{"id":9509,"date":"2026-04-25T20:40:02","date_gmt":"2026-04-25T18:40:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/eleutherocoque\/"},"modified":"2026-06-24T16:43:23","modified_gmt":"2026-06-24T14:43:23","slug":"eleutherocoque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/eleutherocoque\/","title":{"rendered":"\u00c9LEUTH\u00c9ROCOQUE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/%C3%89leuth%C3%A9rocoque.jpg\" alt=\"Planche botanique \u00c9LEUTH\u00c9ROCOQUE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>L&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque, <em>Eleutherococcus senticosus<\/em> (Rupr. &amp; Maxim.) Maxim., est un arbuste \u00e9pineux des for\u00eats sib\u00e9riennes qui a acquis ses lettres de noblesse scientifique gr\u00e2ce aux travaux du pharmacologue russe Israel Brekhman dans les ann\u00e9es 1960. Longtemps commercialis\u00e9 sous le nom abusif de \u00ab ginseng sib\u00e9rien \u00bb, il constitue, avec <em>Panax ginseng<\/em> et <em>Rhodiola rosea<\/em>, l&rsquo;un des trois piliers du concept d&rsquo;adaptog\u00e9nie d\u00e9fini par Lazarev et Brekhman. Ses principes actifs, les \u00e9leuth\u00e9rosides, sont chimiquement distincts des gins\u00e9nosides et conf\u00e8rent \u00e0 la plante un profil pharmacologique qui lui est propre.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour <em>E. senticosus<\/em> a \u00e9t\u00e9 stimul\u00e9 par son utilisation massive en Union sovi\u00e9tique, o\u00f9 il \u00e9tait administr\u00e9 aux athl\u00e8tes olympiques, aux cosmonautes, aux travailleurs expos\u00e9s \u00e0 des environnements extr\u00eames et aux populations vivant en zones de contamination radioactive apr\u00e8s la catastrophe de Tchernobyl. Plus de 3 000 publications scientifiques, majoritairement en langue russe, documentent ses propri\u00e9t\u00e9s. Les \u00e9tudes occidentales, moins nombreuses mais de meilleure qualit\u00e9 m\u00e9thodologique, confirment plusieurs des propri\u00e9t\u00e9s adaptog\u00e8nes revendiqu\u00e9es, tout en appelant \u00e0 des essais cliniques de plus grande envergure.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Eleutherococcus senticosus<\/em> (Rupr. &amp; Maxim.) Maxim. appartient \u00e0 la famille des <strong>Araliaceae<\/strong>, ordre des Apiales, clade des Ast\u00e9rid\u00e9es (APG IV). Le genre <em>Eleutherococcus<\/em> Maxim. comprend environ 38 esp\u00e8ces r\u00e9parties principalement en Asie orientale. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 initialement d\u00e9crite par Ruprecht et Maximowicz sous le bin\u00f4me <em>Acanthopanax senticosus<\/em> (Rupr. &amp; Maxim.) Harms, synonyme encore fr\u00e9quemment rencontr\u00e9 dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Les analyses phylog\u00e9n\u00e9tiques mol\u00e9culaires (marqueurs ITS, <em>trnL-trnF<\/em>) ont clarifi\u00e9 les relations au sein du genre et confirm\u00e9 la distinction nette entre <em>Eleutherococcus<\/em> et <em>Panax<\/em>, bien que les deux genres appartiennent \u00e0 la m\u00eame famille. L&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque est plus proche phylog\u00e9n\u00e9tiquement d&rsquo;<em>Eleutherococcus sessiliflorus<\/em> (wu jia pi) et d&rsquo;<em>Eleutherococcus gracilistylus<\/em>, esp\u00e8ces \u00e9galement utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle chinoise.<\/p>\n<p>Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Eleutherococcus<\/em> provient du grec <em>eleutheros<\/em> (libre) et <em>kokkos<\/em> (graine), en r\u00e9f\u00e9rence aux carpelles libres du fruit. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>senticosus<\/em>, du latin <em>sentis<\/em> (\u00e9pine), d\u00e9crit l&rsquo;abondante spinescence de la plante. Les noms vernaculaires incluent : \u00e9leuth\u00e9rocoque, ginseng sib\u00e9rien (appellation d\u00e9sormais interdite dans l&rsquo;UE), <em>c\u00ec w\u01d4 ji\u0101<\/em> (\u523a\u4e94\u52a0, \u00ab acanthopanax \u00e9pineux \u00bb) en chinois, <em>shigoka<\/em> en japonais, et <em>\u0447\u0435\u0440\u0442\u043e\u0432 \u043a\u0443\u0441\u0442<\/em> (<em>tchertov koust<\/em>, \u00ab buisson du diable \u00bb) en russe.