{"id":8834,"date":"2026-04-23T11:46:52","date_gmt":"2026-04-23T09:46:52","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/rhodiola\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"rhodiola","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/rhodiola\/","title":{"rendered":"RHODIOLA"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Rhodiola.jpg\" alt=\"Planche botanique Rhodiola\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La rhodiola (<em>Rhodiola rosea<\/em> L.) est l&rsquo;une des plantes adaptog\u00e8nes les plus \u00e9tudi\u00e9es de la pharmacop\u00e9e contemporaine, h\u00e9riti\u00e8re d&rsquo;une tradition d&rsquo;usage plurimill\u00e9naire dans les m\u00e9decines populaires scandinave, sib\u00e9rienne et tib\u00e9taine. Cette Crassulac\u00e9e des \u00e9tages alpins et subarctiques, dont le rhizome exhale un parfum de rose caract\u00e9ristique \u00e0 la coupe, a fait l&rsquo;objet depuis les ann\u00e9es 1960 d&rsquo;un corpus de recherche consid\u00e9rable, d&rsquo;abord dans le cadre de la pharmacologie sovi\u00e9tique, puis dans celui de la phytoth\u00e9rapie occidentale fond\u00e9e sur les preuves. Ses principes actifs majeurs \u2014 les <strong>rosavines<\/strong> (rosavine, rosine, rosarine) et le <strong>salidroside<\/strong> \u2014 agissent sur l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-surr\u00e9nalien (HPA) et sur les voies de signalisation du stress cellulaire, conf\u00e9rant \u00e0 la plante un profil pharmacologique unique parmi les adaptog\u00e8nes.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour <em>Rhodiola rosea<\/em> est aujourd&rsquo;hui renforc\u00e9 par la convergence de plusieurs facteurs : la validation clinique de son efficacit\u00e9 dans la fatigue li\u00e9e au stress et les troubles cognitifs, la caract\u00e9risation mol\u00e9culaire de ses m\u00e9canismes d&rsquo;action, mais aussi la menace \u00e9cologique croissante qui p\u00e8se sur ses populations naturelles du fait de la surexploitation commerciale. Esp\u00e8ce des cr\u00eates vent\u00e9es, des \u00e9boulis et des falaises de haute montagne, la rhodiola illustre de mani\u00e8re exemplaire les enjeux de la pharmacognosie moderne : concilier l&rsquo;exploitation th\u00e9rapeutique d&rsquo;une ressource v\u00e9g\u00e9tale avec la pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9 alpine et arctique. Cette monographie propose une synth\u00e8se actualis\u00e9e et rigoureuse de l&rsquo;ensemble des donn\u00e9es disponibles sur cette esp\u00e8ce remarquable.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La rhodiola appartient \u00e0 la famille des <strong>Crassulaceae<\/strong>, sous-famille des <strong>Sedoideae<\/strong>, tribu des <strong>Rhodioleae<\/strong>, genre <em>Rhodiola<\/em> L. L&rsquo;esp\u00e8ce est d\u00e9sign\u00e9e sous le bin\u00f4me <em>Rhodiola rosea<\/em> L. (1753). Les synonymes principaux sont <em>Sedum rosea<\/em> (L.) Scop., <em>Sedum rhodiola<\/em> DC., <em>Rhodiola arctica<\/em> Boriss. Le genre <em>Rhodiola<\/em> comprend environ 60 \u00e0 90 esp\u00e8ces selon les auteurs, distribu\u00e9es dans les r\u00e9gions montagneuses et arctiques de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. Seule <em>R. rosea<\/em> est reconnue comme plante m\u00e9dicinale par les principales pharmacop\u00e9es.<\/p>\n<h3>A. \u00c9tymologie<\/h3>\n<p>Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Rhodiola<\/em> vient du grec <em>rhodon<\/em> (rose), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;odeur de rose d\u00e9gag\u00e9e par le rhizome fra\u00eechement coup\u00e9, due \u00e0 la pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/geraniol\/\">g\u00e9raniol<\/a><\/strong>, de <strong>citronellol<\/strong> et de d\u00e9riv\u00e9s monoterp\u00e9niques. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique <em>rosea<\/em> renforce cette allusion olfactive. Les noms vernaculaires incluent : orpin rose, racine d&rsquo;or, racine arctique, rhodiole, <em>golden root<\/em> (anglais), <em>roseroot<\/em> (anglais), <em>Rosenwurz<\/em> (allemand), <em>rozenwortel<\/em> (n\u00e9erlandais), <em>zolotoy koren<\/em> (russe, \u00ab racine d&rsquo;or \u00bb). Le nom \u00ab racine d&rsquo;or \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la teinte dor\u00e9e-bronze du rhizome sec.<\/p>\n<h3>B. Sous-esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9sente une variabilit\u00e9 morphologique et chimique consid\u00e9rable en fonction de l&rsquo;origine g\u00e9ographique. Plusieurs sous-esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es : <em>R. rosea<\/em> subsp. <em>rosea<\/em> (forme type, Europe et Sib\u00e9rie occidentale), <em>R. rosea<\/em> subsp. <em>integrifolia<\/em> (Raf.) Kartesz (Am\u00e9rique du Nord). Le nombre chromosomique est 2n = 22 pour les individus diplo\u00efdes, mais des populations t\u00e9traplo\u00efdes (2n = 44) existent, notamment en Scandinavie. L&rsquo;esp\u00e8ce est <strong>dio\u00efque<\/strong>, ce qui constitue une caract\u00e9ristique biologique importante, tant pour la biologie reproductive que pour la culture.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p><em>Rhodiola rosea<\/em> est une plante herbac\u00e9e vivace, succulente, cespiteuse, atteignant 20 \u00e0 40 cm de hauteur (rarement 70 cm en conditions optimales). Le port est dress\u00e9, compact, avec plusieurs tiges a\u00e9riennes \u00e9mergeant d&rsquo;un rhizome \u00e9pais et ramifi\u00e9. L&rsquo;ensemble de la plante est glabre, charnue, d&rsquo;un vert glauque souvent teint\u00e9 de pourpre ou de jaune dor\u00e9 aux extr\u00e9mit\u00e9s. L&rsquo;aspect g\u00e9n\u00e9ral \u00e9voque un orpin (<em>Sedum<\/em>) robuste, ce qui explique l&rsquo;ancienne classification dans ce genre.