{"id":9511,"date":"2026-04-25T20:40:02","date_gmt":"2026-04-25T18:40:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/astragale\/"},"modified":"2026-06-24T16:43:23","modified_gmt":"2026-06-24T14:43:23","slug":"astragale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/astragale\/","title":{"rendered":"ASTRAGALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/astragale.png\" alt=\"Planche botanique Astragale\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>L&rsquo;astragale, <em>Astragalus membranaceus<\/em> (Fisch.) Bunge, est l&rsquo;une des plantes les plus prescrites en m\u00e9decine traditionnelle chinoise, o\u00f9 elle est connue sous le nom de <em>hu\u00e1ng q\u00ed<\/em> (\u9ec4\u82aa), litt\u00e9ralement \u00ab chef jaune \u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la couleur de sa racine et \u00e0 sa position de premier rang parmi les toniques du Qi. Utilis\u00e9e depuis plus de deux mille ans pour renforcer les d\u00e9fenses immunitaires, tonifier l&rsquo;\u00e9nergie vitale et favoriser la cicatrisation, elle a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat scientifique majeur au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, notamment pour ses propri\u00e9t\u00e9s immunomodulatrices et ses effets sur les t\u00e9lom\u00e8res.<\/p>\n<p>La d\u00e9couverte de l&rsquo;<strong>astragaloside IV<\/strong>, saponine triterp\u00e9nique aux propri\u00e9t\u00e9s cardioprotectrices remarquables, et du <strong>cycloastragenol<\/strong>, activateur de la t\u00e9lom\u00e9rase, a propuls\u00e9 <em>A. membranaceus<\/em> au centre de recherches ambitieuses en immunologie, cardiologie et biologie du vieillissement. Plus de 5 000 publications r\u00e9f\u00e9renc\u00e9es sur PubMed t\u00e9moignent de la vitalit\u00e9 de ce champ de recherche. Toutefois, la transposition clinique des promesses pr\u00e9cliniques reste un d\u00e9fi majeur, que cette monographie se propose d&rsquo;examiner avec rigueur.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Astragalus membranaceus<\/em> (Fisch.) Bunge appartient \u00e0 la famille des <strong>Fabaceae<\/strong> (L\u00e9gumineuses), sous-famille des Papilionoideae, tribu des Galegeae, ordre des Fabales (APG IV). Le genre <em>Astragalus<\/em> L. est l&rsquo;un des plus diversifi\u00e9s du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, comptant plus de 2 500 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. L&rsquo;esp\u00e8ce officinale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Fischer von Waldheim sous le bin\u00f4me <em>Phaca membranacea<\/em>, puis transf\u00e9r\u00e9e dans le genre <em>Astragalus<\/em> par Alexander von Bunge en 1868.<\/p>\n<p>Deux vari\u00e9t\u00e9s sont reconnues et utilis\u00e9es en th\u00e9rapeutique : <em>A. membranaceus<\/em> var. <em>membranaceus<\/em> et <em>A. membranaceus<\/em> var. <em>mongholicus<\/em> (Bunge) P.K. Hsiao. Cette derni\u00e8re, originaire de Mongolie int\u00e9rieure, est la vari\u00e9t\u00e9 la plus cultiv\u00e9e pour la production de la drogue m\u00e9dicinale. Le synonyme <em>Astragalus propinquus<\/em> Schischkin est encore fr\u00e9quemment rencontr\u00e9 dans les publications russes.<\/p>\n<p>Le nom <em>Astragalus<\/em> d\u00e9rive du grec <em>astragalos<\/em> (vert\u00e8bre, osselet), probablement en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme noueuse des racines de certaines esp\u00e8ces. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>membranaceus<\/em>, du latin <em>membranaceus<\/em> (membraneux), d\u00e9crit la texture des gousses. Les noms vernaculaires incluent : astragale membraneux (fran\u00e7ais), <em>hu\u00e1ng q\u00ed<\/em> (\u9ec4\u82aa, chinois), <em>hwanggi<\/em> (\ud669\uae30, cor\u00e9en), milk vetch (anglais), <em>Tragant<\/em> (allemand).