylindriques, brun-roux &agrave; gris argent&eacute;, recouverts d&rsquo;&eacute;cailles pelt&eacute;es caract&eacute;ristiques (trichomes l&eacute;pidotes) qui leur conf&egrave;rent un aspect m&eacute;tallique. Contrairement &agrave; <em>E. pungens<\/em>, les rameaux de l&rsquo;hybride sont <strong>peu ou pas &eacute;pineux<\/strong>, bien que quelques &eacute;pines vestigiales puissent appara&icirc;tre, notamment sur les sujets vigoureux ou les rejets de base.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;&eacute;corce des troncs &acirc;g&eacute;s est gris-brun, fissur&eacute;e longitudinalement, et d&eacute;gage une odeur discr&egrave;te mais agr&eacute;able lorsqu&rsquo;on la froisse.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.3. Appareil foliaire<\/h3>\n\n\n\n<p>Les feuilles constituent sans doute le caract&egrave;re le plus remarquable de l&rsquo;esp&egrave;ce&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Disposition<\/strong>&nbsp;: alternes et spiral&eacute;es<\/li>\n<li><strong>Forme<\/strong>&nbsp;: elliptiques &agrave; oblongues-lanc&eacute;ol&eacute;es, de 5 &agrave; 10 cm de long sur 3 &agrave; 5 cm de large<\/li>\n<li><strong>P&eacute;tiole<\/strong>&nbsp;: court (5-8 mm), argent&eacute;<\/li>\n<li><strong>Limbe<\/strong>&nbsp;: entier, &agrave; bord l&eacute;g&egrave;rement ondul&eacute;<\/li>\n<li><strong>Face adaxiale (dessus)<\/strong>&nbsp;: vert fonc&eacute; luisant, d&rsquo;aspect coriac&eacute;, avec des &eacute;cailles argent&eacute;es &eacute;parses qui s&rsquo;att&eacute;nuent avec l&rsquo;&acirc;ge<\/li>\n<li><strong>Face abaxiale (dessous)<\/strong>&nbsp;: <strong>densement argent&eacute;e<\/strong>, recouverte d&rsquo;un rev&ecirc;tement continu d&rsquo;&eacute;cailles pelt&eacute;es (trichomes l&eacute;pidotes) qui conf&egrave;rent un &eacute;clat m&eacute;tallique tr&egrave;s caract&eacute;ristique<\/li>\n<li><strong>Texture<\/strong>&nbsp;: coriace, subcoriace, avec une cuticule &eacute;paisse<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ce <strong>rev&ecirc;tement l&eacute;pidote<\/strong> (du grec <em>lepis<\/em>, &eacute;caille) constitue une adaptation x&eacute;romorphe&nbsp;: les &eacute;cailles pelt&eacute;es r&eacute;duisent la transpiration et refl&egrave;tent une partie du rayonnement solaire, permettant &agrave; la plante de tol&eacute;rer des conditions de s&eacute;cheresse et d&rsquo;exposition venteuse. C&rsquo;est ce m&ecirc;me rev&ecirc;tement qui donne au feuillage son aspect argent&eacute; si d&eacute;coratif et qui distingue le genre <em>Elaeagnus<\/em> (du grec <em>elaia<\/em>, olive, et <em>agnos<\/em>, sacr&eacute; &mdash; r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l&rsquo;Olivier par analogie de feuillage).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.4. Appareil reproducteur<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Fleurs<\/h4>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Disposition<\/strong>&nbsp;: en fascicules axillaires de 1 &agrave; 3 fleurs<\/li>\n<li><strong>Morphologie florale<\/strong>&nbsp;: fleurs <strong>actinomorphes<\/strong> (&agrave; sym&eacute;trie radiale), <strong>t&eacute;tram&egrave;res<\/strong> (4 lobes), d&eacute;pourvues de p&eacute;tales v&eacute;ritables. Ce que l&rsquo;on prend pour la corolle est en r&eacute;alit&eacute; un <strong>hypanthe<\/strong> (r&eacute;ceptacle floral tubulaire) prolong&eacute; par 4 lobes &eacute;vas&eacute;s<\/li>\n<li><strong>Couleur<\/strong>&nbsp;: blanc cr&egrave;me &agrave; jaune p&acirc;le, argent&eacute; en bouton<\/li>\n<li><strong>Taille<\/strong>&nbsp;: tube de 8-12 mm de long<\/li>\n<li><strong>&Eacute;tamines<\/strong>&nbsp;: 4, ins&eacute;r&eacute;es &agrave; la gorge du tube<\/li>\n<li><strong>Ovaire<\/strong>&nbsp;: inf&egrave;re, uniloculaire, uniovul&eacute;<\/li>\n<li><strong>Parfum<\/strong>&nbsp;: <strong>extr&ecirc;mement intense<\/strong>, sucr&eacute;, mielleux, avec des notes jasmin&eacute;es et vanill&eacute;es. C&rsquo;est l&rsquo;un des parfums