{"id":8838,"date":"2026-04-23T12:00:56","date_gmt":"2026-04-23T10:00:56","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/orme-champetre\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"orme-champetre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/orme-champetre\/","title":{"rendered":"ORME CHAMP\u00caTRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Orme%20champ%C3%AAtre.jpg\" alt=\"Planche botanique Orme champ\u00eatre\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>L&rsquo;orme champ\u00eatre, arbre majestueux des campagnes europ\u00e9ennes, occupe une place singuli\u00e8re dans l&rsquo;histoire de la phytoth\u00e9rapie occidentale. Jadis omnipr\u00e9sent dans les haies bocag\u00e8res, les places de village et les ripisylves de plaine, <em>Ulmus minor<\/em> Mill. a vu ses populations d\u00e9cim\u00e9es par la graphiose, pand\u00e9mie fongique qui a profond\u00e9ment reconfigur\u00e9 les paysages ruraux \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970. Cette catastrophe sanitaire a paradoxalement raviv\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour cet arbre dont l&rsquo;\u00e9corce interne constituait l&rsquo;un des piliers de la mati\u00e8re m\u00e9dicale populaire europ\u00e9enne, utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 pour ses vertus d\u00e9puratives et cicatrisantes.<\/p>\n<p>Du point de vue pharmacognosique, l&rsquo;orme champ\u00eatre pr\u00e9sente un profil phytochimique remarquable domin\u00e9 par les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins cat\u00e9chiques<\/a>, les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a> uroniques et les phytost\u00e9rols, qui fondent ses indications traditionnelles dans les affections cutan\u00e9es chroniques. La gemmoth\u00e9rapie contemporaine a renouvel\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour cette esp\u00e8ce en exploitant le potentiel th\u00e9rapeutique de ses bourgeons frais, riches en facteurs de croissance v\u00e9g\u00e9taux et en compos\u00e9s ph\u00e9noliques, dans la prise en charge des dermatoses suintantes et des \u00e9tats dysr\u00e9actifs. L&rsquo;orme champ\u00eatre constitue ainsi un exemple \u00e9loquent de la continuit\u00e9 entre savoir empirique ancestral et approche pharmacologique moderne, m\u00e9ritant une r\u00e9\u00e9valuation approfondie \u00e0 la lumi\u00e8re des connaissances actuelles en pharmacognosie.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;orme champ\u00eatre appartient \u00e0 la famille des <strong>Ulmaceae<\/strong> (Ulmac\u00e9es), ordre des Rosales selon la classification APG IV (2016). Cette famille, d&rsquo;origine ancienne, regroupe environ 6 genres et 35 esp\u00e8ces d&rsquo;arbres et d&rsquo;arbustes r\u00e9partis principalement dans les zones temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. Le genre <em>Ulmus<\/em> L. comprend une quarantaine d&rsquo;esp\u00e8ces, dont plusieurs sont indig\u00e8nes en Europe.<\/p>\n<h3>A. Position syst\u00e9matique<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Clade :<\/strong> Angiospermes, Eudicotyl\u00e9dones, Rosid\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Rosales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Ulmaceae Mirb.<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Ulmus<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Ulmus minor<\/em> Mill. (1768)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Synonymes et noms vernaculaires<\/h3>\n<p>Les synonymes taxonomiques sont nombreux, reflet d&rsquo;une histoire nomenclaturale complexe : <em>Ulmus campestris<\/em> L. (nom ambigu, rejet\u00e9), <em>Ulmus carpinifolia<\/em> Gled., <em>Ulmus nitens<\/em> Moench, <em>Ulmus foliacea<\/em> Gilib. Le nom <em>Ulmus minor<\/em> Mill. est aujourd&rsquo;hui le nom accept\u00e9 selon la nomenclature internationale.<\/p>\n<p>Les noms vernaculaires fran\u00e7ais incluent : orme champ\u00eatre, orme cili\u00e9, petit orme, ormeau, orme \u00e0 petites feuilles, ypr\u00e9au (dans le nord de la France). En anglais : <em>field elm<\/em>, <em>smooth-leaved elm<\/em> ; en allemand : <em>Feldulme<\/em> ; en espagnol : <em>olmo com\u00fan<\/em> ; en italien : <em>olmo campestre<\/em>.<\/p>\n<h3>C. \u00c9tymologie<\/h3>\n<p>Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Ulmus<\/em> d\u00e9rive directement du latin classique <em>ulmus<\/em>, d\u00e9signant d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;orme chez les auteurs romains (Virgile, Pline l&rsquo;Ancien). Ce terme pourrait lui-m\u00eame provenir d&rsquo;une racine indo-europ\u00e9enne *el- signifiant \u00ab rouge, brun \u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la couleur du bois. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>minor<\/em> (\u00ab plus petit \u00bb) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la taille des feuilles, comparativement plus r\u00e9duites que celles de l&rsquo;orme lisse (<em>Ulmus laevis<\/em>). Le nom fran\u00e7ais \u00ab orme \u00bb est issu du latin <em>ulmus<\/em> par \u00e9volution phon\u00e9tique romane.