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port g\u00e9n\u00e9ral<\/h3>\n<p><em>Eleutherococcus senticosus<\/em> est un arbuste dress\u00e9, tr\u00e8s ramifi\u00e9, atteignant 2 \u00e0 6 m de hauteur. Les tiges sont ligneuses, gr\u00eales, flexueuses, dens\u00e9ment couvertes d&rsquo;aiguillons fins et cassants orient\u00e9s vers le bas. Le port est buissonnant, formant des fourr\u00e9s denses dans le sous-bois. L&rsquo;\u00e9corce des rameaux \u00e2g\u00e9s est gris-brun, finement stri\u00e9e longitudinalement.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me racinaire est constitu\u00e9 d&rsquo;un rhizome ligneux, cylindrique, ramifi\u00e9, horizontal \u00e0 oblique, de 2 \u00e0 4 cm de diam\u00e8tre, pouvant s&rsquo;\u00e9tendre sur plus d&rsquo;un m\u00e8tre. L&rsquo;\u00e9corce du rhizome est brun clair \u00e0 gris\u00e2tre, l&rsquo;int\u00e9rieur blanch\u00e2tre \u00e0 jaun\u00e2tre, avec une odeur l\u00e9g\u00e8rement aromatique. C&rsquo;est l&rsquo;organe officinal principal.<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, compos\u00e9es palm\u00e9es, port\u00e9es par un p\u00e9tiole de 5 \u00e0 12 cm, \u00e9pineux ou non. Les folioles, au nombre de 5 (rarement 3), sont elliptiques \u00e0 obovales, de 5 \u00e0 13 cm de longueur et de 3 \u00e0 7 cm de largeur, \u00e0 marge finement et doublement dent\u00e9e. La face sup\u00e9rieure est d&rsquo;un vert sombre, glabre ou \u00e0 pilosit\u00e9 \u00e9parse sur les nervures ; la face inf\u00e9rieure est plus p\u00e2le, \u00e0 pilosit\u00e9 variable. La nervation est penn\u00e9e.<\/p>\n<p>Les tiges portent des aiguillons (et non des \u00e9pines au sens morphologique strict), fins, cassants, de 3 \u00e0 8 mm, souvent tr\u00e8s denses sur les jeunes rameaux, s&rsquo;espa\u00e7ant avec l&rsquo;\u00e2ge. Ces aiguillons sont des \u00e9mergences \u00e9pidermiques, non vascularis\u00e9es.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les inflorescences sont des ombelles compos\u00e9es terminales, globuleuses, de 2 \u00e0 5 cm de diam\u00e8tre, port\u00e9es par des p\u00e9doncules de 5 \u00e0 10 cm. La plante est polygame (fleurs hermaphrodites et unisexu\u00e9es m\u00e2les sur le m\u00eame individu). Les fleurs sont petites (3-4 mm), pentam\u00e8res, \u00e0 p\u00e9tales jaun\u00e2tres (fleurs hermaphrodites) ou violac\u00e9s (fleurs m\u00e2les). Le calice est r\u00e9duit \u00e0 un rebord dent\u00e9. Les \u00e9tamines sont au nombre de 5, alternip\u00e9tales. L&rsquo;ovaire est inf\u00e8re, \u00e0 5 carpelles soud\u00e9s, surmont\u00e9 de 5 styles libres.<\/p>\n<p>Le fruit est une drupe subglobuleuse, de 7 \u00e0 10 mm de diam\u00e8tre, noire \u00e0 maturit\u00e9, contenant 5 noyaux aplatis. Les fruits sont group\u00e9s en ombelles denses et persistent sur la plante apr\u00e8s la chute des feuilles. La diss\u00e9mination est assur\u00e9e par les oiseaux (ornithochorie).<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Le d\u00e9bourrement intervient en mai dans les conditions sib\u00e9riennes. La floraison se produit de juin \u00e0 juillet, les fruits m\u00fbrissant de septembre \u00e0 octobre. La chute des feuilles a lieu en octobre-novembre. L&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9sente une remarquable r\u00e9sistance au froid, supportant des temp\u00e9ratures inf\u00e9rieures \u00e0 -40 \u00b0C en dormance hivernale.<\/p>\n<h3>E. Habitat naturel<\/h3>\n<p><em>E. senticosus<\/em> est une esp\u00e8ce des for\u00eats mixtes temp\u00e9r\u00e9es \u00e0 bor\u00e9ales, pr\u00e9sente du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 800 m d&rsquo;altitude. Son habitat de pr\u00e9dilection est le sous-bois des for\u00eats de feuillus mixtes et des for\u00eats de conif\u00e8res ouvertes, sur des sols humif\u00e8res, profonds, mod\u00e9r\u00e9ment humides. La plante tol\u00e8re un ombrage partiel \u00e0 mod\u00e9r\u00e9 et pr\u00e9f\u00e8re les expositions nord ou les fonds de vall\u00e9es humides. Elle affectionne les sols bien drain\u00e9s, l\u00e9g\u00e8rement acides \u00e0 neutres.<\/p>\n<h3>F. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire de r\u00e9partition naturelle est vaste, couvrant la Sib\u00e9rie orientale (du lac Ba\u00efkal \u00e0 la c\u00f4te Pacifique), le nord-est de la Chine (Heilongjiang, Jilin, Liaoning), la p\u00e9ninsule cor\u00e9enne, le nord du Japon (Hokkaid\u014d) et l&rsquo;\u00eele de Sakhaline. L&rsquo;esp\u00e8ce est localement abondante dans la ta\u00efga mixte de Primori\u00e9 et de la province du Heilongjiang, o\u00f9 elle forme des peuplements denses dans les clairi\u00e8res et les lisi\u00e8res foresti\u00e8res. Les populations sauvages ne sont pas menac\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle globale, l&rsquo;esp\u00e8ce b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une large r\u00e9partition et d&rsquo;une bonne capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<h3>G. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Dans la ta\u00efga mixte de Primori\u00e9, <em>E. senticosus<\/em> cohabite avec <em>Abies nephrolepis<\/em>, <em>Picea ajanensis<\/em>, <em>Betula platyphylla<\/em>, <em>Tilia amurensis<\/em>, <em>Acer ukurunduense<\/em> et <em>Quercus mongolica<\/em>. Le sous-bois associ\u00e9 comprend <em>Sorbaria sorbifolia<\/em>, <em>Ribes mandshuricum<\/em>, <em>Actinidia kolomikta<\/em> et <em>Schisandra chinensis<\/em>, cette derni\u00e8re \u00e9tant elle-m\u00eame une plante adaptog\u00e8ne majeure. L&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque s&rsquo;inscrit dans les stades dynamiques de la succession foresti\u00e8re, tol\u00e9rant une certaine perturbation du couvert.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue officinale est constitu\u00e9e par le <strong>rhizome et les racines<\/strong> (<em>Eleutherococci radix<\/em>), inscrits \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (monographie 01\/2017:1419). La r\u00e9colte s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;automne (octobre-novembre), sur des plantes \u00e2g\u00e9es de plus de 5 ans. Les rhizomes sont nettoy\u00e9s, d\u00e9coup\u00e9s en tron\u00e7ons de 3 \u00e0 5 cm et s\u00e9ch\u00e9s \u00e0 l&rsquo;air ou \u00e0 basse temp\u00e9rature (40-50 \u00b0C).<\/p>\n<p>Les <strong>feuilles<\/strong> sont \u00e9galement utilis\u00e9es dans certaines traditions, notamment en m\u00e9decine populaire chinoise et cor\u00e9enne. Elles contiennent des \u00e9leuth\u00e9rosides (principalement l&rsquo;\u00e9leuth\u00e9roside B) et des flavono\u00efdes, mais ne font pas l&rsquo;objet d&rsquo;une monographie officinale en Europe.<\/p>\n<p>Les <strong>fruits<\/strong>, riches en polysaccharides et en acides ph\u00e9noliques, font l&rsquo;objet de recherches r\u00e9centes mais ne sont pas couramment utilis\u00e9s en th\u00e9rapeutique occidentale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie d&rsquo;<em>E. senticosus<\/em> est complexe et fondamentalement diff\u00e9rente de celle de <em>Panax ginseng<\/em>. Les \u00e9leuth\u00e9rosides, initialement d\u00e9crits par Brekhman et Dardymov, constituent un groupe h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de compos\u00e9s de structures chimiques vari\u00e9es, d\u00e9sign\u00e9s par les lettres A \u00e0 M.<\/p>\n<p><strong>\u00c9leuth\u00e9roside B<\/strong> \u2014 Il s&rsquo;agit de la <strong>syringine<\/strong> (4-m\u00e9thoxyglucosyloxycinnamald\u00e9hyde), un glucoside ph\u00e9nylpropano\u00efde. C&rsquo;est le marqueur phytochimique principal de la drogue, dos\u00e9 par HPLC-UV pour le contr\u00f4le qualit\u00e9. Sa teneur dans le rhizome sec est de 0,05 \u00e0 0,3 %.<\/p>\n<p><strong>\u00c9leuth\u00e9roside E<\/strong> \u2014 C&rsquo;est un diglucoside du <strong>syringar\u00e9sinol<\/strong>, un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignane<\/a>. Sa teneur est de 0,03 \u00e0 0,2 %. Les \u00e9leuth\u00e9rosides B et E sont les deux principaux marqueurs utilis\u00e9s pour la standardisation.<\/p>\n<p><strong>\u00c9leuth\u00e9roside A<\/strong> \u2014 Le <strong>daucost\u00e9rol<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>-3-O-glucoside), un st\u00e9rol glycosyl\u00e9.