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Rhizome :<\/strong> le rhizome est la partie la plus caract\u00e9ristique de la plante et constitue la drogue officinale. Il est \u00e9pais (2 \u00e0 5 cm de diam\u00e8tre), charnu, noueux, irr\u00e9guli\u00e8rement ramifi\u00e9, couvert de cicatrices foliaires en \u00e9cailles. La surface externe est brun dor\u00e9 \u00e0 bronze. La tranche fra\u00eeche r\u00e9v\u00e8le une chair blanche \u00e0 ros\u00e9e, exhalant une odeur de rose intense et caract\u00e9ristique. Le rhizome peut atteindre un poids consid\u00e9rable (500 g \u00e0 2 kg pour les individus \u00e2g\u00e9s) et une longueur de 20 \u00e0 40 cm. Il se ramifie horizontalement ou obliquement, portant des bourgeons adventifs \u00e0 sa face sup\u00e9rieure d&rsquo;o\u00f9 \u00e9mergent les tiges a\u00e9riennes annuelles. Le rhizome est la partie qui accumule les m\u00e9tabolites secondaires d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique.<\/p>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> les tiges a\u00e9riennes sont dress\u00e9es, cylindriques, charnues, simples ou peu ramifi\u00e9es, de 10 \u00e0 40 cm de hauteur, portant des feuilles sur toute leur longueur. Elles sont annuelles et se dess\u00e8chent \u00e0 l&rsquo;automne. Chaque pied adulte \u00e9met 5 \u00e0 30 tiges a\u00e9riennes \u00e0 partir du rhizome.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> les feuilles sont alternes, sessiles, charnues, succulentes, glabres, de couleur vert glauque, souvent teint\u00e9es de rouge ou de pourpre sur les marges et au sommet. Les feuilles basales sont oblanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 spatul\u00e9es, longues de 2 \u00e0 5 cm, larges de 0,7 \u00e0 2 cm, \u00e0 marge enti\u00e8re ou finement dent\u00e9e dans la moiti\u00e9 sup\u00e9rieure, \u00e0 apex obtus ou subaigu. Les feuilles caulinaires sup\u00e9rieures sont plus petites, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, \u00e0 dents plus marqu\u00e9es. La nervation est peu apparente, penn\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me racinaire :<\/strong> en plus du rhizome, la plante d\u00e9veloppe des racines adventives fibreuses, ramifi\u00e9es, qui assurent l&rsquo;ancrage dans les substrats rocheux (fissures, \u00e9boulis) et l&rsquo;absorption hydrique dans des milieux souvent oligotrophes et \u00e0 drainage rapide.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> l&rsquo;inflorescence est un corymbe terminal dense, compact, mesurant 1,5 \u00e0 4 cm de diam\u00e8tre, portant de nombreuses petites fleurs. L&rsquo;esp\u00e8ce \u00e9tant <strong>dio\u00efque<\/strong>, les pieds m\u00e2les et les pieds femelles portent des inflorescences d&rsquo;aspect l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rent : les corymbes m\u00e2les sont g\u00e9n\u00e9ralement plus fournis et de couleur jaune vif, tandis que les corymbes femelles sont plus compacts, verd\u00e2tres \u00e0 rouge\u00e2tres, et deviennent rouge orang\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9 des follicules.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> les fleurs sont petites (3 \u00e0 5 mm de diam\u00e8tre), t\u00e9tram\u00e8res (parfois pentam\u00e8res). Le calice est form\u00e9 de 4 s\u00e9pales libres, lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9s, jaune verd\u00e2tre. La corolle comporte 4 p\u00e9tales libres, jaunes \u00e0 jaune verd\u00e2tre chez les fleurs m\u00e2les, plus courts et verd\u00e2tres \u00e0 rouge\u00e2tres chez les fleurs femelles. Les fleurs m\u00e2les contiennent 8 \u00e9tamines (obdiplost\u00e9mones) \u00e0 anth\u00e8res jaunes ; les fleurs femelles poss\u00e8dent un gyn\u00e9c\u00e9e \u00e0 4 carpelles libres (apocarpe) et 4 nectaires squamiformes \u00e0 la base.<\/p>\n<p><strong>Androc\u00e9e (fleurs m\u00e2les) :<\/strong> huit \u00e9tamines en deux verticilles, \u00e0 filets jaunes, anth\u00e8res biloculaires \u00e0 d\u00e9hiscence longitudinale.<\/p>\n<p><strong>Gyn\u00e9c\u00e9e (fleurs femelles) :<\/strong> quatre carpelles libres, sup\u00e8res, uniloculaires, pluriovul\u00e9s, surmont\u00e9s de styles courts et de stigmates en massue. Nectaires \u00e9cailleux \u00e0 la base des carpelles.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> le fruit est compos\u00e9 de 4 follicules dress\u00e9s, oblongs, de 6 \u00e0 8 mm de longueur, devenant rouge orang\u00e9 \u00e0 brun-rouge \u00e0 maturit\u00e9, s&rsquo;ouvrant par une fente ventrale. Les graines sont petites (1 \u00e0 2 mm), oblongues, brun clair, ail\u00e9es, tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8res (masse de mille graines : environ 0,1 \u00e0 0,2 g), diss\u00e9min\u00e9es par le vent (an\u00e9mochorie).<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie et biologie reproductive<\/h3>\n<p>La floraison survient en juin-ao\u00fbt selon l&rsquo;altitude et la latitude, avec un pic en juillet dans les Alpes fran\u00e7aises. La dio\u00e9cie impose une pollinisation crois\u00e9e, assur\u00e9e principalement par les dipt\u00e8res (syrphes, mouches) et les hym\u00e9nopt\u00e8res (bourdons). Le sex-ratio est g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9quilibr\u00e9 dans les populations naturelles. La germination des graines n\u00e9cessite une stratification froide (vernalisation de 4 \u00e0 6 semaines \u00e0 0-5 \u00b0C) et se produit au printemps suivant. La croissance est lente : la plante met 4 \u00e0 7 ans pour atteindre un rhizome de taille exploitable. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par division du rhizome est possible et plus rapide. L&rsquo;esp\u00e8ce est un <strong>cham\u00e9phyte succulent<\/strong> dans la classification de Raunkiaer.