floraux les plus p&eacute;n&eacute;trants du jardin automnal, perceptible &agrave; plusieurs m&egrave;tres<\/li>\n<li><strong>P&eacute;riode de floraison<\/strong>&nbsp;: <strong>octobre &agrave; novembre<\/strong>, parfois d&egrave;s septembre selon le climat<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La floraison automnale constitue un fait biologique majeur&nbsp;: &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; la grande majorit&eacute; des esp&egrave;ces v&eacute;g&eacute;tales ont achev&eacute; leur cycle reproducteur, <em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> offre une <strong>source de nectar et de pollen exceptionnellement tardive<\/strong>, ce qui en fait une ressource inestimable pour les pollinisateurs.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Fruits<\/h4>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Type<\/strong>&nbsp;: <strong>drupe<\/strong> (fruit charnu &agrave; noyau), techniquement un <strong>ak&egrave;ne entour&eacute; par l&rsquo;hypanthe devenu charnu<\/strong><\/li>\n<li><strong>Forme<\/strong>&nbsp;: ovo&iuml;de, de 10 &agrave; 15 mm de long<\/li>\n<li><strong>Couleur<\/strong>&nbsp;: verte puis <strong>rouge-orange &agrave; maturit&eacute;<\/strong>, recouverte d&rsquo;&eacute;cailles argent&eacute;es<\/li>\n<li><strong>Chair<\/strong>&nbsp;: mince, juteuse, l&eacute;g&egrave;rement farineuse<\/li>\n<li><strong>Go&ucirc;t<\/strong>&nbsp;: sucr&eacute;-acidul&eacute;, l&eacute;g&egrave;rement astringent, rappelant le lycop&egrave;ne de la tomate avec des notes de groseille<\/li>\n<li><strong>Graine<\/strong>&nbsp;: unique, oblongue, stri&eacute;e longitudinalement<\/li>\n<li><strong>Maturation<\/strong>&nbsp;: <strong>avril-mai<\/strong> de l&rsquo;ann&eacute;e suivant la floraison<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3. Biologie et &eacute;cologie<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.1. La symbiose actinorhizienne&nbsp;: un m&eacute;canisme biologique remarquable<\/h3>\n\n\n\n<p>La caract&eacute;ristique biologique la plus remarquable d&rsquo;<em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> est sa capacit&eacute; &agrave; <strong>fixer l&rsquo;azote atmosph&eacute;rique<\/strong> (N&#8322;) gr&acirc;ce &agrave; une symbiose racinaire avec des actinobact&eacute;ries filamenteuses du genre <em>Frankia<\/em>. Ce processus, appel&eacute; <strong>symbiose actinorhizienne<\/strong>, est fondamentalement diff&eacute;rent de la symbiose rhizobienne des Fabac&eacute;es (l&eacute;gumineuses), bien que le r&eacute;sultat &mdash; la r&eacute;duction de N&#8322; en ammonium (NH&#8324;&#8314;) assimilable &mdash; soit identique.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">M&eacute;canisme d&eacute;taill&eacute;<\/h4>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Infection<\/strong>&nbsp;: les hyphes de <em>Frankia<\/em> p&eacute;n&egrave;trent les poils radiculaires ou les cellules &eacute;pidermiques de la racine<\/li>\n<li><strong>Nodulation<\/strong>&nbsp;: la plante forme des <strong>nodules racinaires<\/strong> (actinorhizes) de forme corallo&iuml;de, pouvant atteindre plusieurs centim&egrave;tres de diam&egrave;tre<\/li>\n<li><strong>Fixation<\/strong>&nbsp;: au sein des nodules, <em>Frankia<\/em> diff&eacute;rencie des structures sp&eacute;cialis&eacute;es appel&eacute;es <strong>v&eacute;sicules<\/strong>, dans lesquelles l&rsquo;enzyme <strong>nitrog&eacute;nase<\/strong> catalyse la r&eacute;action&nbsp;: N&#8322; + 8H&#8314; + 8e&#8315; + 16 ATP &rarr; 2NH&#8323; + H&#8322; + 16 ADP + 16 Pi<\/li>\n<li><strong>Protection<\/strong>&nbsp;: les v&eacute;sicules poss&egrave;dent une enveloppe lipidique multi-couches (hopano&iuml;des) qui limite la diffusion de l&rsquo;oxyg&egrave;ne, protecteur de la nitrog&eacute;nase extr&ecirc;mement sensible &agrave; O&#8322;<\/li>\n<li><strong>&Eacute;change<\/strong>&nbsp;: la plante fournit des photosynth&eacute;sats (sucres) &agrave; la bact&eacute;rie, qui lui restitue l&rsquo;azote