<\/p>\n<p><strong>\u00c9leuth\u00e9rosides C et D<\/strong> \u2014 D\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;<strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a> de type ol\u00e9anane.<\/p>\n<p><strong>\u00c9leuth\u00e9roside B1<\/strong> \u2014 L&rsquo;<strong>isofraxidine<\/strong>, une <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarine<\/a>.<\/p>\n<p>Parmi les autres m\u00e9tabolites d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, on trouve : les <strong>polysaccharides<\/strong> (\u00e9leutherans A-G), de masse mol\u00e9culaire 10 \u00e0 100 kDa, dot\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s immunostimulantes ; des <strong>lignanes<\/strong> suppl\u00e9mentaires (s\u00e9samiine, syringar\u00e9sinol-di-O-glucoside) ; des <strong>coumarines<\/strong> (isofraxidine) ; des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> libres ; et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique).<\/p>\n<p>La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne exige une teneur minimale de <strong>0,08 %<\/strong> en \u00e9leuth\u00e9rosides B et E combin\u00e9s (drogue s\u00e8che). Le contr\u00f4le qualit\u00e9 est r\u00e9alis\u00e9 par HPLC-UV (d\u00e9tection \u00e0 265 nm pour l&rsquo;\u00e9leuth\u00e9roside B et 280 nm pour l&rsquo;\u00e9leuth\u00e9roside E).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les m\u00e9canismes d&rsquo;action de <em>E. senticosus<\/em> s&rsquo;inscrivent dans le cadre conceptuel de l&rsquo;adaptog\u00e9nie, d\u00e9finie comme la capacit\u00e9 de normaliser les fonctions physiologiques perturb\u00e9es par le stress, ind\u00e9pendamment de la direction de la perturbation.<\/p>\n<p><strong>Modulation de l&rsquo;axe du stress (HHS)<\/strong> \u2014 L&rsquo;<strong>\u00e9leuth\u00e9roside E<\/strong> r\u00e9gule l&rsquo;expression de la prot\u00e9ine de choc thermique Hsp70 et inhibe la phosphorylation de JNK (c-Jun N-terminal kinase), r\u00e9duisant l&rsquo;activation de la voie du stress cellulaire. Les extraits d&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque normalisent les taux plasmatiques de corticost\u00e9rone chez le rat soumis \u00e0 un stress chronique de contention, sans supprimer la r\u00e9ponse aigu\u00eb au stress, conform\u00e9ment au concept d&rsquo;adaptog\u00e9nie.<\/p>\n<p><strong>Effets sur le syst\u00e8me nerveux central<\/strong> \u2014 La <strong>syringine<\/strong> (\u00e9leuth\u00e9roside B) exerce un effet neuroprotecteur via l&rsquo;inhibition de l&rsquo;apoptose neuronale m\u00e9di\u00e9e par la voie mitochondriale (augmentation du ratio Bcl-2\/Bax, inhibition de la lib\u00e9ration du cytochrome c). Elle module le m\u00e9tabolisme des monoamines, augmentant les taux de dopamine et de noradr\u00e9naline dans le cortex pr\u00e9frontal chez l&rsquo;animal, ce qui pourrait expliquer les effets sur la vigilance et la performance cognitive.<\/p>\n<p><strong>Immunomodulation<\/strong> \u2014 Les <strong>polysaccharides<\/strong> (\u00e9leutherans) stimulent la prolif\u00e9ration des lymphocytes B et la production d&rsquo;immunoglobulines. Ils activent les cellules NK (Natural Killer) via l&rsquo;augmentation de l&rsquo;expression de NKG2D et la production d&rsquo;interf\u00e9ron-\u03b3. Parall\u00e8lement, les lignanes exercent un effet anti-inflammatoire en inhibant la translocation nucl\u00e9aire de NF-\u03baB et en r\u00e9duisant la production de TNF-\u03b1, d&rsquo;IL-6 et de prostaglandine E2.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> \u2014 L&rsquo;<strong>isofraxidine<\/strong> (\u00e9leuth\u00e9roside B1) active la voie Nrf2\/ARE, induisant l&rsquo;expression de la superoxyde dismutase (SOD), de la glutathion peroxydase (GPx) et de l&rsquo;h\u00e8me oxyg\u00e9nase-1 (HO-1). Les acides ph\u00e9noliques et les lignanes contribuent au pi\u00e9geage direct des radicaux libres.