{"id":8844,"date":"2026-04-23T12:00:56","date_gmt":"2026-04-23T10:00:56","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/cornouiller-male\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"cornouiller-male","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/cornouiller-male\/","title":{"rendered":"CORNOUILLER M\u00c2LE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Cornouiller%20m%C3%A2le.jpg\" alt=\"Planche botanique Cornouiller m\u00e2le\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le Cornouiller m\u00e2le (<em>Cornus mas<\/em> L.) est l&rsquo;un des arbustes indig\u00e8nes les plus anciennement connus de la flore europ\u00e9enne, dont la pr\u00e9sence accompagne l&rsquo;homme depuis le N\u00e9olithique, comme en t\u00e9moignent les noyaux de cornouilles retrouv\u00e9s dans des sites lacustres suisses et autrichiens datant de plus de cinq mille ans. Esp\u00e8ce thermophile et calcicole, il colonise les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les haies vives et les frutic\u00e9es du quart sud-est de la France, o\u00f9 il trouve dans les sols calcaires bien drain\u00e9s les conditions \u00e9daphiques qui lui sont favorables. Sa floraison spectaculairement pr\u00e9coce, survenant d\u00e8s f\u00e9vrier-mars bien avant le d\u00e9bourrement foliaire, en fait l&rsquo;une des premi\u00e8res sources de nectar et de pollen pour les pollinisateurs \u00e0 la sortie de l&rsquo;hiver, lui conf\u00e9rant une valeur apicole consid\u00e9rable dans les r\u00e9gions o\u00f9 il abonde.<\/p>\n<p>Du point de vue pharmacognosique, le Cornouiller m\u00e2le suscite un int\u00e9r\u00eat croissant en raison de la richesse phytochimique de ses fruits, les cornouilles. Ces drupes oblongues d&rsquo;un rouge \u00e9carlate \u00e0 maturit\u00e9 renferment un cort\u00e8ge mol\u00e9culaire diversifi\u00e9 comprenant des anthocyanes, des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> glycosidiques \u2014 notamment l&rsquo;acide loganique et le sw\u00e9roside \u2014, des tanins, de la vitamine C en quantit\u00e9 notable et des acides organiques. Traditionnellement employ\u00e9es comme astringent, antidiarrh\u00e9ique et f\u00e9brifuge dans les pharmacop\u00e9es populaires d&rsquo;Europe orientale et du Caucase, les cornouilles font aujourd&rsquo;hui l&rsquo;objet de recherches pharmacologiques modernes qui confirment leurs propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires et hypoglyc\u00e9miantes. Parall\u00e8lement, le bois du Cornouiller m\u00e2le, d&rsquo;une duret\u00e9 et d&rsquo;une densit\u00e9 exceptionnelles, a jou\u00e9 un r\u00f4le technique remarquable dans l&rsquo;artisanat et l&rsquo;armement depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9, d&rsquo;Hom\u00e8re mentionnant les javelots en cornouiller jusqu&rsquo;aux engrenages de moulins m\u00e9di\u00e9vaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<h3>A. Position syst\u00e9matique<\/h3>\n<p>Le Cornouiller m\u00e2le appartient \u00e0 la famille des <strong>Cornaceae<\/strong> (Cornac\u00e9es), ordre des Cornales selon la classification APG IV. Le genre <em>Cornus<\/em> L. regroupe environ 55 esp\u00e8ces r\u00e9parties principalement dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. L&rsquo;esp\u00e8ce <em>Cornus mas<\/em> L. se rattache au sous-genre <em>Cornus<\/em> (anciennement <em>Macrocarpium<\/em>), caract\u00e9ris\u00e9 par des inflorescences en ombelles simples munies d&rsquo;un involucre de bract\u00e9es et des fruits charnus \u00e0 noyau.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Clade :<\/strong> Angiospermes, Dicotyl\u00e9dones vraies, Ast\u00e9rid\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Cornales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Cornaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Cornus<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Cornus mas<\/em> L. (1753)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Noms vernaculaires et \u00e9tymologie<\/h3>\n<p>Les noms vernaculaires du Cornouiller m\u00e2le sont nombreux et refl\u00e8tent la familiarit\u00e9 de longue date des populations avec cet arbuste : <strong>cornouiller m\u00e2le<\/strong>, <strong>cornier<\/strong>, <strong>cornouiller sauvage<\/strong>, <strong>cormier<\/strong> (\u00e0 ne pas confondre avec <em>Sorbus domestica<\/em>), <strong>cornouille<\/strong> (pour le fruit). En anglais, il est connu sous le nom de <em>cornelian cherry<\/em> ; en allemand, <em>Kornelkirsche<\/em> ; en turc, <em>k\u0131z\u0131lc\u0131k<\/em>. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Cornus<\/em> d\u00e9rive du latin <em>cornu<\/em> (corne), allusion \u00e0 la duret\u00e9 exceptionnelle du bois. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>mas<\/em> (m\u00e2le) a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e par opposition au Cornouiller sanguin (<em>Cornus sanguinea<\/em> L.), dit \u00ab femelle \u00bb dans la tradition populaire, bien que cette distinction n&rsquo;ait aucun fondement sexuel r\u00e9el, les deux esp\u00e8ces \u00e9tant hermaphrodites.