{"id":8839,"date":"2026-04-23T12:00:56","date_gmt":"2026-04-23T10:00:56","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/capucine\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"capucine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/capucine\/","title":{"rendered":"CAPUCINE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/capucine.png\" alt=\"Planche botanique Capucine\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La capucine, plante embl\u00e9matique des jardins potagers europ\u00e9ens, est bien plus qu&rsquo;une simple ornementale aux fleurs flamboyantes. Introduite en Europe au XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle depuis les hauts plateaux andins, <em>Tropaeolum majus<\/em> L. a rapidement conquis les jardins de l&rsquo;Ancien Monde par sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 florale et sa facilit\u00e9 de culture, tout en r\u00e9v\u00e9lant progressivement un potentiel th\u00e9rapeutique consid\u00e9rable. Ses propri\u00e9t\u00e9s antibact\u00e9riennes, li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sence de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a> sp\u00e9cifiques lib\u00e9rant des isothiocyanates puissants, font d&rsquo;elle l&rsquo;un des rares \u00ab antibiotiques v\u00e9g\u00e9taux \u00bb dont l&rsquo;efficacit\u00e9 clinique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e, notamment dans les infections urinaires et respiratoires.<\/p>\n<p>Du point de vue pharmacognosique, la capucine constitue un cas d&rsquo;\u00e9tude passionnant par la singularit\u00e9 de sa chimie \u2014 la <strong>glucotropa\u00e9oline<\/strong>, glucosinolate majeur de la plante, g\u00e9n\u00e8re par hydrolyse enzymatique le <strong>benzyl isothiocyanate<\/strong> (BITC), mol\u00e9cule aux propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes remarquables. Riche en vitamine C, en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a> et en flavono\u00efdes, la capucine constitue \u00e9galement une plante alimentaire de premier int\u00e9r\u00eat, dont toutes les parties a\u00e9riennes sont comestibles, faisant d&rsquo;elle un v\u00e9g\u00e9tal \u00e0 la crois\u00e9e de la nutrition, de la pharmacologie et de l&rsquo;agronomie.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La capucine appartient \u00e0 la famille des <strong>Tropaeolaceae<\/strong> (Tropaeolac\u00e9es), ordre des Brassicales selon la classification APG IV (2016). Cette famille monog\u00e9n\u00e9rique ne comprend que le genre <em>Tropaeolum<\/em> L., avec environ 90 esp\u00e8ces, toutes originaires d&rsquo;Am\u00e9rique centrale et m\u00e9ridionale. La parent\u00e9 avec les Brassicac\u00e9es, confirm\u00e9e par les donn\u00e9es mol\u00e9culaires, explique la pr\u00e9sence commune de glucosinolates dans ces deux familles.<\/p>\n<h3>A. Position syst\u00e9matique<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Clade :<\/strong> Angiospermes, Eudicotyl\u00e9dones, Rosid\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Brassicales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Tropaeolaceae Juss. ex DC.<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Tropaeolum<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Tropaeolum majus<\/em> L. (1753)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Synonymes et noms vernaculaires<\/h3>\n<p>Les synonymes nomenclaturaux incluent : <em>Tropaeolum elatum<\/em> Salisb., <em>Tropaeolum hybridum<\/em> L., <em>Cardamindum majus<\/em> Moench. En fran\u00e7ais : capucine, grande capucine, cresson du P\u00e9rou, cresson d&rsquo;Inde, fleur de sang. En anglais : <em>garden nasturtium<\/em>, <em>Indian cress<\/em> ; en allemand : <em>Gro\u00dfe Kapuzinerkresse<\/em> ; en espagnol : <em>capuchina<\/em>, <em>mastuerzo<\/em> ; en portugais : <em>chagas<\/em>, <em>capuchinha<\/em>.<\/p>\n<h3>C. \u00c9tymologie<\/h3>\n<p>Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Tropaeolum<\/em> a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9 par Linn\u00e9 \u00e0 partir du latin <em>tropaeum<\/em> (troph\u00e9e), en r\u00e9f\u00e9rence aux feuilles pelt\u00e9es rappelant les boucliers et aux fleurs \u00e9voquant les casques ensanglant\u00e9s des soldats vaincus, suspendus aux troph\u00e9es de guerre romains. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>majus<\/em> (\u00ab plus grand \u00bb) distingue cette esp\u00e8ce de <em>Tropaeolum minus<\/em> L., la capucine naine. Le nom fran\u00e7ais \u00ab capucine \u00bb fait allusion \u00e0 l&rsquo;\u00e9peron de la fleur, qui rappelle le capuchon pointu des moines capucins. Le surnom de \u00ab cresson du P\u00e9rou \u00bb \u00e9voque \u00e0 la fois l&rsquo;origine g\u00e9ographique et la saveur piquante rappelant le cresson (<em>Nasturtium<\/em>).<\/p>\n<h3>D. Vari\u00e9t\u00e9s et cultivars<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est extr\u00eamement polymorphe sous l&rsquo;effet de la s\u00e9lection horticole. On distingue principalement :<\/p>\n<ul>\n<li>Les formes grimpantes (type sauvage), \u00e0 tiges volubiles pouvant atteindre 3 \u00e0 5 m<\/li>\n<li>Les formes naines et buissonnantes (s\u00e9ries \u00ab Tom Thumb \u00bb, \u00ab Alaska \u00bb, \u00ab Jewel \u00bb), s\u00e9lectionn\u00e9es pour la culture en massif<\/li>\n<li>Les cultivars \u00e0 fleurs doubles ou semi-doubles (s\u00e9rie \u00ab Hermione Grashoff \u00bb)<\/li>\n<li>Les formes \u00e0 feuillage panach\u00e9 (s\u00e9rie \u00ab Alaska \u00bb \u00e0 feuilles marbr\u00e9es de cr\u00e8me)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les couleurs florales vont du jaune p\u00e2le au rouge sang en passant par l&rsquo;orange vif, le saumon et le bicolore. Des hybrides intersp\u00e9cifiques avec <em>T. peregrinum<\/em> et <em>T. minus<\/em> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>La capucine est une plante herbac\u00e9e annuelle (sous les climats temp\u00e9r\u00e9s) ou p\u00e9renne de courte dur\u00e9e (sous les climats doux sans gel), \u00e0 port grimpant, rampant ou buissonnant selon les cultivars. La forme sauvage est une liane herbac\u00e9e volubile pouvant s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 3-5 m\u00e8tres en s&rsquo;enroulant par ses p\u00e9tioles sensibles autour des supports. L&rsquo;ensemble de la plante est glabre, charnue, \u00e0 saveur piquante caract\u00e9ristique. Le mod\u00e8le architectural rel\u00e8ve du mod\u00e8le de Champagnat, avec une croissance sympodique et une forte dominance apicale.