<\/p>\n<p><strong>Performance physique<\/strong> \u2014 L&rsquo;augmentation de la capacit\u00e9 d&rsquo;endurance observ\u00e9e chez l&rsquo;animal est attribu\u00e9e \u00e0 une optimisation du m\u00e9tabolisme \u00e9nerg\u00e9tique : augmentation de l&rsquo;oxydation des acides gras via l&rsquo;activation de l&rsquo;AMPK, \u00e9pargne glycog\u00e9nique et am\u00e9lioration de l&rsquo;utilisation de l&rsquo;oxyg\u00e8ne. La syringine augmente l&rsquo;expression du transporteur de glucose GLUT4 dans le muscle squelettique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Fatigue et qualit\u00e9 de vie<\/strong> \u2014 Un essai randomis\u00e9 en double aveugle (Cicero et al., 2004, <em>Arch Gerontol Geriatr<\/em>) conduit chez 96 sujets \u00e2g\u00e9s a montr\u00e9 qu&rsquo;un extrait standardis\u00e9 (300 mg\/jour, 8 semaines) am\u00e9liorait significativement les scores de qualit\u00e9 de vie sociale et de bien-\u00eatre mental, sans effet significatif sur la fatigue physique mesur\u00e9e objectivement.<\/p>\n<p><strong>Performance sportive<\/strong> \u2014 Les donn\u00e9es sont contradictoires. L&rsquo;\u00e9tude de Dowling et al. (1996, <em>Int J Sport Nutr<\/em>), conduite chez 20 coureurs de fond avec un extrait standardis\u00e9 (3,4 mL\/jour, 6 semaines), n&rsquo;a pas montr\u00e9 d&rsquo;am\u00e9lioration significative de la VO2max ni de l&rsquo;endurance. En revanche, Kuo et al. (2010, <em>Chin J Physiol<\/em>) ont rapport\u00e9 une augmentation de 13 % du temps jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement chez 9 cyclistes recevant 800 mg\/jour d&rsquo;extrait pendant 8 semaines.<\/p>\n<p><strong>Immunit\u00e9 et infections respiratoires<\/strong> \u2014 Shadrin et al. (1986, rapport sovi\u00e9tique traduit) ont rapport\u00e9 une r\u00e9duction de 35 % de l&rsquo;incidence des infections respiratoires chez 13 000 travailleurs d&rsquo;usine automobile recevant un extrait d&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque pendant la saison hivernale. Bien que ces donn\u00e9es soient impressionnantes par leur \u00e9chelle, la m\u00e9thodologie (absence de double aveugle) limite leur port\u00e9e. Un essai plus r\u00e9cent (Glatthaar-Saalm\u00fcller et al., 2001, <em>Antiviral Research<\/em>) a confirm\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 antivirale <em>in vitro<\/em> de l&rsquo;extrait contre les virus influenza A et le rhinovirus.<\/p>\n<p><strong>Fatigue li\u00e9e au cancer<\/strong> \u2014 Un essai pilote de Hartz et al. (2004, <em>J Altern Complement Med<\/em>) chez 36 patients atteints de fatigue chronique li\u00e9e au cancer a montr\u00e9 une tendance non significative \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration avec 2 g\/jour d&rsquo;extrait sec pendant 2 mois.<\/p>\n<p><strong>Limites<\/strong> \u2014 La majorit\u00e9 des donn\u00e9es cliniques disponibles proviennent de la litt\u00e9rature sovi\u00e9tique, dont la rigueur m\u00e9thodologique est variable. Les essais occidentaux sont peu nombreux et portent sur de petits effectifs. Les \u00e9valuations concluent \u00e0 un usage \u00ab traditionnel \u00bb bien \u00e9tabli, sans niveau de preuve suffisant pour un usage \u00ab m\u00e9dical bien \u00e9tabli \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\u00c9leuth\u00e9roside B (syringine)<\/td>\n<td>Ph\u00e9nylpropano\u00efde glycosyl\u00e9<\/td>\n<td>Adaptog\u00e8ne, immunomodulateur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00c9leuth\u00e9roside E (syringar\u00e9sinol)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">Lignane<\/a><\/td>\n<td>Antifatigue, antistress<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>Immunostimulants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isofraxidine<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9<\/strong> \u2014 300 \u00e0 400 mg par jour, en 2 prises, le matin et \u00e0 midi. Standardisation \u00e0 0,8-1 % d&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rosides B et E. Dur\u00e9e de cure : 4 \u00e0 8 semaines, suivie d&rsquo;une pause de 2 semaines.<\/p>\n<p><strong>Poudre de rhizome<\/strong> \u2014 2 \u00e0 3 g par jour, en g\u00e9lules de 500 mg, r\u00e9partis en 2 \u00e0 3 prises matinales.<\/p>\n<p><strong>Teinture m\u00e8re (1:5)<\/strong> \u2014 2 \u00e0 4 mL par jour, en 2 prises. Extraction dans l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 40-50 %.