{"id":9512,"date":"2026-04-25T20:40:02","date_gmt":"2026-04-25T18:40:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/maca\/"},"modified":"2026-06-24T16:43:23","modified_gmt":"2026-06-24T14:43:23","slug":"maca","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/maca\/","title":{"rendered":"MACA"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Maca.jpg\" alt=\"Planche botanique Maca\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La maca, <em>Lepidium meyenii<\/em> Walp., est une plante herbac\u00e9e des hauts plateaux andins dont l&rsquo;hypocotyle charnu est consomm\u00e9 depuis des mill\u00e9naires par les populations quechuas et aymaras comme aliment tonique et fortifiant. Cultiv\u00e9e entre 3 800 et 4 500 m d&rsquo;altitude dans la <em>puna<\/em> du P\u00e9rou central, elle repr\u00e9sente l&rsquo;une des rares esp\u00e8ces cultiv\u00e9es capables de prosp\u00e9rer dans des conditions environnementales extr\u00eames : gels nocturnes, rayonnement ultraviolet intense, vents violents et sols pauvres. Cette r\u00e9silience exceptionnelle a naturellement conduit les populations andines \u00e0 lui attribuer des propri\u00e9t\u00e9s tonifiantes et fertilisantes.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique occidental pour la maca s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990, stimul\u00e9 par les travaux pionniers de Gustavo Gonzales (Universidad Peruana Cayetano Heredia) sur ses effets sur la fertilit\u00e9 et la fonction sexuelle. La d\u00e9couverte de m\u00e9tabolites originaux \u2014 <strong>macamides<\/strong>, <strong>maca\u00e8nes<\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong> \u2014 a confirm\u00e9 l&rsquo;originalit\u00e9 phytochimique de cette Brassicac\u00e9e andine. Aujourd&rsquo;hui, la maca fait l&rsquo;objet d&rsquo;une production croissante, d&rsquo;un commerce mondialis\u00e9 et de d\u00e9bats scientifiques sur la validit\u00e9 de ses multiples all\u00e9gations th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Lepidium meyenii<\/em> Walp. appartient \u00e0 la famille des <strong>Brassicaceae<\/strong> (Crucif\u00e8res), ordre des Brassicales, clade des Rosid\u00e9es (APG IV). Le genre <em>Lepidium<\/em> L. est cosmopolite, comprenant environ 230 esp\u00e8ces herbac\u00e9es. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Wilhelm Gerhard Walpers en 1843, \u00e0 partir de sp\u00e9cimens collect\u00e9s dans les Andes p\u00e9ruviennes. Le synonyme <em>Lepidium peruvianum<\/em> Chac\u00f3n, propos\u00e9 par Gloria Chac\u00f3n de Popovici en 1990 pour les formes cultiv\u00e9es, est contest\u00e9 taxonomiquement et n&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement pas accept\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse phylog\u00e9n\u00e9tique (marqueurs ITS et chloroplastiques) place <em>L. meyenii<\/em> dans la section <em>Monoploca<\/em> du genre <em>Lepidium<\/em>, proche de <em>L. bipinnatifidum<\/em> et de <em>L. chichicara<\/em>, esp\u00e8ces sauvages des hauts plateaux andins. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 64), avec un g\u00e9nome relativement large pour une Brassicac\u00e9e.<\/p>\n<p>Le nom <em>Lepidium<\/em> d\u00e9rive du grec <em>lepidion<\/em> (petite \u00e9caille), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des silicules. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>meyenii<\/em> honore le botaniste allemand Franz Julius Ferdinand Meyen (1804-1840). Les noms vernaculaires incluent : maca (espagnol et quechua), <em>maca-maca<\/em>, <em>maino<\/em>, <em>ayak chichira<\/em> (quechua), <em>pepperweed<\/em> (anglais). En fran\u00e7ais, le terme \u00ab maca \u00bb est le plus courant.