{"id":919,"date":"2026-03-26T11:31:35","date_gmt":"2026-03-26T10:31:35","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/callune\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"callune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/callune\/","title":{"rendered":"CALLUNE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/callune.png\" alt=\"Planche botanique Callune\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Calluna vulgaris<\/em> (L.) Hull<\/p>\n<p>Famille : Ericaceae<\/p>\n<p>La callune est la plante des landes atlantiques, des coteaux siliceux, des horizons ouverts o\u00f9 le vent mod\u00e8le la v\u00e9g\u00e9tation en nappes basses et serr\u00e9es. Quand elle fleurit, de la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 au d\u00e9but de l&rsquo;automne, elle habille le paysage d&rsquo;un rose violac\u00e9 continu, presque irr\u00e9el, qui a inspir\u00e9 po\u00e8tes, peintres et herboristes depuis des si\u00e8cles. Peu de plantes incarnent aussi fid\u00e8lement l&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;un milieu : sol acide, pauvre, bien drain\u00e9, lumi\u00e8re pleine, vent permanent.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal est r\u00e9el mais mesur\u00e9. La callune appartient au groupe des plantes urinaires douces des Ericaceae, aux c\u00f4t\u00e9s de la bruy\u00e8re cendr\u00e9e et de la busserole, sans atteindre la puissance antiseptique de cette derni\u00e8re. Sa valeur tient \u00e0 la coh\u00e9rence entre \u00e9cologie, composition chimique et usages traditionnels. Elle ne se pr\u00eate pas \u00e0 l&rsquo;exag\u00e9ration th\u00e9rapeutique, mais elle reste une plante de terrain utile, honn\u00eate et bien document\u00e9e dans la tradition herboriste europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Ericaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Calluna<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Calluna vulgaris<\/em> (L.) Hull<\/li>\n<li><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Erica vulgaris<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Callune, Bruy\u00e8re commune, Fausse bruy\u00e8re, Brande, B\u00e9ru\u00e9e, Bucane, P\u00e9terolle.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Calluna<\/em> est monosp\u00e9cifique : il ne contient qu&rsquo;une seule esp\u00e8ce, <em>C. vulgaris<\/em>. Ce point botanique est fondamental, car les noms populaires m\u00e9langent constamment la callune avec les vraies bruy\u00e8res du genre <em>Erica<\/em>. La distinction repose sur le calice : chez <em>Calluna<\/em>, il est p\u00e9talo\u00efde, color\u00e9, plus long que la corolle et divis\u00e9 en quatre lobes ; chez <em>Erica<\/em>, c&rsquo;est la corolle qui domine. La classification APG IV place le genre <em>Calluna<\/em> dans la sous-famille des Ericoideae, tribu des Ericeae.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La callune est un sous-arbrisseau sempervirent de 20 \u00e0 80 centim\u00e8tres, parfois davantage dans les stations abrit\u00e9es, \u00e0 port dress\u00e9 ou \u00e9tal\u00e9, tr\u00e8s ramifi\u00e9, formant des touffes denses et compactes. Les rameaux sont gr\u00eales, ligneux, portant des feuilles minuscules (1 \u00e0 3 mm), oppos\u00e9es, sessiles, imbriqu\u00e9es sur quatre rangs, presque \u00e9cailleuses, \u00e0 bords enroul\u00e9s vers la face inf\u00e9rieure \u2014 adaptation caract\u00e9ristique aux conditions de s\u00e9cheresse physiologique des sols acides pauvres.<\/p>\n<p>Les fleurs, petites (3 \u00e0 4 mm), sont r\u00e9unies en grappes unilat\u00e9rales denses et allong\u00e9es, donnant \u00e0 la plante son aspect de panache rose. Le calice p\u00e9talo\u00efde, rose lilac\u00e9 \u00e0 pourpre, est form\u00e9 de quatre s\u00e9pales libres qui persistent longtemps apr\u00e8s la floraison, prolongeant l&rsquo;aspect fleuri de la lande. La corolle, plus courte que le calice, est campanul\u00e9e, \u00e0 quatre lobes. Les huit \u00e9tamines sont incluses. L&rsquo;ovaire sup\u00e8re donne une capsule \u00e0 quatre loges contenant de tr\u00e8s fines graines.