{"id":902,"date":"2026-03-26T11:31:13","date_gmt":"2026-03-26T10:31:13","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cardere-sauvage\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"cardere-sauvage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cardere-sauvage\/","title":{"rendered":"CARD\u00c8RE SAUVAGE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/cardere-sauvage.png\" alt=\"Planche botanique Card\u00e8re sauvage\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Dipsacus fullonum<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Caprifoliaceae <em>(anciennement Dipsacaceae)<\/em><\/p>\n<p>La card\u00e8re sauvage est une grande plante de friche, de talus et de lisi\u00e8re humide \u00e0 s\u00e8che, imm\u00e9diatement reconnaissable \u00e0 ses inflorescences \u00e9pineuses ovales et \u00e0 ses feuilles engainantes qui retiennent l&rsquo;eau. Elle a une pr\u00e9sence sculpturale, presque architecturale, \u00e0 la fronti\u00e8re entre le rude et le magnifique. Longtemps li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;industrie textile \u2014 la sous-esp\u00e8ce <em>sativus<\/em> servait \u00e0 carder la laine \u2014 elle a trouv\u00e9 une seconde vie dans la phytoth\u00e9rapie populaire contemporaine, o\u00f9 on lui pr\u00eate des vertus controvers\u00e9es contre la maladie de Lyme.<\/p>\n<p>Entre botanique industrielle, tradition herboriste et pol\u00e9mique m\u00e9dicale, la card\u00e8re occupe une place singuli\u00e8re dans le paysage des plantes m\u00e9dicinales europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Classification :<\/strong> R\u00e8gne Plantae \u2014 Division Magnoliophyta \u2014 Classe Magnoliopsida \u2014 Ordre Dipsacales \u2014 Famille Caprifoliaceae (sous-famille Dipsacoideae, anciennement Dipsacaceae) \u2014 Genre <em>Dipsacus<\/em> \u2014 Esp\u00e8ce <em>Dipsacus fullonum<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Dipsacus sylvestris<\/em> Huds. (nom fr\u00e9quemment utilis\u00e9 dans les flores anciennes). La sous-esp\u00e8ce \u00e0 crochets rigides utilis\u00e9e en cardage, <em>D. fullonum<\/em> subsp. <em>sativus<\/em> (syn. <em>D. sativus<\/em>), est aujourd&rsquo;hui rarement distingu\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Card\u00e8re sauvage, Card\u00e8re \u00e0 foulon, Cabaret des oiseaux, Chardon \u00e0 bonnetier, Verge \u00e0 berger, Peign\u00e9e. En anglais : <em>wild teasel<\/em>, <em>fuller&rsquo;s teasel<\/em>. En allemand : <em>Wilde Karde<\/em>.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Dipsacus<\/em> d\u00e9rive du grec <em>dipsa<\/em> (soif), allusion aux feuilles oppos\u00e9es-conn\u00e9es qui forment une cuvette retenant l&rsquo;eau de pluie \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab cabaret des oiseaux \u00bb. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>fullonum<\/em> (des foulons) renvoie aux artisans textiles qui utilisaient les capitules secs pour carder et peigner la laine.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La card\u00e8re sauvage est une plante bisannuelle de grande taille, atteignant 1 \u00e0 2 m la deuxi\u00e8me ann\u00e9e. La premi\u00e8re ann\u00e9e, elle produit une rosette basale de grandes feuilles oblongues, cr\u00e9nel\u00e9es, parsem\u00e9es d&rsquo;aiguillons sur la nervure m\u00e9diane. La deuxi\u00e8me ann\u00e9e, la tige florale se dresse, robuste, stri\u00e9e, \u00e9pineuse, ramifi\u00e9e dans le tiers sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Les feuilles caulinaires sont oppos\u00e9es, soud\u00e9es \u00e0 la base en une cuvette p\u00e9ri-caulinaire (conn\u00e9es) qui retient l&rsquo;eau \u2014 caract\u00e8re morphologique remarquable et unique dans la flore fran\u00e7aise. Cette eau, parfois appel\u00e9e \u00ab eau de V\u00e9nus \u00bb dans la tradition populaire, peut servir de pi\u00e8ge \u00e0 insectes et contribuerait \u00e0 la nutrition azot\u00e9e de la plante (proto-carnivorie discut\u00e9e).<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un capitule ovo\u00efde de 5 \u00e0 10 cm, port\u00e9 au sommet de la tige, compos\u00e9 de centaines de petites fleurs lilas \u00e0 violac\u00e9es, s&rsquo;ouvrant progressivement en anneau transversal autour du capitule \u2014 ph\u00e9nom\u00e8ne visuel spectaculaire. Les bract\u00e9es involucrales, lin\u00e9aires et \u00e9pineuses, d\u00e9passent le capitule et lui donnent son allure h\u00e9riss\u00e9e. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de juillet \u00e0 ao\u00fbt.<\/p>\n<p>Le fruit est un ak\u00e8ne allong\u00e9, de 4-5 mm, t\u00e9tragone, surmont\u00e9 d&rsquo;un calice r\u00e9duit. Les capitules secs, persistants tout l&rsquo;hiver, constituent la silhouette caract\u00e9ristique de la plante dans les friches hivernales.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Dipsacus fullonum<\/em> est une esp\u00e8ce euro-asiatique, largement r\u00e9pandue en Europe temp\u00e9r\u00e9e, du sud de la Scandinavie \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, et de l&rsquo;Atlantique au Caucase. Naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. En France, elle est commune dans toutes les r\u00e9gions, du niveau de la mer \u00e0 1 200 m environ.<\/p>\n<p>Son habitat comprend les friches, les talus, les foss\u00e9s, les berges, les terrains vagues, les bords de voies ferr\u00e9es et les lisi\u00e8res. Elle affectionne les sols argileux, profonds, frais et riches, souvent perturb\u00e9s. C&rsquo;est une nitrophile mod\u00e9r\u00e9e, indicatrice de sols bien pourvus en nutriments.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue v\u00e9g\u00e9tale traditionnelle est constitu\u00e9e de la <strong>racine<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;automne de la premi\u00e8re ann\u00e9e (avant la mont\u00e9e en tige), lav\u00e9e et s\u00e9ch\u00e9e. Les parties a\u00e9riennes et les capitules ne sont pas utilis\u00e9s en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de la card\u00e8re est encore incompl\u00e8tement caract\u00e9ris\u00e9e, mais plusieurs classes de compos\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes<\/a> glycosyl\u00e9s :<\/strong> la racine contient des irido\u00efdes, en particulier la <strong>sylvestrosine<\/strong>, la <strong>loganine<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide loganique<\/strong>. Les irido\u00efdes sont une classe de compos\u00e9s fr\u00e9quents dans l&rsquo;ordre des Dipsacales et poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires, antimicrobiennes et h\u00e9patoprotectrices.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a> :<\/strong> des saponines de type ol\u00e9anane ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9es de la racine et des parties a\u00e9riennes.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante.<\/p>\n<p><strong>Scabiosides :<\/strong> glycosides de terp\u00e9no\u00efdes, d\u00e9crits dans le genre <em>Dipsacus<\/em>, dont les propri\u00e9t\u00e9s biologiques sont en cours d&rsquo;exploration.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s caff\u00e9oylquiniques :<\/strong> plusieurs d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;acide caf\u00e9oylquinique ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, renfor\u00e7ant le profil antioxydant et anti-inflammatoire.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> les irido\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques exercent une activit\u00e9 anti-inflammatoire mod\u00e9r\u00e9e, par inhibition de la COX-2 et de la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires (PGE2, TNF-alpha). Cette activit\u00e9 justifie l&rsquo;usage traditionnel contre les douleurs articulaires et les rhumatismes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> des extraits de racine ont montr\u00e9 une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne <em>in vitro<\/em> contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> et <em>Borrelia burgdorferi<\/em> (agent de la maladie de Lyme) dans certaines \u00e9tudes pr\u00e9liminaires. Cependant, ces r\u00e9sultats sont issus d&rsquo;\u00e9tudes <em>in vitro<\/em> de qualit\u00e9 variable et ne constituent pas une preuve d&rsquo;efficacit\u00e9 clinique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 diaphor\u00e9tique et d\u00e9purative :<\/strong> la tradition herboriste attribue \u00e0 la racine des propri\u00e9t\u00e9s sudorifiques (stimulation de la transpiration) et d\u00e9puratives (stimulation des fonctions \u00e9liminatoires), employ\u00e9es contre les refroidissements et les \u00ab impuret\u00e9s sanguines \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Controverses sur la maladie de Lyme :<\/strong> la teinture de racine de card\u00e8re a \u00e9t\u00e9 