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> les tiges sont cylindriques, succulentes, glabres, ramifi\u00e9es, de couleur vert clair \u00e0 vert glauque, creuses, cassantes. Elles mesurent 30 cm \u00e0 5 m de long selon les cultivars. La surface est lisse, l\u00e9g\u00e8rement stri\u00e9e, avec des entre-n\u0153uds allong\u00e9s. Les tiges sont sensibles au thigmotropisme et s&rsquo;enroulent autour des supports rencontr\u00e9s gr\u00e2ce aux p\u00e9tioles qui fonctionnent comme des vrilles tactiles.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> les feuilles sont alternes, longuement p\u00e9tiol\u00e9es (p\u00e9tiole de 10-30 cm), \u00e0 limbe orbiculaire-pelt\u00e9, de 5 \u00e0 15 cm de diam\u00e8tre. Le p\u00e9tiole s&rsquo;ins\u00e8re au centre de la face inf\u00e9rieure du limbe (feuille pelt\u00e9e, caract\u00e8re tr\u00e8s distinctif). Le limbe est entier ou tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement cr\u00e9nel\u00e9-lob\u00e9, avec 7 \u00e0 9 nervures rayonnant depuis le point d&rsquo;insertion du p\u00e9tiole (nervation palm\u00e9e-actinodrome). La face sup\u00e9rieure est vert vif, hydrophobe (effet lotus), avec des gouttelettes d&rsquo;eau qui perlent \u00e0 la surface ; la face inf\u00e9rieure est plus p\u00e2le, glauque. La saveur des feuilles est piquante, rappelant le cresson (pr\u00e9sence de glucosinolates).<\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me racinaire :<\/strong> le syst\u00e8me racinaire est fascicul\u00e9, relativement superficiel, avec une racine principale pivotante peu d\u00e9velopp\u00e9e et de nombreuses racines adventives fines. La plante ne forme pas de tubercule (contrairement \u00e0 d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre comme <em>T. tuberosum<\/em>). Des mycorhizes arbusculaires sont r\u00e9guli\u00e8rement observ\u00e9es.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> les fleurs sont solitaires, axillaires, port\u00e9es par un long p\u00e9doncule (5-15 cm) \u00e9mergeant \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;inflorescence d\u00e9finie ; les fleurs apparaissent successivement le long des tiges en croissance.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> les fleurs sont grandes (4-6 cm de diam\u00e8tre), zygomorphes, hermaphrodites, spectaculaires. Le calice est form\u00e9 de 5 s\u00e9pales libres, in\u00e9gaux, le s\u00e9pale post\u00e9rieur prolong\u00e9 en un long <strong>\u00e9peron nectarif\u00e8re<\/strong> (2-3 cm), caract\u00e8re diagnostique majeur du genre. La corolle comprend 5 p\u00e9tales libres, spatul\u00e9s, longuement onguicul\u00e9s, les deux p\u00e9tales sup\u00e9rieurs dress\u00e9s, souvent vein\u00e9s de lignes sombres (guides nectarif\u00e8res), les trois p\u00e9tales inf\u00e9rieurs plus \u00e9troits, frang\u00e9s-lacini\u00e9s \u00e0 la base du limbe. Les couleurs varient du jaune au rouge en passant par l&rsquo;orange, selon les cultivars.<\/p>\n<p><strong>Androc\u00e9e :<\/strong> il comprend 8 \u00e9tamines libres, in\u00e9gales, dispos\u00e9es en deux verticilles de 4, \u00e0 maturation successive (protandrie marqu\u00e9e). Les anth\u00e8res sont biloculaires, dorsifixes, \u00e0 d\u00e9hiscence longitudinale introrse. Le pollen est tricolpor\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Gyn\u00e9c\u00e9e :<\/strong> l&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, tricarpell\u00e9, triloculaire, \u00e0 placentation axile, chaque loge contenant un ovule anatrope. Le style est unique, terminal, trifide au sommet portant trois stigmates lin\u00e9aires papilleux. Le disque nectarif\u00e8re est bien d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 la base de l&rsquo;\u00e9peron.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> le fruit est un schizocarpe se fragmentant \u00e0 maturit\u00e9 en trois m\u00e9ricarpes ind\u00e9hiscents, charnus puis rid\u00e9s et sub\u00e9reux, unis\u00e9min\u00e9s, de la taille d&rsquo;un petit pois (8-12 mm). La surface est rugueuse, irr\u00e9guli\u00e8rement c\u00f4tel\u00e9e. Les m\u00e9ricarpes immatures, verts et charnus, sont utilis\u00e9s comme succ\u00e9dan\u00e9 des c\u00e2pres (\u00ab c\u00e2pres de capucine \u00bb).<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> de juin aux premi\u00e8res gel\u00e9es (floraison continue tant que les temp\u00e9ratures restent cl\u00e9mentes). La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e principalement par les bourdons (<em>Bombus<\/em> spp.), les abeilles et les papillons \u00e0 longue trompe capables d&rsquo;atteindre le nectar au fond de l&rsquo;\u00e9peron.