{"id":8830,"date":"2026-04-23T11:46:52","date_gmt":"2026-04-23T09:46:52","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/pin-sylvestre\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:49","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:49","slug":"pin-sylvestre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/pin-sylvestre\/","title":{"rendered":"PIN SYLVESTRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pin%20sylvestre.jpg\" alt=\"Planche botanique Pin sylvestre\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le pin sylvestre, <em>Pinus sylvestris<\/em> L., est l&rsquo;essence r\u00e9sineuse la plus largement distribu\u00e9e de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re bor\u00e9al, couvrant un territoire immense depuis l&rsquo;\u00c9cosse et la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique jusqu&rsquo;\u00e0 la Mandchourie et l&rsquo;Extr\u00eame-Orient russe, des plaines sablonneuses de la Baltique aux versants montagnards de la M\u00e9diterran\u00e9e. Cette aire de r\u00e9partition colossale \u2014 la plus vaste de tous les pins \u2014 t\u00e9moigne d&rsquo;une plasticit\u00e9 \u00e9cologique exceptionnelle qui a permis \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce de survivre aux glaciations quaternaires dans de multiples refuges et de recoloniser l&rsquo;Europe d\u00e8s le Tardiglaciaire. Arbre embl\u00e9matique des for\u00eats bor\u00e9ales et des landes acides, le pin sylvestre a profond\u00e9ment marqu\u00e9 les paysages forestiers fran\u00e7ais, des Vosges aux Causses, du Massif central aux Alpes du Sud, o\u00f9 il forme des peuplements purs ou m\u00eal\u00e9s d&rsquo;une beaut\u00e9 aust\u00e8re.<\/p>\n<p>En pharmacognosie, <em>Pinus sylvestris<\/em> offre une palette de drogues v\u00e9g\u00e9tales d&rsquo;int\u00e9r\u00eat majeur. Les bourgeons, inscrits \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise, sont reconnus pour leurs propri\u00e9t\u00e9s expectorantes, balsamiques et antiseptiques respiratoires. L&rsquo;huile essentielle, domin\u00e9e par les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> <strong>\u03b1-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a><\/strong> et <strong>\u03b2-pin\u00e8ne<\/strong>, constitue un pilier de l&rsquo;aromath\u00e9rapie respiratoire. La r\u00e9sine (gemme), source de t\u00e9r\u00e9benthine et de colophane, et le goudron de pin, obtenu par pyrolyse du bois, compl\u00e8tent cet arsenal th\u00e9rapeutique exploit\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. La richesse en m\u00e9tabolites terp\u00e9niques de cette Pinac\u00e9e en fait un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude en phytochimie des conif\u00e8res et un alli\u00e9 de premi\u00e8re ligne dans la prise en charge des affections des voies respiratoires.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le pin sylvestre appartient \u00e0 la famille des <strong>Pinac\u00e9es<\/strong> (Pinaceae), ordre des Pinales, au sein du clade des Gymnospermes (Acrogymnospermes). Les Pinac\u00e9es constituent la plus grande famille de conif\u00e8res, avec environ 11 genres et 230 esp\u00e8ces r\u00e9parties presque exclusivement dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord.<\/p>\n<h3>A. Position syst\u00e9matique<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/pinus_sylvestris.jpg\" alt=\"Pinus sylvestris \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Pinus sylvestris<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Embranchement :<\/strong> Pinophyta (Gymnospermes)<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Pinopsida<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Pinales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Pinaceae Spreng. ex F.Rudolphi<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Pinus<\/em> L., sous-genre <em>Pinus<\/em>, section <em>Pinus<\/em>, sous-section <em>Pinus<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Pinus sylvestris<\/em> L. (1753)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. \u00c9tymologie<\/h3>\n<p>Le nom de genre <em>Pinus<\/em> est directement h\u00e9rit\u00e9 du latin classique d\u00e9signant les pins et leur r\u00e9sine, peut-\u00eatre apparent\u00e9 au celtique <em>pen<\/em> (t\u00eate, sommet), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme de la cime. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique <em>sylvestris<\/em> signifie \u00ab des for\u00eats, sauvage \u00bb, du latin <em>silva<\/em> (for\u00eat). Le nom vernaculaire fran\u00e7ais \u00ab pin sylvestre \u00bb est une traduction litt\u00e9rale. Il est \u00e9galement appel\u00e9 \u00ab pin d&rsquo;\u00c9cosse \u00bb, \u00ab pin de Riga \u00bb, \u00ab pin du Nord \u00bb ou \u00ab pin sauvage \u00bb selon les r\u00e9gions. En anglais : <em>Scots pine<\/em> ; en allemand : <em>Waldkiefer<\/em> ou <em>F\u00f6hre<\/em> ; en espagnol : <em>pino silvestre<\/em> ou <em>pino albar<\/em> ; en russe : <em>\u0441\u043e\u0441\u043d\u0430 \u043e\u0431\u044b\u043a\u043d\u043e\u0432\u0435\u043d\u043d\u0430\u044f<\/em> (<em>sosna obyknovennaya<\/em>).<\/p>\n<h3>C. Sous-esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s<\/h3>\n<p>La variabilit\u00e9 g\u00e9ographique consid\u00e9rable de l&rsquo;esp\u00e8ce a conduit \u00e0 la description de nombreuses sous-esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s, dont la validit\u00e9 taxonomique reste discut\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Pinus sylvestris<\/em> subsp. <em>sylvestris<\/em> \u2014 forme typique, Europe occidentale et centrale<\/li>\n<li><em>Pinus sylvestris<\/em> subsp. <em>hamata<\/em> (Steven) Fomin \u2014 Caucase, Anatolie, aiguilles plus courtes<\/li>\n<li><em>Pinus sylvestris<\/em> var. <em>mongolica<\/em> Litv. \u2014 Sib\u00e9rie orientale, Mongolie<\/li>\n<li><em>Pinus sylvestris<\/em> var. <em>nevadensis<\/em> D.H.Christ \u2014 Sierra Nevada (Espagne), populations relictuelles<\/li>\n<li><em>Pinus sylvestris<\/em> var. <em>iberica<\/em> Svoboda \u2014 p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les \u00e9tudes de g\u00e9n\u00e9tique des populations utilisant des marqueurs microsatellites et chloroplastiques ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une structuration g\u00e9ographique marqu\u00e9e, avec des lign\u00e9es distinctes correspondant aux diff\u00e9rents refuges glaciaires (ib\u00e9rique, balkanique, pontique, orientale).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p><em>Pinus sylvestris<\/em> est un arbre sempervirent de taille moyenne \u00e0 grande, atteignant couramment 25 \u00e0 35 m\u00e8tres de hauteur, exceptionnellement 45 m\u00e8tres dans les conditions optimales de la Baltique et de Scandinavie, pour un diam\u00e8tre de tronc de 60 \u00e0 100 cm. La long\u00e9vit\u00e9 peut d\u00e9passer 500 ans, avec des individus exceptionnels document\u00e9s \u00e0 plus de 700 ans en Laponie. Le mod\u00e8le architectural correspond au mod\u00e8le de Rauh. Le port varie consid\u00e9rablement avec l&rsquo;\u00e2ge et les conditions stationnelles : conique et r\u00e9gulier chez les jeunes sujets (croissance monopodiale avec des verticilles de branches nettement marqu\u00e9s), il devient progressivement asym\u00e9trique et irr\u00e9gulier avec l&rsquo;\u00e2ge, la cime se d\u00e9garnissant par le bas pour former une couronne \u00e9tal\u00e9e, souvent tabulaire ou en parasol chez les vieux sujets isol\u00e9s. L&rsquo;\u00e9corce constitue un caract\u00e8re diagnostique remarquable : \u00e9paisse, crevass\u00e9e et brun-gris \u00e0 brun-rouge\u00e2tre dans la partie inf\u00e9rieure du tronc, elle devient fine, lisse et d&rsquo;un orange saumon\u00e9 \u00e0 ocre cuivr\u00e9 caract\u00e9ristique dans la partie sup\u00e9rieure et sur les grosses branches, se desquamant en plaques papyrac\u00e9es.