{"id":8845,"date":"2026-04-23T12:00:56","date_gmt":"2026-04-23T10:00:56","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/genepi\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"genepi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/genepi\/","title":{"rendered":"G\u00c9N\u00c9PI"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/G%C3%A9n%C3%A9pi.jpg\" alt=\"Planche botanique G\u00e9n\u00e9pi\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9pi (<em>Artemisia genipi<\/em> Weber ex Stechm.) est l&rsquo;une des plantes les plus embl\u00e9matiques de la haute montagne alpine, dont le nom seul \u00e9voque les cimes enneig\u00e9es, les moraines glaciaires et les pierriers d&rsquo;altitude o\u00f9 il trouve refuge entre 2 000 et 3 500 m\u00e8tres. Petit v\u00e9g\u00e9tal discret, formant des touffes argent\u00e9es blotties entre les rochers, il appartient \u00e0 un complexe d&rsquo;esp\u00e8ces du genre <em>Artemisia<\/em> \u2014 comprenant \u00e9galement <em>A. glacialis<\/em>, <em>A. umbelliformis<\/em> et <em>A. mutellina<\/em> \u2014 regroup\u00e9es sous l&rsquo;appellation populaire de \u00ab g\u00e9n\u00e9pis \u00bb et utilis\u00e9es de mani\u00e8re interchangeable dans la tradition savoyarde pour la fabrication de la c\u00e9l\u00e8bre liqueur du m\u00eame nom. Sa pharmacognosie, intimement li\u00e9e \u00e0 la culture alpine, associe des propri\u00e9t\u00e9s digestives, f\u00e9brifuges et toniques \u00e0 une phytochimie complexe domin\u00e9e par les lactones sesquiterp\u00e9niques et les flavono\u00efdes.<\/p>\n<p>La r\u00e9colte du G\u00e9n\u00e9pi, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans les pratiques pastorales et montagnardes des Alpes fran\u00e7aises depuis au moins le XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, fait aujourd&rsquo;hui l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9glementation stricte dans plusieurs d\u00e9partements alpins (Savoie, Haute-Savoie, Is\u00e8re, Hautes-Alpes), en raison de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de ses populations face \u00e0 la surfr\u00e9quentation des milieux d&rsquo;altitude et au changement climatique. Plante adapt\u00e9e aux conditions extr\u00eames \u2014 gel, radiation UV intense, vents dess\u00e9chants, sols pauvres et instables \u2014, le G\u00e9n\u00e9pi constitue un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude remarquable en \u00e9cophysiologie et en biologie de la conservation. Sur le plan pharmacologique, si son usage demeure essentiellement ancr\u00e9 dans la tradition populaire et la fabrication de liqueurs artisanales, les propri\u00e9t\u00e9s de ses m\u00e9tabolites secondaires m\u00e9ritent une attention scientifique approfondie.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<h3>A. Position syst\u00e9matique<\/h3>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9pi appartient \u00e0 la famille des <strong>Asteraceae<\/strong> (Ast\u00e9rac\u00e9es ou Compos\u00e9es), tribu des <em>Anthemideae<\/em>, genre <em>Artemisia<\/em> L., l&rsquo;un des genres les plus vastes de la famille avec environ 500 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. L&rsquo;esp\u00e8ce type du \u00ab G\u00e9n\u00e9pi noir \u00bb est <em>Artemisia genipi<\/em> Weber ex Stechm., mais le terme \u00ab g\u00e9n\u00e9pi \u00bb recouvre en r\u00e9alit\u00e9 un groupe d&rsquo;esp\u00e8ces alpines \u00e9troitement apparent\u00e9es.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Clade :<\/strong> Angiospermes, Dicotyl\u00e9dones vraies, Ast\u00e9rid\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Asterales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Asteraceae<\/li>\n<li><strong>Tribu :<\/strong> Anthemideae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Artemisia<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Artemisia genipi<\/em> Weber ex Stechm. (1775)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Le complexe des g\u00e9n\u00e9pis<\/h3>\n<p>Sous le vocable de \u00ab g\u00e9n\u00e9pi \u00bb sont traditionnellement regroup\u00e9es quatre esp\u00e8ces principales, toutes end\u00e9miques ou subend\u00e9miques des Alpes et des montagnes d&rsquo;Europe m\u00e9ridionale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>G\u00e9n\u00e9pi noir<\/strong> ou <strong>g\u00e9n\u00e9pi vrai<\/strong> : <em>Artemisia genipi<\/em> Weber ex Stechm. \u2014 Capitules noirs ou brun fonc\u00e9, plante tr\u00e8s aromatique, consid\u00e9r\u00e9e comme le \u00ab vrai \u00bb g\u00e9n\u00e9pi par les montagnards savoyards.<\/li>\n<li><strong>G\u00e9n\u00e9pi des glaciers<\/strong> ou <strong>g\u00e9n\u00e9pi blanc<\/strong> : <em>Artemisia glacialis<\/em> L. \u2014 Capitules jaune dor\u00e9, feuilles tr\u00e8s argent\u00e9es, \u00e9tages nival et alpin sup\u00e9rieur.<\/li>\n<li><strong>G\u00e9n\u00e9pi jaune<\/strong> ou <strong>g\u00e9n\u00e9pi laineux<\/strong> : <em>Artemisia umbelliformis<\/em> Lam. (syn. <em>A. mutellina<\/em> Vill.) \u2014 Capitules jaunes en grappe plus ou moins ombell\u00e9e, le plus r\u00e9pandu des g\u00e9n\u00e9pis, le plus souvent utilis\u00e9 pour la liqueur.<\/li>\n<li><strong>G\u00e9n\u00e9pi des Alpes<\/strong> : <em>Artemisia mutellina<\/em> Vill. \u2014 Parfois synonymis\u00e9 avec <em>A. umbelliformis<\/em>, sa distinction taxonomique fait d\u00e9bat.