{"id":9510,"date":"2026-04-25T20:40:02","date_gmt":"2026-04-25T18:40:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/schisandra\/"},"modified":"2026-06-24T16:43:23","modified_gmt":"2026-06-24T14:43:23","slug":"schisandra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/schisandra\/","title":{"rendered":"SCHISANDRA"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Schisandra.jpg\" alt=\"Planche botanique SCHISANDRA\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La schisandra, <em>Schisandra chinensis<\/em> (Turcz.) Baill., est une liane ligneuse des for\u00eats bor\u00e9ales d&rsquo;Asie orientale dont les baies rouge vif sont utilis\u00e9es depuis plus de deux mill\u00e9naires en m\u00e9decine traditionnelle chinoise sous le nom de <em>w\u01d4 w\u00e8i zi<\/em> (\u4e94\u5473\u5b50), litt\u00e9ralement \u00ab fruit aux cinq saveurs \u00bb. Cette d\u00e9nomination po\u00e9tique refl\u00e8te la complexit\u00e9 gustative du fruit \u2014 acide, amer, sucr\u00e9, sal\u00e9 et piquant \u2014 et, selon la th\u00e9orie des cinq \u00e9l\u00e9ments, son action sur les cinq organes pleins (foie, c\u0153ur, rate, poumon, rein). La schisandra constitue, avec le ginseng et l&rsquo;\u00e9leuth\u00e9rocoque, le trio classique des adaptog\u00e8nes de la pharmacop\u00e9e sino-russe.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique occidental pour <em>S. chinensis<\/em> s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 la suite des travaux de Volicer et al. dans les ann\u00e9es 1960, puis des \u00e9tudes sovi\u00e9tiques men\u00e9es par Brekhman et Lupandin. Les recherches contemporaines ont mis en \u00e9vidence un phytocomplexe domin\u00e9 par les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignanes<\/a> dibenzocyclooctadi\u00e9niques \u2014 les schisandrines \u2014 dot\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s h\u00e9patoprotectrices, neuroprotectrices et antioxydantes remarquables. Plus de 2 500 publications sur PubMed attestent de l&rsquo;ampleur des travaux consacr\u00e9s \u00e0 cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Schisandra chinensis<\/em> (Turcz.) Baill. appartient \u00e0 la famille des <strong>Schisandraceae<\/strong>, ordre des Austrobaileyales, dans le clade des angiospermes basales (classification APG IV). Cette position phylog\u00e9n\u00e9tique est remarquable : les Austrobaileyales, comprenant \u00e9galement les Illiciaceae (badianiers), se situent parmi les lign\u00e9es les plus anciennes des plantes \u00e0 fleurs, \u00e0 la base de l&rsquo;arbre phylog\u00e9n\u00e9tique des angiospermes.<\/p>\n<p>Le genre <em>Schisandra<\/em> Michx. comprend environ 25 esp\u00e8ces r\u00e9parties en Asie orientale et en Am\u00e9rique du Nord (une seule esp\u00e8ce, <em>S. glabra<\/em>). L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite initialement par Turczaninov sous le bin\u00f4me <em>Kadsura chinensis<\/em> Turcz. (1837), puis transf\u00e9r\u00e9e dans le genre <em>Schisandra<\/em> par Baillon (1868). Le synonyme <em>Schisandra chinensis<\/em> var. <em>typica<\/em> est parfois rencontr\u00e9.<\/p>\n<p>Le nom <em>Schisandra<\/em> vient du grec <em>schizein<\/em> (fendre) et <em>andros<\/em> (homme, ici \u00e9tamine), en r\u00e9f\u00e9rence aux anth\u00e8res \u00e0 d\u00e9hiscence longitudinale. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>chinensis<\/em> indique l&rsquo;origine g\u00e9ographique. Les noms vernaculaires sont : schisandre ou schizandre de Chine (fran\u00e7ais), <em>w\u01d4 w\u00e8i zi<\/em> (\u4e94\u5473\u5b50, chinois), <em>omija<\/em> (\uc624\ubbf8\uc790, cor\u00e9en), <em>gomishi<\/em> (\u4e94\u5473\u5b50, japonais), magnolia-vine (anglais), <em>limonnik<\/em> (\u043b\u0438\u043c\u043e\u043d\u043d\u0438\u043a, russe, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;odeur citronn\u00e9e des feuilles froiss\u00e9es).