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> Les rameaux de l&rsquo;ann\u00e9e sont glabres, d&rsquo;abord vert-gris\u00e2tre puis brun-jaun\u00e2tre, portant des brachyblastes (rameaux courts) \u00e0 l&rsquo;aisselle de cataphylles caduques. Les bourgeons terminaux sont ovo\u00efdes-coniques, aigus, longs de 6 \u00e0 12 mm, r\u00e9sineux, \u00e0 \u00e9cailles brun-rouge\u00e2tre apprim\u00e9es, souvent soud\u00e9es par la r\u00e9sine. Les canaux r\u00e9sinif\u00e8res sont pr\u00e9sents dans le bois, l&rsquo;\u00e9corce et les feuilles, constituant un syst\u00e8me s\u00e9cr\u00e9teur schizog\u00e8ne caract\u00e9ristique des Pinac\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> Les feuilles sont des aiguilles aciculaires, group\u00e9es par 2 dans une gaine basale membraneuse persistante (brachyblaste bifascicul\u00e9), caract\u00e8re distinctif du sous-genre <em>Pinus<\/em>. Les aiguilles sont semi-cylindriques en section (face adaxiale plate, face abaxiale convexe), longues de 3 \u00e0 7 cm (parfois jusqu&rsquo;\u00e0 10 cm dans les provenances m\u00e9ridionales), larges de 1,5 \u00e0 2 mm, rigides, l\u00e9g\u00e8rement torsad\u00e9es, \u00e0 apex aigu mais non piquant, de couleur vert glauque \u00e0 vert bleut\u00e9 (due \u00e0 une couche cireuse \u00e9picuticulaire). La surface porte des lignes de stomates r\u00e9partis sur les deux faces. En coupe transversale, chaque aiguille pr\u00e9sente 2 canaux r\u00e9sinif\u00e8res marginaux (plus rarement m\u00e9dians), un faisceau vasculaire unique entour\u00e9 d&rsquo;un endoderme et d&rsquo;un tissu de transfusion, et un hypoderme scl\u00e9renchymateux. La dur\u00e9e de vie des aiguilles est de 2 \u00e0 4 ans (parfois 5 dans les stations froides), la chute s&rsquo;effectuant par abscission \u00e0 la base de la gaine.<\/p>\n<p><strong>Racines :<\/strong> Le syst\u00e8me racinaire est remarquablement adaptable. Sur sols profonds, un pivot vigoureux s&rsquo;enfonce \u00e0 plusieurs m\u00e8tres, assurant un ancrage optimal. Sur sols superficiels, rocheux ou \u00e0 nappe phr\u00e9atique haute, les racines se d\u00e9veloppent en syst\u00e8me tra\u00e7ant. Des racines sinkers (plongeantes) compl\u00e8tent l&rsquo;architecture. L&rsquo;association ectomycorhizienne est obligatoire et concerne un cort\u00e8ge fongique tr\u00e8s diversifi\u00e9 comprenant de nombreuses esp\u00e8ces de <em>Suillus<\/em> (c\u00e8pes des pins), <em>Rhizopogon<\/em>, <em>Lactarius<\/em> (<em>L. deliciosus<\/em>, <em>L. sanguifluus<\/em>), <em>Russula<\/em>, <em>Boletus<\/em>, <em>Cortinarius<\/em>, <em>Tricholoma<\/em> (<em>T. equestre<\/em>, <em>T. terreum<\/em>) et <em>Amanita<\/em> (<em>A. muscaria<\/em>, symbiotique fr\u00e9quent). Cette diversit\u00e9 mycorhizienne contribue \u00e0 la nutrition min\u00e9rale et \u00e0 la tol\u00e9rance au stress de l&rsquo;arbre.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>C\u00f4nes m\u00e2les :<\/strong> Les c\u00f4nes m\u00e2les (microsporangiats) sont group\u00e9s en grappes denses \u00e0 la base des pousses de l&rsquo;ann\u00e9e, ovo\u00efdes, longs de 5 \u00e0 8 mm, jaune soufre \u00e0 orang\u00e9. Chaque c\u00f4ne est form\u00e9 de nombreuses microsporophylles (\u00e9cailles polliniques) spiral\u00e9es, portant chacune 2 sacs polliniques (microsporanges) sur leur face inf\u00e9rieure. Le pollen est bisaccate (muni de 2 ballonnets a\u00e9rif\u00e8res), de 50 \u00e0 75 \u03bcm, adapt\u00e9 \u00e0 la diss\u00e9mination an\u00e9mophile sur de longues distances.<\/p>\n<p><strong>C\u00f4nes femelles :<\/strong> Les c\u00f4nes femelles (m\u00e9gasporangiats) sont port\u00e9s isol\u00e9ment ou par groupes de 2-3 \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 des pousses de l&rsquo;ann\u00e9e, dress\u00e9s lors de la pollinisation puis devenant pendants. Apr\u00e8s f\u00e9condation et maturation (18 mois), le c\u00f4ne m\u00fbr est ovo\u00efde-conique, long de 3 \u00e0 7 cm, large de 2 \u00e0 3,5 cm, brun-gris\u00e2tre \u00e0 maturit\u00e9, \u00e0 \u00e9cailles ligneuses portant un apophyse (\u00e9cusson) rhombo\u00efdale aplatie munie d&rsquo;un petit mucron central (umbo). Les \u00e9cailles s&rsquo;\u00e9cartent \u00e0 maturit\u00e9 pour lib\u00e9rer les graines. Chaque \u00e9caille fertile porte 2 graines.<\/p>\n<p><strong>Graines :<\/strong> Les graines sont petites (3-5 mm), ovo\u00efdes, gris-brun\u00e2tre \u00e0 noir\u00e2tre, munies d&rsquo;une aile membraneuse allong\u00e9e (12-20 mm) facilitant la diss\u00e9mination an\u00e9mochore. Le poids de 1 000 graines est de 5 \u00e0 9 g. La germination est \u00e9pig\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Floraison et cycle reproductif :<\/strong> La pollinisation intervient en mai-juin. Le cycle de reproduction est de 2 ans : les c\u00f4nes femelles pollinis\u00e9s restent petits et verts la premi\u00e8re ann\u00e9e (conelet), la f\u00e9condation effective n&rsquo;intervenant qu&rsquo;au printemps suivant, et les graines m\u00fbrissent \u00e0 l&rsquo;automne de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e. Les c\u00f4nes s&rsquo;ouvrent et lib\u00e8rent les graines de mars \u00e0 mai de la troisi\u00e8me ann\u00e9e, par temps sec et venteux.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie et biologie reproductive<\/h3>\n<p>Le pin sylvestre atteint sa maturit\u00e9 sexuelle vers 10 \u00e0 15 ans en peuplement ouvert, plus tard (20-30 ans) en peuplement dense. La production de graines est irr\u00e9guli\u00e8re, avec des ann\u00e9es de fructification abondante tous les 3 \u00e0 6 ans. Le taux de germination est de 70 \u00e0 95 % pour des graines fra\u00eeches. La croissance juv\u00e9nile est rapide (30-50 cm\/an), ralentissant apr\u00e8s 50-80 ans. L&rsquo;esp\u00e8ce est pionni\u00e8re et h\u00e9liophile, colonisant activement les milieux ouverts (landes, friches, coupes foresti\u00e8res, dunes), o\u00f9 elle pr\u00e9pare la succession vers des peuplements de feuillus. La r\u00e9sistance au feu est mod\u00e9r\u00e9e : l&rsquo;\u00e9corce \u00e9paisse de la base du tronc prot\u00e8ge le cambium des feux de faible intensit\u00e9, mais la cime r\u00e9sineuse est tr\u00e8s inflammable.