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Noms vernaculaires et \u00e9tymologie<\/h3>\n<p>Le nom \u00ab g\u00e9n\u00e9pi \u00bb (ou \u00ab gen\u00e9pi \u00bb, \u00ab genepy \u00bb) d\u00e9rive du franco-proven\u00e7al alpin <em>dzenepi<\/em> ou <em>genep\u00ec<\/em>, lui-m\u00eame d&rsquo;\u00e9tymologie discut\u00e9e : certains auteurs le rattachent au latin <em>juniperus<\/em> (gen\u00e9vrier) par analogie aromatique, d&rsquo;autres \u00e0 une racine pr\u00e9-indo-europ\u00e9enne d\u00e9signant les plantes de haute montagne. En italien, on dit <em>genep\u00ec<\/em> ; en allemand, <em>Schwarze Edelraute<\/em> (pour <em>A. genipi<\/em>) ou <em>Echt-Edelraute<\/em> (pour <em>A. umbelliformis<\/em>). Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Artemisia<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Art\u00e9mis, d\u00e9esse grecque de la nature sauvage, ou \u00e0 la reine Art\u00e9mise II de Carie, r\u00e9put\u00e9e pour ses connaissances en herboristerie.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p><em>Artemisia genipi<\/em> est une plante herbac\u00e9e vivace, naine, h\u00e9micryptophyte, formant de petites touffes denses de 5 \u00e0 15 cm de hauteur (rarement 20 cm). Le port est \u00e9rig\u00e9, compact, avec des tiges florif\u00e8res dress\u00e9es, simples ou peu ramifi\u00e9es, \u00e9mergeant d&rsquo;une souche ligneuse basilaire. L&rsquo;ensemble de la plante est rev\u00eatu d&rsquo;un dense tomentum soyeux argent\u00e9, constitu\u00e9 de poils tecteurs bifurqu\u00e9s ou \u00e9toil\u00e9s, adaptation caract\u00e9ristique \u00e0 la haute altitude (protection contre les UV et la dessiccation).<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> Les tiges florif\u00e8res sont simples, dress\u00e9es, cylindriques, dens\u00e9ment tomenteuses-soyeuses, blanch\u00e2tres-argent\u00e9es. Elles mesurent 5 \u00e0 15 cm et portent quelques feuilles caulinaires r\u00e9duites. La base de la tige est ligneuse et persistante, formant un petit caudex ramifi\u00e9 d&rsquo;o\u00f9 \u00e9mergent chaque ann\u00e9e les rosettes foliaires et les tiges florif\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> Les feuilles basales sont dispos\u00e9es en rosette dense, palmatipartites \u00e0 palmatis\u00e9qu\u00e9es, divis\u00e9es en 3 \u00e0 7 lobes \u00e9troits, lin\u00e9aires, obtus au sommet, de 1 \u00e0 3 cm de longueur. Elles sont dens\u00e9ment recouvertes de poils soyeux argent\u00e9s sur les deux faces, ce qui leur conf\u00e8re un aspect gris-blanc caract\u00e9ristique. Les feuilles caulinaires sont progressivement r\u00e9duites vers le sommet, les sup\u00e9rieures \u00e9tant enti\u00e8res ou trilob\u00e9es. Le limbe est coriace, \u00e0 bord entier r\u00e9volut\u00e9. Des glandes s\u00e9cr\u00e9trices d&rsquo;huile essentielle (trichomes glandulaires bis\u00e9ri\u00e9s) sont pr\u00e9sentes sur les deux faces foliaires, mais masqu\u00e9es par l&rsquo;abondant indument.<\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me racinaire :<\/strong> Le syst\u00e8me racinaire est un pivot ligneux, ramifi\u00e9, s&rsquo;insinuant profond\u00e9ment dans les fissures des rochers et les interstices des \u00e9boulis. Cette architecture racinaire permet \u00e0 la plante de s&rsquo;ancrer dans des substrats tr\u00e8s instables (moraines, pierriers mobiles) et d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;eau profonde en p\u00e9riode de s\u00e9cheresse estivale d&rsquo;altitude. La racine poss\u00e8de des r\u00e9serves amylac\u00e9es importantes permettant de financer la croissance rapide lors de la courte saison de v\u00e9g\u00e9tation.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> Les capitules sont dispos\u00e9s en grappe spiciforme terminale, serr\u00e9e, unilat\u00e9rale ou \u00e0 peine \u00e9tal\u00e9e, comportant 5 \u00e0 15 capitules subsessiles ou bri\u00e8vement p\u00e9doncul\u00e9s. Chaque capitule est subglobuleux, de 4 \u00e0 7 mm de diam\u00e8tre, entour\u00e9 d&rsquo;un involucre de bract\u00e9es imbriqu\u00e9es, largement scarieuses au bord, brun-noir\u00e2tre \u00e0 marge blanch\u00e2tre (d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab g\u00e9n\u00e9pi noir \u00bb).<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> Les capitules sont h\u00e9t\u00e9rogames, compos\u00e9s de fleurs tubuleuses. Les fleurs p\u00e9riph\u00e9riques (5 \u00e0 8) sont femelles, \u00e0 corolle filiforme ; les fleurs centrales (10 \u00e0 20) sont hermaphrodites, \u00e0 corolle tubuleuse jaune. Toutes les fleurs sont tr\u00e8s petites (2-3 mm).<\/p>\n<p><strong>Androc\u00e9e :<\/strong> 5 \u00e9tamines synanth\u00e9r\u00e9es (anth\u00e8res soud\u00e9es en tube), \u00e0 d\u00e9hiscence introrse, caract\u00e9ristique de la famille des Ast\u00e9rac\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Gyn\u00e9c\u00e9e :<\/strong> Ovaire inf\u00e8re, uniloculaire, uniovul\u00e9, surmont\u00e9 d&rsquo;un style bifide \u00e0 branches stigmatiques tronqu\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> Le fruit est un ak\u00e8ne oblong, minuscule (environ 1 mm), glabre, sans pappus. La diss\u00e9mination se fait essentiellement par gravit\u00e9 (barochorie) et par le vent (an\u00e9mochorie passive, les ak\u00e8nes \u00e9tant tr\u00e8s l\u00e9gers).