<\/p>\n<h3>D. Sous-esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s<\/h3>\n<p>La taxonomie infrasp\u00e9cifique d&rsquo;<em>Ulmus minor<\/em> est particuli\u00e8rement d\u00e9licate en raison de la forte variabilit\u00e9 morphologique et de l&rsquo;hybridation fr\u00e9quente avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre. On distingue notamment :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Ulmus minor<\/em> subsp. <em>minor<\/em> \u2014 la forme type, largement r\u00e9pandue en Europe occidentale et m\u00e9ridionale<\/li>\n<li><em>Ulmus minor<\/em> subsp. <em>canescens<\/em> (Melville) Browicz &amp; Ziel. \u2014 \u00e0 pubescence plus marqu\u00e9e, pr\u00e9sente en M\u00e9diterran\u00e9e orientale<\/li>\n<li><em>Ulmus minor<\/em> var. <em>suberosa<\/em> (Moench) Rehder \u2014 forme \u00e0 rameaux li\u00e9geux, assez fr\u00e9quente dans le sud de la France<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;hybridation avec <em>Ulmus glabra<\/em> Huds. produit l&rsquo;orme de Hollande (<em>Ulmus<\/em> \u00d7 <em>hollandica<\/em> Mill.), autrefois tr\u00e8s plant\u00e9 en alignement urbain.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>L&rsquo;orme champ\u00eatre est un arbre caducifoli\u00e9 de grande taille, pouvant atteindre 25 \u00e0 35 m\u00e8tres de hauteur dans des conditions optimales, avec un tronc droit atteignant 1 \u00e0 1,5 m\u00e8tre de diam\u00e8tre. Le port est variable selon les conditions stationnelles : colonnaire et \u00e9lanc\u00e9 en peuplement ferm\u00e9, largement \u00e9tal\u00e9 et h\u00e9misph\u00e9rique en situation isol\u00e9e, avec une cime dense et arrondie caract\u00e9ristique. Le mod\u00e8le architectural correspond au mod\u00e8le de Troll, avec des axes sympodiques et une ramification plagiotrope marqu\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce, d&rsquo;abord lisse et gris-brun sur les jeunes sujets, se fissure longitudinalement avec l&rsquo;\u00e2ge pour former un rhytidome profond\u00e9ment crevass\u00e9, \u00e0 \u00e9cailles rectangulaires brun\u00e2tres. L&rsquo;\u00e9corce interne (liber), partie officinale, est de couleur rouge\u00e2tre \u00e0 brun ros\u00e9, mucilagineuse au toucher, \u00e0 saveur l\u00e9g\u00e8rement astringente puis adoucissante.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Rameaux :<\/strong> les rameaux de l&rsquo;ann\u00e9e sont fins, pubescents, brun rouge\u00e2tre, parfois munis d&rsquo;ailes li\u00e9geuses caract\u00e9ristiques (surtout chez la var. <em>suberosa<\/em>). Les bourgeons sont ovo\u00efdes, aigus, de 3 \u00e0 5 mm, \u00e0 \u00e9cailles brun fonc\u00e9, pubescentes sur les marges. La disposition des bourgeons est alterne et distique, caract\u00e8re partag\u00e9 par l&rsquo;ensemble du genre.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> les feuilles sont alternes, simples, de forme ovale \u00e0 elliptique-obovale, mesurant 4 \u00e0 10 cm de long sur 3 \u00e0 6 cm de large. Le limbe est fortement asym\u00e9trique \u00e0 la base (caract\u00e8re diagnostique majeur du genre <em>Ulmus<\/em>), \u00e0 apex acumin\u00e9, \u00e0 marge doublement dent\u00e9e en scie. La face sup\u00e9rieure est vert fonc\u00e9, luisante, glabre ou scabre au toucher ; la face inf\u00e9rieure plus claire, glabre ou faiblement pubescente aux aisselles des nervures (domaties). La nervation est penn\u00e9e, crasp\u00e9dodrome, avec 7 \u00e0 12 paires de nervures secondaires. Le p\u00e9tiole est court, de 5 \u00e0 12 mm, pubescent.<\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me racinaire :<\/strong> le syst\u00e8me racinaire est puissant, d&rsquo;abord pivotant chez le jeune sujet, devenant progressivement tra\u00e7ant avec l&rsquo;\u00e2ge. Les racines superficielles sont fortement drageonnantes, caract\u00e8re biologique essentiel qui assure la survie de l&rsquo;esp\u00e8ce face \u00e0 la graphiose : les drageons permettent la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration clonale m\u00eame apr\u00e8s la mort du tronc principal. Des mycorhizes arbusculaires (Glom\u00e9romyc\u00e8tes) sont syst\u00e9matiquement associ\u00e9es aux racines.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> les fleurs sont rassembl\u00e9es en glom\u00e9rules denses, sessiles ou subsessiles, dispos\u00e9s le long des rameaux de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Chaque glom\u00e9rule comprend 10 \u00e0 30 fleurs, apparaissant avant les feuilles (floraison pr\u00e9coce, prot\u00e9rante).<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> les fleurs sont hermaphrodites (rarement unisexu\u00e9es par avortement), petites (3 \u00e0 5 mm), actinomorphes. Le p\u00e9rianthe est simple, form\u00e9 de 4 \u00e0 5 t\u00e9pales soud\u00e9s en une cupule verd\u00e2tre \u00e0 rouge\u00e2tre, campanul\u00e9e. La floraison est an\u00e9mophile.<\/p>\n<p><strong>Androc\u00e9e :<\/strong> il comprend 4 \u00e0 5 \u00e9tamines, isost\u00e9mones, oppos\u00e9es aux t\u00e9pales, \u00e0 filets allong\u00e9s et \u00e0 anth\u00e8res biloculaires, introrses, de couleur pourpre vif au stade anth\u00e8se. Le pollen est lib\u00e9r\u00e9 en abondance au d\u00e9but du printemps.<\/p>\n<p><strong>Gyn\u00e9c\u00e9e :<\/strong> l&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, bicarpell\u00e9, uniloculaire, contenant un seul ovule anatrope pendant. Les deux styles divergents portent des stigmates plumeux, papilleux, r\u00e9ceptifs sur leur face interne.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> le fruit est une samare aplatie, orbiculaire \u00e0 obovale, de 10 \u00e0 20 mm de diam\u00e8tre, \u00e0 aile membraneuse entourant la graine. La graine est excentr\u00e9e, situ\u00e9e vers le sommet de la samare (caract\u00e8re distinctif par rapport \u00e0 <em>U. glabra<\/em> o\u00f9 elle est plus centrale). Les samares m\u00fbrissent rapidement et sont dispers\u00e9es par le vent (an\u00e9mochorie) en avril-mai, avant le plein d\u00e9veloppement du feuillage.