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p><em>Pinus sylvestris<\/em> est une esp\u00e8ce \u00e0 amplitude \u00e9cologique remarquablement large. H\u00e9liophile strict, il tol\u00e8re des sols tr\u00e8s pauvres, acides (pH 4,0-6,5), sablonneux, caillouteux ou rocheux, o\u00f9 la concurrence des feuillus est r\u00e9duite. Il supporte des conditions climatiques extr\u00eames : minima hivernaux de -50\u00b0C en Sib\u00e9rie, \u00e9t\u00e9s continentaux chauds et secs, pr\u00e9cipitations annuelles aussi faibles que 200 mm dans les steppes d&rsquo;Asie centrale. Il se d\u00e9veloppe depuis le niveau de la mer (c\u00f4tes baltiques, dunes de Gascogne) jusqu&rsquo;\u00e0 2 400 m\u00e8tres dans les Alpes et les Pyr\u00e9n\u00e9es, et 2 600 m\u00e8tres dans le Caucase. Ses stations de pr\u00e9dilection sont les sols sablonneux acides, les plateaux calcaires arides, les tourbi\u00e8res (en stations marginales), les pentes rocheuses expos\u00e9es, les landes et les dunes continentales.<\/p>\n<h3>B. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire de r\u00e9partition de <em>Pinus sylvestris<\/em> est la plus vaste de tous les pins et l&rsquo;une des plus \u00e9tendues parmi les arbres forestiers. Elle s&rsquo;\u00e9tend d&rsquo;ouest en est depuis l&rsquo;\u00c9cosse, l&rsquo;Espagne (Sierra de Guadarrama, Sierra Nevada) et la Scandinavie (jusqu&rsquo;au 70<sup>e<\/sup> parall\u00e8le) \u00e0 travers l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe, la Russie, la Sib\u00e9rie jusqu&rsquo;\u00e0 la c\u00f4te pacifique (Okhotsk), la Mongolie et le nord-est de la Chine. Du nord au sud, elle couvre la ta\u00efga bor\u00e9ale, les for\u00eats temp\u00e9r\u00e9es et les montagnes m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<p>En France, le pin sylvestre est pr\u00e9sent sur l&rsquo;ensemble du territoire \u00e0 l&rsquo;exception de la Bretagne occidentale et des plaines littorales atlantiques les plus humides. Il forme d&rsquo;importants massifs :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Massif central :<\/strong> for\u00eats de Margeride, Aubrac, Causses, C\u00e9vennes, Livradois, o\u00f9 il constitue l&rsquo;essence dominante des versants secs<\/li>\n<li><strong>Alpes :<\/strong> \u00e9tage montagnard et subalpin inf\u00e9rieur, des Pr\u00e9alpes calcaires aux vall\u00e9es internes (Brian\u00e7onnais, Queyras, Maurienne)<\/li>\n<li><strong>Pyr\u00e9n\u00e9es :<\/strong> versants secs de l&rsquo;\u00e9tage montagnard, Cerdagne, Capcir<\/li>\n<li><strong>Vosges :<\/strong> peuplements importants sur gr\u00e8s<\/li>\n<li><strong>Bassin parisien :<\/strong> for\u00eats sur sables (Fontainebleau, Sologne en m\u00e9lange)<\/li>\n<li><strong>Alpes du Sud et Provence :<\/strong> peuplements d&rsquo;altitude sur substrats calcaires et marneux<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Le pin sylvestre participe \u00e0 de nombreux groupements forestiers selon les r\u00e9gions et les altitudes. Dans les plaines sablonneuses du nord de l&rsquo;Europe, il domine les pin\u00e8des \u00e0 <em>Calluna vulgaris<\/em>, <em>Vaccinium myrtillus<\/em>, <em>V. vitis-idaea<\/em> (Vaccinio-Pinetum). En montagne fran\u00e7aise, il forme des pin\u00e8des s\u00e8ches sur calcaire avec <em>Buxus sempervirens<\/em>, <em>Amelanchier ovalis<\/em>, <em>Juniperus communis<\/em> et un cort\u00e8ge d&rsquo;orchid\u00e9es (Erico-Pinetum sylvestris). Sur substrats acides, il s&rsquo;associe \u00e0 <em>Pteridium aquilinum<\/em>, <em>Deschampsia flexuosa<\/em>, <em>Molinia caerulea<\/em>. \u00c0 l&rsquo;\u00e9tage subalpin, il c\u00e8de progressivement la place \u00e0 <em>Pinus uncinata<\/em> (pin \u00e0 crochets) et \u00e0 <em>Larix decidua<\/em> (m\u00e9l\u00e8ze). Les peuplements de pin sylvestre constituent une \u00e9tape dynamique vers la for\u00eat de feuillus (ch\u00eanaie, h\u00eatraie) dans de nombreuses stations, l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e9tant progressivement \u00e9limin\u00e9e par comp\u00e9tition pour la lumi\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Bourgeons de pin (<em>Pini turiones<\/em> ou <em>Pini gemmae<\/em>) :<\/strong> Inscrits \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. R\u00e9colt\u00e9s au d\u00e9but du printemps (mars-avril), avant le d\u00e9bourrement, lorsqu&rsquo;ils sont encore ferm\u00e9s et fortement r\u00e9sineux. Le s\u00e9chage s&rsquo;effectue \u00e0 temp\u00e9rature ambiante ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9tuve \u00e0 basse temp\u00e9rature (30-40\u00b0C maximum) pour pr\u00e9server l&rsquo;huile essentielle. La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente sous forme de bourgeons ovo\u00efdes-coniques, brun-rouge\u00e2tre, visqueux, agglom\u00e9r\u00e9s par la r\u00e9sine, \u00e0 odeur balsamique intense et saveur r\u00e9sineuse am\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>Huile essentielle de pin sylvestre (<em>Pini sylvestris aetheroleum<\/em>) :<\/strong> Inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Obtenue par hydrodistillation des aiguilles et rameaux feuillus, avec un rendement de 0,2 \u00e0 0,5 %. L&rsquo;huile est limpide, incolore \u00e0 jaune p\u00e2le, \u00e0 odeur fra\u00eeche, r\u00e9sineuse et bois\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>T\u00e9r\u00e9benthine (<em>Terebinthina<\/em>) :<\/strong> Ol\u00e9or\u00e9sine obtenue par gemmage (incision de l&rsquo;\u00e9corce). Apr\u00e8s distillation, elle fournit l&rsquo;essence de t\u00e9r\u00e9benthine (fraction volatile) et la colophane (r\u00e9sidu solide).<\/li>\n<li><strong>Goudron de pin (<em>Pix liquida<\/em>) :<\/strong> Obtenu par pyrolyse lente du bois de pin en meule ou en four. Inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Liquide visqueux, brun-noir, \u00e0 odeur empyreumatique caract\u00e9ristique.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil phytochimique de <em>Pinus sylvestris<\/em> est domin\u00e9 par les terp\u00e9no\u00efdes, en coh\u00e9rence avec sa nature de conif\u00e8re, mais comprend \u00e9galement des compos\u00e9s ph\u00e9noliques et des acides organiques d&rsquo;int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<h3>A. Monoterp\u00e8nes et sesquiterp\u00e8nes (huile essentielle)<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle des aiguilles et bourgeons est domin\u00e9e par des monoterp\u00e8nes hydrocarbon\u00e9s (70-95 % de la composition totale) :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u03b1-Pin\u00e8ne<\/strong> (25-50 %) \u2014 monoterp\u00e8ne bicyclique, compos\u00e9 majoritaire, responsable de l&rsquo;odeur caract\u00e9ristique \u00ab pin \u00bb<\/li>\n<li><strong>\u03b2-Pin\u00e8ne<\/strong> (5-20 %)<\/li>\n<li><strong>\u0394<sup>3<\/sup>-Car\u00e8ne<\/strong> (5-30 %, tr\u00e8s variable selon les ch\u00e9motypes et provenances)<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/limonene\/\">Limon\u00e8ne<\/a><\/strong> (3-15 %)<\/li>\n<li><strong>\u03b2-Myrc\u00e8ne<\/strong> (1-8 %)<\/li>\n<li><strong>\u03b2-Phellandr\u00e8ne<\/strong> (1-5 %)<\/li>\n<li><strong>Camph\u00e8ne<\/strong> (1-5 %)<\/li>\n<li><strong>Terpinol\u00e8ne<\/strong> (1-5 %)<\/li>\n<li><strong>Sabin\u00e8ne<\/strong> (traces \u00e0 3 %)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les monoterp\u00e8nes oxyg\u00e9n\u00e9s sont minoritaires : <strong>ac\u00e9tate de bornyle<\/strong> (1-5 %), <strong>born\u00e9ol<\/strong>, <strong>terpin\u00e9ol-4<\/strong>, <strong>\u03b1-terpin\u00e9ol<\/strong>. La fraction sesquiterp\u00e9nique comprend le <strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong>, le <strong>germacr\u00e8ne D<\/strong>, le <strong>cadin\u00e8ne<\/strong> et l&rsquo;<strong>\u03b1-humul\u00e8ne<\/strong>, en proportions mineures (1-5 % au total).