{"id":897,"date":"2026-03-26T11:31:06","date_gmt":"2026-03-26T10:31:06","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/scirpe-des-marais\/"},"modified":"2026-06-24T17:34:46","modified_gmt":"2026-06-24T15:34:46","slug":"scirpe-des-marais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/scirpe-des-marais\/","title":{"rendered":"SCIRPE DES MARAIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Scirpe%20des%20marais.jpg\" alt=\"Planche botanique SCIRPE DES MARAIS\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <em>Eleocharis palustris<\/em> (L.) Roem. &amp; Schult., commun\u00e9ment appel\u00e9 scirpe des marais ou h\u00e9l\u00e9ocharis des marais, est une plante vivace de la famille des <strong>Cyperaceae<\/strong> (cyp\u00e9rac\u00e9es). Le genre <em>Eleocharis<\/em>, du grec <em>helos<\/em> (marais) et <em>charis<\/em> (gr\u00e2ce, ornement), regroupe environ 250 esp\u00e8ces de plantes aquatiques ou palustres r\u00e9parties dans le monde entier. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>palustris<\/em> (des marais) indique sans ambigu\u00eft\u00e9 son habitat de pr\u00e9dilection. Le scirpe des marais est l&rsquo;une des cyp\u00e9rac\u00e9es les plus communes et les plus caract\u00e9ristiques des zones humides europ\u00e9ennes. Son identification peut \u00eatre d\u00e9licate en raison de la variabilit\u00e9 morphologique au sein de l&rsquo;esp\u00e8ce et de l&rsquo;existence de sous-esp\u00e8ces et de cytotypes diff\u00e9rents.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le scirpe des marais est une plante vivace rhizomateuse, haute de 10 \u00e0 60 cm, formant des colonies parfois \u00e9tendues. Les rhizomes sont gr\u00eales, rampants, produisant des tiges solitaires ou en touffes l\u00e2ches \u00e0 intervalles r\u00e9guliers. Les tiges (chaumes) sont dress\u00e9es, cylindriques, lisses, vertes, spongieuses, d\u00e9pourvues de feuilles \u00e0 l&rsquo;exception de gaines basales obliquement tronqu\u00e9es au sommet, brun\u00e2tres ou rouge\u00e2tres. Les feuilles sont r\u00e9duites \u00e0 ces gaines, sans limbe d\u00e9velopp\u00e9. L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pillet unique, terminal, ovo\u00efde \u00e0 oblong, long de 5 \u00e0 20 mm, brun \u00e0 brun rouge\u00e2tre, contenant 20 \u00e0 50 fleurs. Chaque fleur est bisexu\u00e9e, prot\u00e9g\u00e9e par une glume ovale, brune, \u00e0 marge scarieuse, car\u00e9n\u00e9e. Le p\u00e9rianthe est compos\u00e9 de 4 \u00e0 6 soies r\u00e9trorses, d\u00e9passant ou \u00e9galant l&rsquo;ak\u00e8ne. Les \u00e9tamines sont au nombre de 3, \u00e0 anth\u00e8res jaunes. Le style est bifide ou trifide. Le fruit est un ak\u00e8ne biconvexe ou subtrigone, jaun\u00e2tre \u00e0 brun, lisse et luisant, surmont\u00e9 d&rsquo;un stylopode (base persistante et \u00e9largie du style) conique. Le syst\u00e8me racinaire est constitu\u00e9 de rhizomes gr\u00eales et de racines fibreuses.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Le scirpe des marais est une esp\u00e8ce cosmopolite des zones humides, pr\u00e9sente sur tous les continents sauf l&rsquo;Antarctique. En Europe, il est ubiquiste dans les milieux humides \u00e0 aquatiques peu profonds : bords d&rsquo;\u00e9tangs, rives de rivi\u00e8res et de lacs, foss\u00e9s, prairies humides, marais, rizi\u00e8res, zones d&rsquo;exondation. Il tol\u00e8re une large gamme de conditions hydriques, depuis les sols temporairement inond\u00e9s jusqu&rsquo;aux eaux peu profondes (0 \u00e0 30 cm). Il pr\u00e9f\u00e8re les substrats min\u00e9raux \u00e0 organiques, neutres \u00e0 basiques, moyennement fertiles. En France, il est commun dans l&rsquo;ensemble du territoire, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 environ 2 000 m d&rsquo;altitude. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des v\u00e9g\u00e9tations amphibies pionni\u00e8res (alliance <em>Eleocharition<\/em>). Sa tol\u00e9rance aux fluctuations du niveau d&rsquo;eau en fait une esp\u00e8ce cl\u00e9 des zones humides \u00e0 r\u00e9gime hydrique variable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Le scirpe des marais est une g\u00e9ophyte rhizomateuse. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation a lieu au printemps (mars-avril), les nouvelles tiges \u00e9mergeant des rhizomes. La croissance est rapide, les tiges atteignant leur hauteur maximale en mai-juin. La floraison se d\u00e9roule de mai \u00e0 ao\u00fbt, avec un pic en juin-juillet. La pollinisation est an\u00e9mophile, les fleurs lib\u00e9rant un pollen abondant au vent. La fructification se poursuit de juillet \u00e0 octobre, les ak\u00e8nes m\u00fbrs tombant dans l&rsquo;eau ou sur le sol humide. La diss\u00e9mination est assur\u00e9e par l&rsquo;eau (hydrochorie), les soies du p\u00e9rianthe facilitant la flottaison, et par les oiseaux aquatiques qui transportent les ak\u00e8nes dans leur plumage ou leur tube digestif (zoochorie). La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par les rhizomes tra\u00e7ants est le mode principal de propagation, permettant la formation de colonies clonales \u00e9tendues. Les tiges a\u00e9riennes meurent en automne, les rhizomes hivernant dans le sol ou sous l&rsquo;eau.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique du scirpe des marais est celle d&rsquo;une cyp\u00e9rac\u00e9e aquatique typique. Les tiges contiennent une forte proportion de <strong>cellulose<\/strong> et d&rsquo;<strong>h\u00e9micelluloses<\/strong>, des <strong>silice<\/strong> impr\u00e9gnant l&rsquo;\u00e9piderme, et de l&rsquo;<strong>a\u00e9renchyme<\/strong> (tissu lacunaire permettant la circulation de l&rsquo;oxyg\u00e8ne vers les racines immerg\u00e9es). Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, principalement des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> et de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, sont pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> sont signal\u00e9s dans les rhizomes et les gaines basales. Les tiges vertes contiennent de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a><\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>. Les rhizomes accumulent des <strong>glucides de r\u00e9serve<\/strong> (amidon) et des <strong>prot\u00e9ines<\/strong>. Certaines \u00e9tudes ont d\u00e9tect\u00e9 des <strong>stilb\u00e8nes<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">quinones<\/a><\/strong> dans les tissus racinaires. La capacit\u00e9 du scirpe des marais \u00e0 accumuler et \u00e0 transformer des polluants (m\u00e9taux lourds, nutriments, compos\u00e9s organiques) dans ses tissus est \u00e0 la base de son utilisation en phyto\u00e9puration.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le scirpe des marais n&rsquo;a pas de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales significatives ni d&rsquo;usage th\u00e9rapeutique courant. En m\u00e9decine populaire, les rhizomes de certaines cyp\u00e9rac\u00e9es apparent\u00e9es (notamment <em>Cyperus rotundus<\/em>, le souchet rond) \u00e9taient utilis\u00e9s pour leurs propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires, digestives et diur\u00e9tiques, mais rien de tel n&rsquo;est document\u00e9 sp\u00e9cifiquement pour <em>E. palustris<\/em>. Les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques pr\u00e9sents dans la plante pourraient th\u00e9oriquement contribuer \u00e0 des activit\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires, mais aucune \u00e9tude pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 conduite sur cette esp\u00e8ce. Son principal int\u00e9r\u00eat pour la sant\u00e9 humaine est indirect, \u00e0 travers son r\u00f4le dans la purification naturelle de l&rsquo;eau dans les zones humides et les syst\u00e8mes de phyto\u00e9puration.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Cellulose<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>H\u00e9micelluloses<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Silice<\/td>\n<td>Min\u00e9ral<\/td>\n<td>Remin\u00e9ralisant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>A\u00e9renchyme<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Le scirpe des marais ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation alimentaire ou industrielle significative en Europe. Son utilisation est principalement environnementale, dans les syst\u00e8mes de phyto\u00e9puration et de restauration \u00e9cologique. Dans ces contextes, la \u00ab transformation \u00bb consiste en la production de plants en p\u00e9pini\u00e8re sp\u00e9cialis\u00e9e : les rhizomes sont cultiv\u00e9s en bacs de culture inond\u00e9s, les plants produits \u00e9tant conditionn\u00e9s en godets aquatiques ou en mottes pour la plantation en site. Les plants sont commercialis\u00e9s par des p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es en plantes aquatiques et de zones humides. En jardinage aquatique, le scirpe des marais peut \u00eatre cultiv\u00e9 en bassin de jardin ou en mare naturelle, bien que d&rsquo;autres esp\u00e8ces plus ornementales soient g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es. Les tiges s\u00e8ches, coup\u00e9es en automne, peuvent servir de paillage pour les bassins.