{"id":948,"date":"2026-03-26T11:32:16","date_gmt":"2026-03-26T10:32:16","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lotier-cornicule\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"lotier-cornicule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lotier-cornicule\/","title":{"rendered":"LOTIER CORNICUL\u00c9"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Lotier%20cornicul%C3%A9.jpg\" alt=\"Planche botanique Lotier cornicul\u00e9\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Lotus corniculatus<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Fabaceae (Leguminosae) \u2014 sous-famille : Papilionoideae<\/p>\n<p>Plante vivace discr\u00e8te des prairies et des talus, le lotier cornicul\u00e9 est l&rsquo;une de ces esp\u00e8ces famili\u00e8res que l&rsquo;on croit conna\u00eetre et qui r\u00e9servent pourtant des surprises. Derri\u00e8re ses modestes fleurs jaune vif se cache une biochimie d&rsquo;une richesse inattendue : flavono\u00efdes, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a>, h\u00e9t\u00e9rosides cyanog\u00e9niques \u2014 un arsenal chimique qui fait de cette humble l\u00e9gumineuse un sujet d&rsquo;\u00e9tude pris\u00e9 des pharmacognosistes, des \u00e9cologues et des agronomes. Plante fourrag\u00e8re de premier plan, esp\u00e8ce pionni\u00e8re des sols ingrats, source de nectar pour les pollinisateurs, le lotier cornicul\u00e9 occupe une place bien plus importante dans les \u00e9cosyst\u00e8mes temp\u00e9r\u00e9s que sa taille modeste ne le laisse supposer.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le lotier cornicul\u00e9 appartient au genre <em>Lotus<\/em>, qui regroupe 100 \u00e0 150 esp\u00e8ces r\u00e9parties principalement dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et m\u00e9diterran\u00e9ennes de l&rsquo;Ancien Monde. Au sein de la grande famille des Fabac\u00e9es, il se rattache \u00e0 la sous-famille des Papiliono\u00efd\u00e9es, caract\u00e9ris\u00e9e par la corolle papilionac\u00e9e \u00e0 cinq p\u00e9tales diff\u00e9renci\u00e9s (\u00e9tendard, ailes et car\u00e8ne).<\/p>\n<p><strong>Classification compl\u00e8te :<\/strong> R\u00e8gne Plantae \u2014 Division Magnoliophyta \u2014 Classe Magnoliopsida \u2014 Ordre Fabales \u2014 Famille Fabaceae \u2014 Sous-famille Papilionoideae \u2014 Genre <em>Lotus<\/em> \u2014 Esp\u00e8ce <em>Lotus corniculatus<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Synonymes botaniques :<\/strong> <em>Lotus corniculatus<\/em> subsp. <em>corniculatus<\/em>, <em>Lotus arvensis<\/em> Schkuhr.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Lotier cornicul\u00e9, Lotier commun, Pied-de-poule, Cornette, Tr\u00e8fle cornu (impropre), Sabot-de-la-mari\u00e9e. En anglais : <em>bird&rsquo;s-foot trefoil<\/em>, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la disposition des gousses en patte d&rsquo;oiseau.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> Le nom de genre <em>Lotus<\/em> est emprunt\u00e9 au grec ancien <em>l\u014dtos<\/em>, terme g\u00e9n\u00e9rique utilis\u00e9 par Th\u00e9ophraste et Dioscoride pour d\u00e9signer diverses l\u00e9gumineuses et plantes fourrag\u00e8res. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>corniculatus<\/em>, du latin <em>corniculum<\/em> (petite corne), d\u00e9crit les gousses fines et dress\u00e9es qui, group\u00e9es au sommet du p\u00e9doncule, \u00e9voquent de minuscules cornes \u2014 ou, selon la tradition anglaise, les doigts \u00e9cart\u00e9s d&rsquo;une patte d&rsquo;oiseau.