{"id":8837,"date":"2026-04-23T11:46:52","date_gmt":"2026-04-23T09:46:52","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/sauge-sclaree\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"sauge-sclaree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/sauge-sclaree\/","title":{"rendered":"SAUGE SCLAR\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Sauge%20sclar%C3%A9e.jpg\" alt=\"Planche botanique SAUGE SCLAR\u00c9E\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La sauge sclar\u00e9e, <em>Salvia sclarea<\/em> L., est une Lamiac\u00e9e majestueuse du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en dont l&rsquo;huile essentielle, domin\u00e9e par l&rsquo;<strong>ac\u00e9tate de linalyle<\/strong> et le <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/linalol\/\">linalol<\/a><\/strong>, a fait la fortune des parfumeurs de Grasse et de la Dr\u00f4me proven\u00e7ale. Plante bisannuelle ou vivace de courte dur\u00e9e, elle se distingue de ses cong\u00e9n\u00e8res par la pr\u00e9sence d&rsquo;un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8ne<\/a> labdanique original, le <strong>sclar\u00e9ol<\/strong>, dot\u00e9 de propri\u00e9t\u00e9s \u0153strog\u00e8ne-like qui fondent son usage traditionnel en gyn\u00e9cologie v\u00e9g\u00e9tale. Son parfum musqu\u00e9, ambr\u00e9, aux notes de tabac et de foin, en fait un fixateur de choix en parfumerie fine et un ingr\u00e9dient recherch\u00e9 en aromath\u00e9rapie.<\/p>\n<p>Du point de vue pharmacognosique, <em>Salvia sclarea<\/em> pr\u00e9sente un profil phytochimique nettement distinct de celui de la sauge officinale (<em>Salvia officinalis<\/em> L.), dont elle ne partage ni la teneur en thuyone (neurotoxique), ni les propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques marqu\u00e9es. L&rsquo;absence de thuyone dans son huile essentielle lui conf\u00e8re un profil de s\u00e9curit\u00e9 beaucoup plus favorable, autorisant une utilisation plus large en aromath\u00e9rapie familiale. Cette monographie se propose d&rsquo;explorer la totalit\u00e9 des facettes botaniques, phytochimiques et pharmacologiques de la sauge sclar\u00e9e, en la situant dans le contexte plus large du genre <em>Salvia<\/em>, l&rsquo;un des plus diversifi\u00e9s du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal avec pr\u00e8s de 1000 esp\u00e8ces d\u00e9crites.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Salvia sclarea<\/em> L. appartient \u00e0 la famille des <strong>Lamiaceae<\/strong> (Lamiac\u00e9es, anciennement Labiatae), ordre des Lamiales, clade des Ast\u00e9rid\u00e9es (Lamiids). Le genre <em>Salvia<\/em> L. est le plus vaste de la famille, comptant environ 900 \u00e0 1000 esp\u00e8ces r\u00e9parties sur tous les continents, avec des centres de diversification en Am\u00e9rique centrale, dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en et en Asie orientale.<\/p>\n<h3>A. Position syst\u00e9matique<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Clade :<\/strong> Angiospermes, Eudicotyl\u00e9dones, Ast\u00e9rid\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Lamiales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Lamiaceae (= Labiatae)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Salvia<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Salvia sclarea<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. \u00c9tymologie<\/h3>\n<p>Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Salvia<\/em> d\u00e9rive du latin <em>salvare<\/em> (sauver, gu\u00e9rir), en r\u00e9f\u00e9rence aux vertus m\u00e9dicinales attribu\u00e9es aux sauges depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. L&rsquo;adage de l&rsquo;\u00c9cole de Salerne \u2014 <em>Cur moriatur homo cui Salvia crescit in horto?<\/em> (\u00ab Pourquoi mourrait l&rsquo;homme au jardin duquel pousse la sauge ? \u00bb) \u2014 t\u00e9moigne de cette r\u00e9putation. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique <em>sclarea<\/em> d\u00e9rive du latin m\u00e9di\u00e9val <em>sclarea<\/em> (clair, net), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;usage traditionnel de l&rsquo;eau distill\u00e9e de la plante pour \u00e9claircir la vue (d&rsquo;o\u00f9 le nom anglais <em>clary sage<\/em>, de <em>clear eye<\/em>). En fran\u00e7ais, les noms vernaculaires sont <strong>sauge sclar\u00e9e<\/strong>, <strong>toute-bonne<\/strong>, <strong>orvale<\/strong> et <strong>herbe aux plaies<\/strong>. En occitan : <em>s\u00e0lvia esclarea<\/em> ou <em>tota-bona<\/em>.<\/p>\n<h3>C. Esp\u00e8ces voisines et sous-esp\u00e8ces<\/h3>\n<p>Aucune sous-esp\u00e8ce n&rsquo;est actuellement reconnue pour <em>S. sclarea<\/em>. Il convient de la distinguer clairement de :<\/p>\n<ul>\n<li><strong><em>Salvia officinalis<\/em> L.<\/strong> (sauge officinale) : sous-arbrisseau persistant, \u00e0 feuilles gris-vert tomenteuses, \u00e0 huile essentielle riche en <strong>thuyone<\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/camphre\/\">camphre<\/a><\/strong> (profil chimique et toxicologique tr\u00e8s diff\u00e9rent).<\/li>\n<li><strong><em>Salvia pratensis<\/em> L.<\/strong> (sauge des pr\u00e9s) : vivace herbac\u00e9e des prairies, \u00e0 grandes fleurs bleu-violet, sans usage aromatique notable.<\/li>\n<li><strong><em>Salvia verbenaca<\/em> L.<\/strong> (sauge verveine) : petite vivace m\u00e9diterran\u00e9enne, fleurs bleu p\u00e2le, sans int\u00e9r\u00eat pharmacognosique majeur.<\/li>\n<li><strong><em>Salvia lavandulifolia<\/em> Vahl<\/strong> (sauge d&rsquo;Espagne) : esp\u00e8ce ib\u00e9rique proche de <em>S. officinalis<\/em>, \u00e0 huile essentielle d\u00e9pourvue de thuyone mais riche en camphre et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/cineal-eucalyptol\/\">1,8-cin\u00e9ole<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p><em>Salvia sclarea<\/em> est une plante herbac\u00e9e bisannuelle, parfois vivace de courte dur\u00e9e (2-3 ans), atteignant 60 \u00e0 120 cm de hauteur en p\u00e9riode de floraison. La premi\u00e8re ann\u00e9e, elle d\u00e9veloppe une rosette basale de grandes feuilles \u00e9tal\u00e9es au sol. La seconde ann\u00e9e, elle \u00e9met une ou plusieurs tiges florif\u00e8res dress\u00e9es, robustes, tr\u00e8s ramifi\u00e9es dans leur partie sup\u00e9rieure, qui portent l&rsquo;inflorescence spectaculaire. L&rsquo;ensemble de la plante est fortement aromatique, couvert d&rsquo;une pubescence glanduleuse abondante conf\u00e9rant un toucher collant et visqueux caract\u00e9ristique.