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port g\u00e9n\u00e9ral<\/h3>\n<p><em>Schisandra chinensis<\/em> est une liane ligneuse volubile, dextrogyre, pouvant atteindre 8 \u00e0 15 m de longueur. Les tiges, gr\u00eales (0,5 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre), s&rsquo;enroulent autour des supports disponibles (troncs d&rsquo;arbres, rochers, treillis). L&rsquo;\u00e9corce est brun rouge\u00e2tre, lenticell\u00e9e, \u00e0 d\u00e9collement en lambeaux sur les tiges \u00e2g\u00e9es. La plante est caducifoli\u00e9e, formant des rideaux de feuillage vert tendre dans les canop\u00e9es basses des for\u00eats mixtes.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me racinaire est constitu\u00e9 de rhizomes tra\u00e7ants, \u00e9mettant des tiges adventives et permettant une propagation v\u00e9g\u00e9tative efficace. Les racines fascicul\u00e9es sont fines, fibreuses, brun clair.<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, simples, elliptiques \u00e0 obovales, de 5 \u00e0 11 cm de longueur et de 3 \u00e0 7 cm de largeur. Le limbe est membraneux, \u00e0 marge finement denticul\u00e9e, glabre sur la face adaxiale, \u00e0 pilosit\u00e9 \u00e9parse sur les nervures abaxiales. Le p\u00e9tiole, de 1 \u00e0 3 cm, est souvent ros\u00e2tre \u00e0 rouge\u00e2tre. Lorsqu&rsquo;elles sont froiss\u00e9es, les feuilles d\u00e9gagent une odeur citronn\u00e9e caract\u00e9ristique due \u00e0 la pr\u00e9sence de citral et de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a> volatils, d&rsquo;o\u00f9 le nom russe <em>limonnik<\/em> (liana-citron).<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est <strong>mono\u00efque<\/strong>, les fleurs m\u00e2les et femelles \u00e9tant port\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment sur le m\u00eame individu (parfois fonctionnellement dio\u00efque selon les populations). Les fleurs, solitaires ou par 2-3, naissent \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles, pendantes, de 1 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre. Les t\u00e9pales (5 \u00e0 12), p\u00e9talo\u00efdes, sont blanc cr\u00e8me \u00e0 ros\u00e9, charnus, d\u00e9gageant un parfum suave. Les fleurs m\u00e2les portent 5 \u00e9tamines soud\u00e9es en un androc\u00e9e columnaire. Les fleurs femelles poss\u00e8dent un r\u00e9ceptacle allong\u00e9 portant de nombreux carpelles libres dispos\u00e9s en spirale.<\/p>\n<p>La fructification est spectaculaire : le r\u00e9ceptacle s&rsquo;allonge consid\u00e9rablement apr\u00e8s la f\u00e9condation, formant une grappe pendante de 5 \u00e0 10 cm de longueur, portant 20 \u00e0 40 baies subglobuleuses de 5 \u00e0 8 mm de diam\u00e8tre, rouge vif \u00e0 maturit\u00e9. Chaque baie contient 1 \u00e0 2 graines r\u00e9niformes, brun-jaune, lisses et brillantes. La diss\u00e9mination est ornithochore.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Le d\u00e9bourrement a lieu en avril-mai. La floraison se produit en mai-juin. Les fruits m\u00fbrissent de septembre \u00e0 octobre, formant des grappes rouges tr\u00e8s d\u00e9coratives qui persistent sur la liane apr\u00e8s la chute des feuilles. La plante entre en dormance hivernale compl\u00e8te, r\u00e9sistant \u00e0 des temp\u00e9ratures de -35 \u00b0C et au-del\u00e0.<\/p>\n<h3>E. Habitat naturel<\/h3>\n<p><em>S. chinensis<\/em> est une esp\u00e8ce des for\u00eats mixtes temp\u00e9r\u00e9es \u00e0 bor\u00e9ales, occupant les lisi\u00e8res, les clairi\u00e8res et les rives de cours d&rsquo;eau. Elle cro\u00eet depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude, pr\u00e9f\u00e9rant les sols profonds, humif\u00e8res, bien drain\u00e9s mais \u00e0 bonne r\u00e9tention hydrique. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile \u00e0 semi-sciaphile, produisant davantage de fruits en situation lumineuse. Elle requiert un climat \u00e0 hivers froids (vernalisation n\u00e9cessaire) et \u00e9t\u00e9s chauds et humides.