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> f\u00e9vrier \u00e0 avril selon la latitude et l&rsquo;altitude. La pollinisation est essentiellement an\u00e9mophile, avec une protogynie marqu\u00e9e favorisant l&rsquo;allogamie.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie et biologie reproductive<\/h3>\n<p>L&rsquo;orme champ\u00eatre est l&rsquo;un des premiers arbres \u00e0 fleurir dans les campagnes fran\u00e7aises, d\u00e8s la mi-f\u00e9vrier dans le Midi, en mars-avril plus au nord. La fructification est rapide (6 \u00e0 8 semaines apr\u00e8s la f\u00e9condation) et les samares sont dispers\u00e9es avant le plein d\u00e9bourrement foliaire. Cette strat\u00e9gie ph\u00e9nologique pr\u00e9coce optimise la diss\u00e9mination an\u00e9mochore avant que le couvert foliaire ne constitue un obstacle. La germination est \u00e9pig\u00e9e et imm\u00e9diate (esp\u00e8ce \u00e0 semences r\u00e9calcitrantes, sans dormance). La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par drageonnement est tr\u00e8s active et repr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui le principal mode de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de l&rsquo;esp\u00e8ce, conf\u00e9rant aux populations d&rsquo;ormes une structure clonale marqu\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>L&rsquo;orme champ\u00eatre est une esp\u00e8ce m\u00e9sophile \u00e0 m\u00e9sox\u00e9rophile, h\u00e9liophile \u00e0 semi-h\u00e9liophile, thermophile, caract\u00e9ristique des stations de plaine et des basses collines. Il affectionne les sols profonds, riches en bases, argilo-limoneux \u00e0 argilo-calcaires, \u00e0 bonne r\u00e9serve hydrique mais correctement drain\u00e9s. Son optimum \u00e9cologique se situe dans les vall\u00e9es alluviales, les haies bocag\u00e8res sur sols frais et fertiles, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res et les ripisylves de basse altitude.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un arbre des \u00e9tages collin\u00e9en et planitiaire, ne d\u00e9passant gu\u00e8re 800 m d&rsquo;altitude en France. Il supporte mod\u00e9r\u00e9ment la s\u00e9cheresse estivale, ce qui explique sa pr\u00e9sence en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne, o\u00f9 il se cantonne aux stations \u00e0 compensation hydrique \u00e9daphique (vall\u00e9es, bas de versant). Sa tol\u00e9rance au sel lui permet de coloniser les arri\u00e8re-dunes et certains sols littoraux.<\/p>\n<h3>B. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire naturelle d&rsquo;<em>Ulmus minor<\/em> s&rsquo;\u00e9tend sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale, depuis la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique et le Maghreb \u00e0 l&rsquo;ouest jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Asie Mineure et le Caucase \u00e0 l&rsquo;est, et depuis l&rsquo;Angleterre et le sud de la Scandinavie au nord jusqu&rsquo;\u00e0 la Cr\u00e8te et Chypre au sud. C&rsquo;est l&rsquo;orme le plus r\u00e9pandu du bassin m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<p><strong>En France,<\/strong> l&rsquo;orme champ\u00eatre \u00e9tait autrefois pr\u00e9sent dans toutes les r\u00e9gions de plaine et de colline, du Pas-de-Calais aux Pyr\u00e9n\u00e9es, de la Bretagne \u00e0 l&rsquo;Alsace. Il \u00e9tait particuli\u00e8rement abondant dans les bocages normand, vend\u00e9en, charentais et gascon, ainsi que dans les vall\u00e9es alluviales de la Loire, de la Garonne et du Rh\u00f4ne. Depuis l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de graphiose caus\u00e9e par <em>Ophiostoma novo-ulmi<\/em>, transmise par les scolytes du genre <em>Scolytus<\/em>, les grands arbres ont quasiment disparu du paysage fran\u00e7ais. L&rsquo;esp\u00e8ce persiste n\u00e9anmoins sous forme de rejets de souche et de drageons qui atteignent rarement le stade adulte avant d&rsquo;\u00eatre \u00e0 leur tour infect\u00e9s (syndrome du \u00ab buisson d&rsquo;orme \u00bb). Des programmes de s\u00e9lection de cultivars r\u00e9sistants sont en cours (INRAE, programme europ\u00e9en RESGEN).<\/p>\n<h3>C. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Phytosociologiquement, <em>Ulmus minor<\/em> est caract\u00e9ristique de plusieurs alliances :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Alno-Ulmion minoris<\/strong> Braun-Blanq. &amp; T\u00fcxen 1943 \u2014 for\u00eats alluviales \u00e0 bois dur des grandes vall\u00e9es europ\u00e9ennes, en association avec <em>Fraxinus excelsior<\/em>, <em>Quercus robur<\/em>, <em>Acer campestre<\/em><\/li>\n<li><strong>Carpinion betuli<\/strong> Issler 1931 \u2014 ch\u00eanaies-charmaies m\u00e9sophiles de plaine<\/li>\n<li><strong>Pruno-Rubion ulmifolii<\/strong> \u2014 haies et fourr\u00e9s bocagers<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il s&rsquo;associe fr\u00e9quemment au fr\u00eane commun, au ch\u00eane p\u00e9doncul\u00e9, \u00e0 l&rsquo;\u00e9rable champ\u00eatre, au noisetier et au tro\u00e8ne dans les formations semi-naturelles des paysages agricoles traditionnels.