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> les tiges florif\u00e8res sont dress\u00e9es, robustes, quadrangulaires (section carr\u00e9e typique des Lamiac\u00e9es), creuses, dens\u00e9ment couvertes de poils glanduleux et de poils tecteurs simples. Elles sont vertes, parfois teint\u00e9es de pourpre \u00e0 la base, ramifi\u00e9es dans la moiti\u00e9 sup\u00e9rieure en rameaux florif\u00e8res \u00e9tal\u00e9s-dress\u00e9s. Le diam\u00e8tre \u00e0 la base atteint 1 \u00e0 2 cm.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> les feuilles basales sont tr\u00e8s grandes (jusqu&rsquo;\u00e0 30 cm de long sur 20 cm de large), longuement p\u00e9tiol\u00e9es, ovales \u00e0 cordiformes, \u00e0 surface rugueuse et gaufr\u00e9e (bull\u00e9e), \u00e0 marge cr\u00e9nel\u00e9e-dent\u00e9e irr\u00e9guli\u00e8rement, d&rsquo;un vert gris\u00e2tre sur la face sup\u00e9rieure et blanch\u00e2tre-tomenteuse sur la face inf\u00e9rieure. Les feuilles caulinaires sont progressivement r\u00e9duites vers le haut de la tige, devenant sessiles et amplexicaules. Les feuilles sup\u00e9rieures (bract\u00e9es florales) sont membraneuses, largement ovales, concaves, de couleur rose, lilas ou blanc verd\u00e2tre, beaucoup plus voyantes que les fleurs elles-m\u00eames et jouant un r\u00f4le attractif pour les pollinisateurs. La nervation est r\u00e9ticul\u00e9e, avec des nervures tr\u00e8s saillantes sur la face inf\u00e9rieure. Toute la surface foliaire est couverte de trichomes glanduleux pelt\u00e9s et capit\u00e9s, s\u00e9cr\u00e9tant l&rsquo;huile essentielle.<\/p>\n<p><strong>Racines :<\/strong> le syst\u00e8me racinaire est constitu\u00e9 d&rsquo;une racine pivotante puissante, ligneuse, ramifi\u00e9e, p\u00e9n\u00e9trant profond\u00e9ment dans le sol (jusqu&rsquo;\u00e0 50-80 cm). Elle est flanqu\u00e9e de racines lat\u00e9rales tra\u00e7antes. Ce syst\u00e8me racinaire conf\u00e8re \u00e0 la plante une bonne r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse estivale une fois \u00e9tablie.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> l&rsquo;inflorescence est un thyrse panicul\u00e9 terminal, long de 30 \u00e0 60 cm, compos\u00e9 de verticilles espac\u00e9s de 4 \u00e0 6 fleurs regroup\u00e9s \u00e0 l&rsquo;aisselle de grandes bract\u00e9es color\u00e9es (roses, lilas ou blanc-vert). L&rsquo;ensemble forme une inflorescence pyramidale spectaculaire, visible de loin, qui constitue le principal caract\u00e8re ornemental de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p><strong>Fleurs :<\/strong> les fleurs sont zygomorphes, bilabi\u00e9es (caract\u00e9ristique des Lamiac\u00e9es), longues de 2 \u00e0 3 cm. Le calice est tubuleux, bilabi\u00e9, \u00e0 5 dents \u00e9pineuses, persistant, dens\u00e9ment glanduleux-pubescent, pourpre ou verd\u00e2tre. La corolle est bilabi\u00e9e : la l\u00e8vre sup\u00e9rieure est en casque, falciforme, lilas p\u00e2le \u00e0 blanche ; la l\u00e8vre inf\u00e9rieure est trilob\u00e9e, le lobe m\u00e9dian plus grand, r\u00e9fl\u00e9chi, blanc tach\u00e9 de lilas. L&rsquo;androc\u00e9e est r\u00e9duit \u00e0 2 \u00e9tamines fertiles (caract\u00e8re diagnostique du genre <em>Salvia<\/em>), ins\u00e9r\u00e9es sous la l\u00e8vre sup\u00e9rieure, \u00e0 connectif allong\u00e9 en forme de levier articul\u00e9 (m\u00e9canisme de pollinisation \u00e0 bascule caract\u00e9ristique des sauges). Le gyn\u00e9c\u00e9e est compos\u00e9 de 2 carpelles soud\u00e9s, chacun divis\u00e9 en 2 loges uniovul\u00e9es par une fausse cloison, surmont\u00e9 d&rsquo;un style bifide. Le disque nectarif\u00e8re est bien d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 la base de l&rsquo;ovaire.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> le fruit est un t\u00e9trak\u00e8ne, compos\u00e9 de 4 nucules (m\u00e9ricarpes) ovo\u00efdes, lisses, brun fonc\u00e9, de 2 \u00e0 3 mm, contenus dans le calice persistant. Les nucules sont mucilagineux au contact de l&rsquo;eau (propri\u00e9t\u00e9 commune \u00e0 de nombreuses Lamiac\u00e9es).<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 ao\u00fbt (deuxi\u00e8me ann\u00e9e). La plante meurt g\u00e9n\u00e9ralement apr\u00e8s la fructification, se comportant comme monocarpique.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie et biologie reproductive<\/h3>\n<p>La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e principalement par les bourdons (<em>Bombus<\/em> spp.) et les abeilles (<em>Apis mellifera<\/em>). Le m\u00e9canisme de pollinisation \u00e0 bascule des \u00e9tamines est remarquable : lorsqu&rsquo;un insecte p\u00e9n\u00e8tre dans la fleur pour acc\u00e9der au nectar, il heurte le connectif staminale qui pivote, abaissant les anth\u00e8res sur le dos de l&rsquo;insecte. Ce m\u00e9canisme, \u00e9tudi\u00e9 d\u00e8s le XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle par Sprengel, est l&rsquo;un des exemples les plus \u00e9l\u00e9gants de co\u00e9volution plante-pollinisateur. Les graines conservent leur pouvoir germinatif pendant 2 \u00e0 3 ans. La germination est \u00e9pig\u00e9e, favoris\u00e9e par la lumi\u00e8re et les temp\u00e9ratures altern\u00e9es (15-20 \u00b0C).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p><em>Salvia sclarea<\/em> est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile, thermophile et calcicole, caract\u00e9ristique des pelouses s\u00e8ches, des friches, des talus, des bords de chemins et des terrains vagues sur substrat calcaire ou marneux. Elle affectionne les sols bien drain\u00e9s, caillouteux, pauvres \u00e0 mod\u00e9r\u00e9ment fertiles, en situation chaude et ensoleill\u00e9e. Elle supporte bien la s\u00e9cheresse estivale gr\u00e2ce \u00e0 son syst\u00e8me racinaire profond et \u00e0 la r\u00e9duction de l&rsquo;\u00e9vapotranspiration par sa pubescence glanduleuse. Elle est sensible \u00e0 l&rsquo;engorgement hydrique hivernal et aux gel\u00e9es s\u00e9v\u00e8res (rusticit\u00e9 limit\u00e9e \u00e0 environ -15 \u00b0C).