{"id":894,"date":"2026-03-26T11:31:02","date_gmt":"2026-03-26T10:31:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/linaigrette-a-feuilles-etroites\/"},"modified":"2026-06-24T17:34:46","modified_gmt":"2026-06-24T15:34:46","slug":"linaigrette-a-feuilles-etroites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/linaigrette-a-feuilles-etroites\/","title":{"rendered":"LINAIGRETTE \u00c0 FEUILLES \u00c9TROITES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Linaigrette%20%C3%A0%20feuilles%20%C3%A9troites.jpg\" alt=\"Planche botanique Linaigrette \u00e0 feuilles \u00e9troites\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Eriophorum angustifolium<\/em> Honck.<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Cyperaceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Eriophorum<\/em><br \/>\n<strong>Synonymes :<\/strong> <em>Eriophorum polystachion<\/em> L.<br \/>\n<strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Linaigrette \u00e0 feuilles \u00e9troites, Linaigrette \u00e0 \u00e9pis multiples, Common cottongrass (en), Schmalbl\u00e4ttriges Wollgras (de), Erioforo a foglie strette (it)<\/p>\n<p>Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Eriophorum<\/em>, du grec <em>erion<\/em> (laine) et <em>phorein<\/em> (porter), d\u00e9crit parfaitement ces plantes dont les \u00e9pillets se couvrent \u00e0 maturit\u00e9 de longues soies blanches et soyeuses, \u00e9voquant des touffes de coton flottant au vent. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>angustifolium<\/em> (\u00e0 feuilles \u00e9troites) distingue cette esp\u00e8ce de <em>E. latifolium<\/em>, sa cong\u00e9n\u00e8re \u00e0 feuilles plus larges. La Linaigrette est l&rsquo;une des plantes les plus embl\u00e9matiques des tourbi\u00e8res et des zones humides acides, o\u00f9 ses houppes blanches signalent de loin la pr\u00e9sence de ces milieux fragiles. Le genre comprend environ 25 esp\u00e8ces, principalement circumbor\u00e9ales et arctiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace, rhizomateuse, de 20 \u00e0 60 cm de hauteur. Le rhizome est long, rampant, \u00e9mettant des stolons et formant des colonies \u00e9tendues. Les tiges (chaumes) sont dress\u00e9es, lisses, cylindriques \u00e0 faiblement trigones.<\/p>\n<p>Les feuilles sont lin\u00e9aires, \u00e9troites (2 \u00e0 4 mm de large), canalicul\u00e9es, d&rsquo;un vert fonc\u00e9, \u00e0 extr\u00e9mit\u00e9 trigone. Les feuilles basales sont longues (jusqu&rsquo;\u00e0 30 cm), les caulinaires plus courtes et engainantes. Les gaines foliaires sont renfl\u00e9es \u00e0 la base.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence porte 3 \u00e0 7 \u00e9pillets (caract\u00e8re distinctif par rapport \u00e0 <em>E. vaginatum<\/em> qui n&rsquo;en a qu&rsquo;un seul), pendants \u00e0 maturit\u00e9, port\u00e9s par des p\u00e9doncules lisses (non scabres, contrairement \u00e0 <em>E. latifolium<\/em>). Les \u00e9pillets, ovo\u00efdes \u00e0 la floraison, deviennent spectaculaires \u00e0 la fructification, quand les soies du p\u00e9rianthe s&rsquo;allongent consid\u00e9rablement (3 \u00e0 5 cm), formant des houppes blanches, soyeuses et brillantes. Les ak\u00e8nes sont brun fonc\u00e9, oblongs, de 2 \u00e0 3 mm. La floraison intervient d&rsquo;avril \u00e0 juin, la fructification de juin \u00e0 ao\u00fbt.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>La Linaigrette \u00e0 feuilles \u00e9troites est une esp\u00e8ce strictement hygrophile et acidiphile, caract\u00e9ristique des tourbi\u00e8res hautes et de transition, des marais tourbeux, des prairies tourbeuses, des suintements acides et des bords de lacs et d&rsquo;\u00e9tangs tourbeux. Elle affectionne les substrats tourbeux, acides (pH 3,5 \u00e0 6), oligotrophes \u00e0 m\u00e9sotrophes, en permanence gorg\u00e9s d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Du point de vue phytosociologique, elle est caract\u00e9ristique de la classe des <em>Scheuchzerio-Caricetea fuscae<\/em> (communaut\u00e9s des bas-marais et tourbi\u00e8res de transition) et de l&rsquo;ordre des <em>Caricetalia fuscae<\/em>. Elle s&rsquo;associe \u00e0 <em>Sphagnum<\/em> spp., <em>Drosera rotundifolia<\/em>, <em>Vaccinium oxycoccos<\/em>, <em>Narthecium ossifragum<\/em>, <em>Carex echinata<\/em> et <em>Menyanthes trifoliata<\/em>.<\/p>\n<p>Les houppes cotonneuses jouent un r\u00f4le \u00e9cologique crucial dans la diss\u00e9mination an\u00e9mochore des graines sur de longues distances. La plante contribue aussi \u00e0 la formation de la tourbe et au stockage du carbone dans les \u00e9cosyst\u00e8mes tourbeux, fonction \u00e9cosyst\u00e9mique majeure dans le contexte du changement climatique.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La Linaigrette \u00e0 feuilles \u00e9troites poss\u00e8de une distribution circumbor\u00e9ale, pr\u00e9sente dans toute la zone arctique et temp\u00e9r\u00e9e froide de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. En Europe, elle s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Islande et de la Scandinavie au nord jusqu&rsquo;aux montagnes de la M\u00e9diterran\u00e9e au sud. En France, elle est pr\u00e9sente principalement dans les tourbi\u00e8res des massifs montagneux (Vosges, Jura, Alpes, Massif central, Pyr\u00e9n\u00e9es) et dans les landes tourbeuses de Bretagne et du Limousin. Elle est absente de la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne basse et de la Corse. Elle est en r\u00e9gression dans les r\u00e9gions de plaine en raison du drainage et de la destruction des tourbi\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique d&rsquo;<em>Eriophorum angustifolium<\/em> est peu \u00e9tudi\u00e9e. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (lut\u00e9oline, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a> et leurs glycosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, des <strong>tanins<\/strong> condens\u00e9s (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) et des <strong>polysaccharides<\/strong> structuraux. Les soies cotonneuses sont compos\u00e9es de <strong>cellulose<\/strong> presque pure. Les racines contiennent des compos\u00e9s aromatiques et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong>. La plante accumule des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> en quantit\u00e9s variables selon la chimie du substrat tourbeux.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de <em>Eriophorum angustifolium<\/em> sont quasiment inexplor\u00e9es. Les tanins et les flavono\u00efdes conf\u00e8rent une activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> et <strong>astringente<\/strong> th\u00e9orique. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique de la plante r\u00e9side davantage dans son r\u00f4le \u00e9cosyst\u00e9mique (s\u00e9questration du carbone, filtration des eaux) et dans le potentiel des fibres cellulosiques de ses soies comme biomat\u00e9riau (recherches en cours sur les nanocelluloses v\u00e9g\u00e9tales).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune indication th\u00e9rapeutique n&rsquo;est reconnue pour <em>Eriophorum angustifolium<\/em>. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e. Son int\u00e9r\u00eat est exclusivement \u00e9cologique, botanique et paysager.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cellulose<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Sans objet en l&rsquo;absence d&rsquo;usage th\u00e9rapeutique valid\u00e9. La plante est utilis\u00e9e en horticulture comme plante ornementale de berge et de jardin humide, et en g\u00e9nie \u00e9cologique pour la restauration de tourbi\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 connue. La r\u00e9colte en milieu naturel est fortement d\u00e9conseill\u00e9e voire interdite, les tourbi\u00e8res \u00e9tant des milieux prot\u00e9g\u00e9s et extr\u00eamement fragiles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p><em>Eriophorum angustifolium<\/em> est consid\u00e9r\u00e9e comme non toxique. Aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9. La plante n&rsquo;est pas consomm\u00e9e par le b\u00e9tail (peu app\u00e9tente, milieux inaccessibles).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les soies cotonneuses de la Linaigrette ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es depuis le N\u00e9olithique comme mat\u00e9riau de rembourrage pour les coussins, les matelas et les v\u00eatements. Des traces de soies de Linaigrette ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es dans des s\u00e9pultures et des habitats lacustres pr\u00e9historiques. En Scandinavie et en \u00c9cosse, les houppes \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9es pour fabriquer des m\u00e8ches de lampes \u00e0 huile et comme bourre isolante dans les chaussures et les moufles.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire scandinave, une d\u00e9coction de racines et de tiges \u00e9tait utilis\u00e9e comme astringent doux et comme anti-diarrh\u00e9ique. En Russie, la plante enti\u00e8re en infusion \u00e9tait prescrite contre les troubles urinaires et les douleurs articulaires. Ces usages sont tr\u00e8s marginaux et non valid\u00e9s scientifiquement.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p>La Linaigrette peut \u00eatre cultiv\u00e9e dans les jardins humides, les bassins naturels et les mares tourbeuses artificielles. Elle n\u00e9cessite un substrat acide et tourbeux, en permanence gorg\u00e9 d&rsquo;eau, en situation ensoleill\u00e9e. La multiplication se fait par division de touffe au printemps ou par semis de graines fra\u00eeches sur substrat humide. Elle est rustique (zone USDA 3-7).<\/p>\n<p>En milieu naturel, la conservation de la Linaigrette est indissociable de la protection des tourbi\u00e8res, \u00e9cosyst\u00e8mes parmi les plus menac\u00e9s d&rsquo;Europe. Le drainage, l&rsquo;extraction de tourbe, le boisement artificiel et l&rsquo;eutrophisation sont les principales menaces. Des programmes de restauration de tourbi\u00e8res, impliquant la remont\u00e9e du niveau d&rsquo;eau et la r\u00e9introduction d&rsquo;esp\u00e8ces caract\u00e9ristiques, sont en cours dans de nombreuses r\u00e9gions fran\u00e7aises et europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Eriophorum angustifolium<\/em> est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure) \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale mais est en r\u00e9gression dans toute l&rsquo;Europe occidentale des plaines. En France, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de protection l\u00e9gale directe au niveau national, mais ses habitats (tourbi\u00e8res) sont prot\u00e9g\u00e9s au titre de la Directive Habitats (codes 7110, 7120, 7140, 7150) et de la loi fran\u00e7aise (zones humides). Elle figure sur les listes rouges r\u00e9gionales de plusieurs r\u00e9gions de plaine. Elle n&rsquo;est inscrite \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>LINAIGRETTE \u00c0 FEUILLES \u00c9TROITES pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Eriophorum%20angustifolium\">Plants of the World Online, Kew : <em>Eriophorum angustifolium<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Eriophorum+angustifolium\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Eriophorum angustifolium<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Nom scientifique : Eriophorum angustifolium Honck. Famille : Cyperaceae Genre : Eriophorum Synonymes : Eriophorum polystachion L. 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