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>Le scirpe des marais joue un r\u00f4le \u00e9cologique fondamental dans les zones humides. Son r\u00e9seau dense de rhizomes et de racines stabilise les berges et les fonds meubles, limitant l&rsquo;\u00e9rosion. Les tiges immerg\u00e9es et \u00e9mergentes cr\u00e9ent un habitat structurant pour la faune aquatique : larves d&rsquo;insectes (libellules, \u00e9ph\u00e9m\u00e8res), amphibiens, poissons juv\u00e9niles. L&rsquo;a\u00e9renchyme des tiges permet le transport d&rsquo;oxyg\u00e8ne vers la rhizosph\u00e8re, favorisant les processus de nitrification et de d\u00e9composition a\u00e9robie dans les s\u00e9diments anoxiques. Cette propri\u00e9t\u00e9 est exploit\u00e9e en phyto\u00e9puration : les micro-organismes de la rhizosph\u00e8re d\u00e9gradent les polluants organiques, transforment l&rsquo;ammonium en nitrate et immobilisent les m\u00e9taux lourds. Le scirpe des marais participe au cycle des nutriments en absorbant l&rsquo;azote et le phosphore de l&rsquo;eau, contribuant \u00e0 la r\u00e9gulation de l&rsquo;eutrophisation. Il fournit nourriture (graines, rhizomes) et abri \u00e0 une faune diversifi\u00e9e : canards, r\u00e2les, bruants des roseaux, invert\u00e9br\u00e9s aquatiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage ethnobotanique du scirpe des marais est limit\u00e9. Les peuples autochtones d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord utilisaient les rhizomes et les tiges basales de certaines esp\u00e8ces d&rsquo;<em>Eleocharis<\/em> comme aliment de disette, les rhizomes \u00e9tant consomm\u00e9s crus ou cuits apr\u00e8s \u00e9pluchage. En Asie du Sud-Est, l&rsquo;<em>Eleocharis dulcis<\/em> (ch\u00e2taigne d&rsquo;eau chinoise) est une esp\u00e8ce voisine cultiv\u00e9e pour ses tubercules comestibles. Le scirpe des marais europ\u00e9en n&rsquo;a cependant pas \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 de mani\u00e8re significative comme aliment. En vannerie traditionnelle, les tiges souples des cyp\u00e9rac\u00e9es palustres, dont <em>E. palustris<\/em>, pouvaient servir de mati\u00e8re premi\u00e8re pour le tressage de petits objets. Les prairies humides \u00e0 scirpe des marais \u00e9taient traditionnellement p\u00e2tur\u00e9es par les bovins dans les syst\u00e8mes pastoraux extensifs des zones humides. L&rsquo;esp\u00e8ce est un indicateur de zones humides, information utile pour la gestion du territoire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>Le scirpe des marais est cultiv\u00e9 dans le cadre de projets de restauration \u00e9cologique des zones humides et de phyto\u00e9puration. La multiplication se fait principalement par division des rhizomes, pr\u00e9lev\u00e9s sur des populations naturelles ou cultiv\u00e9es en p\u00e9pini\u00e8re. Les fragments de rhizomes (10-15 cm) sont plant\u00e9s au printemps dans un substrat limoneux, en eau peu profonde (0 \u00e0 15 cm). La densit\u00e9 de plantation est de 6 \u00e0 9 plants au m\u00e8tre carr\u00e9 pour obtenir une couverture rapide. Le semis de graines est possible mais plus lent et moins fiable. Les graines n\u00e9cessitent une stratification froide humide de 4 semaines et germent en conditions de lumi\u00e8re et d&rsquo;humidit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e. En phyto\u00e9puration, le scirpe des marais est plant\u00e9 dans les filtres plant\u00e9s de roseaux (\u00e0 \u00e9coulement vertical ou horizontal) et les bassins de lagunage. Il tol\u00e8re des fluctuations importantes du niveau d&rsquo;eau et des charges polluantes mod\u00e9r\u00e9es. Aucune fertilisation n&rsquo;est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>Le scirpe des marais est une esp\u00e8ce commune, non menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle globale ni en France. Il ne figure sur aucune liste rouge ni aucune liste de protection. Cependant, les habitats humides qu&rsquo;il occupe sont eux-m\u00eames parmi les plus menac\u00e9s d&rsquo;Europe, ayant perdu plus de 50 % de leur surface au XXe si\u00e8cle. Les zones humides b\u00e9n\u00e9ficient de protections multiples : Convention de Ramsar (zones humides d&rsquo;importance internationale), directive Habitats, loi sur l&rsquo;eau. La restauration et la cr\u00e9ation de zones humides, incluant la plantation de scirpe des marais, font partie des mesures compensatoires impos\u00e9es lors de projets d&rsquo;am\u00e9nagement d\u00e9truisant des zones humides. Aucune r\u00e9glementation sp\u00e9cifique ne concerne la cueillette ou le commerce du scirpe des marais.