<\/p>\n<p>La composition de l&rsquo;huile essentielle varie consid\u00e9rablement selon la provenance g\u00e9ographique, l&rsquo;organe distill\u00e9, la saison de r\u00e9colte et le ch\u00e9motype. Des ch\u00e9motypes \u00e0 dominante \u03b1-pin\u00e8ne, \u0394<sup>3<\/sup>-car\u00e8ne ou \u03b2-phellandr\u00e8ne ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s en Europe.<\/p>\n<h3>B. Diterp\u00e8nes et acides r\u00e9siniques<\/h3>\n<p>La r\u00e9sine (ol\u00e9or\u00e9sine, t\u00e9r\u00e9benthine) contient une fraction diterp\u00e9nique majeure constitu\u00e9e d&rsquo;acides r\u00e9siniques : <strong>acide abi\u00e9tique<\/strong> (compos\u00e9 principal), <strong>acide d\u00e9hydroabi\u00e9tique<\/strong>, <strong>acide palustrique<\/strong>, <strong>acide n\u00e9oabi\u00e9tique<\/strong>, <strong>acide pimarique<\/strong>, <strong>acide isopimarique<\/strong>, <strong>acide l\u00e9vopimarique<\/strong> et <strong>acide sandaracopimarique<\/strong>. Ces acides diterp\u00e9niques constituent la colophane apr\u00e8s distillation de la t\u00e9r\u00e9benthine. On identifie \u00e9galement des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a> neutres : <strong>pimaradi\u00e8nes<\/strong>, <strong>abi\u00e9tadi\u00e9nal<\/strong> et des alcools diterp\u00e9niques.<\/p>\n<h3>C. Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce de pin sylvestre est une source importante de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a> oligom\u00e8res<\/strong> (OPC), structuralement proches de celles du pin maritime (<em>Pinus pinaster<\/em>). Les monom\u00e8res constitutifs sont principalement la <strong>cat\u00e9chine<\/strong> et l&rsquo;<strong>\u00e9picat\u00e9chine<\/strong>, li\u00e9s par des liaisons C4-C8 et C4-C6 (proanthocyanidines de type B). On identifie \u00e9galement des <strong>stilb\u00e8nes<\/strong>, notamment le <strong>pinosylvine<\/strong> et le <strong>pinosylvine monom\u00e9thyl \u00e9ther<\/strong>, compos\u00e9s fongitoxiques caract\u00e9ristiques du duramen de pin. Les aiguilles contiennent des flavono\u00efdes : h\u00e9t\u00e9rosides de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, de <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et de <strong>myric\u00e9tine<\/strong>, ainsi que des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, acide f\u00e9rulique, acide p-coumarique).<\/p>\n<h3>D. Goudron de pin<\/h3>\n<p>Le goudron de pin est un m\u00e9lange complexe de centaines de compos\u00e9s issus de la pyrolyse, comprenant principalement des <strong>ph\u00e9nols<\/strong> (<strong>ga\u00efacol<\/strong>, <strong>cr\u00e9osol<\/strong>, <strong>4-m\u00e9thylga\u00efacol<\/strong>, <strong>eug\u00e9nol<\/strong>), des <strong>acides organiques<\/strong> (acide ac\u00e9tique, acide formique), du <strong>r\u00e9sorcinol<\/strong>, du <strong>r\u00e9t\u00e8ne<\/strong> (hydrocarbure aromatique polycyclique d&rsquo;origine diterp\u00e9nique) et des <strong>hydrocarbures aromatiques polycycliques<\/strong> (HAP) en teneurs variables, dont la pr\u00e9sence soul\u00e8ve des questions toxicologiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Action expectorante et mucolytique<\/h3>\n<p>Les monoterp\u00e8nes de l&rsquo;huile essentielle, en particulier l&rsquo;<strong>\u03b1-pin\u00e8ne<\/strong>, le <strong>limon\u00e8ne<\/strong> et le <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/cineal-eucalyptol\/\">1,8-cin\u00e9ole<\/a><\/strong> (pr\u00e9sent en traces), exercent une action expectorante par un double m\u00e9canisme. Par voie r\u00e9flexe gastro-pulmonaire, ils stimulent les r\u00e9cepteurs de la muqueuse gastrique, provoquant par voie vagale une augmentation de la s\u00e9cr\u00e9tion du mucus bronchique (effet expectorant s\u00e9cr\u00e9tolytique). Par voie directe, apr\u00e8s absorption et \u00e9limination partielle par voie pulmonaire, les monoterp\u00e8nes stimulent l&rsquo;activit\u00e9 des cellules cili\u00e9es de l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium bronchique (augmentation de la fr\u00e9quence du battement ciliaire) et modifient les propri\u00e9t\u00e9s rh\u00e9ologiques du mucus en r\u00e9duisant sa viscosit\u00e9 par d\u00e9polym\u00e9risation des mucines. L&rsquo;<strong>\u03b1-pin\u00e8ne<\/strong> active les r\u00e9cepteurs <strong>TRPA1<\/strong> des neurones sensoriels des voies a\u00e9riennes, d\u00e9clenchant un r\u00e9flexe de toux productif facilitant l&rsquo;expectoration.<\/p>\n<h3>B. Action antiseptique respiratoire<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>\u03b1-pin\u00e8ne<\/strong> et le <strong>\u03b2-pin\u00e8ne<\/strong> poss\u00e8dent une activit\u00e9 antimicrobienne document\u00e9e in vitro contre les pathog\u00e8nes respiratoires courants : <em>Streptococcus pneumoniae<\/em>, <em>Haemophilus influenzae<\/em>, <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Moraxella catarrhalis<\/em>, avec des CMI de l&rsquo;ordre de 0,5 \u00e0 4 mg\/mL. Le m\u00e9canisme implique une perturbation de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 membranaire bact\u00e9rienne par insertion des monoterp\u00e8nes lipophiles dans la bicouche phospholipidique, provoquant une augmentation de la perm\u00e9abilit\u00e9, une fuite d&rsquo;ions K<sup>+<\/sup> et de contenu cytoplasmique, et une d\u00e9polarisation membranaire. L&rsquo;<strong>\u03b1-pin\u00e8ne<\/strong> poss\u00e8de \u00e9galement une activit\u00e9 antifongique contre <em>Candida albicans<\/em> et une activit\u00e9 antivirale mod\u00e9r\u00e9e document\u00e9e contre certains virus respiratoires envelopp\u00e9s, par interf\u00e9rence avec la fusion de l&rsquo;enveloppe virale.<\/p>\n<h3>C. Action anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>\u03b1-pin\u00e8ne<\/strong> inhibe la voie <strong>NF-\u03baB<\/strong> dans les macrophages alv\u00e9olaires stimul\u00e9s, r\u00e9duisant la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-1\u03b2, IL-6) et de m\u00e9diateurs lipidiques (PGE<sub>2<\/sub>, LTB<sub>4<\/sub>) par inhibition de la <strong>COX-2<\/strong> et de la <strong>5-lipoxyg\u00e9nase<\/strong>. In vivo, dans des mod\u00e8les d&rsquo;inflammation pulmonaire chez le rongeur, l&rsquo;inhalation d&rsquo;\u03b1-pin\u00e8ne r\u00e9duit significativement l&rsquo;infiltration leucocytaire dans le lavage bronchoalv\u00e9olaire et l&rsquo;\u0153d\u00e8me pulmonaire. Le <strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8ne<\/a> minoritaire de l&rsquo;huile essentielle, agit comme agoniste s\u00e9lectif du r\u00e9cepteur cannabino\u00efde <strong>CB2<\/strong>, contribuant \u00e0 un effet anti-inflammatoire et analg\u00e9sique sans effet psychotrope. Les <strong>proanthocyanidines<\/strong> de l&rsquo;\u00e9corce inhibent la lib\u00e9ration d&rsquo;histamine par les mastocytes et r\u00e9duisent la perm\u00e9abilit\u00e9 vasculaire.