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue principale est l&rsquo;<strong>\u00e9corce interne<\/strong> (liber) des branches et du tronc, r\u00e9colt\u00e9e de pr\u00e9f\u00e9rence au printemps, lors de la mont\u00e9e de s\u00e8ve, sur des arbres de 5 \u00e0 15 ans d&rsquo;\u00e2ge (les jeunes branches sont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es pour leur richesse en mucilages). L&rsquo;\u00e9corce externe (rhytidome) est \u00e9limin\u00e9e par grattage avant le s\u00e9chage. La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente sous forme de fragments aplatis ou enroul\u00e9s, brun rouge\u00e2tre, \u00e0 cassure fibreuse, d\u00e9gageant une odeur faible et caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>Les <strong>feuilles<\/strong> sont \u00e9galement utilis\u00e9es en m\u00e9decine populaire, r\u00e9colt\u00e9es en d\u00e9but d&rsquo;\u00e9t\u00e9 (juin-juillet) et s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre. Elles sont moins riches en mucilages que l&rsquo;\u00e9corce mais contiennent des flavono\u00efdes int\u00e9ressants.<\/p>\n<p>En <strong>gemmoth\u00e9rapie<\/strong>, les bourgeons frais sont r\u00e9colt\u00e9s au stade de gonflement, juste avant le d\u00e9bourrement (fin f\u00e9vrier \u00e0 mars), et mis en mac\u00e9ration dans un m\u00e9lange alcool-glyc\u00e9rine-eau. Le mac\u00e9rat glyc\u00e9rin\u00e9 d&rsquo;orme champ\u00eatre (Ulmus minor Gemmae) est inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Le s\u00e9chage de l&rsquo;\u00e9corce s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;air libre, \u00e0 l&rsquo;ombre et en couche mince, ou en s\u00e9choir ventil\u00e9 \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e (ne d\u00e9passant pas 40 \u00b0C pour pr\u00e9server les mucilages). La conservation se fait en r\u00e9cipient herm\u00e9tique, \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;humidit\u00e9, pour une dur\u00e9e maximale de 18 mois.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil phytochimique de l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;<em>Ulmus minor<\/em> est domin\u00e9 par trois grandes classes de m\u00e9tabolites secondaires : les tanins, les mucilages et les st\u00e9rols, auxquels s&rsquo;ajoutent des compos\u00e9s ph\u00e9noliques vari\u00e9s.<\/p>\n<h3>A. Tanins<\/h3>\n<p>Les tanins repr\u00e9sentent 3 \u00e0 6 % de la drogue s\u00e8che (\u00e9corce). Il s&rsquo;agit principalement de <strong>tanins condens\u00e9s<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) de type cat\u00e9chique, form\u00e9s par polym\u00e9risation de la <strong>(+)-cat\u00e9chine<\/strong> et de l&rsquo;<strong>(-)-\u00e9picat\u00e9chine<\/strong>. On identifie \u00e9galement des <strong>procyanidines B1, B2 et B3<\/strong>, dim\u00e8res \u00e0 liaison interflavano\u00efde 4\u21928 ou 4\u21926. Des <strong>tanins hydrolysables<\/strong> (ellagitanins) sont pr\u00e9sents en moindre proportion.<\/p>\n<h3>B. Mucilages<\/h3>\n<p>Les mucilages constituent 3 \u00e0 8 % de l&rsquo;\u00e9corce interne fra\u00eeche. Ce sont des <strong>h\u00e9t\u00e9ropolysaccharides acides<\/strong> de type uronique, compos\u00e9s principalement de cha\u00eenes de <strong>rhamnogalacturonanes<\/strong> associ\u00e9es \u00e0 des r\u00e9sidus de <strong>galactose<\/strong>, d&rsquo;<strong>arabinose<\/strong>, de <strong>xylose<\/strong> et d&rsquo;<strong>acide galacturonique<\/strong>. Leur pouvoir gonflant et \u00e9mollient est responsable des propri\u00e9t\u00e9s adoucissantes de la drogue.<\/p>\n<h3>C. Phytost\u00e9rols et triterp\u00e8nes<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce contient des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> libres et est\u00e9rifi\u00e9s, notamment le <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, le <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong> et le <strong>campest\u00e9rol<\/strong>, ainsi que des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a> pentacycliques<\/strong> de type lupane : <strong>b\u00e9tuline<\/strong>, <strong>acide b\u00e9tulinique<\/strong> et <strong>lup\u00e9ol<\/strong>. Ces compos\u00e9s contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et antiprurigineuses.<\/p>\n<h3>D. Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>On identifie dans l&rsquo;\u00e9corce et les feuilles des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide <strong>chlorog\u00e9nique<\/strong>, acide <strong>caf\u00e9ique<\/strong>, acide <strong>gallique<\/strong>), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> glycosyl\u00e9s \u2014 notamment la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-O-glucoside<\/strong> (isoquercitrine), la <strong>querc\u00e9tine-3-O-rutinoside<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>), le <strong>kaempf\u00e9rol-3-O-glucoside<\/strong> (astragaline) \u2014 ainsi que des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignanes<\/a><\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> (dont la <strong>scopol\u00e9tine<\/strong>).<\/p>\n<h3>E. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Les bourgeons utilis\u00e9s en gemmoth\u00e9rapie concentrent, outre les compos\u00e9s pr\u00e9cit\u00e9s, des <strong>auxines<\/strong>, des <strong>gibb\u00e9rellines<\/strong> et des <strong>cytokinines<\/strong> v\u00e9g\u00e9tales, ainsi que des acides amin\u00e9s libres, des vitamines (C, groupe B) et des oligo\u00e9l\u00e9ments (zinc, mangan\u00e8se, cuivre). L&rsquo;\u00e9corce contient \u00e9galement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a><\/strong> en faible quantit\u00e9 et des <strong>alcools sesquiterp\u00e9niques<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 d\u00e9purative et drainante<\/h3>\n<p>L&rsquo;action d\u00e9purative traditionnellement attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;orme repose sur plusieurs m\u00e9canismes compl\u00e9mentaires. Les <strong>mucilages<\/strong> exercent un effet laxatif doux par augmentation du bol f\u00e9cal et stimulation du p\u00e9ristaltisme intestinal, favorisant l&rsquo;\u00e9limination des toxines par voie digestive. Les <strong>tanins cat\u00e9chiques<\/strong> exercent un effet astringent mod\u00e9r\u00e9 sur la muqueuse intestinale, r\u00e9gulant les \u00e9changes hydro\u00e9lectrolytiques et limitant la r\u00e9absorption de m\u00e9tabolites toxiques. Cette double action mucilage-tanin constitue le fondement pharmacologique de l&rsquo;usage d\u00e9puratif.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>Les proanthocyanidines et les flavono\u00efdes de l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme exercent une activit\u00e9 anti-inflammatoire par inhibition de la voie <strong>NF-\u03baB<\/strong> (nuclear factor kappa B), r\u00e9duisant l&rsquo;expression des g\u00e8nes codant pour les cytokines pro-inflammatoires (<strong>TNF-\u03b1<\/strong>, <strong>IL-1\u03b2<\/strong>, <strong>IL-6<\/strong>). L&rsquo;<strong>acide b\u00e9tulinique<\/strong> et le <strong>lup\u00e9ol<\/strong> inhibent les enzymes <strong>COX-2<\/strong> (cyclo-oxyg\u00e9nase 2) et <strong>5-LOX<\/strong> (5-lipoxyg\u00e9nase), r\u00e9duisant la synth\u00e8se des prostaglandines E<sub>2<\/sub> et des leucotri\u00e8nes B<sub>4<\/sub> impliqu\u00e9s dans l&rsquo;inflammation cutan\u00e9e. Le <strong>\u03b2-sitost\u00e9rol<\/strong> module la r\u00e9ponse immunitaire en r\u00e9\u00e9quilibrant le ratio lymphocytaire Th1\/Th2, ce qui justifie son int\u00e9r\u00eat dans les dermatoses allergiques.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 cicatrisante et dermoprotectrice<\/h3>\n<p>Les mucilages forment un film protecteur et hydratant sur les muqueuses et la peau l\u00e9s\u00e9e, favorisant la r\u00e9-\u00e9pith\u00e9lialisation. Les tanins condens\u00e9s exercent un effet astringent qui resserre les tissus, r\u00e9duit les exsudats et cr\u00e9e un microenvironnement d\u00e9favorable \u00e0 la prolif\u00e9ration microbienne. Les <strong>procyanidines<\/strong> stimulent la synth\u00e8se de collag\u00e8ne par les fibroblastes dermiques <em>in vitro<\/em> et inhibent les <strong>m\u00e9talloprot\u00e9inases matricielles<\/strong> (MMP-1, MMP-3) responsables de la d\u00e9gradation du tissu conjonctif.<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 antimicrobienne<\/h3>\n<p>Les extraits hydro-alcooliques d&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme montrent une activit\u00e9 bact\u00e9riostatique mod\u00e9r\u00e9e <em>in vitro<\/em> contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Propionibacterium acnes<\/em> et <em>Streptococcus pyogenes<\/em>, bact\u00e9ries fr\u00e9quemment impliqu\u00e9es dans les surinfections cutan\u00e9es. Cette activit\u00e9 est attribu\u00e9e principalement aux tanins et aux acides ph\u00e9noliques, qui perturbent l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des membranes bact\u00e9riennes et inhibent les enzymes extracellulaires.<\/p>\n<h3>E. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol) et les procyanidines sont de puissants pi\u00e9geurs de radicaux libres (esp\u00e8ces r\u00e9actives de l&rsquo;oxyg\u00e8ne \u2014 ERO), prot\u00e9geant les membranes cellulaires de la peroxydation lipidique. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante mesur\u00e9e par les tests <strong>DPPH<\/strong> et <strong>ORAC<\/strong> est significative pour les extraits d&rsquo;\u00e9corce, contribuant \u00e0 la protection cutan\u00e9e contre le stress oxydatif.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques formelles concernant <em>Ulmus minor<\/em> restent limit\u00e9es. Aucun essai clinique randomis\u00e9 en double aveugle n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 ce jour sur l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme champ\u00eatre sp\u00e9cifiquement. La majorit\u00e9 des donn\u00e9es reposent sur la tradition d&rsquo;usage, les monographies de phytoth\u00e9rapie classique et les \u00e9tudes <em>in vitro<\/em>.<\/p>\n<h3>A. Tradition d&rsquo;usage document\u00e9e<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage de l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme champ\u00eatre dans les affections cutan\u00e9es est attest\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride (<em>De Materia Medica<\/em>, I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle) mentionne l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme en application externe pour les ulc\u00e8res et les dartres. Matthiole (XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) recommande la d\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce en lavages et cataplasmes contre les dermatoses prurigineuses. Henri Leclerc (1935), dans son <em>Pr\u00e9cis de Phytoth\u00e9rapie<\/em>, consacre un chapitre \u00e0 l&rsquo;orme comme \u00ab grand rem\u00e8de des maladies de peau \u00bb et rapporte de nombreuses observations cliniques favorables dans l&rsquo;ecz\u00e9ma, l&rsquo;acn\u00e9, le psoriasis et les dermatoses s\u00e8ches ou suintantes.