{"id":912,"date":"2026-03-26T11:31:26","date_gmt":"2026-03-26T10:31:26","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/airelle-rouge\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"airelle-rouge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/airelle-rouge\/","title":{"rendered":"AIRELLE ROUGE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/airelle-rouge.png\" alt=\"Planche botanique Airelle rouge\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>Airelle rouge<\/strong> (<em>Vaccinium vitis-idaea<\/em> L.) est un sous-arbrisseau sempervirent de la famille des <strong>Ericaceae<\/strong>. Le genre <em>Vaccinium<\/em>, qui comprend environ 450 esp\u00e8ces, inclut aussi les myrtilles, les canneberges et les bleuets. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>vitis-idaea<\/em> signifie \u00ab vigne du mont Ida \u00bb (en Cr\u00e8te), faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un usage mythologique. L&rsquo;Airelle rouge est aussi appel\u00e9e airelle vigne du mont Ida, airelle ponctu\u00e9e, brimbelle rouge, canneberge de montagne (<em>mountain cranberry<\/em> en anglais) ou lingonberry (nom scandinave internationalement adopt\u00e9). C&rsquo;est une plante embl\u00e9matique de la cuisine et de la culture nordiques, dont la r\u00e9colte sauvage constitue une tradition vivace en Scandinavie, en Russie et au Canada.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Sous-arbrisseau <strong>sempervirent<\/strong>, rampant \u00e0 dress\u00e9, de <strong>10 \u00e0 30 cm<\/strong> de hauteur, formant des tapis denses par ses <strong>rhizomes souterrains tra\u00e7ants<\/strong>. Les tiges sont ligneuses, fines, dress\u00e9es, pubescentes. Les feuilles sont <strong>alternes<\/strong>, coriaces, persistantes, ovales \u00e0 obovales, de 1 \u00e0 3 cm, \u00e0 bord entier ou l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9volut\u00e9, vert fonc\u00e9 et luisant sur la face sup\u00e9rieure, plus p\u00e2le et <strong>ponctu\u00e9e de glandes brunes<\/strong> en dessous (caract\u00e8re distinctif). L&rsquo;inflorescence est une <strong>grappe terminale<\/strong> courte et pendante de 3 \u00e0 8 fleurs. Les fleurs sont petites (5-8 mm), en cloche (campanul\u00e9es), blanc-ros\u00e9, \u00e0 4 lobes peu profonds, \u00e0 8 \u00e9tamines incluses. Le fruit est une <strong>baie<\/strong> globuleuse de 6 \u00e0 10 mm, d&rsquo;abord blanche puis <strong>rouge vif<\/strong> \u00e0 maturit\u00e9, \u00e0 saveur <strong>acide et l\u00e9g\u00e8rement am\u00e8re<\/strong>, contenant de nombreuses petites graines. La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet, avec parfois une seconde floraison automnale donnant des baies l&rsquo;ann\u00e9e suivante. Les baies m\u00fbrissent d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge est une esp\u00e8ce <strong>circumbor\u00e9ale<\/strong>, pr\u00e9sente dans tout l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord temp\u00e9r\u00e9 et froid. Sa distribution s&rsquo;\u00e9tend de la Scandinavie \u00e0 la Sib\u00e9rie, du nord de l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Alaska, et vers le sud dans les montagnes d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie. En France, elle est pr\u00e9sente dans les <strong>Alpes<\/strong>, le <strong>Jura<\/strong>, les <strong>Vosges<\/strong>, le <strong>Massif central<\/strong> et les <strong>Pyr\u00e9n\u00e9es<\/strong>, de l&rsquo;\u00e9tage montagnard \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage subalpin (800 \u00e0 2 500 m). Elle pousse dans les <strong>for\u00eats de conif\u00e8res<\/strong> (pessi\u00e8res, sapini\u00e8res, pin\u00e8des), les <strong>landes subalpines<\/strong>, les <strong>tourbi\u00e8res<\/strong> et les <strong>sous-bois acides<\/strong>. Elle forme souvent des tapis denses en sous-bois de r\u00e9sineux, couvrant le sol de ses feuilles persistantes. En plaine, elle subsiste dans quelques stations relictuelles de tourbi\u00e8res. En Scandinavie et en Russie, elle est extr\u00eamement abondante dans les immenses for\u00eats bor\u00e9ales et constitue une ressource alimentaire majeure.