{"id":934,"date":"2026-03-26T11:31:56","date_gmt":"2026-03-26T10:31:56","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/euphorbe-verruqueuse\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"euphorbe-verruqueuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/euphorbe-verruqueuse\/","title":{"rendered":"EUPHORBE VERRUQUEUSE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Euphorbe%20verruqueuse.jpg\" alt=\"Planche botanique Euphorbe verruqueuse\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Euphorbe verruqueuse, <em>Euphorbia verrucosa<\/em> L., appartient \u00e0 la famille des <strong>Euphorbiaceae<\/strong>, genre <em>Euphorbia<\/em> L. Cette esp\u00e8ce se rattache au sous-genre <em>Esula<\/em>, section <em>Helioscopia<\/em>, regroupant les euphorbes herbac\u00e9es vivaces d&rsquo;Europe \u00e0 ombelle terminale et glandes nectarif\u00e8res arrondies ou elliptiques. Les noms vernaculaires incluent Euphorbe verruqueuse, Euphorbe \u00e0 verrues et, rarement, Herbe aux verrues. Sur le plan de la classification APG IV, les Euphorbiaceae appartiennent \u00e0 l&rsquo;ordre des Malpighiales. L&rsquo;esp\u00e8ce se distingue des autres euphorbes europ\u00e9ennes par la surface rugueuse-verruqueuse de ses capsules, caract\u00e8re \u00e0 l&rsquo;origine du nom sp\u00e9cifique. L&rsquo;aire de r\u00e9partition couvre l&rsquo;Europe centrale et m\u00e9ridionale, de la France \u00e0 la Turquie, avec une pr\u00e9f\u00e9rence marqu\u00e9e pour les pelouses s\u00e8ches, les lisi\u00e8res et les ourlets thermophiles sur substrats calcaires. La synonymie est r\u00e9duite et la d\u00e9limitation sp\u00e9cifique stable. <em>E. verrucosa<\/em> est morphologiquement proche d&rsquo;<em>E. flavicoma<\/em> DC. et d&rsquo;<em>E. brittingeri<\/em> Opiz ex Samp., dont la distinction repose sur des crit\u00e8res microscopiques (pubescence, ornementation de la capsule).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e, h\u00e9micryptophyte, haute de 20 \u00e0 60 cm, \u00e0 souche ligneuse \u00e9mettant plusieurs tiges dress\u00e9es, simples ou peu ramifi\u00e9es \u00e0 la base, pubescentes \u00e0 velues. Les feuilles sont alternes, sessiles, oblongues \u00e0 elliptiques, longues de 3 \u00e0 6 cm et larges de 1 \u00e0 2 cm, \u00e0 bord finement dent\u00e9 dans la moiti\u00e9 sup\u00e9rieure, mollement pubescentes sur les deux faces, d&rsquo;un vert tendre. L&rsquo;inflorescence est une ombelle terminale \u00e0 4-6 rayons, sous-tendue par des bract\u00e9es ombellaires ovales. Les bract\u00e9es florales (bract\u00e9oles) sont ovales-rhombo\u00efdes, jaun\u00e2tres, libres. Les cyathiums portent des glandes nectarif\u00e8res elliptiques, enti\u00e8res, jaune verd\u00e2tre. Le fruit est une capsule triloculaire de 3-4 mm de diam\u00e8tre, dens\u00e9ment couverte de verrucosit\u00e9s cylindriques courtes (papilles), caract\u00e8re diagnostique majeur. Les graines sont ovo\u00efdes, lisses, brun clair, munies d&rsquo;une caroncule conique. Le latex blanc est pr\u00e9sent dans tous les organes. La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet. L&rsquo;esp\u00e8ce habite les pelouses s\u00e8ches, prairies de fauche m\u00e9sophiles \u00e0 m\u00e9sox\u00e9rophiles, ourlets thermophiles et lisi\u00e8res sur substrats calcaires, entre 200 et 1600 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Euphorbia verrucosa<\/em> est une esp\u00e8ce m\u00e9sophile \u00e0 m\u00e9sox\u00e9rophile des pelouses calcaires, prairies de fauche, ourlets thermophiles et lisi\u00e8res foresti\u00e8res sur substrats calcaires ou basiques. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile \u00e0 h\u00e9mi-h\u00e9liophile et thermophile, pr\u00e9f\u00e9rant les expositions chaudes et les sols bien drain\u00e9s. Son aire de r\u00e9partition couvre l&rsquo;Europe centrale et m\u00e9ridionale, de la France \u00e0 la Turquie et au Caucase. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est pr\u00e9sente dans les deux tiers est du pays, les Alpes, le Jura, le Massif central et le Midi, absente ou rare dans l&rsquo;Ouest atlantique. L&rsquo;altitude varie de 200 \u00e0 1600 m. La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e par de petits insectes visitant les cyathiums pour leur nectar. La myrm\u00e9cochorie (dispersion par les fourmis attir\u00e9es par la caroncule) est le principal mode de diss\u00e9mination. L&rsquo;esp\u00e8ce est caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Mesobromion erecti<\/em> (prairies m\u00e9sophiles calcicoles).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Comme pour les autres euphorbes, le <strong>latex<\/strong> constitue la partie traditionnellement employ\u00e9e, exclusivement en usage externe comme caustique sur les verrues et les cors. Le nom vernaculaire \u00ab Euphorbe verruqueuse \u00bb \u2014 qui d\u00e9crit la surface de la capsule \u2014 a souvent \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 par la m\u00e9decine populaire comme un signe de la \u00ab signature \u00bb de la plante pour traiter les verrues, selon la doctrine des signatures. Les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> et la <strong>racine<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s ponctuellement mentionn\u00e9es dans des usages purgatifs traditionnels, mais ces usages sont dangereux et obsol\u00e8tes. L&rsquo;ensemble de la plante est toxique et ne doit pas \u00eatre utilis\u00e9 en phytoth\u00e9rapie sans encadrement.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Diterp\u00e8nes<\/h3>\n<p>Le latex contient des <strong>esters de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a><\/strong> de type tigliane et jatrophane caract\u00e9ristiques du genre. Des <strong>esters de phorbol<\/strong> et des <strong>jatrophanes<\/strong> sp\u00e9cifiques ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s de <em>E. verrucosa<\/em>, certains pr\u00e9sentant des activit\u00e9s biologiques notables (cytotoxicit\u00e9, modulation du transport membranaire). Les <strong>jatrophanes<\/strong> sont des diterp\u00e8nes macrocycliques \u00e9tudi\u00e9s pour leur capacit\u00e9 \u00e0 inhiber la P-glycoprot\u00e9ine, pompe d&rsquo;efflux impliqu\u00e9e dans la r\u00e9sistance multidrogue des cellules canc\u00e9reuses.<\/p>\n<h3>B. Triterp\u00e8nes<\/h3>\n<p>Le latex renferme des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> du type euphol, tirucallol et cycloartane, communs au genre. Ces compos\u00e9s pr\u00e9sentent des activit\u00e9s anti-inflammatoires et cytotoxiques document\u00e9es in vitro.<\/p>\n<h3>C. Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>), des <strong>tanins<\/strong> (ellagitanins et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide ellagique<\/strong>). Les tanins contribuent \u00e0 l&rsquo;astringence de la plante.<\/p>\n<h3>D. Caoutchouc et r\u00e9sines<\/h3>\n<p>Le latex contient du <strong>cis-polyisopr\u00e8ne<\/strong> (caoutchouc naturel) et des <strong>r\u00e9sines<\/strong> complexes, v\u00e9hicules des diterp\u00e8nes bioactifs.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les m\u00e9canismes pharmacologiques de <em>E. verrucosa<\/em> sont analogues \u00e0 ceux d\u00e9crits pour le genre <em>Euphorbia<\/em>. Les <strong>esters de phorbol<\/strong> activent la prot\u00e9ine kinase C (PKC), d\u00e9clenchant une r\u00e9ponse inflammatoire locale intense (causticit\u00e9 du latex). Les <strong>jatrophanes<\/strong> exercent une inhibition de la P-glycoprot\u00e9ine (P-gp), rendant potentiellement les cellules canc\u00e9reuses r\u00e9sistantes sensibles \u00e0 la chimioth\u00e9rapie conventionnelle \u2014 un m\u00e9canisme d&rsquo;int\u00e9r\u00eat majeur en oncologie (\u00ab chemosensibilisation \u00bb). Les <strong>triterp\u00e8nes<\/strong> exercent une activit\u00e9 anti-inflammatoire par modulation de la voie NF-\u03baB. Les <strong>tanins<\/strong> contribuent \u00e0 un effet astringent et antimicrobien local. L&rsquo;application topique du latex sur les verrues provoque une n\u00e9crose tissulaire locale par irritation chimique intense, m\u00e9canisme brut mais empiriquement efficace.