<\/p>\n<h3>B. Gemmoth\u00e9rapie<\/h3>\n<p>Le mac\u00e9rat glyc\u00e9rin\u00e9 de bourgeons d&rsquo;orme champ\u00eatre est largement prescrit en gemmoth\u00e9rapie pour les dermatoses chroniques (ecz\u00e9ma atopique, acn\u00e9 juv\u00e9nile, furonculose, psoriasis). Les travaux de Pol Henry et de Max T\u00e9tau, fondateurs de la gemmoth\u00e9rapie, ont d\u00e9crit son tropisme pour la peau et les \u00e9monctoires. Si ces observations cliniques n&rsquo;ont pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;essais contr\u00f4l\u00e9s au sens strict, la coh\u00e9rence des indications avec le profil pharmacologique de la drogue (anti-inflammatoire, d\u00e9puratif, cicatrisant) renforce leur plausibilit\u00e9 biologique.<\/p>\n<h3>C. Donn\u00e9es pr\u00e9cliniques pertinentes<\/h3>\n<p>Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> sur des esp\u00e8ces proches (<em>Ulmus rubra<\/em> Muhl., l&rsquo;orme rouge am\u00e9ricain) ont confirm\u00e9 les activit\u00e9s anti-inflammatoire, antioxydante et cicatrisante des mucilages et des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> d&rsquo;\u00e9corce, r\u00e9sultats extrapolables avec prudence \u00e0 <em>U. minor<\/em> compte tenu de la parent\u00e9 phytochimique. L&rsquo;usage traditionnel de l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme est reconnu dans les affections cutan\u00e9es mineures et comme \u00e9mollient.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Tanins condens\u00e9s<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>(+)-cat\u00e9chine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>(-)-\u00e9picat\u00e9chine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Procyanidines b1, b2 et b3<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins hydrolysables<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<h3>A. D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce<\/h3>\n<p>Faire bouillir 30 \u00e0 50 g d&rsquo;\u00e9corce interne s\u00e9ch\u00e9e et concass\u00e9e dans un litre d&rsquo;eau pendant 10 \u00e0 15 minutes. Filtrer apr\u00e8s infusion de 10 minutes suppl\u00e9mentaires. Posologie : 2 \u00e0 3 tasses par jour en cure de 3 semaines, \u00e0 renouveler apr\u00e8s une semaine de pause. La d\u00e9coction peut aussi servir en usage externe (compresses, lavages) sur les dermatoses.<\/p>\n<h3>B. Mac\u00e9rat glyc\u00e9rin\u00e9 de bourgeons (gemmoth\u00e9rapie)<\/h3>\n<p>Mac\u00e9rat-m\u00e8re concentr\u00e9 (D1) : prendre 5 \u00e0 15 gouttes par jour, pures ou dilu\u00e9es dans un peu d&rsquo;eau, en dehors des repas. En mac\u00e9rat dilu\u00e9 (1DH) selon la m\u00e9thode de Pol Henry : 50 \u00e0 100 gouttes par jour en 2 \u00e0 3 prises. Cure de 21 jours, renouvelable.<\/p>\n<h3>C. Teinture-m\u00e8re (TM)<\/h3>\n<p>Pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;\u00e9corce fra\u00eeche dans de l&rsquo;alcool \u00e0 65\u00b0 selon les r\u00e8gles de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Posologie : 30 \u00e0 50 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour, dilu\u00e9es dans un verre d&rsquo;eau.<\/p>\n<h3>D. Poudre d&rsquo;\u00e9corce<\/h3>\n<p>La poudre micronis\u00e9e d&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme peut \u00eatre conditionn\u00e9e en g\u00e9lules de 250 \u00e0 400 mg. Posologie : 2 \u00e0 4 g\u00e9lules par jour, au moment des repas, avec un grand verre d&rsquo;eau.<\/p>\n<h3>E. Usage externe<\/h3>\n<p>Cataplasme d&rsquo;\u00e9corce r\u00e9duite en poudre, m\u00eal\u00e9e \u00e0 de l&rsquo;eau ti\u00e8de pour former une p\u00e2te, appliqu\u00e9 sur les l\u00e9sions cutan\u00e9es pendant 20 \u00e0 30 minutes. Lotion astringente pr\u00e9par\u00e9e avec la d\u00e9coction refroidie, appliqu\u00e9e en compresses 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<h3>A. Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme champ\u00eatre est consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9nu\u00e9e de toxicit\u00e9 significative aux doses th\u00e9rapeutiques habituelles. Aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. La DL<sub>50<\/sub> des extraits hydro-alcooliques n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e formellement mais est estim\u00e9e tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e. Les mucilages, en raison de leur tr\u00e8s faible absorption intestinale, ne pr\u00e9sentent aucun risque syst\u00e9mique.<\/p>\n<h3>B. Contre-indications<\/h3>\n<ul>\n<li>Hypersensibilit\u00e9 connue aux Ulmac\u00e9es (rare mais th\u00e9oriquement possible)<\/li>\n<li>Par principe de pr\u00e9caution, l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 suffisantes<\/li>\n<li>Les tanins peuvent irriter les muqueuses digestives fragiles en cas de gastrite ou d&rsquo;ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal actif<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les mucilages peuvent th\u00e9oriquement diminuer l&rsquo;absorption intestinale de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment (effet barri\u00e8re). Il est recommand\u00e9 de respecter un intervalle de 2 heures entre la prise de pr\u00e9parations d&rsquo;orme et d&rsquo;autres m\u00e9dicaments par voie orale. Les tanins peuvent complexer les sels de fer et r\u00e9duire leur biodisponibilit\u00e9 ; un espacement des prises est \u00e9galement conseill\u00e9 en cas de suppl\u00e9mentation martiale.