{"id":8833,"date":"2026-04-23T11:46:52","date_gmt":"2026-04-23T09:46:52","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/cresson-de-fontaine\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"cresson-de-fontaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/cresson-de-fontaine\/","title":{"rendered":"CRESSON DE FONTAINE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Cresson%20de%20fontaine.jpg\" alt=\"Planche botanique Cresson de fontaine\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le cresson de fontaine (<em>Nasturtium officinale<\/em> W.T.Aiton) est l&rsquo;une des plantes sauvages comestibles les plus anciennement consomm\u00e9es en Europe, inscrite dans la tradition alimentaire et m\u00e9dicinale depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine. Plante aquatique vivace des sources, des ruisseaux et des foss\u00e9s, cette Brassicac\u00e9e se distingue par sa remarquable richesse en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong>, en vitamines et en min\u00e9raux, qui en font \u00e0 la fois un aliment fonctionnel de premier ordre et une drogue v\u00e9g\u00e9tale aux propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9puratives, antiscorbutiques et, plus r\u00e9cemment explor\u00e9es, chimiopr\u00e9ventives. Sa culture en cressonni\u00e8res, d\u00e9velopp\u00e9e en France depuis le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, t\u00e9moigne de l&rsquo;importance \u00e9conomique et nutritionnelle qu&rsquo;elle a conserv\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, bien que la production ait consid\u00e9rablement d\u00e9clin\u00e9 au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Du point de vue pharmacognosique, le cresson de fontaine illustre parfaitement la convergence entre nutrition et th\u00e9rapeutique qui caract\u00e9rise les plantes alimentaires riches en compos\u00e9s bioactifs. Les <strong>glucosinolates<\/strong>, et en particulier la <strong>gluconasturtiine<\/strong> dont l&rsquo;hydrolyse enzymatique par la <strong>myrosinase<\/strong> lib\u00e8re le <strong>ph\u00e9n\u00e9thyl isothiocyanate (PEITC)<\/strong>, constituent le marqueur phytochimique distinctif de l&rsquo;esp\u00e8ce. Ce compos\u00e9 soufr\u00e9 volatile fait l&rsquo;objet d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat croissant en oncologie exp\u00e9rimentale et nutritionnelle pour ses propri\u00e9t\u00e9s inductrices des enzymes de phase II de d\u00e9toxication et inhibitrices des enzymes de phase I d&rsquo;activation des procarcinog\u00e8nes. Cette monographie propose une analyse exhaustive des donn\u00e9es botaniques, phytochimiques, pharmacologiques et toxicologiques disponibles sur le cresson de fontaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le cresson de fontaine appartient \u00e0 la famille des <strong>Brassicaceae<\/strong> (Cruciferae), tribu des <strong>Cardamineae<\/strong>, genre <em>Nasturtium<\/em> W.T.Aiton. L&rsquo;esp\u00e8ce est d\u00e9sign\u00e9e sous le bin\u00f4me <em>Nasturtium officinale<\/em> W.T.Aiton (1812). Le basionyme est <em>Sisymbrium nasturtium-aquaticum<\/em> L. (1753). Les synonymes principaux sont <em>Rorippa nasturtium-aquaticum<\/em> (L.) Hayek, <em>Radicula nasturtium-aquaticum<\/em> (L.) Britten &amp; Rendle, et <em>Cardamine fontana<\/em> Lam. Le genre <em>Nasturtium<\/em> comprend un petit nombre d&rsquo;esp\u00e8ces aquatiques ou semi-aquatiques, dont <em>N. microphyllum<\/em> (Boenn.) Rchb. (cresson \u00e0 petites feuilles) et leur hybride <em>N. \u00d7 sterile<\/em> (Airy Shaw) Oefelein.<\/p>\n<h3>A. \u00c9tymologie<\/h3>\n<p>Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Nasturtium<\/em> d\u00e9rive du latin <em>nasus tortus<\/em> (\u00ab nez tordu \u00bb), allusion \u00e0 la saveur piquante de la plante qui fait grimacer. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>officinale<\/em> indique son inscription dans la mati\u00e8re m\u00e9dicale officielle. Le nom fran\u00e7ais \u00ab cresson \u00bb vient du francique <em>*kresso<\/em>, de m\u00eame racine germanique que l&rsquo;allemand <em>Kresse<\/em>. Les noms vernaculaires incluent : cresson d&rsquo;eau, cresson de ruisseau, cresson officinal, <em>watercress<\/em> (anglais), <em>Brunnenkresse<\/em> (allemand), <em>berro<\/em> (espagnol).<\/p>\n<h3>B. Cytog\u00e9n\u00e9tique et sous-esp\u00e8ces<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce <em>N. officinale<\/em> est diplo\u00efde (2n = 32). Le cresson \u00e0 petites feuilles <em>N. microphyllum<\/em> est t\u00e9traplo\u00efde (2n = 64). L&rsquo;hybride entre les deux esp\u00e8ces, <em>N. \u00d7 sterile<\/em>, est triplo\u00efde (2n = 48) et st\u00e9rile, ne se reproduisant que par voie v\u00e9g\u00e9tative. Ces trois taxons coexistent souvent dans les m\u00eames stations et ne sont distinguables que par la cytologie, la morphologie des graines (alv\u00e9ol\u00e9es chez <em>N. microphyllum<\/em>, lisses chez <em>N. officinale<\/em>) et le nombre de graines par loge de la silique. La plupart des cressons cultiv\u00e9s en cressonni\u00e8res correspondent au diplo\u00efde <em>N. officinale<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Le cresson de fontaine est une plante herbac\u00e9e vivace, semi-aquatique \u00e0 aquatique, glabre, charnue, d&rsquo;un vert fonc\u00e9 lustr\u00e9, atteignant 20 \u00e0 60 cm de hauteur (jusqu&rsquo;\u00e0 120 cm en conditions optimales). Le port est prostr\u00e9-ascendant : les tiges rampent \u00e0 la surface de l&rsquo;eau ou sur la vase humide, puis se redressent \u00e0 leur extr\u00e9mit\u00e9. L&rsquo;ensemble forme des touffes denses ou des tapis flottants caract\u00e9ristiques dans les eaux peu profondes et courantes. La plante d\u00e9gage une odeur piquante, \u00e2cre et soufr\u00e9e au froissement, et poss\u00e8de une saveur piquante, poivr\u00e9e, caract\u00e9ristique des Brassicac\u00e9es.