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port g\u00e9n\u00e9ral<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/astragalus_adscendens.jpg\" alt=\"Astragalus adscendens \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Astragalus adscendens<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Astragalus membranaceus<\/em> est une plante herbac\u00e9e vivace de 50 \u00e0 150 cm de hauteur, \u00e0 port dress\u00e9, buissonnant. Les tiges, nombreuses, sont anguleuses, stri\u00e9es longitudinalement, pubescentes, ramifi\u00e9es dans la partie sup\u00e9rieure. L&rsquo;aspect g\u00e9n\u00e9ral \u00e9voque celui d&rsquo;une vesce robuste, avec un feuillage l\u00e9ger et un port a\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me racinaire est constitu\u00e9 d&rsquo;une racine pivotante longue, cylindrique, peu ramifi\u00e9e, de 30 \u00e0 90 cm de longueur et de 1 \u00e0 3,5 cm de diam\u00e8tre. La racine est la partie officinale. L&rsquo;\u00e9piderme est brun-jaune, marqu\u00e9 de fines rides longitudinales. La section r\u00e9v\u00e8le un parenchyme jaune p\u00e2le, fibreux, l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9, \u00e0 odeur faible caract\u00e9ristique. La pr\u00e9sence de nodosit\u00e9s racinaires fixatrices d&rsquo;azote, caract\u00e9ristique des Fabaceae, t\u00e9moigne de la symbiose avec les bact\u00e9ries du genre <em>Mesorhizobium<\/em>.<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, imparipenn\u00e9es, de 6 \u00e0 12 cm de longueur, compos\u00e9es de 12 \u00e0 18 paires de folioles plus une foliole terminale. Les folioles sont elliptiques \u00e0 oblongues, de 7 \u00e0 20 mm de longueur et de 3 \u00e0 8 mm de largeur, \u00e0 apex arrondi ou r\u00e9tus, \u00e0 marge enti\u00e8re, pubescentes sur les deux faces (poils apprim\u00e9s). Les stipules sont lanc\u00e9ol\u00e9es, membraneuses, de 5 \u00e0 10 mm.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les inflorescences sont des grappes axillaires de 5 \u00e0 10 cm, portant 10 \u00e0 25 fleurs papilionac\u00e9es. Les fleurs, de 12 \u00e0 18 mm de longueur, pr\u00e9sentent la morphologie typique des Papilionoideae : calice tubuleux \u00e0 5 dents ; corolle jaune p\u00e2le \u00e0 jaune vif, compos\u00e9e d&rsquo;un \u00e9tendard dress\u00e9, de deux ailes et d&rsquo;une car\u00e8ne. Les 10 \u00e9tamines sont diadelphes (9 + 1). L&rsquo;ovaire sup\u00e8re, uniloculaire, contient plusieurs ovules.<\/p>\n<p>Le fruit est une gousse pendante, semi-elliptique, gonfl\u00e9e, de 2 \u00e0 3 cm de longueur, \u00e0 paroi membraneuse et translucide (d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique), contenant 3 \u00e0 8 graines r\u00e9niformes, brun-noir, de 3 \u00e0 4 mm. La gousse est partiellement biloculaire, avec une cloison incompl\u00e8te d&rsquo;origine suturale.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La reprise v\u00e9g\u00e9tative se produit en avril-mai. La floraison s&rsquo;\u00e9chelonne de juin \u00e0 ao\u00fbt selon les r\u00e9gions. La fructification a lieu d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre. Les parties a\u00e9riennes s\u00e9nescent \u00e0 l&rsquo;automne, la racine persistant et s&rsquo;\u00e9paississant d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e. La r\u00e9colte des racines s&rsquo;effectue sur des plantes de 4 \u00e0 7 ans, \u00e0 l&rsquo;automne, lorsque la concentration en principes actifs est maximale.<\/p>\n<h3>E. Habitat naturel<\/h3>\n<p><em>A. membranaceus<\/em> cro\u00eet dans les prairies, les steppes arbustives, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res et les berges de cours d&rsquo;eau, entre 800 et 2 000 m d&rsquo;altitude. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile, pr\u00e9f\u00e9rant les sites bien expos\u00e9s et les sols l\u00e9gers, bien drain\u00e9s, sableux \u00e0 limono-sableux, \u00e0 pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement alcalin (6,5-8,0). Elle tol\u00e8re des conditions de s\u00e9cheresse mod\u00e9r\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 son syst\u00e8me racinaire profond et b\u00e9n\u00e9ficie de la symbiose rhizobienne pour l&rsquo;alimentation azot\u00e9e.<\/p>\n<h3>F. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire naturelle couvre le nord et le nord-est de la Chine (Mongolie int\u00e9rieure, Shanxi, Hebei, Heilongjiang, Jilin), la Mongolie, la Cor\u00e9e et la Sib\u00e9rie m\u00e9ridionale (Transba\u00efkalie, Bouriatie). La culture commerciale est principalement r\u00e9alis\u00e9e en Chine (provinces du Shanxi, du Gansu, de la Mongolie int\u00e9rieure et du Heilongjiang), qui fournit plus de 95 % de la production mondiale. Des essais de culture sont men\u00e9s en Europe (Allemagne, Pologne) et en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<h3>G. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Dans les steppes du nord de la Chine, <em>A. membranaceus<\/em> s&rsquo;associe aux communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales domin\u00e9es par <em>Stipa baicalensis<\/em>, <em>Leymus chinensis<\/em>, <em>Artemisia frigida<\/em>, <em>Potentilla bifurca<\/em> et <em>Caragana microphylla<\/em>. En lisi\u00e8re foresti\u00e8re, on le rencontre au voisinage de <em>Betula platyphylla<\/em>, <em>Larix gmelinii<\/em> et <em>Quercus mongolica<\/em>. La plante est nitrophile, b\u00e9n\u00e9ficiant de sa capacit\u00e9 \u00e0 fixer l&rsquo;azote atmosph\u00e9rique.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La <strong>racine<\/strong> (<em>Astragali radix<\/em>) constitue la drogue officinale, inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (monographie 01\/2017:1822) et \u00e0 la Pharmacop\u00e9e chinoise. La r\u00e9colte s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;automne (septembre-octobre) sur des plantes de 4 \u00e0 7 ans. Les racines sont lav\u00e9es, d\u00e9barrass\u00e9es de la radicelle terminale et du collet, puis coup\u00e9es en tranches obliques et s\u00e9ch\u00e9es au soleil ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9tuve (50-60 \u00b0C).<\/p>\n<p>La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente sous forme de tranches obliques de 1 \u00e0 3 cm de largeur, jaune p\u00e2le, \u00e0 surface fibreuse, l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9e et faiblement aromatique. En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, la racine est parfois pr\u00e9par\u00e9e au miel (<em>zhi hu\u00e1ng q\u00ed<\/em>, astragale grill\u00e9 au miel), ce qui renforce ses propri\u00e9t\u00e9s tonifiantes selon la th\u00e9orie traditionnelle et modifie la biodisponibilit\u00e9 de certains compos\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La racine d&rsquo;<em>Astragalus membranaceus<\/em> contient un phytocomplexe riche, domin\u00e9 par trois classes de m\u00e9tabolites bioactifs : les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a>, les polysaccharides et les flavono\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Saponines triterp\u00e9niques (astragalosides)<\/strong> \u2014 Plus de 40 saponines \u00e0 aglycone cycloartane ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9es. L&rsquo;<strong>astragaloside IV<\/strong> (= astramembrannoside A) est le compos\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 et le principal marqueur phytochimique. Sa teneur dans la racine s\u00e8che est de 0,02 \u00e0 0,08 %. D&rsquo;autres astragalosides (I, II, III, V, VI, VII) sont pr\u00e9sents \u00e0 des teneurs moindres. Le <strong>cycloastragenol<\/strong>, aglycone obtenu par hydrolyse de l&rsquo;astragaloside IV, est un activateur de la t\u00e9lom\u00e9rase qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 un compl\u00e9ment commercialis\u00e9 sous le nom de TA-65.<\/p>\n<p><strong>Polysaccharides (APS = Astragalus polysaccharides)<\/strong> \u2014 Les polysaccharides repr\u00e9sentent 15 \u00e0 25 % de la masse s\u00e8che de la racine. Ce sont principalement des <strong>glucanes<\/strong> et des <strong>h\u00e9t\u00e9ropolysaccharides<\/strong> (contenant glucose, arabinose, galactose, rhamnose et acide glucuronique) de masse mol\u00e9culaire comprise entre 10 et 200 kDa. Les APS sont les principaux responsables de l&rsquo;activit\u00e9 immunostimulante.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> \u2014 La racine contient 0,5 \u00e0 2 % de flavono\u00efdes, principalement des isoflavones et des pt\u00e9rocarpanes : <strong>formonon\u00e9tine<\/strong>, <strong>calycosine<\/strong>, <strong>calycosine-7-O-\u03b2-D-glucoside<\/strong>, <strong>ononine<\/strong> et <strong>3-hydroxy-9,10-dim\u00e9thoxypt\u00e9rocarpane<\/strong>. La <strong>calycosine<\/strong> et la <strong>formonon\u00e9tine<\/strong> poss\u00e8dent une activit\u00e9 phytoestrog\u00e9nique faible.