{"id":911,"date":"2026-03-26T11:31:25","date_gmt":"2026-03-26T10:31:25","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/airelle-myrtille-vaccinium-myrtillus-l\/"},"modified":"2026-06-24T17:51:22","modified_gmt":"2026-06-24T15:51:22","slug":"airelle-myrtille-vaccinium-myrtillus-l","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/airelle-myrtille-vaccinium-myrtillus-l\/","title":{"rendered":"Airelle myrtille (Vaccinium myrtillus L.)"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Myrtille.jpg\" alt=\"Planche botanique Myrtille\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;airelle myrtille, <em>Vaccinium myrtillus<\/em> L., appartient \u00e0 la famille des <em>Ericaceae<\/em>, sous-famille des <em>Vaccinioideae<\/em>. C&rsquo;est un sous-arbrisseau caducifoli\u00e9 de 15 \u00e0 60 cm de hauteur, \u00e0 rameaux verts, anguleux et ail\u00e9s, formant des colonies denses par stolons souterrains. Les feuilles sont alternes, ovales \u00e0 elliptiques, finement denticul\u00e9es, longues de 1 \u00e0 3 cm, vert vif au-dessus, plus p\u00e2les en dessous, avec un r\u00e9seau de nervures r\u00e9ticul\u00e9 visible. Les fleurs, solitaires ou g\u00e9min\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles, sont petites (4 \u00e0 6 mm), en forme d&rsquo;urne globuleuse, rose verd\u00e2tre \u00e0 ros\u00e2tre, \u00e0 4-5 lobes r\u00e9fl\u00e9chis. La floraison s&rsquo;\u00e9tend d&rsquo;avril \u00e0 juin selon l&rsquo;altitude. Le fruit est une baie globuleuse de 5 \u00e0 9 mm de diam\u00e8tre, noir bleut\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9, pruineuse, \u00e0 chair rouge violac\u00e9 intens\u00e9ment colorante, contenant de nombreuses petites graines. Le syst\u00e8me racinaire est superficiel, finement ramifi\u00e9, associ\u00e9 \u00e0 des mycorhizes \u00e9rico\u00efdes du genre <em>Hymenoscyphus<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 24) et se distingue des myrtilles am\u00e9ricaines (<em>Vaccinium corymbosum<\/em> L.) par sa taille r\u00e9duite, ses tiges anguleuses vertes et sa chair enti\u00e8rement pigment\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Vaccinium myrtillus<\/em> est une esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale \u00e0 distribution eurasiatique, pr\u00e9sente de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 la Scandinavie, de l&rsquo;Islande \u00e0 l&rsquo;Oural, et dans les montagnes d&rsquo;Europe m\u00e9ridionale. Elle colonise les sous-bois acides de for\u00eats de conif\u00e8res (pessi\u00e8res, sapini\u00e8res) et de h\u00eatraies, les landes \u00e0 bruy\u00e8res, les tourbi\u00e8res acides et les pelouses subalpines, de 200 m \u00e0 2 800 m d&rsquo;altitude. Elle exige des sols acides (pH 3,5 \u00e0 5,5), humif\u00e8res, frais \u00e0 humides, pauvres en calcium. L&rsquo;association avec les mycorhizes \u00e9rico\u00efdes est indispensable \u00e0 sa nutrition azot\u00e9e et phosphat\u00e9e sur ces sols oligotrophes. L&rsquo;esp\u00e8ce est sciaphile \u00e0 semi-h\u00e9liophile et supporte des temp\u00e9ratures hivernales tr\u00e8s basses (\u221235 \u00b0C). Elle est indicatrice d&rsquo;acidit\u00e9 \u00e9daphique dans les relev\u00e9s phytosociologiques et appartient \u00e0 l&rsquo;alliance du <em>Vaccinio-Piceetea<\/em>. Le r\u00e9chauffement climatique menace les populations de basse altitude par allongement de la p\u00e9riode de v\u00e9g\u00e9tation, d\u00e9calage ph\u00e9nologique et comp\u00e9tition accrue avec des esp\u00e8ces moins sp\u00e9cialis\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les fruits de <em>Vaccinium myrtillus<\/em> se distinguent par leur richesse exceptionnelle en <strong>anthocyanosides<\/strong>, avec 15 anthocyanes majeures identifi\u00e9es, correspondant aux 3-O-glucosides, 3-O-galactosides et 3-O-arabinosides de cinq anthocyanidines : <strong>delphinidine<\/strong>, <strong>cyanidine<\/strong>, <strong>p\u00e9tunidine<\/strong>, <strong>p\u00e9onidine<\/strong> et <strong>malvidine<\/strong>. La teneur totale en anthocyanes varie de 300 \u00e0 700 mg\/100 g de fruit frais (jusqu&rsquo;\u00e0 3-4 % en poids sec), ce qui place la myrtille europ\u00e9enne nettement au-dessus de la myrtille am\u00e9ricaine (50-200 mg\/100 g). Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> de type B, oligom\u00e8res de cat\u00e9chine et \u00e9picat\u00e9chine) repr\u00e9sentent 1 \u00e0 3 % du poids sec. L&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et l&rsquo;<strong>acide n\u00e9ochlorog\u00e9nique<\/strong> sont les principaux acides ph\u00e9noliques. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et leurs glycosides) sont pr\u00e9sents \u00e0 hauteur de 20 \u00e0 50 mg\/100 g. Les fruits contiennent aussi des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> (<strong>monotrop\u00e9ine<\/strong>, <strong>asperuloside<\/strong>), des <strong>acides organiques<\/strong> (citrique, malique, quinique), des sucres (glucose, fructose), des vitamines (C : 10-20 mg\/100 g ; E, K), des min\u00e9raux (mangan\u00e8se, chrome) et des fibres alimentaires (2-3 %). Les feuilles contiennent de l&rsquo;<strong>arbutine<\/strong>, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, de l&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong>, du <strong>chrome<\/strong> et des tanins cat\u00e9chiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>anthocyanosides<\/strong> de la myrtille exercent des effets pl\u00e9iotropes. Leur activit\u00e9 antioxydante est parmi les plus \u00e9lev\u00e9es du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal (valeur ORAC : 4 600 \u00e0 9 600 \u00b5mol TE\/100 g de fruit frais). Ils pi\u00e8gent les esp\u00e8ces r\u00e9actives de l&rsquo;oxyg\u00e8ne (ROS), ch\u00e9latent les m\u00e9taux de transition et activent les voies endog\u00e8nes de d\u00e9fense antioxydante (Nrf2\/ARE, superoxyde dismutase, glutathion peroxydase). Au niveau vasculaire, les anthocyanes inhibent la NADPH oxydase endoth\u00e9liale, augmentent la biodisponibilit\u00e9 du monoxyde d&rsquo;azote (NO) et r\u00e9duisent l&rsquo;expression des mol\u00e9cules d&rsquo;adh\u00e9sion (VCAM-1, ICAM-1), diminuant ainsi le recrutement leucocytaire et l&rsquo;inflammation vasculaire. Ils renforcent la r\u00e9sistance capillaire en stabilisant le collag\u00e8ne de la membrane basale via des liaisons crois\u00e9es avec les fibres de collag\u00e8ne et en inhibant les m\u00e9talloprot\u00e9inases matricielles (MMP-2, MMP-9). Au niveau oculaire, les anthocyanosides acc\u00e9l\u00e8rent la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la rhodopsine dans les b\u00e2tonnets r\u00e9tiniens, am\u00e9liorent la microcirculation r\u00e9tinienne et prot\u00e8gent l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium pigmentaire contre le stress photo-oxydatif. Les <strong>proanthocyanidines<\/strong> exercent un effet astringent en pr\u00e9cipitant les prot\u00e9ines muqueuses, justifiant l&rsquo;usage antidiarrh\u00e9ique. Les <strong>irido\u00efdes<\/strong> des feuilles poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s hypoglyc\u00e9miantes en potentialisant la s\u00e9cr\u00e9tion d&rsquo;insuline et en am\u00e9liorant la sensibilit\u00e9 p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;insuline.