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port g\u00e9n\u00e9ral<\/h3>\n<p><em>Lepidium meyenii<\/em> est une plante herbac\u00e9e, annuelle \u00e0 bisannuelle, de port prostr\u00e9 \u00e0 semi-prostr\u00e9, atteignant 12 \u00e0 20 cm de hauteur seulement. La rosette foliaire, plaqu\u00e9e au sol, forme un disque de 15 \u00e0 30 cm de diam\u00e8tre. Ce port rasant est une adaptation aux vents violents et aux conditions extr\u00eames de la <em>puna<\/em> andine. La partie hypog\u00e9e \u2014 un hypocotyle charnu renfl\u00e9 \u2014 constitue l&rsquo;organe de r\u00e9serve et d&rsquo;int\u00e9r\u00eat agronomique.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>L&rsquo;organe souterrain principal est un <strong>hypocotyle<\/strong> (et non un tubercule au sens strict), napiforme \u00e0 globuleux, de 3 \u00e0 8 cm de diam\u00e8tre et de 3 \u00e0 6 cm de longueur. Sa forme \u00e9voque celle d&rsquo;un petit navet ou d&rsquo;un radis. La couleur de l&rsquo;\u00e9piderme varie selon les \u00e9cotypes : jaune cr\u00e8me (le plus courant), rouge, violet, noir, gris ou bicolore. L&rsquo;int\u00e9rieur est blanc \u00e0 jaune p\u00e2le, charnu, \u00e0 saveur piquante-sucr\u00e9e \u00e9voquant le butterscotch. La racine proprement dite, fine et pivotante, se prolonge sous l&rsquo;hypocotyle sur 10 \u00e0 20 cm.<\/p>\n<p>Les feuilles basales forment une rosette dense, prostr\u00e9e. Elles sont bipennatis\u00e9qu\u00e9es, de 10 \u00e0 20 cm de longueur, \u00e0 segments lin\u00e9aires \u00e0 oblongs. Les feuilles sont renouvel\u00e9es en continu depuis le m\u00e9rist\u00e8me central de la rosette, les feuilles externes s\u00e9nescant progressivement. La surface foliaire totale r\u00e9duite est une adaptation \u00e0 la dessiccation et au rayonnement UV intense.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>La hampe florale, produite apr\u00e8s la maturation de l&rsquo;hypocotyle (g\u00e9n\u00e9ralement la seconde ann\u00e9e), est une grappe compos\u00e9e compacte, dress\u00e9e, de 2 \u00e0 5 cm de hauteur. Les fleurs sont typiques des Brassicac\u00e9es : petites (2-3 mm), t\u00e9tram\u00e8res, \u00e0 4 s\u00e9pales verd\u00e2tres et 4 p\u00e9tales blanc cr\u00e8me, tr\u00e8s r\u00e9duits. Les \u00e9tamines sont au nombre de 2 (r\u00e9duction caract\u00e9ristique du genre <em>Lepidium<\/em>). L&rsquo;ovaire sup\u00e8re produit une silicule orbiculaire-ovo\u00efde de 3 \u00e0 4 mm, contenant 2 graines.<\/p>\n<p>Les graines sont ovales, aplaties, brun rouge\u00e2tre, de 1 \u00e0 2 mm. L&rsquo;autof\u00e9condation est le mode de reproduction pr\u00e9dominant, la plante \u00e9tant largement autogame, ce qui contribue \u00e0 l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique des populations cultiv\u00e9es.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Le cycle cultural traditionnel d\u00e9bute par le semis en septembre-novembre (printemps austral). La rosette foliaire se d\u00e9veloppe pendant 7 \u00e0 9 mois, l&rsquo;hypocotyle se renflant progressivement. La r\u00e9colte intervient de juin \u00e0 ao\u00fbt, soit environ 8 \u00e0 10 mois apr\u00e8s le semis. Si la plante est laiss\u00e9e en place, la floraison et la fructification se produisent pendant la saison s\u00e8che (mai-juillet) de l&rsquo;ann\u00e9e suivante. Le cycle complet, du semis \u00e0 la production de graines, dure 14 \u00e0 18 mois.<\/p>\n<h3>E. Habitat naturel<\/h3>\n<p><em>L. meyenii<\/em> est une esp\u00e8ce strictement inf\u00e9od\u00e9e aux hauts plateaux andins, entre 3 800 et 4 500 m d&rsquo;altitude, dans l&rsquo;\u00e9tage bioclimatique de la <em>puna<\/em> humide. L&rsquo;environnement est caract\u00e9ris\u00e9 par des temp\u00e9ratures moyennes basses (0 \u00e0 7 \u00b0C), des amplitudes thermiques journali\u00e8res consid\u00e9rables (gels nocturnes fr\u00e9quents), un rayonnement solaire intense (dont un flux UV \u00e9lev\u00e9), des vents forts et des sols pauvres, acides (pH 4,5-5,5), \u00e0 faible teneur en mati\u00e8re organique. La pluviom\u00e9trie annuelle est de 500 \u00e0 800 mm, concentr\u00e9e pendant la saison humide (octobre-mars).