{"id":930,"date":"2026-03-26T11:31:50","date_gmt":"2026-03-26T10:31:50","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/euphorbe-peplus\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"euphorbe-peplus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/euphorbe-peplus\/","title":{"rendered":"EUPHORBE PEPLUS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Euphorbe%20peplus.jpg\" alt=\"Planche botanique Euphorbe peplus\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Euphorbe peplus, <em>Euphorbia peplus<\/em> L., commun\u00e9ment appel\u00e9e Euphorbe des jardins ou \u00c9sule ronde, est une plante annuelle herbac\u00e9e de la famille des Euphorbiac\u00e9es (Euphorbiaceae). C&rsquo;est l&rsquo;une des euphorbes les plus communes des milieux cultiv\u00e9s et rud\u00e9raux, pr\u00e9sente dans le monde entier. Haute de 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres, elle pr\u00e9sente un port dress\u00e9, ramifi\u00e9, avec une ombelle terminale \u00e0 trois rayons caract\u00e9ristiques, chacun se divisant de mani\u00e8re dichotomique. Les feuilles sont alternes, ovales \u00e0 obovales, enti\u00e8res, \u00e0 p\u00e9tiole court, de couleur vert franc. Les cyathes portent des glandes nectarif\u00e8res en croissant munies de deux cornes allong\u00e9es et fines, caract\u00e8re diagnostique essentiel qui la distingue de l&rsquo;euphorbe r\u00e9veille-matin aux glandes enti\u00e8res. Le fruit est une capsule triloculaire \u00e0 trois car\u00e8nes dorsales pro\u00e9minentes, ail\u00e9es-cr\u00e9nel\u00e9es, donnant un aspect caract\u00e9ristique au fruit. Comme toutes les euphorbes, la plante exsude un latex blanc irritant \u00e0 la moindre blessure.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Euphorbia peplus<\/em> est une esp\u00e8ce d&rsquo;origine pal\u00e9arctique (Europe, Afrique du Nord, Asie occidentale), aujourd&rsquo;hui devenue subcosmopolite par naturalisation. Elle est pr\u00e9sente sur tous les continents, y compris en Australie et en Am\u00e9rique o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 introduite. En France, elle est ubiquiste et extr\u00eamement commune, du littoral \u00e0 la moyenne montagne. Son habitat est typiquement rud\u00e9ral et cultural : jardins potagers, massifs de fleurs, pieds de murs, trottoirs, cultures mara\u00eech\u00e8res, vignobles, friches et d\u00e9combres. C&rsquo;est une adventice classique des jardins, souvent la premi\u00e8re \u00e0 coloniser les sols nus et riches apr\u00e8s un labour ou un binage. Elle pousse sur des sols de pr\u00e9f\u00e9rence riches, frais, bien pourvus en azote et en mati\u00e8re organique, de texture limoneuse \u00e0 argileuse. Elle tol\u00e8re l&rsquo;ombre partielle et peut se d\u00e9velopper sous le couvert d&rsquo;autres plantes cultiv\u00e9es. Sa plasticit\u00e9 \u00e9cologique et sa capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation en font l&rsquo;une des mauvaises herbes les plus r\u00e9pandues au monde.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>La racine est pivotante, gr\u00eale, peu profonde. La tige est dress\u00e9e, cylindrique, glabre, ramifi\u00e9e, haute de 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres, verte et charnue. Les feuilles caulinaires sont alternes, p\u00e9tiol\u00e9es, ovales \u00e0 obovales, longues de 10 \u00e0 30 millim\u00e8tres, \u00e0 marge enti\u00e8re, \u00e0 sommet obtus ou l\u00e9g\u00e8rement \u00e9margin\u00e9, vert franc et glabres. L&rsquo;inflorescence terminale est une ombelle \u00e0 trois rayons principaux, chaque rayon se divisant deux \u00e0 trois fois de mani\u00e8re dichotomique. Les bract\u00e9es ombellaires sont triangulaires-ovales, semblables aux feuilles mais plus petites. Les glandes du cyathe sont en forme de croissant, munies de deux cornes longues et fines, un caract\u00e8re distinctif majeur. La capsule, longue de 2 millim\u00e8tres environ, est profond\u00e9ment trilob\u00e9e, chaque lobe portant une car\u00e8ne dorsale pro\u00e9minente, ail\u00e9e et ondul\u00e9e-cr\u00e9nel\u00e9e, donnant au fruit un profil tricorne tr\u00e8s reconnaissable. Les graines sont ovo\u00efdes, gris\u00e2tres, longues d&rsquo;environ 1,5 millim\u00e8tre, \u00e0 surface marqu\u00e9e de deux sillons longitudinaux et de petites fossettes, pourvues d&rsquo;une caroncule.