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> les tiges sont cylindriques, creuses, glabres, succulentes, de couleur vert clair, souvent teint\u00e9es de pourpre aux n\u0153uds. Elles sont couch\u00e9es \u00e0 la base, radicantes aux n\u0153uds (\u00e9mission de racines adventives blanches, fascicul\u00e9es, \u00e0 chaque n\u0153ud en contact avec l&rsquo;eau ou le substrat humide), puis ascendantes. Les tiges peuvent atteindre 1 \u00e0 2 m de longueur en eau profonde. La ramification est abondante, surtout \u00e0 la base.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> les feuilles sont alternes, imparipenn\u00e9es, compos\u00e9es de 3 \u00e0 11 folioles (g\u00e9n\u00e9ralement 5 \u00e0 7), p\u00e9tiol\u00e9es. Les folioles sont ovales \u00e0 suborbiculaires, enti\u00e8res \u00e0 sinu\u00e9es-dent\u00e9es, glabres, charnues, de 1 \u00e0 4 cm de longueur. La foliole terminale est plus grande que les lat\u00e9rales, ovale \u00e0 subcord\u00e9e. Le p\u00e9tiole est auricul\u00e9 \u00e0 la base, semi-embrassant. Les feuilles immerg\u00e9es sont souvent plus d\u00e9coup\u00e9es et plus fines que les feuilles \u00e9merg\u00e9es (h\u00e9t\u00e9rophyllie). La nervation est penn\u00e9e, bien visible par transparence.<\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me racinaire :<\/strong> le syst\u00e8me racinaire est compos\u00e9 de racines adventives fascicul\u00e9es \u00e9mises \u00e0 chaque n\u0153ud de la tige, assurant \u00e0 la fois l&rsquo;ancrage dans le substrat vaseux et l&rsquo;absorption des nutriments dissous dans l&rsquo;eau. Les racines sont blanches, fibreuses, longues de 3 \u00e0 15 cm. Il n&rsquo;y a pas de racine pivotante distincte chez la plante adulte, le syst\u00e8me \u00e9tant enti\u00e8rement adventif.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> les fleurs sont group\u00e9es en grappes terminales (rac\u00e8mes) corymbiformes au d\u00e9but, s&rsquo;allongeant \u00e0 la fructification. Chaque grappe porte 10 \u00e0 40 fleurs.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> la fleur est typique des Brassicac\u00e9es, actinomorphe, t\u00e9tram\u00e8re. Le calice est form\u00e9 de 4 s\u00e9pales libres, verts, caducs, longs de 2 \u00e0 3 mm. La corolle comporte 4 p\u00e9tales blancs, libres, dispos\u00e9s en croix, spatul\u00e9s, longs de 3 \u00e0 5 mm, \u00e0 onglet court. La fleur mesure 4 \u00e0 6 mm de diam\u00e8tre.<\/p>\n<p><strong>Androc\u00e9e :<\/strong> six \u00e9tamines t\u00e9tradynames (4 longues + 2 courtes), \u00e0 anth\u00e8res jaunes, biloculaires, \u00e0 d\u00e9hiscence longitudinale. Quatre nectaires sont pr\u00e9sents \u00e0 la base des \u00e9tamines courtes.<\/p>\n<p><strong>Gyn\u00e9c\u00e9e :<\/strong> ovaire sup\u00e8re, bicarpell\u00e9, biloculaire (fausse cloison = replum), contenant de nombreux ovules sur des placentas pari\u00e9taux. Style court, stigmate capit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> silique lin\u00e9aire, l\u00e9g\u00e8rement arqu\u00e9e, longue de 10 \u00e0 18 mm, large de 2 \u00e0 3 mm, \u00e0 valves convexes, sans nervure m\u00e9diane saillante. Le replum persiste apr\u00e8s la d\u00e9hiscence. Les graines sont dispos\u00e9es sur deux rangs dans chaque loge, petites (1 \u00e0 1,3 mm), subglobuleuses, brun-rouge\u00e2tre, \u00e0 surface finement r\u00e9ticul\u00e9e (non alv\u00e9ol\u00e9e, crit\u00e8re de distinction avec <em>N. microphyllum<\/em>). Chaque silique contient 25 \u00e0 60 graines.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie et biologie reproductive<\/h3>\n<p>La floraison s&rsquo;\u00e9tend de mai \u00e0 septembre, avec un pic en juin-juillet. La pollinisation est entomogame (petits dipt\u00e8res, hym\u00e9nopt\u00e8res) ou autogame. La plante est largement autofertile. La diss\u00e9mination des graines est hydrochore (par le courant) et endozoochore (par les oiseaux aquatiques). La multiplication v\u00e9g\u00e9tative, tr\u00e8s efficace, s&rsquo;effectue par fragmentation des tiges : tout fragment de tige portant un n\u0153ud peut s&rsquo;enraciner et r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer une plante compl\u00e8te. Ce mode de propagation est pr\u00e9dominant dans les populations naturelles et constitue la base de la culture en cressonni\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>Le cresson de fontaine est une esp\u00e8ce aquatique \u00e0 semi-aquatique, strictement li\u00e9e aux eaux courantes, fra\u00eeches, claires, peu profondes et bien oxyg\u00e9n\u00e9es. Il colonise pr\u00e9f\u00e9rentiellement les sources, les r\u00e9surgences, les ruisseaux de d\u00e9bit mod\u00e9r\u00e9, les foss\u00e9s aliment\u00e9s par des eaux de source, les bords de fontaines et les cressonni\u00e8res artificielles. L&rsquo;esp\u00e8ce est indicatrice d&rsquo;eaux oligotrophes \u00e0 m\u00e9sotrophes, calcaires (pH 6,5-8,5), riches en carbonates, \u00e0 temp\u00e9rature relativement constante (8-15 \u00b0C tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;alimentation par des sources). Elle supporte mal les eaux stagnantes, eutrophes ou pollu\u00e9es par des mati\u00e8res organiques. L&rsquo;esp\u00e8ce se situe des \u00e9tages planitiaire \u00e0 montagnard (0 \u00e0 1 500 m).<\/p>\n<h3>B. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p><em>Nasturtium officinale<\/em> est consid\u00e9r\u00e9 comme indig\u00e8ne dans toute l&rsquo;Europe, l&rsquo;Afrique du Nord, l&rsquo;Asie occidentale et centrale. Il est aujourd&rsquo;hui naturalis\u00e9 sur tous les continents (cosmopolite). En France, il est pr\u00e9sent dans la totalit\u00e9 des d\u00e9partements m\u00e9tropolitains, des plaines littorales aux vall\u00e9es montagnardes. Il est commun dans les r\u00e9gions calcaires (Bassin parisien, Jura, Causses, Provence calcaire) et plus rare sur les substrats siliceux acides (Massif armoricain, Massif central granitique). La culture en cressonni\u00e8re est traditionnellement concentr\u00e9e en \u00cele-de-France (Essonne, Seine-et-Marne), en Picardie et en r\u00e9gion Centre-Val de Loire.<\/p>\n<h3>C. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Le cresson de fontaine est l&rsquo;esp\u00e8ce caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Glycerio fluitantis-Nasturtietum officinalis<\/em> et plus largement de l&rsquo;ordre des <em>Nasturtietalia officinalis<\/em> (v\u00e9g\u00e9tation des sources et petits cours d&rsquo;eau). Il s&rsquo;associe typiquement \u00e0 <em>Veronica beccabunga<\/em> (v\u00e9ronique des ruisseaux), <em>Berula erecta<\/em> (berle dress\u00e9e), <em>Apium nodiflorum<\/em> (ache nodiflore), <em>Glyceria fluitans<\/em> (glyc\u00e9rie flottante), <em>Callitriche<\/em> spp. (callitriche), <em>Mentha aquatica<\/em> (menthe aquatique) et <em>Myosotis scorpioides<\/em> (myosotis des marais). Cette communaut\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale est indicatrice de la qualit\u00e9 des eaux de source.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue est constitu\u00e9e par les <strong>parties a\u00e9riennes fra\u00eeches<\/strong> (<em>Nasturtii herba<\/em>), c&rsquo;est-\u00e0-dire les tiges feuill\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es avant la floraison, de pr\u00e9f\u00e9rence au printemps et en automne, p\u00e9riodes de croissance maximale et de teneur optimale en <strong>glucosinolates<\/strong>. En phytoth\u00e9rapie et en nutrition, c&rsquo;est essentiellement le <strong>suc frais<\/strong> (obtenu par pression de la plante fra\u00eeche) qui est utilis\u00e9, car le s\u00e9chage entra\u00eene une perte quasi totale de l&rsquo;activit\u00e9 enzymatique de la <strong>myrosinase<\/strong> et une d\u00e9gradation importante des <strong>glucosinolates<\/strong> et de la <strong>vitamine C<\/strong>.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;usage alimentaire, les rameaux feuill\u00e9s terminaux sont r\u00e9colt\u00e9s en coupant les tiges \u00e0 5-10 cm au-dessous de l&rsquo;apex. Le cresson frais se conserve 2 \u00e0 3 jours au r\u00e9frig\u00e9rateur, les pieds dans l&rsquo;eau. Le s\u00e9chage (\u00e0 l&rsquo;ombre, \u00e0 moins de 40 \u00b0C) ne se justifie que pour les pr\u00e9parations gal\u00e9niques ne n\u00e9cessitant pas l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 enzymatique. Le rendement en drogue s\u00e8che est faible (environ 8 \u00e0 12 % du poids frais) en raison de la teneur en eau \u00e9lev\u00e9e (92-95 %). En cueillette sauvage, il est imp\u00e9ratif de ne r\u00e9colter que dans des eaux dont l&rsquo;absence de contamination par <em>Fasciola hepatica<\/em> (grande douve du foie) est garantie.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Glucosinolates et produits d&rsquo;hydrolyse<\/h3>\n<p>Les <strong>glucosinolates<\/strong> sont la classe de m\u00e9tabolites secondaires la plus caract\u00e9ristique du cresson de fontaine. Le glucosinolate majeur est la <strong>gluconasturtiine<\/strong> (2-ph\u00e9n\u00e9thyl glucosinolate), repr\u00e9sentant 80 \u00e0 95 % des glucosinolates totaux. On trouve \u00e9galement, en quantit\u00e9s mineures, le <strong>glucobrassicine<\/strong> (3-indolylm\u00e9thyl glucosinolate), la <strong>4-m\u00e9thoxyglucobrassicine<\/strong>, la <strong>n\u00e9oglucobrassicine<\/strong> et le <strong>glucohirsutin<\/strong> (8-m\u00e9thylsulfinyloctyl glucosinolate).<\/p>\n<p>L&rsquo;hydrolyse de la <strong>gluconasturtiine<\/strong> par l&rsquo;enzyme endog\u00e8ne <strong>myrosinase<\/strong> (\u03b2-thioglucosidase, EC 3.2.1.147), lib\u00e9r\u00e9e lors de la rupture cellulaire (mastication, broyage), produit le <strong>ph\u00e9n\u00e9thyl isothiocyanate (PEITC)<\/strong>, compos\u00e9 soufr\u00e9 volatile responsable de la saveur piquante et des principales activit\u00e9s biologiques. Le PEITC est un liquide huileux, volatil, de formule C<sub>6<\/sub>H<sub>5<\/sub>CH<sub>2<\/sub>CH<sub>2<\/sub>NCS. En conditions acides ou en pr\u00e9sence de prot\u00e9ines sp\u00e9cifiques (ESP, epithiospecifier protein), d&rsquo;autres produits d&rsquo;hydrolyse peuvent se former : <strong>ph\u00e9n\u00e9thyl nitrile<\/strong>, <strong>thiocyanate<\/strong> et <strong>\u00e9pithionitrile<\/strong>, biologiquement moins actifs.<\/p>\n<h3>B. Vitamines et min\u00e9raux<\/h3>\n<p>Le cresson de fontaine frais est exceptionnellement riche en micronutriments. Pour 100 g de partie comestible fra\u00eeche : <strong>vitamine C<\/strong> (43 \u00e0 80 mg, soit 50 \u00e0 100 % des AJR), <strong>\u03b2-carot\u00e8ne<\/strong> (provitamine A, 3,3 \u00e0 5,6 mg), <strong>vitamine K<sub>1<\/sub><\/strong> (phylloquinone, 250 \u00e0 315 \u00b5g, soit plus de 300 % des AJR), <strong>vitamine B<sub>9<\/sub><\/strong> (acide folique, 9 \u00e0 15 \u00b5g), <strong>vitamine E<\/strong> (\u03b1-tocoph\u00e9rol, 1 \u00e0 1,5 mg). En min\u00e9raux : <strong>calcium<\/strong> (120-180 mg), <strong>fer<\/strong> (2-3,4 mg), <strong>mangan\u00e8se<\/strong> (0,5-0,7 mg), <strong>potassium<\/strong> (330-600 mg), <strong>phosphore<\/strong> (60-85 mg), <strong>iode<\/strong> (traces significatives). Cette densit\u00e9 nutritionnelle exceptionnelle a valu au cresson le score maximal (100\/100) dans le classement ANDI (<em>Aggregate Nutrient Density Index<\/em>) du Dr Joel Fuhrman, et la premi\u00e8re place dans l&rsquo;\u00e9tude de Di Noia (2014) sur les \u00ab powerhouse fruits and vegetables \u00bb.