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>(1) <strong>Protection vasculaire et capillarotrope<\/strong> : des essais cliniques ont montr\u00e9 que les extraits standardis\u00e9s de myrtille (\u00e9quivalent \u00e0 25 % d&rsquo;anthocyanosides, 160 \u00e0 320 mg\/j) r\u00e9duisent la fragilit\u00e9 capillaire, diminuent l&rsquo;\u0153d\u00e8me des membres inf\u00e9rieurs et am\u00e9liorent les sympt\u00f4mes de l&rsquo;insuffisance veineuse chronique. (2) <strong>Effet antidiarrh\u00e9ique<\/strong> : l&rsquo;usage des fruits s\u00e9ch\u00e9s (30 \u00e0 60 g\/j en d\u00e9coction) est inscrit aux pharmacop\u00e9es europ\u00e9enne et allemande pour le traitement symptomatique de la diarrh\u00e9e aigu\u00eb b\u00e9nigne. (3) <strong>Protection r\u00e9tinienne<\/strong> : les \u00e9tudes cliniques montrent des r\u00e9sultats mitig\u00e9s sur la vision nocturne chez le sujet sain, mais des b\u00e9n\u00e9fices document\u00e9s dans la r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique non prolif\u00e9rative et la fatigue visuelle. (4) <strong>Effet antioxydant syst\u00e9mique<\/strong> : la consommation r\u00e9guli\u00e8re de myrtilles augmente la capacit\u00e9 antioxydante plasmatique et r\u00e9duit les biomarqueurs d&rsquo;oxydation (LDL oxyd\u00e9es, 8-OHdG urinaire). (5) <strong>Effet hypoglyc\u00e9miant<\/strong> : les extraits de feuilles de myrtille r\u00e9duisent la glyc\u00e9mie \u00e0 jeun dans des mod\u00e8les animaux de diab\u00e8te, avec des donn\u00e9es pr\u00e9liminaires prometteuses chez l&rsquo;homme. (6) <strong>Effet neuroprotecteur<\/strong> : des \u00e9tudes pr\u00e9cliniques montrent une am\u00e9lioration de la m\u00e9moire spatiale et une r\u00e9duction du d\u00e9clin cognitif li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge chez des rongeurs suppl\u00e9ment\u00e9s en anthocyanes de myrtille.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>Les principales indications reconnues sont : insuffisance veineuse chronique et fragilit\u00e9 capillaire (extrait standardis\u00e9 titr\u00e9 \u00e0 25 % d&rsquo;anthocyanosides, 160 mg 2 fois\/jour) ; diarrh\u00e9e aigu\u00eb b\u00e9nigne de l&rsquo;adulte et de l&rsquo;enfant (fruits s\u00e9ch\u00e9s en d\u00e9coction) ; r\u00e9tinopathie diab\u00e9tique non prolif\u00e9rative et fatigue visuelle (extrait standardis\u00e9, 160 \u00e0 320 mg\/j) ; pr\u00e9vention du stress oxydatif dans le cadre du vieillissement (consommation alimentaire r\u00e9guli\u00e8re ou suppl\u00e9mentation) ; soutien du m\u00e9tabolisme glucidique chez le diab\u00e9tique de type 2 (feuilles en infusion, usage traditionnel). L&rsquo;usage traditionnel des fruits s\u00e9ch\u00e9s de <em>V. myrtillus<\/em> est reconnu dans le traitement symptomatique de la diarrh\u00e9e l\u00e9g\u00e8re et des inflammations buccales (gargarisme). La Commission E allemande valide l&rsquo;usage antidiarrh\u00e9ique des fruits s\u00e9ch\u00e9s et l&rsquo;usage veinotonique des extraits d&rsquo;anthocyanosides.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche sur <em>Vaccinium myrtillus<\/em> est particuli\u00e8rement dynamique. Des essais cliniques randomis\u00e9s r\u00e9cents confirment les effets b\u00e9n\u00e9fiques de la consommation de myrtilles sur la fonction endoth\u00e9liale (am\u00e9lioration de la dilatation flux-d\u00e9pendante de l&rsquo;art\u00e8re brachiale de 1 \u00e0 2 %). Des \u00e9tudes sur le microbiome intestinal montrent que les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> de myrtille modifient favorablement la composition du microbiote, augmentant les <em>Bifidobacterium<\/em> spp. et les <em>Akkermansia muciniphila<\/em>. En neurosciences, des essais cliniques sur des personnes \u00e2g\u00e9es avec d\u00e9clin cognitif l\u00e9ger montrent une am\u00e9lioration de la m\u00e9moire \u00e9pisodique apr\u00e8s 12 semaines de suppl\u00e9mentation en anthocyanes de myrtille. Des travaux de m\u00e9tabolomique ont identifi\u00e9 les m\u00e9tabolites ph\u00e9noliques circulants issus des anthocyanes (acides protocat\u00e9chique, vanillique, hippurique) comme