<\/p>\n<h3>F. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire naturelle s&rsquo;\u00e9tend du nord-est de la Chine (Heilongjiang, Jilin, Liaoning, Hebei) \u00e0 la Cor\u00e9e, au Japon (Hokkaid\u014d, nord de Honsh\u016b), \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame-orient russe (Primori\u00e9, Sakhaline, Kouriles) et \u00e0 la Mongolie orientale. L&rsquo;esp\u00e8ce est cultiv\u00e9e en Chine (principales provinces productrices : Liaoning, Heilongjiang), en Cor\u00e9e du Sud et, plus r\u00e9cemment, en Europe orientale (Pologne, Russie europ\u00e9enne) et en Am\u00e9rique du Nord (programmes exp\u00e9rimentaux).<\/p>\n<h3>G. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Dans son biotope naturel, <em>S. chinensis<\/em> s&rsquo;associe aux for\u00eats domin\u00e9es par <em>Pinus koraiensis<\/em>, <em>Abies nephrolepis<\/em>, <em>Quercus mongolica<\/em>, <em>Betula platyphylla<\/em> et <em>Tilia amurensis<\/em>. La liane grimpe fr\u00e9quemment sur <em>Ulmus japonica<\/em> et <em>Acer mono<\/em>. Le cort\u00e8ge floristique associ\u00e9 inclut <em>Eleutherococcus senticosus<\/em>, <em>Actinidia kolomikta<\/em>, <em>Vitis amurensis<\/em> et <em>Aralia elata<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Le <strong>fruit<\/strong> (baie) constitue la drogue officinale, inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (monographie 01\/2017:2428) sous le nom <em>Schisandrae chinensis fructus<\/em>. Les fruits sont r\u00e9colt\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9 (septembre-octobre), lorsqu&rsquo;ils pr\u00e9sentent une couleur rouge vif et une consistance charnue. Le s\u00e9chage est r\u00e9alis\u00e9 au soleil ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9tuve \u00e0 basse temp\u00e9rature (40-60 \u00b0C). Le fruit sec est rouge\u00e2tre, rid\u00e9, de saveur caract\u00e9ristique (acide dominante, avec une amertume et un arri\u00e8re-go\u00fbt piquant).<\/p>\n<p>Les <strong>graines<\/strong>, riches en lignanes et en huile grasse, sont parfois utilis\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment en m\u00e9decine traditionnelle chinoise. L&rsquo;huile de graines de schisandre, obtenue par pression \u00e0 froid, concentre les lignanes lipophiles.<\/p>\n<p>Les <strong>tiges<\/strong> et les <strong>feuilles<\/strong> font l&rsquo;objet de recherches phytochimiques mais ne sont pas couramment utilis\u00e9es en th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le fruit de <em>Schisandra chinensis<\/em> contient un phytocomplexe domin\u00e9 par les <strong>lignanes dibenzocyclooctadi\u00e9niques<\/strong>, classe de m\u00e9tabolites secondaires quasi exclusivement retrouv\u00e9e dans le genre <em>Schisandra<\/em>. Plus de 40 lignanes ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s et caract\u00e9ris\u00e9s.<\/p>\n<p>Les lignanes majeurs sont :<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Schisandrine<\/strong> (= schizandrine, wuweizisu A) : lignane majoritaire, repr\u00e9sentant 0,3 \u00e0 1,5 % de la masse s\u00e8che du fruit. Elle constitue le marqueur phytochimique principal.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Schisandrine B<\/strong> (= gomisine N) : pr\u00e9sente \u00e0 0,1 \u00e0 0,5 %, elle est le principal agent h\u00e9patoprotecteur.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Schisandrine C<\/strong> (= wuweizisu C) : 0,05 \u00e0 0,2 %, puissant antioxydant.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Schisandriol A<\/strong> (= schisandrol A, wuweizichun A) et <strong>schisandriol B<\/strong> (= gomisine A) : lignanes hydroxyl\u00e9s.