<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie et biologie reproductive<\/h3>\n<p>La saison de v\u00e9g\u00e9tation du G\u00e9n\u00e9pi est extr\u00eamement courte, de juin \u00e0 septembre selon l&rsquo;altitude et l&rsquo;enneigement. La floraison survient de juillet \u00e0 ao\u00fbt, parfois jusqu&rsquo;en septembre \u00e0 tr\u00e8s haute altitude. La pollinisation est principalement an\u00e9mogame (par le vent), comme chez la plupart des <em>Artemisia<\/em>, bien qu&rsquo;une entomogamie accessoire par de petits dipt\u00e8res et hym\u00e9nopt\u00e8res de haute altitude soit possible. La reproduction sexu\u00e9e est compl\u00e9t\u00e9e par une multiplication v\u00e9g\u00e9tative par fragmentation du caudex, qui contribue au maintien des populations dans les milieux instables. La germination des graines requiert une stratification froide prolong\u00e9e et des conditions de lumi\u00e8re et d&rsquo;humidit\u00e9 sp\u00e9cifiques, ce qui limite le recrutement de nouveaux individus.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p><em>Artemisia genipi<\/em> est une plante orophyte, strictement inf\u00e9od\u00e9e aux \u00e9tages alpin et nival, entre 2 000 et 3 500 m\u00e8tres d&rsquo;altitude (ponctuellement au-del\u00e0 de 3 700 m). Elle colonise les \u00e9boulis siliceux ou calcschistes, les moraines r\u00e9centes, les fissures de rochers, les cr\u00eates vent\u00e9es et les sols squelettiques d&rsquo;altitude. C&rsquo;est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des substrats instables, caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance du <em>Androsacion alpinae<\/em> (v\u00e9g\u00e9tation des \u00e9boulis siliceux alpins) et de l&rsquo;alliance du <em>Thlaspion rotundifolii<\/em> (\u00e9boulis calcaires alpins). Elle tol\u00e8re le gel intense (jusqu&rsquo;\u00e0 \u221230 \u00b0C et au-del\u00e0), les fortes amplitudes thermiques journali\u00e8res, le rayonnement UV \u00e9lev\u00e9 et les vents violents. En revanche, elle ne supporte pas la concurrence d&rsquo;une v\u00e9g\u00e9tation dense et dispara\u00eet des milieux en voie de colonisation par les pelouses alpines.<\/p>\n<h3>B. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire de r\u00e9partition d&rsquo;<em>Artemisia genipi<\/em> est centr\u00e9e sur les Alpes, de la Savoie \u00e0 l&rsquo;Autriche et \u00e0 la Slov\u00e9nie. L&rsquo;esp\u00e8ce est pr\u00e9sente dans les Alpes occidentales (France, Italie, Suisse) et orientales (Autriche, Slov\u00e9nie, nord de la Croatie). On la signale \u00e9galement, plus rarement, dans les Carpates et les Pyr\u00e9n\u00e9es (populations isol\u00e9es et discut\u00e9es taxonomiquement).<\/p>\n<p><strong>En France<\/strong>, <em>Artemisia genipi<\/em> est pr\u00e9sente dans les massifs alpins internes de Savoie, Haute-Savoie, Is\u00e8re, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence. Les populations les plus importantes se trouvent dans les massifs de la Vanoise, du Mont-Blanc, des \u00c9crins, de la Meije, du Beaufortain et du massif du Mont-Cenis. L&rsquo;esp\u00e8ce est plus rare dans les Alpes calcaires externes et absente du Jura et des Vosges. <em>Artemisia umbelliformis<\/em>, le g\u00e9n\u00e9pi jaune, a une aire plus \u00e9tendue et descend localement jusqu&rsquo;\u00e0 1 800 m ; <em>Artemisia glacialis<\/em> est plus strictement orophile et silicicole.<\/p>\n<h3>C. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9pi s&rsquo;associe aux esp\u00e8ces caract\u00e9ristiques des \u00e9boulis et des cr\u00eates d&rsquo;altitude : Androsace des Alpes (<em>Androsace alpina<\/em>), Linaire des Alpes (<em>Linaria alpina<\/em>), Tabouret \u00e0 feuilles rondes (<em>Noccaea rotundifolia<\/em>), Saxifrage \u00e0 feuilles oppos\u00e9es (<em>Saxifraga oppositifolia<\/em>), Renoncule des glaciers (<em>Ranunculus glacialis<\/em>), C\u00e9raiste des Alpes (<em>Cerastium alpinum<\/em>). Sur les cr\u00eates vent\u00e9es, il c\u00f4toie la Sil\u00e8ne acaule (<em>Silene acaulis<\/em>), l&rsquo;\u00c9lyne queue-de-souris (<em>Elyna myosuroides<\/em>) et le Carex des rochers (<em>Carex rupestris<\/em>). Ces associations t\u00e9moignent de conditions \u00e9daphiques et climatiques extr\u00eames, partag\u00e9es par un cort\u00e8ge floristique sp\u00e9cialis\u00e9 et souvent end\u00e9mique.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La partie utilis\u00e9e est la <strong>sommit\u00e9 fleurie<\/strong> (tiges feuill\u00e9es et capitules), r\u00e9colt\u00e9e en pleine floraison, de juillet \u00e0 ao\u00fbt. Traditionnellement, les montagnards cueillent les brins de g\u00e9n\u00e9pi \u00e0 la main, un par un, en veillant \u00e0 laisser au moins un tiers de la touffe intacte pour permettre la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration. La cueillette est r\u00e9glement\u00e9e dans plusieurs d\u00e9partements fran\u00e7ais :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Savoie<\/strong> : 100 brins par personne et par jour (arr\u00eat\u00e9 pr\u00e9fectoral).<\/li>\n<li><strong>Haute-Savoie<\/strong> : 100 brins par personne et par jour.<\/li>\n<li><strong>Is\u00e8re<\/strong> : cueillette r\u00e9glement\u00e9e (quantit\u00e9s variables selon les arr\u00eat\u00e9s).<\/li>\n<li><strong>Hautes-Alpes<\/strong> : r\u00e9glementation locale applicable dans les zones prot\u00e9g\u00e9es.<\/li>\n<li>Dans le <strong>Parc national de la Vanoise<\/strong> et le <strong>Parc national des \u00c9crins<\/strong>, la cueillette est totalement interdite dans les zones centrales (c\u0153ur de parc).