m\u00e9diateurs potentiels des effets syst\u00e9miques. L&rsquo;utilisation de l&rsquo;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf) a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une augmentation du flux sanguin c\u00e9r\u00e9bral dans les r\u00e9gions impliqu\u00e9es dans la m\u00e9moire de travail apr\u00e8s consommation aigu\u00eb de myrtilles. Des \u00e9tudes de pharmacog\u00e9nomique explorent les polymorphismes des transporteurs et enzymes de m\u00e9tabolisation qui modulent la r\u00e9ponse individuelle aux anthocyanes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines\/\">Anthocyanes<\/a><\/td>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>Vasculoprotectrices, antioxydantes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>)<\/td>\n<td>Tanins condens\u00e9s<\/td>\n<td>Astringents, antidiarrh\u00e9iques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes, acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Fruits s\u00e9ch\u00e9s<\/strong> (antidiarrh\u00e9ique) : 20 \u00e0 60 g\/jour, \u00e0 m\u00e2cher tels quels ou en d\u00e9coction (faire bouillir 5-10 min dans 150 mL d&rsquo;eau), 3 \u00e0 4 fois par jour. <strong>Extrait sec standardis\u00e9<\/strong> (Myrtocyan\u00ae, Tegens\u00ae) : titr\u00e9 \u00e0 25 % d&rsquo;anthocyanosides, 80 \u00e0 160 mg, 2 \u00e0 3 fois par jour. <strong>Infusion de feuilles<\/strong> : 2 \u00e0 3 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es par tasse (200 mL), infuser 10 min, 2 \u00e0 3 tasses\/jour (usage hypoglyc\u00e9miant traditionnel, cure de 4 \u00e0 6 semaines maximum). <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (fruits frais, 1:5, \u00e9thanol 45 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour. <strong>Jus de fruit frais<\/strong> : 100 \u00e0 200 mL\/jour. <strong>Gargarisme<\/strong> (affections buccales) : d\u00e9coction de 10 g de fruits s\u00e9ch\u00e9s dans 100 mL d&rsquo;eau, en bain de bouche 3 fois\/jour. La dur\u00e9e de traitement par extrait standardis\u00e9 est habituellement de 1 \u00e0 3 mois, renouvelable.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les fruits de myrtille sont consid\u00e9r\u00e9s comme tr\u00e8s s\u00fbrs aux doses alimentaires et th\u00e9rapeutiques. Aucune contre-indication absolue n&rsquo;est connue pour les pr\u00e9parations de fruits. Les feuilles de myrtille ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9es au long cours (plus de 6 semaines cons\u00e9cutives) en raison d&rsquo;un risque th\u00e9orique d&rsquo;intoxication chronique par les tanins (h\u00e9patotoxicit\u00e9, an\u00e9mie par ch\u00e9lation du fer). Leur usage est d\u00e9conseill\u00e9 en cas de grossesse et d&rsquo;allaitement par principe de pr\u00e9caution (absence de donn\u00e9es). Les extraits d&rsquo;anthocyanosides \u00e0 haute dose peuvent renforcer les effets des anticoagulants et antiagr\u00e9gants plaquettaires ; prudence en p\u00e9riode p\u00e9riop\u00e9ratoire (arr\u00eat 2 semaines avant une intervention chirurgicale programm\u00e9e). Les patients diab\u00e9tiques sous traitement hypoglyc\u00e9miant doivent surveiller leur glyc\u00e9mie en cas de suppl\u00e9mentation, en raison d&rsquo;un effet additif possible. La coloration fonc\u00e9e des selles par les anthocyanes est b\u00e9nigne mais peut masquer un m\u00e9l\u00e9na ; en informer le patient.