<\/p>\n<p><strong>Extrait fluide (1:1)<\/strong> \u2014 1 \u00e0 3 mL par jour. Forme traditionnellement utilis\u00e9e en Russie.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction<\/strong> \u2014 5 \u00e0 15 g de rhizome sec dans 500 mL d&rsquo;eau, d\u00e9coction de 20 minutes. R\u00e9partir en 2 \u00e0 3 prises dans la matin\u00e9e. Mode de pr\u00e9paration usuel en m\u00e9decine traditionnelle chinoise (<em>ci wu jia<\/em>).<\/p>\n<p>L&rsquo;usage est recommand\u00e9 le matin et en d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi, en \u00e9vitant les prises vesp\u00e9rales susceptibles de perturber le sommeil. La cure est classiquement discontinue : 4 \u00e0 8 semaines d&rsquo;utilisation, 2 semaines de pause.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le profil de s\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;<em>E. senticosus<\/em> est excellent. La DL50 orale chez la souris est de 14,5 g\/kg pour l&rsquo;extrait fluide (33 %), ce qui correspond \u00e0 une tr\u00e8s faible toxicit\u00e9. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (90 jours) chez le rat n&rsquo;ont mis en \u00e9vidence aucune toxicit\u00e9 h\u00e9patique, r\u00e9nale, h\u00e9matologique ou reproductive aux posologies test\u00e9es (jusqu&rsquo;\u00e0 3 g\/kg\/jour).<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables<\/strong> \u2014 Rares et b\u00e9nins : insomnie (prise trop tardive), nervosit\u00e9, diarrh\u00e9e transitoire, augmentation mod\u00e9r\u00e9e de la pression art\u00e9rielle chez les sujets hypertendus.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> \u2014 L&rsquo;interaction la plus document\u00e9e concerne la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/digoxine\/\">digoxine<\/a><\/strong> : un cas d&rsquo;interf\u00e9rence avec le dosage immunoenzymatique de la digoxine a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 (fausse \u00e9l\u00e9vation des taux), sans interaction pharmacodynamique r\u00e9elle. Par pr\u00e9caution, l&rsquo;association avec les <strong>anticoagulants<\/strong>, les <strong>hypoglyc\u00e9miants<\/strong> et les <strong>antihypertenseurs<\/strong> doit \u00eatre surveill\u00e9e. L&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque n&rsquo;inhibe pas significativement les cytochromes P450 aux doses th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> \u2014 Hypertension art\u00e9rielle non contr\u00f4l\u00e9e, grossesse et allaitement (par pr\u00e9caution), enfants de moins de 12 ans. L&rsquo;utilisation est d\u00e9conseill\u00e9e en cas de maladie auto-immune active en raison des propri\u00e9t\u00e9s immunostimulantes des polysaccharides.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les peuples autochtones de Sib\u00e9rie orientale \u2014 Nana\u00efs, Oultches, Orotchons \u2014 utilisent traditionnellement le rhizome d&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque en d\u00e9coction comme tonique g\u00e9n\u00e9ral, avant les longues exp\u00e9ditions de chasse et pendant les hivers rigoureux. Les chasseurs de l&rsquo;Oussouri m\u00e2chaient des fragments de rhizome pour maintenir leur endurance lors des traques de plusieurs jours dans la ta\u00efga.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, <em>ci wu jia<\/em> (\u523a\u4e94\u52a0) est class\u00e9 comme tonique du Qi et du Yang du Rein. Il est prescrit pour les lombalgies, la fatigue chronique, l&rsquo;insomnie et les \u0153d\u00e8mes. Il entre dans la composition de formules classiques associant d&rsquo;autres plantes toniques (<em>Astragalus membranaceus<\/em>, <em>Atractylodes macrocephala<\/em>).<\/p>\n<p>En Union sovi\u00e9tique, l&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un programme national d&rsquo;utilisation \u00e0 grande \u00e9chelle dans les ann\u00e9es 1970-1980. Des millions de travailleurs, soldats et sportifs ont re\u00e7u l&rsquo;extrait dans le cadre de programmes de m\u00e9decine pr\u00e9ventive. Cette utilisation de masse, sans \u00e9quivalent occidental, a fourni une base empirique consid\u00e9rable mais m\u00e9thodologiquement imparfaite.