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le s\u00e9chage s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;ombre, dans un endroit sec et ventil\u00e9, \u00e0 temp\u00e9rature ambiante, pendant 1 \u00e0 2 semaines. Les sommit\u00e9s s\u00e8ches conservent leur ar\u00f4me caract\u00e9ristique et leur couleur argent\u00e9e. Elles sont ensuite stock\u00e9es \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;humidit\u00e9, dans des r\u00e9cipients herm\u00e9tiques. Le s\u00e9chage \u00e0 temp\u00e9rature \u00e9lev\u00e9e est \u00e0 proscrire car il entra\u00eene une perte significative de compos\u00e9s volatils.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Huile essentielle<\/h3>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9pi contient une huile essentielle en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e (0,2 \u00e0 0,8 % de la mati\u00e8re s\u00e8che selon l&rsquo;esp\u00e8ce et les conditions de croissance). Le profil chimique de l&rsquo;huile essentielle varie significativement entre les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces du complexe. Chez <em>Artemisia genipi<\/em>, les compos\u00e9s majoritaires identifi\u00e9s sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u03b2-thujone<\/strong> et <strong>\u03b1-thujone<\/strong> : <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> c\u00e9toniques bicycliques, pr\u00e9sents en proportions variables (5-30 % selon les chimiotypes), responsables de la saveur am\u00e8re caract\u00e9ristique. La teneur en thujone est g\u00e9n\u00e9ralement plus faible chez <em>A. genipi<\/em> que chez <em>A. absinthium<\/em>.<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/cineal-eucalyptol\/\">1,8-cin\u00e9ole<\/a><\/strong> (eucalyptol) : monoterp\u00e8ne oxyd\u00e9, pr\u00e9sent en quantit\u00e9 variable.<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/camphre\/\">Camphre<\/a><\/strong> : monoterp\u00e8ne c\u00e9tonique, contribuant \u00e0 l&rsquo;ar\u00f4me.<\/li>\n<li><strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong> : <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8ne<\/a> bicyclique, aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires.<\/li>\n<li><strong>Germacr\u00e8ne D<\/strong> : sesquiterp\u00e8ne monocyclique.<\/li>\n<li><strong>Ac\u00e9tate de bornyle<\/strong> : ester monoterp\u00e9nique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Chez <em>Artemisia umbelliformis<\/em>, le profil est domin\u00e9 par le <strong>cis-chrysanth\u00e9nyl ac\u00e9tate<\/strong> et le <strong>cis-chrysanth\u00e9nol<\/strong>, avec peu ou pas de thujone, ce qui en fait l&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e pour la liqueur (moindre amertume et absence de risque li\u00e9 \u00e0 la thujone).<\/p>\n<h3>B. Lactones sesquiterp\u00e9niques<\/h3>\n<p>Les lactones sesquiterp\u00e9niques constituent la classe de m\u00e9tabolites secondaires la plus caract\u00e9ristique du genre <em>Artemisia<\/em>. Chez <em>A. genipi<\/em>, les principaux compos\u00e9s identifi\u00e9s sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Art\u00e9morine<\/strong> (ou eudesmanolide) : lactone sesquiterp\u00e9nique de type eudesmanolide.<\/li>\n<li><strong>Matricine<\/strong> : proazul\u00e8ne, pr\u00e9curseur du <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chamazulene\/\">chamazul\u00e8ne<\/a> (pigment bleu obtenu lors de la distillation).<\/li>\n<li><strong>Achilline<\/strong> : guaianolide.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9sac\u00e9tylmatricarine<\/strong> et autres guaianolides apparent\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces compos\u00e9s amers sont responsables de l&rsquo;activit\u00e9 ap\u00e9ritive, digestive et cholagogue attribu\u00e9e aux g\u00e9n\u00e9pis. Ils agissent en stimulant les r\u00e9cepteurs gustatifs amers (r\u00e9cepteurs T2R), ce qui d\u00e9clenche un r\u00e9flexe vagal de s\u00e9cr\u00e9tion gastrique et biliaire.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9pi est riche en flavono\u00efdes, parmi lesquels :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Eupatiline<\/strong> (5,7-dihydroxy-3&prime;,4&prime;-dim\u00e9thoxyflavone) : <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavone<\/a> m\u00e9thoxyl\u00e9e aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et gastroprotectrices.<\/li>\n<li><strong>Jac\u00e9osidine<\/strong> : flavone m\u00e9thoxyl\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Lut\u00e9oline<\/strong> et ses glycosides : flavone commune aux activit\u00e9s antioxydantes.<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">Apig\u00e9nine<\/a><\/strong> : flavone aux propri\u00e9t\u00e9s anxiolytiques et anti-inflammatoires.<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">Querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> : <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a> ubiquistes, antioxydants.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>D. Acides ph\u00e9noliques et coumarines<\/h3>\n<p>Des <strong>acides caf\u00e9oylquiniques<\/strong> (dont l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et l&rsquo;<strong>acide 3,5-dicaf\u00e9oylquinique<\/strong>) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s. La pr\u00e9sence de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a> (<strong>scopol\u00e9tine<\/strong>, <strong>ombellif\u00e9rone<\/strong>) est signal\u00e9e en faible quantit\u00e9. Des traces de <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> (capilline) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es dans les racines.