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les <strong>anthocyanosides<\/strong> exercent un l\u00e9ger effet antiagr\u00e9gant plaquettaire in vitro (inhibition de la COX plaquettaire) ; une potentialisation est th\u00e9oriquement possible avec l&rsquo;aspirine, le clopidogrel, la ticlopidine et les anticoagulants oraux (warfarine, ac\u00e9nocoumarol), bien qu&rsquo;aucun cas clinique n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9. Les extraits de feuilles de myrtille peuvent potentialiser les hypoglyc\u00e9miants oraux (metformine, sulfamides, gliflozines) et l&rsquo;insuline. Les anthocyanes sont des substrats et inhibiteurs modestes des transporteurs OATP (organic anion transporting polypeptides), ce qui pourrait th\u00e9oriquement modifier la pharmacocin\u00e9tique de statines (rosuvastatine) et de la fexof\u00e9nadine. Aucune interaction significative via les cytochromes P450 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e aux doses th\u00e9rapeutiques. Les tanins des fruits s\u00e9ch\u00e9s peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer non h\u00e9minique et de certains m\u00e9dicaments (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a>, antibiotiques) ; respecter un intervalle de 2 heures.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 aigu\u00eb des extraits de fruits de myrtille est extr\u00eamement faible. La DL50 par voie orale de l&rsquo;extrait standardis\u00e9 Myrtocyan\u00ae chez le rat d\u00e9passe 2 000 mg\/kg. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (13 semaines) et chronique (52 semaines) \u00e0 des doses allant jusqu&rsquo;\u00e0 3 g\/kg\/j chez le rat n&rsquo;ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aucun effet toxique significatif. Les tests de g\u00e9notoxicit\u00e9 (Ames, aberrations chromosomiques, micronoyaux) sont n\u00e9gatifs. Les \u00e9tudes de t\u00e9ratogen\u00e8se n&rsquo;ont pas montr\u00e9 d&rsquo;effets embryotoxiques ou f\u0153totoxiques chez le rat et le lapin. Les feuilles de myrtille en usage chronique (plusieurs mois) ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9es \u00e0 des cas d&rsquo;an\u00e9mie ferriprive et d&rsquo;ict\u00e8re chez l&rsquo;animal, attribu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;action astringente des tanins sur la muqueuse digestive et \u00e0 une possible h\u00e9patotoxicit\u00e9 cumulative. La consommation alimentaire normale de fruits frais ou s\u00e9ch\u00e9s ne pr\u00e9sente aucun risque identifi\u00e9. Les anthocyanes sont rapidement m\u00e9tabolis\u00e9es et \u00e9limin\u00e9es (demi-vie plasmatique de 1 \u00e0 3 heures), sans accumulation tissulaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;airelle myrtille est utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 en Europe septentrionale et montagneuse. Dioscoride mentionne un <em>vaccinium<\/em> dont l&rsquo;identification avec <em>V. myrtillus<\/em> reste d\u00e9battue. Au Moyen \u00c2ge, Hildegarde de Bingen recommandait les myrtilles pour r\u00e9guler les menstruations. L&rsquo;usage populaire comme antidiarrh\u00e9ique est attest\u00e9 dans toute l&rsquo;Europe depuis le XVIe si\u00e8cle : les fruits s\u00e9ch\u00e9s \u00e9taient consomm\u00e9s ou infus\u00e9s pour traiter les diarrh\u00e9es aigu\u00ebs. Les feuilles furent employ\u00e9es comme substitut de th\u00e9 et comme hypoglyc\u00e9miant populaire \u00e0 partir du XIXe si\u00e8cle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Royal Air Force distribua de la confiture de myrtilles aux pilotes de chasse, fondant cette pratique sur la croyance que les myrtilles am\u00e9lioraient la vision nocturne \u2013 une all\u00e9gation qui a stimul\u00e9 la recherche ult\u00e9rieure sur les anthocyanosides oculaires. Le jus de myrtille servait de colorant textile (violet-bleu) et d&rsquo;encre. En cuisine traditionnelle, les fruits entrent dans la pr\u00e9paration de confitures, tartes, liqueurs (myrtille de Haute-Savoie) et vins de fruits. La cueillette sauvage demeure une activit\u00e9 \u00e9conomique significative dans les r\u00e9gions montagneuses.