{"id":939,"date":"2026-03-26T11:32:02","date_gmt":"2026-03-26T10:32:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/anthyllide-vulneraire\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"anthyllide-vulneraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/anthyllide-vulneraire\/","title":{"rendered":"ANTHYLLIDE VULN\u00c9RAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/anthyllide-vulneraire.png\" alt=\"Planche botanique Anthyllide vuln\u00e9raire\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire (<em>Anthyllis vulneraria<\/em> L.) est une plante vivace ou bisannuelle de la famille des Fabac\u00e9es (L\u00e9gumineuses), largement r\u00e9pandue dans les prairies s\u00e8ches, les pelouses et les rocailles de toute l&rsquo;Europe. Reconnaissable \u00e0 ses capitules de fleurs papilionac\u00e9es jaunes \u2014 parfois orang\u00e9es, rouges ou blanches selon les sous-esp\u00e8ces \u2014 envelopp\u00e9s dans un calice renfl\u00e9 et velu, elle constitue un \u00e9l\u00e9ment familier des paysages herbac\u00e9s ouverts. Son port trapu et ses feuilles compos\u00e9es penn\u00e9es, argent\u00e9es-soyeuses, la rendent ais\u00e9ment identifiable.<\/p>\n<p>Comme son nom l&rsquo;indique, l&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire est avant tout une plante cicatrisante. Son \u00e9pith\u00e8te <em>vulneraria<\/em>, du latin <em>vulnus<\/em> (blessure), t\u00e9moigne d&rsquo;un usage m\u00e9dical ancestral dans le traitement des plaies et des blessures. Plante fixatrice d&rsquo;azote gr\u00e2ce \u00e0 sa symbiose avec des bact\u00e9ries du genre <em>Rhizobium<\/em>, elle joue \u00e9galement un r\u00f4le \u00e9cologique majeur dans la restauration des sols d\u00e9grad\u00e9s et constitue une excellente plante fourrag\u00e8re et mellif\u00e8re. Sa polyvalence en fait une esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat autant pour le phytoth\u00e9rapeute que pour l&rsquo;agronome et l&rsquo;\u00e9cologue.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire porte le nom scientifique <em>Anthyllis vulneraria<\/em> L. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Fabaceae<\/strong> (Leguminosae), sous-famille des Faboideae, tribu des Loteae. Le genre <em>Anthyllis<\/em> comprend une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces, principalement m\u00e9diterran\u00e9ennes. Le nom <em>Anthyllis<\/em> vient du grec <em>anthos<\/em> (fleur) et <em>ioulos<\/em> (duvet), en r\u00e9f\u00e9rence au calice velu. L&rsquo;esp\u00e8ce est extr\u00eamement polymorphe et de nombreuses sous-esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites (subsp. <em>vulneraria<\/em>, subsp. <em>alpestris<\/em>, subsp. <em>maritima<\/em>, subsp. <em>polyphylla<\/em>, etc.).<\/p>\n<p>Les noms vernaculaires sont nombreux : \u00ab anthyllide vuln\u00e9raire \u00bb, \u00ab tr\u00e8fle des sables \u00bb, \u00ab th\u00e9 des Alpes \u00bb, \u00ab herbe \u00e0 la coupure \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab kidney vetch \u00bb en anglais (en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un usage r\u00e9nal) ; \u00ab Echter Wundklee \u00bb en allemand ; \u00ab vulneraria \u00bb en italien et en espagnol. La grande variabilit\u00e9 de l&rsquo;esp\u00e8ce a conduit certains auteurs \u00e0 reconna\u00eetre plus de 20 sous-esp\u00e8ces en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire est une plante vivace, bisannuelle ou parfois annuelle selon les conditions, de 10 \u00e0 40 cm de hauteur. Les tiges sont dress\u00e9es ou ascendantes, ramifi\u00e9es, plus ou moins pubescentes. Les feuilles sont compos\u00e9es, imparipenn\u00e9es, \u00e0 3-7 paires de folioles lat\u00e9rales in\u00e9gales et une foliole terminale plus grande ; les feuilles basales sont souvent \u00e0 foliole terminale unique, largement ovale. L&rsquo;ensemble est couvert d&rsquo;un duvet argent\u00e9-soyeux plus ou moins dense.