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p><em>Euphorbia peplus<\/em> est une plante annuelle th\u00e9rophyte \u00e0 cycle flexible, capable de germer et de fleurir pendant une grande partie de l&rsquo;ann\u00e9e. Les graines germent principalement en automne et au printemps, mais des germinations sont possibles \u00e0 toute saison en climat doux. Les individus \u00e0 germination automnale passent l&rsquo;hiver sous forme v\u00e9g\u00e9tative basse et fleurissent d\u00e8s le printemps suivant. La floraison peut s&rsquo;\u00e9tendre de mars \u00e0 novembre, voire d\u00e9cembre, dans les r\u00e9gions \u00e0 hiver doux. La pollinisation est assur\u00e9e par de petits insectes (mouches, micro-hym\u00e9nopt\u00e8res) attir\u00e9s par le nectar des glandes et par autopollinisation. Les capsules m\u00fbres s&rsquo;ouvrent par d\u00e9hiscence explosive, projetant les graines \u00e0 courte distance. La myrm\u00e9cochorie (dispersion par les fourmis) joue un r\u00f4le secondaire gr\u00e2ce \u00e0 la caroncule des graines. La production de graines est abondante : une plante peut produire plusieurs centaines de graines au cours de sa vie. La banque de graines dans le sol est persistante, avec une viabilit\u00e9 estim\u00e9e \u00e0 plus de cinq ans.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;Euphorbe des jardins est une esp\u00e8ce eurytope, capable de prosp\u00e9rer dans des conditions vari\u00e9es, mais avec un optimum sur les sols frais, riches en azote et en mati\u00e8re organique. Elle est class\u00e9e comme nitrophile marqu\u00e9e, fid\u00e8le compagne des cultures mara\u00eech\u00e8res et des jardins bien fertilis\u00e9s. Elle tol\u00e8re l&rsquo;ombre partielle, ce qui lui permet de se d\u00e9velopper sous les plantes cultiv\u00e9es. Elle supporte des sols de texture vari\u00e9e (sableux \u00e0 argileux) et de pH divers, bien qu&rsquo;elle soit plus abondante sur substrats neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides. Sa r\u00e9sistance au froid est mod\u00e9r\u00e9e : les gel\u00e9es s\u00e9v\u00e8res d\u00e9truisent les plantes en croissance, mais la banque de graines assure la p\u00e9rennit\u00e9. Sa capacit\u00e9 \u00e0 compl\u00e9ter son cycle en quelques semaines en fait une esp\u00e8ce tr\u00e8s r\u00e9active aux fen\u00eatres \u00e9cologiques. Elle est tol\u00e9rante au pi\u00e9tinement mod\u00e9r\u00e9 et aux perturbations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><em>Euphorbia peplus<\/em> occupe une place unique dans l&rsquo;histoire de la pharmacologie moderne gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;<strong>ing\u00e9nol m\u00e9butate<\/strong> (PEP005), diterp\u00e8ne isol\u00e9 de cette plante et d\u00e9velopp\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 australienne Peplin. Ce compos\u00e9 a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 en 2012 par les agences r\u00e9glementaires (dont la FDA) sous le nom commercial Picato pour le traitement topique des <strong>k\u00e9ratoses actiniques<\/strong>, l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses de la peau induites par l&rsquo;exposition solaire chronique. Le m\u00e9canisme d&rsquo;action implique une n\u00e9crose cellulaire rapide par activation de la <strong>prot\u00e9ine kinase C<\/strong> \u03b4, suivie d&rsquo;une r\u00e9ponse immunitaire anti-tumorale. Bien que le m\u00e9dicament ait \u00e9t\u00e9 ult\u00e9rieurement retir\u00e9 du march\u00e9 europ\u00e9en en 2020 pour des questions de balance b\u00e9n\u00e9fice\/risque, il reste un exemple remarquable de d\u00e9veloppement pharmaceutique \u00e0 partir d&rsquo;un usage ethnobotanique traditionnel. Les <strong>jatrophanes<\/strong> de <em>E. peplus<\/em> montrent \u00e9galement une activit\u00e9 modulatrice de la glycoprot\u00e9ine P (P-gp), ouvrant des perspectives en chimiosensibilisation. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antimicrobienne<\/strong>, <strong>antioxydante<\/strong> et <strong>anti-inflammatoire<\/strong> des extraits a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par de nombreuses \u00e9tudes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Euphorbe des jardins joue un r\u00f4le \u00e9cologique comparable \u00e0 celui des autres euphorbes adventices. Ses cyathes fournissent nectar et pollen \u00e0 de nombreux petits insectes. Le latex toxique la prot\u00e8ge de la plupart des herbivores. Les fourmis transportent ses graines gr\u00e2ce \u00e0 la caroncule. La plante peut h\u00e9berger des pucerons sp\u00e9cifiques du genre <em>Aphis<\/em>. Dans les agro\u00e9cosyst\u00e8mes, elle est souvent tol\u00e9r\u00e9e en faible densit\u00e9 car elle n&rsquo;est pas tr\u00e8s comp\u00e9titive et contribue \u00e0 la couverture du sol. Elle fait partie du cort\u00e8ge des adventices des jardins qui maintiennent une certaine biodiversit\u00e9 fonctionnelle dans les espaces cultiv\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p><em>Euphorbia peplus<\/em> est l&rsquo;une des euphorbes les plus \u00e9tudi\u00e9es en phytochimie, en raison de la d\u00e9couverte d&rsquo;un compos\u00e9 aux propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses remarquables : l&rsquo;<strong>ing\u00e9nol m\u00e9butate<\/strong>. Le latex contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a><\/strong> de type <strong>ing\u00e9nane<\/strong> et <strong>tigliane<\/strong>, dont l&rsquo;<strong>ing\u00e9nol-3-ang\u00e9late<\/strong> (PEP005 ou ing\u00e9nol m\u00e9butate), qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 en m\u00e9dicament dermatologique. D&rsquo;autres diterp\u00e8nes irritants, les <strong>esters de phorbol<\/strong>, sont pr\u00e9sents et responsables de la toxicit\u00e9 du latex. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol), des <strong>tanins<\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> et des <strong>st\u00e9rols<\/strong>. La plante est \u00e9galement riche en <strong>jatrophanes<\/strong>, diterp\u00e8nes macrocycliques aux propri\u00e9t\u00e9s modulatrices de la r\u00e9sistance multidrogue dans les cellules canc\u00e9reuses.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p>L&rsquo;Euphorbe des jardins poss\u00e8de un latex irritant typique des euphorbes. Le contact cutan\u00e9 provoque une irritation locale (rougeur, d\u00e9mangeaison, parfois v\u00e9sication) d&rsquo;intensit\u00e9 variable. Le contact oculaire est dangereux et peut entra\u00eener une conjonctivite ou une k\u00e9ratite n\u00e9cessitant un rin\u00e7age imm\u00e9diat et abondant. L&rsquo;ingestion provoque une gastro-ent\u00e9rite aigu\u00eb avec douleurs, vomissements et diarrh\u00e9es. L&rsquo;utilisation empirique du latex contre les verrues, bien que traditionnelle, doit \u00eatre pratiqu\u00e9e avec prudence car l&rsquo;application sur peau saine provoque des irritations. Les <strong>esters de phorbol<\/strong> sont co-carcinog\u00e8nes exp\u00e9rimentalement, ce qui signifie qu&rsquo;une application chronique sur la peau pourrait th\u00e9oriquement favoriser le d\u00e9veloppement tumoral. Le port de gants lors du jardinage est recommand\u00e9 pour les personnes sensibles.