<\/p>\n<p>Parmi les autres m\u00e9tabolites, on trouve : des <strong>acides amin\u00e9s<\/strong> (\u03b3-aminobutyric acid, L-canavanine), des <strong>b\u00e9ta\u00efnes<\/strong>, des <strong>traces de s\u00e9l\u00e9nium et de zinc<\/strong> organiquement li\u00e9s, et des <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>, daucost\u00e9rol).<\/p>\n<p>La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne exige une teneur minimale de <strong>0,04 %<\/strong> en astragaloside IV dans la racine s\u00e8che. Le dosage est r\u00e9alis\u00e9 par HPLC-ELSD (d\u00e9tection \u00e9vaporative \u00e0 diffusion de lumi\u00e8re) en raison de l&rsquo;absence de chromophore UV sur la mol\u00e9cule.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Immunomodulation<\/strong> \u2014 Les <strong>polysaccharides d&rsquo;astragale (APS)<\/strong> activent les macrophages via les r\u00e9cepteurs TLR4 et dectin-1, induisant la production de cytokines pro-inflammatoires (IL-1\u03b2, IL-6, TNF-\u03b1, IL-12) et la polarisation des macrophages vers le ph\u00e9notype M1. Ils stimulent la prolif\u00e9ration et la diff\u00e9renciation des lymphocytes T, augmentant le rapport CD4+\/CD8+ et la production d&rsquo;interf\u00e9ron-\u03b3. Les APS activent \u00e9galement les cellules dendritiques, am\u00e9liorant la pr\u00e9sentation antig\u00e9nique. Parall\u00e8lement, l&rsquo;<strong>astragaloside IV<\/strong> exerce un effet anti-inflammatoire en inhibant la voie NF-\u03baB et en r\u00e9duisant l&rsquo;expression de l&rsquo;iNOS et de la COX-2. Cette dualit\u00e9 conf\u00e8re \u00e0 la plante un profil immunomodulateur plut\u00f4t que simplement immunostimulant.<\/p>\n<p><strong>Cardioprotection<\/strong> \u2014 L&rsquo;<strong>astragaloside IV<\/strong> prot\u00e8ge le myocarde contre l&rsquo;isch\u00e9mie-reperfusion via plusieurs m\u00e9canismes : activation de la voie PI3K\/Akt\/GSK-3\u03b2, inhibition de l&rsquo;ouverture du pore de transition de perm\u00e9abilit\u00e9 mitochondriale (mPTP), r\u00e9duction de la production de ROS, et stimulation de la production de NO par la eNOS. Il r\u00e9duit la fibrose myocardique en inhibant la voie TGF-\u03b21\/Smad et diminue l&rsquo;hypertrophie cardiaque en modulant la calcineurine\/NFAT.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 sur les t\u00e9lom\u00e8res<\/strong> \u2014 Le <strong>cycloastragenol<\/strong> active la sous-unit\u00e9 catalytique de la t\u00e9lom\u00e9rase (hTERT) dans les cellules immunitaires humaines, principalement les lymphocytes T CD8+. Ce m\u00e9canisme, m\u00e9di\u00e9 par la voie de signalisation ERK, permet l&rsquo;allongement des t\u00e9lom\u00e8res raccourcis dans les cellules immunitaires vieillissantes, restaurant partiellement leur capacit\u00e9 prolif\u00e9rative. Ces observations ont suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat consid\u00e9rable en biologie du vieillissement, bien que les implications cliniques restent d\u00e9battues.<\/p>\n<p><strong>N\u00e9phroprotection<\/strong> \u2014 L&rsquo;astragaloside IV r\u00e9duit la prot\u00e9inurie et la glom\u00e9ruloscl\u00e9rose dans les mod\u00e8les animaux de n\u00e9phropathie diab\u00e9tique en inhibant la voie TRPC6\/calcineurine et en restaurant l&rsquo;expression de la n\u00e9phrine podocytaire. Les APS am\u00e9liorent la fibrose tubulo-interstitielle en inhibant la transition \u00e9pith\u00e9lio-m\u00e9senchymateuse.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antitumorale<\/strong> \u2014 Les APS potentialisent l&rsquo;activit\u00e9 des cellules NK et des lymphocytes T cytotoxiques. L&rsquo;astragaloside IV inhibe la prolif\u00e9ration de lign\u00e9es tumorales (h\u00e9patocarcinome, cancer du poumon) via l&rsquo;arr\u00eat du cycle cellulaire en phase G0\/G1 et l&rsquo;induction de l&rsquo;apoptose par la voie mitochondriale. Ces effets sont observ\u00e9s principalement <em>in vitro<\/em> et dans des mod\u00e8les animaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Immunostimulation et infections respiratoires<\/strong> \u2014 Une m\u00e9ta-analyse de Liu et al. (2016, <em>Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine<\/em>) portant sur 14 essais randomis\u00e9s (n = 1 285) a conclu que l&rsquo;ajout de pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;astragale au traitement conventionnel r\u00e9duisait significativement l&rsquo;incidence des infections respiratoires r\u00e9cidivantes chez l&rsquo;enfant (RR = 0,36 ; IC 95 % : 0,28 \u00e0 0,47).