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p><em>Rhodiola rosea<\/em> est une esp\u00e8ce orophile et cryophile, typique des milieux de haute montagne et des r\u00e9gions arctiques. Elle colonise les falaises, les fissures de rochers, les \u00e9boulis stabilis\u00e9s, les pelouses rocailleuses, les cr\u00eates vent\u00e9es et les berges de torrents d&rsquo;altitude, sur des substrats acides \u00e0 neutres (granites, gneiss, schistes, gr\u00e8s), plus rarement sur des substrats calcaires. Elle se d\u00e9veloppe \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage alpin et subalpin, entre 1 500 et 3 000 m d&rsquo;altitude dans les Alpes, entre 800 et 2 000 m dans les montagnes scandinaves, et jusqu&rsquo;au niveau de la mer dans les r\u00e9gions arctiques (Islande, Spitzberg, Groenland). L&rsquo;esp\u00e8ce est adapt\u00e9e \u00e0 des conditions extr\u00eames : froid intense, vent violent, rayonnement UV \u00e9lev\u00e9, saison de v\u00e9g\u00e9tation courte (2 \u00e0 4 mois), sols oligotrophes et bien drain\u00e9s.<\/p>\n<h3>B. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La distribution de <em>R. rosea<\/em> est circumbor\u00e9ale-arctique-alpine. L&rsquo;esp\u00e8ce est pr\u00e9sente en Scandinavie (Norv\u00e8ge, Su\u00e8de, Finlande, Islande), en Russie (Oural, Alta\u00ef, Sib\u00e9rie, Kamtchatka), en Asie centrale (Tian Shan, Mongolie, Tibet), en Am\u00e9rique du Nord (Alaska, Canada, montagnes Rocheuses, Labrador), en Grande-Bretagne (\u00c9cosse, Pays de Galles), et dans les principales cha\u00eenes montagneuses europ\u00e9ennes : Alpes, Pyr\u00e9n\u00e9es, Carpates, Balkans, Caucase.<\/p>\n<p>En <strong>France<\/strong>, <em>R. rosea<\/em> est pr\u00e9sente dans les <strong>Alpes<\/strong> (Savoie, Haute-Savoie, Is\u00e8re, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes) et dans les <strong>Pyr\u00e9n\u00e9es<\/strong> (Pyr\u00e9n\u00e9es-Atlantiques, Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es, Haute-Garonne, Ari\u00e8ge, Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales). Elle est absente des autres massifs fran\u00e7ais (Massif central, Vosges, Jura, Corse). Les populations fran\u00e7aises sont fragment\u00e9es et de petite taille, situ\u00e9es principalement entre 2 000 et 2 800 m d&rsquo;altitude sur des substrats siliceux (granite, gneiss). L&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>rare \u00e0 tr\u00e8s rare<\/strong> dans la plupart des d\u00e9partements fran\u00e7ais concern\u00e9s et figure sur plusieurs listes rouges r\u00e9gionales.<\/p>\n<h3>C. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Dans les Alpes, <em>R. rosea<\/em> cro\u00eet au sein des communaut\u00e9s de fissures de rochers siliceux de l&rsquo;alliance <em>Androsacion vandellii<\/em> et des \u00e9boulis de l&rsquo;alliance <em>Androsacion alpinae<\/em>. Elle s&rsquo;associe \u00e0 <em>Saxifraga oppositifolia<\/em>, <em>Silene acaulis<\/em>, <em>Sempervivum montanum<\/em>, <em>Sedum alpestre<\/em>, <em>Primula hirsuta<\/em>, <em>Doronicum grandiflorum<\/em> et diverses esp\u00e8ces de <em>Festuca<\/em> et d&rsquo;<em>Agrostis<\/em> des pelouses alpines. En milieu arctique, elle c\u00f4toie <em>Dryas octopetala<\/em>, <em>Salix herbacea<\/em>, <em>Oxyria digyna<\/em> et <em>Cerastium alpinum<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue officinale est constitu\u00e9e par le <strong>rhizome et les racines<\/strong> (<em>Rhodiolae roseae rhizoma et radix<\/em>), r\u00e9colt\u00e9s \u00e0 l&rsquo;automne (septembre-octobre) sur des plantes \u00e2g\u00e9es d&rsquo;au moins 4 \u00e0 5 ans, id\u00e9alement 5 \u00e0 7 ans, de mani\u00e8re \u00e0 garantir une teneur suffisante en principes actifs. Le rhizome est d\u00e9terr\u00e9, nettoy\u00e9, lav\u00e9, d\u00e9coup\u00e9 en tranches de 0,5 \u00e0 1 cm d&rsquo;\u00e9paisseur, puis s\u00e9ch\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ombre ou en \u00e9tuve \u00e0 basse temp\u00e9rature (35 \u00e0 45 \u00b0C) pour pr\u00e9server les glycosides ph\u00e9nylpropano\u00efdes et les ph\u00e9nyl\u00e9thanols thermosensibles.<\/p>\n<p>La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente sous forme de morceaux irr\u00e9guliers, bruns \u00e0 dor\u00e9s ext\u00e9rieurement, blanch\u00e2tres \u00e0 ros\u00e9s \u00e0 la coupe, d\u00e9gageant une odeur caract\u00e9ristique de rose, et de saveur am\u00e8re-astringente. Le rendement en drogue s\u00e8che est d&rsquo;environ 30 \u00e0 40 % du poids frais. Le contr\u00f4le de qualit\u00e9 pharmacop\u00e9ique porte sur le dosage de la <strong>rosavine<\/strong> (minimum 3 %) et du <strong>salidroside<\/strong> (minimum 0,8 \u00e0 1 %) par HPLC. Le ratio rosavine\/salidroside d&rsquo;environ 3:1 est consid\u00e9r\u00e9 comme caract\u00e9ristique de la drogue authentique.<\/p>\n<p>En raison de la lenteur de croissance de l&rsquo;esp\u00e8ce et de la menace sur les populations sauvages, la r\u00e9colte en milieu naturel est r\u00e9glement\u00e9e ou interdite dans de nombreux pays et r\u00e9gions (Suisse, certaines r\u00e9gions fran\u00e7aises). La culture en plein champ ou sous tunnel se d\u00e9veloppe en Scandinavie, en Europe de l&rsquo;Est (Bulgarie, Pologne) et au Canada, mais reste limit\u00e9e par la dur\u00e9e du cycle de production (5 \u00e0 7 ans jusqu&rsquo;\u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9colte de rhizomes).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le rhizome de <em>Rhodiola rosea<\/em> contient plus de 140 compos\u00e9s identifi\u00e9s, r\u00e9partis en plusieurs classes chimiques majeures.<\/p>\n<h3>A. Glycosides ph\u00e9nylpropano\u00efdes (rosavines)<\/h3>\n<p>Les <strong>rosavines<\/strong> sont des glycosides de l&rsquo;alcool cinnamique, sp\u00e9cifiques de <em>R. rosea<\/em> au sein du genre <em>Rhodiola<\/em>. Le compos\u00e9 principal est la <strong>rosavine<\/strong> (cinnamyl-O-\u03b1-L-arabinopyranosyl-(1\u21926)-O-\u03b2-D-glucopyranoside), accompagn\u00e9e de la <strong>rosine<\/strong> (cinnamyl-O-\u03b2-D-glucopyranoside) et de la <strong>rosarine<\/strong> (cinnamyl-O-\u03b1-L-arabinofuranosyl-(1\u21926)-O-\u03b2-D-glucopyranoside). La teneur totale en rosavines dans le rhizome sec varie de 1 \u00e0 6 % selon l&rsquo;origine et les conditions de culture. Ces compos\u00e9s sont consid\u00e9r\u00e9s comme des marqueurs chimiotaxonomiques et des principes actifs contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 adaptog\u00e8ne.