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Euphorbe des jardins a une longue histoire d&rsquo;utilisation m\u00e9dicinale populaire. Comme les autres euphorbes, son latex servait de caustique pour br\u00fbler les verrues, les cors et les k\u00e9ratoses actiniques. En Australie, o\u00f9 la plante est naturalis\u00e9e et tr\u00e8s commune, cette utilisation contre les k\u00e9ratoses solaires et les carcinomes basocellulaires superficiels est une tradition populaire bien document\u00e9e qui a conduit directement au d\u00e9veloppement d&rsquo;un m\u00e9dicament moderne. Dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, le latex \u00e9tait \u00e9galement employ\u00e9 contre les verrues, les durillons et les taches cutan\u00e9es. L&rsquo;usage interne comme purgatif drastique est mentionn\u00e9 dans les anciens herbiers mais \u00e9tait reconnu comme dangereux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p><em>Euphorbia peplus<\/em> n&rsquo;est pas cultiv\u00e9e intentionnellement, \u00e9tant une adventice omnipr\u00e9sente des jardins. Elle appara\u00eet spontan\u00e9ment dans tout sol riche et frais. Son contr\u00f4le passe par le d\u00e9sherbage manuel (avec gants), le paillage et l&rsquo;utilisation de faux semis. En Australie, des tentatives de culture \u00e0 grande \u00e9chelle ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es pour la production d&rsquo;ing\u00e9nol m\u00e9butate, mais la synth\u00e8se chimique et semi-synth\u00e9tique du compos\u00e9 a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e pour des raisons de rendement et de standardisation.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Euphorbia peplus<\/em> se distingue des autres euphorbes annuelles par la combinaison de son ombelle \u00e0 trois rayons, de ses glandes en croissant \u00e0 deux cornes fines, et surtout de ses capsules \u00e0 car\u00e8nes ail\u00e9es-cr\u00e9nel\u00e9es pro\u00e9minentes. <em>Euphorbia helioscopia<\/em> poss\u00e8de une ombelle \u00e0 cinq rayons, des glandes enti\u00e8res et des capsules lisses. <em>Euphorbia exigua<\/em> est plus petite, \u00e0 feuilles lin\u00e9aires et \u00e0 capsules sans ailes prononc\u00e9es. <em>Euphorbia falcata<\/em> a des feuilles \u00e0 sommet en pointe et des glandes \u00e0 cornes courtes. La capsule tricorne \u00e0 ailes ondul\u00e9es est le caract\u00e8re diagnostique le plus fiable de <em>E. peplus<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Euphorbia peplus<\/em> est une esp\u00e8ce extr\u00eamement commune, cosmopolite et non menac\u00e9e. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une mauvaise herbe dans toute son aire de r\u00e9partition. Aucun statut de conservation ni aucune protection ne lui est accord\u00e9. Son adaptabilit\u00e9 et sa prolificit\u00e9 garantissent sa p\u00e9rennit\u00e9 dans les milieux anthropis\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;Euphorbe des jardins est peut-\u00eatre la plante la plus sous-estim\u00e9e de nos potagers. Cette petite mauvaise herbe banale, arrach\u00e9e sans un regard par des millions de jardiniers \u00e0 travers le monde, rec\u00e8le dans son latex blanc un compos\u00e9 qui a r\u00e9volutionn\u00e9 le traitement des k\u00e9ratoses actiniques et inspir\u00e9 des recherches anticanc\u00e9reuses de pointe. L&rsquo;histoire de l&rsquo;ing\u00e9nol m\u00e9butate est un cas d&rsquo;\u00e9cole en ethnopharmacologie : des agriculteurs australiens s&rsquo;appliquant depuis des d\u00e9cennies le latex frais sur leurs k\u00e9ratoses solaires ont inspir\u00e9 une \u00e9quipe de chercheurs de Brisbane qui a isol\u00e9 le principe actif, d\u00e9velopp\u00e9 un m\u00e9dicament et obtenu son approbation mondiale. Cette aventure scientifique, partie d&rsquo;un geste paysan imm\u00e9morial, rappelle que les grandes d\u00e9couvertes pharmaceutiques peuvent se cacher dans les plantes les plus communes et les plus m\u00e9pris\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>EUPHORBE PEPLUS pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Euphorbia%20peplus\">Plants of the World Online, Kew : <em>Euphorbia peplus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Euphorbia+peplus\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Euphorbia peplus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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