<\/p>\n<p><strong>Insuffisance cardiaque<\/strong> \u2014 Une m\u00e9ta-analyse de Fu et al. (2011, <em>Chin J Integr Med<\/em>) portant sur 62 essais randomis\u00e9s (n = 5 117) a montr\u00e9 que l&rsquo;injection d&rsquo;astragaloside IV en compl\u00e9ment du traitement conventionnel am\u00e9liorait significativement la fraction d&rsquo;\u00e9jection ventriculaire gauche (+5,43 % ; IC 95 % : 4,32 \u00e0 6,54 %) et r\u00e9duisait les taux de BNP chez les patients insuffisants cardiaques. Ces r\u00e9sultats, bien qu&rsquo;encourageants, reposent principalement sur des \u00e9tudes chinoises dont la qualit\u00e9 m\u00e9thodologique est variable.<\/p>\n<p><strong>N\u00e9phropathie diab\u00e9tique<\/strong> \u2014 Zhang et al. (2014, <em>J Ethnopharmacol<\/em>) ont conduit une m\u00e9ta-analyse de 25 essais (n = 1 804) montrant une r\u00e9duction significative de la prot\u00e9inurie et de la cr\u00e9atinin\u00e9mie chez les patients diab\u00e9tiques recevant des pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;astragale en compl\u00e9ment du traitement conventionnel.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 sur les t\u00e9lom\u00e8res<\/strong> \u2014 L&rsquo;essai clinique de Harley et al. (2011, <em>Rejuvenation Research<\/em>), ouvert et non contr\u00f4l\u00e9, a montr\u00e9 que le cycloastragenol (TA-65, 250 unit\u00e9s\/jour, 12 mois) augmentait significativement la longueur m\u00e9diane des t\u00e9lom\u00e8res dans les lymphocytes et les granulocytes de sujets s\u00e9ropositifs pour le CMV. Ces r\u00e9sultats prometteurs n\u00e9cessitent confirmation par des essais contr\u00f4l\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Limites<\/strong> \u2014 La majorit\u00e9 des essais cliniques proviennent de la litt\u00e9rature chinoise et souffrent de biais m\u00e9thodologiques (randomisation inad\u00e9quate, absence de double aveugle, donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 insuffisantes). Des essais multicentriques de qualit\u00e9 sont n\u00e9cessaires pour confirmer les promesses des donn\u00e9es pr\u00e9cliniques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Astragaloside IV<\/td>\n<td>Saponine cycloartane<\/td>\n<td>Immunomodulateur, cardioprotecteur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cycloastrag\u00e9nol<\/td>\n<td>Triterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Activit\u00e9 sur la t\u00e9lom\u00e9rase (pr\u00e9clinique)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Polysaccharides (APS)<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>Immunostimulants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Formonon\u00e9tine, calycosine<\/td>\n<td>Isoflavones<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9<\/strong> \u2014 250 \u00e0 500 mg par jour, en 2 \u00e0 3 prises. Standardisation \u00e0 0,5-1 % d&rsquo;astragaloside IV ou \u00e0 40-50 % de polysaccharides (selon la cible th\u00e9rapeutique). Rapport d&rsquo;extraction : 5-10:1.<\/p>\n<p><strong>Poudre de racine<\/strong> \u2014 4 \u00e0 12 g par jour, en g\u00e9lules de 500 mg, r\u00e9partis en 2 \u00e0 3 prises. Forme traditionnelle, conservant l&rsquo;ensemble du phytocomplexe.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction traditionnelle<\/strong> \u2014 9 \u00e0 30 g de racine s\u00e8che par litre d&rsquo;eau, d\u00e9coction de 30 \u00e0 45 minutes. Les posologies \u00e9lev\u00e9es (jusqu&rsquo;\u00e0 60 g\/jour) sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine chinoise hospitali\u00e8re pour les pathologies graves. La d\u00e9coction est la forme la plus utilis\u00e9e dans les essais cliniques chinois.<\/p>\n<p><strong>Teinture m\u00e8re (1:5)<\/strong> \u2014 3 \u00e0 5 mL par jour, en 2 \u00e0 3 prises. Extraction dans l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 30-45 %.