<\/p>\n<h3>D. Effets ind\u00e9sirables<\/h3>\n<p>\u00c0 doses \u00e9lev\u00e9es, les tanins peuvent provoquer des troubles digestifs mineurs (naus\u00e9es, constipation). En usage externe, aucune r\u00e9action d&rsquo;hypersensibilit\u00e9 cutan\u00e9e n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usages alimentaires<\/h3>\n<p>Les jeunes feuilles d&rsquo;orme, tendres et mucilagineuses, \u00e9taient autrefois consomm\u00e9es en salade ou en soupe dans les campagnes fran\u00e7aises, notamment en p\u00e9riode de disette. En Corse et en Sardaigne, les samares immatures (\u00ab pains d&rsquo;orme \u00bb) \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9es et mang\u00e9es crues au printemps, constituant un aliment de soudure appr\u00e9ci\u00e9. Le mucilage de l&rsquo;\u00e9corce servait d&rsquo;\u00e9paississant alimentaire dans certaines pr\u00e9parations paysannes.<\/p>\n<h3>B. Traditions populaires et ethnobotanique<\/h3>\n<p>L&rsquo;orme tenait une place majeure dans la culture rurale fran\u00e7aise. L&rsquo;expression \u00ab attendre sous l&rsquo;orme \u00bb (attendre en vain) rappelle l&rsquo;usage de planter un orme sur la place du village comme arbre de justice, sous lequel le seigneur ou le juge rendait ses sentences. L&rsquo;orme de Sully, plant\u00e9 par ordre du ministre d&rsquo;Henri IV sur les places publiques du royaume, est devenu un symbole de la permanence villageoise.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, l&rsquo;eau de d\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce \u00e9tait appliqu\u00e9e sur les plaies et les br\u00fblures, et absorb\u00e9e comme d\u00e9puratif printanier. Les tradipraticiens de l&rsquo;Ouest de la France prescrivaient des cures d&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme aux changements de saison pour \u00ab purifier le sang \u00bb, notion empirique qui rejoint les concepts modernes de drainage des \u00e9monctoires. L&rsquo;orme \u00e9tait \u00e9galement un bois tr\u00e8s utilis\u00e9 en charronnerie (moyeux de roues) et en construction navale, en raison de sa r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;eau.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>L&rsquo;orme champ\u00eatre joue un r\u00f4le \u00e9cologique consid\u00e9rable dans les agrosyst\u00e8mes europ\u00e9ens. En tant qu&rsquo;esp\u00e8ce structurante des haies bocag\u00e8res et des ripisylves, il fournit un habitat essentiel pour de nombreuses esp\u00e8ces animales. Son feuillage pr\u00e9coce offre un couvert pour les oiseaux nicheurs (merle, grive, pinson), tandis que sa floraison tr\u00e8s pr\u00e9coce constitue une source de pollen importante pour les insectes au sortir de l&rsquo;hiver.<\/p>\n<p>L&rsquo;orme est l&rsquo;h\u00f4te sp\u00e9cifique de plusieurs esp\u00e8ces de papillons, dont le <em>Robert-le-diable<\/em> (<em>Polygonia c-album<\/em>) et surtout le <em>Grande Tortue<\/em> (<em>Nymphalis polychloros<\/em>), dont les chenilles se d\u00e9veloppent exclusivement sur les Ulmac\u00e9es. La rar\u00e9faction de l&rsquo;orme a directement contribu\u00e9 au d\u00e9clin de ces l\u00e9pidopt\u00e8res en Europe occidentale.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me racinaire tra\u00e7ant de l&rsquo;orme contribue \u00e0 la stabilisation des berges et \u00e0 la protection contre l&rsquo;\u00e9rosion. Ses feuilles, riches en azote et \u00e0 d\u00e9composition rapide, am\u00e9liorent la fertilit\u00e9 des sols. La liti\u00e8re d&rsquo;orme est particuli\u00e8rement favorable \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 des vers de terre et des microorganismes d\u00e9composeurs, faisant de cette esp\u00e8ce un v\u00e9ritable ing\u00e9nieur \u00e9cosyst\u00e9mique.<\/p>\n<p>Les programmes de conservation et de r\u00e9introduction de cultivars r\u00e9sistants \u00e0 la graphiose (programme RESGEN, travaux de l&rsquo;INRAE) rev\u00eatent donc une importance \u00e9cologique majeure, bien au-del\u00e0 de la dimension paysag\u00e8re et patrimoniale.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<p>La confusion entre les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces d&rsquo;ormes europ\u00e9ens est fr\u00e9quente et n\u00e9cessite une attention particuli\u00e8re lors de la r\u00e9colte.<\/p>\n<ul>\n<li><strong><em>Ulmus glabra<\/em> Huds. (orme lisse, orme de montagne) :<\/strong> feuilles plus grandes (10-18 cm), fortement rugueuses au toucher sur la face sup\u00e9rieure, \u00e0 base tr\u00e8s nettement asym\u00e9trique avec un lobe recouvrant le p\u00e9tiole. Samares \u00e0 graine centrale. Esp\u00e8ce plus montagnarde. L&rsquo;\u00e9corce est utilisable en th\u00e9rapeutique mais le profil phytochimique diff\u00e8re l\u00e9g\u00e8rement.<\/li>\n<li><strong><em>Ulmus laevis<\/em> Pall. (orme lisse, orme p\u00e9doncul\u00e9) :<\/strong> samares longuement p\u00e9doncul\u00e9es et cili\u00e9es sur les marges (crit\u00e8re diagnostique majeur). Feuilles \u00e0 base moins asym\u00e9trique. Esp\u00e8ce des plaines alluviales humides, plus rare en France.<\/li>\n<li><strong><em>Ulmus<\/em> \u00d7 <em>hollandica<\/em> Mill. (orme de Hollande) :<\/strong> hybride entre <em>U. minor<\/em> et <em>U. glabra<\/em>, \u00e0 caract\u00e8res interm\u00e9diaires. Tr\u00e8s plant\u00e9 en ville, fr\u00e9quemment confondu avec l&rsquo;orme champ\u00eatre.<\/li>\n<li><strong><em>Zelkova serrata<\/em> (Thunb.) Makino :<\/strong> arbre ornemental japonais de la m\u00eame famille, \u00e0 feuilles similaires mais \u00e0 fruits ak\u00e8nes (non ail\u00e9s), parfois confondu dans les jardins urbains.