<\/p>\n<h3>B. D\u00e9riv\u00e9s ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes<\/h3>\n<p>Le <strong>salidroside<\/strong> (rhodioloside, 2-(4-hydroxyph\u00e9nyl)\u00e9thyl-O-\u03b2-D-glucopyranoside) est le compos\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 pharmacologiquement. Sa teneur dans le rhizome sec varie de 0,5 \u00e0 3 %. Son aglycone, le <strong>tyrosol<\/strong> (4-hydroxyph\u00e9n\u00e9thanol), est \u00e9galement pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat libre (0,1-0,5 %). Le salidroside n&rsquo;est pas sp\u00e9cifique de <em>R. rosea<\/em> : il se retrouve dans d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Rhodiola<\/em> et m\u00eame chez certaines Ericaceae (<em>Vaccinium vitis-idaea<\/em>). C&rsquo;est le compos\u00e9 le mieux caract\u00e9ris\u00e9 sur le plan pharmacologique.<\/p>\n<h3>C. Monoterp\u00e8nes et compos\u00e9s volatils<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle du rhizome (rendement 0,05-0,2 %) est riche en <strong>g\u00e9raniol<\/strong> (12-30 %), <strong>citronellol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/linalol\/\">linalol<\/a><\/strong>, <strong>n\u00e9rol<\/strong>, <strong>ac\u00e9tate de g\u00e9ranyle<\/strong>, <strong>n-d\u00e9canol<\/strong>, <strong>myrt\u00e9nol<\/strong> et <strong>1-octanol<\/strong>. Le <strong>rosaridol<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8ne<\/a> sp\u00e9cifique) et le <strong>rosiridol<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s. Ces compos\u00e9s sont responsables de l&rsquo;odeur de rose caract\u00e9ristique du rhizome frais.<\/p>\n<h3>D. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Plusieurs flavono\u00efdes ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans le rhizome : <strong>rhodionine<\/strong> (herbac\u00e9tine-7-O-rhamnoside), <strong>rhodiosine<\/strong> (herbac\u00e9tine-7-O-glucoside), <strong>rhodaline<\/strong>, <strong>tricine<\/strong>, <strong>cat\u00e9chines<\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong>. Les flavono\u00efdes contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante globale de l&rsquo;extrait.<\/p>\n<h3>E. Acides organiques et autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide hydroxygallique<\/strong>), des <strong>tanins<\/strong> (gallotanins, 10-20 % de la masse s\u00e8che), des <strong>cyanog\u00e8nes<\/strong> (lotaustraline, linamaline, en traces) et des <strong>acides gras<\/strong> (acide linol\u00e9ique, acide linol\u00e9nique) ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s. La pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong> et de <strong>daucost\u00e9rol<\/strong> a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Modulation de l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-surr\u00e9nalien (HPA)<\/h3>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 adaptog\u00e8ne de <em>R. rosea<\/em> repose en grande partie sur la modulation de l&rsquo;axe <strong>HPA<\/strong>. Le <strong>salidroside<\/strong> et les <strong>rosavines<\/strong> modulent la lib\u00e9ration de <strong>cortisol<\/strong> en agissant \u00e0 plusieurs niveaux : ils att\u00e9nuent l&rsquo;hyperactivation de l&rsquo;axe HPA en situation de stress chronique, sans pour autant supprimer la r\u00e9ponse aigu\u00eb au stress. Le m\u00e9canisme propos\u00e9 implique la r\u00e9gulation de l&rsquo;expression des <strong>prot\u00e9ines de choc thermique (Hsp70, Hsp72)<\/strong>, qui agissent comme des chaperons mol\u00e9culaires prot\u00e9geant les prot\u00e9ines cellulaires contre les dommages induits par le stress. L&rsquo;induction de Hsp70 par le salidroside a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e in vitro et in vivo.<\/p>\n<h3>B. Modulation des syst\u00e8mes monoaminergiques<\/h3>\n<p>Le <strong>salidroside<\/strong> et les <strong>rosavines<\/strong> influencent le m\u00e9tabolisme des neurotransmetteurs monoaminergiques c\u00e9r\u00e9braux. Ils inhibent l&rsquo;activit\u00e9 des enzymes <strong>cat\u00e9chol-O-m\u00e9thyltransf\u00e9rase (COMT)<\/strong> et <strong>monoamine oxydase (MAO-A et MAO-B)<\/strong>, prolongeant la dur\u00e9e d&rsquo;action de la <strong>dopamine<\/strong>, de la <strong>noradr\u00e9naline<\/strong> et de la <strong>s\u00e9rotonine<\/strong> dans la fente synaptique. Ils facilitent le transport des pr\u00e9curseurs des monoamines (<strong>5-hydroxytryptophane<\/strong>, <strong>L-DOPA<\/strong>) \u00e0 travers la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique. Ces effets contribuent \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;humeur, de la vigilance et des performances cognitives rapport\u00e9e dans les \u00e9tudes cliniques.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 neuroprotectrice<\/h3>\n<p>Le <strong>salidroside<\/strong> exerce un effet neuroprotecteur via plusieurs voies : activation de la voie <strong>PI3K\/Akt<\/strong>, inhibition de l&rsquo;apoptose neuronale (diminution du ratio <strong>Bax\/Bcl-2<\/strong>, inhibition de la <strong>caspase 3<\/strong>), protection contre l&rsquo;excitotoxicit\u00e9 glutamatergique, r\u00e9duction du stress oxydatif neuronal (augmentation de la <strong>superoxyde dismutase (SOD)<\/strong>, de la <strong>catalase<\/strong> et du <strong>glutathion<\/strong> intracellulaire). Des \u00e9tudes pr\u00e9cliniques ont montr\u00e9 des effets protecteurs dans des mod\u00e8les d&rsquo;isch\u00e9mie c\u00e9r\u00e9brale, de maladie de Parkinson (mod\u00e8le MPTP) et de neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence induite par la \u03b2-amylo\u00efde.