fix&eacute; sous forme d&rsquo;ammonium et d&rsquo;acides amin&eacute;s<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Impact quantitatif sur le sol<\/h4>\n\n\n\n<p>Les &eacute;tudes men&eacute;es sur les plantes actinorhiziennes montrent des taux de fixation de l&rsquo;ordre de <strong>40 &agrave; 300 kg d&rsquo;azote par hectare et par an<\/strong> (Dawson, 2008&nbsp;; Schwintzer &amp; Tjepkema, 1990), des valeurs comparables &agrave; celles des meilleures l&eacute;gumineuses. Pour un arbuste individuel en jardin, cela repr&eacute;sente un apport significatif qui&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Enrichit le sol en azote organique via la d&eacute;composition des feuilles mortes et le <em>turnover<\/em> racinaire<\/li>\n<li>Stimule l&rsquo;activit&eacute; microbienne du sol (champignons, bact&eacute;ries, micro-faune)<\/li>\n<li>Augmente la mati&egrave;re organique du sol<\/li>\n<li>Profite aux plantes voisines par <strong>transfert lat&eacute;ral d&rsquo;azote<\/strong> via les r&eacute;seaux mycorhiziens (<em>common mycorrhizal networks<\/em>)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.2. &Eacute;cologie de la floraison automnale<\/h3>\n\n\n\n<p>La floraison d&rsquo;<em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> intervient en <strong>octobre-novembre<\/strong>, une p&eacute;riode de disette florale dans les &eacute;cosyst&egrave;mes temp&eacute;r&eacute;s europ&eacute;ens. &Agrave; cette &eacute;poque, les colonies d&rsquo;<em>Apis mellifera<\/em> (abeille domestique) constituent leurs derni&egrave;res r&eacute;serves avant l&rsquo;hivernage, tandis que les bourdons (<em>Bombus<\/em> spp.) et les syrphes sont encore actifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nectar d&rsquo;<em>Elaeagnus<\/em> est particuli&egrave;rement riche en sucres (principalement saccharose et glucose), avec une concentration estim&eacute;e entre 30 et 50&nbsp;% de sucres totaux. La production nectarif&egrave;re est <strong>abondante et continue<\/strong> sur une p&eacute;riode de 4 &agrave; 6 semaines, ce qui fait de cette esp&egrave;ce l&rsquo;une des <strong>derni&egrave;res sources mellif&egrave;res significatives<\/strong> de la saison.<\/p>\n\n\n\n<p>Les abeilles qui visitent <em>Elaeagnus<\/em> en automne produisent un miel monofloral clair, &agrave; la saveur d&eacute;licate et florale, bien que cette production reste anecdotique en raison de la raret&eacute; des grandes plantations.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.3. R&ocirc;le dans l&rsquo;&eacute;cosyst&egrave;me<\/h3>\n\n\n\n<p><em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> joue un r&ocirc;le &eacute;cosyst&eacute;mique multiple&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Plante pionni&egrave;re<\/strong>&nbsp;: capable de coloniser des sols pauvres, d&eacute;grad&eacute;s, sableux ou calcaires gr&acirc;ce &agrave; sa symbiose fixatrice d&rsquo;azote. Elle pr&eacute;pare le terrain pour des esp&egrave;ces plus exigeantes dans la succession &eacute;cologique<\/li>\n<li><strong>Habitat faunistique<\/strong>&nbsp;: le feuillage persistant et dense offre un refuge hivernal pour les oiseaux (merles, fauvettes, rouges-gorges) et les insectes. La structure buissonnante favorise la nidification<\/li>\n<li><strong>Source alimentaire<\/strong>&nbsp;: les fruits printaniers sont consomm&eacute;s par les oiseaux (grives, merles, fauvettes &agrave; t&ecirc;te noire), qui assurent la diss&eacute;mination des graines (zoochorie)<\/li>\n<li><strong>Brise-vent biologique<\/strong>&nbsp;: le feuillage persistant r&eacute;duit la vitesse du vent de 50 &agrave; 70&nbsp;% sur une distance &eacute;quivalente &agrave; 5 &agrave; 10 fois la hauteur de la haie, cr&eacute;ant un microclimat favorable aux cultures adjacentes<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.4. Adaptations &eacute;cophysiologiques<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Tol&eacute;rance &agrave; la s&eacute;cheresse<\/strong>&nbsp;: cuticule &eacute;paisse, rev&ecirc;tement l&eacute;pidote, syst&egrave;me racinaire profond<\/li>\n<li><strong>Tol&eacute;rance au sel<\/strong>&nbsp;: excellente r&eacute;sistance aux embruns et aux sols l&eacute;g&egrave;rement salins, ce qui en fait un choix de premier ordre pour les jardins littoraux<\/li>\n<li><strong>Tol&eacute;rance &agrave; la pollution<\/strong>&nbsp;: supporte bien l&rsquo;atmosph&egrave;re urbaine (ozone, particules fines, dioxyde de soufre)<\/li>\n<li><strong>Rusticit&eacute;<\/strong>&nbsp;: r&eacute;siste &agrave; des temp&eacute;ratures de <strong>-15&deg;C &agrave; -20&deg;C<\/strong> (zones USDA 7a &agrave; 10b)<\/li>\n<li><strong>Plasticit&eacute; &eacute;daphique<\/strong>&nbsp;: accepte tous les types de sols, de l&rsquo;acide au calcaire, du sableux &agrave; l&rsquo;argileux, pourvu que le drainage soit correct<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4. Usages alimentaires<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.1. Comestibilit&eacute; des fruits<\/h3>\n\n\n\n<p>Les fruits d&rsquo;<em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> sont <strong>comestibles<\/strong>, bien que peu connus du grand public. Ils m&ucirc;rissent entre avril et mai, offrant une r&eacute;colte &agrave; une p&eacute;riode o&ugrave; les fruits frais du jardin sont encore rares. Leur saveur est <strong>sucr&eacute;e-acidul&eacute;e<\/strong>, avec une l&eacute;g&egrave;re astringence qui s&rsquo;att&eacute;nue &agrave; pleine maturit&eacute; (quand le fruit est compl&egrave;tement rouge et l&eacute;g&egrave;rement mou).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.2. Utilisations culinaires<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Crus<\/strong>&nbsp;: &agrave; consommer bien m&ucirc;rs, directement sur l&rsquo;arbre<\/li>\n<li><strong>Confitures et gel&eacute;es<\/strong>&nbsp;: excellente aptitude &agrave; la g&eacute;lification gr&acirc;ce &agrave; leur teneur en pectine<\/li>\n<li><strong>Coulis et sauces<\/strong>&nbsp;: accompagnement original pour desserts ou viandes<\/li>\n<li><strong>Jus et smoothies<\/strong>&nbsp;: en m&eacute;lange avec d&rsquo;autres fruits<\/li>\n<li><strong>S&eacute;ch&eacute;s<\/strong>&nbsp;: tradition asiatique, notamment pour <em>E. angustifolia<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4.3. Composition nutritionnelle (par analogie avec le genre)<\/h3>\n\n\n\n<p>Les analyses r&eacute;alis&eacute;es sur des esp&egrave;ces proches (<em>E. angustifolia<\/em>, <em>E. multiflora<\/em>, <em>E. umbellata<\/em>) permettent d&rsquo;estimer la composition probable&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Lycop&egrave;ne<\/strong>&nbsp;: pigment caroten&ocirc;&iuml;de rouge, puissant antioxydant (concentrations sup&eacute;rieures &agrave; celles de la tomate chez <em>E. umbellata<\/em> selon Fordham <em>et al.<\/em>, 2001)<\/li>\n<li><strong>Vitamine C<\/strong>&nbsp;: 30 &agrave; 100 mg\/100g selon les esp&egrave;ces<\/li>\n<li><strong>Flavono&iuml;des<\/strong>&nbsp;: querc&eacute;tine, kaemp&eacute;frol et d&eacute;riv&eacute;s<\/li>\n<li><strong>Acides gras<\/strong>&nbsp;: graines riches en acide linol&eacute;ique et ol&eacute;ique<\/li>\n<li><strong>Min&eacute;raux<\/strong>&nbsp;: potassium, calcium, magn&eacute;sium, phosphore<\/li>\n<li><strong>Tanins condens&eacute;s<\/strong>&nbsp;: responsables de l&rsquo;astringence, diminuent &agrave; maturit&eacute;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Remarque importante<\/strong>&nbsp;: ces donn&eacute;es sont extrapol&eacute;es &agrave; partir d&rsquo;autres esp&egrave;ces du genre. Aucune &eacute;tude analytique sp&eacute;cifique publi&eacute;e ne porte &agrave; ce jour sur la composition pr&eacute;cise des fruits d&rsquo;<em>E.