<\/p>\n<h3>B. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire d&rsquo;origine de <em>Salvia sclarea<\/em> englobe le bassin m\u00e9diterran\u00e9en oriental, du sud de l&rsquo;Europe (Italie, Balkans, Gr\u00e8ce) au Caucase et \u00e0 l&rsquo;Asie centrale (Iran, Afghanistan). L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t diffus\u00e9e par la culture dans l&rsquo;ensemble du bassin m\u00e9diterran\u00e9en et en Europe temp\u00e9r\u00e9e. En France, la sauge sclar\u00e9e est indig\u00e8ne ou arch\u00e9ophyte dans les d\u00e9partements m\u00e9ridionaux : Provence (Bouches-du-Rh\u00f4ne, Var, Alpes-de-Haute-Provence, Vaucluse), Languedoc (H\u00e9rault, Gard, Aude), vall\u00e9e du Rh\u00f4ne (Dr\u00f4me, Ard\u00e8che), Corse, pi\u00e9mont pyr\u00e9n\u00e9en. Elle est naturalis\u00e9e ou adventice plus au nord, jusque dans le Bassin parisien et en Bourgogne, o\u00f9 elle appara\u00eet dans les friches thermophiles et sur les talus calcaires bien expos\u00e9s. La Dr\u00f4me proven\u00e7ale et le plateau de Valensole sont les principaux centres de culture fran\u00e7aise pour la production d&rsquo;huile essentielle, en relais ou en alternance avec la lavande et le lavandin. Historiquement, les environs de Grasse constituaient un bassin de production majeur pour la parfumerie.<\/p>\n<h3>C. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9tat spontan\u00e9, <em>Salvia sclarea<\/em> participe aux groupements de pelouses et de friches thermophiles calcicoles de l&rsquo;alliance du <em>Brachypodion phoenicoidis<\/em> et du <em>Mesobromion erecti<\/em>. Elle y c\u00f4toie <em>Brachypodium phoenicoides<\/em>, <em>Bromus erectus<\/em>, <em>Salvia pratensis<\/em>, <em>Echium vulgare<\/em>, <em>Verbascum thapsus<\/em>, <em>Daucus carota<\/em>, <em>Centaurea scabiosa<\/em> et <em>Onobrychis viciifolia<\/em>. Dans les garrigues et les maquis ouverts, on la trouve en compagnie de <em>Thymus vulgaris<\/em>, <em>Lavandula latifolia<\/em>, <em>Aphyllanthes monspeliensis<\/em> et <em>Genista scorpius<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Sommit\u00e9s fleuries :<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es au d\u00e9but de la floraison (juin-juillet), lorsque les premi\u00e8res fleurs du bas de l&rsquo;inflorescence s&rsquo;ouvrent. C&rsquo;est \u00e0 ce stade que la teneur en huile essentielle est maximale. Le s\u00e9chage s&rsquo;effectue en bottes suspendues, t\u00eate en bas, dans un local a\u00e9r\u00e9, ombrag\u00e9, \u00e0 temp\u00e9rature ambiante (maximum 35 \u00b0C).<\/li>\n<li><strong>Feuilles :<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es avant la floraison (mai-juin), pour la pr\u00e9paration d&rsquo;infusions ou de teintures. S\u00e9chage \u00e0 plat sur claies, \u00e0 l&rsquo;ombre.<\/li>\n<li><strong>Huile essentielle :<\/strong> obtenue par hydrodistillation ou entra\u00eenement \u00e0 la vapeur d&rsquo;eau des sommit\u00e9s fleuries fra\u00eeches ou partiellement fan\u00e9es. Le rendement est de 0,1 \u00e0 0,3 %, ce qui classe la sauge sclar\u00e9e parmi les plantes \u00e0 rendement mod\u00e9r\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Concr\u00e8te et absolue :<\/strong> obtenues par extraction aux solvants volatils des sommit\u00e9s fleuries, utilis\u00e9es en parfumerie fine. La concr\u00e8te est un produit p\u00e2teux, jaune-vert, d&rsquo;odeur musqu\u00e9e et ambr\u00e9e. L&rsquo;absolue, obtenue par lavage \u00e0 l&rsquo;\u00e9thanol de la concr\u00e8te, est un liquide visqueux, d&rsquo;une finesse olfactive remarquable.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Huile essentielle<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle de <em>Salvia sclarea<\/em> pr\u00e9sente un profil chimique caract\u00e9ristique, domin\u00e9 par les esters monoterp\u00e9niques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Ac\u00e9tate de linalyle<\/strong> (ac\u00e9tate de 3,7-dim\u00e9thyl-1,6-octadi\u00e9n-3-ol) : 50 \u00e0 75 % selon les chimiotypes et les conditions de culture. C&rsquo;est le compos\u00e9 majoritaire, responsable de l&rsquo;odeur fruit\u00e9e, florale et l\u00e9g\u00e8rement lavand\u00e9e de l&rsquo;huile essentielle.<\/li>\n<li><strong>Linalol<\/strong> (3,7-dim\u00e9thyl-1,6-octadi\u00e9n-3-ol) : 10 \u00e0 30 %. Alcool monoterp\u00e9nique aux propri\u00e9t\u00e9s s\u00e9datives et anti-inflammatoires. La configuration \u00e9nantiom\u00e8re est majoritairement (R)-(-)-linalol.<\/li>\n<li><strong>Germacr\u00e8ne D<\/strong> : 1 \u00e0 8 %. <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">Sesquiterp\u00e8ne<\/a> hydrocarbure contribuant aux notes bois\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>\u03b1-Terpin\u00e9ol<\/strong> : 1 \u00e0 5 %. Alcool monoterp\u00e9nique.<\/li>\n<li><strong>N\u00e9rol<\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/geraniol\/\">g\u00e9raniol<\/a><\/strong> : traces \u00e0 3 %. Alcools monoterp\u00e9niques \u00e0 notes florales.<\/li>\n<li><strong>\u03b2-Caryophyll\u00e8ne<\/strong> : 1 \u00e0 4 %. Sesquiterp\u00e8ne anti-inflammatoire (agoniste CB2).<\/li>\n<li><strong>Oxyde de caryophyll\u00e8ne<\/strong> : traces \u00e0 2 %.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Point fondamental : l&rsquo;huile essentielle de sauge sclar\u00e9e est <strong>d\u00e9pourvue de thuyone<\/strong> (\u03b1-thuyone et \u03b2-thuyone), compos\u00e9 neurotoxique et convulsivant pr\u00e9sent en concentration \u00e9lev\u00e9e (20-60 %) dans l&rsquo;huile essentielle de <em>Salvia officinalis<\/em>. Cette absence conf\u00e8re \u00e0 la sauge sclar\u00e9e un profil de s\u00e9curit\u00e9 nettement sup\u00e9rieur.