<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>Le <strong>salidroside<\/strong> inhibe l&rsquo;activation de <strong>NF-\u03baB<\/strong> dans les macrophages stimul\u00e9s par le LPS, r\u00e9duisant la production de <strong>TNF-\u03b1<\/strong>, d&rsquo;<strong>IL-1\u03b2<\/strong>, d&rsquo;<strong>IL-6<\/strong>, de <strong>PGE<sub>2<\/sub><\/strong> et de <strong>NO<\/strong> (via inhibition de l&rsquo;<strong>iNOS<\/strong>). Il active la voie anti-inflammatoire <strong>AMPK\/SIRT1<\/strong> et module l&rsquo;inflammasome <strong>NLRP3<\/strong>. Les rosavines contribuent \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;effet anti-inflammatoire global de l&rsquo;extrait.<\/p>\n<h3>E. Activit\u00e9 antifatigue et ergog\u00e9nique<\/h3>\n<p>L&rsquo;effet antifatigue est multifactoriel : augmentation de la synth\u00e8se d&rsquo;<strong>ATP<\/strong> mitochondriale par activation de l&rsquo;<strong>AMPK<\/strong>, optimisation de l&rsquo;utilisation des substrats \u00e9nerg\u00e9tiques (glycog\u00e8ne, acides gras), r\u00e9duction de l&rsquo;accumulation de <strong>lactate<\/strong> et d&rsquo;<strong>ammoniac<\/strong> \u00e0 l&rsquo;effort, et protection contre les dommages musculaires oxydatifs. Le <strong>salidroside<\/strong> stimule l&rsquo;expression du <strong>PGC-1\u03b1<\/strong> (peroxisome proliferator-activated receptor gamma coactivator 1-alpha), r\u00e9gulateur ma\u00eetre de la biogen\u00e8se mitochondriale.<\/p>\n<h3>F. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante de l&rsquo;extrait de rhodiola est multim\u00e9canique : pi\u00e9geage direct des radicaux libres (salidroside, tyrosol, flavono\u00efdes), induction des enzymes antioxydantes endog\u00e8nes via <strong>Nrf2<\/strong> (SOD, catalase, glutathion peroxydase, HO-1), ch\u00e9lation des ions m\u00e9talliques de transition (tanins, cat\u00e9chines).<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Adaptog\u00e8ne<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antid\u00e9presseur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Immunostimulant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anxiolytique<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>A. Fatigue li\u00e9e au stress<\/h3>\n<p>L&rsquo;essai clinique de <strong>Darbinyan et al. (2000)<\/strong>, randomis\u00e9 en double aveugle contre placebo, sur 56 jeunes m\u00e9decins en garde de nuit, a montr\u00e9 qu&rsquo;un extrait standardis\u00e9 de <em>R. rosea<\/em> (SHR-5, 170 mg\/jour, contenant 4,5 mg de rosavine et 1,8 mg de salidroside) am\u00e9liorait significativement les performances cognitives (m\u00e9moire \u00e0 court terme, capacit\u00e9 de calcul, rapidit\u00e9 de perception audiovisuelle) pendant les deux premi\u00e8res semaines de traitement, par rapport au placebo.<\/p>\n<p>L&rsquo;essai de <strong>Spasov et al. (2000)<\/strong>, sur 40 \u00e9tudiants en p\u00e9riode d&rsquo;examens, a confirm\u00e9 l&rsquo;am\u00e9lioration du bien-\u00eatre physique et mental, de la capacit\u00e9 de travail et de la coordination motrice sous SHR-5 (100 mg\/jour pendant 20 jours).<\/p>\n<p>L&rsquo;essai de <strong>Olsson et al. (2009)<\/strong>, randomis\u00e9 en double aveugle contre placebo, sur 60 sujets souffrant de fatigue li\u00e9e au stress, a montr\u00e9 qu&rsquo;un extrait SHR-5 (576 mg\/jour pendant 28 jours) r\u00e9duisait significativement la fatigue (\u00e9chelle de Pines), la cortisol matinal salivaire, et am\u00e9liorait l&rsquo;attention et la concentration, par rapport au placebo.<\/p>\n<h3>B. D\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e<\/h3>\n<p>L&rsquo;essai de <strong>Darbinyan et al. (2007)<\/strong>, randomis\u00e9 en double aveugle contre placebo, sur 89 patients souffrant de d\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e (HAM-D 21-31), a compar\u00e9 deux doses d&rsquo;extrait SHR-5 (340 mg\/jour et 680 mg\/jour) au placebo pendant 6 semaines. Les deux doses actives ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative des scores de d\u00e9pression (HAM-D, BDI) par rapport au placebo, sans diff\u00e9rence significative entre les deux doses.<\/p>\n<p>L&rsquo;essai de <strong>Mao et al. (2015)<\/strong>, randomis\u00e9 en double aveugle, a compar\u00e9 un extrait de rhodiola (340 mg\/jour) \u00e0 la <strong>sertraline<\/strong> (50 mg\/jour) et au placebo chez 57 patients souffrant de trouble d\u00e9pressif majeur, pendant 12 semaines. La rhodiola a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 inf\u00e9rieure \u00e0 la sertraline sur le score HAM-D principal, mais une meilleure tol\u00e9rance (significativement moins d&rsquo;effets ind\u00e9sirables), et un rapport b\u00e9n\u00e9fice\/risque potentiellement favorable dans les formes l\u00e9g\u00e8res.<\/p>\n<h3>C. Performances physiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;essai de <strong>De Bock et al. (2004)<\/strong>, randomis\u00e9, en double aveugle contre placebo, sur 24 jeunes adultes sains, a montr\u00e9 qu&rsquo;un extrait de rhodiola (200 mg\/jour pendant 4 semaines) am\u00e9liorait significativement l&rsquo;endurance (temps jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement sur ergocycle) et la VO<sub>2<\/sub>max. L&rsquo;essai de <strong>Parisi et al. (2010)<\/strong> a cependant produit des r\u00e9sultats moins concluants chez des athl\u00e8tes entra\u00een\u00e9s, sugg\u00e9rant un effet plus marqu\u00e9 chez les sujets non entra\u00een\u00e9s ou en situation de fatigue.