<\/p>\n<h3>C. Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Le cresson contient des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>isorhamn\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides (querc\u00e9tine-3-O-rutinoside = <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, kaempf\u00e9rol-3-O-glucoside). Des <strong>acides hydroxycinnamiques<\/strong> sont \u00e9galement pr\u00e9sents : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>, <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, <strong>acide sinapique<\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>.<\/p>\n<h3>D. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (<strong>lut\u00e9ine<\/strong>, <strong>z\u00e9axanthine<\/strong>, <strong>\u03b2-carot\u00e8ne<\/strong>) conf\u00e8rent au cresson des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes liposolubles. Des <strong>chlorophylles<\/strong> (a et b) sont pr\u00e9sentes en abondance (3 \u00e0 5 mg\/g de mati\u00e8re s\u00e8che). De faibles quantit\u00e9s de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> et de <strong>tanins<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Chimiopr\u00e9vention : induction des enzymes de phase II<\/h3>\n<p>Le <strong>PEITC<\/strong> est un inducteur puissant des <strong>enzymes de phase II de d\u00e9toxication<\/strong>, en particulier la <strong>glutathion S-transf\u00e9rase (GST)<\/strong>, la <strong>NAD(P)H:<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">quinone<\/a> oxydor\u00e9ductase 1 (NQO1)<\/strong>, l&rsquo;<strong>UDP-glucuronosyltransf\u00e9rase (UGT)<\/strong> et l&rsquo;<strong>h\u00e8me oxyg\u00e9nase-1 (HO-1)<\/strong>. Ce m\u00e9canisme passe par l&rsquo;activation du facteur de transcription <strong>Nrf2<\/strong> (Nuclear factor erythroid 2-related factor 2) : le PEITC modifie les r\u00e9sidus cyst\u00e9ine de la prot\u00e9ine <strong>Keap1<\/strong> (Kelch-like ECH-associated protein 1), emp\u00eachant l&rsquo;ubiquitination et la d\u00e9gradation prot\u00e9asomale de Nrf2, qui transloque alors vers le noyau et active la transcription des g\u00e8nes porteurs de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment de r\u00e9ponse antioxydante (ARE).<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, le <strong>PEITC<\/strong> inhibe les <strong>enzymes de phase I<\/strong> (cytochromes P450), en particulier les <strong>CYP1A1<\/strong>, <strong>CYP1A2<\/strong>, <strong>CYP2B6<\/strong> et <strong>CYP2E1<\/strong>, r\u00e9duisant ainsi l&rsquo;activation m\u00e9tabolique des procarcinog\u00e8nes (nitrosamines, aflatoxines, hydrocarbures aromatiques polycycliques). Ce double m\u00e9canisme \u2014 inhibition de l&rsquo;activation + stimulation de la d\u00e9toxication \u2014 constitue le fondement de l&rsquo;activit\u00e9 chimiopr\u00e9ventive du cresson.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 pro-apoptotique et antiprolif\u00e9rative<\/h3>\n<p>Le <strong>PEITC<\/strong> induit l&rsquo;apoptose dans de nombreuses lign\u00e9es cellulaires tumorales par activation de la voie intrins\u00e8que mitochondriale : g\u00e9n\u00e9ration de <strong>ROS<\/strong> (esp\u00e8ces r\u00e9actives de l&rsquo;oxyg\u00e8ne), d\u00e9pl\u00e9tion en <strong>glutathion<\/strong> intracellulaire, chute du potentiel de membrane mitochondriale (\u0394\u03a8m), lib\u00e9ration du <strong>cytochrome c<\/strong>, activation des <strong>caspases 3, 8 et 9<\/strong>. Il inhibe \u00e9galement la voie de survie <strong>Akt\/mTOR<\/strong> et le facteur de transcription <strong>NF-\u03baB<\/strong>. Un arr\u00eat du cycle cellulaire en phase G<sub>2<\/sub>\/M a \u00e9t\u00e9 document\u00e9, li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;inhibition de la <strong>tubuline<\/strong> et de la polym\u00e9risation des microtubules.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>Outre l&rsquo;induction des enzymes antioxydantes via Nrf2, le cresson exerce une activit\u00e9 antioxydante directe par ses <strong>compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong> (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol, acides hydroxycinnamiques) et ses <strong>carot\u00e9no\u00efdes<\/strong> (lut\u00e9ine, \u03b2-carot\u00e8ne). Une \u00e9tude clinique (Gill et al., 2007) a montr\u00e9 qu&rsquo;une suppl\u00e9mentation de 85 g de cresson cru par jour pendant 8 semaines r\u00e9duisait significativement les dommages oxydatifs \u00e0 l&rsquo;ADN lymphocytaire (r\u00e9duction de 17 % des cassures simple-brin mesur\u00e9es par test des com\u00e8tes) et augmentait les concentrations plasmatiques de lut\u00e9ine (+100 %) et de \u03b2-carot\u00e8ne (+33 %).<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 antiscorbutique et nutritionnelle<\/h3>\n<p>La richesse en <strong>vitamine C<\/strong> conf\u00e8re au cresson une activit\u00e9 antiscorbutique historiquement document\u00e9e. La vitamine C intervient comme cofacteur de la <strong>prolyl hydroxylase<\/strong> et de la <strong>lysyl hydroxylase<\/strong>, enzymes essentielles \u00e0 la maturation du collag\u00e8ne. L&rsquo;association vitamine C + fer h\u00e9minique am\u00e9liore l&rsquo;absorption du fer non h\u00e9minique d&rsquo;origine v\u00e9g\u00e9tale, contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antian\u00e9mique traditionnellement attribu\u00e9e au cresson.