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie et biologie reproductive<\/h3>\n<p>En climat temp\u00e9r\u00e9, la capucine se comporte comme une annuelle \u00e0 cycle court : germination en avril-mai, floraison de juin \u00e0 octobre, mort au premier gel. La germination est \u00e9pig\u00e9e, rapide (7-14 jours). La plante est autogame facultative mais la protandrie favorise l&rsquo;allogamie. La production de graines est abondante et la diss\u00e9mination est barochore (chute au pied de la plante). La naturalisation est possible dans les r\u00e9gions \u00e0 hiver doux (littoral atlantique, M\u00e9diterran\u00e9e), o\u00f9 la plante peut persister plusieurs ann\u00e9es et former des populations semi-spontan\u00e9es dans les d\u00e9combres, les vieux murs et les friches urbaines.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>Dans son aire d&rsquo;origine (Andes tropicales), <em>Tropaeolum majus<\/em> cro\u00eet entre 1 000 et 3 500 m d&rsquo;altitude, dans les ravins humides, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res et les zones rud\u00e9rales, sur des sols riches en mati\u00e8re organique, frais mais bien drain\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile \u00e0 semi-h\u00e9liophile, m\u00e9sophile, peu tol\u00e9rante au froid (sensible au gel d\u00e8s -1 \u00b0C) mais supportant la chaleur mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>En Europe et dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es du monde, la capucine est cultiv\u00e9e comme plante annuelle de jardin et se naturalise localement dans les friches, les d\u00e9combres, les pieds de murs et les terrains vagues, particuli\u00e8rement dans les zones \u00e0 climat oc\u00e9anique ou m\u00e9diterran\u00e9en doux. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols l\u00e9gers, mod\u00e9r\u00e9ment fertiles (un exc\u00e8s d&rsquo;azote favorise le feuillage au d\u00e9triment de la floraison), \u00e0 pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide.<\/p>\n<h3>B. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire d&rsquo;origine de <em>Tropaeolum majus<\/em> se situe dans les Andes d&rsquo;Am\u00e9rique du Sud, du P\u00e9rou au sud de la Colombie et \u00e0 l&rsquo;\u00c9quateur. La plante a \u00e9t\u00e9 introduite en Europe \u00e0 la fin du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, probablement via l&rsquo;Espagne (les premi\u00e8res graines seraient arriv\u00e9es vers 1569-1576, rapport\u00e9es du P\u00e9rou par Nicolas Monardes). Elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite et illustr\u00e9e par Lobelius en 1576 et cultiv\u00e9e au Jardin des Plantes de Paris d\u00e8s le XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p><strong>En France,<\/strong> la capucine est cultiv\u00e9e sur tout le territoire comme plante ornementale et potag\u00e8re. Elle se naturalise occasionnellement dans les d\u00e9partements \u00e0 climat doux : littoral atlantique (Finist\u00e8re, Morbihan, Charente-Maritime, Gironde, Landes, Pyr\u00e9n\u00e9es-Atlantiques), littoral m\u00e9diterran\u00e9en (Var, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rh\u00f4ne, H\u00e9rault, Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales), et Corse, o\u00f9 elle est localement bien \u00e9tablie sur les vieux murs et les friches littorales. Sa pr\u00e9sence est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab naturalis\u00e9e \u00bb dans Flora Gallica pour ces d\u00e9partements.<\/p>\n<h3>C. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>En situation naturalis\u00e9e, <em>Tropaeolum majus<\/em> s&rsquo;int\u00e8gre dans les communaut\u00e9s rud\u00e9rales nitrophiles du <strong>Parietarion judaicae<\/strong> Segal 1969 (v\u00e9g\u00e9tation des vieux murs) et du <strong>Chenopodion muralis<\/strong> Br.-Bl. 1936 (friches urbaines thermophiles), en compagnie de <em>Parietaria judaica<\/em>, <em>Cymbalaria muralis<\/em>, <em>Centranthus ruber<\/em> et <em>Sonchus oleraceus<\/em>. Au jardin potager, elle est traditionnellement associ\u00e9e aux cultures l\u00e9gumi\u00e8res comme plante compagne, jouant un r\u00f4le de \u00ab plante-pi\u00e8ge \u00bb pour les pucerons noirs (<em>Aphis fabae<\/em>) et un r\u00f4le r\u00e9pulsif pour les aleurodes.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Toutes les parties a\u00e9riennes de la capucine sont utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie et en alimentation :<\/p>\n<p><strong>Feuilles fra\u00eeches :<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es pendant toute la p\u00e9riode de v\u00e9g\u00e9tation (juin-octobre), avant la floraison pour un usage m\u00e9dicinal optimal. Elles sont utilis\u00e9es de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat frais, car le s\u00e9chage d\u00e9grade partiellement les glucosinolates et la vitamine C. Le s\u00e9chage, lorsqu&rsquo;il est n\u00e9cessaire, doit s&rsquo;effectuer rapidement, \u00e0 basse temp\u00e9rature (maximum 35 \u00b0C), \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Fleurs :<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es au stade d&rsquo;\u00e9panouissement complet, utilis\u00e9es fra\u00eeches en alimentation et en phytoth\u00e9rapie. Leur s\u00e9chage est d\u00e9licat (perte rapide de couleur et d&rsquo;activit\u00e9).<\/p>\n<p><strong>Graines (m\u00e9ricarpes) :<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9 (septembre-octobre) ou au stade vert pour l&rsquo;usage condimentaire (c\u00e2pres de capucine). Les graines m\u00fbres sont s\u00e9ch\u00e9es et conserv\u00e9es au sec.<\/p>\n<p><strong>Plante enti\u00e8re parties a\u00e9riennes :<\/strong> la teinture-m\u00e8re est traditionnellement pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de la plante fra\u00eeche enti\u00e8re (feuilles + fleurs + tiges) r\u00e9colt\u00e9e en pleine floraison.<\/p>\n<p>La conservation se fait de pr\u00e9f\u00e9rence par cong\u00e9lation (feuilles et fleurs) ou par mac\u00e9ration dans le vinaigre (graines). La drogue s\u00e8che se conserve en sachet herm\u00e9tique, \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;humidit\u00e9, pour une dur\u00e9e maximale de 12 mois.