<\/p>\n<p>Les fleurs, typiquement papilionac\u00e9es, sont group\u00e9es en capitules denses, terminaux ou axillaires, de 2 \u00e0 4 cm de diam\u00e8tre, sous-tendus par des bract\u00e9es digit\u00e9es. Le calice est renfl\u00e9, v\u00e9siculeux, persistant, couvert de poils soyeux, \u00e0 dents in\u00e9gales. La corolle est jaune dans la forme typique, mais peut \u00eatre orang\u00e9e, rouge, pourpre ou blanche selon les sous-esp\u00e8ces. L&rsquo;\u00e9tendard est dress\u00e9, les ailes et la car\u00e8ne plus courtes. Le fruit est une gousse petite, ind\u00e9hiscente, incluse dans le calice persistant, contenant une seule graine lenticulaire. La floraison a lieu de mai \u00e0 ao\u00fbt. La pollinisation est entomogame, principalement par les bourdons et les abeilles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire est une esp\u00e8ce eurasiatique largement r\u00e9pandue dans toute l&rsquo;Europe, de la Scandinavie \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, et de l&rsquo;Irlande \u00e0 la Turquie. Elle est \u00e9galement pr\u00e9sente en Afrique du Nord. En France, elle est commune dans toutes les r\u00e9gions, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 3 000 m d&rsquo;altitude dans les Alpes, avec diff\u00e9rentes sous-esp\u00e8ces selon l&rsquo;altitude et la g\u00e9ographie.<\/p>\n<p>Elle affectionne les pelouses s\u00e8ches, les prairies maigres, les coteaux calcaires, les dunes fix\u00e9es, les falaises maritimes, les rocailles, les bords de chemins et les talus. Elle se d\u00e9veloppe de pr\u00e9f\u00e9rence sur des sols calcaires, bien drain\u00e9s, pauvres en nutriments. C&rsquo;est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re, capable de coloniser des sols nus gr\u00e2ce \u00e0 sa symbiose avec <em>Rhizobium<\/em>. Elle est caract\u00e9ristique des pelouses du <em>Mesobromion erecti<\/em> en plaine et des pelouses du <em>Seslerion<\/em> en altitude. Sa capacit\u00e9 \u00e0 fixer l&rsquo;azote atmosph\u00e9rique en fait une esp\u00e8ce pr\u00e9cieuse pour la restauration \u00e9cologique des sols d\u00e9grad\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire est une plante de culture facile, particuli\u00e8rement adapt\u00e9e aux sols pauvres et calcaires. Le semis se fait au printemps ou en automne, directement en place, \u00e0 une profondeur de 1 cm. Les graines b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;une scarification l\u00e9g\u00e8re pour am\u00e9liorer la germination. La lev\u00e9e a lieu en 2 \u00e0 4 semaines. L&rsquo;inoculation avec <em>Rhizobium<\/em> sp\u00e9cifique n&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement pas n\u00e9cessaire car ces bact\u00e9ries sont naturellement pr\u00e9sentes dans la plupart des sols.<\/p>\n<p>Elle exige un sol bien drain\u00e9, calcaire \u00e0 neutre, pauvre (l&rsquo;exc\u00e8s de fertilisation la d\u00e9favorise au profit des gramin\u00e9es), en plein soleil. Elle tol\u00e8re parfaitement la s\u00e9cheresse estivale et les sols superficiels. Rustique jusqu&rsquo;\u00e0 \u221220 \u00b0C environ. Elle est utilis\u00e9e en m\u00e9lange dans les semis de prairies fleuries, les talus routiers, les toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es et les jach\u00e8res mellif\u00e8res. Sa fixation d&rsquo;azote enrichit le sol au b\u00e9n\u00e9fice des esp\u00e8ces compagnes. Elle constitue une plante nourrici\u00e8re essentielle pour plusieurs esp\u00e8ces de papillons, dont le rare Azur\u00e9 de l&rsquo;anthyllide (<em>Polyommatus dorylas<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire contient une gamme vari\u00e9e de compos\u00e9s actifs. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> constituent les compos\u00e9s majoritaires, avec des teneurs de 2 \u00e0 5 % dans les parties a\u00e9riennes. Les principales saponines sont des d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;<strong>acide m\u00e9dicag\u00e9nique<\/strong>, de l&rsquo;<strong>h\u00e9d\u00e9rag\u00e9nine<\/strong> et de l&rsquo;<strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> sont bien repr\u00e9sent\u00e9s : <strong>isoflavones<\/strong> (dont la <strong>g\u00e9nist\u00e9ine<\/strong> et la <strong>daidz\u00e9ine<\/strong>), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p>On trouve \u00e9galement des <strong>tanins<\/strong> condens\u00e9s (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> et des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong>. Les fleurs contiennent des pigments <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> et des <strong>anthocyanes<\/strong> (dans les formes rouges). La pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>isoflavones<\/strong> est notable car ces compos\u00e9s poss\u00e8dent une activit\u00e9 phyto-\u0153strog\u00e9nique. Les graines sont riches en <strong>prot\u00e9ines<\/strong> (20-25 %) et en <strong>lipides<\/strong>. La composition varie sensiblement selon la sous-esp\u00e8ce, l&rsquo;altitude et les conditions de croissance.