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 digestive et ap\u00e9ritive<\/h3>\n<p>Les principes amers du G\u00e9n\u00e9pi \u2014 lactones sesquiterp\u00e9niques et huile essentielle \u2014 stimulent l&rsquo;app\u00e9tit et la digestion par un m\u00e9canisme r\u00e9flexe impliquant les r\u00e9cepteurs gustatifs amers de type <strong>T2R<\/strong> (taste receptor type 2). L&rsquo;activation de ces r\u00e9cepteurs sur la muqueuse buccale et gastrique stimule la s\u00e9cr\u00e9tion de <strong>gastrine<\/strong>, d&rsquo;acide chlorhydrique, de <strong>pepsine<\/strong> et de <strong>bile<\/strong> par voie vagale. Les lactones sesquiterp\u00e9niques exercent \u00e9galement un effet spasmolytique sur les fibres musculaires lisses de l&rsquo;intestin, par inhibition de l&rsquo;influx calcique intracellulaire, ce qui soulage les crampes et les ballonnements post-prandiaux.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>eupatiline<\/strong>, flavone m\u00e9thoxyl\u00e9e majeure du G\u00e9n\u00e9pi, inhibe l&rsquo;expression de la <strong>COX-2<\/strong> et de la <strong>NO synthase inductible (iNOS)<\/strong> dans les macrophages activ\u00e9s, r\u00e9duisant la production de prostaglandine E<sub>2<\/sub> et de monoxyde d&rsquo;azote (NO). Le <strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong>, pr\u00e9sent dans l&rsquo;huile essentielle, est un agoniste s\u00e9lectif des r\u00e9cepteurs <strong>CB2<\/strong> (cannabino\u00efdes de type 2), ce qui lui conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et analg\u00e9siques sans effet psychotrope. Les lactones sesquiterp\u00e9niques inhibent l&rsquo;activation du facteur de transcription <strong>NF-\u03baB<\/strong> en bloquant la phosphorylation de I\u03baB\u03b1, r\u00e9duisant ainsi l&rsquo;expression des g\u00e8nes pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-1\u03b2, IL-6).<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes (lut\u00e9oline, apig\u00e9nine, querc\u00e9tine) et les acides ph\u00e9noliques exercent une activit\u00e9 antioxydante par pi\u00e9geage des radicaux libres et ch\u00e9lation des m\u00e9taux de transition. L&rsquo;<strong>eupatiline<\/strong> prot\u00e8ge les cellules \u00e9pith\u00e9liales gastriques du stress oxydatif induit par l&rsquo;\u00e9thanol et les AINS <em>in vitro<\/em>, via l&rsquo;activation de la voie <strong>Nrf2\/ARE<\/strong> (Nuclear factor erythroid 2-related factor 2 \/ Antioxidant Response Element), qui induit l&rsquo;expression d&rsquo;enzymes de d\u00e9toxification (h\u00e8me-oxyg\u00e9nase 1, glutathion-S-transf\u00e9rase).<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 f\u00e9brifuge et tonique<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel du G\u00e9n\u00e9pi comme f\u00e9brifuge repose vraisemblablement sur l&rsquo;action anti-inflammatoire des lactones sesquiterp\u00e9niques et des flavono\u00efdes, qui inhibent la production de <strong>prostaglandine E<sub>2<\/sub><\/strong> au niveau hypothalamique, m\u00e9diateur cl\u00e9 de la fi\u00e8vre. L&rsquo;effet tonique (lutte contre la fatigue et le mal des montagnes) est plus difficile \u00e0 documenter pharmacologiquement, mais pourrait impliquer la stimulation vagale induite par les principes amers et un l\u00e9ger effet stimulant de l&rsquo;huile essentielle.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Stomachique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Cholagogue<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>A. Absence d&rsquo;essais cliniques sp\u00e9cifiques<\/h3>\n<p>\u00c0 ce jour, aucun essai clinique randomis\u00e9 contr\u00f4l\u00e9 sp\u00e9cifique \u00e0 <em>Artemisia genipi<\/em> ou aux autres esp\u00e8ces de g\u00e9n\u00e9pis n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale index\u00e9e. L&rsquo;essentiel des donn\u00e9es pharmacologiques repose sur des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em>, des \u00e9tudes sur mod\u00e8les animaux et l&rsquo;extrapolation \u00e0 partir de donn\u00e9es obtenues sur des esp\u00e8ces apparent\u00e9es du genre <em>Artemisia<\/em> (notamment <em>A. absinthium<\/em> et <em>A. vulgaris<\/em>).<\/p>\n<h3>B. Tradition d&rsquo;usage<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage du G\u00e9n\u00e9pi en m\u00e9decine populaire alpine est attest\u00e9 depuis au moins le XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Les trait\u00e9s de mati\u00e8re m\u00e9dicale savoyards et pi\u00e9montais mentionnent la mac\u00e9ration dans le vin ou l&rsquo;eau-de-vie comme rem\u00e8de contre les fi\u00e8vres, les refroidissements, les indigestions et le \u00ab mal des montagnes \u00bb. La <em>Pharmacop\u00e9e universelle<\/em> de L\u00e9mery (1698) mentionne les \u00ab armoises des Alpes \u00bb parmi les plantes stomachiques et f\u00e9brifuges. Au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le docteur Cazin rapporte dans son <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em> (1868) l&rsquo;usage du g\u00e9n\u00e9pi en infusion comme \u00ab cordial des montagnes, propre \u00e0 ranimer les forces des voyageurs \u00e9puis\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>La tradition orale savoyarde attribue au g\u00e9n\u00e9pi des vertus de protection contre le froid, de stimulation de la circulation sanguine et de pr\u00e9vention des infections respiratoires. Ces usages se sont largement perp\u00e9tu\u00e9s sous la forme de la <strong>liqueur de g\u00e9n\u00e9pi<\/strong>, pr\u00e9par\u00e9e par mac\u00e9ration des sommit\u00e9s fleuries dans l&rsquo;alcool additionn\u00e9 de sucre, consomm\u00e9e en digestif ou en \u00ab remontant \u00bb apr\u00e8s une journ\u00e9e en montagne.