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil phytochimique de <em>Tropaeolum majus<\/em> est domin\u00e9 par les glucosinolates, classe de m\u00e9tabolites secondaires soufr\u00e9s caract\u00e9ristiques de l&rsquo;ordre des Brassicales, compl\u00e9t\u00e9s par une richesse remarquable en vitamine C, en carot\u00e9no\u00efdes et en flavono\u00efdes.<\/p>\n<h3>A. Glucosinolates et produits d&rsquo;hydrolyse<\/h3>\n<p>Le glucosinolate majeur, voire exclusif, de la capucine est la <strong>glucotropa\u00e9oline<\/strong> (benzylglucosinolate), pr\u00e9sente dans toutes les parties de la plante \u00e0 des concentrations variant de 0,1 \u00e0 1 % de la mati\u00e8re s\u00e8che selon l&rsquo;organe et le stade ph\u00e9nologique (concentration maximale dans les graines : jusqu&rsquo;\u00e0 10 % du poids sec). L&rsquo;hydrolyse enzymatique de la glucotropa\u00e9oline par la <strong>myrosinase<\/strong> (thioglucosidase, EC 3.2.1.147), enzyme endog\u00e8ne lib\u00e9r\u00e9e lors de la lyse cellulaire (mastication, broyage), produit le <strong>benzyl isothiocyanate<\/strong> (BITC), mol\u00e9cule volatile \u00e0 saveur piquante, responsable des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes majeures de la plante. Le BITC est la mol\u00e9cule cl\u00e9 de l&rsquo;activit\u00e9 pharmacologique de la capucine.<\/p>\n<h3>B. Flavono\u00efdes et polyph\u00e9nols<\/h3>\n<p>Les feuilles et les fleurs contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> glycosyl\u00e9s en abondance, notamment : <strong>isoquercitrine<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-O-glucoside), <strong>querc\u00e9tine-3-O-sophoroside<\/strong>, <strong>querc\u00e9tine-3-O-di-glucoside<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol-3-O-glucoside<\/strong> et des <strong>d\u00e9riv\u00e9s de la myric\u00e9tine<\/strong>. La concentration en flavono\u00efdes totaux atteint 0,5 \u00e0 1,5 % dans les feuilles. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> sont \u00e9galement pr\u00e9sents : acide <strong>chlorog\u00e9nique<\/strong>, acide <strong>caf\u00e9ique<\/strong>, acide <strong>p-coumarique<\/strong>, acide <strong>f\u00e9rulique<\/strong>.<\/p>\n<h3>C. Carot\u00e9no\u00efdes<\/h3>\n<p>Les fleurs de capucine sont particuli\u00e8rement riches en <strong>carot\u00e9no\u00efdes<\/strong>, responsables de leur coloration vive. On identifie principalement la <strong>lut\u00e9ine<\/strong> (pigment jaune dominant), le <strong>\u03b2-carot\u00e8ne<\/strong>, la <strong>z\u00e9axanthine<\/strong>, la <strong>violaxanthine<\/strong> et, dans les fleurs rouges, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines\/\">anthocyanines<\/a><\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>p\u00e9largonidine<\/strong> et de la <strong>delphinidine<\/strong>). La teneur en carot\u00e9no\u00efdes totaux peut atteindre 45 mg\/100 g de fleurs fra\u00eeches, ce qui place la capucine parmi les sources alimentaires v\u00e9g\u00e9tales les plus riches.<\/p>\n<h3>D. Vitamines<\/h3>\n<p>La capucine est remarquablement riche en <strong>acide ascorbique<\/strong> (vitamine C), avec des teneurs de 200 \u00e0 300 mg\/100 g dans les feuilles fra\u00eeches, soit 3 \u00e0 5 fois plus que l&rsquo;orange. Les fleurs contiennent \u00e9galement des quantit\u00e9s significatives de vitamine C (environ 130 mg\/100 g). On trouve aussi du <strong>tocoph\u00e9rol<\/strong> (vitamine E) et des <strong>folates<\/strong> (vitamine B9).<\/p>\n<h3>E. Acides gras<\/h3>\n<p>Les graines contiennent 20 \u00e0 26 % d&rsquo;huile fixe, riche en <strong>acide \u00e9rucique<\/strong> (C22:1, 60-80 % des acides gras totaux), <strong>acide ol\u00e9ique<\/strong> (C18:1) et <strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> (C18:2). La forte teneur en acide \u00e9rucique limite l&rsquo;int\u00e9r\u00eat alimentaire de l&rsquo;huile de graines mais pr\u00e9sente un potentiel en ol\u00e9ochimie.<\/p>\n<h3>F. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>On note la pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>oxalate de calcium<\/strong> dans les feuilles, de <strong>cucurbitacines<\/strong> en traces, d&rsquo;<strong>acides amin\u00e9s soufr\u00e9s<\/strong> et de divers <strong>compos\u00e9s aromatiques volatils<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/linalol\/\">linalol<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/geraniol\/\">g\u00e9raniol<\/a>) contribuant au parfum des fleurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 antibact\u00e9rienne<\/h3>\n<p>Le <strong>benzyl isothiocyanate<\/strong> (BITC) est le principal responsable de l&rsquo;activit\u00e9 antibact\u00e9rienne de la capucine. Son m\u00e9canisme d&rsquo;action est multifactoriel : il interagit avec les <strong>groupements thiols<\/strong> des prot\u00e9ines bact\u00e9riennes, inhibant les enzymes essentielles du m\u00e9tabolisme microbien. Le BITC inhibe la <strong>r\u00e9ductase bact\u00e9rienne du dihydrofolate<\/strong> (DHFR), bloquant la synth\u00e8se des folates et donc la r\u00e9plication de l&rsquo;ADN bact\u00e9rien \u2014 m\u00e9canisme analogue \u00e0 celui du trim\u00e9thoprime. Il perturbe \u00e9galement l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la <strong>membrane cytoplasmique bact\u00e9rienne<\/strong> par intercalation dans la bicouche lipidique. Le spectre antibact\u00e9rien <em>in vitro<\/em> couvre les bact\u00e9ries Gram positives (<em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Streptococcus<\/em> spp., <em>Enterococcus faecalis<\/em>) et Gram n\u00e9gatives (<em>Escherichia coli<\/em>, <em>Proteus mirabilis<\/em>, <em>Klebsiella pneumoniae<\/em>, <em>Haemophilus influenzae<\/em>), avec des CMI de l&rsquo;ordre de 5 \u00e0 50 \u00b5g\/mL.