<\/p>\n<h3>D. Action rub\u00e9fiante et antalgique locale<\/h3>\n<p>En application locale, l&rsquo;huile essentielle et la t\u00e9r\u00e9benthine provoquent une vasodilatation cutan\u00e9e r\u00e9flexe (effet rub\u00e9fiant) par stimulation des thermor\u00e9cepteurs <strong>TRPV1<\/strong> et <strong>TRPA1<\/strong> des terminaisons nociceptives. Cette hyperh\u00e9mie locale am\u00e9liore la perfusion tissulaire et acc\u00e9l\u00e8re la r\u00e9sorption des exsudats inflammatoires. L&rsquo;effet contre-irritant (r\u00e9vulsion) r\u00e9sulte de la stimulation des aff\u00e9rences sensorielles cutan\u00e9es qui, par un m\u00e9canisme de contr\u00f4le inhibiteur descendant (<em>gate control<\/em> et modulation spinale), att\u00e9nuent la perception de la douleur profonde (myalgies, arthralgies).<\/p>\n<h3>E. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>Les proanthocyanidines de l&rsquo;\u00e9corce exercent une puissante activit\u00e9 antioxydante par pi\u00e9geage direct des radicaux libres (pouvoir ORAC 20 fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la vitamine C), inhibition de la peroxydation lipidique, ch\u00e9lation des m\u00e9taux de transition et activation de la voie <strong>Nrf2\/ARE<\/strong> induisant les enzymes antioxydantes endog\u00e8nes. Cette activit\u00e9 est partag\u00e9e avec les stilb\u00e8nes (<strong>pinosylvine<\/strong>) et les flavono\u00efdes foliaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>A. Essais cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Pinus sylvestris<\/em> sont relativement limit\u00e9es, l&rsquo;essentiel de la recherche clinique sur les pins ayant port\u00e9 sur l&rsquo;extrait d&rsquo;\u00e9corce de pin maritime (<em>Pinus pinaster<\/em>, Pycnogenol). N\u00e9anmoins, plusieurs \u00e9tudes m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre mentionn\u00e9es :<\/p>\n<p>Des essais cliniques ouverts ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;inhalation d&rsquo;huile essentielle de pin sylvestre (3-5 gouttes en inhalation humide, 2-3 fois\/jour) dans le traitement symptomatique des infections respiratoires hautes (rhinite, sinusite, bronchite aigu\u00eb), rapportant une am\u00e9lioration subjective de l&rsquo;obstruction nasale, de la toux et de l&rsquo;expectoration chez 70-80 % des patients (Juergens, 2014).<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes cliniques sur des pr\u00e9parations combin\u00e9es (bourgeons de pin + thym + eucalyptus) ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de la dur\u00e9e et de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des sympt\u00f4mes de bronchite aigu\u00eb par rapport au placebo, mais l&rsquo;attribution de l&rsquo;effet au pin seul est impossible dans ce contexte.<\/p>\n<p>L&rsquo;application topique de goudron de pin en association avec des cortico\u00efdes dans le psoriasis a fait l&rsquo;objet de plusieurs \u00e9tudes, montrant une efficacit\u00e9 modeste mais r\u00e9elle dans la r\u00e9duction de l&rsquo;\u00e9paisseur des plaques et du prurit, confirmant l&rsquo;usage dermatologique ancien.<\/p>\n<h3>B. Tradition d&rsquo;usage<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel des bourgeons de pin en infusion est reconnu par la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise et par la note explicative de l&rsquo;Agence du m\u00e9dicament (1998) pour le traitement des \u00ab affections bronchiques aigu\u00ebs b\u00e9nignes \u00bb. L&rsquo;ESCOP reconna\u00eet l&rsquo;usage de l&rsquo;huile essentielle de <em>Pinus<\/em> spp. par voie inhal\u00e9e et en application locale pour les affections catarrhales des voies respiratoires et les douleurs rhumatismales. Une monographie europ\u00e9enne existe pour <em>Pini sylvestris aetheroleum<\/em> reconnaissant un usage traditionnel bien \u00e9tabli pour le soulagement de la toux li\u00e9e aux refroidissements et pour les douleurs musculaires et articulaires mineures en application locale.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Huile essentielle (\u03b1- et \u03b2-pin\u00e8ne, limon\u00e8ne)<\/td>\n<td>Monoterp\u00e8nes<\/td>\n<td>Expectorante, antiseptique respiratoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ac\u00e9tate de bornyle<\/td>\n<td>Ester terp\u00e9nique<\/td>\n<td>Balsamique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">Proanthocyanidines<\/a>, r\u00e9sines<\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols \/ r\u00e9sines<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<h3>A. Infusion de bourgeons<\/h3>\n<p>Verser 200 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid) sur 2 \u00e0 3 g de bourgeons de pin secs grossi\u00e8rement concass\u00e9s. Couvrir et laisser infuser 15 minutes. Filtrer. Posologie : 2 \u00e0 3 tasses par jour. Le go\u00fbt est fortement r\u00e9sineux et balsamique, pouvant \u00eatre adouci par du miel.<\/p>\n<h3>B. Sirop de bourgeons<\/h3>\n<p>Pr\u00e9parer une infusion concentr\u00e9e (50 g de bourgeons pour 500 mL d&rsquo;eau, infusion 30 minutes), filtrer et ajouter 900 g de sucre. Chauffer \u00e0 feu doux jusqu&rsquo;\u00e0 dissolution compl\u00e8te. Posologie : 3 \u00e0 4 cuill\u00e8res \u00e0 soupe par jour pour l&rsquo;adulte, 2 \u00e0 3 cuill\u00e8res \u00e0 caf\u00e9 pour l&rsquo;enfant de plus de 6 ans.<\/p>\n<h3>C. Huile essentielle<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle de <em>Pinus sylvestris<\/em> s&rsquo;utilise selon plusieurs voies :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Inhalation s\u00e8che :<\/strong> 2-3 gouttes sur un mouchoir ou un diffuseur personnel, 3-4 fois par jour<\/li>\n<li><strong>Inhalation humide :<\/strong> 3-5 gouttes dans un bol d&rsquo;eau chaude (non bouillante), inhaler sous une serviette pendant 10 minutes, 2-3 fois par jour<\/li>\n<li><strong>Diffusion atmosph\u00e9rique :<\/strong> 5-10 gouttes dans un diffuseur ultrasonique, 30 minutes, 2-3 fois par jour<\/li>\n<li><strong>Voie cutan\u00e9e :<\/strong> 3-5 gouttes dilu\u00e9es dans 1 cuill\u00e8re \u00e0 soupe d&rsquo;huile v\u00e9g\u00e9tale (10-15 %), en friction thoracique pour les affections respiratoires, ou en massage des zones douloureuses pour les douleurs musculaires et articulaires<\/li>\n<li><strong>Bain aromatique :<\/strong> 5-10 gouttes dispers\u00e9es dans un dispersant (base neutre, lait entier, sel de bain) avant ajout \u00e0 l&rsquo;eau du bain<\/li>\n<\/ul>\n<h3>D. T\u00e9r\u00e9benthine et essence de t\u00e9r\u00e9benthine<\/h3>\n<p>L&rsquo;essence de t\u00e9r\u00e9benthine rectifi\u00e9e est utilis\u00e9e en application externe (frictions rub\u00e9fiantes) dilu\u00e9e \u00e0 10-20 % dans une huile v\u00e9g\u00e9tale. Usage r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;adulte. Les pr\u00e9parations \u00e0 base de t\u00e9r\u00e9benthine entrent dans la composition de nombreuses sp\u00e9cialit\u00e9s OTC pour frictions pectorales et bains balsamiques.<\/p>\n<h3>E. Goudron de pin<\/h3>\n<p>Utilis\u00e9 en dermatologie sous forme de pommades (1-5 %), shampoings (2-10 %) et solutions pour bains (5-10 mL par bain). Indications : psoriasis, ecz\u00e9ma chronique, dermite s\u00e9borrh\u00e9ique du cuir chevelu. L&rsquo;usage est aujourd&rsquo;hui limit\u00e9 en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;HAP.<\/p>\n<h3>F. Gemmoth\u00e9rapie<\/h3>\n<p>Mac\u00e9rat glyc\u00e9rin\u00e9 de bourgeons frais au 1\/20 (eau-alcool-glyc\u00e9rine). Posologie : 5 \u00e0 15 gouttes par jour, pouvant \u00eatre augment\u00e9e progressivement jusqu&rsquo;\u00e0 30 gouttes. Indications : sph\u00e8re ost\u00e9oarticulaire, remin\u00e9ralisation, soutien respiratoire.