<\/p>\n<p>Les jeunes pousses printani\u00e8res de <em>E. senticosus<\/em> sont consomm\u00e9es comme l\u00e9gume au Japon (Hokkaid\u014d), blanchies et assaisonn\u00e9es de sauce soja. Au Primori\u00e9, les feuilles entrent dans la composition de tisanes populaires.<\/p>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p><em>Eleutherococcus senticosus<\/em> joue un r\u00f4le \u00e9cologique notable dans les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers de la ta\u00efga mixte. En tant qu&rsquo;arbuste de sous-bois formant des fourr\u00e9s denses, il fournit un habitat de nidification pour de nombreux passereaux et un abri pour la faune de petite taille (mulots, musaraignes). Ses fruits noirs, riches en sucres et en anthocyanes, constituent une ressource alimentaire pour les oiseaux migrateurs et s\u00e9dentaires (grives, m\u00e9sanges, jaseurs) en automne et en hiver.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce participe \u00e0 la stabilisation des sols forestiers gr\u00e2ce \u00e0 son r\u00e9seau racinaire rhizomateux dense et tra\u00e7ant. Sur les pentes et les lisi\u00e8res, elle contribue \u00e0 la lutte contre l&rsquo;\u00e9rosion. Sa capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration apr\u00e8s coupe lui permet de recoloniser rapidement les trou\u00e9es foresti\u00e8res, facilitant la cicatrisation des perturbations.<\/p>\n<p>Les populations sauvages ne sont pas menac\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, l&rsquo;esp\u00e8ce b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une aire de r\u00e9partition \u00e9tendue et d&rsquo;une bonne tol\u00e9rance \u00e9cologique. Cependant, l&rsquo;exploitation commerciale non r\u00e9gul\u00e9e dans certaines r\u00e9gions de Chine du nord-est a provoqu\u00e9 des d\u00e9clins locaux, conduisant \u00e0 l&rsquo;instauration de quotas de r\u00e9colte dans plusieurs provinces chinoises.<\/p>\n<h3>Confusions et adult\u00e9rations<\/h3>\n<p>La confusion la plus fr\u00e9quente est <strong>nomenclaturale et commerciale<\/strong> : l&rsquo;appellation \u00ab ginseng sib\u00e9rien \u00bb, longtemps utilis\u00e9e pour d\u00e9signer l&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque, est trompeuse car la plante ne contient aucun gins\u00e9noside et n&rsquo;appartient pas au genre <em>Panax<\/em>. Cette appellation est aujourd&rsquo;hui interdite dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne depuis 2011 (r\u00e8glement UE n\u00b0 432\/2012).<\/p>\n<p>Sur le plan botanique, plusieurs esp\u00e8ces du genre <em>Eleutherococcus<\/em> sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle et peuvent \u00eatre confondues :<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Eleutherococcus sessiliflorus<\/em><\/strong> (Rupr. &amp; Maxim.) S.Y. Hu : esp\u00e8ce voisine, souvent confondue sur le march\u00e9 chinois. Les feuilles portent 3 \u00e0 5 folioles et les fleurs sont sessiles en ombelles compactes. Le profil en \u00e9leuth\u00e9rosides diff\u00e8re (teneur plus \u00e9lev\u00e9e en \u00e9leuth\u00e9roside B, plus faible en \u00e9leuth\u00e9roside E).<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Eleutherococcus gracilistylus<\/em><\/strong> (W.W. Sm.) S.Y. Hu : \u00e9corce de racine utilis\u00e9e en m\u00e9decine chinoise sous le nom de <em>wu jia pi<\/em>, \u00e0 ne pas confondre avec <em>ci wu jia<\/em> (le rhizome d&rsquo;<em>E. senticosus<\/em>).<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Periploca sepium<\/em><\/strong> (Asclepiadaceae) : sa racine, \u00e9galement nomm\u00e9e <em>wu jia pi<\/em> sur certains march\u00e9s, est une source majeure de confusion et de toxicit\u00e9 (contient des glycosides cardiotoniques). Cette substitution dangereuse a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine de cas d&rsquo;intoxication document\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;identification de la drogue repose sur l&rsquo;examen microscopique (cristaux d&rsquo;oxalate de calcium en prismes, fibres p\u00e9ricycliques caract\u00e9ristiques), la CCM (chromatographie