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de l&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire sont multiples et reposent sur la synergie de ses compos\u00e9s. Les saponines triterp\u00e9niques conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>antimicrobiennes<\/strong> et <strong>cicatrisantes<\/strong>. Des \u00e9tudes in vitro ont montr\u00e9 que les extraits d&rsquo;anthyllide inhibent la croissance de <em>Staphylococcus aureus<\/em> et de <em>Streptococcus pyogenes<\/em>, validant partiellement l&rsquo;usage vuln\u00e9raire traditionnel.<\/p>\n<p>Les flavono\u00efdes, en particulier les isoflavones, poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong> et <strong>phyto-\u0153strog\u00e9niques<\/strong> mod\u00e9r\u00e9es. Les tanins renforcent l&rsquo;activit\u00e9 <strong>astringente<\/strong> et <strong>h\u00e9mostatique<\/strong>. Des \u00e9tudes exp\u00e9rimentales ont montr\u00e9 que les extraits acc\u00e9l\u00e8rent la cicatrisation cutan\u00e9e sur mod\u00e8les animaux, en stimulant la prolif\u00e9ration des fibroblastes et la synth\u00e8se de collag\u00e8ne. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>expectorante<\/strong> attribu\u00e9e traditionnellement est li\u00e9e aux saponines. L&rsquo;ensemble du profil pharmacologique confirme la pertinence de l&rsquo;usage vuln\u00e9raire ancestral.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage vuln\u00e9raire de l&rsquo;anthyllide est document\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride et Galien la recommandaient pour le traitement des plaies. Au Moyen \u00c2ge, elle figurait dans les jardins des simples des monast\u00e8res comme plante cicatrisante de premier plan. Les cataplasmes de fleurs et de feuilles fra\u00eeches \u00e9taient appliqu\u00e9s sur les coupures, les \u00e9raflures, les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res et les ulc\u00e8res cutan\u00e9s.<\/p>\n<p>En usage interne, l&rsquo;infusion de fleurs servait de <strong>d\u00e9puratif<\/strong> printanier, de rem\u00e8de contre la toux (propri\u00e9t\u00e9s expectorantes des saponines) et de tonique digestif. En Suisse et en Autriche, les fleurs s\u00e9ch\u00e9es \u00e9taient consomm\u00e9es en tisane sous le nom de \u00ab th\u00e9 des Alpes \u00bb ou \u00ab th\u00e9 de montagne \u00bb. La m\u00e9decine populaire lui attribuait aussi des vertus <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> et <strong>laxatives<\/strong> douces. En Provence, l&rsquo;eau de d\u00e9coction servait \u00e0 laver les plaies du b\u00e9tail. L&rsquo;usage le plus constant \u00e0 travers les si\u00e8cles et les r\u00e9gions reste celui de plante cicatrisante en application externe.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acide m\u00e9dicag\u00e9nique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>H\u00e9d\u00e9rag\u00e9nine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ol\u00e9anolique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isoflavones<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En usage interne, l&rsquo;infusion se pr\u00e9pare avec 2 \u00e0 4 g de sommit\u00e9s fleuries s\u00e8ches pour 250 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9es 10 minutes, \u00e0 boire 2 \u00e0 3 fois par jour. Cette tisane, agr\u00e9able et l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9e, peut \u00eatre consomm\u00e9e quotidiennement sans difficult\u00e9.<\/p>\n<p>En usage externe, les cataplasmes se pr\u00e9parent avec des fleurs et des feuilles fra\u00eeches broy\u00e9es, appliqu\u00e9es directement sur la peau l\u00e9s\u00e9e et maintenues par un bandage. La d\u00e9coction pour lavage de plaies se pr\u00e9pare \u00e0 50 g\/L, bouillie 10 minutes. Des onguents traditionnels incorporaient les fleurs broy\u00e9es dans du saindoux ou de la cire d&rsquo;abeille. En phytoth\u00e9rapie moderne, des cr\u00e8mes et des pommades \u00e0 base d&rsquo;extraits d&rsquo;anthyllide sont commercialis\u00e9es en Allemagne et en Suisse. La teinture-m\u00e8re (1:5 dans l&rsquo;alcool \u00e0 40\u00b0) se prend \u00e0 raison de 20 \u00e0 40 gouttes, 3 fois par jour.