<\/p>\n<h3>E. Activit\u00e9 diur\u00e9tique et d\u00e9purative<\/h3>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 diur\u00e9tique mod\u00e9r\u00e9e, attribu\u00e9e aux sels de potassium et \u00e0 l&rsquo;effet irritant l\u00e9ger des isothiocyanates sur l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium r\u00e9nal, justifie l&rsquo;usage traditionnel du cresson comme \u00ab d\u00e9puratif \u00bb printanier. Cette activit\u00e9, peu \u00e9tudi\u00e9e pharmacologiquement, rel\u00e8ve essentiellement de la tradition d&rsquo;usage.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Remin\u00e9ralisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Stomachique<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>A. Chimiopr\u00e9vention du cancer<\/h3>\n<p>L&rsquo;essai clinique de <strong>Hecht et al. (1995)<\/strong> a montr\u00e9 chez des fumeurs que la consommation de 56,8 g de cresson frais \u00e0 chaque repas (170 g\/jour) pendant 3 jours augmentait significativement l&rsquo;excr\u00e9tion urinaire des m\u00e9tabolites glucuronid\u00e9s et mercapturiques du NNK (4-(m\u00e9thylnitrosamino)-1-(3-pyridyl)-1-butanone), un carcinog\u00e8ne sp\u00e9cifique du tabac, t\u00e9moignant de l&rsquo;induction des enzymes de d\u00e9toxication de phase II in vivo chez l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude de <strong>Gill et al. (2007)<\/strong>, un essai crois\u00e9 randomis\u00e9 portant sur 60 volontaires sains (30 fumeurs, 30 non-fumeurs), a montr\u00e9 qu&rsquo;une suppl\u00e9mentation de 85 g de cresson cru par jour pendant 8 semaines r\u00e9duisait significativement les dommages oxydatifs \u00e0 l&rsquo;ADN des lymphocytes circulants, avec un effet plus marqu\u00e9 chez les fumeurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude de <strong>Boyd et al. (2006)<\/strong> a montr\u00e9 que la consommation r\u00e9guli\u00e8re de cresson (80 g\/jour pendant 8 semaines) chez des survivantes du cancer du sein augmentait la concentration sanguine de PEITC et diminuait l&rsquo;activit\u00e9 de la <strong>6\u03b2-hydroxylation du cortisol<\/strong>, un marqueur de l&rsquo;activit\u00e9 du CYP3A4, sugg\u00e9rant une inhibition in vivo de ce cytochrome impliqu\u00e9 dans l&rsquo;activation de procarcinog\u00e8nes.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 antioxydante clinique<\/h3>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes nutritionnelles interventionnelles ont confirm\u00e9 l&rsquo;augmentation des d\u00e9fenses antioxydantes plasmatiques apr\u00e8s consommation r\u00e9guli\u00e8re de cresson : \u00e9l\u00e9vation des taux de lut\u00e9ine, de \u03b2-carot\u00e8ne et de r\u00e9tinol plasmatiques, r\u00e9duction de la peroxydation lipidique (TBARS), augmentation de l&rsquo;activit\u00e9 GST \u00e9rythrocytaire.<\/p>\n<h3>C. Usage antiscorbutique historique<\/h3>\n<p>L&rsquo;efficacit\u00e9 antiscorbutique du cresson est un fait historique solidement \u00e9tabli. James Lind (1753) incluait le cresson parmi les \u00ab antiscorbutiques v\u00e9g\u00e9taux \u00bb efficaces. Les marines europ\u00e9ennes utilisaient le cresson cultiv\u00e9 \u00e0 bord des navires ou les provisions de cresson frais dans les escales comme mesure pr\u00e9ventive contre le scorbut. Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;essais cliniques modernes sur cette indication devenue anecdotique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucosinolates<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Gluconasturtiine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucobrassicine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>4-m\u00e9thoxyglucobrassicine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>N\u00e9oglucobrassicine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<h3>A. Plante fra\u00eeche et suc<\/h3>\n<p>La forme la plus efficace est la <strong>plante fra\u00eeche consomm\u00e9e crue<\/strong>, en salade, en jus ou en smoothie, \u00e0 raison de 50 \u00e0 100 g par jour. Le <strong>suc frais<\/strong> de cresson (obtenu par pression, 60 \u00e0 150 ml par jour en 2-3 prises, avant les repas) est la forme gal\u00e9nique traditionnelle en phytoth\u00e9rapie d\u00e9purative. Le suc doit \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 extemporan\u00e9ment et consomm\u00e9 dans l&rsquo;heure en raison de l&rsquo;oxydation rapide.<\/p>\n<h3>B. Teinture m\u00e8re<\/h3>\n<p>La <strong>teinture m\u00e8re<\/strong> (<em>Nasturtium officinale<\/em> TM, plante fra\u00eeche, \u00e9thanol 45 %) se prescrit \u00e0 raison de 50 \u00e0 100 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour, dans un demi-verre d&rsquo;eau, avant les repas.<\/p>\n<h3>C. Poudre et g\u00e9lules<\/h3>\n<p>Les <strong>g\u00e9lules de poudre de cresson s\u00e9ch\u00e9<\/strong> (250-500 mg, 2 \u00e0 3 fois par jour) sont une forme de commodit\u00e9, mais de qualit\u00e9 pharmacologique inf\u00e9rieure en raison de la d\u00e9gradation des glucosinolates et de la myrosinase au s\u00e9chage. Des proc\u00e9d\u00e9s de lyophilisation permettent de mieux pr\u00e9server l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des compos\u00e9s actifs.<\/p>\n<h3>D. Cataplasme<\/h3>\n<p>En usage externe traditionnel, le <strong>cataplasme de cresson frais pil\u00e9<\/strong> \u00e9tait appliqu\u00e9 sur les ulc\u00e8res cutan\u00e9s, les plaies atones et les ecchymoses, en raison de l&rsquo;action rub\u00e9fiante des isothiocyanates. Cet usage est tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude.<\/p>\n<h3>E. Sirop antiscorbutique<\/h3>\n<p>Le <strong>sirop antiscorbutique compos\u00e9<\/strong> de la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise traditionnelle associait le suc de cresson au suc de cochl\u00e9aire (<em>Cochlearia officinalis<\/em>), de raifort (<em>Armoracia rusticana<\/em>) et d&rsquo;orange am\u00e8re dans un sirop de sucre. Cette pr\u00e9paration magistrale n&rsquo;est plus gu\u00e8re formul\u00e9e aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<h3>A. Toxicit\u00e9 aigu\u00eb<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 aigu\u00eb du cresson de fontaine est faible aux doses alimentaires habituelles. Le <strong>PEITC<\/strong> pur pr\u00e9sente une DL<sub>50<\/sub> par voie orale chez le rat de 700 \u00e0 1 000 mg\/kg, soit une dose bien sup\u00e9rieure aux apports alimentaires. Toutefois, la consommation excessive de cresson (plus de 200-300 g par jour de fa\u00e7on prolong\u00e9e) peut entra\u00eener une irritation gastro-intestinale (gastralgie, naus\u00e9es, diarrh\u00e9e) due \u00e0 l&rsquo;action irritante des isothiocyanates sur les muqueuses.<\/p>\n<h3>B. Effets ind\u00e9sirables<\/h3>\n<p>Les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s sont rares : irritation v\u00e9sicale (cystite chimique) lors de consommation massive et prolong\u00e9e, allergie cutan\u00e9e de contact chez les travailleurs des cressonni\u00e8res (dermite de contact aux isothiocyanates), et exacerbation d&rsquo;ulc\u00e8res gastriques pr\u00e9existants. \u00c0 doses th\u00e9rapeutiques mod\u00e9r\u00e9es, le cresson est g\u00e9n\u00e9ralement bien tol\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<h3>C. Contre-indications<\/h3>\n<p>Le cresson est contre-indiqu\u00e9 en cas d&rsquo;<strong>ulc\u00e8re gastro-duod\u00e9nal<\/strong> actif, de <strong>cystite<\/strong> ou d&rsquo;<strong>inflammation r\u00e9nale<\/strong> (n\u00e9phrite) en raison de l&rsquo;action irritante des isothiocyanates. Il est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la <strong>grossesse<\/strong> \u00e0 doses th\u00e9rapeutiques (suc frais \u00e0 haute dose) en raison d&rsquo;un risque th\u00e9orique d&rsquo;activit\u00e9 abortive signal\u00e9 dans la tradition, bien que les doses alimentaires habituelles ne posent pas de probl\u00e8me. Chez les patients sous <strong>anticoagulants antivitamine K<\/strong> (warfarine, ac\u00e9nocoumarol), la richesse en vitamine K<sub>1<\/sub> du cresson peut r\u00e9duire l&rsquo;efficacit\u00e9 du traitement anticoagulant ; la consommation doit \u00eatre r\u00e9guli\u00e8re ou \u00e9vit\u00e9e en cas de traitement AVK.<\/p>\n<h3>D. Risque parasitaire : la distomatose<\/h3>\n<p>Le risque majeur li\u00e9 \u00e0 la <strong>cueillette sauvage<\/strong> de cresson est l&rsquo;infestation par <em>Fasciola hepatica<\/em> (grande douve du foie). Les m\u00e9tacercaires (formes infestantes) du parasite s&rsquo;enkystent sur les feuilles immerg\u00e9es du cresson dans les prairies p\u00e2tur\u00e9es par les ruminants (bovins, ovins) porteurs du parasite adulte. L&rsquo;ingestion de cresson cru contamin\u00e9 entra\u00eene une <strong>distomatose h\u00e9patique<\/strong> (fasciolose), maladie potentiellement grave avec migration larvaire transp\u00e9riton\u00e9ale puis intrah\u00e9patique. La pr\u00e9vention repose sur l&rsquo;interdiction absolue de la cueillette dans les cours d&rsquo;eau traversant des prairies p\u00e2tur\u00e9es, et sur la pr\u00e9f\u00e9rence pour le cresson de culture (cressonni\u00e8res contr\u00f4l\u00e9es, hors zone d&rsquo;\u00e9levage). La cuisson (70 \u00b0C pendant 5 minutes) d\u00e9truit les m\u00e9tacercaires mais aussi les glucosinolates. Le lavage au vinaigre est insuffisant pour \u00e9liminer le risque parasitaire.<\/p>\n<h3>E. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Outre l&rsquo;interaction avec les antivitamine K mentionn\u00e9e ci-dessus, le <strong>PEITC<\/strong> est un inhibiteur du <strong>CYP2E1<\/strong> in vivo, ce qui peut th\u00e9oriquement modifier le m\u00e9tabolisme de certains m\u00e9dicaments substrats de cette isoenzyme (parac\u00e9tamol, isoniazide, chlorzoxazone). L&rsquo;inhibition du CYP2E1 pourrait paradoxalement avoir un effet protecteur en r\u00e9duisant la formation de m\u00e9tabolites toxiques du parac\u00e9tamol (NAPQI).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usages culinaires<\/h3>\n<p>Le cresson de fontaine est l&rsquo;un des l\u00e9gumes-feuilles les plus anciennement consomm\u00e9s en Europe. X\u00e9nophon rapporte que les Perses en faisaient manger aux enfants pour les fortifier. En France, la culture en cressonni\u00e8re remonte au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, avec l&rsquo;\u00e9tablissement des premi\u00e8res cressonni\u00e8res industrielles dans la vall\u00e9e de la Nonette (Oise) vers 1810. Le cresson se consomme traditionnellement cru en salade, en potage (velout\u00e9 de cresson, potage de sant\u00e9), en garniture de viandes et de poissons, en beurre compos\u00e9 (beurre de cresson) et en jus frais. La cuisine fran\u00e7aise classique lui r\u00e9serve une place de choix : potage Dubarry au cresson, sauce au cresson pour poissons poch\u00e9s, salade de cresson aux noix et roquefort.<\/p>\n<p>La production fran\u00e7aise de cresson de culture, autrefois consid\u00e9rable (pr\u00e8s de 10 000 tonnes par an dans les ann\u00e9es 1970), a fortement d\u00e9clin\u00e9 (environ 2 000 \u00e0 3 000 tonnes aujourd&rsquo;hui), en raison de la concurrence des salades de quatri\u00e8me gamme, du co\u00fbt de l&rsquo;eau et de la main-d&rsquo;\u0153uvre, et de la friabilit\u00e9 du produit (conservation limit\u00e9e \u00e0 2-3 jours). Les principales zones de production subsistantes se situent en Essonne (M\u00e9r\u00e9ville), en Seine-et-Marne et dans le Val-d&rsquo;Oise.