<\/p>\n<p>La callune fr\u00e9quente les landes atlantiques et subatlantiques, les tourbi\u00e8res s\u00e8ches \u00e0 humides, les pin\u00e8des claires, les lisi\u00e8res acides, les coteaux d\u00e9grad\u00e9s et les sols podzoliques. Elle est strictement acidiphile et ne tol\u00e8re pas les substrats calcaires. Elle domine souvent les milieux qu&rsquo;elle occupe, formant des peuplements quasi monosp\u00e9cifiques appel\u00e9s callunaies ou landes \u00e0 callune. Sa r\u00e9partition est tr\u00e8s large : toute l&rsquo;Europe, de l&rsquo;Islande \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, de l&rsquo;Atlantique \u00e0 l&rsquo;Oural, avec des extensions en Asie Mineure et des naturalisations en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> ao\u00fbt \u00e0 octobre<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> landes acides, tourbi\u00e8res, pin\u00e8des claires, sols siliceux pauvres<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> toute l&rsquo;Europe, Asie Mineure, naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>La callune est une esp\u00e8ce-clef des \u00e9cosyst\u00e8mes de lande, formant des habitats reconnus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de la directive Habitats (code Natura 2000 : 4030, landes s\u00e8ches europ\u00e9ennes). La gestion traditionnelle des landes \u00e0 callune par le p\u00e2turage extensif, l&rsquo;\u00e9cobuage contr\u00f4l\u00e9 et la fauche de bruy\u00e8re maintenait des mosa\u00efques paysag\u00e8res de grande valeur \u00e9cologique. L&rsquo;abandon de ces pratiques entra\u00eene la fermeture des milieux par le bouleau, le pin et la foug\u00e8re aigle, au d\u00e9triment de la callune et des esp\u00e8ces associ\u00e9es.<\/p>\n<p>La callune est pyrophyte : elle r\u00e9g\u00e9n\u00e8re vigoureusement apr\u00e8s le feu \u00e0 partir de la souche et de la banque de graines du sol. Ce trait explique son association ancienne avec les pratiques pastorales de br\u00fblage. En revanche, elle supporte mal le surp\u00e2turage, le drainage des tourbi\u00e8res et les d\u00e9p\u00f4ts d&rsquo;azote atmosph\u00e9rique, qui favorisent les gramin\u00e9es aux d\u00e9pens des \u00e9ricac\u00e9es.<\/p>\n<p>La plante est largement cultiv\u00e9e en horticulture sous de nombreux cultivars ornementaux aux couleurs vari\u00e9es (blanc, rose, rouge, pourpre). La culture \u00e0 usage m\u00e9dicinal est rare, la ressource sauvage \u00e9tant encore abondante dans les r\u00e9gions de lande. Cependant, la r\u00e9gression des landes en Europe de l&rsquo;Ouest appelle une vigilance patrimoniale.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Sommit\u00e9s fleuries<\/li>\n<li>Parties a\u00e9riennes en fleur<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les sommit\u00e9s fleuries constituent la drogue officinale traditionnelle. La r\u00e9colte s&rsquo;effectue en pleine floraison, de pr\u00e9f\u00e9rence par temps sec. Le s\u00e9chage doit \u00eatre rapide et \u00e0 l&rsquo;ombre pour pr\u00e9server la couleur et les compos\u00e9s actifs. La drogue s\u00e8che pr\u00e9sente une odeur faible, l\u00e9g\u00e8rement mielleuse, et une saveur l\u00e9g\u00e8rement astringente puis am\u00e8re. Le miel de callune, tr\u00e8s recherch\u00e9, est un sous-produit apicole de grande valeur : \u00e9pais, g\u00e9latineux, ambr\u00e9, riche en ar\u00f4mes, il constitue un mono-miel embl\u00e9matique des r\u00e9gions de lande.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Arbutosides et d\u00e9riv\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>La callune contient de l&rsquo;<strong>arbutine<\/strong> (arbutine b\u00eata-D-glucopyranoside d&rsquo;hydroquinone), le m\u00eame compos\u00e9 que dans la busserole, mais en concentration nettement inf\u00e9rieure (de l&rsquo;ordre de 0,5 \u00e0 1,5 % contre 5 \u00e0 12 % chez <em>Arctostaphylos uva-ursi<\/em>). L&rsquo;arbutine est hydrolys\u00e9e dans les voies urinaires en <strong>hydroquinone<\/strong>, agent antiseptique urinaire. Cette teneur modeste explique que la callune soit consid\u00e9r\u00e9e comme un antiseptique urinaire doux, compl\u00e9mentaire plut\u00f4t que principal.