popularis\u00e9e par le naturopathe allemand Wolf-Dieter Storl comme traitement adjuvant de la maladie de Lyme chronique. Cette revendication, largement diffus\u00e9e dans les milieux naturopathiques, repose sur des t\u00e9moignages individuels et non sur des \u00e9tudes cliniques contr\u00f4l\u00e9es. En l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances, aucune donn\u00e9e scientifique solide ne permet de recommander la card\u00e8re dans le traitement de la borr\u00e9liose de Lyme. Les patients atteints doivent suivre les protocoles antibiotiques valid\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales \u2014 Notation<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif \/ Diaphor\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien (donn\u00e9es insuffisantes)<\/li>\n<li><strong>\u26a0\ufe0f Non valid\u00e9<\/strong> contre la maladie de Lyme<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique contr\u00f4l\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur <em>Dipsacus fullonum<\/em>. Les donn\u00e9es disponibles se limitent \u00e0 des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em>, des observations ethnobotaniques et des t\u00e9moignages individuels. L&rsquo;absence de donn\u00e9es cliniques constitue la principale limitation de l&rsquo;\u00e9valuation pharmacognosique de cette plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Sylvestrosine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Loganine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide loganique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Teinture de racine :<\/strong> mac\u00e9ration de racine fra\u00eeche (premi\u00e8re ann\u00e9e) dans l&rsquo;alcool \u00e0 40-50\u00b0, au titre de 1:5. Posologie populaire : 3 fois 15 \u00e0 30 gouttes par jour, en cure de 3 \u00e0 6 semaines.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 5 \u00e0 10 g de racine s\u00e8che dans 300 ml d&rsquo;eau, \u00e9bullition 10 minutes. Deux tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>Infusion :<\/strong> 3 \u00e0 5 g de racine s\u00e8che dans 200 ml d&rsquo;eau fr\u00e9missante, 15 minutes.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La card\u00e8re sauvage n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme toxique aux doses traditionnelles. Aucun effet ind\u00e9sirable grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. La plante est class\u00e9e comme comestible (jeunes feuilles, racine cuite) dans certaines traditions alimentaires.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9caution importante :<\/strong> l&rsquo;utilisation de la card\u00e8re comme traitement de la maladie de Lyme ne doit en aucun cas se substituer au traitement antibiotique recommand\u00e9 par les autorit\u00e9s sanitaires. Un retard de traitement antibiotique de la borr\u00e9liose peut entra\u00eener des complications neurologiques, articulaires et cardiaques graves.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage le plus c\u00e9l\u00e8bre de la card\u00e8re est industriel : les capitules secs de la sous-esp\u00e8ce <em>sativus<\/em>, aux crochets recourb\u00e9s et \u00e9lastiques, \u00e9taient utilis\u00e9s pour peigner, carder et lisser la laine dans l&rsquo;industrie textile, du Moyen \u00c2ge au XIXe si\u00e8cle. Aucune machine synth\u00e9tique n&rsquo;a jamais parfaitement reproduit l&rsquo;\u00e9lasticit\u00e9 et la douceur des teasels naturels, et quelques ateliers artisanaux les utilisent encore aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, l&rsquo;eau recueillie dans les cuvettes foliaires (\u00ab eau de V\u00e9nus \u00bb) \u00e9tait utilis\u00e9e comme collyre et comme lotion de beaut\u00e9. La racine \u00e9tait prescrite contre les verrues (en application externe), les rhumatismes et les refroidissements.<\/p>\n<p>Cazin (1858) mentionne la card\u00e8re comme d\u00e9purative et diur\u00e9tique, sans enthousiasme particulier. Fournier (1947) la classe parmi les plantes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat secondaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique et conservation<\/h3>\n<p>La card\u00e8re est une esp\u00e8ce commune et non menac\u00e9e. Son int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique est consid\u00e9rable comme plante nectarif\u00e8re estivale (la floraison en anneau est particuli\u00e8rement attractive pour les abeilles, les bourdons et les papillons) et comme plante granivore hivernale (les chardonnerets \u00e9l\u00e9gants, <em>Carduelis carduelis<\/em>, se nourrissent des graines dans les capitules secs \u2014 spectacle classique des friches hivernales).