<\/p>\n<h3>B. Diterp\u00e8nes labdaniques<\/h3>\n<p>La partie a\u00e9rienne et notamment les calices floraux contiennent des diterp\u00e8nes labdaniques sp\u00e9cifiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sclar\u00e9ol<\/strong> (labd-14-\u00e8ne-8\u03b1,13\u03b2-diol) : diterp\u00e8ne alcoolique cristallin, inodore, pr\u00e9sent \u00e0 hauteur de 0,5 \u00e0 2,5 % de la mati\u00e8re s\u00e8che des calices. Le sclar\u00e9ol est le compos\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat majeur de la sauge sclar\u00e9e en dehors de l&rsquo;huile essentielle. Il est extrait industriellement des r\u00e9sidus de distillation et constitue le pr\u00e9curseur de synth\u00e8se de l&rsquo;<strong>ambroxide<\/strong> (ambre gris de synth\u00e8se), mati\u00e8re premi\u00e8re de tr\u00e8s haute valeur en parfumerie.<\/li>\n<li><strong>13-\u00e9pi-sclar\u00e9ol<\/strong> (manool) : diterp\u00e8ne apparent\u00e9, pr\u00e9sent en quantit\u00e9 moindre.<\/li>\n<li><strong>Sclareolide<\/strong> (norambreinolide) : lactone obtenue par oxydation du sclar\u00e9ol, interm\u00e9diaire dans la synth\u00e8se de l&rsquo;ambroxide.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et polyph\u00e9nols<\/h3>\n<p>Les feuilles et les sommit\u00e9s fleuries contiennent :<\/p>\n<ul>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">Acide rosmarinique<\/a><\/strong> : ester de l&rsquo;acide caf\u00e9ique et de l&rsquo;acide 3,4-dihydroxyph\u00e9nyllactique, compos\u00e9 ph\u00e9nolique majeur des Lamiac\u00e9es (1 \u00e0 3 % de la mati\u00e8re s\u00e8che). Puissant antioxydant et anti-inflammatoire.<\/li>\n<li><strong>Acide salvianolique B<\/strong> : d\u00e9riv\u00e9 de l&rsquo;acide rosmarinique.<\/li>\n<li><strong>Lut\u00e9oline<\/strong> et ses glycosides (<strong>lut\u00e9oline-7-O-glucoside<\/strong>, <strong>lut\u00e9oline-7-O-glucuronide<\/strong>).<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">Apig\u00e9nine<\/a><\/strong> et <strong>apig\u00e9nine-7-O-glucoside<\/strong>.<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">Acide ursolique<\/a><\/strong> et <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong> : <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a> pentacycliques.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>D. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Les graines contiennent une huile grasse riche en <strong>acide \u03b1-linol\u00e9nique<\/strong> (omega-3, 50-60 %) et en <strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> (omega-6), ce qui en fait l&rsquo;une des sources v\u00e9g\u00e9tales les plus concentr\u00e9es en omega-3 apr\u00e8s le lin et le chia. On note \u00e9galement la pr\u00e9sence de <strong>tanins<\/strong> condens\u00e9s et de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> dans les calices et les graines.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Action \u0153strog\u00e8ne-like du sclar\u00e9ol<\/h3>\n<p>Le <strong>sclar\u00e9ol<\/strong> poss\u00e8de une affinit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e pour les r\u00e9cepteurs aux \u0153strog\u00e8nes de type \u03b2 (ER\u03b2), sup\u00e9rieure \u00e0 son affinit\u00e9 pour les r\u00e9cepteurs ER\u03b1. Cette s\u00e9lectivit\u00e9 ER\u03b2 est pharmacologiquement int\u00e9ressante car les r\u00e9cepteurs ER\u03b2 sont pr\u00e9dominants dans l&rsquo;ut\u00e9rus, l&rsquo;ovaire, le syst\u00e8me nerveux central et l&rsquo;os, et m\u00e9dient des effets anti-prolif\u00e9ratifs et anxiolytiques, contrairement aux ER\u03b1 dont la stimulation excessive est associ\u00e9e au risque mammaire et endom\u00e9trial. In vitro, le sclar\u00e9ol stimule la transcription de g\u00e8nes \u0153strog\u00e9no-d\u00e9pendants et augmente la prolif\u00e9ration des cellules MCF-7 \u00e0 faibles concentrations, mais exerce paradoxalement un effet antiprolif\u00e9ratif et pro-apoptotique \u00e0 des concentrations plus \u00e9lev\u00e9es. Le m\u00e9canisme pro-apoptotique implique l&rsquo;activation de la voie mitochondriale (augmentation du ratio Bax\/Bcl-2, lib\u00e9ration du cytochrome c, activation des caspases 3 et 9).<\/p>\n<h3>B. Action s\u00e9dative et anxiolytique<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>ac\u00e9tate de linalyle<\/strong> et le <strong>linalol<\/strong> sont des modulateurs allost\u00e9riques positifs du r\u00e9cepteur <strong>GABA<sub>A<\/sub><\/strong>, se fixant sur un site distinct de celui des benzodiaz\u00e9pines mais produisant un effet s\u00e9datif et anxiolytique analogue. Des \u00e9tudes sur mod\u00e8les murins ont montr\u00e9 que l&rsquo;inhalation d&rsquo;huile essentielle de sauge sclar\u00e9e r\u00e9duit les comportements anxieux dans le test du labyrinthe en croix sur\u00e9lev\u00e9 (<em>elevated plus maze<\/em>) et dans le test en champ ouvert (<em>open field<\/em>). Le m\u00e9canisme implique \u00e9galement une modulation du syst\u00e8me s\u00e9rotoninergique : le linalol inhibe la recapture de la s\u00e9rotonine (5-HT) au niveau synaptique et module les r\u00e9cepteurs 5-HT<sub>1A<\/sub>. Le <strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong>, agoniste s\u00e9lectif du r\u00e9cepteur cannabino\u00efde <strong>CB2<\/strong>, contribue \u00e0 l&rsquo;effet relaxant sans les effets psychotropes centraux li\u00e9s au r\u00e9cepteur CB1.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong> inhibe l&rsquo;activation du facteur de transcription <strong>NF-\u03baB<\/strong> en emp\u00eachant la phosphorylation de I\u03baB\u03b1 par le complexe IKK. Il en r\u00e9sulte une diminution de l&rsquo;expression des g\u00e8nes cibles : <strong>COX-2<\/strong>, <strong>iNOS<\/strong>, <strong>TNF-\u03b1<\/strong>, <strong>IL-1\u03b2<\/strong>, <strong>IL-6<\/strong>. Le linalol et l&rsquo;ac\u00e9tate de linalyle r\u00e9duisent la production de <strong>prostaglandine E2<\/strong> (PGE2) et de <strong>leucotri\u00e8ne B4<\/strong> (LTB4) par inhibition de la <strong>COX-2<\/strong> et de la <strong>5-lipoxyg\u00e9nase<\/strong> (5-LOX) respectivement. Le <strong>sclar\u00e9ol<\/strong> inhibe la <strong>phospholipase A2<\/strong> (PLA2), enzyme cl\u00e9 de la lib\u00e9ration de l&rsquo;acide arachidonique, pr\u00e9curseur de tous les eicosano\u00efdes pro-inflammatoires.