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 antifongique<\/h3>\n<p>Le BITC exerce une activit\u00e9 fongistatique et fongicide contre <em>Candida albicans<\/em>, <em>Candida glabrata<\/em> et des dermatophytes (<em>Trichophyton<\/em> spp., <em>Microsporum<\/em> spp.). Le m\u00e9canisme implique la perturbation de la biosynth\u00e8se de l&rsquo;<strong>ergost\u00e9rol<\/strong> membranaire et l&rsquo;induction d&rsquo;un stress oxydatif intracellulaire chez le champignon.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 expectorante et mucolytique<\/h3>\n<p>Les isothiocyanates, apr\u00e8s absorption intestinale, sont partiellement excr\u00e9t\u00e9s par voie pulmonaire, exer\u00e7ant une action irritante locale mod\u00e9r\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium bronchique qui stimule la s\u00e9cr\u00e9tion de mucus et l&rsquo;activit\u00e9 ciliaire (effet expectorant r\u00e9flexe). Le BITC stimule les <strong>r\u00e9cepteurs TRPA1<\/strong> (Transient Receptor Potential Ankyrin 1) des voies a\u00e9riennes, d\u00e9clenchant un r\u00e9flexe s\u00e9cr\u00e9toire et antitussif. Cette excr\u00e9tion pulmonaire conf\u00e8re \u00e0 la capucine un tropisme respiratoire qui justifie son usage dans les infections bronchiques.<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 antivirale<\/h3>\n<p>Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> ont montr\u00e9 que les extraits de capucine inhibent la r\u00e9plication de virus grippaux (Influenza A et B), avec un effet potentialis\u00e9 en association avec le raifort (<em>Armoracia rusticana<\/em>). Le m\u00e9canisme impliquerait l&rsquo;inhibition de la <strong>neuraminidase virale<\/strong> et la stimulation de la production d&rsquo;<strong>interf\u00e9rons de type I<\/strong> par les cellules \u00e9pith\u00e9liales infect\u00e9es.<\/p>\n<h3>E. Activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes (querc\u00e9tine, isoquercitrine) et les carot\u00e9no\u00efdes exercent une puissante activit\u00e9 antioxydante, pi\u00e9geant les esp\u00e8ces r\u00e9actives de l&rsquo;oxyg\u00e8ne (ERO) et inhibant la peroxydation lipidique membranaire. Le BITC, \u00e0 faible concentration, active le <strong>facteur de transcription Nrf2<\/strong> (Nuclear factor erythroid 2-related factor 2), induisant l&rsquo;expression d&rsquo;enzymes antioxydantes endog\u00e8nes (<strong>h\u00e8me oxyg\u00e9nase-1<\/strong>, <strong>glutathion S-transf\u00e9rase<\/strong>, <strong>NAD(P)H <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">quinone<\/a> d\u00e9shydrog\u00e9nase 1<\/strong>). Parall\u00e8lement, le BITC inhibe la voie <strong>NF-\u03baB<\/strong>, r\u00e9duisant l&rsquo;expression de <strong>COX-2<\/strong>, de l&rsquo;<strong>iNOS<\/strong> et des cytokines pro-inflammatoires (<strong>TNF-\u03b1<\/strong>, <strong>IL-6<\/strong>, <strong>IL-1\u03b2<\/strong>).<\/p>\n<h3>F. Potentiel anticanc\u00e9reux (donn\u00e9es pr\u00e9cliniques)<\/h3>\n<p>Le BITC fait l&rsquo;objet de recherches actives en onco-pharmacologie. <em>In vitro<\/em> et sur mod\u00e8les murins, il induit l&rsquo;<strong>apoptose<\/strong> de cellules canc\u00e9reuses (sein, poumon, prostate, leuc\u00e9mie) par activation de la voie mitochondriale (caspases 3, 8 et 9), arr\u00eat du cycle cellulaire en phases G2\/M, et inhibition de l&rsquo;<strong>angiogen\u00e8se tumorale<\/strong> via la suppression du <strong>VEGF<\/strong> (Vascular Endothelial Growth Factor). Ces donn\u00e9es restent pr\u00e9cliniques et ne justifient aucune indication anticanc\u00e9reuse en pratique clinique actuelle.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique urinaire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Immunostimulant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>A. Infections urinaires et respiratoires<\/h3>\n<p>L&rsquo;association capucine + raifort (sp\u00e9cialit\u00e9 Angocin<sup>\u00ae<\/sup> Anti-Infekt N, commercialis\u00e9e en Allemagne) a fait l&rsquo;objet de plusieurs essais cliniques. Un essai randomis\u00e9 contr\u00f4l\u00e9 contre placebo (Goos et al., 2006, <em>Arzneimittelforschung<\/em>) portant sur 858 patients a d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 de cette association dans la pr\u00e9vention des r\u00e9cidives d&rsquo;infections urinaires et de sinusites, avec une r\u00e9duction significative du taux de r\u00e9cidive par rapport au placebo (p &lt; 0,001). Un autre essai (Goos et al., 2007) a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 comparable \u00e0 celle d&rsquo;un traitement antibiotique standard dans les infections urinaires non compliqu\u00e9es.<\/p>\n<p>La Commission E allemande reconna\u00eet l&rsquo;usage de <em>Tropaeolum majus<\/em> (herbe) dans les infections des voies urinaires et des voies respiratoires sup\u00e9rieures. L&rsquo;ESCOP n&rsquo;a pas publi\u00e9 de monographie sp\u00e9cifique pour la capucine, mais l&rsquo;usage traditionnel est bien document\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es d&rsquo;Europe centrale.<\/p>\n<h3>B. Usage topique<\/h3>\n<p>L&rsquo;utilisation externe de la capucine (jus de plante fra\u00eeche, teinture dilu\u00e9e) dans les infections cutan\u00e9es superficielles, les mycoses et les affections du cuir chevelu (pellicules, alop\u00e9cie) repose sur la tradition d&rsquo;usage sans validation par essai clinique formel. Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> confirment l&rsquo;activit\u00e9 contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> et les dermatophytes, rendant ces indications biologiquement plausibles.