sur couche mince) des \u00e9leuth\u00e9rosides et, en cas de doute, l&rsquo;analyse par HPLC-MS ou le barcoding mol\u00e9culaire (marqueur <em>psbA-trnH<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Eleutherococcus senticosus<\/em> est un adaptog\u00e8ne majeur dont le profil pharmacologique se distingue clairement de celui du ginseng asiatique. Ses principes actifs \u2014 \u00e9leuth\u00e9rosides de nature chimique vari\u00e9e (ph\u00e9nylpropano\u00efdes, lignanes, coumarines, saponines, st\u00e9rols) \u2014 agissent en synergie pour moduler la r\u00e9ponse au stress, stimuler l&rsquo;immunit\u00e9 et prot\u00e9ger le syst\u00e8me nerveux central.<\/p>\n<p>Le niveau de preuve clinique, bien qu&rsquo;inf\u00e9rieur \u00e0 celui du ginseng, est suffisant pour justifier un usage traditionnel bien \u00e9tabli dans la fatigue physique et mentale li\u00e9e au stress, conform\u00e9ment aux \u00e9valuations disponibles. L&rsquo;excellent profil de s\u00e9curit\u00e9 de la plante, confirm\u00e9 par des d\u00e9cennies d&rsquo;utilisation \u00e0 grande \u00e9chelle en Russie, autorise un usage au long cours avec des pauses r\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n<p>Les enjeux pharmacognosiques actuels portent sur la standardisation rigoureuse des extraits (dosage des \u00e9leuth\u00e9rosides B et E), la lutte contre les adult\u00e9rations (substitution par <em>E. sessiliflorus<\/em> ou, plus dangereusement, par <em>Periploca sepium<\/em>) et la r\u00e9alisation d&rsquo;essais cliniques de qualit\u00e9, multicentriques et de puissance suffisante, pour confirmer les propri\u00e9t\u00e9s adaptog\u00e8nes document\u00e9es par la litt\u00e9rature sovi\u00e9tique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Brekhman II, Dardymov IV. New substances of plant origin which increase nonspecific resistance. <em>Annual Review of Pharmacology<\/em>. 1969;9:419-430.<\/p>\n<p>Cicero AF, Derosa G, Brillante R, Bernardi R, Nascetti S, Gaddi A. Effects of Siberian ginseng (<em>Eleutherococcus senticosus<\/em> maxim.) on elderly quality of life: a randomized clinical trial. <em>Archives of Gerontology and Geriatrics<\/em>. 2004;38(Suppl 9):69-73.<\/p>\n<p>Davydov M, Krikorian AD. <em>Eleutherococcus senticosus<\/em> (Rupr. &amp; Maxim.) Maxim. (Araliaceae) as an adaptogen: a closer look. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>. 2000;72(3):345-393.<\/p>\n<p>Glatthaar-Saalm\u00fcller B, Sacher F, Esperester A. Antiviral activity of an extract derived from roots of <em>Eleutherococcus senticosus<\/em>. <em>Antiviral Research<\/em>. 2001;50(3):223-228.<\/p>\n<p>Huang LZ, Huang BK, Ye Q, Qin LP. Bioactivity-guided fractionation for anti-fatigue property of <em>Acanthopanax senticosus<\/em>. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>. 2011;133(1):213-219.<\/p>\n<p>Kuo J, Chen KW, Cheng IS, Tsai PH, Lu YJ, Lee NY. The effect of eight weeks of supplementation with <em>Eleutherococcus senticosus<\/em> on endurance capacity and metabolism in human. <em>Chinese Journal of Physiology<\/em>. 2010;53(2):105-111.<\/p>\n<p>Panossian A, Wikman G. Evidence-based efficacy of adaptogens in fatigue, and molecular mechanisms related to their stress-protective activity. <em>Current Clinical Pharmacology<\/em>. 2009;4(3):198-219.<\/p>\n<p>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 10e \u00e9dition. Monographie \u00ab Eleutherococci radix \u00bb (01\/2017:1419). Strasbourg : Conseil de l&rsquo;Europe, 2020.<\/p>\n<p>Solomonova EE, Trofimova SV, Grushvitzky IV. Morphological and anatomical features of <em>Eleutherococcus senticosus<\/em> roots and rhizomes. <em>Plant Resources<\/em>. 1985;21(2):159-168.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Adaptog\u00e8ne<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Immunomodulateur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antifatigue<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antistress<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque, Eleutherococcus senticosus (Rupr. &amp; Maxim.) 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