<\/p>\n<h3>C. Sous-esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est relativement homog\u00e8ne sur l&rsquo;ensemble de son aire. Quelques vari\u00e9t\u00e9s horticoles ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9es pour la qualit\u00e9 de leurs fruits, notamment en Europe de l&rsquo;Est : <em>Cornus mas<\/em> &lsquo;Jolico&rsquo;, &lsquo;Elegant&rsquo;, &lsquo;Sch\u00f6nbrunner Gourmet-Dirndl&rsquo;. Des formes \u00e0 fruits jaunes (<em>var. flava<\/em>) ou \u00e0 port pleureur existent en culture ornementale. La variabilit\u00e9 naturelle porte essentiellement sur la taille des fruits, leur teneur en sucres et en acides, et la pr\u00e9cocit\u00e9 de la fructification.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Le Cornouiller m\u00e2le est un arbuste ou petit arbre \u00e0 feuillage caduc, atteignant g\u00e9n\u00e9ralement 4 \u00e0 8 m\u00e8tres de hauteur, exceptionnellement 10 \u00e0 12 m\u00e8tres dans des conditions optimales et \u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9. Son port est \u00e9tal\u00e9, souvent multi-troncs, avec une couronne arrondie et irr\u00e9guli\u00e8re. L&rsquo;\u00e9corce, d&rsquo;abord lisse et gris-brun sur les jeunes rameaux, devient avec l&rsquo;\u00e2ge \u00e9cailleuse, se desquamant en plaques irr\u00e9guli\u00e8res teint\u00e9es de brun-orang\u00e9, ce qui conf\u00e8re au tronc un aspect caract\u00e9ristique. La long\u00e9vit\u00e9 est remarquable : des sp\u00e9cimens de plus de 250 ans ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9s en Europe centrale.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Rameaux :<\/strong> Les jeunes rameaux sont quadrangulaires, finement pubescents, de couleur verd\u00e2tre puis gris-brun. Les bourgeons sont oppos\u00e9s, les bourgeons \u00e0 fleurs \u00e9tant subglobuleux, recouverts de deux \u00e9cailles velout\u00e9es jaun\u00e2tres, nettement distincts des bourgeons foliaires qui sont plus allong\u00e9s et apprim\u00e9s. Cette distinction est visible d\u00e8s l&rsquo;automne et permet d&rsquo;anticiper l&rsquo;abondance de la floraison.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> Les feuilles sont oppos\u00e9es, simples, enti\u00e8res, de forme ovale \u00e0 elliptique, mesurant 4 \u00e0 10 cm de longueur sur 2 \u00e0 5 cm de largeur. Le limbe est acumin\u00e9 au sommet, cun\u00e9iforme \u00e0 arrondi \u00e0 la base, \u00e0 bord entier l\u00e9g\u00e8rement ondul\u00e9. La face sup\u00e9rieure est vert fonc\u00e9, luisante, parsem\u00e9e de poils apprim\u00e9s \u00e9pars ; la face inf\u00e9rieure est plus p\u00e2le, pubescente, notamment sur les nervures. La nervation est caract\u00e9ristique du genre <em>Cornus<\/em> : 3 \u00e0 5 paires de nervures secondaires arqu\u00e9es, convergentes vers l&rsquo;apex, nettement saillantes au revers. Le p\u00e9tiole mesure 5 \u00e0 10 mm, pubescent. Les feuilles prennent en automne des teintes pourpres \u00e0 rouge vineux avant de tomber.<\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me racinaire :<\/strong> Le syst\u00e8me racinaire est puissant, pivotant chez les jeunes sujets puis d\u00e9veloppant un r\u00e9seau lat\u00e9ral dense et superficiel. Cette architecture racinaire conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce une bonne capacit\u00e9 de fixation des sols en pente, d&rsquo;o\u00f9 son emploi traditionnel en haies sur talus. La mycorhization est de type arbusculaire (endomycorhizes \u00e0 glom\u00e9romyc\u00e8tes).<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> Les fleurs sont group\u00e9es en ombelles simples sessiles de 10 \u00e0 25 fleurs, entour\u00e9es \u00e0 la base par un involucre de 4 bract\u00e9es ovales, jaun\u00e2tres, caduques, mesurant environ 5 mm. Les ombelles naissent directement sur le bois de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, sur de courts rameaux lat\u00e9raux.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> Les fleurs sont petites (4-5 mm de diam\u00e8tre), actinomorphes, hermaphrodites, t\u00e9tram\u00e8res. Le calice est constitu\u00e9 de 4 petits s\u00e9pales triangulaires, verd\u00e2tres, persistants. La corolle comprend 4 p\u00e9tales libres, jaune vif, lanc\u00e9ol\u00e9s, r\u00e9fl\u00e9chis \u00e0 maturit\u00e9, mesurant 2-3 mm de longueur.<\/p>\n<p><strong>Androc\u00e9e :<\/strong> 4 \u00e9tamines alternip\u00e9tales, \u00e0 filets courts, \u00e0 anth\u00e8res jaunes biloculaires \u00e0 d\u00e9hiscence longitudinale. Le pollen est produit en abondance et sa pr\u00e9cocit\u00e9 en fait une ressource majeure pour les abeilles domestiques en sortie d&rsquo;hivernage.<\/p>\n<p><strong>Gyn\u00e9c\u00e9e :<\/strong> Ovaire inf\u00e8re, biloculaire, surmont\u00e9 d&rsquo;un style unique termin\u00e9 par un stigmate capit\u00e9. Un seul ovule anatrope par loge.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> Le fruit est une drupe oblongue-ellipso\u00efde, mesurant 12 \u00e0 20 mm de longueur sur 8 \u00e0 12 mm de diam\u00e8tre, passant du vert au jaune puis au rouge \u00e9carlate brillant \u00e0 pleine maturit\u00e9. La chair (m\u00e9socarpe) est juteuse, acidul\u00e9e puis sucr\u00e9e-acidul\u00e9e \u00e0 maturit\u00e9 compl\u00e8te. Le noyau (endocarpe lignifi\u00e9) est allong\u00e9, biloculaire, contenant g\u00e9n\u00e9ralement une seule graine par avortement de la seconde loge. La maturation s&rsquo;\u00e9tale d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre selon les r\u00e9gions et l&rsquo;altitude.