<\/p>\n<p>L&rsquo;eau retenue dans les cuvettes foliaires constitue un micro-habitat aquatique original, colonis\u00e9 par des larves de moustiques, des micro-crustac\u00e9s et des protozoaires. Le r\u00f4le proto-carnivore de ce dispositif (digestion d&rsquo;insectes noy\u00e9s fournissant de l&rsquo;azote \u00e0 la plante) fait l&rsquo;objet de d\u00e9bats en \u00e9cologie fonctionnelle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><strong><em>Dipsacus laciniatus<\/em><\/strong> (card\u00e8re lacini\u00e9e) : feuilles caulinaires profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es-lacini\u00e9es, capitules similaires mais plus cylindriques. Plante plus rare, introduite.<\/p>\n<p><strong><em>Dipsacus pilosus<\/em><\/strong> (card\u00e8re poilue) : capitules petits et sph\u00e9riques, fleurs blanches, feuilles non soud\u00e9es. Milieux humides et ombrag\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Chardons vrais (<em>Carduus<\/em>, <em>Cirsium<\/em>) :<\/strong> la card\u00e8re est parfois confondue avec des chardons, mais elle s&rsquo;en distingue par ses feuilles oppos\u00e9es-soud\u00e9es, l&rsquo;absence de latex et l&rsquo;appartenance \u00e0 une famille diff\u00e9rente (Caprifoliaceae vs. Asteraceae).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La card\u00e8re sauvage est une plante m\u00e9dicinale secondaire dont le profil phytochimique \u2014 irido\u00efdes, saponines, acides ph\u00e9noliques \u2014 est coh\u00e9rent avec les usages traditionnels anti-inflammatoires et d\u00e9puratifs. La popularit\u00e9 r\u00e9cente de la teinture de card\u00e8re dans le contexte de la maladie de Lyme repose sur des bases scientifiques insuffisantes et ne doit pas d\u00e9tourner les patients d&rsquo;un traitement antibiotique adapt\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de la card\u00e8re reste \u00e9cologique (plante nectarif\u00e8re, source alimentaire pour les chardonnerets), industriel (teasel historique) et esth\u00e9tique (silhouette sculpturale des friches hivernales).<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton, J. \u2014 <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Fournier, P.-V. \u2014 <em>Dictionnaire des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Omnibus, 1947.<\/li>\n<li>Cazin, F.-J. \u2014 <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1858.<\/li>\n<li>Tison, J.-M. &amp; de Foucault, B. \u2014 <em>Flora Gallica<\/em>, Biotope, 2014.<\/li>\n<li>Zhao, Y.M. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab Chemical constituents of plants of the genus <em>Dipsacus<\/em> and their biological activity \u00bb, <em>Chemistry &amp; Biodiversity<\/em>, 2020.<\/li>\n<li>Storl, W.-D. \u2014 <em>Healing Lyme Disease Naturally<\/em>, North Atlantic Books, 2010 (NB : ouvrage de naturopathie, non valid\u00e9 scientifiquement).<\/li>\n<li>Goc, A., Niedzwiecki, A. &amp; Rath, M. \u2014 \u00ab In vitro evaluation of the antibacterial activity of phytochemicals and micronutrients against <em>Borrelia burgdorferi<\/em> and <em>Borrelia garinii<\/em> \u00bb, <em>Infection and Drug Resistance<\/em>, 8, 2015.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antibact\u00e9rien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dipsacus fullonum L. Famille : Caprifoliaceae (anciennement Dipsacaceae) La card\u00e8re sauvage est une grande plante de friche, de talus et de lisi\u00e8re humide \u00e0 s\u00e8che, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[67],"tags":[],"class_list":["post-902","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dipsacacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/902","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=902"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/902\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13990,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/902\/revisions\/13990"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=902"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=902"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=902"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}