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\u0392-thujone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u0391-thujone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u0392-caryophyll\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Germacr\u00e8ne D<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ac\u00e9tate de bornyle<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<h3>A. Liqueur de g\u00e9n\u00e9pi (forme traditionnelle)<\/h3>\n<p>La forme d&#8217;emploi la plus r\u00e9pandue est la liqueur artisanale, pr\u00e9par\u00e9e selon la recette traditionnelle : 30 \u00e0 40 brins de g\u00e9n\u00e9pi s\u00e9ch\u00e9s (environ 20-25 g) sont mis \u00e0 mac\u00e9rer dans 1 litre d&rsquo;eau-de-vie (alcool \u00e0 40-45\u00b0) pendant 40 jours \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re. On ajoute ensuite un sirop de sucre (200 \u00e0 300 g de sucre dans 50 cl d&rsquo;eau). Apr\u00e8s filtration, la liqueur titre environ 30-35\u00b0 et se consomme en petites quantit\u00e9s (2 \u00e0 4 cl) en fin de repas.<\/p>\n<h3>B. Infusion<\/h3>\n<p>Infusion de sommit\u00e9s fleuries s\u00e8ches : <strong>1 \u00e0 2 g<\/strong> (3 \u00e0 5 brins) pour 150 ml d&rsquo;eau fr\u00e9missante, infuser 10 minutes \u00e0 couvert. Boire 1 \u00e0 2 tasses par jour apr\u00e8s les repas, comme digestif et tonique. L&rsquo;infusion est am\u00e8re et aromatique ; l&rsquo;ajout de miel est traditionnel.<\/p>\n<h3>C. Teinture-m\u00e8re<\/h3>\n<p>Teinture de plante fra\u00eeche au 1\/5 dans l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 55\u00b0 : <strong>20 \u00e0 40 gouttes<\/strong>, 2 \u00e0 3 fois par jour, dilu\u00e9es dans un peu d&rsquo;eau ti\u00e8de. Utilis\u00e9e comme digestif, ap\u00e9ritif et tonique.<\/p>\n<h3>D. Huile essentielle<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle de g\u00e9n\u00e9pi est rare et co\u00fbteuse en raison du faible rendement de la distillation (0,2-0,5 %). Elle s&rsquo;utilise en aromath\u00e9rapie avec prudence, \u00e0 raison de <strong>1 \u00e0 2 gouttes<\/strong> dilu\u00e9es dans une huile v\u00e9g\u00e9tale, en application externe (massage thoracique en cas de refroidissement) ou en diffusion atmosph\u00e9rique. Son usage interne est d\u00e9conseill\u00e9 en raison de la pr\u00e9sence potentielle de thujone.<\/p>\n<h3>E. Vin de g\u00e9n\u00e9pi<\/h3>\n<p>Mac\u00e9ration de 10 \u00e0 15 brins de g\u00e9n\u00e9pi dans 1 litre de vin blanc sec pendant 15 jours. Un petit verre avant le repas comme ap\u00e9ritif amer et stimulant digestif.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<h3>A. Toxicit\u00e9 de la thujone<\/h3>\n<p>Le principal risque toxicologique associ\u00e9 aux g\u00e9n\u00e9pis concerne la <strong>thujone<\/strong> (\u03b1- et \u03b2-thujone), monoterp\u00e8ne c\u00e9tonique neurotoxique pr\u00e9sent en quantit\u00e9 variable dans l&rsquo;huile essentielle. La thujone est un antagoniste des r\u00e9cepteurs <strong>GABA<sub>A<\/sub><\/strong> : \u00e0 forte dose, elle provoque des convulsions, des hallucinations, une agitation et, \u00e0 dose massive, le coma et la mort. C&rsquo;est le compos\u00e9 incrimin\u00e9 dans le \u00ab syndrome d&rsquo;absinthisme \u00bb li\u00e9 \u00e0 la consommation excessive d&rsquo;absinthe (<em>Artemisia absinthium<\/em>).<\/p>\n<p>Toutefois, la teneur en thujone du G\u00e9n\u00e9pi est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 celle de l&rsquo;absinthe. Dans les liqueurs de g\u00e9n\u00e9pi artisanales, les concentrations en thujone mesur\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9ralement comprises entre 2 et 15 mg\/L, bien en dessous du seuil r\u00e9glementaire europ\u00e9en fix\u00e9 \u00e0 <strong>35 mg\/L<\/strong> pour les boissons am\u00e8res (R\u00e8glement CE 1334\/2008). Le risque de toxicit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la thujone lors de la consommation mod\u00e9r\u00e9e de liqueur de g\u00e9n\u00e9pi est donc consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9gligeable.<\/p>\n<h3>B. Contre-indications<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Grossesse et allaitement<\/strong> : l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 en raison de la pr\u00e9sence de thujone (potentiel abortifacient document\u00e9 chez les <em>Artemisia<\/em>) et de l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9.<\/li>\n<li><strong>\u00c9pilepsie<\/strong> : la thujone abaissant le seuil convulsif, l&rsquo;usage de l&rsquo;huile essentielle est formellement contre-indiqu\u00e9 chez les \u00e9pileptiques.<\/li>\n<li><strong>Enfants de moins de 12 ans<\/strong> : d\u00e9conseill\u00e9 par principe de pr\u00e9caution.<\/li>\n<li><strong>Allergies aux Ast\u00e9rac\u00e9es<\/strong> : risque de r\u00e9action crois\u00e9e (dermatite de contact, rarement anaphylaxie) en raison des lactones sesquiterp\u00e9niques, allerg\u00e8nes de contact connus.