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie et biologie reproductive<\/h3>\n<p>La floraison est l&rsquo;un des traits ph\u00e9nologiques les plus remarquables du Cornouiller m\u00e2le. Elle survient de f\u00e9vrier \u00e0 mars (parfois d\u00e8s janvier dans le Midi), bien avant l&rsquo;apparition des feuilles, ce qui rend les arbres en fleurs spectaculairement visibles dans le paysage hivernal. La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e principalement par les abeilles, les bourdons et les mouches syrphides. L&rsquo;esp\u00e8ce est partiellement auto-incompatible : la f\u00e9condation crois\u00e9e est favoris\u00e9e et la pr\u00e9sence de plusieurs g\u00e9notypes diff\u00e9rents am\u00e9liore significativement la nouaison. Le cycle de d\u00e9veloppement du fruit est particuli\u00e8rement long (5 \u00e0 7 mois), ce qui constitue une originalit\u00e9 ph\u00e9nologique parmi les arbustes fruitiers europ\u00e9ens. La diss\u00e9mination est zoochore, assur\u00e9e par les oiseaux (merles, grives, fauvettes) et les mammif\u00e8res (renard, blaireau, martre).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>Le Cornouiller m\u00e2le est une esp\u00e8ce thermophile et h\u00e9liophile \u00e0 semi-sciaphile, caract\u00e9ristique des lisi\u00e8res foresti\u00e8res, des haies, des frutic\u00e9es et des sous-bois clairs des for\u00eats caducifoli\u00e9es thermophiles. Il affectionne les sols calcaires ou neutres, bien drain\u00e9s, relativement secs en \u00e9t\u00e9, souvent caillouteux ou rocheux. On le rencontre depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 400 m\u00e8tres d&rsquo;altitude dans les Alpes m\u00e9ridionales. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des groupements v\u00e9g\u00e9taux de l&rsquo;alliance du <em>Berberidion vulgaris<\/em> (frutic\u00e9es thermophiles sur calcaire) et de l&rsquo;ordre des <em>Quercetalia pubescenti-petraeae<\/em> (ch\u00eanaies pubescentes).<\/p>\n<h3>B. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire naturelle du Cornouiller m\u00e2le s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale jusqu&rsquo;au Caucase et \u00e0 l&rsquo;Asie Mineure. Il est pr\u00e9sent de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique (rare) \u00e0 la Turquie et \u00e0 l&rsquo;Iran septentrional, en passant par l&rsquo;Italie, les Balkans, l&rsquo;Europe danubienne, la Crim\u00e9e et le Caucase. Au nord, il atteint le sud de la Belgique, le Luxembourg, le centre de l&rsquo;Allemagne et le sud de la Pologne.<\/p>\n<p><strong>En France<\/strong>, le Cornouiller m\u00e2le est principalement pr\u00e9sent dans le quart sud-est : Bourgogne, Franche-Comt\u00e9, Rh\u00f4ne-Alpes, Provence-Alpes-C\u00f4te d&rsquo;Azur, Languedoc (causses c\u00e9venols et garrigues), Lorraine, Alsace. Il est plus rare ou absent dans l&rsquo;Ouest atlantique, la Bretagne, la Normandie et le Nord. Les plus belles populations fran\u00e7aises se trouvent dans les collines calcaires du Jura, les Pr\u00e9alpes, les causses du Quercy et les garrigues du Languedoc oriental. Il est signal\u00e9 dans le <em>Flora Gallica<\/em> comme indig\u00e8ne et stable sur l&rsquo;ensemble de son aire fran\u00e7aise.<\/p>\n<h3>C. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Le Cornouiller m\u00e2le s&rsquo;associe typiquement au Ch\u00eane pubescent (<em>Quercus pubescens<\/em>), au Charme-houblon (<em>Ostrya carpinifolia<\/em>), \u00e0 l&rsquo;\u00c9rable champ\u00eatre (<em>Acer campestre<\/em>), \u00e0 l&rsquo;Alisier torminal (<em>Sorbus torminalis<\/em>), au Tro\u00e8ne (<em>Ligustrum vulgare<\/em>), au Cornouiller sanguin (<em>Cornus sanguinea<\/em>), au Buis (<em>Buxus sempervirens<\/em>) et \u00e0 la Viorne lantane (<em>Viburnum lantana<\/em>). Dans les frutic\u00e9es, il cohabite avec le Prunellier (<em>Prunus spinosa<\/em>), l&rsquo;Aub\u00e9pine (<em>Crataegus monogyna<\/em>) et le Nerprun purgatif (<em>Rhamnus cathartica<\/em>). Sa pr\u00e9sence est souvent indicatrice de sols calcaires \u00e0 bon potentiel trophique et d&rsquo;un microclimat thermophile.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La partie principalement utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie et en alimentation est le <strong>fruit<\/strong> (cornouille), r\u00e9colt\u00e9 \u00e0 pleine maturit\u00e9 entre ao\u00fbt et octobre, lorsqu&rsquo;il est d&rsquo;un rouge sombre et se d\u00e9tache facilement de l&rsquo;arbre. Les fruits doivent \u00eatre r\u00e9colt\u00e9s \u00e0 un stade de maturit\u00e9 avanc\u00e9 pour minimiser l&rsquo;astringence due aux tanins et maximiser la teneur en anthocyanes et en sucres. Ils peuvent \u00eatre utilis\u00e9s frais, congel\u00e9s, ou s\u00e9ch\u00e9s \u00e0 basse temp\u00e9rature (inf\u00e9rieure \u00e0 40 \u00b0C) pour pr\u00e9server les compos\u00e9s thermolabiles, notamment la vitamine C et les anthocyanes.