{"id":920,"date":"2026-03-26T11:31:36","date_gmt":"2026-03-26T10:31:36","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/monotrope-sucepin\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"monotrope-sucepin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/monotrope-sucepin\/","title":{"rendered":"MONOTROPE SUCEPIN"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Monotrope%20sucepin.jpg\" alt=\"Planche botanique Monotrope sucepin\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>monotrope sucepin<\/strong> (<em>Monotropa hypopitys<\/em> L., synonyme : <em>Hypopitys monotropa<\/em> Crantz) appartient \u00e0 la famille des <strong>Ericaceae<\/strong>, sous-famille des Monotropoideae (anciennement famille des Monotropaceae). Le genre <em>Monotropa<\/em> comprend 2 esp\u00e8ces : <em>M. hypopitys<\/em> et <em>M. uniflora<\/em> (nord-am\u00e9ricaine). Le nombre chromosomique est 2n = 48. Le nom <em>Monotropa<\/em> d\u00e9rive du grec <em>monos<\/em> (unique) et <em>tropos<\/em> (direction), car les fleurs sont toutes tourn\u00e9es du m\u00eame c\u00f4t\u00e9. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>hypopitys<\/em> signifie \u00ab sous les pins \u00bb (grec <em>hypo<\/em>, sous, et <em>pitys<\/em>, pin). Noms vernaculaires : sucepin, monotrope, herbe fant\u00f4me, suce-pin commun. En anglais : <em>yellow bird&rsquo;s-nest<\/em>, <em>dutchman&rsquo;s pipe<\/em>. La plante est un <strong>mycoh\u00e9t\u00e9rotrophe<\/strong> : totalement d\u00e9pourvue de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a>, elle obtient ses nutriments via un champignon mycorhizien lui-m\u00eame associ\u00e9 aux racines d&rsquo;arbres.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace achlorophyllienne de 10 \u00e0 30 cm. <strong>Souche<\/strong> form\u00e9e d&rsquo;un r\u00e9seau dense de racines corallo\u00efdes (en forme de corail), tr\u00e8s ramifi\u00e9es, fragiles, int\u00e9gralement colonis\u00e9es par un champignon mycorhizien du genre <em>Tricholoma<\/em>. <strong>Tige<\/strong> unique, dress\u00e9e, charnue, cassante, enti\u00e8rement jaune p\u00e2le \u00e0 jaune orang\u00e9 (parfois teint\u00e9e de rose), glabre ou l\u00e9g\u00e8rement pubescente. <strong>Feuilles<\/strong> r\u00e9duites \u00e0 des \u00e9cailles ovales, charnues, imbriqu\u00e9es le long de la tige, jaun\u00e2tres, d\u00e9pourvues de chlorophylle. <strong>Inflorescence<\/strong> : grappe terminale pench\u00e9e au sommet, se redressant \u00e0 la fructification, portant 3 \u00e0 12 fleurs. <strong>Fleurs<\/strong> tubulaires, de 10 \u00e0 15 mm de longueur, jaune p\u00e2le \u00e0 cr\u00e8me ; 4-5 s\u00e9pales libres, spatul\u00e9s ; 4-5 p\u00e9tales libres, en forme de sac \u00e0 la base (nectaire) ; 8-10 \u00e9tamines \u00e0 anth\u00e8res uniloculaires s&rsquo;ouvrant par une fente transversale ; ovaire sup\u00e8re, style unique. <strong>Fruit<\/strong> : capsule dress\u00e9e, ovo\u00efde, de 5 \u00e0 8 mm, s&rsquo;ouvrant par 4-5 valves, contenant des graines tr\u00e8s fines, presque poussi\u00e9reuses. <strong>Floraison<\/strong> : juin \u00e0 septembre, avec deux formes saisonni\u00e8res (var. <em>hypophegea<\/em> et var. <em>hypopitys<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>circumbor\u00e9ale<\/strong>, \u00e0 r\u00e9partition holarctique. Pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e (de l&rsquo;Irlande \u00e0 l&rsquo;Oural), en Asie temp\u00e9r\u00e9e (Russie, Chine, Japon) et en Am\u00e9rique du Nord. En France, r\u00e9partie dans presque toutes les r\u00e9gions foresti\u00e8res, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (0 \u00e0 2 000 m). Plus fr\u00e9quente dans les for\u00eats de conif\u00e8res et les h\u00eatraies-ch\u00eanaies des r\u00e9gions montagneuses. Assez rare et localis\u00e9e partout, en raison de sa d\u00e9pendance aux conditions \u00e9cologiques tr\u00e8s sp\u00e9cifiques (pr\u00e9sence simultan\u00e9e du champignon mycorhizien et de l&rsquo;arbre-h\u00f4te). La plante est souvent remarqu\u00e9e lors d&rsquo;une seule saison puis non revue pendant plusieurs ann\u00e9es au m\u00eame endroit.