<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5. Phytochimie et potentiel th&eacute;rapeutique<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.1. &Eacute;tat des connaissances<\/h3>\n\n\n\n<p>Contrairement &agrave; <em>Elaeagnus angustifolia<\/em> (Olivier de Boh&ecirc;me), bien document&eacute; dans les pharmacop&eacute;es traditionnelles persane, turque et chinoise, <strong><em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie pharmacognosique officielle<\/strong>. Il n&rsquo;appara&icirc;t ni dans les monographies de l&rsquo;EMA (Agence europ&eacute;enne des m&eacute;dicaments), ni dans la Commission E allemande, ni dans la pharmacop&eacute;e europ&eacute;enne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.2. M&eacute;tabolites secondaires du genre <em>Elaeagnus<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>Les &eacute;tudes phytochimiques r&eacute;alis&eacute;es sur le genre <em>Elaeagnus<\/em> ont identifi&eacute; les classes de compos&eacute;s suivantes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Flavono&iuml;des<\/strong>&nbsp;: querc&eacute;tine, kaemp&eacute;frol, lut&eacute;olines et leurs glycosides &mdash; activit&eacute;s antioxydantes et anti-inflammatoires d&eacute;montr&eacute;es <em>in vitro<\/em><\/li>\n<li><strong>Caroten&ocirc;&iuml;des<\/strong>&nbsp;: lycop&egrave;ne, b&ecirc;ta-carot&egrave;ne, lut&eacute;ine &mdash; photoprotection et pr&eacute;vention du stress oxydatif<\/li>\n<li><strong>Compos&eacute;s ph&eacute;noliques<\/strong>&nbsp;: acides gallique, chlorog&eacute;nique, caf&eacute;ique &mdash; activit&eacute;s antimicrobiennes<\/li>\n<li><strong>Tanins<\/strong>&nbsp;: tanins condens&eacute;s (proanthocyanidines) &mdash; activit&eacute;s astringentes et antidiarrh&eacute;iques<\/li>\n<li><strong>Alcalo&iuml;des<\/strong>&nbsp;: traces de t&eacute;trahydro-b&ecirc;ta-carbolines d&eacute;tect&eacute;es chez <em>E. angustifolia<\/em> (Gholamhoseinian <em>et al.<\/em>, 2012)<\/li>\n<li><strong>Terp&egrave;nes<\/strong>&nbsp;: triterp&egrave;nes (acide ursolique, acide ol&eacute;anolique) dans les feuilles<\/li>\n<li><strong>Polysaccharides<\/strong>&nbsp;: dans les fruits, &agrave; activit&eacute; immunomodulatrice pr&eacute;somptive<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5.3. Activit&eacute;s biologiques document&eacute;es (genre <em>Elaeagnus<\/em>)<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Antioxydante<\/strong>&nbsp;: d&eacute;montr&eacute;e pour les extraits de fruits et de feuilles de plusieurs esp&egrave;ces (Saboonchian <em>et al.<\/em>, 2014)<\/li>\n<li><strong>Anti-inflammatoire<\/strong>&nbsp;: r&eacute;duction de m&eacute;diateurs pro-inflammatoires (TNF-&alpha;, IL-6) <em>in vitro<\/em><\/li>\n<li><strong>Antimicrobienne<\/strong>&nbsp;: activit&eacute; mod&eacute;r&eacute;e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em><\/li>\n<li><strong>H&eacute;patoprotectrice<\/strong>&nbsp;: document&eacute;e pour <em>E. angustifolia<\/em> (Hamidpour <em>et al.<\/em>, 2017)<\/li>\n<li><strong>Analg&eacute;sique<\/strong>&nbsp;: usage traditionnel persan des fruits d&rsquo;<em>E. angustifolia<\/em> contre les douleurs articulaires<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion phytoth&eacute;rapeutique<\/strong>&nbsp;: en l&rsquo;&eacute;tat actuel des connaissances, <em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> ne peut pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme une plante m&eacute;dicinale. Son potentiel th&eacute;rapeutique reste &agrave; explorer et ne doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;aucune all&eacute;gation de sant&eacute;.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">6. R&ocirc;le strat&eacute;gique en jardin-for&ecirc;t et permaculture<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.1. Concept de plante-syst&egrave;me<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans l&rsquo;approche du <strong>jardin-for&ecirc;t<\/strong> th&eacute;oris&eacute;e par Robert Hart puis d&eacute;velopp&eacute;e par Martin Crawford, Patrick Whitefield et d&rsquo;autres, <em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> occupe une place centrale en tant que <strong>plante-syst&egrave;me<\/strong>, c&rsquo;est-&agrave;-dire