<\/p>\n<h3>B. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Le profil flavono\u00efdique est riche et diversifi\u00e9 : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides, ainsi que des <strong>cat\u00e9chines<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong>. Ces flavono\u00efdes contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires et protectrices vasculaires de la plante.<\/p>\n<h3>C. Tanins<\/h3>\n<p>Les tanins sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9 notable, essentiellement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (proanthocyanidines) et des <strong>tanins hydrolysables<\/strong> en moindre proportion. Ils fondent l&rsquo;astringence de la plante et participent \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques et protectrices des muqueuses.<\/p>\n<h3>D. Acides ph\u00e9noliques et autres constituants<\/h3>\n<p>On identifie de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, de l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, de l&rsquo;<strong>acide protocat\u00e9chique<\/strong>. La plante contient \u00e9galement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a>, acide ol\u00e9anolique), des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> et une faible quantit\u00e9 d&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong> \u00e0 composante monoterp\u00e9nique.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;action pharmacologique de la callune repose sur plusieurs axes compl\u00e9mentaires. L&rsquo;<strong>arbutine<\/strong>, apr\u00e8s absorption digestive et passage h\u00e9patique, est excr\u00e9t\u00e9e par voie r\u00e9nale sous forme de conjugu\u00e9s glucuroniques et sulfatiques. Dans les voies urinaires, en milieu alcalin, ces conjugu\u00e9s lib\u00e8rent l&rsquo;hydroquinone libre, qui exerce une activit\u00e9 antiseptique mod\u00e9r\u00e9e contre les bact\u00e9ries gram-n\u00e9gatifs responsables des infections urinaires basses, notamment <em>Escherichia coli<\/em>. L&rsquo;efficacit\u00e9 antiseptique est cependant moindre que celle de la busserole en raison de la teneur plus faible en arbutine.<\/p>\n<p>L&rsquo;action diur\u00e9tique, traditionnellement attribu\u00e9e \u00e0 la callune, est probablement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ensemble du complexe flavono\u00efdique et ph\u00e9nolique plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 un compos\u00e9 isol\u00e9. Les flavono\u00efdes favorisent la filtration glom\u00e9rulaire et exercent un effet protecteur sur l&rsquo;endoth\u00e9lium vasculaire r\u00e9nal.<\/p>\n<p>Les tanins conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s astringentes utiles au niveau des muqueuses digestives et urinaires. Les proanthocyanidines, comme dans la canneberge, pourraient contribuer \u00e0 inhiber l&rsquo;adh\u00e9sion bact\u00e9rienne aux cellules \u00e9pith\u00e9liales de la paroi v\u00e9sicale, m\u00e9canisme compl\u00e9mentaire de l&rsquo;effet antiseptique de l&rsquo;hydroquinone.<\/p>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante globale de la plante est significative, document\u00e9e par de nombreuses \u00e9tudes in vitro utilisant les tests DPPH, ABTS et ORAC. Les extraits de callune figurent parmi les plus antioxydants des plantes de lande \u00e9tudi\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>La callune ne dispose pas de monographie officielle sp\u00e9cifique, mais elle est reconnue dans plusieurs pharmacop\u00e9es traditionnelles et ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence (Leclerc, Fournier, Wichtl) comme diur\u00e9tique douce et antiseptique urinaire l\u00e9g\u00e8re. Son usage est principalement fond\u00e9 sur la tradition et sur l&rsquo;extrapolation des donn\u00e9es pharmacologiques de l&rsquo;arbutine, mieux \u00e9tudi\u00e9e chez la busserole.