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge est une esp\u00e8ce <strong>acidiphile<\/strong> stricte, exigeant un sol acide (pH 3,5 \u00e0 5,5), pauvre en nutriments, humif\u00e8re, frais \u00e0 sec. Elle tol\u00e8re les sols tourbeux, sableux ou rocheux. C&rsquo;est une plante de <strong>terre de bruy\u00e8re<\/strong> par excellence. Elle est h\u00e9liophile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile, supportant l&rsquo;ombre des r\u00e9sineux mais fructifiant mieux en situation lumineuse. Sa rusticit\u00e9 est exceptionnelle (zone 2, \u221240 \u00b0C voire \u221250 \u00b0C), ce qui en fait l&rsquo;une des plantes \u00e0 fruits les plus r\u00e9sistantes au froid. Elle ne tol\u00e8re pas le calcaire, les sols riches en nutriments ni l&rsquo;engorgement permanent. Son syst\u00e8me racinaire superficiel est associ\u00e9 \u00e0 des <strong>mycorhizes \u00e9ricac\u00e9es<\/strong> (champignons sp\u00e9cifiques) essentielles \u00e0 sa nutrition dans les sols pauvres et acides.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Sous-arbrisseau sempervirent \u00e0 croissance lente. Les feuilles persistent 2 \u00e0 3 ans. La <strong>floraison<\/strong> a lieu de mai \u00e0 juillet. La pollinisation est <strong>entomophile<\/strong>, principalement par les bourdons et les abeilles. Les fleurs produisent du nectar accessible aux insectes \u00e0 trompe courte. Les <strong>baies<\/strong> m\u00fbrissent d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre. Elles persistent sur la plante apr\u00e8s les premi\u00e8res gel\u00e9es et peuvent \u00eatre r\u00e9colt\u00e9es tr\u00e8s tard en saison (octobre-novembre). Le gel am\u00e9liore la saveur en convertissant une partie de l&rsquo;amidon en sucres. La <strong>diss\u00e9mination<\/strong> est ornithochore (grives, t\u00e9tras, perdrix des neiges) et endozoochore (renards, ours, martres). La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par rhizomes est tr\u00e8s efficace, les clones pouvant couvrir des surfaces consid\u00e9rables. La croissance est lente : 2 \u00e0 5 cm par an en hauteur, mais l&rsquo;expansion lat\u00e9rale par rhizomes est r\u00e9guli\u00e8re. La long\u00e9vit\u00e9 des clones peut atteindre plusieurs si\u00e8cles.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les baies d&rsquo;Airelle rouge poss\u00e8dent un profil nutritionnel et phytochimique exceptionnel. Elles contiennent des <strong>acides organiques<\/strong> en abondance : <strong>acide benzo\u00efque<\/strong> (0,05-0,1 %, conservateur naturel unique parmi les fruits, expliquant la remarquable aptitude \u00e0 la conservation sans additifs), <strong>acide citrique<\/strong>, <strong>acide malique<\/strong> et <strong>acide oxalique<\/strong>. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a><\/strong> sont tr\u00e8s concentr\u00e9s : <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine-3-galactoside, cyanidine-3-arabinoside), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong> (type A, similaires \u00e0 celles de la canneberge), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a> et ses glycosides, kaempf\u00e9rol), <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide hydroxycinnamique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>). Les baies contiennent aussi de la <strong>vitamine C<\/strong> (10-15 mg\/100 g), de la <strong>vitamine E<\/strong>, du <strong>mangan\u00e8se<\/strong>, des <strong>fibres<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pectines\/\">pectines<\/a><\/strong>. L&rsquo;<strong>arbutine<\/strong> (hydroquinone-\u03b2-D-glucoside), pr\u00e9sent dans les feuilles et en moindre quantit\u00e9 dans les baies, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques urinaires. Les feuilles contiennent des <strong>tanins<\/strong> (15-20 %), de l&rsquo;arbutine et des flavono\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales bien document\u00e9es, partag\u00e9es en partie avec sa cousine la Canneberge (<em>V. macrocarpon<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9vention des infections urinaires :<\/strong> Les <strong>proanthocyanidines de type A<\/strong> (PAC-A) de l&rsquo;Airelle rouge inhibent l&rsquo;adh\u00e9sion des bact\u00e9ries <em>Escherichia coli<\/em> pathog\u00e8nes \u00e0 l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium v\u00e9sical, m\u00e9canisme anti-adh\u00e9sion similaire \u00e0 celui de la canneberge. La consommation r\u00e9guli\u00e8re de jus ou de confiture d&rsquo;airelle rouge est traditionnellement recommand\u00e9e pour pr\u00e9venir les cystites r\u00e9currentes.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes :<\/strong> La richesse en anthocyanes, flavonols et proanthocyanidines conf\u00e8re aux baies un pouvoir antioxydant tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 (sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la plupart des fruits cultiv\u00e9s), prot\u00e9geant les cellules contre le stress oxydatif.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques urinaires :<\/strong> Les <strong>feuilles<\/strong>, riches en arbutine, sont utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie (infusion, extrait) comme antiseptique des voies urinaires, \u00e0 l&rsquo;instar des feuilles de Busserole (<em>Arctostaphylos uva-ursi<\/em>). L&rsquo;arbutine est hydrolys\u00e9e en hydroquinone dans les urines alcalines, exer\u00e7ant un effet bact\u00e9riostatique.<\/p>\n<p><strong>Effets m\u00e9taboliques :<\/strong> Des \u00e9tudes r\u00e9centes montrent que la consommation d&rsquo;airelles rouges am\u00e9liore le profil lipidique, r\u00e9duit l&rsquo;inflammation syst\u00e9mique et module favorablement le microbiote intestinal. Les baies pourraient contribuer \u00e0 la pr\u00e9vention du syndrome m\u00e9tabolique et du diab\u00e8te de type 2.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel scandinave associe la consommation quotidienne d&rsquo;airelles rouges \u00e0 la <strong>long\u00e9vit\u00e9<\/strong> et \u00e0 la <strong>sant\u00e9<\/strong> des populations nordiques. En phytoth\u00e9rapie, les feuilles sont utilis\u00e9es en infusion (2-3 g pour 150 ml, 3 fois\/jour) pour les troubles urinaires l\u00e9gers.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge est <strong>non toxique<\/strong>. Les baies et les feuilles sont s\u00fbres pour l&rsquo;alimentation et la phytoth\u00e9rapie. La teneur en acide oxalique des baies est mod\u00e9r\u00e9e et ne pose pas de probl\u00e8me pour la majorit\u00e9 de la population. Les feuilles, riches en arbutine et en tanins, doivent \u00eatre consomm\u00e9es avec mod\u00e9ration en usage prolong\u00e9 (risque th\u00e9orique d&rsquo;irritation gastrique par les tanins et d&rsquo;effets r\u00e9naux par l&rsquo;hydroquinone \u00e0 tr\u00e8s forte dose). L&rsquo;usage des feuilles est d\u00e9conseill\u00e9 en cas de grossesse et d&rsquo;insuffisance r\u00e9nale.