<\/p>\n<h3>D. M\u00e9ta-analyses<\/h3>\n<p>La revue syst\u00e9matique de <strong>Hung et al. (2011)<\/strong>, portant sur 11 essais cliniques randomis\u00e9s, a conclu \u00e0 un effet positif probable de <em>R. rosea<\/em> sur les performances physiques et les fonctions cognitives en situation de stress, mais a soulign\u00e9 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des pr\u00e9parations et la petite taille des \u00e9chantillons. En 2012 a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 le statut d&rsquo;usage traditionnel (<em>traditional use<\/em>) pour le \u00ab soulagement temporaire des sympt\u00f4mes de stress, tels que la fatigue et la sensation de faiblesse \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Rosavines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Rosavine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Rosine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Rosarine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Salidroside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<h3>A. Extrait sec standardis\u00e9<\/h3>\n<p>La forme de r\u00e9f\u00e9rence est l&rsquo;<strong>extrait sec hydroalcoolique standardis\u00e9<\/strong> (ratio drogue:extrait 1,5-5:1, \u00e9thanol 40-70 %), standardis\u00e9 \u00e0 un minimum de <strong>3 % de rosavines<\/strong> et de <strong>1 % de salidroside<\/strong> (ratio 3:1). La posologie recommand\u00e9e est de 200 \u00e0 600 mg d&rsquo;extrait sec par jour, en 1 \u00e0 2 prises, le matin et\/ou \u00e0 midi (\u00e9viter la prise le soir en raison de l&rsquo;effet stimulant). L&rsquo;extrait SHR-5 utilis\u00e9 dans la majorit\u00e9 des essais cliniques correspond \u00e0 une dose de 144 \u00e0 576 mg\/jour.<\/p>\n<h3>B. G\u00e9lules de poudre de rhizome<\/h3>\n<p>La <strong>poudre de rhizome sec<\/strong> en g\u00e9lules se prend \u00e0 raison de 500 \u00e0 1 000 mg par jour, mais cette forme est moins bien standardis\u00e9e et sa biodisponibilit\u00e9 est inf\u00e9rieure \u00e0 celle des extraits. Elle est moins recommand\u00e9e pour les indications valid\u00e9es cliniquement.<\/p>\n<h3>C. Teinture<\/h3>\n<p>La <strong>teinture<\/strong> (1:5, \u00e9thanol 40-70 %) se prescrit \u00e0 raison de 20 \u00e0 40 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour, dilu\u00e9es dans un peu d&rsquo;eau, le matin et \u00e0 midi.<\/p>\n<h3>D. D\u00e9coction<\/h3>\n<p>La <strong>d\u00e9coction<\/strong> de rhizome coup\u00e9 (3 \u00e0 5 g pour 250 ml d&rsquo;eau, d\u00e9coction douce de 10 \u00e0 15 minutes) est une forme traditionnelle utilis\u00e9e en Sib\u00e9rie et en Scandinavie, mais non valid\u00e9e cliniquement. Elle est susceptible d&rsquo;entra\u00eener une perte partielle des compos\u00e9s volatils responsables de l&rsquo;odeur de rose.<\/p>\n<h3>E. Modalit\u00e9s d&rsquo;utilisation<\/h3>\n<p>Le traitement est g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9conis\u00e9 en <strong>cures de 6 \u00e0 12 semaines<\/strong>, suivies d&rsquo;une pause de 2 \u00e0 4 semaines, selon le concept de cycloth\u00e9rapie adaptog\u00e8ne. L&rsquo;effet se manifeste g\u00e9n\u00e9ralement apr\u00e8s 1 \u00e0 2 semaines de traitement. L&rsquo;utilisation est recommand\u00e9e de pr\u00e9f\u00e9rence en p\u00e9riode de stress accru (surmenage professionnel, pr\u00e9paration d&rsquo;examens, convalescence, changements de saison) plut\u00f4t qu&rsquo;en traitement continu ind\u00e9fini.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<h3>A. Toxicit\u00e9 aigu\u00eb et chronique<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>R. rosea<\/em> est tr\u00e8s faible. La DL<sub>50<\/sub> de l&rsquo;extrait SHR-5 par voie orale chez la souris est sup\u00e9rieure \u00e0 3 360 mg\/kg (environ 20 fois la dose th\u00e9rapeutique chez l&rsquo;homme). Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (90 jours chez le rat) n&rsquo;ont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de toxicit\u00e9 d&rsquo;organe ni de g\u00e9notoxicit\u00e9 aux doses th\u00e9rapeutiques et suprath\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<h3>B. Effets ind\u00e9sirables<\/h3>\n<p>Les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s dans les essais cliniques sont rares et b\u00e9nins : insomnie (en cas de prise tardive dans la journ\u00e9e), agitation l\u00e9g\u00e8re, irritabilit\u00e9, s\u00e9cheresse buccale, vertiges transitoires. Ces effets sont g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9s \u00e0 un surdosage ou \u00e0 une prise vesp\u00e9rale. Aucun effet ind\u00e9sirable grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature clinique.<\/p>\n<h3>C. Contre-indications<\/h3>\n<p>La rhodiola est contre-indiqu\u00e9e en cas de <strong>trouble bipolaire<\/strong> (risque th\u00e9orique de d\u00e9clenchement d&rsquo;un \u00e9pisode maniaque li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;effet stimulant monoaminergique). Elle est d\u00e9conseill\u00e9e pendant la <strong>grossesse<\/strong> et l&rsquo;<strong>allaitement<\/strong> en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 suffisantes. Elle est d\u00e9conseill\u00e9e chez l&rsquo;<strong>enfant de moins de 12 ans<\/strong>. La prudence est recommand\u00e9e chez les patients souffrant d&rsquo;<strong>hypertension art\u00e9rielle non contr\u00f4l\u00e9e<\/strong> en raison de l&rsquo;effet stimulant cardiovasculaire potentiel \u00e0 haute dose.<\/p>\n<h3>D. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Des interactions th\u00e9oriques sont possibles avec les <strong>antid\u00e9presseurs<\/strong> (ISRS, IRSNA, IMAO) en raison de l&rsquo;inhibition de la MAO et de la COMT par le salidroside : risque de syndrome s\u00e9rotoninergique par addition d&rsquo;effet. La prudence est recommand\u00e9e en association avec les <strong>psychostimulants<\/strong> (m\u00e9thylph\u00e9nidate, modafinil), les <strong>benzodiaz\u00e9pines<\/strong> (potentialisation paradoxale possible) et les <strong>antidiab\u00e9tiques<\/strong> (le salidroside peut potentialiser l&rsquo;effet hypoglyc\u00e9miant). Le salidroside est un inducteur mod\u00e9r\u00e9 du <strong>CYP2C9<\/strong> in vitro, mais la pertinence clinique aux doses th\u00e9rapeutiques est incertaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usages culinaires<\/h3>\n<p>Dans les r\u00e9gions arctiques et subarctiques (Scandinavie, Sib\u00e9rie, Islande), les jeunes feuilles et tiges de rhodiola sont consomm\u00e9es crues en salade ou cuites comme l\u00e9gume printanier, au m\u00eame titre que d&rsquo;autres Crassulac\u00e9es succulentes (<em>Sedum<\/em> spp.). En Islande, les feuilles ferment\u00e9es en saumure constituent un condiment traditionnel. Le rhizome, de saveur am\u00e8re et astringente, n&rsquo;est pas consomm\u00e9 comme aliment mais entre dans la composition de boissons toniques traditionnelles en Sib\u00e9rie (infusion de \u00ab racine d&rsquo;or \u00bb).