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour la r\u00e9colte officinale, il est essentiel de ne pas confondre l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;orme avec celle du tilleul (<em>Tilia<\/em> spp.), parfois r\u00e9colt\u00e9e dans les m\u00eames haies : le liber de tilleul est plus fibreux, plus clair et \u00e0 saveur douce, sans l&rsquo;astringence caract\u00e9ristique de l&rsquo;orme.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;orme champ\u00eatre (<em>Ulmus minor<\/em> Mill.) constitue une drogue v\u00e9g\u00e9tale d&rsquo;int\u00e9r\u00eat majeur en phytoth\u00e9rapie dermatologique, dont le profil pharmacognosique coh\u00e9rent justifie les usages traditionnels multi-centenaires. L&rsquo;association synergique de mucilages \u00e9mollients, de tanins astringents et anti-infectieux, de phytost\u00e9rols anti-inflammatoires et de flavono\u00efdes antioxydants conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9corce interne un tropisme cutan\u00e9 remarquable, exploitable dans les dermatoses inflammatoires chroniques (ecz\u00e9ma, acn\u00e9, psoriasis) et les troubles fonctionnels li\u00e9s \u00e0 un d\u00e9faut de drainage des \u00e9monctoires.<\/p>\n<p>La gemmoth\u00e9rapie a renouvel\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour cette esp\u00e8ce en proposant une approche th\u00e9rapeutique fond\u00e9e sur les bourgeons frais, potentiellement plus riche en facteurs de croissance et en compos\u00e9s labiles que les pr\u00e9parations classiques d&rsquo;\u00e9corce. Toutefois, le niveau de preuve clinique reste insuffisant au regard des standards actuels de la m\u00e9decine factuelle, et des essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s seraient n\u00e9cessaires pour consolider les indications th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>Le d\u00e9clin dramatique des populations d&rsquo;ormes champ\u00eatres en Europe, cons\u00e9quence de la graphiose, pose un probl\u00e8me d&rsquo;approvisionnement durable en drogue v\u00e9g\u00e9tale de qualit\u00e9. La conservation de la ressource g\u00e9n\u00e9tique et le d\u00e9veloppement de cultivars r\u00e9sistants apparaissent comme des enjeux majeurs, tant sur le plan \u00e9cologique que pharmacognosique. L&rsquo;orme champ\u00eatre illustre ainsi de mani\u00e8re exemplaire l&rsquo;interd\u00e9pendance entre biodiversit\u00e9, patrimoine culturel et ressources th\u00e9rapeutiques naturelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>GEMMOTH\u00c9RAPIE<\/h3>\n<p><strong>Partie utilis\u00e9e :<\/strong> bourgeons \u2014 <em>Ulmus campestris<\/em><\/p>\n<p><strong>Forme :<\/strong> Mac\u00e9rat glyc\u00e9rin\u00e9 1DH<\/p>\n<h3>Indications<\/h3>\n<ul>\n<li>ecz\u00e9ma<\/li>\n<li>acn\u00e9<\/li>\n<li>dermatoses suintantes<\/li>\n<li>herp\u00e8s<\/li>\n<li>furonculose<\/li>\n<li>psoriasis humide<\/li>\n<li>imp\u00e9tigo<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s principales<\/h3>\n<ul>\n<li>drainant cutan\u00e9<\/li>\n<li>d\u00e9puratif<\/li>\n<li>anti-exsudatif<\/li>\n<li>r\u00e9gulateur des s\u00e9cr\u00e9tions s\u00e9bac\u00e9es<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Posologie<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Adulte :<\/strong> 5 \u00e0 15 gouttes par jour, en dehors des repas, pures ou dans un peu d&#039;eau<\/li>\n<li><strong>Enfant :<\/strong> 1 goutte par ann\u00e9e d&#039;\u00e2ge, par jour<\/li>\n<li><strong>Dur\u00e9e :<\/strong> 3 semaines, pause 1 semaine, cure de 3 mois possible<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Associations fr\u00e9quentes<\/h3>\n<ul>\n<li>Cassis (inflammation cutan\u00e9e)<\/li>\n<li>Noyer (dermatose infect\u00e9e)<\/li>\n<li>C\u00e8dre du Liban (ecz\u00e9ma sec, psoriasis)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions :<\/strong> Aucune connue aux doses recommand\u00e9es<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. (coords). <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. M\u00e8ze : Biotope \u00c9ditions ; 2014.<\/li>\n<li>Leclerc H. <em>Pr\u00e9cis de Phytoth\u00e9rapie<\/em>. Paris : Masson ; 1935 (r\u00e9\u00e9d. 1976).<\/li>\n<li>Fournier P.-V. <em>Le Livre des Plantes M\u00e9dicinales et V\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Paris : Lechevalier ; 1947-1948. 3 vol.<\/li>\n<li>T\u00e9tau M. <em>Nouvelles cliniques de Gemmoth\u00e9rapie<\/em>. Bruxelles : Similia ; 2004.<\/li>\n<li>Henry P. <em>Gemmoth\u00e9rapie, th\u00e9rapeutique par les extraits embryonnaires v\u00e9g\u00e9taux<\/em>. Bruxelles : Anthroposana ; 1970.<\/li>\n<li>Rameau J.-C., Mansion D., Dum\u00e9 G. <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise \u2014 Guide \u00e9cologique illustr\u00e9<\/em>. Tome 1 : Plaines et collines. Paris : IDF ; 1989.<\/li>\n<li>Heybroek H.M. \u00ab The elm, tree of milk and wine \u00bb. <em>Iawa Journal<\/em>, 2015 ; 36(3) : 301-312.<\/li>\n<li>Richens R.H. <em>Elm<\/em>. Cambridge : Cambridge University Press ; 1983.<\/li>\n<li>ESCOP Monographs. <em>The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products<\/em>. 2<sup>e<\/sup> \u00e9d. Stuttgart : Georg Thieme Verlag ; 2003.<\/li>\n<li>Brasier C.M. \u00ab Ophiostoma novo-ulmi sp. nov., causative agent of current Dutch elm disease pandemics \u00bb. <em>Mycopathologia<\/em>, 1991 ; 115(3) : 151-161.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;orme champ\u00eatre, arbre majestueux des campagnes europ\u00e9ennes, occupe une place singuli\u00e8re dans l&rsquo;histoire de la phytoth\u00e9rapie occidentale. 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