<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 antispasmodique<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>ac\u00e9tate de linalyle<\/strong> exerce un effet spasmolytique direct sur les fibres musculaires lisses, d\u00e9montr\u00e9 in vitro sur des pr\u00e9parations d&rsquo;il\u00e9on isol\u00e9 de cobaye et de muscle ut\u00e9rin de rate. Le m\u00e9canisme implique un blocage des canaux calciques voltage-d\u00e9pendants de type L et une potentialisation de la voie NO\/GMPc (relaxation musculaire lisse). Cette double action spasmolytique justifie l&rsquo;usage traditionnel de la sauge sclar\u00e9e dans les dysm\u00e9norrh\u00e9es.<\/p>\n<h3>E. Activit\u00e9 antimicrobienne<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle poss\u00e8de une activit\u00e9 antimicrobienne mod\u00e9r\u00e9e, surtout dirig\u00e9e contre les bact\u00e9ries Gram-positives (<em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Streptococcus mutans<\/em>, <em>Listeria monocytogenes<\/em>) et certaines levures (<em>Candida albicans<\/em>). Le linalol perturbe l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 membranaire des micro-organismes par interaction avec les phospholipides membranaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>A. Dysm\u00e9norrh\u00e9e et troubles menstruels<\/h3>\n<p>Un essai clinique randomis\u00e9 (Han et al., 2006) a \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;effet de l&rsquo;application abdominale d&rsquo;huile essentielle de sauge sclar\u00e9e (dilu\u00e9e dans une huile v\u00e9g\u00e9tale) sur la douleur menstruelle chez 67 femmes souffrant de dysm\u00e9norrh\u00e9e primaire. Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de l&rsquo;intensit\u00e9 douloureuse (\u00e9chelle EVA) dans le groupe trait\u00e9 par rapport au groupe contr\u00f4le. Une \u00e9tude similaire (Ou et al., 2012) utilisant un m\u00e9lange d&rsquo;huiles essentielles incluant la sauge sclar\u00e9e a confirm\u00e9 ces r\u00e9sultats sur une cohorte de 48 femmes, avec une r\u00e9duction de la dur\u00e9e de la douleur menstruelle.<\/p>\n<h3>B. Anxi\u00e9t\u00e9 et stress<\/h3>\n<p>Lee et al. (2014) ont men\u00e9 un essai clinique randomis\u00e9 sur 34 femmes en p\u00e9riode p\u00e9ri-m\u00e9nopausique, comparant l&rsquo;inhalation d&rsquo;huile essentielle de sauge sclar\u00e9e \u00e0 un placebo (huile d&rsquo;amande). L&rsquo;inhalation de sauge sclar\u00e9e a provoqu\u00e9 une diminution significative du cortisol salivaire (-36 %) et une augmentation du ratio 5-HT\/5-HIAA, sugg\u00e9rant un effet antid\u00e9presseur. Les auteurs ont conclu \u00e0 un effet anxiolytique et anti-stress cliniquement significatif. Seung et al. (2014) ont rapport\u00e9 un effet hypotenseur de l&rsquo;inhalation d&rsquo;HE de sauge sclar\u00e9e chez des femmes souffrant d&rsquo;incontinence urinaire, avec une r\u00e9duction significative de la pression art\u00e9rielle systolique.<\/p>\n<h3>C. M\u00e9nopause<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel de la sauge sclar\u00e9e dans les troubles de la m\u00e9nopause (bouff\u00e9es de chaleur, sueurs nocturnes, irritabilit\u00e9) repose sur l&rsquo;action \u0153strog\u00e8ne-like du sclar\u00e9ol. Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques sont cependant limit\u00e9es. La plupart des \u00e9tudes portent sur la sauge officinale (<em>S. officinalis<\/em>), dont les propri\u00e9t\u00e9s anti-sudorales sont mieux document\u00e9es. Un essai clinique ouvert (non contr\u00f4l\u00e9) a rapport\u00e9 une am\u00e9lioration subjective des bouff\u00e9es de chaleur chez 30 femmes m\u00e9nopaus\u00e9es utilisant un extrait de sauge sclar\u00e9e pendant 12 semaines, mais l&rsquo;absence de groupe placebo limite la valeur de ces r\u00e9sultats.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Sclar\u00e9ol<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">Diterp\u00e8ne<\/a><\/td>\n<td>R\u00e9gulateur, aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ac\u00e9tate de linalyle, linalol<\/td>\n<td>Terp\u00e8nes (HE)<\/td>\n<td>Antispasmodiques, s\u00e9datifs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">Acide rosmarinique<\/a><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Huile essentielle :<\/strong> voie cutan\u00e9e dilu\u00e9e (5-10 % dans une huile v\u00e9g\u00e9tale) : massage abdominal pour les dysm\u00e9norrh\u00e9es (3 \u00e0 5 gouttes dans une cuill\u00e8re \u00e0 soupe d&rsquo;huile de noisette ou d&rsquo;amande douce). Voie olfactive : diffusion atmosph\u00e9rique (10-15 minutes) ou inhalation s\u00e8che (1-2 gouttes sur un mouchoir). Voie orale : 1 \u00e0 2 gouttes sur un support (miel, comprim\u00e9 neutre, huile v\u00e9g\u00e9tale), 2 fois par jour, pendant 5 jours maximum, sous contr\u00f4le d&rsquo;un th\u00e9rapeute. <strong>Ne pas confondre avec l&rsquo;HE de sauge officinale<\/strong> (neurotoxique).<\/li>\n<li><strong>Infusion de sommit\u00e9s fleuries :<\/strong> 3 \u00e0 5 g de drogue s\u00e8che pour 250 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes sous couvert. 2 \u00e0 3 tasses par jour. Indication : troubles digestifs, anxi\u00e9t\u00e9 l\u00e9g\u00e8re, sueurs nocturnes.<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> plante fra\u00eeche au 1\/10 dans l&rsquo;alcool \u00e0 65\u00b0. 30 \u00e0 50 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Hydrolat (eau florale) :<\/strong> obtenu comme co-produit de la distillation. Utilisation en compresses (soins oculaires traditionnels), en tonique cutan\u00e9 ou en boisson (1 cuill\u00e8re \u00e0 soupe dans un verre d&rsquo;eau).<\/li>\n<li><strong>Bain aromatique :<\/strong> 10 \u00e0 15 gouttes d&rsquo;HE \u00e9mulsionn\u00e9es dans un dispersant (base neutre, sel de bain, lait) avant ajout dans l&rsquo;eau du bain. Effet relaxant et d\u00e9contracturant.