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse sp\u00e9cifique n&rsquo;est document\u00e9e pour le G\u00e9n\u00e9pi. Par analogie avec d&rsquo;autres <em>Artemisia<\/em>, une potentialisation th\u00e9orique des effets des <strong>anticoagulants<\/strong> (par les coumarines) et des <strong>anticonvulsivants<\/strong> (par la thujone) ne peut \u00eatre exclue. L&rsquo;association avec des m\u00e9dicaments h\u00e9patotoxiques devrait \u00eatre prudente en cas d&rsquo;usage prolong\u00e9 \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. La liqueur de g\u00e9n\u00e9pi<\/h3>\n<p>La <strong>liqueur de g\u00e9n\u00e9pi<\/strong> est le produit le plus embl\u00e9matique tir\u00e9 de cette plante. Elle constitue un \u00e9l\u00e9ment central de l&rsquo;identit\u00e9 gastronomique et culturelle des Alpes fran\u00e7aises (Savoie, Dauphin\u00e9) et italiennes (Vall\u00e9e d&rsquo;Aoste, Pi\u00e9mont). Produite artisanalement depuis des si\u00e8cles par les familles montagnardes, elle est aujourd&rsquo;hui \u00e9galement \u00e9labor\u00e9e par des distillateurs professionnels (Dolin, Routin, \u00c9mile Pernot, etc.) et b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une reconnaissance comme produit de terroir. Sa couleur varie du vert p\u00e2le au jaune dor\u00e9 selon l&rsquo;esp\u00e8ce utilis\u00e9e et le mode de mac\u00e9ration. Le go\u00fbt est caract\u00e9ristique : amer, aromatique, herbac\u00e9, avec des notes de miel et de foin.<\/p>\n<h3>B. Traditions populaires alpines<\/h3>\n<p>Dans la culture savoyarde, la cueillette du g\u00e9n\u00e9pi est un rite de passage et un marqueur social. Aller \u00ab chercher le g\u00e9n\u00e9pi \u00bb en haute montagne est une pratique qui se transmet de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration et fait partie int\u00e9grante de l&rsquo;identit\u00e9 montagnarde. Le g\u00e9n\u00e9pi est offert en cadeau de bienvenue, servi aux veill\u00e9es, et utilis\u00e9 pour marquer les occasions festives. Dans certaines vall\u00e9es (Maurienne, Tarentaise), des confr\u00e9ries et des f\u00eates locales c\u00e9l\u00e8brent le g\u00e9n\u00e9pi.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, au-del\u00e0 de la liqueur, le g\u00e9n\u00e9pi \u00e9tait utilis\u00e9 en cataplasmes sur les plaies et les ecchymoses, en inhalation contre les refroidissements et en fumigation dans les \u00e9tables pour \u00e9loigner les insectes. Les bergers emportaient des brins de g\u00e9n\u00e9pi dans leur poche, \u00e0 m\u00e2cher en cas de fatigue ou de trouble digestif pendant la transhumance.<\/p>\n<p>En Vall\u00e9e d&rsquo;Aoste, une recette traditionnelle consiste \u00e0 aromatiser du miel avec des fleurs de g\u00e9n\u00e9pi (<em>miel au genep\u00ec<\/em>), utilis\u00e9 comme rem\u00e8de contre les maux de gorge et la toux.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9pi est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des milieux extr\u00eames d&rsquo;altitude, jouant un r\u00f4le \u00e9cologique dans la colonisation des substrats min\u00e9raux nus (moraines, \u00e9boulis, couloirs d&rsquo;avalanche). En stabilisant les fines particules de sol par son syst\u00e8me racinaire, il participe \u00e0 la p\u00e9dogen\u00e8se initiale de ces milieux. Son tomentum argent\u00e9, en interceptant les particules fines et l&rsquo;humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique, contribue \u00e0 la formation d&rsquo;un microhabitat favorable \u00e0 l&rsquo;installation d&rsquo;autres esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 sa pollinisation principalement an\u00e9mogame, le G\u00e9n\u00e9pi est visit\u00e9 par des insectes de haute altitude (syrphes, bombyles, petits col\u00e9opt\u00e8res), pour lesquels ses capitules constituent l&rsquo;une des rares sources de pollen et de nectar au-dessus de 2 500 m\u00e8tres. Il participe ainsi, modestement mais significativement, au r\u00e9seau trophique des \u00e9cosyst\u00e8mes d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9pi est consid\u00e9r\u00e9 comme une esp\u00e8ce <strong>vuln\u00e9rable<\/strong> dans plusieurs r\u00e9gions fran\u00e7aises, menac\u00e9e par la surfr\u00e9quentation touristique des milieux alpins, la cueillette excessive, le pi\u00e9tinement et, \u00e0 plus long terme, par le changement climatique qui modifie les conditions thermiques et hydriques des \u00e9tages alpin et nival. La remont\u00e9e des \u00e9tages de v\u00e9g\u00e9tation et la colonisation des \u00e9boulis par les pelouses alpines pourraient r\u00e9duire l&rsquo;habitat disponible pour cette esp\u00e8ce pionni\u00e8re. Sa protection r\u00e9glementaire dans les parcs nationaux et la r\u00e9glementation de la cueillette sont essentielles \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 des populations.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<p>Les confusions entre les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de g\u00e9n\u00e9pis (<em>A. genipi<\/em>, <em>A. glacialis<\/em>, <em>A. umbelliformis<\/em>) sont fr\u00e9quentes et, du point de vue de l&rsquo;usage, sans grande cons\u00e9quence puisque toutes sont utilis\u00e9es de mani\u00e8re similaire. Cependant, d&rsquo;autres esp\u00e8ces d&rsquo;<em>Artemisia<\/em> pr\u00e9sentes en altitude pourraient pr\u00eater \u00e0 confusion :<\/p>\n<ul>\n<li><strong><em>Artemisia campestris<\/em> L. subsp. <em>alpina<\/em><\/strong> (armoise des champs, forme alpine) : tiges plus longues, feuilles plus divis\u00e9es, capitules plus petits et verd\u00e2tres, sans indument argent\u00e9 dense. Non aromatique, sans int\u00e9r\u00eat alimentaire.<\/li>\n<li><strong><em>Artemisia absinthium<\/em> L.<\/strong> (absinthe) : esp\u00e8ce de plus basse altitude (jusqu&rsquo;\u00e0 1 500 m), beaucoup plus grande (40-100 cm), \u00e0 feuilles plus larges et \u00e0 forte odeur camphr\u00e9e. Beaucoup plus riche en thujone, donc plus toxique.