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Sous-bois de for\u00eats de conif\u00e8res<\/strong> (pin\u00e8des, pessi\u00e8res, sapini\u00e8res), <strong>h\u00eatraies<\/strong>, <strong>h\u00eatraies-ch\u00eanaies<\/strong>, <strong>for\u00eats mixtes<\/strong>. Le monotrope est strictement sciaphile et li\u00e9 aux for\u00eats denses \u00e0 liti\u00e8re \u00e9paisse. Les sols sont humif\u00e8res, acides \u00e0 neutres, frais, bien drain\u00e9s. L&rsquo;esp\u00e8ce est un <strong>mycoh\u00e9t\u00e9rotrophe \u00e9piparasite<\/strong> : elle parasite un champignon ectomycorhizien (principalement du genre <em>Tricholoma<\/em> : <em>T. terreum<\/em>, <em>T. saponaceum<\/em>, <em>T. cingulatum<\/em>), lequel est en symbiose avec les racines d&rsquo;un arbre (pin, h\u00eatre, ch\u00eane, \u00e9pic\u00e9a). Le monotrope d\u00e9tourne les photosynth\u00e9tats de l&rsquo;arbre via le champignon interm\u00e9diaire, constituant un r\u00e9seau trophique \u00e0 trois niveaux (arbre \u2192 champignon \u2192 monotrope). La pollinisation est assur\u00e9e par de petits insectes (mouches, abeilles solitaires) et l&rsquo;autopollinisation est fr\u00e9quente. Les graines microscopiques sont dispers\u00e9es par le vent. La germination n\u00e9cessite la pr\u00e9sence du champignon partenaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es phytochimiques de <em>M. hypopitys<\/em> sont limit\u00e9es. Les analyses disponibles r\u00e9v\u00e8lent la pr\u00e9sence de <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et glycosides associ\u00e9s. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>. Des <strong>tanins<\/strong> condens\u00e9s et hydrolysables. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> pentacycliques de type <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong> et <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>. Des <strong>st\u00e9rols<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong>. Des <strong>polysaccharides<\/strong> dans les racines corallo\u00efdes. Des <strong>acides gras<\/strong> dans les graines. La plante ne contient pas de chlorophylle ni de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a> photosynth\u00e9tiques. La coloration jaune est due \u00e0 des <strong>pigments carot\u00e9no\u00efdes non photosynth\u00e9tiques<\/strong> et \u00e0 des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>. Aucun <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> notable n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9. La composition chimique est influenc\u00e9e par celle de l&rsquo;arbre-h\u00f4te et du champignon interm\u00e9diaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de <em>M. hypopitys<\/em> sont tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9es. Par analogie avec la composition chimique identifi\u00e9e : les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol) sont <strong>antioxydants<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>antiallergiques<\/strong>. L&rsquo;<strong>acide ursolique<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> (inhibition de la COX-2 et de la 5-LOX), <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong>, <strong>antitumorales<\/strong> (induction de l&rsquo;apoptose dans diverses lign\u00e9es cellulaires canc\u00e9reuses) et <strong>antimicrobiennes<\/strong>. L&rsquo;<strong>acide gallique<\/strong> est <strong>antioxydant<\/strong> et <strong>antimicrobien<\/strong>. Les <strong>tanins<\/strong> sont <strong>astringents<\/strong> et <strong>anti-diarrh\u00e9iques<\/strong>. Aucune \u00e9tude pharmacologique sp\u00e9cifique in vivo ou clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur <em>M. hypopitys<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie pharmacologique. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique est th\u00e9orique et limit\u00e9 par la raret\u00e9 de la plante et la difficult\u00e9 de sa culture.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Les usages m\u00e9dicinaux traditionnels du monotrope sont rares et essentiellement nord-am\u00e9ricains. Chez les <strong>Am\u00e9rindiens<\/strong>, l&rsquo;esp\u00e8ce voisine <em>Monotropa uniflora<\/em> (Indian pipe) \u00e9tait utilis\u00e9e comme calmant oculaire (suc de la plante appliqu\u00e9 sur les yeux irrit\u00e9s), comme analg\u00e9sique (douleurs nerveuses, convulsions) et comme s\u00e9datif l\u00e9ger. En <strong>Europe<\/strong>, les usages m\u00e9dicinaux de <em>M. hypopitys<\/em> sont quasi inexistants dans la litt\u00e9rature ethnobotanique. Quelques mentions isol\u00e9es dans la m\u00e9decine populaire germanique rapportent l&rsquo;utilisation du suc de la plante contre les maux d&rsquo;yeux et les infections auriculaires. Le botaniste anglais <strong>John Gerard<\/strong> (1597) d\u00e9crit la plante mais ne lui attribue aucun usage m\u00e9dicinal. En <strong>hom\u00e9opathie<\/strong>, <em>Monotropa<\/em> est prescrite pour les n\u00e9vralgies et les c\u00e9phal\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches sur <em>M. hypopitys<\/em> se concentrent sur la <strong>mycoh\u00e9t\u00e9rotrophie<\/strong> et les r\u00e9seaux mycorhiziens. Des \u00e9tudes isotopiques (13C, 15N) montrent que le monotrope obtient 100 % de son carbone du champignon partenaire, lui-m\u00eame aliment\u00e9 par l&rsquo;arbre-h\u00f4te. Les travaux de <strong>Martin Bidartondo<\/strong> (Kew Gardens) ont identifi\u00e9 les partenaires fongiques sp\u00e9cifiques par s\u00e9quen\u00e7age mol\u00e9culaire de l&rsquo;ADN ribosomal. La <strong>g\u00e9nomique<\/strong> des plantes mycoh\u00e9t\u00e9rotrophes r\u00e9v\u00e8le une perte massive de g\u00e8nes chloroplastiques (le plasme chloroplastique est r\u00e9duit \u00e0 moins de 50 % de sa taille ancestrale). Des \u00e9tudes d&rsquo;<strong>\u00e9cologie des r\u00e9seaux<\/strong> explorent comment le monotrope s&rsquo;int\u00e8gre dans les r\u00e9seaux mycorhiziens communs de la for\u00eat (common mycorrhizal networks). La <strong>biologie de la reproduction<\/strong> est \u00e9tudi\u00e9e, montrant un taux \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;autopollinisation et une production massive de graines microscopiques compensant le faible taux de germination.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide gallique<\/td>\n<td>Tanin gallique<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie officielle n&rsquo;est \u00e9tablie. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e. Les rares usages ethnobotaniques rapportent : <strong>suc frais de la plante<\/strong> appliqu\u00e9 en collyre artisanal sur les yeux irrit\u00e9s (usage am\u00e9rindien de <em>M. uniflora<\/em>, non valid\u00e9 et potentiellement dangereux). <strong>Infusion de plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e<\/strong> (dosage non pr\u00e9cis\u00e9) comme s\u00e9datif l\u00e9ger (usage nord-am\u00e9ricain). <strong>Teinture hom\u00e9opathique<\/strong> en dilutions. Aucune de ces formes n&rsquo;est recommand\u00e9e par la m\u00e9decine moderne. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat du monotrope r\u00e9side dans sa biologie fascinante (mycoh\u00e9t\u00e9rotrophie) et son r\u00f4le dans les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers, plut\u00f4t que dans d&rsquo;\u00e9ventuelles applications th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>M. hypopitys<\/em> n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e formellement. La plante n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme toxique dans les bases de donn\u00e9es europ\u00e9ennes des centres antipoison. Les compos\u00e9s identifi\u00e9s (flavono\u00efdes, triterp\u00e8nes, tanins) sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9s comme peu toxiques aux concentrations pr\u00e9sentes dans la plante. L&rsquo;application oculaire du suc frais (usage am\u00e9rindien) pr\u00e9sente un risque d&rsquo;irritation et d&rsquo;infection. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine ou animale n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. La r\u00e9colte de cette plante rare est fortement d\u00e9conseill\u00e9e car elle compromettrait la survie de populations d\u00e9j\u00e0 fragiles. L&rsquo;esp\u00e8ce ne se reconstitue pas apr\u00e8s arrachage, la destruction du r\u00e9seau mycorhizien \u00e9tant irr\u00e9versible.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le monotrope a longtemps intrigu\u00e9 les naturalistes par son apparence fantomatique et son absence de coloration verte. <strong>Linnaeus<\/strong> le d\u00e9crivit en 1753 et le pla\u00e7a d&rsquo;abord parmi les plantes parasites. La nature exacte de sa nutrition resta myst\u00e9rieuse jusqu&rsquo;aux travaux de <strong>Erik Bj\u00f6rkman<\/strong> (1960), qui d\u00e9montra le r\u00f4le interm\u00e9diaire du champignon mycorhizien, inventant le concept de <strong>mycoh\u00e9t\u00e9rotrophie<\/strong>. En <strong>folklore germanique<\/strong>, le monotrope \u00e9tait parfois appel\u00e9 \u00ab herbe fant\u00f4me \u00bb ou \u00ab nid d&rsquo;oiseau \u00bb en raison de l&rsquo;aspect de la grappe pench\u00e9e. En <strong>culture populaire anglo-saxonne<\/strong>, <em>Monotropa uniflora<\/em> (ghost plant) a inspir\u00e9 le personnage de la \u00ab plante fant\u00f4me \u00bb dans la litt\u00e9rature d&rsquo;horreur et de fantasy. Le monotrope illustre magistralement le concept de <strong>r\u00e9seau mycorhizien<\/strong> (wood wide web), ces r\u00e9seaux fongiques souterrains qui connectent les arbres entre eux et permettent le transfert de carbone, d&rsquo;azote et de signaux chimiques au sein de la for\u00eat.