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>D\u00e9oxyschisandrine<\/strong> (= schisandrine A, wuweizi ester A) : lignane esterifi\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Gomisines<\/strong> A, B, C, G, J, N : s\u00e9rie de lignanes dibenzocyclooctadi\u00e9niques diversement substitu\u00e9s.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Schisanth\u00e9rine<\/strong> A \u00e0 E : lignanes \u00e0 substituant ang\u00e9loyloxybenzoyle.<\/p>\n<p>Les autres classes de m\u00e9tabolites comprennent : des <strong>acides organiques<\/strong> (acide citrique en grande quantit\u00e9, acide malique, acide tartrique \u2014 responsables de la saveur acide dominante) ; des <strong>huiles essentielles<\/strong> (1,5-2,5 % dans le fruit frais, contenant du citral, du \u03b2-chamigr\u00e8ne, du \u03b2-\u00e9l\u00e9m\u00e8ne, de l&rsquo;\u03b1-ylang\u00e8ne) ; des <strong>polysaccharides<\/strong> ; de la <strong>vitamine C<\/strong> (50 \u00e0 100 mg\/100 g de fruit frais) ; des <strong>vitamines E<\/strong> et <strong>B<\/strong> ; et des <strong>min\u00e9raux<\/strong> (fer, mangan\u00e8se, zinc).<\/p>\n<p>La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne exige une teneur minimale de <strong>0,40 %<\/strong> en schisandrine dans le fruit sec. Le dosage est r\u00e9alis\u00e9 par HPLC-UV (d\u00e9tection \u00e0 254 nm). Le profil chromatographique complet des lignanes permet de distinguer <em>S. chinensis<\/em> (riche en schisandrine et d\u00e9oxyschisandrine) de <em>S. sphenanthera<\/em> (riche en schisanth\u00e9rine A et anwulignan).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les lignanes dibenzocyclooctadi\u00e9niques de la schisandre exercent des activit\u00e9s pharmacologiques remarquables, principalement h\u00e9patoprotectrices, neuroprotectrices et adaptog\u00e8nes.<\/p>\n<p><strong>H\u00e9patoprotection<\/strong> \u2014 La <strong>schisandrine B<\/strong> prot\u00e8ge les h\u00e9patocytes contre les dommages induits par divers toxiques (t\u00e9trachlorure de carbone, parac\u00e9tamol, D-galactosamine). Le m\u00e9canisme implique l&rsquo;activation de la voie <strong>Nrf2\/ARE<\/strong>, induisant l&rsquo;expression d&rsquo;enzymes de phase II de la d\u00e9toxification (glutathion S-transf\u00e9rase, NAD(P)H <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">quinone<\/a> oxydor\u00e9ductase, UDP-glucuronosyltransf\u00e9rase). La schisandrine B augmente les taux intracellulaires de glutathion (GSH) et r\u00e9duit la peroxydation lipidique membranaire. Elle inhibe \u00e9galement l&rsquo;activit\u00e9 de la CYP2E1, enzyme impliqu\u00e9e dans l&rsquo;activation m\u00e9tabolique de nombreux h\u00e9patotoxiques.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> \u2014 La <strong>schisandrine C<\/strong> est l&rsquo;un des antioxydants les plus puissants parmi les lignanes naturels. Elle pi\u00e8ge directement les radicaux hydroxyle (OH\u2022) et peroxyle (ROO\u2022), inhibe la xanthine oxydase et active la superoxyde dismutase (SOD) mitochondriale. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante est synergique entre les diff\u00e9rents lignanes du phytocomplexe.<\/p>\n<p><strong>Neuroprotection et cognition<\/strong> \u2014 La <strong>schisandrine<\/strong> et la <strong>schisandrine B<\/strong> traversent la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique et exercent des effets neuroprotecteurs via l&rsquo;inhibition de la voie apoptotique mitochondriale et la r\u00e9duction de l&rsquo;excitotoxicit\u00e9 glutamatergique (modulation des r\u00e9cepteurs NMDA). Elles augmentent la lib\u00e9ration d&rsquo;ac\u00e9tylcholine dans l&rsquo;hippocampe et inhibent l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase de mani\u00e8re mod\u00e9r\u00e9e, am\u00e9liorant les performances mn\u00e9siques chez l&rsquo;animal. La schisandrine B r\u00e9duit l&rsquo;accumulation de peptide \u03b2-amylo\u00efde dans des mod\u00e8les murins de maladie d&rsquo;Alzheimer.