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes in vitro ont confirm\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne des extraits de callune contre plusieurs souches bact\u00e9riennes, notamment <em>E. coli<\/em>, <em>Staphylococcus aureus<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante a \u00e9t\u00e9 largement document\u00e9e. Des travaux r\u00e9cents s&rsquo;int\u00e9ressent aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires des flavono\u00efdes de la callune, avec des r\u00e9sultats prometteurs sur l&rsquo;inhibition de la COX-2 et de la 5-lipoxyg\u00e9nase.<\/p>\n<p>En usage externe, les propri\u00e9t\u00e9s astringentes et antiseptiques des tanins justifient l&#8217;emploi traditionnel en bains, lotions et compresses pour les dermatoses l\u00e9g\u00e8res, les plaies superficielles et les irritations cutan\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Arbutine<\/strong><\/td>\n<td>Glucoside ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antiseptique urinaire (via hydroquinone)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Querc\u00e9tine<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire, protecteur vasculaire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Kaempf\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, diur\u00e9tique l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Proanthocyanidines<\/strong><\/td>\n<td>Tanins condens\u00e9s<\/td>\n<td>Astringent, anti-adh\u00e9sion bact\u00e9rienne<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide ursolique<\/strong><\/td>\n<td>Triterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, h\u00e9patoprotecteur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide chlorog\u00e9nique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant, chol\u00e9r\u00e9tique l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique urinaire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire (usage externe)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Arbutine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Hydroquinone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myric\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cat\u00e9chines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 2 \u00e0 4 g de sommit\u00e9s fleuries s\u00e9ch\u00e9es pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 \u00e0 15 minutes. Boire 3 tasses par jour, entre les repas.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 30 \u00e0 50 g par litre, bouillir 5 minutes, infuser 10 minutes. Pour bains de pieds ou applications cutan\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Teinture (1:5, \u00e9thanol 45 %) :<\/strong> 2 \u00e0 4 ml, 3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Miel de callune :<\/strong> usage alimentaire et traditionnel, non m\u00e9dicamenteux au sens strict, mais riche en compos\u00e9s ph\u00e9noliques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La callune se pr\u00eate bien aux associations avec d&rsquo;autres plantes urinaires : busserole, bruy\u00e8re cendr\u00e9e, piloselle, orthosiphon. Dans les formules traditionnelles, elle joue souvent un r\u00f4le de fond, de terrain, plut\u00f4t que de rem\u00e8de d&rsquo;attaque.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La callune est une plante de bonne tol\u00e9rance g\u00e9n\u00e9rale aux doses usuelles. L&rsquo;arbutine, \u00e0 doses excessives ou prolong\u00e9es, peut th\u00e9oriquement poser des questions en raison de la lib\u00e9ration d&rsquo;hydroquinone, class\u00e9e comme toxique \u00e0 forte dose. Cependant, les teneurs en arbutine de la callune sont suffisamment basses pour que ce risque soit consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9gligeable aux posologies traditionnelles.