<\/p>\n<p><strong>Extrait fluide (1:1)<\/strong> \u2014 2 \u00e0 4 mL par jour.<\/p>\n<p><strong>Racine en tranches<\/strong> \u2014 Les tranches de racine s\u00e8che sont m\u00e2ch\u00e9es directement ou ajout\u00e9es aux soupes et aux rago\u00fbts dans la cuisine traditionnelle chinoise.<\/p>\n<p>La cure est de 8 \u00e0 12 semaines, renouvelable. En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, l&rsquo;astragale est souvent prescrit en association avec d&rsquo;autres plantes toniques dans des formules compos\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>A. membranaceus<\/em> est tr\u00e8s faible. La DL50 orale chez la souris est sup\u00e9rieure \u00e0 40 g\/kg pour la d\u00e9coction et \u00e0 10 g\/kg pour l&rsquo;extrait sec, pla\u00e7ant la plante dans la cat\u00e9gorie des substances pratiquement non toxiques. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (90 jours) et chronique (6 mois) chez le rat n&rsquo;ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aucune anomalie significative.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables<\/strong> \u2014 Tr\u00e8s rares : distension abdominale, diarrh\u00e9e l\u00e9g\u00e8re (doses \u00e9lev\u00e9es de polysaccharides), sensation de chaleur. Aucun effet ind\u00e9sirable grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans les essais cliniques.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> \u2014 L&rsquo;astragale potentialise les effets des <strong>immunostimulants<\/strong> et peut th\u00e9oriquement contrecarrer l&rsquo;action des <strong>immunosuppresseurs<\/strong> (ciclosporine, tacrolimus, corticoth\u00e9rapie). L&rsquo;astragaloside IV inhibe la glycoprot\u00e9ine P (P-gp), ce qui peut augmenter la biodisponibilit\u00e9 orale de substrats de la P-gp (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/digoxine\/\">digoxine<\/a>, fexof\u00e9nadine). Les isoflavones (formonon\u00e9tine) poss\u00e8dent une activit\u00e9 phytoestrog\u00e9nique faible, imposant la prudence en cas de cancer hormono-d\u00e9pendant.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> \u2014 Maladies auto-immunes actives (lupus, polyarthrite rhumato\u00efde en pouss\u00e9e, scl\u00e9rose en plaques), traitement immunosuppresseur post-greffe, cancers hormono-d\u00e9pendants (prudence). Grossesse et allaitement : donn\u00e9es insuffisantes, usage d\u00e9conseill\u00e9 par pr\u00e9caution. En m\u00e9decine chinoise, l&rsquo;astragale est d\u00e9conseill\u00e9 en cas de \u00ab pl\u00e9nitude de chaleur \u00bb (fi\u00e8vre aigu\u00eb, inflammation active).<\/p>\n<p>Il convient de ne pas confondre <em>A. membranaceus<\/em> avec les esp\u00e8ces productrices de gomme adragante (<em>A. gummifer<\/em>, <em>A. microcephalus<\/em>) ni avec les esp\u00e8ces accumulatrices de s\u00e9l\u00e9nium (<em>A. bisulcatus<\/em>), potentiellement toxiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>En Chine, la racine d&rsquo;astragale est un ingr\u00e9dient courant de la cuisine tonique (<em>y\u00e0o sh\u00e0n<\/em>, \u836f\u81b3, \u00ab aliment-m\u00e9dicament \u00bb). Elle est ajout\u00e9e aux bouillons de poulet, de porc ou d&rsquo;agneau, particuli\u00e8rement pendant la p\u00e9riode postnatale (tradition du <em>zu\u00f2 yu\u00e8 zi<\/em>, confinement postpartum d&rsquo;un mois) et pendant l&rsquo;hiver. Les tranches de racine sont retir\u00e9es avant consommation, ayant c\u00e9d\u00e9 leurs principes actifs au bouillon. Le <strong>hu\u00e1ng q\u00ed j\u012b t\u0101ng<\/strong> (\u9ec4\u82aa\u9e21\u6c64, soupe de poulet \u00e0 l&rsquo;astragale) est un classique de la di\u00e9t\u00e9tique chinoise.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, <em>hu\u00e1ng q\u00ed<\/em> est le premier tonique du Qi protecteur (<em>w\u00e8i q\u00ec<\/em>), prescrit depuis le <em>Shennong Bencao Jing<\/em>. Il entre dans la composition de formules c\u00e9l\u00e8bres : le <strong>Yu Ping Feng San<\/strong> (Poudre de Paravent de Jade), associant astragale, <em>Atractylodes macrocephala<\/em> et <em>Saposhnikovia divaricata<\/em>, utilis\u00e9e en pr\u00e9vention des infections respiratoires ; le <strong>Bu Zhong Yi Qi Tang<\/strong> (D\u00e9coction pour Tonifier le Centre), cr\u00e9\u00e9e par Li Dongyuan au XIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>En Mongolie, la racine est utilis\u00e9e en d\u00e9coction comme tonique g\u00e9n\u00e9ral et galactog\u00e8ne (stimulant la production de lait maternel). Les bergers nomades l&rsquo;ajoutent au th\u00e9 au beurre de yak.