<\/p>\n<p><strong>Effet adaptog\u00e8ne<\/strong> \u2014 Les lignanes de la schisandre modulent l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-surr\u00e9nalien en r\u00e9duisant la surexpression de cortisol induite par le stress chronique. Ils stabilisent l&rsquo;expression des r\u00e9cepteurs aux glucocortico\u00efdes hippocampiques, maintenant la sensibilit\u00e9 du r\u00e9trocontr\u00f4le n\u00e9gatif. La production de monoxyde d&rsquo;azote (NO) est r\u00e9gul\u00e9e : r\u00e9duction en cas de surproduction inflammatoire (inhibition de l&rsquo;iNOS), stimulation en cas de d\u00e9ficit endoth\u00e9lial (activation de la eNOS).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> \u2014 Les lignanes inhibent la voie NF-\u03baB en emp\u00eachant la phosphorylation et la d\u00e9gradation de l&rsquo;I\u03baB\u03b1. Ils r\u00e9duisent l&rsquo;expression de la COX-2 et de la PGE2, et inhibent la production d&rsquo;IL-1\u03b2, d&rsquo;IL-6 et de TNF-\u03b1 dans les macrophages activ\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>H\u00e9patoprotection<\/strong> \u2014 Plusieurs essais cliniques chinois ont \u00e9valu\u00e9 des pr\u00e9parations \u00e0 base de schisandrine B chez des patients atteints d&rsquo;h\u00e9patites chroniques. Liu et al. (1982) ont montr\u00e9 une normalisation des transaminases (ASAT, ALAT) chez 72 % des patients (n = 189) recevant un extrait de schisandre pendant 3 mois. Ces \u00e9tudes, bien que m\u00e9thodologiquement limit\u00e9es (absence de double aveugle), ont conduit \u00e0 l&rsquo;autorisation en Chine de la <strong>bicyclol<\/strong> (4,4&prime;-dim\u00e9thoxybiph\u00e9nyl-2-carboxylate), un d\u00e9riv\u00e9 synth\u00e9tique de la schisandrine C, comme h\u00e9patoprotecteur.<\/p>\n<p><strong>Performance physique et mentale<\/strong> \u2014 Panossian et Wikman (2008, <em>Phytomedicine<\/em>) ont conduit un essai randomis\u00e9 en double aveugle chez 40 athl\u00e8tes f\u00e9minines. L&rsquo;extrait standardis\u00e9 de schisandre (180 mg\/jour, 12 jours) a significativement augment\u00e9 la concentration salivaire de cortisol et de NO apr\u00e8s l&rsquo;effort, sugg\u00e9rant une modulation de la r\u00e9ponse au stress physique. L&rsquo;\u00e9valuation cognitive a montr\u00e9 une am\u00e9lioration de l&rsquo;attention et de la vitesse de r\u00e9action.<\/p>\n<p><strong>Fatigue et stress<\/strong> \u2014 Aslanyan et al. (2010, <em>Phytomedicine<\/em>) ont \u00e9valu\u00e9 une combinaison adaptog\u00e8ne contenant <em>S. chinensis<\/em>, <em>R. rosea<\/em> et <em>E. senticosus<\/em> (ADAPT-232) chez 40 femmes souffrant de fatigue li\u00e9e au stress. Une am\u00e9lioration significative de l&rsquo;attention, de la vitesse cognitive et de la qualit\u00e9 de vie a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e apr\u00e8s 2 semaines.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9nopause<\/strong> \u2014 Park et Kim (2016, <em>Climacteric<\/em>) ont conduit un essai randomis\u00e9 en double aveugle chez 36 femmes m\u00e9nopaus\u00e9es. L&rsquo;extrait de <em>S. chinensis<\/em> (1 000 mg\/jour, 12 semaines) a r\u00e9duit significativement les bouff\u00e9es de chaleur, la transpiration et les palpitations, avec une am\u00e9lioration du score de Kupperman.<\/p>\n<p><strong>Limites<\/strong> \u2014 Les essais cliniques de bonne qualit\u00e9 m\u00e9thodologique (randomis\u00e9s, en double aveugle, contre placebo) restent peu nombreux. Les effectifs sont faibles (n &lt; 50 dans la plupart des \u00e9tudes). La standardisation variable des pr\u00e9parations limite la comparabilit\u00e9 des r\u00e9sultats.