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>\u00e9corce<\/strong> des rameaux et du tronc a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans les traditions populaires comme f\u00e9brifuge et astringent, mais cet usage est tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude. Les <strong>feuilles<\/strong>, riches en tanins, ont fait l&rsquo;objet de quelques \u00e9tudes pharmacologiques mais ne sont pas couramment employ\u00e9es. Les <strong>noyaux<\/strong>, broy\u00e9s et torr\u00e9fi\u00e9s, ont historiquement servi de succ\u00e9dan\u00e9 de caf\u00e9 en p\u00e9riode de disette.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Anthocyanes et compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les cornouilles se distinguent par une teneur \u00e9lev\u00e9e en anthocyanes, principal support de leur couleur rouge. Les pigments majoritaires identifi\u00e9s sont le <strong>cyanidine-3-O-galactoside<\/strong> (compos\u00e9 dominant, repr\u00e9sentant 70 \u00e0 80 % des anthocyanes totaux), le <strong>p\u00e9largonidine-3-O-galactoside<\/strong>, le <strong>cyanidine-3-O-glucoside<\/strong> et le <strong>delphinidine-3-O-galactoside<\/strong>. La teneur totale en anthocyanes varie de 50 \u00e0 250 mg\/100 g de fruit frais selon le cultivar et le stade de maturit\u00e9. Le profil anthocyanique est domin\u00e9 par les d\u00e9riv\u00e9s galactosyl\u00e9s, ce qui constitue un marqueur chimiotaxonomique du genre <em>Cornus<\/em>.<\/p>\n<p>Parmi les autres compos\u00e9s ph\u00e9noliques, on identifie des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol et leurs glycosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide ellagique<\/strong>) et des <strong>tanins<\/strong> hydrolysables (ellagitanins) et condens\u00e9s (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>). Le pouvoir antioxydant total (ORAC) des cornouilles est remarquablement \u00e9lev\u00e9, comparable \u00e0 celui de la myrtille.<\/p>\n<h3>B. Irido\u00efdes glycosidiques<\/h3>\n<p>La pr\u00e9sence d&rsquo;irido\u00efdes est l&rsquo;un des traits phytochimiques les plus distinctifs de <em>Cornus mas<\/em>. Les principaux compos\u00e9s identifi\u00e9s sont l&rsquo;acide loganique (irido\u00efde bicyclique, compos\u00e9 majoritaire), le loganoside, le sw\u00e9roside<\/strong>, le <strong>cornuside<\/strong> (un irido\u00efde dim\u00e8re sp\u00e9cifique du genre <em>Cornus<\/em>) et le <strong>verb\u00e9naloside<\/strong>. Ces irido\u00efdes sont pr\u00e9sents dans le fruit \u00e0 des concentrations de l&rsquo;ordre de 30 \u00e0 80 mg\/100 g de mati\u00e8re s\u00e8che. L&rsquo;acide loganique, pr\u00e9curseur biog\u00e9n\u00e9tique de la s\u00e9cologanine dans la voie de biosynth\u00e8se des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> indolomonoterp\u00e9niques, pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat pharmacologique propre li\u00e9 \u00e0 ses activit\u00e9s anti-inflammatoire et antidiab\u00e9tique.<\/p>\n<h3>C. Vitamines et acides organiques<\/h3>\n<p>La cornouille contient de la <strong>vitamine C<\/strong> (acide L-ascorbique) \u00e0 des teneurs variant de 30 \u00e0 120 mg\/100 g de fruit frais selon les cultivars, ce qui la place au niveau des agrumes. Les acides organiques principaux sont l&rsquo;<strong>acide malique<\/strong> (dominant, conf\u00e9rant l&rsquo;acidit\u00e9 caract\u00e9ristique du fruit), l&rsquo;<strong>acide citrique<\/strong>, l&rsquo;<strong>acide tartrique<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide succinique<\/strong>. Les sucres sont repr\u00e9sent\u00e9s par le <strong>glucose<\/strong> et le <strong>fructose<\/strong> (10-15 % de mati\u00e8re fra\u00eeche \u00e0 maturit\u00e9). Des traces de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pectines\/\">pectines<\/a><\/strong> sont pr\u00e9sentes dans le m\u00e9socarpe, facilitant la confection de gel\u00e9es.<\/p>\n<h3>D. Compos\u00e9s min\u00e9raux et lipidiques<\/h3>\n<p>Le fruit contient des quantit\u00e9s significatives de <strong>potassium<\/strong>, <strong>calcium<\/strong>, <strong>magn\u00e9sium<\/strong>, <strong>fer<\/strong> et <strong>zinc<\/strong>. L&rsquo;amande du noyau renferme une huile fixe riche en <strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> et en <strong>acide ol\u00e9ique<\/strong>, dont l&rsquo;exploitation reste marginale.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>Les anthocyanes et les compos\u00e9s ph\u00e9noliques des cornouilles exercent une puissante activit\u00e9 antioxydante par pi\u00e9geage des esp\u00e8ces r\u00e9actives de l&rsquo;oxyg\u00e8ne (ERO) et de l&rsquo;azote (ERN). Le <strong>cyanidine-3-O-galactoside<\/strong> agit comme donneur d&rsquo;hydrog\u00e8ne sur les radicaux libres (superoxyde O<sub>2<\/sub><sup>\u2022\u2212<\/sup>, hydroxyle OH<sup>\u2022<\/sup>, peroxyle ROO<sup>\u2022<\/sup>). Les ellagitanins ch\u00e9latent les ions m\u00e9talliques de transition (Fe<sup>2+<\/sup>, Cu<sup>2+<\/sup>) impliqu\u00e9s dans les r\u00e9actions de Fenton, limitant ainsi la production de radicaux hydroxyles. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante globale a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par des tests DPPH, ABTS, FRAP et ORAC <em>in vitro<\/em>, avec des valeurs comparables \u00e0 celles des baies r\u00e9put\u00e9es les plus antioxydantes (myrtille, aronia, sureau noir).