une esp&egrave;ce qui remplit simultan&eacute;ment plusieurs fonctions au sein de l&rsquo;&eacute;cosyst&egrave;me cultiv&eacute;&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Strate arbustive<\/strong>&nbsp;: il constitue la strate interm&eacute;diaire (2-5 m) entre les arbres fruitiers de plein vent et les plantes herbac&eacute;es<\/li>\n<li><strong>Fixation d&rsquo;azote<\/strong>&nbsp;: il fertilise le syst&egrave;me sans intrant ext&eacute;rieur<\/li>\n<li><strong>Brise-vent<\/strong>&nbsp;: il prot&egrave;ge les esp&egrave;ces sensibles au vent<\/li>\n<li><strong>Production alimentaire<\/strong>&nbsp;: ses fruits comestibles ajoutent une r&eacute;colte suppl&eacute;mentaire<\/li>\n<li><strong>Ressource mellif&egrave;re<\/strong>&nbsp;: il soutient les pollinisateurs en automne<\/li>\n<li><strong>Production de biomasse<\/strong>&nbsp;: les tailles r&eacute;guli&egrave;res fournissent un paillage riche en azote<\/li>\n<li><strong>Habitat faunistique<\/strong>&nbsp;: il h&eacute;berge auxiliaires de culture et oiseaux insectivores<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.2. Associations v&eacute;g&eacute;tales recommand&eacute;es<\/h3>\n\n\n\n<p>En guilde de jardin-for&ecirc;t, <em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> s&rsquo;associe favorablement avec&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Arbres fruitiers<\/strong>&nbsp;: pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers &mdash; qui b&eacute;n&eacute;ficient de l&rsquo;azote fix&eacute; et de la protection contre le vent<\/li>\n<li><strong>Petits fruits<\/strong>&nbsp;: groseilliers, cassissiers, framboisiers &mdash; qui profitent du microclimat et de la fertilit&eacute; am&eacute;lior&eacute;e<\/li>\n<li><strong>L&eacute;gumineuses herbac&eacute;es<\/strong>&nbsp;: tr&egrave;fles, luzerne &mdash; qui compl&egrave;tent la fixation d&rsquo;azote dans la strate basse<\/li>\n<li><strong>Aromatiques<\/strong>&nbsp;: romarin, thym, sauge &mdash; qui attirent des pollinisateurs compl&eacute;mentaires<\/li>\n<li><strong>Plantes couvre-sol<\/strong>&nbsp;: consoude (<em>Symphytum<\/em> spp.) &mdash; extraordinaire accumulateur dynamique de nutriments &agrave; associer en sous-strate<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">6.3. Technique du &laquo;&nbsp;chop and drop&nbsp;&raquo;<\/h3>\n\n\n\n<p>La taille r&eacute;guli&egrave;re d&rsquo;<em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> produit une biomasse foliaire pr&eacute;cieuse, riche en azote gr&acirc;ce &agrave; la symbiose avec <em>Frankia<\/em>. Le <strong>&laquo;&nbsp;chop and drop&nbsp;&raquo;<\/strong> consiste &agrave; laisser les branches taill&eacute;es au pied de la plante ou des v&eacute;g&eacute;taux voisins comme <strong>paillis fertilisant<\/strong>. Ce mat&eacute;riau v&eacute;g&eacute;tal&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Se d&eacute;compose en 3 &agrave; 6 mois<\/li>\n<li>Lib&egrave;re progressivement de l&rsquo;azote organique<\/li>\n<li>Nourrit le r&eacute;seau mycorhizien<\/li>\n<li>Couvre le sol et limite l&rsquo;&eacute;vaporation<\/li>\n<li>Inhibe partiellement la germination des adventices<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">7. Culture et entretien<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">7.1. Plantation<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>P&eacute;riode<\/strong>&nbsp;: automne (octobre-novembre) de pr&eacute;f&eacute;rence, ou printemps (mars-avril)<\/li>\n<li><strong>Exposition<\/strong>&nbsp;: soleil &agrave; mi-ombre. Tol&egrave;re l&rsquo;ombre partielle mais fleurit et fructifie mieux au soleil<\/li>\n<li><strong>Sol<\/strong>&nbsp;: tout type de sol drainant. &Eacute;viter uniquement les sols constamment gorg&eacute;s d&rsquo;eau<\/li>\n<li><strong>Espacement<\/strong>&nbsp;: 1 &agrave; 1,5 m en haie, 3 &agrave; 4 m en sujet isol&eacute;<\/li>\n<li><strong>Arrosage<\/strong>&nbsp;: r&eacute;gulier la premi&egrave;re ann&eacute;e, puis inutile sauf s&eacute;cheresse