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune \u00e9tude clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour <em>Euphorbia verrucosa<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e ni monographie r\u00e9glementaire. Les travaux de recherche sur les jatrophanes d&rsquo;<em>Euphorbia<\/em> spp. constituent un domaine actif en chimie des produits naturels, avec des publications sur l&rsquo;inhibition de la P-glycoprot\u00e9ine par des compos\u00e9s isol\u00e9s d&rsquo;esp\u00e8ces proches (<em>E. helioscopia<\/em>, <em>E. peplus<\/em>, <em>E. segetalis<\/em>). L&rsquo;extrapolation \u00e0 <em>E. verrucosa<\/em> est l\u00e9gitime sur le plan phytochimique mais ne constitue pas une validation clinique. L&rsquo;usage populaire du latex comme traitement des verrues, bien que r\u00e9pandu dans la tradition europ\u00e9enne pour le genre <em>Euphorbia<\/em> en g\u00e9n\u00e9ral, n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 dans un essai contr\u00f4l\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Esters de phorbol<\/strong><\/td>\n<td>Diterp\u00e8nes tigliane<\/td>\n<td>Caustique, activateur PKC<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Jatrophanes<\/strong><\/td>\n<td>Diterp\u00e8nes macrocycliques<\/td>\n<td>Inhibiteur P-glycoprot\u00e9ine<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Euphol<\/strong><\/td>\n<td>Triterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide ellagique<\/strong><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nol<\/a><\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Kaempf\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">Flavonol<\/a><\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>cis-Polyisopr\u00e8ne<\/strong><\/td>\n<td>Caoutchouc<\/td>\n<td>V\u00e9hicule du latex<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Esters de phorbol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Jatrophanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Jatrophanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Latex frais (usage externe uniquement) :<\/strong> application locale sur les verrues et cors, par touches ponctuelles avec protection de la peau saine environnante. Usage risqu\u00e9, non recommand\u00e9 sans supervision.<\/li>\n<li><strong>Aucune pr\u00e9paration gal\u00e9nique standardis\u00e9e<\/strong> n&rsquo;est disponible.<\/li>\n<li><strong>Aucune sp\u00e9cialit\u00e9 pharmaceutique<\/strong> ne contient cette esp\u00e8ce.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Tout usage interne est formellement contre-indiqu\u00e9 en raison de la toxicit\u00e9 des esters de diterp\u00e8nes.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><em>Euphorbia verrucosa<\/em> est une plante <strong>toxique<\/strong> par son latex, contenant des esters de phorbol irritants et des jatrophanes cytotoxiques. Le contact cutan\u00e9 avec le latex provoque un \u00e9ryth\u00e8me, des v\u00e9sicules et des br\u00fblures chimiques. Le contact oculaire entra\u00eene une k\u00e9rato-conjonctivite s\u00e9v\u00e8re. L&rsquo;ingestion provoque une stomatite, des vomissements, des douleurs abdominales et une diarrh\u00e9e profuse. Les esters de phorbol sont des promoteurs tumoraux dans les mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux de carcinogen\u00e8se (mod\u00e8le souris). L&rsquo;exposition chronique au latex d&rsquo;euphorbes est consid\u00e9r\u00e9e comme un facteur de risque pour certaines n\u00e9oplasies cutan\u00e9es dans les populations expos\u00e9es professionnellement. Les animaux de p\u00e2turage \u00e9vitent g\u00e9n\u00e9ralement l&rsquo;esp\u00e8ce. La manipulation au jardin ou en herborisation n\u00e9cessite des gants. Aucun cas d&rsquo;intoxication mortelle par <em>E. verrucosa<\/em> n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9, mais la prudence est indispensable.