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acides organiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide benzo\u00efque<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide citrique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide malique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide oxalique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge est un <strong>fruit embl\u00e9matique de la gastronomie nordique<\/strong>. En Su\u00e8de, la <em>lingonsylt<\/em> (confiture d&rsquo;airelles) accompagne presque tous les plats traditionnels : boulettes de viande (<em>k\u00f6ttbullar<\/em>), pancakes su\u00e9dois, porridge, renne r\u00f4ti, foie de porc et harengs. C&rsquo;est un condiment omnipr\u00e9sent, au m\u00eame titre que la moutarde en France. En Finlande, les baies garnissent les p\u00e2tisseries, les yaourts et les porridges. En Norv\u00e8ge, elles accompagnent le gibier et les poissons fum\u00e9s. En Russie, la <em>brusnika<\/em> (airelle rouge) est transform\u00e9e en <strong>mors<\/strong> (boisson traditionnelle), en compote et en confiture. Les baies se conservent naturellement plusieurs mois gr\u00e2ce \u00e0 leur teneur \u00e9lev\u00e9e en acide benzo\u00efque, sans n\u00e9cessit\u00e9 de sucre ajout\u00e9 ni de st\u00e9rilisation. Elles sont aussi transform\u00e9es en jus, en sirop, en sauce pour viandes, en chutney et en liqueur. En France, l&rsquo;airelle rouge est un condiment traditionnel de la cuisine de montagne savoyarde et jurassienne, accompagnant le gibier, les terrines et les fondues. Les baies se cong\u00e8lent parfaitement, conservant toutes leurs qualit\u00e9s nutritionnelles et gustatives. La cueillette sauvage reste une activit\u00e9 populaire en Scandinavie gr\u00e2ce au <strong>droit d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la nature<\/strong> (<em>allemansr\u00e4tten<\/em>) qui autorise chacun \u00e0 r\u00e9colter des baies sauvages.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge peut \u00eatre cultiv\u00e9e au jardin en sol acide (terre de bruy\u00e8re). La plantation se fait au printemps ou en automne, en sol acide (pH 4-5,5), humif\u00e8re, frais, bien drain\u00e9. L&rsquo;incorporation de tourbe ou de terre de bruy\u00e8re est indispensable en sol neutre. L&rsquo;exposition peut \u00eatre ensoleill\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e. L&rsquo;espacement est de 25 \u00e0 30 cm. Un paillage acide (aiguilles de pin, \u00e9corce de r\u00e9sineux) maintient l&rsquo;acidit\u00e9 et l&rsquo;humidit\u00e9. L&rsquo;arrosage doit \u00eatre r\u00e9gulier avec de l&rsquo;eau non calcaire (eau de pluie). Aucun engrais chimique : un apport annuel de compost acide ou d&rsquo;engrais pour plantes de terre de bruy\u00e8re suffit. La plante s&rsquo;\u00e9tend lentement par ses rhizomes, formant un couvre-sol dense. La r\u00e9colte intervient en septembre-octobre. Les vari\u00e9t\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9es (&lsquo;Koralle&rsquo;, &lsquo;Red Pearl&rsquo;, &lsquo;Sanna&rsquo;) offrent des fruits plus gros et une production plus r\u00e9guli\u00e8re. La culture en pot est possible avec un substrat de terre de bruy\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge est caract\u00e9ristique des <strong>sous-bois acides de conif\u00e8res<\/strong> de l&rsquo;alliance du <em>Vaccinio-Piceion<\/em> (pessi\u00e8res \u00e0 myrtille et airelle). Elle s&rsquo;associe \u00e0 la Myrtille (<em>Vaccinium myrtillus<\/em>), au Rhododendron ferrugineux (<em>Rhododendron ferrugineum<\/em>), \u00e0 la Callune (<em>Calluna vulgaris<\/em>), aux Mousses (sphaignes, polytrics), aux Lycopodes et \u00e0 la Linn\u00e9e bor\u00e9ale (<em>Linnaea borealis<\/em>). Au jardin de terre de bruy\u00e8re, elle accompagne les bruy\u00e8res, les myrtilles, les rhododendrons et les azal\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge est une esp\u00e8ce <strong>cl\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes bor\u00e9aux et montagnards<\/strong>. Son feuillage persistant assure une couverture du sol toute l&rsquo;ann\u00e9e, limitant