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>Port et appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>Le lotier cornicul\u00e9 est une plante herbac\u00e9e vivace de 10 \u00e0 40 cm de hauteur, au port dress\u00e9 \u00e0 \u00e9tal\u00e9, capable de former des tapis \u00e9tendus dans les prairies. La souche est ligneuse et persistante, \u00e9mettant chaque ann\u00e9e de nombreuses tiges ramifi\u00e9es d\u00e8s la base. Le syst\u00e8me racinaire est domin\u00e9 par une racine pivotante vigoureuse, compl\u00e9t\u00e9e par un r\u00e9seau de racines lat\u00e9rales portant les nodosit\u00e9s caract\u00e9ristiques des Fabac\u00e9es \u2014 petits renflements roses ou blancs abritant les bact\u00e9ries symbiotiques du genre <em>Rhizobium<\/em>, responsables de la fixation biologique de l&rsquo;azote atmosph\u00e9rique.<\/p>\n<p>Les tiges sont cylindriques, pleines, glabres ou faiblement pubescentes, d&rsquo;un vert clair qui peut se teinter de rouge \u00e0 la base sous l&rsquo;effet du froid ou de la s\u00e9cheresse. Elles sont souvent couch\u00e9es \u00e0 la base puis redress\u00e9es, ce qui conf\u00e8re \u00e0 la plante un port en coussin caract\u00e9ristique.<\/p>\n<h3>Feuilles<\/h3>\n<p>Les feuilles, alternes, pr\u00e9sentent une particularit\u00e9 morphologique remarquable. Elles paraissent trifoli\u00e9es au premier regard, mais elles poss\u00e8dent en r\u00e9alit\u00e9 cinq folioles : trois folioles terminales dispos\u00e9es en \u00e9ventail et deux folioles basales, souvent prises pour des stipules, qui sont en fait des stipules foliac\u00e9es fonctionnelles \u2014 une confusion fr\u00e9quente, y compris dans les flores anciennes. Les folioles sont elliptiques \u00e0 obovales, longues de 5 \u00e0 15 mm, \u00e0 bord entier, glabres, d&rsquo;un vert bleut\u00e9 caract\u00e9ristique sur la face inf\u00e9rieure.<\/p>\n<h3>Fleurs et inflorescence<\/h3>\n<p>Les fleurs, papilionac\u00e9es, sont group\u00e9es en ombelles de 2 \u00e0 7 au sommet de p\u00e9doncules axillaires longs et dress\u00e9s. Chaque fleur mesure 10 \u00e0 16 mm de long. La corolle est d&rsquo;un jaune vif \u00e9clatant, parfois lav\u00e9e d&rsquo;orang\u00e9 ou vein\u00e9e de rouge \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, surtout en bouton ou en fin de floraison. L&rsquo;\u00e9tendard est dress\u00e9, largement ovale ; les ailes sont \u00e9tal\u00e9es horizontalement ; la car\u00e8ne, recourb\u00e9e en bec, renferme les dix \u00e9tamines (neuf soud\u00e9es en tube et une libre) et le pistil. Le calice, \u00e0 cinq dents sub\u00e9gales, est glabre ou faiblement cili\u00e9.<\/p>\n<p>La floraison est longue, de mai \u00e0 septembre, ce qui fait du lotier une source de nectar particuli\u00e8rement pr\u00e9cieuse pour les pollinisateurs en plein \u00e9t\u00e9, p\u00e9riode o\u00f9 de nombreuses autres esp\u00e8ces ont cess\u00e9 de fleurir. La pollinisation est strictement entomophile, assur\u00e9e principalement par les abeilles domestiques (<em>Apis mellifera<\/em>) et les bourdons (<em>Bombus<\/em> spp.).<\/p>\n<h3>Fruits et graines<\/h3>\n<p>Le fruit est une gousse cylindrique, fine, droite, longue de 2 \u00e0 4 cm, qui s&rsquo;ouvre \u00e0 maturit\u00e9 par deux valves spiral\u00e9es projetant les graines \u00e0 distance. Les gousses sont port\u00e9es par groupes de 2 \u00e0 7 au sommet du p\u00e9doncule, dispos\u00e9es en \u00e9ventail divergent \u2014 silhouette \u00e9vocatrice qui a inspir\u00e9 le nom anglais de <em>bird&rsquo;s-foot trefoil<\/em>. Chaque gousse contient 10 \u00e0 30 graines brunes, lisses, r\u00e9niformes, de 1 \u00e0 1,5 mm de diam\u00e8tre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Le lotier cornicul\u00e9 est l&rsquo;une des l\u00e9gumineuses les plus largement r\u00e9pandues dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. Son aire naturelle couvre l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe (des plaines m\u00e9diterran\u00e9ennes aux alpages scandinaves), l&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e (Caucase, Sib\u00e9rie occidentale, Himalaya) et l&rsquo;Afrique du Nord. Il a \u00e9t\u00e9 introduit et naturalis\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Z\u00e9lande et en Am\u00e9rique du Sud, o\u00f9 il est cultiv\u00e9 comme plante fourrag\u00e8re.