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Schisandrine, schisandrine B\/C<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">Lignanes<\/a> dibenzocyclooctadi\u00e9niques<\/td>\n<td>H\u00e9patoprotecteurs, adaptog\u00e8nes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Gomisines<\/td>\n<td>Lignanes<\/td>\n<td>H\u00e9patoprotecteurs, anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides organiques<\/td>\n<td>Acides organiques<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitamines C et E<\/td>\n<td>Vitamines<\/td>\n<td>Antioxydantes<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9<\/strong> \u2014 200 \u00e0 500 mg par jour, en 2 prises. Standardisation \u00e0 2-9 % de schisandrine (selon les fabricants). Rapport d&rsquo;extraction : 5-10:1.<\/p>\n<p><strong>Poudre de fruit sec<\/strong> \u2014 1,5 \u00e0 6 g par jour, en g\u00e9lules de 500 mg, r\u00e9partis en 2 \u00e0 3 prises.<\/p>\n<p><strong>Teinture m\u00e8re (1:5)<\/strong> \u2014 2 \u00e0 4 mL par jour, en 2 prises. Extraction dans l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 40-50 %.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction traditionnelle<\/strong> \u2014 3 \u00e0 9 g de fruits secs dans 500 mL d&rsquo;eau, d\u00e9coction de 15 minutes. R\u00e9partir en 2 \u00e0 3 prises. Mode de pr\u00e9paration usuel en m\u00e9decine chinoise.<\/p>\n<p><strong>Jus de baies<\/strong> \u2014 Le jus frais ou pasteuris\u00e9 (50 \u00e0 100 mL\/jour) est consomm\u00e9 en Cor\u00e9e (omija-cha, th\u00e9 d&rsquo;omija) et en Russie comme boisson tonique.<\/p>\n<p><strong>Infusion de fruits<\/strong> \u2014 2 \u00e0 4 g de fruits secs \u00e9cras\u00e9s dans 250 mL d&rsquo;eau bouillante, infusion de 15 minutes. Usage traditionnel russe et cor\u00e9en.<\/p>\n<p>Les prises sont recommand\u00e9es le matin et en d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi. Cure de 4 \u00e0 12 semaines, renouvelable apr\u00e8s une pause de 2 semaines.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>S. chinensis<\/em> est tr\u00e8s faible. La DL50 orale chez la souris est sup\u00e9rieure \u00e0 3 g\/kg pour l&rsquo;extrait hydroalcoolique. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (90 jours) n&rsquo;ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aucune anomalie significative chez le rat \u00e0 des doses allant jusqu&rsquo;\u00e0 1,5 g\/kg\/jour.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables<\/strong> \u2014 Rares et b\u00e9nins : br\u00fblures d&rsquo;estomac (saveur tr\u00e8s acide du fruit), \u00e9ruptions cutan\u00e9es occasionnelles, agitation (doses \u00e9lev\u00e9es). Quelques cas d&rsquo;\u00e9l\u00e9vation paradoxale des transaminases ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s avec des doses tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es, effet attribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;induction des CYP h\u00e9patiques par les lignanes.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> \u2014 La schisandrine et la schisandrine B sont des <strong>inhibiteurs mod\u00e9r\u00e9s du CYP3A4<\/strong> et des <strong>inducteurs du CYP1A2<\/strong>. Ces propri\u00e9t\u00e9s peuvent modifier la pharmacocin\u00e9tique de substrats du CYP3A4 (ciclosporine, tacrolimus, inhibiteurs de prot\u00e9ase, statines). Un cas d&rsquo;augmentation des taux s\u00e9riques de tacrolimus a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 chez un patient transplant\u00e9 consommant un compl\u00e9ment \u00e0 base de schisandre. L&rsquo;association avec les <strong>substrats du CYP3A4 \u00e0 marge th\u00e9rapeutique \u00e9troite<\/strong> est d\u00e9conseill\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> \u2014 Grossesse (activit\u00e9 ut\u00e9rotonique rapport\u00e9e chez l&rsquo;animal), allaitement (donn\u00e9es insuffisantes), \u00e9pilepsie (risque th\u00e9orique li\u00e9 \u00e0 la modulation GABAergique), ulc\u00e8re gastrique actif (acidit\u00e9 du fruit).