<\/p>\n<p>Par prudence, on recommande de ne pas d\u00e9passer quatre semaines d&rsquo;usage continu sans avis m\u00e9dical, de respecter les doses recommand\u00e9es et d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;usage chez la femme enceinte, allaitante et l&rsquo;enfant de moins de douze ans, faute de donn\u00e9es sp\u00e9cifiques. Les personnes souffrant de pathologies r\u00e9nales s\u00e9v\u00e8res ou d&rsquo;insuffisance r\u00e9nale doivent consulter avant tout usage de plantes diur\u00e9tiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La callune occupe une place consid\u00e9rable dans les cultures des r\u00e9gions de lande, bien au-del\u00e0 de son usage m\u00e9dicinal. En \u00c9cosse, en Irlande, en Bretagne, dans les Landes de Gascogne, elle est la plante du paysage identitaire. Son usage comme combustible, liti\u00e8re, mat\u00e9riau de toiture (chaume de bruy\u00e8re), teinture (jaune, vert), balai et fourrage grossier de dernier recours remonte \u00e0 la pr\u00e9histoire.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, Leclerc la recommande comme diur\u00e9tique et antiseptique urinaire dans les cystites chroniques et la gravelle. Fournier confirme cet usage et mentionne son emploi dans les rhumatismes, la goutte et les affections cutan\u00e9es. Dans les Highlands \u00e9cossais, la callune entrait dans la fabrication d&rsquo;une boisson ferment\u00e9e, la <em>heather ale<\/em>, bi\u00e8re de bruy\u00e8re dont la recette se perd dans la nuit des temps et qui a fait l&rsquo;objet de reconstitutions modernes.<\/p>\n<p>L&rsquo;apiculture tire de la callune un miel exceptionnel, \u00e0 la texture thixotrope unique (gel au repos, liquide agit\u00e9), ambr\u00e9 fonc\u00e9, au go\u00fbt puissant et persistant. Ce miel, tr\u00e8s recherch\u00e9 en \u00c9cosse, en Norv\u00e8ge et dans les landes fran\u00e7aises, est un produit de terroir embl\u00e9matique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Calluna vulgaris<\/em> est une plante modeste mais coh\u00e9rente, dont le profil pharmacognosique refl\u00e8te fid\u00e8lement l&rsquo;\u00e9cologie et la tradition. L&rsquo;arbutine en fait un antiseptique urinaire doux, les flavono\u00efdes et tanins un antioxydant et astringent de terrain, les triterp\u00e8nes un anti-inflammatoire l\u00e9ger. Elle n&rsquo;a pas la puissance de la busserole ni la renomm\u00e9e de la bruy\u00e8re cendr\u00e9e, mais elle offre un profil complet et \u00e9quilibr\u00e9, bien adapt\u00e9 aux usages de fond dans les troubles urinaires b\u00e9nins et r\u00e9cidivants.<\/p>\n<p>Sa vraie grandeur n&rsquo;est pas m\u00e9dicinale : elle est \u00e9cologique, paysag\u00e8re, culturelle. La callune est la plante qui fait la lande, et la lande est l&rsquo;un des paysages les plus menac\u00e9s d&rsquo;Europe. Prot\u00e9ger la callune, c&rsquo;est prot\u00e9ger un \u00e9cosyst\u00e8me entier, avec ses oiseaux (engoulevent, busard), ses insectes (papillons, abeilles sauvages), ses champignons mycorhiziens et ses sols acides irrempla\u00e7ables.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Monschein M. et al. \u2014 Phytochemistry of heather (<em>Calluna vulgaris<\/em>) \u2014 a review, <em>Phytochemistry Reviews<\/em>, 2010, 9(2), 221-233.<\/li>\n<li>Pavlovi\u0107 R.D. et al. \u2014 Phenolic compounds and antioxidant activity of <em>Calluna vulgaris<\/em>, <em>Food Chemistry<\/em>, 2014, 167, 507-513.<\/li>\n<li>Leclerc H. \u2014 <em>Pr\u00e9cis de phytoth\u00e9rapie<\/em>, 5e \u00e9d., Masson, 1954.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. \u2014 <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947.<\/li>\n<li>Gimingham C.H. \u2014 <em>Ecology of Heathlands<\/em>, Chapman and Hall, 1972.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Calluna vulgaris<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Calluna vulgaris<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Calluna vulgaris (L.) 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