<\/p>\n<p>En France, c&rsquo;est une esp\u00e8ce tr\u00e8s commune, pr\u00e9sente dans toutes les r\u00e9gions, du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 2 400 m d&rsquo;altitude dans les Alpes et les Pyr\u00e9n\u00e9es. On le rencontre dans les prairies maigres, les pelouses calcicoles, les talus routiers, les dunes fix\u00e9es, les friches, les bords de chemins et les lisi\u00e8res foresti\u00e8res. Sa pr\u00e9f\u00e9rence va aux sols bien drain\u00e9s, pauvres en azote, neutres \u00e0 calcaires, mais sa plasticit\u00e9 \u00e9cologique est remarquable : il tol\u00e8re aussi bien les sols sableux que les argiles lourdes, r\u00e9siste au pi\u00e9tinement, \u00e0 la fauche r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et \u00e0 une s\u00e9cheresse estivale mod\u00e9r\u00e9e. Cette rusticit\u00e9 explique son r\u00f4le de plante pionni\u00e8re dans la recolonisation des sols d\u00e9grad\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>sommit\u00e9s fleuries<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9es en pleine floraison (juin-ao\u00fbt), constituent la drogue officinale. Elles sont s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre, \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e, pour pr\u00e9server les flavono\u00efdes et les compos\u00e9s volatils.<\/p>\n<p><strong>Infusion :<\/strong> 2 \u00e0 3 g de sommit\u00e9s fleuries s\u00e8ches dans 150 ml d&rsquo;eau fr\u00e9missante, couvert, pendant 10 \u00e0 15 minutes. Deux \u00e0 trois tasses par jour, dont une le soir.<\/p>\n<p><strong>Teinture m\u00e8re :<\/strong> pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de la plante fra\u00eeche en fleur, au titre de 1:5 dans l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 45\u00b0. Posologie usuelle : 30 \u00e0 50 gouttes, deux \u00e0 trois fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec :<\/strong> titr\u00e9 en flavono\u00efdes totaux, utilis\u00e9 en phytoth\u00e9rapie moderne dans certaines sp\u00e9cialit\u00e9s \u00e0 vis\u00e9e s\u00e9dative ou antispasmodique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition phytochimique du lotier cornicul\u00e9 a fait l&rsquo;objet de nombreuses \u00e9tudes, motiv\u00e9es autant par l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique de la plante que par son importance agronomique. Cinq classes de m\u00e9tabolites secondaires retiennent particuli\u00e8rement l&rsquo;attention.<\/p>\n<h3>Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Les parties a\u00e9riennes sont riches en flavono\u00efdes, principalement la <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, le kaempf\u00e9rol et la lut\u00e9oline, sous forme libre et glycosyl\u00e9e (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>, isoquercitrine, hyp\u00e9roside). Ces compos\u00e9s sont responsables de l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire de la plante. La teneur en flavono\u00efdes totaux varie de 0,5 \u00e0 2 % de la mati\u00e8re s\u00e8che selon l&rsquo;organe, le stade ph\u00e9nologique et les conditions \u00e9daphiques.<\/p>\n<h3>Tanins condens\u00e9s (proanthocyanidines)<\/h3>\n<p>La pr\u00e9sence de tanins condens\u00e9s constitue l&rsquo;un des traits phytochimiques les plus remarquables de <em>Lotus corniculatus<\/em>. Ces <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>, polym\u00e8res de cat\u00e9chine et d&rsquo;\u00e9picat\u00e9chine, sont pr\u00e9sentes \u00e0 des concentrations de 1 \u00e0 4 % de la mati\u00e8re s\u00e8che \u2014 nettement plus que chez le tr\u00e8fle blanc (<em>Trifolium repens<\/em>) ou la luzerne (<em>Medicago sativa<\/em>), qui en sont pratiquement d\u00e9pourvus. Cette particularit\u00e9 a des cons\u00e9quences agronomiques et pharmacologiques consid\u00e9rables, que nous d\u00e9taillerons plus loin.