<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> et <em>in vivo<\/em> ont d\u00e9montr\u00e9 que les extraits de cornouille inhibent la voie de signalisation <strong>NF-\u03baB<\/strong> (Nuclear Factor kappa B), r\u00e9duisant l&rsquo;expression de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-1\u03b2, IL-6). L&rsquo;<strong>acide loganique<\/strong> inhibe l&rsquo;activit\u00e9 des enzymes <strong>COX-2<\/strong> (cyclooxyg\u00e9nase-2) et <strong>5-LOX<\/strong> (5-lipoxyg\u00e9nase), diminuant la synth\u00e8se des prostaglandines E<sub>2<\/sub> et des leucotri\u00e8nes B<sub>4<\/sub>. L&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong>, pr\u00e9sent en traces dans la peau du fruit, exerce une activit\u00e9 anti-inflammatoire compl\u00e9mentaire via l&rsquo;inhibition de la phospholipase A<sub>2<\/sub>.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante<\/h3>\n<p>L&rsquo;effet hypoglyc\u00e9miant est l&rsquo;un des axes de recherche les plus prometteurs sur <em>Cornus mas<\/em>. Les anthocyanes et les irido\u00efdes agissent de mani\u00e8re synergique par plusieurs m\u00e9canismes : inhibition de l&rsquo;<strong>\u03b1-glucosidase<\/strong> intestinale (ralentissement de l&rsquo;absorption du glucose), stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion d&rsquo;<strong>insuline<\/strong> par les cellules \u03b2 pancr\u00e9atiques, am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;insuline via l&rsquo;activation de la voie <strong>AMPK<\/strong> (AMP-activated Protein Kinase), et r\u00e9duction de la n\u00e9oglucogen\u00e8se h\u00e9patique. Des \u00e9tudes sur mod\u00e8les animaux diab\u00e9tiques (rats STZ) ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de la glyc\u00e9mie \u00e0 jeun et de l&rsquo;h\u00e9moglobine glyqu\u00e9e (HbA1c) apr\u00e8s administration chronique d&rsquo;extrait de cornouille.<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 astringente et antidiarrh\u00e9ique<\/h3>\n<p>Les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> et hydrolysables des cornouilles exercent un effet astringent sur les muqueuses digestives en pr\u00e9cipitant les prot\u00e9ines de surface, formant un film protecteur qui r\u00e9duit les s\u00e9cr\u00e9tions et l&rsquo;irritation. Cette action justifie l&rsquo;usage traditionnel contre les diarrh\u00e9es et les dysenteries. Les proanthocyanidines inhibent \u00e9galement la motilit\u00e9 intestinale par un m\u00e9canisme d&rsquo;antagonisme calcique sur les fibres musculaires lisses.<\/p>\n<h3>E. Activit\u00e9 antimicrobienne<\/h3>\n<p>Des extraits de cornouille ont montr\u00e9 une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne mod\u00e9r\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em> et <em>Helicobacter pylori<\/em> <em>in vitro<\/em>. L&rsquo;activit\u00e9 est attribu\u00e9e aux tanins, aux acides ph\u00e9noliques et aux irido\u00efdes, qui perturbent l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des membranes bact\u00e9riennes et inhibent certaines enzymes microbiennes.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antidiarrh\u00e9ique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>A. Essais cliniques<\/h3>\n<p>Un essai clinique randomis\u00e9 en double aveugle, men\u00e9 en Iran par Soltani et al. (2015), a \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;effet d&rsquo;un extrait standardis\u00e9 de <em>Cornus mas<\/em> (600 mg\/jour pendant 6 semaines) chez 60 patients atteints de diab\u00e8te de type 2. Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de l&rsquo;HbA1c et des triglyc\u00e9rides, ainsi qu&rsquo;une augmentation de l&rsquo;insulin\u00e9mie par rapport au groupe placebo. La glyc\u00e9mie \u00e0 jeun n&rsquo;a pas montr\u00e9 de r\u00e9duction statistiquement significative dans cet essai ; le LDL-cholest\u00e9rol n&rsquo;\u00e9tait pas parmi les param\u00e8tres mesur\u00e9s. Jayaprakasam et al. (2006) ont montr\u00e9, sur mod\u00e8le murin (souris C57BL\/6 sous r\u00e9gime hyperlipidique), que les anthocyanes et l&rsquo;acide ursolique de Cornus mas r\u00e9duisent la prise de poids et am\u00e9liorent la tol\u00e9rance au glucose (PMID 16390206). La s\u00e9cr\u00e9tion d&rsquo;insuline stimul\u00e9e par les anthocyanes a par ailleurs \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e in vitro par les m\u00eames auteurs en 2005 (PMID 15631504). L&rsquo;inhibition directe de l&rsquo;\u03b1-glucosidase et de l&rsquo;\u03b1-amylase par des extraits de Cornus mas a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite dans des \u00e9tudes ult\u00e9rieures distinctes et n\u00e9cessite une r\u00e9f\u00e9rence sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes observationnelles en Turquie et en Iran ont rapport\u00e9 l&rsquo;usage traditionnel des cornouilles dans la gestion du diab\u00e8te et des troubles digestifs, avec des r\u00e9sultats coh\u00e9rents sur la r\u00e9duction de la glyc\u00e9mie postprandiale. Toutefois, le nombre d&rsquo;essais cliniques de haute qualit\u00e9 m\u00e9thodologique reste limit\u00e9, et des \u00e9tudes compl\u00e9mentaires \u00e0 plus large \u00e9chelle seraient n\u00e9cessaires pour consolider le niveau de preuve.