<\/p>\n<h3>C. Donn\u00e9es de pharmacocin\u00e9tique<\/h3>\n<p>Le BITC est rapidement absorb\u00e9 par voie orale, avec un pic plasmatique atteint en 1 \u00e0 2 heures. Il est m\u00e9tabolis\u00e9 par conjugaison au glutathion (voie des mercapturates) et excr\u00e9t\u00e9 dans les urines sous forme d&rsquo;acide mercapturique de benzyle. L&rsquo;excr\u00e9tion pulmonaire du BITC sous forme volatile explique l&rsquo;odeur soufr\u00e9e de l&rsquo;haleine apr\u00e8s ingestion et le tropisme pour les voies respiratoires.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucotropa\u00e9oline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myrosinase<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Benzyl isothiocyanate<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isoquercitrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<h3>A. Plante fra\u00eeche<\/h3>\n<p>L&rsquo;utilisation de la plante fra\u00eeche est pr\u00e9f\u00e9rable pour pr\u00e9server l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du syst\u00e8me glucosinolate-myrosinase. Les feuilles et fleurs fra\u00eeches peuvent \u00eatre consomm\u00e9es directement (2 \u00e0 3 poign\u00e9es par jour dans l&rsquo;alimentation) ou broy\u00e9es pour obtenir un suc frais (30 \u00e0 50 mL par jour).<\/p>\n<h3>B. Teinture-m\u00e8re (TM)<\/h3>\n<p>Pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de la plante fra\u00eeche enti\u00e8re (parties a\u00e9riennes) dans de l&rsquo;alcool \u00e0 65\u00b0 selon la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Posologie : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois par jour, dilu\u00e9es dans un verre d&rsquo;eau. Cure de 10 \u00e0 21 jours.<\/p>\n<h3>C. G\u00e9lules de poudre de plante<\/h3>\n<p>Les g\u00e9lules de poudre cryobroy\u00e9e de plante enti\u00e8re (parties a\u00e9riennes) permettent de pr\u00e9server les glucosinolates. Posologie : 1 \u00e0 2 g\u00e9lules de 300 \u00e0 400 mg, 3 fois par jour, aux repas. L&rsquo;activit\u00e9 est d\u00e9pendante de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la myrosinase dans la pr\u00e9paration.<\/p>\n<h3>D. Infusion<\/h3>\n<p>Infuser 30 g de feuilles et fleurs fra\u00eeches (ou 10 g de drogue s\u00e8che) dans 1 litre d&rsquo;eau fr\u00e9missante (85 \u00b0C maximum \u2014 une \u00e9bullition prolong\u00e9e d\u00e9truit la myrosinase) pendant 10 minutes. Filtrer. Boire 3 \u00e0 4 tasses par jour. L&rsquo;infusion est moins active que la plante fra\u00eeche en raison de l&rsquo;inactivation thermique partielle de la myrosinase.<\/p>\n<h3>E. Usage externe<\/h3>\n<p>Lotion capillaire : pr\u00e9parer une d\u00e9coction concentr\u00e9e (100 g de plante fra\u00eeche par litre d&rsquo;eau, bouillir 15 minutes) pour frictionner le cuir chevelu contre les pellicules et stimuler la repousse (usage traditionnel). Cataplasme de feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9 sur les contusions et les plaies superficielles.<\/p>\n<h3>F. Pr\u00e9parations alimentaires \u00e0 vis\u00e9e th\u00e9rapeutique<\/h3>\n<p>Vinaigre de capucine : mac\u00e9rer 100 g de fleurs et boutons floraux dans 500 mL de vinaigre de cidre pendant 15 jours. Utiliser en assaisonnement et comme d\u00e9sinfectant doux des voies urinaires. C\u00e2pres de capucine : confire les graines vertes dans du vinaigre sal\u00e9 \u2014 usage condimentaire et ap\u00e9ritif traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<h3>A. Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>La capucine est consid\u00e9r\u00e9e comme une plante de toxicit\u00e9 tr\u00e8s faible aux doses alimentaires et th\u00e9rapeutiques habituelles. Le BITC pur est irritant \u00e0 forte concentration (peau, muqueuses digestives), mais les doses lib\u00e9r\u00e9es par la consommation normale de la plante restent bien en de\u00e7\u00e0 du seuil toxique. Aucune toxicit\u00e9 chronique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 mise en \u00e9vidence lors des essais cliniques avec l&rsquo;Angocin<sup>\u00ae<\/sup>. Les \u00e9tudes de g\u00e9notoxicit\u00e9 du BITC montrent des r\u00e9sultats contradictoires selon les mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux, mais aux doses nutritionnelles, aucun effet mutag\u00e8ne n&rsquo;est attendu.<\/p>\n<h3>B. Contre-indications<\/h3>\n<ul>\n<li>Insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re (l&rsquo;excr\u00e9tion urinaire des m\u00e9tabolites soufr\u00e9s peut surcharger le rein d\u00e9ficient)<\/li>\n<li>Ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal actif (les isothiocyanates sont irritants pour la muqueuse gastrique l\u00e9s\u00e9e)<\/li>\n<li>Hypothyro\u00efdie non compens\u00e9e (les glucosinolates peuvent interf\u00e9rer avec le m\u00e9tabolisme de l&rsquo;iode et inhiber la peroxydase thyro\u00efdienne \u2014 effet goitrog\u00e8ne potentiel \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es et prolong\u00e9es)<\/li>\n<li>Grossesse et allaitement : d\u00e9conseill\u00e9e par prudence (absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9)<\/li>\n<li>Enfants de moins de 6 ans<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Le BITC est un inducteur des <strong>enzymes de phase II<\/strong> (glutathion S-transf\u00e9rases) et pourrait th\u00e9oriquement modifier le m\u00e9tabolisme de certains m\u00e9dicaments. En pratique, aucune interaction cliniquement significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e. Par pr\u00e9caution, un espacement est conseill\u00e9 avec les m\u00e9dicaments \u00e0 marge th\u00e9rapeutique \u00e9troite (anticoagulants coumariniques, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/digoxine\/\">digoxine<\/a>). L&rsquo;effet goitrog\u00e8ne th\u00e9orique impose une surveillance chez les patients sous l\u00e9vothyroxine.