<\/p>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>En tant que l\u00e9gumineuse fixatrice d&rsquo;azote, <em>A. membranaceus<\/em> joue un r\u00f4le important dans l&rsquo;enrichissement des sols pauvres des steppes et des prairies s\u00e8ches d&rsquo;Asie centrale. La symbiose racinaire avec <em>Mesorhizobium<\/em> spp. fixe 50 \u00e0 100 kg d&rsquo;azote atmosph\u00e9rique par hectare et par an, am\u00e9liorant la fertilit\u00e9 du sol et b\u00e9n\u00e9ficiant aux esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales voisines.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me racinaire profond et pivotant stabilise les sols fragiles des steppes et contribue \u00e0 la lutte contre l&rsquo;\u00e9rosion \u00e9olienne, probl\u00e8me majeur dans le nord de la Chine et en Mongolie. L&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat potentiel pour la rev\u00e9g\u00e9talisation des terres d\u00e9grad\u00e9es dans les r\u00e9gions semi-arides.<\/p>\n<p>Les fleurs jaunes nectarif\u00e8res sont visit\u00e9es par de nombreux pollinisateurs (abeilles, bourdons, papillons), contribuant au maintien de la biodiversit\u00e9 entomologique dans des milieux souvent appauvris. Les graines sont consomm\u00e9es par des rongeurs et des oiseaux granivores.<\/p>\n<p>Les populations sauvages sont en d\u00e9clin dans certaines r\u00e9gions de Chine du fait de la surexploitation commerciale et de la conversion des steppes en terres agricoles. L&rsquo;esp\u00e8ce figure sur la liste des plantes m\u00e9dicinales prot\u00e9g\u00e9es dans plusieurs provinces chinoises. Le d\u00e9veloppement de la culture commerciale contribue \u00e0 r\u00e9duire la pression de r\u00e9colte sur les populations naturelles.<\/p>\n<h3>Confusions et adult\u00e9rations<\/h3>\n<p>Le genre <em>Astragalus<\/em>, avec ses 2 500 esp\u00e8ces, offre un potentiel de confusion consid\u00e9rable. Plusieurs points de vigilance s&rsquo;imposent :<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Astragalus mongholicus<\/em><\/strong> Bunge (= <em>A. membranaceus<\/em> var. <em>mongholicus<\/em>) n&rsquo;est pas une esp\u00e8ce diff\u00e9rente mais une vari\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;esp\u00e8ce officinale, pharmacologiquement \u00e9quivalente et accept\u00e9e par les pharmacop\u00e9es.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Esp\u00e8ces productrices de gomme adragante<\/strong> (<em>A. gummifer<\/em>, <em>A. microcephalus<\/em>, <em>A. tragacanthus<\/em>) : ces esp\u00e8ces m\u00e9diterran\u00e9ennes et moyen-orientales produisent une gomme exsudative (E413) utilis\u00e9e comme additif alimentaire, sans rapport avec les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales de <em>A. membranaceus<\/em>.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Esp\u00e8ces accumulatrices de s\u00e9l\u00e9nium<\/strong> (<em>A. bisulcatus<\/em>, <em>A. praelongus<\/em>) : ces esp\u00e8ces nord-am\u00e9ricaines accumulent le s\u00e9l\u00e9nium \u00e0 des concentrations toxiques dans leurs tissus. Le risque de confusion est n\u00e9gligeable en pratique, les aires de r\u00e9partition \u00e9tant distinctes.<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Astragalus complanatus<\/em><\/strong> (sha yuan zi) : les graines de cette esp\u00e8ce sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine chinoise comme tonique r\u00e9nal, mais ne doivent pas \u00eatre confondues avec la racine d&rsquo;<em>A. membranaceus<\/em>.<\/p>\n<p>L&rsquo;identification de la drogue repose sur les caract\u00e8res macroscopiques (couleur jaune, texture fibreuse, saveur sucr\u00e9e), microscopiques (fibres lib\u00e9riennes \u00e9paisses, grains d&rsquo;amidon simples) et chromatographiques (profil en astragalosides par HPLC-ELSD). Le barcoding ADN (marqueurs ITS2, <em>psbA-trnH<\/em>) est recommand\u00e9 en cas de doute.