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Euphorbe verruqueuse partage l&rsquo;histoire m\u00e9dicinale g\u00e9n\u00e9rale du genre <em>Euphorbia<\/em> d\u00e9crite depuis Dioscoride et Pline. La surface verruqueuse de ses capsules a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e dans le cadre de la doctrine des signatures comme une indication pour le traitement des verrues cutan\u00e9es \u2014 lecture symbolique plus que pharmacologique mais ayant contribu\u00e9 \u00e0 populariser cet usage. En Europe centrale, le latex de cette esp\u00e8ce \u00e9tait appliqu\u00e9 sur les verrues avec un b\u00e2tonnet, en prenant soin de ne pas d\u00e9border sur la peau saine. En m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire populaire, le latex \u00e9tait utilis\u00e9 comme caut\u00e9risant pour les plaies du b\u00e9tail. Dans les campagnes fran\u00e7aises, les enfants \u00e9taient mis en garde contre le \u00ab lait des herbes \u00bb (latex blanc) qui \u00ab br\u00fblait la peau \u00bb. La plante n&rsquo;a jamais atteint le statut de drogue officinale, restant cantonn\u00e9e \u00e0 la m\u00e9decine populaire et au folklore botanique.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p><em>Euphorbia verrucosa<\/em> n&rsquo;est pas globalement menac\u00e9e et est class\u00e9e LC dans la plupart des \u00e9valuations. L&rsquo;esp\u00e8ce ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection r\u00e9glementaire en France ni en Europe. Elle peut toutefois \u00eatre rare dans les r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques de son aire (Nord-Ouest de la France, \u00eeles Britanniques absente). Les pelouses et prairies calcaires qui constituent son habitat principal sont en r\u00e9gression dans toute l&rsquo;Europe en raison de la d\u00e9prise pastorale, de l&rsquo;intensification agricole et de l&rsquo;urbanisation. Les mesures de gestion conservatoire des pelouses calcaires (fauche tardive, p\u00e2turage extensif) b\u00e9n\u00e9ficient indirectement \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce. La cueillette n&rsquo;est pas pratiqu\u00e9e commercialement et ne constitue pas une menace.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Euphorbe verruqueuse est une esp\u00e8ce toxique d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique principalement pour ses diterp\u00e8nes (esters de phorbol, jatrophanes) dont le potentiel en recherche anticanc\u00e9reuse est prometteur, notamment comme inhibiteurs de la P-glycoprot\u00e9ine pour surmonter la r\u00e9sistance multidrogue. La plante ne peut en aucun cas \u00eatre recommand\u00e9e en phytoth\u00e9rapie en raison de la causticit\u00e9 de son latex et de la toxicit\u00e9 de ses compos\u00e9s. Son usage populaire comme traitement des verrues par application de latex rel\u00e8ve d&rsquo;une pratique empirique non valid\u00e9e et risqu\u00e9e. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;esp\u00e8ce se situe \u00e0 l&rsquo;interface de la chimie des produits naturels et de la pharmacologie exp\u00e9rimentale, domaines dans lesquels le genre <em>Euphorbia<\/em> est une source majeure de mol\u00e9cules bioactives originales.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Vasas A., Hohmann J., 2014. <em>Euphorbia<\/em> diterpenes: isolation, structure, biological activity. <em>Chemical Reviews<\/em>, 114(17), 8579-8612.<\/li>\n<li>Corea G. et al., 2009. Jatrophane diterpenes as P-glycoprotein inhibitors from <em>Euphorbia<\/em> species. <em>Bioorganic &amp; Medicinal Chemistry<\/em>, 17, 7585-7592.<\/li>\n<li>Appendino G., 2016. Ingenane diterpenoids. <em>Progress in the Chemistry of Organic Natural Products<\/em>, 102, 1-90.<\/li>\n<li>Bruneton J., 2009. <em>Pharmacognosie<\/em>, 4e \u00e9d. Tec &amp; Doc Lavoisier.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Euphorbia verrucosa<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Euphorbia verrucosa<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Euphorbe verruqueuse, Euphorbia verrucosa L., appartient \u00e0 la famille des Euphorbiaceae, genre Euphorbia L. 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