<\/p>\n<h3>B. Traditions populaires<\/h3>\n<p>Dans la m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise, le cresson \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme le <strong>d\u00e9puratif<\/strong> printanier par excellence, prescrit en cure de 3 semaines au printemps pour \u00ab purifier le sang \u00bb apr\u00e8s l&rsquo;hiver. La tradition de la \u00ab cure de cresson \u00bb est attest\u00e9e dans toutes les r\u00e9gions fran\u00e7aises. Le cresson \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 <strong>antiscorbutique<\/strong> (Nicolas L\u00e9mery, 1698), <strong>diur\u00e9tique<\/strong>, <strong>expectorant<\/strong> (en sirop contre la toux), <strong>antian\u00e9mique<\/strong> (\u00ab aliment de la femme enceinte \u00bb), <strong>stimulant de l&rsquo;app\u00e9tit<\/strong> et <strong>rub\u00e9fiant<\/strong> en usage externe. Le proverbe populaire \u00ab Qui a du cresson ne manque pas de sang \u00bb r\u00e9sume la conception traditionnelle de ses vertus fortifiantes.<\/p>\n<p>En Grande-Bretagne, le cresson \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 la classe ouvri\u00e8re (\u00ab watercress sellers \u00bb de Londres d\u00e9crits par Mayhew en 1851) et consomm\u00e9 en sandwich (<em>watercress sandwich<\/em>), usage qui persiste encore. Hippocrate aurait install\u00e9 son premier h\u00f4pital pr\u00e8s d&rsquo;un cours d&rsquo;eau pour disposer de cresson frais pour ses patients \u2014 anecdote apocryphe mais r\u00e9v\u00e9latrice de la valeur accord\u00e9e \u00e0 cette plante depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>Le cresson de fontaine joue un r\u00f4le \u00e9cologique majeur dans les \u00e9cosyst\u00e8mes aquatiques de petite dimension. En tant que macrophyte aquatique, il participe \u00e0 l&rsquo;<strong>oxyg\u00e9nation de l&rsquo;eau<\/strong> par sa photosynth\u00e8se, \u00e0 la <strong>filtration des nutriments<\/strong> dissous (phosphates, nitrates) par absorption racinaire, et \u00e0 la <strong>stabilisation des substrats<\/strong> vaseux par son r\u00e9seau dense de racines adventives. Les herbiers de cresson constituent un habitat essentiel pour la faune aquatique invert\u00e9br\u00e9e : gammares (<em>Gammarus pulex<\/em>), larves d&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8res, de trichopt\u00e8res et de dipt\u00e8res simuliid\u00e9s, qui y trouvent refuge, nourriture et support de ponte.<\/p>\n<p>Les tapis de cresson offrent \u00e9galement des zones d&rsquo;ombrage r\u00e9duisant l&rsquo;\u00e9chauffement de l&rsquo;eau en \u00e9t\u00e9, favorable aux populations de salmonid\u00e9s (truites, ombles) qui fr\u00e9quentent les m\u00eames milieux. La pr\u00e9sence de cresson est un <strong>bioindicateur de qualit\u00e9 des eaux<\/strong> : sa disparition signale une d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 physico-chimique (eutrophisation, pollution organique, modification du d\u00e9bit).<\/p>\n<p>Toutefois, dans certaines r\u00e9gions o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 introduit (Nouvelle-Z\u00e9lande, Australie, Am\u00e9rique du Nord), le cresson peut devenir <strong>envahissant<\/strong>, obstruant les cours d&rsquo;eau, modifiant les communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales aquatiques indig\u00e8nes et alt\u00e9rant l&rsquo;hydrologie locale. En France, il ne pr\u00e9sente pas de caract\u00e8re envahissant dans ses stations naturelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<p>Plusieurs esp\u00e8ces aquatiques ou semi-aquatiques peuvent \u00eatre confondues avec le cresson de fontaine, certaines avec des cons\u00e9quences graves :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Berle dress\u00e9e<\/strong> (<em>Berula erecta<\/em> (Huds.) Coville, Apiaceae) : feuilles penn\u00e9es superficiellement similaires, mais folioles \u00e0 dents r\u00e9guli\u00e8res et aigu\u00ebs, gaine foliaire \u00e0 la base du p\u00e9tiole, absence de saveur piquante, odeur d&rsquo;Apiac\u00e9e. Non toxique mais confusion fr\u00e9quente.<\/li>\n<li><strong>Ache nodiflore<\/strong> (<em>Apium nodiflorum<\/em> (L.) Lag., Apiaceae) : feuilles penn\u00e9es, folioles ovales dent\u00e9es, mais pr\u00e9sence d&rsquo;une ombelle compos\u00e9e caract\u00e9ristique (non des grappes), tiges sillonn\u00e9es (non cylindriques lisses), saveur diff\u00e9rente. Comestible mais de qualit\u00e9 inf\u00e9rieure.<\/li>\n<li><strong>Grande berle<\/strong> (<em>Sium latifolium<\/em> L., Apiaceae) : plante plus grande, feuilles penn\u00e9es \u00e0 folioles lanc\u00e9ol\u00e9es finement dent\u00e9es, odeur d&rsquo;Apiac\u00e9e. <strong>Toxique<\/strong>, contient des polyac\u00e9tyl\u00e8nes. Confusion dangereuse dans les foss\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Cigu\u00eb aquatique<\/strong> (<em>Cicuta virosa<\/em> L., Apiaceae) : <strong>tr\u00e8s toxique<\/strong> (cicutoxine). Feuilles bi- \u00e0 tripenn\u00e9es \u00e0 segments \u00e9troits, tige creuse cloisonn\u00e9e, rhizome creux \u00e0 odeur de c\u00e9leri. La confusion avec le cresson est rare mais th\u00e9oriquement possible au stade juv\u00e9nile en milieu aquatique.<\/li>\n<li><strong>Cresson \u00e0 petites feuilles<\/strong> (<em>Nasturtium microphyllum<\/em> (Boenn.) Rchb.) : tr\u00e8s proche morphologiquement, distinction par les graines (alv\u00e9ol\u00e9es) et la cytologie (t\u00e9traplo\u00efde). La confusion est sans cons\u00e9quence car les propri\u00e9t\u00e9s sont similaires.<\/li>\n<li><strong>Cardamine am\u00e8re<\/strong> (<em>Cardamine amara<\/em> L., Brassicaceae) : feuilles penn\u00e9es, stations humides similaires, mais anth\u00e8res violettes (non jaunes), saveur tr\u00e8s am\u00e8re, pr\u00e9sence de stolons. Comestible mais de saveur d\u00e9sagr\u00e9able.