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<h3>A. Toxicit\u00e9 aigu\u00eb<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle de pin sylvestre pr\u00e9sente une toxicit\u00e9 aigu\u00eb mod\u00e9r\u00e9e. La DL<sub>50<\/sub> orale chez le rat est sup\u00e9rieure \u00e0 5 g\/kg pour l&rsquo;huile essentielle totale. L&rsquo;<strong>\u03b1-pin\u00e8ne<\/strong> isol\u00e9 a une DL<sub>50<\/sub> orale de 3,7 g\/kg (rat) et une DL<sub>50<\/sub> dermique sup\u00e9rieure \u00e0 5 g\/kg (lapin). En cas d&rsquo;ingestion accidentelle de quantit\u00e9s importantes d&rsquo;huile essentielle, les sympt\u00f4mes incluent des irritations gastro-intestinales (naus\u00e9es, vomissements, douleurs abdominales), une n\u00e9phrite tubulaire (\u00e9limination r\u00e9nale des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">terp\u00e8nes<\/a> oxyd\u00e9s), et, dans les cas graves, des troubles neurologiques (agitation, convulsions, coma). L&rsquo;essence de t\u00e9r\u00e9benthine est plus toxique (DL<sub>50<\/sub> orale 5,76 g\/kg, rat).<\/p>\n<h3>B. Contre-indications<\/h3>\n<ul>\n<li>Asthme et hyperr\u00e9activit\u00e9 bronchique (risque de bronchospasme paradoxal par inhalation d&rsquo;huile essentielle concentr\u00e9e)<\/li>\n<li>Enfants de moins de 6 ans (risque de spasme laryng\u00e9 pour les formes par inhalation et d&rsquo;application cutan\u00e9e sur le visage)<\/li>\n<li>Nourrissons : application nasale ou p\u00e9rinasale strictement contre-indiqu\u00e9e (risque de spasme glottique r\u00e9flexe potentiellement fatal)<\/li>\n<li>Grossesse et allaitement (par pr\u00e9caution)<\/li>\n<li>Insuffisance r\u00e9nale (n\u00e9phrotoxicit\u00e9 potentielle des terp\u00e8nes \u00e0 forte dose)<\/li>\n<li>L\u00e9sions cutan\u00e9es \u00e9tendues ou peau irrit\u00e9e (application topique)<\/li>\n<li>Coqueluche (contre-indication des inhalations balsamiques)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Effets ind\u00e9sirables<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle peut provoquer des irritations cutan\u00e9es (dermatite de contact irritative ou allergique), surtout si elle est oxyd\u00e9e (les peroxydes de terp\u00e8nes form\u00e9s par autoxydation sont de puissants sensibilisants). Les inhalations prolong\u00e9es ou \u00e0 forte concentration peuvent entra\u00eener des c\u00e9phal\u00e9es, des vertiges et des naus\u00e9es. Le goudron de pin contient des <strong>hydrocarbures aromatiques polycycliques<\/strong> (HAP, notamment <strong>benzo[a]pyr\u00e8ne<\/strong>) class\u00e9s canc\u00e9rog\u00e8nes, ce qui a conduit \u00e0 restreindre son usage et \u00e0 exiger des goudrons d\u00e9ph\u00e9nol\u00e9s ou d\u00e9terp\u00e9n\u00e9s pour les pr\u00e9parations pharmaceutiques.<\/p>\n<h3>D. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Pas d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse cliniquement significative document\u00e9e pour l&rsquo;huile essentielle aux doses th\u00e9rapeutiques. L&rsquo;application concomitante avec des m\u00e9dicaments topiques peut modifier leur absorption percutan\u00e9e (effet d&rsquo;enhancement des terp\u00e8nes sur la perm\u00e9abilit\u00e9 cutan\u00e9e). L&rsquo;inhalation concomitante avec d&rsquo;autres huiles essentielles \u00e0 monoterp\u00e8nes (eucalyptus, ravintsara) est additive mais ne pr\u00e9sente pas de risque particulier aux doses recommand\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usage culinaire<\/h3>\n<p>Les graines de pin (pignons) ne sont pas r\u00e9colt\u00e9es sur <em>Pinus sylvestris<\/em> en raison de leur petite taille, \u00e0 la diff\u00e9rence de <em>P. pinea<\/em> (pin parasol). Cependant, d&rsquo;autres parties du pin sylvestre connaissent des usages alimentaires traditionnels. Les jeunes pousses printani\u00e8res sont utilis\u00e9es pour pr\u00e9parer un sirop de bourgeon de pin, boisson populaire en Europe centrale et nordique, obtenue par mac\u00e9ration dans le sucre. En Scandinavie et en Russie, l&rsquo;\u00e9corce interne (phlo\u00e8me secondaire) a \u00e9t\u00e9 historiquement consomm\u00e9e comme aliment de survie, s\u00e9ch\u00e9e et r\u00e9duite en farine (<em>pettu<\/em> en finnois), riche en glucides et en fibres. Les aiguilles fra\u00eeches peuvent \u00eatre infus\u00e9es pour pr\u00e9parer une tisane riche en vitamine C (200-300 mg\/100 g de mati\u00e8re fra\u00eeche), usage qui a permis de pr\u00e9venir le scorbut dans les exp\u00e9ditions nordiques et chez les peuples autochtones d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord (avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Pinus<\/em>). La r\u00e9sine \u00e9tait autrefois utilis\u00e9e pour aromatiser certaines bi\u00e8res traditionnelles scandinaves.<\/p>\n<h3>B. Traditions populaires et ethnobotaniques<\/h3>\n<p>Le pin sylvestre occupe une place majeure dans les traditions europ\u00e9ennes. Symbole d&rsquo;immortalit\u00e9 et de renaissance dans la mythologie gr\u00e9co-romaine (mythe d&rsquo;Attis et Cyb\u00e8le), il est associ\u00e9 aux cultes solaires et aux rituels de purification dans les traditions germaniques et celtiques. Le \u00ab mai \u00bb de pin, arbre d\u00e9cor\u00e9 plant\u00e9 lors des f\u00eates villageoises, perp\u00e9tue ces traditions en France m\u00e9ridionale et en Europe centrale.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, les bourgeons de pin en infusion sucr\u00e9e au miel \u00e9taient le rem\u00e8de domestique universel contre les refroidissements, les bronchites et les toux hivernales dans toute la France rurale. Les bains de vapeur \u00e0 base de branches de pin \u00e9taient pratiqu\u00e9s dans les saunas finlandais (sauna au <em>vihta<\/em> de bouleau et pin) et les bains slaves. La t\u00e9r\u00e9benthine servait d&rsquo;onguent rub\u00e9fiant pour les douleurs musculaires, les rhumatismes et les entorses, m\u00e9lang\u00e9e \u00e0 du suif ou de la cire. Le goudron de pin (<em>pix liquida<\/em>) \u00e9tait un produit essentiel de l&rsquo;\u00e9conomie foresti\u00e8re nordique, utilis\u00e9 pour calfater les navires, imperm\u00e9abiliser les cordages, traiter les affections cutan\u00e9es des animaux domestiques (gale, plaies), et comme antiseptique pulmonaire en fumigation. La r\u00e9colte de r\u00e9sine (gemmage) a constitu\u00e9 une activit\u00e9 \u00e9conomique majeure dans les Landes de Gascogne du XVIII<sup>e<\/sup> au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, principalement sur <em>Pinus pinaster<\/em> mais aussi sur <em>P. sylvestris<\/em> dans d&rsquo;autres r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>Le pin sylvestre joue un r\u00f4le \u00e9cologique consid\u00e9rable dans les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. Esp\u00e8ce pionni\u00e8re par excellence, il colonise les milieux ouverts perturb\u00e9s (coupes, incendies, friches agricoles, dunes), initiant la succession foresti\u00e8re et pr\u00e9parant l&rsquo;installation ult\u00e9rieure d&rsquo;esp\u00e8ces plus exigeantes (ch\u00eanes, h\u00eatres). Cette capacit\u00e9 de colonisation repose sur sa production abondante de graines l\u00e9g\u00e8res an\u00e9mochores, sa tol\u00e9rance aux sols pauvres et acides, et son association mycorhizienne pr\u00e9coce et diversifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Les pin\u00e8des sylvestres abritent une biodiversit\u00e9 sp\u00e9cifique importante. Le cort\u00e8ge fongique ectomycorhizien est parmi les plus riches de toutes les essences foresti\u00e8res europ\u00e9ennes, comprenant de nombreuses esp\u00e8ces de bolets, lactaires, russules et cortinaires. Les peuplements de pin sylvestre constituent l&rsquo;habitat essentiel de plusieurs esp\u00e8ces d&rsquo;oiseaux forestiers en France : le bec-crois\u00e9 des sapins (<em>Loxia curvirostra<\/em>), dont le bec est adapt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extraction des graines des c\u00f4nes, le pic noir (<em>Dryocopus martius<\/em>), la m\u00e9sange hupp\u00e9e (<em>Lophophanes cristatus<\/em>), la m\u00e9sange noire (<em>Periparus ater<\/em>) et le roitelet hupp\u00e9 (<em>Regulus regulus<\/em>). L&rsquo;\u00e9cureuil roux (<em>Sciurus vulgaris<\/em>) consomme les graines et contribue \u00e0 la dispersion secondaire. Les chenilles processionnaires du pin (<em>Thaumetopoea pityocampa<\/em>), bien que nuisibles, font partie de la cha\u00eene alimentaire (pr\u00e9dation par la huppe fasci\u00e9e et les coucous).<\/p>\n<p>Dans le contexte du changement climatique, le pin sylvestre est consid\u00e9r\u00e9 comme une esp\u00e8ce vuln\u00e9rable dans la partie m\u00e9ridionale de son aire (sud de la France, Espagne), o\u00f9 l&rsquo;augmentation des s\u00e9cheresses estivales et des vagues de chaleur entra\u00eene des ph\u00e9nom\u00e8nes de d\u00e9p\u00e9rissement massif document\u00e9s depuis les ann\u00e9es 2000. En revanche, l&rsquo;esp\u00e8ce progresse naturellement en altitude et vers le nord, colonisant les \u00e9tages sup\u00e9rieurs lib\u00e9r\u00e9s par le recul des neiges.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<p>La confusion entre esp\u00e8ces de pins est fr\u00e9quente pour le n\u00e9ophyte, les caract\u00e8res distinctifs r\u00e9sidant dans des d\u00e9tails morphologiques pr\u00e9cis :<\/p>\n<ul>\n<li><strong><em>Pinus uncinata<\/em> Ramond ex DC. (pin \u00e0 crochets) :<\/strong> Esp\u00e8ce vicariante d&rsquo;altitude (subalpin, 1 400-2 700 m). Aiguilles group\u00e9es par 2, plus courtes (3-5 cm), vert fonc\u00e9, non glauques. C\u00f4nes plus petits (4-6 cm), \u00e0 \u00e9cailles munies d&rsquo;un crochet recourb\u00e9 tr\u00e8s caract\u00e9ristique (apophyse en crochet), caract\u00e8re diagnostique absolu. \u00c9corce uniform\u00e9ment gris fonc\u00e9, non orang\u00e9e en partie haute.<\/li>\n<li><strong><em>Pinus nigra<\/em> Arnold (pin noir) :<\/strong> Aiguilles group\u00e9es par 2, nettement plus longues (8-16 cm), rigides, vert fonc\u00e9 non glauque, piquantes. \u00c9corce \u00e9paisse, profond\u00e9ment crevass\u00e9e, uniform\u00e9ment gris noir\u00e2tre (pas de partie orang\u00e9e). C\u00f4nes plus grands (5-10 cm), \u00e0 \u00e9cailles \u00e0 apophyse aplatie avec umbo central mucron\u00e9. Trois sous-esp\u00e8ces en France : subsp. <em>salzmannii<\/em> (C\u00e9vennes, Pyr\u00e9n\u00e9es), subsp. <em>nigra<\/em> (naturalis\u00e9), subsp. <em>laricio<\/em> (Corse).<\/li>\n<li><strong><em>Pinus pinaster<\/em> Aiton (pin maritime) :<\/strong> Aiguilles group\u00e9es par 2, tr\u00e8s longues (12-25 cm), \u00e9paisses, rigides, vert vif. C\u00f4nes tr\u00e8s grands (10-18 cm), verniss\u00e9s, persistant longtemps sur l&rsquo;arbre. \u00c9corce \u00e9paisse, profond\u00e9ment crevass\u00e9e, brun-rouge\u00e2tre. Esp\u00e8ce atlantique et m\u00e9diterran\u00e9enne de plaine.<\/li>\n<li><strong><em>Pinus mugo<\/em> Turra (pin mugho) :<\/strong> Arbuste ou petit arbre prostr\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tage subalpin. Aiguilles courtes (3-5 cm), group\u00e9es par 2, vert fonc\u00e9. C\u00f4nes petits (2-5 cm), \u00e0 apophyse \u00e0 umbo central. L&rsquo;huile essentielle de <em>P. mugo<\/em> (pumilione) a des usages similaires en aromath\u00e9rapie mais une composition l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente.<\/li>\n<li><strong><em>Picea abies<\/em> (L.) H.Karst. (\u00e9pic\u00e9a commun) :<\/strong> Confusion possible pour le n\u00e9ophyte. Se distingue imm\u00e9diatement par ses aiguilles solitaires (non group\u00e9es par 2), dispos\u00e9es en brosse autour du rameau, et ses c\u00f4nes pendants, cylindriques, longs de 10-18 cm. Famille des Pinac\u00e9es mais genre distinct.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Pinus sylvestris<\/em> L. constitue une drogue v\u00e9g\u00e9tale polyvalente dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique repose principalement sur sa richesse en monoterp\u00e8nes, en proanthocyanidines et en acides r\u00e9siniques. Les bourgeons et l&rsquo;huile essentielle forment le socle de la th\u00e9rapeutique traditionnelle par le pin, solidement ancr\u00e9e dans la tradition populaire europ\u00e9enne et valid\u00e9e par les monographies institutionnelles (Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise, Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, ESCOP).<\/p>\n<p>L&rsquo;huile essentielle, domin\u00e9e par l&rsquo;<strong>\u03b1-pin\u00e8ne<\/strong>, exerce une action triple sur la sph\u00e8re respiratoire : expectorante (par stimulation r\u00e9flexe et directe de la clairance mucociliaire), antiseptique (par perturbation des membranes microbiennes) et anti-inflammatoire (par inhibition de la voie NF-\u03baB et de la cascade arachidonique). Ces propri\u00e9t\u00e9s en font un outil th\u00e9rapeutique de premi\u00e8re intention dans les affections catarrhales des voies a\u00e9riennes sup\u00e9rieures et inf\u00e9rieures, en inhalation ou en friction thoracique.<\/p>\n<p>Les proanthocyanidines de l&rsquo;\u00e9corce, bien que moins exploit\u00e9es que celles du pin maritime, repr\u00e9sentent un potentiel antioxydant et vasculoprotecteur consid\u00e9rable. Le goudron de pin, malgr\u00e9 les r\u00e9serves toxicologiques li\u00e9es \u00e0 sa teneur en HAP, conserve une place en dermatologie pour le psoriasis et les dermatoses chroniques, sous r\u00e9serve d&rsquo;une utilisation encadr\u00e9e de produits d\u00e9ph\u00e9nol\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;avenir pharmacognosique du pin sylvestre se situe \u00e0 la convergence de l&rsquo;aromath\u00e9rapie clinique (d\u00e9veloppement de protocoles standardis\u00e9s d&rsquo;inhalation), de la nutraceutique (extraits d&rsquo;\u00e9corce riches en OPC) et de la chimie verte (valorisation des r\u00e9sines et de la biomasse de pin pour la production de terp\u00e8nes biosourc\u00e9s \u00e0 usage pharmaceutique et industriel).