prolong&eacute;e<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">7.2. Taille<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>P&eacute;riode<\/strong>&nbsp;: apr&egrave;s la fructification (mai-juin) ou en fin d&rsquo;&eacute;t&eacute; (ao&ucirc;t-septembre, avant floraison)<\/li>\n<li><strong>Intensit&eacute;<\/strong>&nbsp;: supporte tr&egrave;s bien les tailles s&eacute;v&egrave;res, y compris le rec&eacute;page<\/li>\n<li><strong>Fr&eacute;quence<\/strong>&nbsp;: 1 &agrave; 2 fois par an en haie taill&eacute;e<\/li>\n<li><strong>Attention<\/strong>&nbsp;: surveiller les rejets &agrave; feuillage enti&egrave;rement vert (perte du caract&egrave;re argent&eacute;) qui signalent parfois une r&eacute;version vers un des parents<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">7.3. Multiplication<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Bouturage<\/strong>&nbsp;: m&eacute;thode principale. Boutures semi-ligneuses en &eacute;t&eacute; (juillet-ao&ucirc;t), taux de r&eacute;ussite de 60 &agrave; 80&nbsp;% avec hormone d&rsquo;enracinement<\/li>\n<li><strong>Marcottage<\/strong>&nbsp;: facile et fiable, par couchage de rameaux bas<\/li>\n<li><strong>Semis<\/strong>&nbsp;: possible mais les descendants ne sont pas identiques au parent (s&eacute;gr&eacute;gation hybride)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">7.4. Maladies et ravageurs<\/h3>\n\n\n\n<p><em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> est un arbuste remarquablement sain. Les probl&egrave;mes phytosanitaires sont rares&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Cochenilles<\/strong>&nbsp;: occasionnelles sur les rameaux (traitement&nbsp;: huile de paraffine hivernale)<\/li>\n<li><strong>Taches foliaires<\/strong>&nbsp;: champignons opportunistes par temps tr&egrave;s humide (sans gravit&eacute;)<\/li>\n<li><strong>Pourridies racinaires<\/strong>&nbsp;: uniquement en sol asphyxiant (mauvais drainage)<\/li>\n<li><strong>Coral spot<\/strong> (<em>Nectria cinnabarina<\/em>)&nbsp;: sur bois mort &mdash; &eacute;liminer les branches s&egrave;ches<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">8. Vari&eacute;t&eacute;s horticoles<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>&lsquo;Gilt Edge&rsquo;<\/strong>&nbsp;: feuilles bord&eacute;es d&rsquo;une large marge jaune dor&eacute;e. Tr&egrave;s d&eacute;coratif, croissance l&eacute;g&egrave;rement plus lente. Id&eacute;ale en haie lumineuse ou en sujet isol&eacute;<\/li>\n<li><strong>&lsquo;Limelight&rsquo;<\/strong>&nbsp;: feuilles marqu&eacute;es d&rsquo;une large tache centrale jaune-vert. Port plus compact. Effet lumineux spectaculaire en hiver<\/li>\n<li><strong>&lsquo;Coastal Gold&rsquo;<\/strong>&nbsp;: feuilles &agrave; panachure dor&eacute;e discr&egrave;te. Bonne vigueur. Adapt&eacute; aux situations vent&eacute;es<\/li>\n<li><strong>&lsquo;Compacta&rsquo;<\/strong>&nbsp;: forme &agrave; d&eacute;veloppement plus modeste (2-3 m), adapt&eacute;e aux petits espaces<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">9. Limites et points de vigilance<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Caract&egrave;re envahissant potentiel<\/strong>&nbsp;: la croissance rapide et la diss&eacute;mination par les oiseaux peuvent poser probl&egrave;me dans certains contextes. Aux &Eacute;tats-Unis, <em>E. umbellata<\/em> (esp&egrave;ce apparent&eacute;e) est class&eacute;e invasive dans plusieurs &Eacute;tats. <em>E.