<\/p>\n<h3>H\u00e9t\u00e9rosides cyanog\u00e9niques<\/h3>\n<p>Le lotier cornicul\u00e9 contient deux h\u00e9t\u00e9rosides cyanog\u00e9niques : la linamarine et la lotaustraline (m\u00e9thyllinamarine). Sous l&rsquo;action d&rsquo;une b\u00eata-glucosidase lib\u00e9r\u00e9e lors de la rupture cellulaire (broyage, mastication, gel), ces compos\u00e9s sont hydrolys\u00e9s en lib\u00e9rant de l&rsquo;acide cyanhydrique (HCN). Le polymorphisme cyanog\u00e9nique du lotier \u2014 certaines populations sont fortement cyanog\u00e8nes, d&rsquo;autres pratiquement d\u00e9pourvues d&rsquo;HCN \u2014 constitue l&rsquo;un des exemples les mieux \u00e9tudi\u00e9s d&rsquo;adaptation \u00e9volutive en \u00e9cologie chimique. Les travaux pionniers de Daday (1954) puis de Jones (1966, 1972) ont montr\u00e9 que la fr\u00e9quence des g\u00e9notypes cyanog\u00e8nes augmente avec la temp\u00e9rature moyenne et diminue avec l&rsquo;altitude et la latitude, sugg\u00e9rant un compromis entre la d\u00e9fense contre les herbivores (favoris\u00e9e en climat chaud) et le co\u00fbt m\u00e9tabolique de la synth\u00e8se d&rsquo;HCN.<\/p>\n<h3>Acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les acides caf\u00e9ique et chlorog\u00e9nique sont les principaux repr\u00e9sentants de cette classe. Ils contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire et antioxydante globale de la plante.<\/p>\n<h3>Saponines triterp\u00e9niques<\/h3>\n<p>Des saponines de type triterp\u00e9nique ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans les parties a\u00e9riennes, quoique en concentrations plus faibles que chez d&rsquo;autres Fabac\u00e9es (luzerne, tr\u00e8fle). Leur r\u00f4le dans les propri\u00e9t\u00e9s expectorantes traditionnellement attribu\u00e9es au lotier est probable mais insuffisamment document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La pharmacologie du lotier cornicul\u00e9 reste un domaine insuffisamment explor\u00e9 par la recherche clinique, mais les donn\u00e9es ethnopharmacologiques et exp\u00e9rimentales disponibles dessinent un profil th\u00e9rapeutique coh\u00e9rent, domin\u00e9 par les activit\u00e9s s\u00e9dative, antispasmodique et antioxydante.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 s\u00e9dative et anxiolytique<\/h3>\n<p>C&rsquo;est la propri\u00e9t\u00e9 la plus anciennement reconnue du lotier cornicul\u00e9. Dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, la tisane de sommit\u00e9s fleuries est utilis\u00e9e comme calmant l\u00e9ger contre la nervosit\u00e9, l&rsquo;agitation, les troubles du sommeil et les palpitations cardiaques d&rsquo;origine nerveuse. Les herboristes fran\u00e7ais du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (Cazin, Fournier) le classaient parmi les \u00ab plantes du soir \u00bb, \u00e0 prendre en infusion avant le coucher.<\/p>\n<p>Le m\u00e9canisme pharmacologique sous-jacent n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lucid\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9finitive, mais les flavono\u00efdes de la plante \u2014 en particulier la lut\u00e9oline et la querc\u00e9tine \u2014 sont des candidats plausibles. Ces compos\u00e9s poss\u00e8dent une affinit\u00e9 document\u00e9e pour les r\u00e9cepteurs GABA<sub>A<\/sub> du syst\u00e8me nerveux central, o\u00f9 ils exercent une modulation allost\u00e9rique positive comparable, en beaucoup plus faible, \u00e0 celle des benzodiaz\u00e9pines. Des \u00e9tudes <em>in vivo<\/em> sur mod\u00e8les murins ont confirm\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 anxiolytique et s\u00e9dative d&rsquo;extraits de <em>Lotus corniculatus<\/em>, avec une r\u00e9duction significative de l&rsquo;activit\u00e9 locomotrice et une augmentation du temps de sommeil induit par le pentobarbital.