<\/p>\n<h3>B. Tradition d&rsquo;usage<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel du Cornouiller m\u00e2le est attest\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride mentionne les cornouilles comme astringentes et antidiarrh\u00e9iques. Dans les pharmacop\u00e9es populaires d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est (Turquie, Iran, Roumanie, Bulgarie), les fruits sont utilis\u00e9s comme f\u00e9brifuges, toniques et antiscorbutiques. En m\u00e9decine traditionnelle turque, le jus de cornouille (<em>k\u0131z\u0131lc\u0131k \u015ferbeti<\/em>) est employ\u00e9 contre les fi\u00e8vres intermittentes et les troubles digestifs. En Roumanie, les cornouilles mac\u00e9r\u00e9es dans l&rsquo;alcool constituent un rem\u00e8de populaire contre les diarrh\u00e9es et les coliques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Cyanidine-3-o-galactoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>P\u00e9largonidine-3-o-galactoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyanidine-3-o-glucoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Delphinidine-3-o-galactoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<h3>A. Fruit frais et transform\u00e9<\/h3>\n<p>Les cornouilles fra\u00eeches, bien m\u00fbres, se consomment telles quelles ou en jus (1 \u00e0 2 verres par jour). Le jus pasteuris\u00e9 conserve une partie des anthocyanes et de la vitamine C. Les confitures et les compotes permettent une conservation longue mais entra\u00eenent une d\u00e9gradation partielle des compos\u00e9s thermolabiles.<\/p>\n<h3>B. Extrait sec standardis\u00e9<\/h3>\n<p>Extrait hydro\u00e9thanolique de fruit, standardis\u00e9 \u00e0 5-10 % d&rsquo;anthocyanes totaux (exprim\u00e9s en cyanidine-3-glucoside) : <strong>300 \u00e0 600 mg\/jour<\/strong> en 2 \u00e0 3 prises, avant les repas. Ce dosage est celui utilis\u00e9 dans les essais cliniques sur le diab\u00e8te.<\/p>\n<h3>C. D\u00e9coction de fruits secs<\/h3>\n<p>30 \u00e0 50 g de fruits secs pour 1 litre d&rsquo;eau, porter \u00e0 \u00e9bullition et maintenir 10 minutes \u00e0 fr\u00e9missement. Filtrer. Boire 2 \u00e0 3 tasses par jour, comme antidiarrh\u00e9ique ou tonique.<\/p>\n<h3>D. Teinture-m\u00e8re<\/h3>\n<p>Teinture de fruits frais au 1\/5 dans l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 45\u00b0 : <strong>30 \u00e0 50 gouttes<\/strong>, 2 \u00e0 3 fois par jour, dilu\u00e9es dans un peu d&rsquo;eau.<\/p>\n<h3>E. Poudre de fruit<\/h3>\n<p>Fruits s\u00e9ch\u00e9s \u00e0 basse temp\u00e9rature et broy\u00e9s : <strong>2 \u00e0 5 g\/jour<\/strong> en g\u00e9lules ou m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 l&rsquo;alimentation (yaourt, compote). Cette forme pr\u00e9serve les fibres et les irido\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<h3>A. Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>Le Cornouiller m\u00e2le est consid\u00e9r\u00e9 comme une esp\u00e8ce alimentaire non toxique. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 aigu\u00eb et subchronique sur mod\u00e8les animaux n&rsquo;ont pas mis en \u00e9vidence d&rsquo;effets ind\u00e9sirables significatifs aux doses th\u00e9rapeutiques. La DL50 par voie orale de l&rsquo;extrait hydro-alcoolique de fruit chez la souris est sup\u00e9rieure \u00e0 5 g\/kg, t\u00e9moignant d&rsquo;une tr\u00e8s faible toxicit\u00e9.<\/p>\n<h3>B. Contre-indications<\/h3>\n<p>Aucune contre-indication absolue n&rsquo;est \u00e9tablie. Par prudence, l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es est d\u00e9conseill\u00e9 chez la <strong>femme enceinte ou allaitante<\/strong> en l&rsquo;absence de donn\u00e9es suffisantes. Les personnes souffrant de <strong>lithiase r\u00e9nale oxalique<\/strong> pourraient limiter leur consommation en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;oxalates dans le fruit, bien qu&rsquo;\u00e0 des teneurs mod\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<h3>C. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>En raison de l&rsquo;activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante d\u00e9montr\u00e9e, une surveillance glyc\u00e9mique renforc\u00e9e est recommand\u00e9e en cas d&rsquo;association avec des <strong>antidiab\u00e9tiques oraux<\/strong> (metformine, sulfamides hypoglyc\u00e9miants) ou l&rsquo;<strong>insuline<\/strong>, en raison d&rsquo;un risque potentiel d&rsquo;hypoglyc\u00e9mie additive. L&rsquo;effet astringent des tanins pourrait th\u00e9oriquement diminuer l&rsquo;absorption intestinale de certains m\u00e9dicaments administr\u00e9s simultan\u00e9ment ; il est prudent de respecter un intervalle de 2 heures.