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La r\u00e8gle d&rsquo;identification fiable repose sur l&rsquo;association des crit\u00e8res suivants : plante glabre, charnue, \u00e0 feuilles imparipenn\u00e9es \u00e0 folioles arrondies, tiges creuses cylindriques radicantes aux n\u0153uds, fleurs en croix blanches \u00e0 4 p\u00e9tales, saveur piquante poivr\u00e9e, habitat strictement aquatique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le cresson de fontaine, <em>Nasturtium officinale<\/em>, se situe \u00e0 l&rsquo;interface entre alimentation et pharmacologie, incarnant le concept d&rsquo;aliment fonctionnel avant la lettre. Sa richesse exceptionnelle en <strong>gluconasturtiine<\/strong>, pr\u00e9curseur du <strong>PEITC<\/strong>, et en micronutriments (vitamines C, K<sub>1<\/sub>, A, min\u00e9raux) en fait simultan\u00e9ment un l\u00e9gume de haute valeur nutritionnelle et une drogue v\u00e9g\u00e9tale aux propri\u00e9t\u00e9s chimiopr\u00e9ventives document\u00e9es par des essais cliniques interventionnels chez l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Le m\u00e9canisme central \u2014 induction des enzymes de phase II via l&rsquo;activation de <strong>Nrf2<\/strong> et inhibition concomitante des enzymes de phase I d&rsquo;activation des procarcinog\u00e8nes \u2014 est aujourd&rsquo;hui bien caract\u00e9ris\u00e9 au plan mol\u00e9culaire et a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 in vivo chez des volontaires humains. Ces donn\u00e9es positionnent le cresson parmi les l\u00e9gumes crucif\u00e8res les plus prometteurs en nutrition pr\u00e9ventive anticanc\u00e9reuse, aux c\u00f4t\u00e9s du brocoli et du chou de Bruxelles.<\/p>\n<p>La limite principale de l&rsquo;exploitation pharmacologique du cresson r\u00e9side dans la labilit\u00e9 de ses principes actifs : la <strong>myrosinase<\/strong> est thermosensible, les <strong>glucosinolates<\/strong> sont hydrosolubles et la <strong>vitamine C<\/strong> s&rsquo;oxyde rapidement. La forme fra\u00eeche et crue demeure la seule garantissant pleinement l&rsquo;activit\u00e9 biologique. Le risque parasitaire li\u00e9 \u00e0 <em>Fasciola hepatica<\/em> en cueillette sauvage reste un enjeu de sant\u00e9 publique qui plaide pour la consommation exclusive de cresson de culture contr\u00f4l\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton, J. (2016). <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9dition. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc.<\/li>\n<li>Tison, J.-M. &amp; de Foucault, B. (2014). <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. M\u00e8ze : Biotope \u00c9ditions.<\/li>\n<li>Bonnier, G. (1911-1935). <em>Flore compl\u00e8te illustr\u00e9e en couleurs de France, Suisse et Belgique<\/em>. Paris : Librairie g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;enseignement.<\/li>\n<li>Hecht, S.S., Chung, F.L., Richie, J.P., Akerkar, S.A., Borukhova, A., Skowronski, L. &amp; Carmella, S.G. (1995). Effects of watercress consumption on metabolism of a tobacco-specific lung carcinogen in smokers. <em>Cancer Epidemiology, Biomarkers &amp; Prevention<\/em>, 4(8), 877-884.<\/li>\n<li>Gill, C.I.R., Haldar, S., Boyd, L.A., Bennett, R., Whiteford, J., Butler, M., Pearson, J.R., Bradbury, I. &amp; Rowland, I.R. (2007). Watercress supplementation in diet reduces lymphocyte DNA damage and alters blood antioxidant status in healthy adults: results of a human intervention trial. <em>American Journal of Clinical Nutrition<\/em>, 85(2), 504-510.<\/li>\n<li>Boyd, L.A., McCann, M.J., Hashim, Y., Bennett, R.N., Gill, C.I.R. &amp; Rowland, I.R. (2006). Assessment of the anti-genotoxic, anti-proliferative and anti-metastatic potential of crude watercress extract in human colon cancer cells. <em>Nutrition and Cancer<\/em>, 55(2), 232-241.<\/li>\n<li>Di Noia, J. (2014). Defining powerhouse fruits and vegetables: a nutrient density approach. <em>Preventing Chronic Disease<\/em>, 11, 130390.<\/li>\n<li>Rose, P., Faulkner, K., Williamson, G. &amp; Mithen, R. (2000). 7-Methylsulfinylheptyl and 8-methylsulfinyloctyl isothiocyanates from watercress are potent inducers of phase II enzymes. <em>Carcinogenesis<\/em>, 21(11), 1983-1988.<\/li>\n<li>Fahey, J.W., Zalcmann, A.T. &amp; Talalay, P. (2001). The chemical diversity and distribution of glucosinolates and isothiocyanates among plants. <em>Phytochemistry<\/em>, 56(1), 5-51.<\/li>\n<li>Voutsina, N., Payne, A.C., Hancock, R.D., Clarkson, G.J., Rothwell, S.D., Chapman, M.A. &amp; Taylor, G. (2016). Characterization of the watercress (<em>Nasturtium officinale<\/em> R. Br.; Brassicaceae) transcriptome using RNASeq and identification of candidate genes for important phytonutrient traits linked to human health. <em>BMC Genomics<\/em>, 17, 378.<\/li>\n<li>Wichtl, M. (dir.) (2004). <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>. 3<sup>rd<\/sup> edition. Stuttgart : Medpharm Scientific Publishers.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise, XI<sup>e<\/sup> \u00e9dition. Liste A des plantes m\u00e9dicinales.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cresson de fontaine (Nasturtium officinale W.T.Aiton) est l&rsquo;une des plantes sauvages comestibles les plus anciennement consomm\u00e9es en Europe, inscrite dans la tradition alimentaire et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-8833","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-brassicacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8833","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8833"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8833\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13705,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8833\/revisions\/13705"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8833"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8833"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8833"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}