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 antispasmodique<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel du lotier contre les crampes digestives, les coliques et les spasmes intestinaux est attest\u00e9 dans plusieurs traditions herboristes europ\u00e9ennes. Les flavono\u00efdes, et notamment la lut\u00e9oline, exercent un effet relaxant sur les fibres musculaires lisses du tractus gastro-intestinal, probablement par inhibition de la phosphodiest\u00e9rase et augmentation de l&rsquo;AMP cyclique intracellulaire. Cette activit\u00e9 antispasmodique, bien que mod\u00e9r\u00e9e compar\u00e9e \u00e0 celle de la camomille ou de la m\u00e9lisse, contribue au profil de plante \u00ab apaisante \u00bb du lotier.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante du lotier cornicul\u00e9 est la mieux document\u00e9e sur le plan exp\u00e9rimental. Elle r\u00e9sulte de la synergie entre les flavono\u00efdes (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol, lut\u00e9oline), les acides ph\u00e9noliques (acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>) et les tanins condens\u00e9s (proanthocyanidines). Les tests <em>in vitro<\/em> (DPPH, FRAP, ORAC) montrent une capacit\u00e9 de pi\u00e9geage des radicaux libres significative, comparable \u00e0 celle d&rsquo;autres plantes reconnues comme antioxydantes (romarin, thym). Les proanthocyanidines, en particulier, sont de puissants ch\u00e9lateurs de m\u00e9taux de transition et inhibiteurs de la peroxydation lipidique.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes du lotier inhibent plusieurs m\u00e9diateurs cl\u00e9s de la cascade inflammatoire : la cyclooxyg\u00e9nase-2 (COX-2), la lipoxyg\u00e9nase (LOX) et le facteur de transcription NF-\u03baB. La querc\u00e9tine, en particulier, est un inhibiteur bien caract\u00e9ris\u00e9 de la production de prostaglandines et de leucotri\u00e8nes. L&rsquo;acide caf\u00e9ique et l&rsquo;acide chlorog\u00e9nique compl\u00e8tent ce profil par leur action sur la voie de la 5-lipoxyg\u00e9nase. Ces propri\u00e9t\u00e9s justifient l&rsquo;usage externe traditionnel du lotier (cataplasmes de plante fra\u00eeche) contre les inflammations cutan\u00e9es mineures.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 astringente<\/h3>\n<p>Les tanins condens\u00e9s conf\u00e8rent au lotier des propri\u00e9t\u00e9s astringentes qui expliquent son usage populaire contre les diarrh\u00e9es l\u00e9g\u00e8res et les maux de gorge. En pr\u00e9cipitant les prot\u00e9ines des muqueuses, les proanthocyanidines forment un film protecteur qui r\u00e9duit la perm\u00e9abilit\u00e9 tissulaire et l&rsquo;exsudation. Cet effet est mod\u00e9r\u00e9 mais r\u00e9el, et distingue le lotier des autres l\u00e9gumineuses fourrag\u00e8res pauvres en tanins.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/h3>\n<p>Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> ont mis en \u00e9vidence une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne mod\u00e9r\u00e9e des extraits de lotier contre plusieurs souches de <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em> et <em>Bacillus subtilis<\/em>. Cette activit\u00e9 est principalement attribu\u00e9e aux proanthocyanidines et aux flavono\u00efdes, qui perturbent la perm\u00e9abilit\u00e9 membranaire des bact\u00e9ries. L&rsquo;activit\u00e9 antifongique, en revanche, est faible.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales \u2014 Notation<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif \/ Anxiolytique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 du lotier cornicul\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rosides cyanog\u00e9niques (linamarine et lotaustraline). Cependant, aux doses utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie (infusion de 2-3 g), la quantit\u00e9 d&rsquo;acide cyanhydrique lib\u00e9rable est tr\u00e8s faible et ne pr\u00e9sente pas de risque pour la sant\u00e9 humaine. Les intoxications rapport\u00e9es dans la litt\u00e9rature v\u00e9t\u00e9rinaire concernent exclusivement les ruminants ayant consomm\u00e9 de grandes quantit\u00e9s de lotier frais de vari\u00e9t\u00e9s fortement cyanog\u00e8nes, dans des conditions favorisant l&rsquo;hydrolyse rapide (gel suivi de d\u00e9gel, broyage).