<\/p>\n<h3>D. Effets ind\u00e9sirables<\/h3>\n<p>\u00c0 doses alimentaires ou th\u00e9rapeutiques usuelles, aucun effet ind\u00e9sirable notable n&rsquo;est rapport\u00e9. Une consommation excessive de fruits peu m\u00fbrs peut occasionner des troubles digestifs mineurs (constipation par astringence, acidit\u00e9 gastrique) en raison de leur forte teneur en tanins et en acides organiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usage culinaire<\/h3>\n<p>Les cornouilles sont consomm\u00e9es depuis des mill\u00e9naires en Europe m\u00e9ridionale et orientale. \u00c0 pleine maturit\u00e9, leur saveur acidul\u00e9e-sucr\u00e9e permet de les consommer crues, mais elles sont surtout transform\u00e9es en <strong>confitures<\/strong>, <strong>gel\u00e9es<\/strong> (gr\u00e2ce \u00e0 leur teneur en pectines), <strong>compotes<\/strong>, <strong>sirops<\/strong>, <strong>jus<\/strong> et <strong>sauces<\/strong> (accompagnement de viandes en cuisine turque et persane). En Turquie, le <em>k\u0131z\u0131lc\u0131k \u015ferbeti<\/em> (sirop de cornouille) est une boisson traditionnelle rafra\u00eechissante. En Arm\u00e9nie et en G\u00e9orgie, les cornouilles sont pr\u00e9par\u00e9es en sauces aigres-douces (<em>tchemali<\/em>). En Autriche, la <em>Dirndlmarmelade<\/em> est une sp\u00e9cialit\u00e9 locale r\u00e9put\u00e9e. Les fruits peuvent \u00e9galement \u00eatre confits au vinaigre comme substitut des olives, ou ferment\u00e9s en vin de cornouille.<\/p>\n<h3>B. Traditions populaires et usages artisanaux<\/h3>\n<p>Le bois du Cornouiller m\u00e2le est l\u00e9gendaire pour sa duret\u00e9 et sa densit\u00e9 (environ 1,0 g\/cm<sup>3<\/sup>, l&rsquo;un des plus denses parmi les bois europ\u00e9ens). Hom\u00e8re rapporte dans l&rsquo;<em>Odyss\u00e9e<\/em> que le javelot d&rsquo;Ulysse \u00e9tait en cornouiller. Les Romains employaient ce bois pour fabriquer des hampes de javelots (<em>pila cornea<\/em>). Au Moyen \u00c2ge et jusqu&rsquo;au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, il servait \u00e0 confectionner des rayons de roue, des dents d&rsquo;engrenage, des manches d&rsquo;outils, des maillets, des navettes de tisserand et des baguettes de tambour. En Provence, les bergers taillaient leurs b\u00e2tons dans du cornouiller. Le nom du quartier de la Canebi\u00e8re \u00e0 Marseille d\u00e9rive, selon certaines \u00e9tymologies, du chanvre (<em>canabis<\/em>), mais d&rsquo;autres auteurs l&rsquo;associent au cornouiller.<\/p>\n<p>Dans la symbolique chr\u00e9tienne orientale (Serbie, Mont\u00e9n\u00e9gro), le Badnjak est une tradition de la veille de No\u00ebl orthodoxe (6 janvier) au cours de laquelle une branche ou un jeune arbre \u2014 de pr\u00e9f\u00e9rence un ch\u00eane (Quercus sp.) \u2014 est rituellement abattu puis br\u00fbl\u00e9. Cette tradition n&rsquo;implique pas le Cornouiller m\u00e2le. En Turquie rurale, la floraison du cornouiller annonce la fin de l&rsquo;hiver et le d\u00e9but des travaux agricoles.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>Le Cornouiller m\u00e2le joue un r\u00f4le \u00e9cologique important \u00e0 plusieurs niveaux. Sa <strong>floraison pr\u00e9coce<\/strong> (f\u00e9vrier-mars) en fait l&rsquo;une des premi\u00e8res sources de nectar et de pollen disponibles pour les insectes pollinisateurs \u00e0 la sortie de l&rsquo;hiver : abeilles domestiques, abeilles sauvages (andr\u00e8nes, osmies), bourdons et syrphes. Cette ressource trophique est critique pour la survie des colonies d&rsquo;abeilles en p\u00e9riode de disette alimentaire, ce qui conf\u00e8re au Cornouiller m\u00e2le un statut de plante mellif\u00e8re d&rsquo;int\u00e9r\u00eat majeur dans les r\u00e9gions calcaires du sud-est de la France.<\/p>\n<p>Ses <strong>fruits<\/strong>, m\u00fbrissant \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et en automne, constituent une ressource alimentaire essentielle pour de nombreuses esp\u00e8ces d&rsquo;oiseaux frugivores (merle noir, grive musicienne, grive draine, fauvette \u00e0 t\u00eate noire, geai des ch\u00eanes) et de mammif\u00e8res (renard roux, blaireau, fouine, martre des pins, loir gris). La diss\u00e9mination des graines par ces animaux (zoochorie) contribue au maintien et \u00e0 l&rsquo;expansion des populations naturelles.<\/p>\n<p>Son <strong>syst\u00e8me racinaire dense<\/strong> stabilise efficacement les sols en pente, ce qui en fait une esp\u00e8ce int\u00e9ressante pour la restauration \u00e9cologique des talus et des versants \u00e9rod\u00e9s. Il est \u00e9galement employ\u00e9 dans les haies champ\u00eatres multifonctionnelles, o\u00f9 il offre abri et nourriture \u00e0 la faune sauvage tout en jouant un r\u00f4le de brise-vent et de corridor \u00e9cologique.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<p>La confusion la plus fr\u00e9quente se fait avec le <strong>Cornouiller sanguin<\/strong> (<em>Cornus sanguinea<\/em> L.), esp\u00e8ce tr\u00e8s commune dans les m\u00eames milieux. Les diff\u00e9rences sont nettes :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Cornus sanguinea<\/em> fleurit en mai-juin (apr\u00e8s les feuilles), tandis que <em>Cornus mas<\/em> fleurit en f\u00e9vrier-mars (avant les feuilles).<\/li>\n<li>Les fleurs de <em>C. sanguinea<\/em> sont blanches, en corymbes terminaux ; celles de <em>C. mas<\/em> sont jaunes, en ombelles lat\u00e9rales.<\/li>\n<li>Les fruits de <em>C. sanguinea<\/em> sont des drupes noires, globuleuses, am\u00e8res et l\u00e9g\u00e8rement toxiques (troubles digestifs) ; ceux de <em>C. mas<\/em> sont rouges, oblongs et comestibles.<\/li>\n<li>Les rameaux de <em>C. sanguinea<\/em> rougissent en hiver (d&rsquo;o\u00f9 son nom) ; ceux de <em>C. mas<\/em> restent gris-brun.