<\/p>\n<h3>B. Traditions populaires<\/h3>\n<p>La rhodiola poss\u00e8de une tradition d&rsquo;usage mill\u00e9naire, document\u00e9e dans plusieurs syst\u00e8mes m\u00e9dicaux. Dioscoride (I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle) mentionne un <em>rodia riza<\/em> dans son <em>De Materia Medica<\/em>, probablement identifiable \u00e0 <em>R. rosea<\/em>. En Scandinavie, les Vikings consommaient la rhodiola pour accro\u00eetre leur endurance et leur r\u00e9sistance physique. La tradition orale sib\u00e9rienne rapporte que les habitants de l&rsquo;Alta\u00ef transmettaient secr\u00e8tement les bouquets de rhodiola aux jeunes mari\u00e9s pour favoriser la f\u00e9condit\u00e9. En m\u00e9decine populaire russe, la \u00ab racine d&rsquo;or \u00bb (<em>zolotoy koren<\/em>) \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e permettre \u00e0 celui qui la trouvait de \u00ab vivre deux cents ans \u00bb. La pharmacop\u00e9e sovi\u00e9tique a inscrit la rhodiola comme adaptog\u00e8ne officiel d\u00e8s 1969, \u00e0 la suite des travaux pionniers de <strong>Lazarev<\/strong> (concept d&rsquo;adaptog\u00e8ne, 1947) et de <strong>Saratikov et Krasnov<\/strong> (premi\u00e8re monographie pharmacologique, 1987). Les cosmonautes et les athl\u00e8tes olympiques sovi\u00e9tiques recevaient des pr\u00e9parations de rhodiola dans le cadre de programmes officiels d&rsquo;optimisation des performances.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle tib\u00e9taine, <em>R. rosea<\/em> est mentionn\u00e9e dans les textes anciens (<em>sro lo<\/em>) comme tonique pulmonaire et h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tique. En m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise alpine, les bergers de Savoie et du Dauphin\u00e9 connaissaient la \u00ab racine de rose des montagnes \u00bb comme tonique et cicatrisant, appliqu\u00e9e en cataplasme sur les plaies.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p><em>Rhodiola rosea<\/em> joue un r\u00f4le \u00e9cologique significatif dans les \u00e9cosyst\u00e8mes alpins et arctiques. En tant qu&rsquo;esp\u00e8ce pionni\u00e8re des milieux rocheux, elle contribue \u00e0 la <strong>colonisation des substrats min\u00e9raux<\/strong> (\u00e9boulis, moraines, falaises), participant \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9tape de la succession v\u00e9g\u00e9tale. Son syst\u00e8me racinaire fixe le substrat et son accumulation de mati\u00e8re organique pr\u00e9pare l&rsquo;installation d&rsquo;autres esp\u00e8ces. En p\u00e9riode de floraison, ses inflorescences nectarif\u00e8res constituent une <strong>ressource alimentaire pr\u00e9cieuse pour les pollinisateurs de haute altitude<\/strong> (bourdons, syrphes, papillons) dans un milieu o\u00f9 les sources de nectar sont limit\u00e9es.<\/p>\n<p>La plante est consomm\u00e9e par certains herbivores de montagne (chamois, bouquetins) et les graines sont dispers\u00e9es par le vent sur de longues distances, assurant la connectivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique entre populations isol\u00e9es. Toutefois, l&rsquo;esp\u00e8ce est aujourd&rsquo;hui <strong>menac\u00e9e<\/strong> dans de nombreuses r\u00e9gions par la <strong>surexploitation commerciale<\/strong> des rhizomes sauvages, combin\u00e9e aux effets du <strong>changement climatique<\/strong> (remont\u00e9e de l&rsquo;\u00e9tage alpin, modification du r\u00e9gime hydrique, comp\u00e9tition accrue avec les esp\u00e8ces de basse altitude). Plusieurs pays ont instaur\u00e9 des mesures de protection : interdiction ou limitation de la cueillette (Suisse, Russie, Bulgarie, certaines r\u00e9gions fran\u00e7aises), inscription sur les listes rouges nationales ou r\u00e9gionales, programmes de conservation ex situ.<\/p>\n<p>En France, bien que l&rsquo;esp\u00e8ce ne soit pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national, elle figure sur les listes rouges r\u00e9gionales d&rsquo;Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes et d&rsquo;Occitanie, et sa cueillette est r\u00e9glement\u00e9e dans plusieurs parcs nationaux (Vanoise, \u00c9crins, Pyr\u00e9n\u00e9es). Le d\u00e9veloppement de la culture en plein champ ou sous abri, \u00e0 partir de semences ou de boutures de rhizome, est essentiel pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande commerciale sans compromettre les populations naturelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<p>Les confusions avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces sont rares dans l&rsquo;habitat alpin, en raison du port succulent et de l&rsquo;odeur de rose caract\u00e9ristique du rhizome, mais quelques esp\u00e8ces m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre distingu\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Orpin des Alpes<\/strong> (<em>Sedum alpestre<\/em> Vill.) : plante plus petite (5-10 cm), \u00e0 feuilles cylindriques, tr\u00e8s charnues, \u00e9parses, \u00e0 fleurs jaunes en petites cymes pauciflores. Rhizome gr\u00eale, sans odeur de rose. M\u00eame habitat rocheux alpin, mais dimensions nettement inf\u00e9rieures.<\/li>\n<li><strong>Orpin \u00e0 feuilles \u00e9paisses<\/strong> (<em>Sedum dasyphyllum<\/em> L.) : plante rampante, de 3 \u00e0 10 cm, \u00e0 feuilles oppos\u00e9es, subglobuleuses, pruineuses, bleut\u00e9es. Fleurs blanches ou ros\u00e9es. Milieux rocheux plus thermophiles. Pas d&rsquo;odeur de rose au rhizome.