<\/li>\n<li><strong><em>Leontopodium alpinum<\/em><\/strong> (edelweiss) : malgr\u00e9 son aspect argent\u00e9 superficiellement similaire, l&rsquo;edelweiss se distingue ais\u00e9ment par ses bract\u00e9es \u00e9toil\u00e9es blanches et ses capitules regroup\u00e9s au centre, morphologie tr\u00e8s diff\u00e9rente d&rsquo;une Ast\u00e9rac\u00e9e typique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour le botaniste, la distinction entre les vrais g\u00e9n\u00e9pis et les autres <em>Artemisia<\/em> alpines repose sur la combinaison de crit\u00e8res : port nain (moins de 20 cm), indument argent\u00e9 dense, capitules en grappe terminale serr\u00e9e, habitat strictement alpin au-dessus de 2 000 m\u00e8tres. La d\u00e9termination sp\u00e9cifique au sein du complexe des g\u00e9n\u00e9pis n\u00e9cessite l&rsquo;examen attentif de la couleur des involucres (noirs chez <em>A. genipi<\/em>, jaunes chez <em>A. glacialis<\/em> et <em>A. umbelliformis<\/em>), du nombre et de la disposition des capitules, et du degr\u00e9 de division des feuilles basales.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9pi repr\u00e9sente un cas remarquable d&rsquo;esp\u00e8ce v\u00e9g\u00e9tale dont la valeur pharmacognosique est indissociable de son contexte culturel et g\u00e9ographique. Son profil phytochimique \u2014 lactones sesquiterp\u00e9niques am\u00e8res, flavono\u00efdes m\u00e9thoxyl\u00e9s (eupatiline, jac\u00e9osidine), huile essentielle \u00e0 thujone variable \u2014 justifie les propri\u00e9t\u00e9s digestives, anti-inflammatoires et toniques que lui attribue la tradition alpine. Toutefois, l&rsquo;absence d&rsquo;essais cliniques sp\u00e9cifiques limite le niveau de preuve \u00e0 un usage traditionnel bien document\u00e9, sans validation clinique formelle.<\/p>\n<p>La probl\u00e9matique de conservation est centrale : esp\u00e8ce \u00e0 croissance lente, \u00e0 recrutement limit\u00e9, confin\u00e9e \u00e0 des habitats extr\u00eames en r\u00e9gression potentielle sous l&rsquo;effet du changement climatique, le G\u00e9n\u00e9pi n\u00e9cessite une gestion raisonn\u00e9e de la cueillette et une protection effective de ses habitats. Le d\u00e9veloppement de la culture du G\u00e9n\u00e9pi en altitude (initiatives en cours en Savoie et en Vall\u00e9e d&rsquo;Aoste) pourrait constituer une voie de conciliation entre la pr\u00e9servation des populations sauvages et le maintien de la tradition de la liqueur de g\u00e9n\u00e9pi, produit patrimonial des Alpes fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>Des recherches compl\u00e9mentaires seraient souhaitables pour clarifier le potentiel pharmacologique de l&rsquo;eupatiline et des lactones sesquiterp\u00e9niques du G\u00e9n\u00e9pi, notamment dans les domaines de la gastroprotection et de l&rsquo;inflammation chronique, et pour \u00e9tablir un profil de s\u00e9curit\u00e9 toxicologique complet.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie \u2014 Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. (dir.). <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. M\u00e8ze : Biotope \u00c9ditions ; 2014.<\/li>\n<li>Aeschimann D., Lauber K., Moser D.M., Theurillat J.-P. <em>Flora alpina<\/em>. Paris : Belin ; 2004. 3 vol.<\/li>\n<li>Cazin F.-J. <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>. 3<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris ; 1868.<\/li>\n<li>Ferretti G., Ferranti C., Ferretti F. Chemical composition of <em>Artemisia genipi<\/em> Weber and <em>Artemisia umbelliformis<\/em> Lam. essential oils. <em>J Essent Oil Res<\/em>. 2013;25(6):445-450.<\/li>\n<li>Appendino G., Ferretti G. The chemistry and pharmacology of Alpine <em>Artemisia<\/em> species. <em>Phytochemistry Reviews<\/em>. 2014;13:413-432.<\/li>\n<li>Lachenmeier D.W., Walch S.G., Padosch S.A., Kr\u00f6ner L.U. Absinthe \u2014 A review. <em>Crit Rev Food Sci Nutr<\/em>. 2006;46(5):365-377.<\/li>\n<li>Morales P., Ferreira I.C.F.R., Carvalho A.M. Herbal teas: from past to the future \u2014 ethnopharmacological and chemical approach. <em>Ind Crops Prod<\/em>. 2014;53:220-228.<\/li>\n<li>Regel. (CE) n\u00b0 1334\/2008 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 16 d\u00e9cembre 2008 relatif aux ar\u00f4mes. <em>Journal officiel de l&rsquo;Union europ\u00e9enne<\/em>. L 354\/34.<\/li>\n<li>Conservatoire botanique national alpin (CBNA). Atlas de la flore des Alpes. Donn\u00e9es de r\u00e9partition des <em>Artemisia<\/em> alpines.<\/li>\n<li>ESCOP Monographs. <em>The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products<\/em>. 2<sup>e<\/sup> \u00e9d. Exeter : ESCOP ; 2003.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le G\u00e9n\u00e9pi (Artemisia genipi Weber ex Stechm.) est l&rsquo;une des plantes les plus embl\u00e9matiques de la haute montagne alpine, dont le nom seul \u00e9voque les [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56],"tags":[],"class_list":["post-8845","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-asteracees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8845","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8845"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8845\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13650,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8845\/revisions\/13650"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8845"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8845"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8845"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}