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>Le scirpe des marais est l&rsquo;une des premi\u00e8res esp\u00e8ces \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans les syst\u00e8mes de phyto\u00e9puration d\u00e9velopp\u00e9s par le botaniste allemand K\u00e4the Seidel dans les ann\u00e9es 1950 au Max Planck Institute. Seidel d\u00e9montra que les plantes palustres, dont <em>Eleocharis palustris<\/em>, pouvaient purifier efficacement les eaux us\u00e9es, posant les bases de l&rsquo;ing\u00e9nierie \u00e9cologique des zones humides. Le genre <em>Eleocharis<\/em> pose des d\u00e9fis taxonomiques consid\u00e9rables : la polyplo\u00efdie, l&rsquo;hybridation et la plasticit\u00e9 morphologique rendent la d\u00e9limitation des esp\u00e8ces difficile. En France, au moins trois cytotypes de <em>E. palustris<\/em> (diplo\u00efde, t\u00e9traplo\u00efde, hexaplo\u00efde) coexistent, souvent impossibles \u00e0 distinguer morphologiquement. Le nom \u00ab scirpe \u00bb vient du latin <em>scirpus<\/em>, utilis\u00e9 par Pline pour d\u00e9signer les joncs des marais, illustrant l&rsquo;anciennet\u00e9 de la reconnaissance de ces plantes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>Le scirpe des marais peut \u00eatre confondu avec plusieurs esp\u00e8ces du genre <em>Eleocharis<\/em>. L&rsquo;<em>Eleocharis uniglumis<\/em> (scirpe \u00e0 une glume) se distingue par sa glume inf\u00e9rieure embrassant enti\u00e8rement la base de l&rsquo;\u00e9pillet. L&rsquo;<em>Eleocharis multicaulis<\/em> (scirpe \u00e0 nombreuses tiges) poss\u00e8de un stylopode plus petit et aplati. L&rsquo;<em>Eleocharis acicularis<\/em> (scirpe \u00e9pingle) est beaucoup plus petit (2-10 cm) avec des tiges capillaires. L&rsquo;<em>Eleocharis quinqueflora<\/em> (scirpe pauciflore) a des \u00e9pillets \u00e0 3-7 fleurs seulement. Le <em>Juncus<\/em> (jonc), souvent confondu par les non-sp\u00e9cialistes, poss\u00e8de des fleurs \u00e0 6 t\u00e9pales et des feuilles cylindriques avec une moelle continue. Le <em>Schoenoplectus lacustris<\/em> (jonc des chaisiers) a des tiges beaucoup plus robustes et des inflorescences lat\u00e9rales compos\u00e9es. La d\u00e9termination certaine de <em>E. palustris<\/em> repose sur l&rsquo;examen de la forme du stylopode, du nombre de stigmates et de la morphologie de la glume inf\u00e9rieure.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le scirpe des marais est une esp\u00e8ce cl\u00e9 des zones humides temp\u00e9r\u00e9es, dont l&rsquo;importance \u00e9cologique et environnementale ne cesse de cro\u00eetre dans le contexte de la crise de l&rsquo;eau et de la biodiversit\u00e9. Son r\u00f4le dans la purification naturelle des eaux, la stabilisation des berges et le maintien de la biodiversit\u00e9 aquatique en fait un alli\u00e9 pr\u00e9cieux pour la gestion durable des ressources en eau. Les perspectives de d\u00e9veloppement concernent l&rsquo;optimisation de son utilisation en phyto\u00e9puration, la restauration \u00e9cologique des zones humides d\u00e9grad\u00e9es et la compr\u00e9hension de ses interactions avec les micro-organismes de la rhizosph\u00e8re. La taxonomie du complexe <em>E. palustris<\/em>, encore imparfaitement r\u00e9solue, n\u00e9cessite des \u00e9tudes g\u00e9nomiques approfondies. Le scirpe des marais rappelle que les solutions aux d\u00e9fis environnementaux se trouvent souvent dans la nature elle-m\u00eame, au c\u0153ur des \u00e9cosyst\u00e8mes les plus ordinaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Eleocharis%20palustris\">Plants of the World Online, Kew : <em>Eleocharis palustris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Eleocharis+palustris\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Eleocharis palustris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Eleocharis palustris (L.) Roem. &amp; Schult., commun\u00e9ment appel\u00e9 scirpe des marais ou h\u00e9l\u00e9ocharis des marais, est une plante vivace de [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[66],"tags":[],"class_list":["post-897","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cyperacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/897","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=897"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/897\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13494,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/897\/revisions\/13494"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=897"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=897"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=897"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}