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Monotropa hypopitys<\/em> n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national en France, mais est consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>d\u00e9terminante ZNIEFF<\/strong> dans plusieurs r\u00e9gions. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e <strong>LC<\/strong> (pr\u00e9occupation mineure) au niveau mondial par l&rsquo;UICN, mais est localement rare et en d\u00e9clin dans de nombreux pays europ\u00e9ens (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg). Les menaces incluent la <strong>d\u00e9forestation<\/strong>, la <strong>fragmentation foresti\u00e8re<\/strong>, le <strong>tassement des sols forestiers<\/strong> (engins m\u00e9caniques d\u00e9truisant le r\u00e9seau mycorhizien) et la <strong>pollution azot\u00e9e atmosph\u00e9rique<\/strong> (eutrophisation des sols forestiers d\u00e9favorable aux champignons ectomycorhiziens). La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e. La culture est impossible en pratique (triple d\u00e9pendance : plante + champignon + arbre). La conservation passe par la protection des for\u00eats matures et le maintien de sols forestiers non perturb\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie pharmacognosique officielle. L&rsquo;identification repose sur les caract\u00e8res morphologiques uniques : plante enti\u00e8rement jaune p\u00e2le, charnue, sans chlorophylle, \u00e0 racines corallo\u00efdes, grappe florale terminale pench\u00e9e. La microscopie des racines r\u00e9v\u00e8le une colonisation int\u00e9grale par les hyphes d&rsquo;un champignon ectomycorhizien, formant un manchon fongique dense autour de chaque radicelle (r\u00e9seau de Hartig p\u00e9n\u00e9trant les cellules corticales). La tige montre un parenchyme cortical \u00e0 cellules larges, sans cellules chlorophylliennes, avec des faisceaux vasculaires r\u00e9duits. Les graines sont extr\u00eamement petites (0,1-0,2 mm), d\u00e9pourvues d&rsquo;endosperme, constitu\u00e9es d&rsquo;un embryon rudimentaire entour\u00e9 d&rsquo;un t\u00e9gument mince. La distinction avec <em>Monotropa uniflora<\/em> (Am\u00e9rique du Nord, enti\u00e8rement blanche, fleur unique) est n\u00e9cessaire pour les \u00e9chantillons d&rsquo;herbier.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Monotropa hypopitys<\/em>, le fant\u00f4me jaune des sous-bois, est un organisme remarquable qui d\u00e9fie la conception classique du v\u00e9g\u00e9tal. Totalement d\u00e9pourvu de chlorophylle, il survit en parasitant un champignon mycorhizien, illustrant de fa\u00e7on spectaculaire les r\u00e9seaux trophiques souterrains qui structurent les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers. Si ses propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques restent largement inexplor\u00e9es, la pr\u00e9sence de flavono\u00efdes, de triterp\u00e8nes et de tanins offre des pistes de recherche. Le monotrope est surtout devenu un organisme mod\u00e8le pour l&rsquo;\u00e9tude de la mycoh\u00e9t\u00e9rotrophie et des r\u00e9seaux mycorhiziens, ces \u00ab internets forestiers \u00bb qui r\u00e9volutionnent notre compr\u00e9hension du fonctionnement des for\u00eats. La pr\u00e9servation de cette esp\u00e8ce discr\u00e8te passe par celle des for\u00eats anciennes et de leurs sols vivants, un enjeu \u00e9cologique majeur dans un contexte d&rsquo;exploitation foresti\u00e8re intensive et de changement climatique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Monotropa%20hypopitys\">Plants of the World Online, Kew : <em>Monotropa hypopitys<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Monotropa+hypopitys\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Monotropa hypopitys<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le monotrope sucepin (Monotropa hypopitys L., synonyme : Hypopitys monotropa Crantz) appartient \u00e0 la famille des Ericaceae, sous-famille des Monotropoideae (anciennement [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[68],"tags":[],"class_list":["post-920","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ericacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/920","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=920"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/920\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13806,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/920\/revisions\/13806"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=920"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=920"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=920"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}