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Vaccinium myrtillus<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale (LC, UICN), mais les populations de plaine et de moyenne montagne sont en r\u00e9gression en raison de la destruction des landes acides, du drainage des tourbi\u00e8res, de la fermeture du couvert forestier et du r\u00e9chauffement climatique. La cueillette commerciale intensive, parfois au peigne (peigne \u00e0 myrtilles), peut endommager les stations et est r\u00e9glement\u00e9e dans plusieurs pays et parcs naturels. En France, la cueillette est limit\u00e9e \u00e0 5 kg\/personne\/jour dans certains d\u00e9partements. La culture de <em>V. myrtillus<\/em> est difficile en raison de ses exigences \u00e9cologiques strictes (sol tr\u00e8s acide, mycorhizes sp\u00e9cifiques, climat frais) et de sa croissance lente. La multiplication se fait par division de touffes, par bouturage de tiges semi-ao\u00fbt\u00e9es (substrat acide, brumisation) ou par semis (germination lente et irr\u00e9guli\u00e8re). Les plantations de myrtilles cultiv\u00e9es utilisent presque exclusivement des esp\u00e8ces am\u00e9ricaines (<em>V. corymbosum<\/em>, <em>V. ashei<\/em>). Des programmes de s\u00e9lection europ\u00e9ens tentent de domestiquer <em>V. myrtillus<\/em> pour exploiter sa richesse en anthocyanes. Le s\u00e9chage des fruits doit \u00eatre effectu\u00e9 rapidement \u00e0 basse temp\u00e9rature (40-50 \u00b0C) pour pr\u00e9server les anthocyanosides.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Airelle myrtille (Vaccinium myrtillus L.) pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nKolehmainen M. et al. Bilberries reduce low-grade inflammation in individuals with features of metabolic syndrome. <em>Molecular Nutrition &amp; Food Research<\/em>. 2012;56(10):1501-1510.<br \/>\nWhyte A.R. et al. Effects of a single dose of a flavonoid-rich blueberry drink on memory in 8 to 10 y old children. <em>Nutrition<\/em>. 2015;31(3):531-534.<br \/>\nBowtell J.L. et al. Enhanced task-related brain activation and resting perfusion in healthy older adults after chronic blueberry supplementation. <em>Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism<\/em>. 2017;42(7):773-779.<br \/>\nCerletti C. et al. Dietary anthocyanins and health: data from FLORA and ATHENA EU projects. <em>British Journal of Clinical Pharmacology<\/em>. 2017;83(1):159-170.<br \/>\nNile S.H., Park S.W. Edible berries: bioactive components and their effect on human health. <em>Nutrition<\/em>. 2014;30(2):134-144.<br \/>\nL\u00e4tti A.K. et al. Analysis of anthocyanin variation in wild populations of bilberry (<em>Vaccinium myrtillus<\/em> L.) in Finland. <em>Journal of Agricultural and Food Chemistry<\/em>. 2008;56(1):190-196.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Antioxydant \/ vasculoprotecteur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antidiarrh\u00e9ique (fruit s\u00e9ch\u00e9)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Veinotonique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;airelle myrtille, Vaccinium myrtillus L., appartient \u00e0 la famille des Ericaceae, sous-famille des Vaccinioideae. C&rsquo;est un sous-arbrisseau caducifoli\u00e9 de 15 \u00e0 [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[68],"tags":[],"class_list":["post-911","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ericacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/911","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=911"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/911\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14180,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/911\/revisions\/14180"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=911"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=911"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=911"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}