<\/p>\n<hr>\n<h3>GEMMOTH\u00c9RAPIE<\/h3>\n<p><strong>Partie utilis\u00e9e :<\/strong> bourgeons \u2014 <em>Pinus sylvestris<\/em><\/p>\n<p><strong>Forme :<\/strong> Mac\u00e9rat glyc\u00e9rin\u00e9 1DH<\/p>\n<h3>Indications<\/h3>\n<ul>\n<li>arthrose<\/li>\n<li>ost\u00e9oporose<\/li>\n<li>remin\u00e9ralisation<\/li>\n<li>douleurs articulaires chroniques<\/li>\n<li>rachitisme<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s principales<\/h3>\n<ul>\n<li>remin\u00e9ralisant<\/li>\n<li>stimulant ost\u00e9oblastique<\/li>\n<li>anti-arthrosique<\/li>\n<li>r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant du cartilage<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Posologie<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Adulte :<\/strong> 5 \u00e0 15 gouttes par jour, en dehors des repas, pures ou dans un peu d&#039;eau<\/li>\n<li><strong>Enfant :<\/strong> 1 goutte par ann\u00e9e d&#039;\u00e2ge, par jour<\/li>\n<li><strong>Dur\u00e9e :<\/strong> 3 semaines, pause 1 semaine, cure de 3 mois possible<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Associations fr\u00e9quentes<\/h3>\n<ul>\n<li>Bouleau verruqueux (arthrose)<\/li>\n<li>Cassis (inflammation articulaire)<\/li>\n<li>Sapin blanc (croissance enfant)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions :<\/strong> Aucune connue aux doses recommand\u00e9es<\/p>\n<hr>\n<h3>AROMATH\u00c9RAPIE<\/h3>\n<p><strong>Partie distill\u00e9e :<\/strong> aiguilles \u2014 distillation \u00e0 la vapeur d&#039;eau<\/p>\n<h3>Ch\u00e9motypes<\/h3>\n<p><strong>CT \u03b1-pin\u00e8ne<\/strong> \u2014 \u03b1-pin\u00e8ne (30-50%)<br \/>\nAutres composants : \u03b2-pin\u00e8ne (5-15%), limon\u00e8ne (5-15%), \u03b4-3-car\u00e8ne (5-15%), ac\u00e9tate de bornyle (2-8%)<br \/>\n<em>HE riche en monoterp\u00e8nes stimulants. L&#039;\u03b1-pin\u00e8ne est un puissant antiseptique respiratoire et un cortison-like (stimulant des corticosurr\u00e9nales). Bonne tol\u00e9rance g\u00e9n\u00e9rale.<\/em><\/p>\n<h3>Voies d&rsquo;administration<\/h3>\n<p><strong>Voie cutan\u00e9e :<\/strong> 20-30% dans une huile v\u00e9g\u00e9tale<br \/>\nPosologie : 3 \u00e0 4 applications par jour en friction sur le thorax, les surr\u00e9nales (bas du dos) ou les articulations<br \/>\nIndication : Bronchite, sinusite, fatigue profonde, douleurs articulaires<\/p>\n<p><strong>Voie diffusion :<\/strong> 5 \u00e0 10 gouttes<br \/>\nPosologie : 15 \u00e0 20 minutes, 3 fois par jour<br \/>\nIndication : Assainissement, tonus, ambiance foresti\u00e8re<\/p>\n<p><strong>Voie inhalation :<\/strong> 3 \u00e0 5 gouttes sur mouchoir ou dans bol d&#039;eau chaude<br \/>\nPosologie : 5 \u00e0 10 minutes, 2 \u00e0 3 fois par jour<br \/>\nIndication : Encombrement nasal et bronchique<\/p>\n<p><strong>Voie bain :<\/strong> 5 \u00e0 10 gouttes dans base dispersante<br \/>\nPosologie : 1 bain tonifiant le matin<br \/>\nIndication : Fatigue, douleurs musculaires, convalescence<\/p>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s<\/h3>\n<ul>\n<li>antiseptique respiratoire<\/li>\n<li>expectorant<\/li>\n<li>stimulant corticosurr\u00e9nalien (cortison-like)<\/li>\n<li>tonique g\u00e9n\u00e9ral<\/li>\n<li>antalgique<\/li>\n<li>anti-inflammatoire<\/li>\n<li>d\u00e9congestionnant lymphatique<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u26a0\ufe0f Contre-indications :<\/strong> grossesse et allaitement, enfants &lt; 6 ans, insuffisance r\u00e9nale (n\u00e9phrotoxicit\u00e9 des terp\u00e8nes \u00e0 forte dose), allergie aux conif\u00e8res<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 :<\/strong> N\u00e9phrotoxicit\u00e9 possible des terp\u00e8nes \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es. Irritation cutan\u00e9e par oxydation des terp\u00e8nes. Globalement bien tol\u00e9r\u00e9e aux doses recommand\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions :<\/strong> Les monoterp\u00e8nes (pin\u00e8ne) peuvent irriter la peau sensible : toujours diluer. Possible n\u00e9phrotoxicit\u00e9 en usage prolong\u00e9 \u00e0 fortes doses. Conservation au r\u00e9frig\u00e9rateur (les terp\u00e8nes s&#039;oxydent et deviennent irritants).<\/p>\n<h3>Associations synergiques<\/h3>\n<ul>\n<li>Eucalyptus radi\u00e9 (infections respiratoires)<\/li>\n<li>\u00c9pinette noire (fatigue surr\u00e9nalienne)<\/li>\n<li>Romarin ct. cin\u00e9ole (bronchite)<\/li>\n<li>Ravintsara (immunit\u00e9 hivernale)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<\/li>\n<li>Wichtl M, Anton R. <em>Plantes th\u00e9rapeutiques : tradition, pratique officinale, science et th\u00e9rapeutique<\/em>. 2<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2003.<\/li>\n<li>ESCOP. <em>ESCOP Monographs: The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products<\/em>. 2<sup>e<\/sup> \u00e9d. Stuttgart : Thieme ; 2003. Monographie \u00ab Pini aetheroleum \u00bb.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. 11<sup>e<\/sup> \u00e9d. Monographie \u00ab Pini sylvestris aetheroleum \u00bb (01\/2017:1842). Strasbourg : EDQM ; 2023.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. 11<sup>e<\/sup> \u00e9d. Monographie \u00ab Bourgeons de pin sylvestre \u00bb. Paris : ANSM ; 2012.<\/li>\n<li>Tison J-M, de Foucault B (coords.). <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. M\u00e8ze : Biotope \u00c9ditions ; 2014.<\/li>\n<li>Rameau J-C, Mansion D, Dum\u00e9 G. <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>. Tome 1 : Plaines et collines ; Tome 2 : Montagnes. Paris : IDF ; 1989, 1993.<\/li>\n<li>Bakkali F, Averbeck S, Averbeck D, Idaomar M. Biological effects of essential oils \u2014 A review. <em>Food Chem Toxicol<\/em>. 2008;46(2):446-475.<\/li>\n<li>Salehi B, Upadhyay S, Erdogan Orhan I <em>et al<\/em>. Therapeutic potential of \u03b1- and \u03b2-pinene: a miracle gift of nature. <em>Biomolecules<\/em>. 2019;9(11):738.<\/li>\n<li>Juergens UR. Anti-inflammatory properties of the monoterpene 1,8-cineole: current evidence for co-medication in inflammatory airway diseases. <em>Drug Res<\/em>. 2014;64(12):638-646.<\/li>\n<li>P\u00e4\u00e4kk\u00f6nen T, Huttunen S, Tolvanen A <em>et al<\/em>. Variation in the essential oil composition of wild-grown <em>Pinus sylvestris<\/em> populations in Finland. <em>J Essent Oil Res<\/em>. 2015;27(5):389-397.<\/li>\n<li>Koukos PK, Papadopoulou KI, Patiaka DT, Papagiannopoulos AD. Chemical composition of essential oils from needles and twigs of Balkan pine (<em>Pinus peuce<\/em> Grisebach) grown in Northern Greece. <em>J Agric Food Chem<\/em>. 2000;48(4):1266-1268.<\/li>\n<li>Farjon A. <em>A Handbook of the World&rsquo;s Conifers<\/em>. 2<sup>e<\/sup> \u00e9d. Leyde : Brill ; 2017.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Expectorant \/ balsamique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique respiratoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Rub\u00e9fiant (externe)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pin sylvestre, Pinus sylvestris L., est l&rsquo;essence r\u00e9sineuse la plus largement distribu\u00e9e de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re bor\u00e9al, couvrant un territoire immense depuis l&rsquo;\u00c9cosse et la p\u00e9ninsule [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[112],"tags":[],"class_list":["post-8830","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pinacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8830","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8830"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8830\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14335,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8830\/revisions\/14335"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8830"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8830"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8830"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}