<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> ne pr&eacute;sente pas ce risque en Europe &agrave; ce jour, mais la vigilance reste de mise<\/li>\n<li><strong>Taille r&eacute;guli&egrave;re n&eacute;cessaire<\/strong>&nbsp;: sans entretien, l&rsquo;arbuste peut devenir d&eacute;garni &agrave; la base<\/li>\n<li><strong>Production fruiti&egrave;re irr&eacute;guli&egrave;re<\/strong>&nbsp;: d&eacute;pendante de la pollinisation crois&eacute;e et des conditions climatiques automnales<\/li>\n<li><strong>Sensibilit&eacute; au gel printanier<\/strong>&nbsp;: les jeunes pousses peuvent &ecirc;tre endommag&eacute;es par des gel&eacute;es tardives<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">10. Synth&egrave;se et conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em> transcende largement son statut d&rsquo;arbuste ornemental de haie. C&rsquo;est un v&eacute;ritable <strong>acteur &eacute;cosyst&eacute;mique multifonctionnel<\/strong> dont les services &eacute;cologiques &mdash; fixation d&rsquo;azote, soutien aux pollinisateurs, production de biomasse, protection contre le vent, habitat pour la faune &mdash; en font une esp&egrave;ce incontournable dans toute d&eacute;marche de jardin &eacute;cologique, de permaculture ou d&rsquo;agroforesterie.<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il ne peut pr&eacute;tendre au statut de plante m&eacute;dicinale (faute de donn&eacute;es pharmacologiques sp&eacute;cifiques) ni de fruitier principal (production trop al&eacute;atoire), il excelle dans son r&ocirc;le d&rsquo;<strong>ing&eacute;nieur &eacute;cologique<\/strong>&nbsp;: il pr&eacute;pare, prot&egrave;ge, enrichit et soutient l&rsquo;ensemble du syst&egrave;me v&eacute;g&eacute;tal qui l&rsquo;entoure. C&rsquo;est en cela que r&eacute;side sa v&eacute;ritable valeur, et c&rsquo;est pourquoi il m&eacute;rite une place de choix dans chaque jardin-for&ecirc;t.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R&eacute;f&eacute;rences bibliographiques<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Boom, B.K. (1963). &laquo;&nbsp;<em>Elaeagnus<\/em> &times; <em>ebbingei<\/em>, a new hybrid&nbsp;&raquo;. <em>Jaarboek van de Koninklijke Nederlandse Botanische Vereniging<\/em>.<\/li>\n<li>Crawford, M. (2010). <em>Creating a Forest Garden<\/em>. Green Books, Totnes.<\/li>\n<li>Dawson, J.O. (2008). &laquo;&nbsp;Ecology of actinorhizal plants&nbsp;&raquo;. In&nbsp;: <em>Nitrogen-fixing Actinorhizal Symbioses<\/em>, Springer, pp. 199-234.<\/li>\n<li>Fordham, I.M. <em>et al.<\/em> (2001). &laquo;&nbsp;Fruit of autumn olive: a rich source of lycopene&nbsp;&raquo;. <em>HortScience<\/em>, 36(6): 1136-1137.<\/li>\n<li>Gholamhoseinian, A. <em>et al.<\/em> (2012). &laquo;&nbsp;Phytochemical screening and antibacterial activity of <em>Elaeagnus angustifolia<\/em>&nbsp;&raquo;. <em>Journal of Medicinal Plants Research<\/em>, 6(36): 5015-5020.<\/li>\n<li>Hamidpour, R. <em>et al.<\/em> (2017). &laquo;&nbsp;Chemistry, pharmacology, and medicinal property of <em>Elaeagnus angustifolia<\/em>&nbsp;&raquo;. <em>Journal of Pharmacognosy and Phytochemistry<\/em>, 6(3): 149-154.<\/li>\n<li>Hart, R.A. (1996). <em>Forest Gardening<\/em>. Green Books, Totnes.<\/li>\n<li>Saboonchian, F. <em>et al.<\/em> (2014). &laquo;&nbsp;Phenolic and flavonoid content of <em>Elaeagnus angustifolia<\/em>&nbsp;&raquo;. <em>Journal of Medicinal Plants Studies<\/em>, 2(5): 22-28.<\/li>\n<li>Schwintzer, C.R. &amp; Tjepkema, J.D. (1990). <em>The Biology of Frankia and Actinorhizal Plants<\/em>. Academic Press, San Diego.<\/li>\n<li>Whitefield, P. (2002). <em>How to Make a Forest Garden<\/em>. Permanent Publications.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Elaeagnus &times; ebbingei Boom, commun&eacute;ment appel&eacute; Chalef d&rsquo;Ebbing, est un hybride horticole issu du croisement entre Elaeagnus macrophylla Thunb. et Elaeagnus pungens Thunb., deux [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-8813","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-vie-du-jardin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8813","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8813"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8813\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8817,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8813\/revisions\/8817"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8813"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8813"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8813"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}