<\/p>\n<h3>D. Effets ind\u00e9sirables<\/h3>\n<p>Les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s sont rares et b\u00e9nins : irritation gastrique transitoire, pyrosis, \u00e9ructations soufr\u00e9es, plus rarement diarrh\u00e9e. En usage externe, les isothiocyanates peuvent provoquer une irritation cutan\u00e9e chez les sujets sensibles (effet rub\u00e9fiant).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usages culinaires<\/h3>\n<p>La capucine est une plante int\u00e9gralement comestible (feuilles, fleurs, boutons floraux, graines), constituant l&rsquo;une des fleurs comestibles les plus populaires de la gastronomie contemporaine. Les <strong>feuilles<\/strong> se consomment en salade, en pesto ou en soupe, apportant une note piquante rappelant le cresson et la roquette. Les <strong>fleurs<\/strong>, spectaculaires, sont utilis\u00e9es pour d\u00e9corer et parfumer les salades, les desserts, les cocktails et les fromages frais ; leur saveur est l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9e puis piquante. Les <strong>boutons floraux<\/strong> et les <strong>graines vertes<\/strong>, confits dans du vinaigre, constituent les \u00ab c\u00e2pres de capucine \u00bb, condiment traditionnel tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 en Angleterre et en Europe centrale depuis le XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>La richesse exceptionnelle en vitamine C (200-300 mg\/100 g de feuilles) fait de la capucine un antiscorbutique puissant, propri\u00e9t\u00e9 exploit\u00e9e par les navigateurs espagnols et portugais d\u00e8s le XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Les carot\u00e9no\u00efdes des fleurs conf\u00e8rent un pouvoir colorant naturel utilisable en cuisine.<\/p>\n<h3>B. Traditions populaires et ethnobotanique<\/h3>\n<p>Dans les Andes, <em>Tropaeolum majus<\/em> et les esp\u00e8ces apparent\u00e9es sont utilis\u00e9es de longue date en m\u00e9decine traditionnelle quechua et aymara contre les infections respiratoires, les plaies, les abc\u00e8s et comme tonique g\u00e9n\u00e9ral. Le \u00ab mashua \u00bb (<em>T. tuberosum<\/em>), esp\u00e8ce tub\u00e9reuse apparent\u00e9e, est un aliment de base des hauts plateaux andins.<\/p>\n<p>En Europe, la capucine est utilis\u00e9e depuis le XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en m\u00e9decine populaire comme \u00ab antibiotique du pauvre \u00bb : les feuilles fra\u00eeches m\u00e2ch\u00e9es servaient de rem\u00e8de de premier secours contre les infections urinaires, les bronchites et les refroidissements. En Allemagne, l&rsquo;usage de la capucine en phytoth\u00e9rapie est particuli\u00e8rement vivace et a donn\u00e9 lieu au d\u00e9veloppement de sp\u00e9cialit\u00e9s pharmaceutiques (Angocin<sup>\u00ae<\/sup>).<\/p>\n<p>Au jardin, la capucine est une plante compagne traditionnelle du potager : plant\u00e9e au pied des arbres fruitiers et des l\u00e9gumes, elle attire les pucerons noirs (<em>Aphis fabae<\/em>) qui la colonisent pr\u00e9f\u00e9rentiellement, prot\u00e9geant ainsi les cultures voisines (strat\u00e9gie de plante-pi\u00e8ge). Ses exsudats racinaires auraient \u00e9galement un effet r\u00e9pulsif sur certains ravageurs telluriques (n\u00e9matodes).<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>La capucine joue un r\u00f4le \u00e9cologique significatif dans les agrosyst\u00e8mes et les jardins, bien au-del\u00e0 de sa fonction ornementale. Sa floraison abondante et prolong\u00e9e (juin \u00e0 octobre) en fait une source majeure de nectar pour les pollinisateurs, en particulier les bourdons (<em>Bombus<\/em> spp.) dont la longue langue peut atteindre le nectar au fond de l&rsquo;\u00e9peron. Les abeilles domestiques visitent \u00e9galement les fleurs, contribuant \u00e0 la pollinisation des cultures voisines.<\/p>\n<p>En tant que plante-pi\u00e8ge pour les pucerons, la capucine s&rsquo;inscrit dans les strat\u00e9gies de lutte biologique par conservation. Les colonies de pucerons qu&rsquo;elle h\u00e9berge attirent les auxiliaires naturels (coccinelles, syrphes, chrysopes, gu\u00eapes parasito\u00efdes), cr\u00e9ant un r\u00e9servoir de pr\u00e9dateurs b\u00e9n\u00e9fique pour l&rsquo;ensemble du jardin. Cette fonction \u00e9cosyst\u00e9mique est largement exploit\u00e9e en permaculture et en agro\u00e9cologie.<\/p>\n<p>Les isothiocyanates lib\u00e9r\u00e9s par les racines et les parties a\u00e9riennes en d\u00e9composition exercent un effet biofumigant sur les pathog\u00e8nes du sol (champignons, n\u00e9matodes), propri\u00e9t\u00e9 exploit\u00e9e en agriculture biologique par l&rsquo;enfouissement d&rsquo;engrais verts de capucine. La plante contribue ainsi \u00e0 la sant\u00e9 des sols de mani\u00e8re non chimique.<\/p>\n<p>En revanche, la naturalisation de la capucine dans certains \u00e9cosyst\u00e8mes insulaires fragiles (Macaron\u00e9sie, \u00eeles du Pacifique) peut poser des probl\u00e8mes de comp\u00e9tition avec la flore indig\u00e8ne, bien que son pouvoir invasif reste mod\u00e9r\u00e9 compar\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres esp\u00e8ces exotiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<p>Les confusions avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces sont rares en raison du port tr\u00e8s caract\u00e9ristique de la capucine (feuilles pelt\u00e9es, fleurs \u00e9peronn\u00e9es). N\u00e9anmoins, quelques points m\u00e9ritent attention :<\/p>\n<ul>\n<li><strong><em>Tropaeolum minus<\/em> L. (capucine naine) :<\/strong> esp\u00e8ce voisine \u00e0 port plus compact, \u00e0 fleurs plus petites (2-3 cm) et \u00e0 feuilles de taille r\u00e9duite. Les propri\u00e9t\u00e9s phytochimiques sont similaires. La distinction sp\u00e9cifique est parfois d\u00e9licate avec certains cultivars nains de <em>T. majus<\/em>.