l&rsquo;\u00e9rosion et maintenant l&rsquo;humidit\u00e9. Ses baies sont une <strong>ressource alimentaire vitale<\/strong> pour la faune sauvage : Grand T\u00e9tras, T\u00e9tras lyre, G\u00e9linotte des bois (esp\u00e8ces menac\u00e9es dont l&rsquo;airelle constitue l&rsquo;alimentation hivernale principale), renards, ours bruns, martres, souris et nombreux oiseaux migrateurs. En Scandinavie, l&rsquo;airelle est un maillon essentiel de la cha\u00eene alimentaire bor\u00e9ale. La r\u00e9colte traditionnelle par les populations locales, pratiqu\u00e9e depuis des mill\u00e9naires, ne nuit g\u00e9n\u00e9ralement pas aux populations naturelles si elle reste raisonnable. Les mycorhizes \u00e9ricac\u00e9es associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;airelle jouent un r\u00f4le dans le recyclage des nutriments dans les sols forestiers pauvres. La conservation de l&rsquo;Airelle rouge passe par la pr\u00e9servation des <strong>for\u00eats de conif\u00e8res<\/strong> et des <strong>landes subalpines<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Folklore et symbolisme<\/h3>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge est profond\u00e9ment enracin\u00e9e dans la <strong>culture nordique<\/strong>. En Su\u00e8de et en Finlande, la cueillette des airelles \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 est un rituel social et familial comparable \u00e0 la vendange en pays viticole. Le <em>lingonberry<\/em> est un symbole national su\u00e9dois, indissociable de l&rsquo;identit\u00e9 culinaire du pays (IKEA a popularis\u00e9 la confiture d&rsquo;airelles dans le monde entier \u00e0 travers ses restaurants). Dans le folklore scandinave, les airelles \u00e9taient associ\u00e9es aux <strong>esprits de la for\u00eat<\/strong> et aux trolls. En Russie, la <em>brusnika<\/em> est un symbole de la <strong>ta\u00efga<\/strong> et de la vie paysanne, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans les contes et les chansons populaires. Dans les Alpes, l&rsquo;airelle rouge accompagnait les repas de f\u00eate et les conserves d&rsquo;hiver. Elle symbolise la <strong>rusticit\u00e9<\/strong>, l&rsquo;<strong>abondance sauvage<\/strong> et la <strong>g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de la nature nordique<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>L&rsquo;Airelle rouge se distingue de la <strong>Myrtille<\/strong> (<em>Vaccinium myrtillus<\/em>) par ses feuilles persistantes (caduques chez la myrtille), coriaces et luisantes, et par ses baies rouges (et non bleu-noir). La <strong>Canneberge<\/strong> (<em>Vaccinium oxycoccos<\/em>) a des feuilles beaucoup plus petites, des tiges filiformes rampantes et des baies plus grosses. La <strong>Busserole<\/strong> (<em>Arctostaphylos uva-ursi<\/em>), qui partage le m\u00eame habitat, a des feuilles similaires mais des baies rouges farineuses et insipides (non juteuses et acides comme l&rsquo;airelle). La distinction se fait par la face inf\u00e9rieure des feuilles : <strong>ponctu\u00e9e de glandes brunes<\/strong> chez l&rsquo;airelle rouge, lisse chez la busserole. Les baies du <strong>Sorbier des oiseleurs<\/strong> (<em>Sorbus aucuparia<\/em>) sont orang\u00e9-rouge et poussent sur un arbre (non un sous-arbrisseau).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>AIRELLE ROUGE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Vaccinium%20vitis-idaea\">Plants of the World Online, Kew : <em>Vaccinium vitis-idaea<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Vaccinium+vitis-idaea\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Vaccinium vitis-idaea<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea L.) est un sous-arbrisseau sempervirent de la famille des Ericaceae. 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