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>En Cor\u00e9e, la schisandre est profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans la culture alimentaire. Le <strong>omija-cha<\/strong> (\uc624\ubbf8\uc790\ucc28), th\u00e9 glac\u00e9 de baies de schisandre, est une boisson estivale tr\u00e8s populaire, pr\u00e9par\u00e9e par mac\u00e9ration des fruits secs dans l&rsquo;eau froide pendant 12 \u00e0 24 heures. La couleur rose vif, la saveur complexe aigre-sucr\u00e9e et l&rsquo;ar\u00f4me floral en font une boisson distinctive. Le <strong>omija-hwachae<\/strong> est un punch de fruits \u00e0 la schisandre servi lors des f\u00eates. Les baies entrent \u00e9galement dans la fabrication de liqueurs, de confitures et de p\u00e2tisseries.<\/p>\n<p>En Chine, <em>w\u01d4 w\u00e8i zi<\/em> est class\u00e9 dans la pharmacop\u00e9e traditionnelle comme astringent du Poumon et du Rein, producteur de liquides organiques et calmant de l&rsquo;Esprit (<em>shen<\/em>). Il est prescrit pour la toux chronique, les sueurs nocturnes, les diarrh\u00e9es chroniques, les pertes s\u00e9minales et les palpitations. Il entre dans la composition de formules classiques dont le <strong>Sheng Mai San<\/strong> (Poudre pour Engendrer le Pouls), associant <em>Panax ginseng<\/em>, <em>Ophiopogon japonicus<\/em> et <em>S. chinensis<\/em>.<\/p>\n<p>En Russie, les chasseurs et p\u00eacheurs du Primori\u00e9 utilisent traditionnellement les baies s\u00e9ch\u00e9es comme tonique de survie lors des longues exp\u00e9ditions en ta\u00efga. Le <em>limonnik<\/em> est consomm\u00e9 en tisane, en compote et en confiture. L&rsquo;Arm\u00e9e rouge l&rsquo;a inclus dans les rations de survie pendant la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p><em>Schisandra chinensis<\/em> joue un r\u00f4le \u00e9cologique significatif dans les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers de la ta\u00efga mixte. En tant que liane, elle contribue \u00e0 la structuration verticale du sous-bois et cr\u00e9e des habitats pour une faune diversifi\u00e9e. Ses fruits rouge vif, persistant sur la plante en automne et en d\u00e9but d&rsquo;hiver, constituent une ressource alimentaire importante pour de nombreuses esp\u00e8ces d&rsquo;oiseaux frugivores et de mammif\u00e8res, qui assurent en retour la diss\u00e9mination des graines.<\/p>\n<p>La liane participe \u00e0 la connectivit\u00e9 de la canop\u00e9e basse, permettant le d\u00e9placement arboricole de petits mammif\u00e8res et de reptiles. Son feuillage dense fournit un ombrage au sol forestier, contribuant au maintien de l&rsquo;humidit\u00e9 et \u00e0 la r\u00e9gulation thermique du microhabitat.<\/p>\n<p>Les populations naturelles de <em>S. chinensis<\/em> sont stables dans la majeure partie de l&rsquo;aire de r\u00e9partition, l&rsquo;esp\u00e8ce b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une bonne capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration v\u00e9g\u00e9tative par rhizomes. Cependant, la surexploitation des peuplements sauvages pour la r\u00e9colte des fruits, combin\u00e9e \u00e0 la d\u00e9forestation, a entra\u00een\u00e9 des d\u00e9clins locaux en Chine du nord-est. Des programmes de culture sont d\u00e9velopp\u00e9s pour r\u00e9duire la pression sur les populations naturelles.<\/p>\n<h3>Confusions et adult\u00e9rations<\/h3>\n<p>La principale confusion concerne l&rsquo;esp\u00e8ce <strong><em>Schisandra sphenanthera<\/em><\/strong> Rehder &amp; E.H. Wilson, appel\u00e9e <em>n\u00e1n w\u01d4 w\u00e8i zi<\/em> (\u5357\u4e94\u5473\u5b50, \u00ab schisandre du Sud \u00bb) en chinois. Cette esp\u00e8ce m\u00e9ridionale est fr\u00e9quemment substitu\u00e9e \u00e0 <em>S. chinensis<\/em> sur les march\u00e9s asiatiques. Les deux esp\u00e8ces diff\u00e8rent par leur profil en lignanes : <em>S. sphenanthera<\/em> contient principalement de la <strong>schisanth\u00e9rine A<\/strong> et de l&rsquo;<strong>anwulignan<\/strong>, tandis que <em>S. chinensis<\/em> est riche en <strong>schisandrine<\/strong> et <strong>d\u00e9oxyschisandrine<\/strong>. Bien que les deux esp\u00e8ces poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s h\u00e9patoprotectrices, elles ne sont pas interchangeables sur le plan pharmacologique.