<\/li>\n<li><strong><em>Tropaeolum peregrinum<\/em> L. (capucine des Canaries) :<\/strong> esp\u00e8ce grimpante vigoureuse \u00e0 fleurs jaune citron \u00e0 p\u00e9tales frang\u00e9s tr\u00e8s d\u00e9coup\u00e9s, nettement distincte par la morphologie florale. Comestible mais moins utilis\u00e9e en th\u00e9rapeutique.<\/li>\n<li><strong><em>Nasturtium officinale<\/em> W.T. Aiton (cresson de fontaine) :<\/strong> la confusion est ici purement nominale (le nom anglais <em>nasturtium<\/em> d\u00e9signe la capucine, tandis que <em>Nasturtium<\/em> est le genre botanique du cresson). Aucune ressemblance morphologique, mais les deux plantes partagent des glucosinolates et une saveur piquante.<\/li>\n<li><strong><em>Impatiens<\/em> spp. (balsamine, impatiente) :<\/strong> parfois confondues par les jardiniers d\u00e9butants en raison de l&rsquo;\u00e9peron floral. Les feuilles des <em>Impatiens<\/em> ne sont jamais pelt\u00e9es et la saveur n&rsquo;est pas piquante. Les balsamines ne sont pas comestibles.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La capucine (<em>Tropaeolum majus<\/em> L.) constitue une drogue v\u00e9g\u00e9tale de premier int\u00e9r\u00eat en phytoth\u00e9rapie anti-infectieuse, dont le profil pharmacognosique repose essentiellement sur le syst\u00e8me glucosinolate-myrosinase, g\u00e9n\u00e9rateur du <strong>benzyl isothiocyanate<\/strong>, antibiotique naturel \u00e0 large spectre. Ce m\u00e9canisme de d\u00e9fense chimique, partag\u00e9 avec les Brassicac\u00e9es par convergence \u00e9volutive, conf\u00e8re \u00e0 la capucine une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne, antifongique et antivirale document\u00e9e tant <em>in vitro<\/em> que par des essais cliniques, fait rare pour une plante m\u00e9dicinale.<\/p>\n<p>La richesse compl\u00e9mentaire en vitamine C (l&rsquo;une des sources v\u00e9g\u00e9tales les plus concentr\u00e9es), en carot\u00e9no\u00efdes et en flavono\u00efdes antioxydants fait de la capucine une plante \u00e0 double tropisme : anti-infectieux et antioxydant, mobilisable dans les infections urinaires et respiratoires r\u00e9cidivantes. La validation clinique de l&rsquo;association capucine-raifort (Angocin<sup>\u00ae<\/sup>) en Allemagne repr\u00e9sente un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement phytoth\u00e9rapeutique rigoureux.<\/p>\n<p>La comestibilit\u00e9 totale de la plante, sa facilit\u00e9 de culture et son r\u00f4le de plante compagne au jardin en font un v\u00e9g\u00e9tal polyvalent, \u00e0 l&rsquo;interface de la nutrition, de la th\u00e9rapeutique et de l&rsquo;agro\u00e9cologie. L&rsquo;optimisation des formes gal\u00e9niques visant \u00e0 pr\u00e9server l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du syst\u00e8me glucosinolate-myrosinase (pr\u00e9parations fra\u00eeches, cryobroyage) constitue un enjeu technologique important pour maximiser l&rsquo;activit\u00e9 th\u00e9rapeutique de cette drogue.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. (coords). <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. M\u00e8ze : Biotope \u00c9ditions ; 2014.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. <em>Le Livre des Plantes M\u00e9dicinales et V\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Paris : Lechevalier ; 1947-1948. 3 vol.<\/li>\n<li>Goos K.H., Albrecht U., Schneider B. \u00ab Efficacy and safety of a herbal drug containing nasturtium herb and horseradish root in acute sinusitis, acute bronchitis and acute urinary tract infection in comparison with other treatments in the daily practice \u00bb. <em>Arzneimittelforschung<\/em>, 2006 ; 56(3) : 249-257.<\/li>\n<li>Goos K.H., Albrecht U., Schneider B. \u00ab On-going investigations on efficacy and safety of a herbal drug containing nasturtium herb and horseradish root in the prophylactic treatment of patients with chronically recurrent lower urinary tract infections \u00bb. <em>Arzneimittelforschung<\/em>, 2007 ; 57(4) : 159-169.<\/li>\n<li>Fahey J.W., Zalcmann A.T., Talalay P. \u00ab The chemical diversity and distribution of glucosinolates and isothiocyanates among plants \u00bb. <em>Phytochemistry<\/em>, 2001 ; 56(1) : 5-51.<\/li>\n<li>Pint\u00e3o A.M., Pais M.S., Coley H., Kelland L.R., Ward T.H. \u00ab In vitro and in vivo antitumor activity of benzyl isothiocyanate: a natural product from Tropaeolum majus \u00bb. <em>Planta Medica<\/em>, 1995 ; 61(3) : 233-236.<\/li>\n<li>Lykkesfeldt J., Tveden-Nyborg P. \u00ab The pharmacokinetics of vitamin C \u00bb. <em>Nutrients<\/em>, 2019 ; 11(10) : 2412.<\/li>\n<li>Blumenthal M., Goldberg A., Brinckmann J. 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Newton : Integrative Medicine Communications ; 2000.<\/li>\n<li>Reichling J., Schnitzler P., Suschke U., Saller R. \u00ab Essential oils of aromatic plants with antibacterial, antifungal, antiviral, and cytotoxic properties \u00bb. <em>Forschende Komplement\u00e4rmedizin<\/em>, 2009 ; 16(2) : 79-90.<\/li>\n<li>Gasparotto Junior A., Boffo M.A., Louren\u00e7o E.L.B. et al. \u00ab Natriuretic and diuretic effects of Tropaeolum majus (Tropaeolaceae) in rats \u00bb. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 2009 ; 122(3) : 517-522.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La capucine, plante embl\u00e9matique des jardins potagers europ\u00e9ens, est bien plus qu&rsquo;une simple ornementale aux fleurs flamboyantes. 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