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<h3>A. Profil de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;huile essentielle<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle de <em>Salvia sclarea<\/em> pr\u00e9sente un profil toxicologique favorable par comparaison avec celle de <em>S. officinalis<\/em>. L&rsquo;absence de <strong>thuyone<\/strong> \u00e9limine le risque de neurotoxicit\u00e9 et de convulsions associ\u00e9 \u00e0 la sauge officinale. La DL<sub>50<\/sub> orale chez le rat est sup\u00e9rieure \u00e0 5 g\/kg, classant l&rsquo;huile essentielle dans la cat\u00e9gorie des substances de faible toxicit\u00e9 aigu\u00eb. La DL<sub>50<\/sub> cutan\u00e9e est sup\u00e9rieure \u00e0 2 g\/kg (lapin).<\/p>\n<h3>B. Pr\u00e9cautions d&#8217;emploi<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Effet \u0153strog\u00e8ne-like :<\/strong> en raison de l&rsquo;activit\u00e9 \u0153strog\u00e9no-mim\u00e9tique du sclar\u00e9ol, l&rsquo;huile essentielle et les extraits concentr\u00e9s sont <strong>contre-indiqu\u00e9s dans les cancers hormono-d\u00e9pendants<\/strong> (sein, endom\u00e8tre, ovaire), l&rsquo;endom\u00e9triose, les fibromes ut\u00e9rins et les mastoses. Cette contre-indication repose sur le principe de pr\u00e9caution, les donn\u00e9es cliniques \u00e9tant insuffisantes pour \u00e9valuer pr\u00e9cis\u00e9ment le risque.<\/li>\n<li><strong>Grossesse :<\/strong> d\u00e9conseill\u00e9e pendant les 3 premiers mois de grossesse (principe de pr\u00e9caution). Certains auteurs l&rsquo;autorisent \u00e0 partir du 4<sup>e<\/sup> mois par voie cutan\u00e9e dilu\u00e9e, mais la prudence reste de mise.<\/li>\n<li><strong>Allaitement :<\/strong> insuffisance de donn\u00e9es. Usage d\u00e9conseill\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Enfants :<\/strong> d\u00e9conseill\u00e9e avant 6 ans (toutes voies). Voie cutan\u00e9e dilu\u00e9e possible \u00e0 partir de 6 ans.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Interactions<\/h3>\n<p>L&rsquo;effet s\u00e9datif de l&rsquo;huile essentielle peut potentialiser l&rsquo;action des m\u00e9dicaments s\u00e9datifs (benzodiaz\u00e9pines, antihistaminiques H1 s\u00e9datifs, opio\u00efdes). L&rsquo;effet \u0153strog\u00e8ne-like peut interf\u00e9rer avec les traitements hormonaux (contraceptifs oraux, traitement hormonal substitutif, tamoxif\u00e8ne, inhibiteurs d&rsquo;aromatase). L&rsquo;association avec l&rsquo;alcool est d\u00e9conseill\u00e9e (potentialisation r\u00e9ciproque de l&rsquo;effet s\u00e9datif). Traditionnellement, on rapporte que la consommation de sauge sclar\u00e9e potentialise les effets de l&rsquo;ivresse alcoolique, ce qui constitue une observation empirique coh\u00e9rente avec la pharmacologie GABAergique de l&rsquo;huile essentielle.<\/p>\n<h3>D. Sensibilisation cutan\u00e9e<\/h3>\n<p>Le <strong>linalol<\/strong> s&rsquo;oxyde au contact de l&rsquo;air en hydroperoxydes allergisants. L&rsquo;huile essentielle mal conserv\u00e9e (oxyd\u00e9e) peut provoquer des dermatites de contact allergiques. La conservation en flacon ambr\u00e9, bien ferm\u00e9, \u00e0 l&rsquo;abri de la chaleur et de la lumi\u00e8re, est imp\u00e9rative. La dur\u00e9e de conservation recommand\u00e9e est de 2 \u00e0 3 ans apr\u00e8s ouverture.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usage culinaire<\/h3>\n<p>Les feuilles fra\u00eeches de sauge sclar\u00e9e, au go\u00fbt musqu\u00e9 et l\u00e9g\u00e8rement amer, sont utilis\u00e9es de fa\u00e7on marginale en cuisine, principalement en Italie (beignets de feuilles de sauge, <em>foglie di salvia fritte<\/em>). En Allemagne et en Angleterre, les fleurs et les feuilles aromatisent des vins et des bi\u00e8res (le nom allemand <em>Muskatellersalbei<\/em>, \u00ab sauge muscatelle \u00bb, fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cet usage pour parfumer les vins muscat). L&rsquo;huile essentielle et l&rsquo;absolue sont utilis\u00e9es comme ar\u00f4mes dans l&rsquo;industrie alimentaire (confiseries, boissons, vermouths) \u00e0 des doses tr\u00e8s faibles.<\/p>\n<h3>B. Traditions populaires<\/h3>\n<p>Le nom \u00ab toute-bonne \u00bb t\u00e9moigne de l&rsquo;estime dans laquelle la sauge sclar\u00e9e \u00e9tait tenue par la m\u00e9decine populaire. Au Moyen \u00c2ge, elle \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e \u00ab herbe aux plaies \u00bb pour ses propri\u00e9t\u00e9s cicatrisantes (cataplasmes de feuilles fra\u00eeches). L&rsquo;eau distill\u00e9e de sauge sclar\u00e9e \u00e9tait employ\u00e9e en collyre pour \u00ab \u00e9claircir la vue \u00bb et soigner les ophtalmies, usage qui lui a valu son nom latin et anglais. En Provence, les femmes utilisaient traditionnellement des bains de pieds \u00e0 la sauge sclar\u00e9e pour r\u00e9gulariser les menstruations et soulager les douleurs pelviennes. La plante \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme aphrodisiaque dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Europe centrale. Les graines mucilagineuses \u00e9taient employ\u00e9es, tremp\u00e9es dans l&rsquo;eau, comme compresses \u00e9mollientes pour extraire les corps \u00e9trangers de l&rsquo;\u0153il (usage similaire \u00e0 celui des graines de <em>Plantago psyllium<\/em>). En parfumerie, le sclar\u00e9ol extrait de la sauge sclar\u00e9e est le pr\u00e9curseur industriel de l&rsquo;<strong>ambroxide<\/strong>, substitut de synth\u00e8se de l&rsquo;ambre gris (concr\u00e9tion intestinale du cachalot), dont il reproduit fid\u00e8lement les notes chaudes, bois\u00e9es et animales.