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire est consid\u00e9r\u00e9e comme une plante \u00e0 tr\u00e8s bonne tol\u00e9rance et ne pr\u00e9sente aucune toxicit\u00e9 connue aux doses usuelles. Les saponines, \u00e0 doses tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es, pourraient th\u00e9oriquement provoquer des irritations gastro-intestinales (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e), mais les concentrations pr\u00e9sentes dans les tisanes courantes sont bien en de\u00e7\u00e0 de ce seuil.<\/p>\n<p>Aucun effet ind\u00e9sirable grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale ou toxicologique. La plante est consomm\u00e9e comme fourrage par les herbivores sans dommage. Les isoflavones, \u00e0 activit\u00e9 phyto-\u0153strog\u00e9nique faible, ne posent pas de probl\u00e8me aux doses alimentaires. Par pr\u00e9caution, un usage prolong\u00e9 \u00e0 fortes doses est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et chez les personnes atteintes de cancers hormono-d\u00e9pendants, en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;isoflavones. L&rsquo;usage externe ne pr\u00e9sente aucun risque connu. Aucune allergie de contact n&rsquo;est document\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse cliniquement significative n&rsquo;est document\u00e9e pour l&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire. Par analogie avec d&rsquo;autres plantes contenant des saponines, une prise simultan\u00e9e avec des m\u00e9dicaments par voie orale pourrait th\u00e9oriquement modifier leur absorption, mais cet effet n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 sp\u00e9cifiquement.<\/p>\n<p>Les isoflavones (g\u00e9nist\u00e9ine, daidz\u00e9ine) pr\u00e9sentes pourraient th\u00e9oriquement interagir avec les <strong>traitements hormonaux<\/strong> (tamoxif\u00e8ne, inhibiteurs de l&rsquo;aromatase, contraceptifs oraux), mais les concentrations dans les tisanes d&rsquo;anthyllide sont tr\u00e8s faibles compar\u00e9es \u00e0 celles du soja ou du tr\u00e8fle rouge. Aucune pr\u00e9caution particuli\u00e8re n&rsquo;est requise en pratique courante. L&rsquo;association avec d&rsquo;autres plantes m\u00e9dicinales est possible sans restriction connue. Il est toutefois prudent de respecter l&rsquo;intervalle habituel de 2 heures entre la prise de toute tisane et celle de m\u00e9dicaments.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes scientifiques sur l&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire sont principalement phytochimiques et pharmacologiques. Des travaux in vitro ont confirm\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne des extraits de fleurs contre plusieurs souches bact\u00e9riennes pathog\u00e8nes. Des \u00e9tudes sur mod\u00e8les animaux (rats) ont d\u00e9montr\u00e9 une acc\u00e9l\u00e9ration significative de la cicatrisation cutan\u00e9e par les extraits d&rsquo;anthyllide, comparativement au t\u00e9moin.<\/p>\n<p>Des analyses phytochimiques ont caract\u00e9ris\u00e9 les profils en saponines et en flavono\u00efdes de diff\u00e9rentes sous-esp\u00e8ces, r\u00e9v\u00e9lant une variabilit\u00e9 chimique notable selon l&rsquo;origine g\u00e9ographique. Des \u00e9tudes \u00e9cologiques ont document\u00e9 l&rsquo;importance de l&rsquo;esp\u00e8ce pour la fixation d&rsquo;azote et la restauration des sols d\u00e9grad\u00e9s. En revanche, aucune \u00e9tude clinique randomis\u00e9e n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e chez l&rsquo;humain, ce qui constitue une lacune regrettable pour une plante d&rsquo;usage aussi ancien et r\u00e9pandu. Les perspectives de recherche portent sur la standardisation d&rsquo;extraits cicatrisants et sur l&rsquo;\u00e9valuation clinique de l&rsquo;efficacit\u00e9 vuln\u00e9raire.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire est inscrite sur la liste des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise (liste A). Elle figure \u00e9galement sur la liste des plantes autoris\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires en France. En Allemagne et en Suisse, elle est reconnue comme plante m\u00e9dicinale traditionnelle et entre dans la composition de pr\u00e9parations pharmaceutiques enregistr\u00e9es (cr\u00e8mes cicatrisantes, tisanes).