<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions :<\/strong> en l&rsquo;absence de donn\u00e9es suffisantes, l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement. L&rsquo;ingestion de grandes quantit\u00e9s de plante fra\u00eeche est \u00e0 \u00e9viter. Les formes s\u00e9ch\u00e9es et les infusions pr\u00e9sentent un profil de s\u00e9curit\u00e9 favorable, le s\u00e9chage r\u00e9duisant consid\u00e9rablement la teneur en h\u00e9t\u00e9rosides cyanog\u00e9niques par d\u00e9gradation enzymatique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat agronomique et v\u00e9t\u00e9rinaire<\/h3>\n<p>C&rsquo;est paradoxalement dans le domaine agronomique que le lotier cornicul\u00e9 a suscit\u00e9 le plus grand int\u00e9r\u00eat scientifique au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Cette l\u00e9gumineuse fourrag\u00e8re pr\u00e9sente en effet un ensemble de propri\u00e9t\u00e9s qui la distinguent avantageusement du tr\u00e8fle blanc et de la luzerne.<\/p>\n<h3>Fixation d&rsquo;azote et am\u00e9lioration des sols<\/h3>\n<p>Comme toutes les Fabac\u00e9es, le lotier fixe l&rsquo;azote atmosph\u00e9rique gr\u00e2ce \u00e0 sa symbiose avec les bact\u00e9ries <em>Mesorhizobium loti<\/em>. Cette capacit\u00e9, estim\u00e9e \u00e0 100-150 kg d&rsquo;azote par hectare et par an, en fait un alli\u00e9 pr\u00e9cieux pour la fertilit\u00e9 des sols pauvres, des jach\u00e8res et des prairies en cours de restauration \u00e9cologique.<\/p>\n<h3>Tanins condens\u00e9s et nutrition des ruminants<\/h3>\n<p>La pr\u00e9sence de tanins condens\u00e9s \u00e0 des concentrations de 1 \u00e0 4 % de la mati\u00e8re s\u00e8che conf\u00e8re au lotier des propri\u00e9t\u00e9s uniques dans l&rsquo;alimentation des ruminants. Ces tanins complexent les prot\u00e9ines fourrag\u00e8res dans le rumen, les prot\u00e9geant de la d\u00e9gradation microbienne et permettant leur absorption ult\u00e9rieure dans l&rsquo;intestin gr\u00eale. Ce m\u00e9canisme, appel\u00e9 <em>by-pass prot\u00e9ique<\/em>, am\u00e9liore l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;utilisation des prot\u00e9ines de 10 \u00e0 30 % par rapport aux l\u00e9gumineuses sans tanins.<\/p>\n<p>De surcro\u00eet, les tanins condens\u00e9s du lotier pr\u00e9viennent la m\u00e9t\u00e9orisation spumeuse (\u00ab bloat \u00bb) des ruminants, affection potentiellement mortelle provoqu\u00e9e par la consommation de l\u00e9gumineuses riches en prot\u00e9ines solubles (tr\u00e8fle, luzerne). Les prot\u00e9ines, en \u00e9tant complex\u00e9es par les tanins, ne forment plus la mousse stable qui pi\u00e8ge les gaz de fermentation dans le rumen.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 antiparasitaire<\/h3>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes, notamment celles de Niezen <em>et al.<\/em> (1998, 2002) en Nouvelle-Z\u00e9lande et de Hoste <em>et al.<\/em> (2006) en France, ont d\u00e9montr\u00e9 que les tanins condens\u00e9s du lotier exercent une activit\u00e9 antihelminthique significative contre les n\u00e9matodes gastro-intestinaux des ovins et des bovins (<em>Haemonchus contortus<\/em>, <em>Trichostrongylus colubriformis<\/em>, <em>Ostertagia circumcincta<\/em>). Cette propri\u00e9t\u00e9 ouvre des perspectives pour la r\u00e9duction de l&rsquo;usage des anthelminthiques de synth\u00e8se, face au probl\u00e8me croissant des r\u00e9sistances.<\/p>\n<h3>R\u00e9duction des \u00e9missions de m\u00e9thane<\/h3>\n<p>Des travaux r\u00e9cents ont montr\u00e9 que les tanins condens\u00e9s du lotier r\u00e9duisent les \u00e9missions de m\u00e9thane ent\u00e9rique des ruminants de 10 \u00e0 15 %, en inhibant partiellement la m\u00e9thanogen\u00e8se ruminale. Dans le contexte de la lutte contre le changement climatique, cette propri\u00e9t\u00e9 suscite un int\u00e9r\u00eat croissant pour l&rsquo;int\u00e9gration du lotier dans les prairies d&rsquo;\u00e9levage.