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p><em>Salvia sclarea<\/em> pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique notable \u00e0 plusieurs titres. Sa floraison spectaculaire et prolong\u00e9e (juin-ao\u00fbt) fournit une ressource nectarif\u00e8re et pollinif\u00e8re abondante pour les insectes pollinisateurs, en particulier les bourdons (<em>Bombus terrestris<\/em>, <em>B. pascuorum<\/em>, <em>B. lapidarius<\/em>) et les abeilles domestiques, \u00e0 une p\u00e9riode de l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 les ressources florales commencent \u00e0 se rar\u00e9fier dans les pelouses s\u00e8ches m\u00e9diterran\u00e9ennes. Le m\u00e9canisme de pollinisation \u00e0 bascule des \u00e9tamines constitue un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude pour l&rsquo;\u00e9cologie de la pollinisation et la co\u00e9volution plante-pollinisateur. La plante participe au maintien de la biodiversit\u00e9 des pelouses s\u00e8ches calcicoles, habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire (directive Habitats, code Natura 2000 : 6210) en voie de r\u00e9gression en Europe. En culture, les champs de sauge sclar\u00e9e constituent des refuges pour l&rsquo;entomofaune auxiliaire et les petits mammif\u00e8res, au m\u00eame titre que les champs de lavande. Les graines sont consomm\u00e9es par les passereaux granivores (chardonnerets, linottes, bruants). La culture de sauge sclar\u00e9e s&rsquo;inscrit dans les rotations culturales des exploitations de plantes \u00e0 parfum, aromatiques et m\u00e9dicinales (PPAM) du sud-est de la France, contribuant \u00e0 la diversification des paysages agricoles et \u00e0 la r\u00e9duction de la pression phytosanitaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<p>La sauge sclar\u00e9e peut \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre <em>Salvia<\/em>, mais rarement avec des plantes dangereuses :<\/p>\n<ul>\n<li><strong><em>Salvia officinalis<\/em> L. (sauge officinale) :<\/strong> confusion la plus fr\u00e9quente et la plus importante sur le plan toxicologique. La sauge officinale est un sous-arbrisseau persistant, ligneux \u00e0 la base, \u00e0 feuilles beaucoup plus petites (3-8 cm), oblongues, gris-vert, finement cr\u00e9nel\u00e9es, coriaces et persistantes (versus grandes feuilles caduques, molles et rugueuses de <em>S. sclarea<\/em>). Les fleurs sont bleu-violet, en verticilles l\u00e2ches (versus fleurs lilas p\u00e2le en grands thyrses panicul\u00e9s). L&rsquo;odeur est camphr\u00e9e et r\u00e9sineuse (versus musqu\u00e9e et ambr\u00e9e). <strong>L&rsquo;huile essentielle de sauge officinale contient de la thuyone (neurotoxique, abortive, convulsivante) et ne doit jamais \u00eatre substitu\u00e9e \u00e0 celle de sauge sclar\u00e9e.<\/strong><\/li>\n<li><strong><em>Salvia pratensis<\/em> L. (sauge des pr\u00e9s) :<\/strong> vivace herbac\u00e9e des prairies m\u00e9sophiles, \u00e0 feuilles basales cr\u00e9nel\u00e9es, rugueuses, mais plus petites que celles de <em>S. sclarea<\/em>. Les fleurs sont d&rsquo;un bleu-violet vif, en verticilles espac\u00e9s, sans les grandes bract\u00e9es color\u00e9es caract\u00e9ristiques de la sauge sclar\u00e9e. Pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat aromatique notable. Pas de toxicit\u00e9 connue.<\/li>\n<li><strong><em>Salvia verbenaca<\/em> L. (sauge verveine) :<\/strong> petite vivace (20-50 cm), feuilles irr\u00e9guli\u00e8rement lob\u00e9es, fleurs bleu p\u00e2le, petites. Se distingue par sa taille r\u00e9duite et l&rsquo;absence de pubescence glanduleuse visqueuse.<\/li>\n<li><strong><em>Salvia glutinosa<\/em> L. (sauge glutineuse) :<\/strong> esp\u00e8ce des sous-bois humides montagnards, \u00e0 feuilles hast\u00e9es et fleurs jaunes. Le toucher collant peut rappeler <em>S. sclarea<\/em>, mais la couleur des fleurs et l&rsquo;habitat forestier l\u00e8vent toute ambigu\u00eft\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>R\u00e8gle pratique pour l&rsquo;aromath\u00e9rapie :<\/strong> toujours v\u00e9rifier le nom botanique latin complet (<em>Salvia sclarea<\/em>) sur l&rsquo;\u00e9tiquette du flacon d&rsquo;huile essentielle, et non le seul nom commun \u00ab sauge \u00bb, qui est une source permanente de confusion entre les esp\u00e8ces du genre.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Salvia sclarea<\/em> L. occupe une place singuli\u00e8re dans la pharmacognosie des Lamiac\u00e9es aromatiques, \u00e0 l&rsquo;intersection de la phytoth\u00e9rapie, de l&rsquo;aromath\u00e9rapie et de la parfumerie de luxe. Son huile essentielle, domin\u00e9e par l&rsquo;<strong>ac\u00e9tate de linalyle<\/strong> et le <strong>linalol<\/strong>, offre un profil th\u00e9rapeutique orient\u00e9 vers la s\u00e9dation, l&rsquo;anxiolyse et la spasmolysie, avec un niveau de s\u00e9curit\u00e9 nettement sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la sauge officinale. Le <strong>sclar\u00e9ol<\/strong>, diterp\u00e8ne labdanique original, constitue \u00e0 la fois le fondement de l&rsquo;activit\u00e9 \u0153strog\u00e8ne-like de la plante et une mati\u00e8re premi\u00e8re industrielle de haute valeur pour la synth\u00e8se de l&rsquo;ambroxide en parfumerie.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques, bien que limit\u00e9es, sont encourageantes pour les indications de la dysm\u00e9norrh\u00e9e et de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, et justifient le d\u00e9veloppement d&rsquo;essais cliniques de plus grande envergure. La contre-indication dans les pathologies hormono-d\u00e9pendantes constitue la principale limite d&rsquo;usage. La distinction rigoureuse entre <em>Salvia sclarea<\/em> et <em>Salvia officinalis<\/em> est un imp\u00e9ratif absolu en aromath\u00e9rapie, la confusion entre ces deux esp\u00e8ces \u00e9tant potentiellement dangereuse en raison de la neurotoxicit\u00e9 de la thuyone pr\u00e9sente dans la seconde. L&rsquo;int\u00e9gration des donn\u00e9es ethnobotaniques, phytochimiques et pharmacologiques positionne la sauge sclar\u00e9e comme une plante majeure de la pharmacop\u00e9e aromatique m\u00e9diterran\u00e9enne, dont le potentiel th\u00e9rapeutique m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre pleinement explor\u00e9 par la recherche clinique contemporaine.