<\/p>\n<p>Aucune monographie europ\u00e9enne n&rsquo;a encore \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce. La plante n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national en France, \u00e9tant commune et largement r\u00e9pandue. Cependant, certaines sous-esp\u00e8ces end\u00e9miques ou localis\u00e9es peuvent b\u00e9n\u00e9ficier de protections r\u00e9gionales. L&rsquo;utilisation en cosm\u00e9tique est libre et l&rsquo;anthyllide entre dans la composition de certains produits de soin cutan\u00e9 biologiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire est une plante m\u00e9dicinale d&rsquo;usage imm\u00e9morial en Europe. Son nom m\u00eame la d\u00e9finit comme \u00ab plante des blessures \u00bb. Dioscoride la d\u00e9crit dans sa <em>Materia Medica<\/em> au Ier si\u00e8cle comme cicatrisant externe. Le m\u00e9decin suisse Albrecht von Haller (XVIIIe si\u00e8cle) la pr\u00e9conisait en infusion comme \u00ab th\u00e9 suisse \u00bb. Elle figurait dans la Pharmacop\u00e9e de W\u00fcrtemberg et dans de nombreux formulaires de m\u00e9decine populaire alpine.<\/p>\n<p>En Angleterre, son nom vernaculaire \u00ab kidney vetch \u00bb (vesce du rein) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un ancien usage contre les affections r\u00e9nales. Dans les Alpes suisses et autrichiennes, le \u00ab Wundklee-Tee \u00bb (th\u00e9 de tr\u00e8fle des blessures) reste une tisane populaire. L&rsquo;anthyllide est aussi une plante tinctoriale, les fleurs donnant un colorant jaune. Dans le folklore, elle symbolisait la gu\u00e9rison et la protection. Aujourd&rsquo;hui, elle est valoris\u00e9e en agriculture durable et en restauration \u00e9cologique, illustrant la convergence entre savoirs traditionnels et \u00e9cologie moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire incarne la plante m\u00e9dicinale populaire par excellence : simple, efficace, s\u00fbre et polyvalente. Son usage vuln\u00e9raire mill\u00e9naire est soutenu par des donn\u00e9es pharmacologiques convaincantes (activit\u00e9 antimicrobienne, cicatrisante, anti-inflammatoire) qui m\u00e9riteraient d&rsquo;\u00eatre valid\u00e9es par des essais cliniques rigoureux. Sa richesse chimique, notamment en saponines et en isoflavones, lui ouvre des perspectives dans la cosm\u00e9tique et la dermatologie.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, son r\u00f4le \u00e9cologique majeur \u2014 fixation d&rsquo;azote, restauration des sols, ressource pour les pollinisateurs et les l\u00e9pidopt\u00e8res \u2014 en fait une esp\u00e8ce cl\u00e9 des programmes de renaturation et d&rsquo;agriculture durable. L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire illustre magistralement l&rsquo;interconnexion entre sant\u00e9 humaine et sant\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes, entre tradition phytoth\u00e9rapique et \u00e9cologie fonctionnelle. Elle m\u00e9rite amplement la place d&rsquo;honneur que lui r\u00e9servent les praticiens de la phytoth\u00e9rapie traditionnelle europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Anthyllis%20vulneraria\">Plants of the World Online, Kew : <em>Anthyllis vulneraria<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Anthyllis+vulneraria\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Anthyllis vulneraria<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;anthyllide vuln\u00e9raire (Anthyllis vulneraria L.) est une plante vivace ou bisannuelle de la famille des Fabac\u00e9es (L\u00e9gumineuses), largement r\u00e9pandue dans les prairies s\u00e8ches, les pelouses [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-939","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fabacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/939","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=939"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/939\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13704,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/939\/revisions\/13704"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=939"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=939"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=939"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}