<\/li>\n<li><strong>Joubarbe des montagnes<\/strong> (<em>Sempervivum montanum<\/em> L.) : Crassulac\u00e9e alpine formant des rosettes de feuilles succulentes, mais \u00e0 feuilles en rosette basale compacte, non dispos\u00e9es le long d&rsquo;une tige dress\u00e9e. Fleurs \u00e9toil\u00e9es roses \u00e0 rouge pourpre. Pas de rhizome odorant.<\/li>\n<li><strong>Autres esp\u00e8ces de <em>Rhodiola<\/em><\/strong> : <em>R. integrifolia<\/em> Raf. (Am\u00e9rique du Nord) et <em>R. quadrifida<\/em> (Pall.) Fisch. &amp; Mey. (Asie centrale) peuvent \u00eatre confondues dans le commerce des rhizomes s\u00e9ch\u00e9s. Elles ne contiennent pas ou peu de rosavines et ne correspondent pas au standard pharmacop\u00e9ique de <em>R. rosea<\/em>. Seule l&rsquo;analyse HPLC permet de les distinguer dans le commerce.<\/li>\n<li><strong>Rhodiola crenulata<\/strong> (<em>R. crenulata<\/em> (Hook.f. &amp; Thomson) H.Ohba) : esp\u00e8ce himalayenne et tib\u00e9taine, parfois commercialis\u00e9e sous le nom de rhodiola. Elle contient du salidroside mais pas de rosavines, et son profil pharmacologique diff\u00e8re de celui de <em>R. rosea<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;identification fiable repose sur l&rsquo;examen du rhizome (\u00e9pais, odorant, \u00e0 odeur de rose), des feuilles (succulentes, glauques, dent\u00e9es au sommet), de la dio\u00e9cie et de l&rsquo;analyse chimique (pr\u00e9sence simultan\u00e9e de rosavines et de salidroside).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Rhodiola rosea<\/em> est l&rsquo;adaptog\u00e8ne le mieux document\u00e9 de la pharmacop\u00e9e occidentale contemporaine. Son profil pharmacologique, fond\u00e9 sur la modulation de l&rsquo;axe HPA, l&rsquo;inhibition de la MAO\/COMT, l&rsquo;induction des prot\u00e9ines de choc thermique et l&rsquo;activation des voies de survie cellulaire (PI3K\/Akt, AMPK, Nrf2), explique l&rsquo;\u00e9ventail de ses indications cliniques : fatigue li\u00e9e au stress, d\u00e9ficit cognitif, d\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re, am\u00e9lioration des performances physiques. Les essais cliniques, bien que de taille parfois modeste, convergent vers un b\u00e9n\u00e9fice significatif avec un profil de s\u00e9curit\u00e9 remarquable.<\/p>\n<p>La standardisation des extraits (rosavines \u2265 3 %, salidroside \u2265 1 %, ratio 3:1) est un imp\u00e9ratif de qualit\u00e9, d&rsquo;autant que le march\u00e9 est confront\u00e9 \u00e0 des probl\u00e8mes d&rsquo;adult\u00e9ration fr\u00e9quents (substitution par d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Rhodiola<\/em>, dilution avec des rhizomes non conformes). L&rsquo;analyse HPLC des rosavines et du salidroside est indispensable pour garantir l&rsquo;authenticit\u00e9 et la qualit\u00e9 de la drogue.<\/p>\n<p>L&rsquo;enjeu majeur pour l&rsquo;avenir de la rhodiola est la <strong>durabilit\u00e9 de l&rsquo;approvisionnement<\/strong>. La lenteur de la croissance (5-7 ans pour un rhizome exploitable), la fragilit\u00e9 des populations alpines et arctiques, et la pression de la demande commerciale mondiale imposent un d\u00e9veloppement rapide de la culture agronomique, la mise en place de certifications de tra\u00e7abilit\u00e9 et le respect strict des r\u00e9glementations de cueillette dans les zones prot\u00e9g\u00e9es. La rhodiola illustre de mani\u00e8re exemplaire la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une pharmacognosie responsable, conciliant valorisation th\u00e9rapeutique et conservation de la biodiversit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton, J. (2016). <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9dition. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc.<\/li>\n<li>Tison, J.-M. &amp; de Foucault, B. (2014). <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. M\u00e8ze : Biotope \u00c9ditions.<\/li>\n<li>Panossian, A. &amp; Wikman, G. (2010). Effects of adaptogens on the central nervous system and the molecular mechanisms associated with their stress-protective activity. <em>Pharmaceuticals<\/em>, 3(1), 188-224.<\/li>\n<li>Panossian, A., Wikman, G. &amp; Sarris, J. (2010). Rosenroot (<em>Rhodiola rosea<\/em>): traditional use, chemical composition, pharmacology and clinical efficacy. <em>Phytomedicine<\/em>, 17(7), 481-493.<\/li>\n<li>Darbinyan, V., Kteyan, A., Panossian, A., Gabrielian, E., Wikman, G. &amp; Wagner, H. (2000). <em>Rhodiola rosea<\/em> in stress induced fatigue \u2014 a double blind cross-over study of a standardized extract SHR-5 with a repeated low-dose regimen. <em>Phytomedicine<\/em>, 7(5), 365-371.<\/li>\n<li>Darbinyan, V., Aslanyan, G., Amroyan, E., Gabrielyan, E., Malmstr\u00f6m, C. &amp; Panossian, A. (2007). 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Monographie \u00ab Rhodiola \u2014 rhizome et racine \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La rhodiola (Rhodiola rosea L.) est l&rsquo;une des plantes adaptog\u00e8nes les plus \u00e9tudi\u00e9es de la pharmacop\u00e9e contemporaine, h\u00e9riti\u00e8re d&rsquo;une tradition d&rsquo;usage plurimill\u00e9naire dans les m\u00e9decines [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[63],"tags":[],"class_list":["post-8834","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-crassulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8834","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8834"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8834\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13927,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8834\/revisions\/13927"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8834"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8834"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8834"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}