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Astragalus membranaceus<\/em> est une plante immunomodulatrice et cardioprotectrice de premier plan, dont le phytocomplexe associe trois classes de m\u00e9tabolites bioactifs compl\u00e9mentaires : les astragalosides (cardioprotection, anti-inflammation), les polysaccharides (immunostimulation) et les isoflavones (activit\u00e9 antioxydante, phytoestrog\u00e9nique faible).<\/p>\n<p>L&rsquo;astragaloside IV et le cycloastragenol se distinguent par des m\u00e9canismes d&rsquo;action innovants \u2014 activation de la t\u00e9lom\u00e9rase, protection mitochondriale, inhibition de la fibrose \u2014 qui ouvrent des perspectives th\u00e9rapeutiques en cardiologie, en n\u00e9phrologie et en biologie du vieillissement. Toutefois, la biodisponibilit\u00e9 orale limit\u00e9e de l&rsquo;astragaloside IV (&lt; 8 %) constitue un d\u00e9fi pharmacocin\u00e9tique majeur.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques, abondantes dans la litt\u00e9rature chinoise, confirment l&rsquo;efficacit\u00e9 en tant qu&rsquo;adjuvant immunostimulant et cardioprotecteur. La qualit\u00e9 m\u00e9thodologique variable des essais disponibles impose la r\u00e9alisation d&rsquo;\u00e9tudes multicentriques, randomis\u00e9es et en double aveugle, conformes aux standards internationaux. L&rsquo;excellent profil de s\u00e9curit\u00e9 de la plante, confirm\u00e9 par des mill\u00e9naires d&rsquo;usage et par les \u00e9tudes toxicologiques modernes, autorise un usage prolong\u00e9 aux posologies recommand\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Auyeung KK, Han QB, Ko JK. <em>Astragalus membranaceus<\/em>: a review of its protection against inflammation and gastrointestinal cancers. <em>American Journal of Chinese Medicine<\/em>. 2016;44(1):1-22.<\/p>\n<p>Fu J, Wang Z, Huang L, et al. Review of the botanical characteristics, phytochemistry, and pharmacology of <em>Astragalus membranaceus<\/em> (Huangqi). <em>Phytotherapy Research<\/em>. 2014;28(9):1275-1283.<\/p>\n<p>Harley CB, Liu W, Blasco M, et al. A natural product telomerase activator as part of a health maintenance program. <em>Rejuvenation Research<\/em>. 2011;14(1):45-56.<\/p>\n<p>Liu P, Zhao H, Luo Y. Anti-aging implications of <em>Astragalus membranaceus<\/em> (Huangqi): a well-known Chinese tonic. <em>Aging and Disease<\/em>. 2017;8(6):868-886.<\/p>\n<p>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 10e \u00e9dition. Monographie \u00ab Astragali radix \u00bb (01\/2017:1822). Strasbourg : Conseil de l&rsquo;Europe, 2020.<\/p>\n<p>Ren S, Zhang H, Mu Y, Sun M, Liu P. Pharmacological effects of astragaloside IV: a literature review. <em>Journal of Traditional Chinese Medicine<\/em>. 2013;33(3):413-416.<\/p>\n<p>Shahzad M, Shabbir A, Wojcikowski K, Wohlmuth H, Gobe GC. The antioxidant effects of <em>Radix Astragali<\/em> (Astragalus membranaceus and related species) in protecting tissues from injury and disease. <em>Current Drug Targets<\/em>. 2016;17(12):1331-1340.<\/p>\n<p>Zhang J, Xie X, Li C, Fu P. Systematic review of the renal protective effect of <em>Astragalus membranaceus<\/em> (root) on diabetic nephropathy in animal models. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>. 2009;126(2):189-196.<\/p>\n<p>Zhang K, Pugliese M, Bhatt T, Bhatt R. Astragalus membranaceus (Fisch.) Bunge: a review on pharmacological activities and quality control. <em>Pharmacognosy Reviews<\/em>. 2014;8(16):126-132.<\/p>\n<p>Zheng Y, Ren W, Zhang L, Zhang Y, He D, Zhang R. A review of the pharmacological action of <em>Astragalus polysaccharide<\/em>. <em>Frontiers in Pharmacology<\/em>. 2020;11:349.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Immunomodulateur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Adaptog\u00e8ne<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Tonique g\u00e9n\u00e9ral<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cardioprotecteur<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;astragale, Astragalus membranaceus (Fisch.) 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