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le lotier cornicul\u00e9 n&rsquo;a jamais occup\u00e9 une place de premier plan dans les grandes pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes, mais il figure dans de nombreuses traditions herboristes r\u00e9gionales, en particulier en France, en Allemagne et dans les \u00eeles Britanniques.<\/p>\n<p>En France, les sommit\u00e9s fleuries \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9es en \u00e9t\u00e9 et s\u00e9ch\u00e9es pour pr\u00e9parer des tisanes calmantes. Le m\u00e9decin-botaniste Fran\u00e7ois-Joseph Cazin, dans son <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em> (1858), mentionne le lotier parmi les \u00ab plantes nerveuses \u00bb de la flore fran\u00e7aise, pr\u00e9conisant l&rsquo;infusion des fleurs contre l&rsquo;insomnie et l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9. Paul-Victor Fournier, dans son <em>Dictionnaire des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em> (1947), confirme cet usage et note l&#8217;emploi du lotier comme antispasmodique l\u00e9ger dans les campagnes normandes et bretonnes.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire allemande, la plante est connue sous le nom de <em>Hornklee<\/em> et utilis\u00e9e en infusion contre les troubles digestifs nerveux et les palpitations. Dans les traditions herboristes britanniques, le <em>bird&rsquo;s-foot trefoil<\/em> est associ\u00e9 au sommeil et au calme \u2014 ce qui lui vaut le nom populaire de <em>sleep well<\/em> dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Angleterre.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage alimentaire est anecdotique : les jeunes feuilles peuvent \u00eatre consomm\u00e9es en salade, mais leur saveur est fade et l&rsquo;usage n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9pandu.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>Le lotier cornicul\u00e9 est une esp\u00e8ce cl\u00e9 des prairies temp\u00e9r\u00e9es, dont l&rsquo;importance \u00e9cologique d\u00e9passe largement sa biomasse.<\/p>\n<p><strong>Plante nectarif\u00e8re :<\/strong> sa floraison prolong\u00e9e (mai-septembre) en fait une source de nectar et de pollen de premier plan pour les abeilles, les bourdons et de nombreux autres hym\u00e9nopt\u00e8res. Le miel de lotier, rare \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat pur, est clair, doux et tr\u00e8s parfum\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Plante h\u00f4te :<\/strong> le lotier est la plante h\u00f4te larvaire de plusieurs l\u00e9pidopt\u00e8res, dont l&rsquo;Azur\u00e9 commun (<em>Polyommatus icarus<\/em>), l&rsquo;Azur\u00e9 du tr\u00e8fle (<em>Cupido argiades<\/em>) et plusieurs esp\u00e8ces de Zyg\u00e8nes (<em>Zygaena filipendulae<\/em>, <em>Z. trifolii<\/em>). La chenille de l&rsquo;Azur\u00e9 commun se nourrit exclusivement de Fabac\u00e9es, et le lotier cornicul\u00e9 constitue sa plante h\u00f4te privil\u00e9gi\u00e9e dans de nombreuses r\u00e9gions.<\/p>\n<p><strong>Esp\u00e8ce pionni\u00e8re :<\/strong> gr\u00e2ce \u00e0 sa capacit\u00e9 de fixation d&rsquo;azote, sa tol\u00e9rance aux sols pauvres et sa r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse, le lotier joue un r\u00f4le pionnier dans la recolonisation v\u00e9g\u00e9tale des talus, des carri\u00e8res, des remblais et des sols d\u00e9grad\u00e9s. Il est largement utilis\u00e9 dans les semis de restauration \u00e9cologique et le reverdissement des infrastructures routi\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Polymorphisme cyanog\u00e9nique :<\/strong> la variation g\u00e9n\u00e9tique de la capacit\u00e9 cyanog\u00e8ne entre les populations de