<\/p>\n<p>La distinction botanique repose sur les caract\u00e8res floraux (anth\u00e8res de <em>S. sphenanthera<\/em> en forme de coin, d&rsquo;o\u00f9 le nom) et sur la taille des fruits (plus petits chez <em>S. sphenanthera<\/em>). Le contr\u00f4le analytique par HPLC permet une diff\u00e9renciation fiable gr\u00e2ce aux profils en lignanes distinctifs.<\/p>\n<p>Aucune esp\u00e8ce toxique ne ressemble suffisamment \u00e0 <em>S. chinensis<\/em> pour constituer un risque de confusion en cueillette. Toutefois, les grappes de baies rouges peuvent superficiellement \u00e9voquer celles de certaines esp\u00e8ces d&rsquo;<em>Actaea<\/em> (Ranunculaceae), toxiques, bien que la morphologie globale de la plante soit tr\u00e8s diff\u00e9rente.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Schisandra chinensis<\/em> est une plante adaptog\u00e8ne majeure dont l&rsquo;originalit\u00e9 r\u00e9side dans son profil phytochimique domin\u00e9 par les lignanes dibenzocyclooctadi\u00e9niques, classe de m\u00e9tabolites quasi exclusive au genre <em>Schisandra<\/em>. La schisandrine B appara\u00eet comme le principe actif le plus remarquable, avec des propri\u00e9t\u00e9s h\u00e9patoprotectrices puissantes m\u00e9di\u00e9es par l&rsquo;activation de la voie Nrf2\/ARE et l&rsquo;augmentation du glutathion intracellulaire.<\/p>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s adaptog\u00e8nes, neuroprotectrices et antioxydantes du phytocomplexe sont bien document\u00e9es sur le plan pr\u00e9clinique. Les donn\u00e9es cliniques, bien que prometteuses, restent insuffisantes en termes de qualit\u00e9 m\u00e9thodologique et de puissance statistique. L&rsquo;indication la mieux \u00e9tay\u00e9e est l&rsquo;h\u00e9patoprotection, qui a conduit au d\u00e9veloppement d&rsquo;un d\u00e9riv\u00e9 synth\u00e9tique (bicyclol) en Chine.<\/p>\n<p>Les enjeux pharmacognosiques incluent la standardisation des extraits (dosage de la schisandrine par HPLC), la distinction fiable entre <em>S. chinensis<\/em> et <em>S. sphenanthera<\/em>, et la vigilance quant aux interactions m\u00e9dicamenteuses li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;inhibition du CYP3A4. La position phylog\u00e9n\u00e9tique basale de la famille des Schisandraceae conf\u00e8re un int\u00e9r\u00eat \u00e9volutif suppl\u00e9mentaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de la biosynth\u00e8se des lignanes chez cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Aslanyan G, Amroyan E, Gabrielyan E, Nylander M, Wikman G, Panossian A. Double-blind, placebo-controlled, randomised study of single dose effects of ADAPT-232 on cognitive functions. <em>Phytomedicine<\/em>. 2010;17(7):494-499.<\/p>\n<p>Hancke JL, Burgos RA, Ahumada F. <em>Schisandra chinensis<\/em> (Turcz.) Baill. <em>Fitoterapia<\/em>. 1999;70(5):451-471.<\/p>\n<p>Ikeya Y, Taguchi H, Yosioka I, Kobayashi H. The constituents of <em>Schisandra chinensis<\/em> Baill. I. Isolation and structure determination of five new lignans. <em>Chemical and Pharmaceutical Bulletin<\/em>. 1979;27(6):1383-1394.<\/p>\n<p>Lu Y, Chen DF. Analysis of <em>Schisandra chinensis<\/em> and <em>Schisandra sphenanthera<\/em>. <em>Journal of Chromatography A<\/em>. 2009;1216(11):1980-1990.<\/p>\n<p>Panossian A, Wikman G. Pharmacology of <em>Schisandra chinensis<\/em> Bail.: an overview of Russian research and uses in medicine. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>. 2008;118(2):183-212.<\/p>\n<p>Park JY, Kim KH. 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