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une confusion est \u00e9galement possible, pour le novice, avec le <strong>Berberis vulgaire<\/strong> (<em>Berberis vulgaris<\/em> L.) dont les baies rouges allong\u00e9es peuvent superficiellement \u00e9voquer les cornouilles, mais la plante \u00e9pineuse et \u00e0 feuilles fascicul\u00e9es est morphologiquement tr\u00e8s diff\u00e9rente. Les baies d&rsquo;<strong>If<\/strong> (<em>Taxus baccata<\/em> L.), rouges et charnues, ne pr\u00eatent pas \u00e0 confusion pour un botaniste averti, mais peuvent tromper un cueilleur n\u00e9ophyte : il faut rappeler que l&rsquo;arille de l&rsquo;If est le seul tissu non toxique de cette plante extr\u00eamement v\u00e9n\u00e9neuse.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le Cornouiller m\u00e2le constitue un exemple remarquable de plante \u00e0 la crois\u00e9e des usages alimentaires, artisanaux et m\u00e9dicinaux. Son profil phytochimique, domin\u00e9 par les anthocyanes (cyanidine-3-O-galactoside), les irido\u00efdes (acide loganique, sw\u00e9roside, cornuside), les tanins et la vitamine C, justifie les propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires, astringentes et hypoglyc\u00e9miantes qui lui sont attribu\u00e9es. Les donn\u00e9es cliniques, bien qu&rsquo;encore limit\u00e9es, sont encourageantes, en particulier dans le domaine de la pr\u00e9vention et de l&rsquo;accompagnement du diab\u00e8te de type 2. La tr\u00e8s faible toxicit\u00e9 du fruit, confirm\u00e9 comme aliment traditionnel consomm\u00e9 depuis des mill\u00e9naires, en fait un candidat id\u00e9al pour une valorisation en phytonutrition.<\/p>\n<p>La pr\u00e9servation des populations sauvages de <em>Cornus mas<\/em> en France, notamment dans les frutic\u00e9es calcaires du quart sud-est, m\u00e9rite une attention particuli\u00e8re dans le contexte du changement climatique et de la r\u00e9gression des habitats thermophiles de lisi\u00e8re. L&rsquo;int\u00e9gration du Cornouiller m\u00e2le dans les programmes de haies champ\u00eatres et d&rsquo;agroforesterie repr\u00e9sente une voie de valorisation multifonctionnelle alliant int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique, apicole, alimentaire et pharmacologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie \u2014 Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. (dir.). <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. M\u00e8ze : Biotope \u00c9ditions ; 2014.<\/li>\n<li>Rameau J.-C., Mansion D., Dum\u00e9 G. <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, tome 1 : Plaines et collines. Paris : IDF ; 1989.<\/li>\n<li>Soltani R., Gorji A., Asgary S., Sarrafzadegan N., Siavash M. Evaluation of the Effects of Cornus mas L. Fruit Extract on Glycemic Control and Insulin Level in Type 2 Diabetic Adult Patients: A Randomized Double-Blind Placebo-Controlled Clinical Trial. Evid Based Complement Alternat Med. 2015;2015:740954. doi:10.1155\/2015\/740954.<\/li>\n<li>Jayaprakasam B., Vareed S.K., Olson L.K., Nair M.G. Insulin secretion by bioactive anthocyanins and anthocyanidins present in fruits. <em>J Agric Food Chem<\/em>. 2005;53(1):28-31.<\/li>\n<li>Dinda B., Kyriakopoulos A.M., Dinda S. <em>Cornus mas<\/em> L. (cornelian cherry), an important European and Asian traditional food and medicine: Ethnomedicine, phytochemistry and pharmacology for its commercial utilization in drug industry. <em>J Ethnopharmacol<\/em>. 2016;193:670-690.<\/li>\n<li>Popovi\u0107 B.M., \u0160tajner D., Slavko K., Sandra B. Antioxidant capacity of cornelian cherry (<em>Cornus mas<\/em>) \u2014 comparison between permanganate reducing antioxidant capacity and other antioxidant methods. <em>Food Chem<\/em>. 2012;134(2):734-741.<\/li>\n<li>Hassanpour H., Yousef H., Jafar H., Mohammad A. Antioxidant capacity and phytochemical properties of cornelian cherry (<em>Cornus mas<\/em> L.) genotypes in Iran. <em>Sci Hortic<\/em>. 2011;129(3):459-463.<\/li>\n<li>ESCOP Monographs. <em>The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products<\/em>. 2<sup>e<\/sup> \u00e9d. Exeter : ESCOP ; 2003.<\/li>\n<li>EMA\/HMPC. European Medicines Agency, Committee on Herbal Medicinal Products. Inventaire des monographies communautaires et des listes d&rsquo;entr\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Cornouiller m\u00e2le (Cornus mas L.) est l&rsquo;un des arbustes indig\u00e8nes les plus anciennement connus de la flore europ\u00e9enne, dont la pr\u00e9sence accompagne l&rsquo;homme depuis [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[149],"tags":[],"class_list":["post-8844","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cornacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8844","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8844"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8844\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13518,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8844\/revisions\/13518"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8844"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8844"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8844"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}