lotier constitue un cas d&rsquo;\u00e9cole en \u00e9cologie \u00e9volutive. Les travaux de Jones (1966, 1972) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un gradient g\u00e9ographique : les populations de basse altitude et de climat doux sont majoritairement cyanog\u00e8nes (d\u00e9fense efficace contre les herbivores invert\u00e9br\u00e9s), tandis que les populations d&rsquo;altitude et de climat froid sont largement acyanog\u00e8nes (le gel provoquant une autolyse cellulaire qui lib\u00e9rerait l&rsquo;HCN et endommagerait la plante elle-m\u00eame). Ce polymorphisme, contr\u00f4l\u00e9 par deux loci ind\u00e9pendants (un pour la synth\u00e8se de l&rsquo;h\u00e9t\u00e9roside, un pour la b\u00eata-glucosidase), est devenu un mod\u00e8le classique de l&rsquo;\u00e9tude de la s\u00e9lection naturelle <em>in situ<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le lotier cornicul\u00e9 se pr\u00e9sente comme une plante m\u00e9dicinale mineure mais coh\u00e9rente, dont le profil pharmacologique \u2014 s\u00e9datif, antispasmodique, antioxydant, astringent \u2014 repose sur un socle phytochimique bien caract\u00e9ris\u00e9 (flavono\u00efdes, proanthocyanidines, acides ph\u00e9noliques). Son usage traditionnel comme \u00ab plante du calme et du soir \u00bb est pharmacologiquement plausible, m\u00eame si les donn\u00e9es cliniques humaines restent insuffisantes pour une validation formelle.<\/p>\n<p>C&rsquo;est cependant dans le domaine v\u00e9t\u00e9rinaire et agronomique que le lotier cornicul\u00e9 exprime son plein potentiel. L&rsquo;activit\u00e9 de ses tanins condens\u00e9s \u2014 protection des prot\u00e9ines fourrag\u00e8res, pr\u00e9vention de la m\u00e9t\u00e9orisation, r\u00e9duction du parasitisme gastro-intestinal, diminution des \u00e9missions de m\u00e9thane \u2014 en fait une plante d&rsquo;avenir pour les syst\u00e8mes d&rsquo;\u00e9levage herbager durables. Les recherches en cours sur la s\u00e9lection de vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 teneur optimale en proanthocyanidines t\u00e9moignent de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat croissant que lui porte la communaut\u00e9 scientifique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton, J. \u2014 <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Cazin, F.-J. \u2014 <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1858.<\/li>\n<li>Fournier, P.-V. \u2014 <em>Dictionnaire des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Omnibus, 1947.<\/li>\n<li>Tison, J.-M. &amp; de Foucault, B. \u2014 <em>Flora Gallica<\/em>, Biotope, 2014.<\/li>\n<li>Tutin, T.G. <em>et al.<\/em> \u2014 <em>Flora Europaea<\/em>, Cambridge University Press.<\/li>\n<li>Jones, D.A. \u2014 \u00ab Cyanogenic glycosides and their function \u00bb, <em>Phytochemistry<\/em>, 1972.<\/li>\n<li>Daday, H. \u2014 \u00ab Gene frequencies in wild populations of <em>Trifolium repens<\/em> and <em>Lotus corniculatus<\/em> \u00bb, <em>Heredity<\/em>, 8, 1954.<\/li>\n<li>Niezen, J.H. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab The effect of feeding sulla or lucerne on lamb parasite burdens and immunity to gastrointestinal nematodes \u00bb, <em>Veterinary Parasitology<\/em>, 1998.<\/li>\n<li>Hoste, H. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab The effects of tannin-rich plants on parasitic nematodes in ruminants \u00bb, <em>Trends in Parasitology<\/em>, 22(6), 2006.<\/li>\n<li>Ram\u00edrez-Restrepo, C.A. &amp; Barry, T.N. \u2014 \u00ab Alternative temperate forages containing secondary compounds for improving sustainable productivity in grazing ruminants \u00bb, <em>Animal Feed Science and Technology<\/em>, 120, 2005.<\/li>\n<li>European Scientific Cooperative on Phytotherapy (ESCOP) \u2014 <em>Monographs<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lotus corniculatus L. 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