<\/p>\n<hr>\n<h3>AROMATH\u00c9RAPIE<\/h3>\n<p><strong>Partie distill\u00e9e :<\/strong> sommit\u00e9s fleuries \u2014 distillation \u00e0 la vapeur d&#039;eau<\/p>\n<h3>Ch\u00e9motypes<\/h3>\n<p><strong>CT sclar\u00e9ol \/ ac\u00e9tate de linalyle<\/strong> \u2014 ac\u00e9tate de linalyle (50-75%)<br \/>\nAutres composants : linalol (10-25%), sclar\u00e9ol (1-6%), germacr\u00e8ne D (2-8%)<br \/>\n<em>Le sclar\u00e9ol est un diterp\u00e9nol \u00e0 activit\u00e9 oestrogen-like mod\u00e9r\u00e9e. L&#039;ac\u00e9tate de linalyle conf\u00e8re un puissant effet antispasmodique et relaxant. Beaucoup plus s\u00fbre que la sauge officinale.<\/em><\/p>\n<h3>Voies d&rsquo;administration<\/h3>\n<p><strong>Voie cutan\u00e9e :<\/strong> 20-30% dans une huile v\u00e9g\u00e9tale<br \/>\nPosologie : 2 \u00e0 3 applications par jour en massage sur le bas-ventre ou le plexus solaire<br \/>\nIndication : Douleurs menstruelles, bouff\u00e9es de chaleur, stress<\/p>\n<p><strong>Voie orale :<\/strong> 1 \u00e0 2 gouttes sur comprim\u00e9 neutre<br \/>\nPosologie : 2 fois par jour, en deuxi\u00e8me partie de cycle ou selon besoin<br \/>\nIndication : Troubles pr\u00e9menstruels, m\u00e9nopause, spasmes<\/p>\n<p><strong>Voie diffusion :<\/strong> 5 \u00e0 10 gouttes<br \/>\nPosologie : 15 \u00e0 20 minutes<br \/>\nIndication : Relaxation, atmosph\u00e8re apaisante, stress<\/p>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s<\/h3>\n<ul>\n<li>oestrogen-like mod\u00e9r\u00e9<\/li>\n<li>antispasmodique<\/li>\n<li>relaxant nerveux<\/li>\n<li>r\u00e9gulatrice du cycle menstruel<\/li>\n<li>tonique du cuir chevelu<\/li>\n<li>anti-transpirante<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u26a0\ufe0f Contre-indications :<\/strong> grossesse et allaitement, cancers hormonod\u00e9pendants, mastose, endom\u00e9triose, fibromes ut\u00e9rins, enfants avant la pubert\u00e9<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 :<\/strong> Faible toxicit\u00e9 aux doses recommand\u00e9es. Pas de thuyone contrairement \u00e0 la sauge officinale. Le sclar\u00e9ol est un perturbateur endocrinien mod\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions :<\/strong> Ne pas confondre avec la sauge officinale (beaucoup plus toxique). Ne pas associer avec l&#039;alcool (risque de naus\u00e9es et somnolence accrue). Effet oestrogen-like \u00e0 prendre en compte chez les femmes avec ant\u00e9c\u00e9dents hormonaux.<\/p>\n<h3>Associations synergiques<\/h3>\n<ul>\n<li>Lavande vraie (d\u00e9tente, douleurs menstruelles)<\/li>\n<li>Ylang-ylang (\u00e9quilibre hormonal)<\/li>\n<li>G\u00e9ranium rosat (soins cutan\u00e9s, f\u00e9minit\u00e9)<\/li>\n<li>Petit grain bigarade (stress)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. M\u00e8ze : Biotope \u00c9ditions ; 2014.<\/li>\n<li>Franchomme P., Jollois R., P\u00e9no\u00ebl D. <em>L&rsquo;aromath\u00e9rapie exactement<\/em>. Limoges : Roger Jollois ; 2001.<\/li>\n<li>Tisserand R., Young R. <em>Essential Oil Safety \u2014 A Guide for Health Care Professionals<\/em>. 2<sup>nd<\/sup> ed. Edinburgh : Churchill Livingstone\/Elsevier ; 2014.<\/li>\n<li>ESCOP Monographs. <em>Salviae officinalis folium<\/em>. 2<sup>nd<\/sup> ed. Stuttgart : Thieme ; 2003.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e Europ\u00e9enne, 11<sup>e<\/sup> \u00e9dition. Strasbourg : EDQM, Conseil de l&rsquo;Europe.<\/li>\n<li>Han S.H., Hur M.H., Buckle J., Choi J., Lee M.S. Effect of aromatherapy on symptoms of dysmenorrhea in college students: a randomized placebo-controlled clinical trial. <em>Journal of Alternative and Complementary Medicine<\/em>. 2006 ; 12(6) : 535-541.<\/li>\n<li>Ou M.C., Hsu T.F., Lai A.C., Lin Y.T., Lin C.C. Pain relief assessment by aromatic essential oil massage on outpatients with primary dysmenorrhea. <em>Journal of Obstetrics and Gynaecology Research<\/em>. 2012 ; 38(5) : 817-822.<\/li>\n<li>Lee K.B., Cho E., Kang Y.S. Changes in 5-hydroxytryptamine and cortisol plasma levels in menopausal women after inhalation of clary sage oil. <em>Phytotherapy Research<\/em>. 2014 ; 28(11) : 1599-1605.<\/li>\n<li>Pitarokili D., Couladis M., Petsikos-Panayotarou N., Tzakou O. Composition and antifungal activity of the essential oil of <em>Salvia sclarea<\/em> from Greece. <em>Journal of Essential Oil Research<\/em>. 2002 ; 14(5) : 330-332.<\/li>\n<li>Ulubelen A., Topcu G., Johansson C.B. Norditerpenoids and diterpenoids from <em>Salvia<\/em> multicaulis with antituberculous activity. <em>Journal of Natural Products<\/em>. 1997 ; 60(12) : 1275-1280.<\/li>\n<li>Wichtl M., Anton R. <em>Plantes th\u00e9rapeutiques \u2014 Tradition, pratique officinale, science et th\u00e9rapeutique<\/em>. 2<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2003.<\/li>\n<li>Coste H. <em>Flore descriptive et illustr\u00e9e de la France, de la Corse et des contr\u00e9es limitrophes<\/em>. Paris : Albert Blanchard ; r\u00e9\u00e9dition 1998.<\/li>\n<li>Couladis M., Tzakou O., Verykokidou E., Harvala C. Screening of some Greek aromatic plants for antioxidant activity. <em>Phytotherapy Research<\/em>. 2003 ; 17(2) : 194-195.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Emm\u00e9nagogue \/ r\u00e9gulateur (tradition)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antisudoral<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sauge sclar\u00e9e, Salvia sclarea L., est une Lamiac\u00e9e majestueuse du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en dont l&rsquo;huile essentielle, domin\u00e9e par l&rsquo;ac\u00e9tate de linalyle et le linalol, a [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-8837","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lamiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8837","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8837"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8837\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14249,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8837\/revisions\/14249"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8837"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8837"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8837"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}