<\/p>\n<h3>F. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire de culture historique se concentre dans les d\u00e9partements de Jun\u00edn et Pasco, au centre du P\u00e9rou, autour des localit\u00e9s de Carhuamayo, Jun\u00edn et \u00d3ndores, sur le plateau de Bomb\u00f3n \u00e0 4 100 m d&rsquo;altitude. La culture s&rsquo;est \u00e9tendue au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies \u00e0 d&rsquo;autres r\u00e9gions andines du P\u00e9rou (Cusco, Puno, Huancavelica) et \u00e0 la Bolivie. Des essais de culture ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s en Chine (Yunnan, \u00e0 3 000-3 500 m), avec des r\u00e9sultats variables quant \u00e0 la qualit\u00e9 phytochimique du produit obtenu.<\/p>\n<h3>G. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>La <em>puna<\/em> est domin\u00e9e par des gramin\u00e9es en touffes (genres <em>Stipa<\/em>, <em>Festuca<\/em>, <em>Calamagrostis<\/em>), des Ast\u00e9rac\u00e9es (genres <em>Senecio<\/em>, <em>Werneria<\/em>, <em>Perezia<\/em>) et des Rosac\u00e9es naines (<em>Alchemilla<\/em>). La maca est cultiv\u00e9e en rotation avec des jach\u00e8res longues (5 \u00e0 10 ans) p\u00e2tur\u00e9es par les cam\u00e9lid\u00e9s (lamas, alpagas). Ces animaux contribuent \u00e0 la fertilisation organique du sol. La culture est traditionnellement extensive, sans irrigation ni intrants chimiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>hypocotyle<\/strong> (improprement appel\u00e9 \u00ab racine \u00bb ou \u00ab tubercule \u00bb) constitue la partie utilis\u00e9e, tant en alimentation qu&rsquo;en phytoth\u00e9rapie. Apr\u00e8s la r\u00e9colte, les hypocotyles sont traditionnellement s\u00e9ch\u00e9s au soleil pendant plusieurs semaines sur les plateaux de la <em>puna<\/em>. Le produit sec (<em>maca seca<\/em>) se conserve pendant des ann\u00e9es et constitue la forme commerciale de base.<\/p>\n<p>Plusieurs types de maca sont distingu\u00e9s selon la couleur de l&rsquo;\u00e9piderme de l&rsquo;hypocotyle, chaque \u00e9cotype pr\u00e9sentant un profil phytochimique et des propri\u00e9t\u00e9s l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rents :<\/p>\n<p>\u2014 La <strong>maca jaune<\/strong> (la plus courante, environ 60 % de la production) est la forme la plus \u00e9tudi\u00e9e cliniquement, notamment pour ses effets sur la fertilit\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 La <strong>maca rouge<\/strong> est enrichie en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a> et a montr\u00e9 des propri\u00e9t\u00e9s sp\u00e9cifiques sur l&rsquo;hypertrophie prostatique chez l&rsquo;animal.<\/p>\n<p>\u2014 La <strong>maca noire<\/strong> est r\u00e9put\u00e9e la plus active sur la spermatogen\u00e8se et la cognition dans les \u00e9tudes pr\u00e9cliniques.<\/p>\n<p>La poudre de maca g\u00e9latinis\u00e9e (trait\u00e9e par cuisson et extrusion) est une forme commerciale courante, dont le proc\u00e9d\u00e9 de fabrication \u00e9limine l&rsquo;amidon et concentre les principes actifs.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition de l&rsquo;hypocotyle sec est d&rsquo;abord nutritionnelle : <strong>glucides<\/strong> (59-65 %, principalement amidon et sucres libres), <strong>prot\u00e9ines<\/strong> (10-14 %, profil en acides amin\u00e9s essentiels complet), <strong>fibres<\/strong> (8-9 %), <strong>lipides<\/strong> (2-3 %), <strong>min\u00e9raux<\/strong> (fer, zinc, calcium, potassium, cuivre) et <strong>vitamines<\/strong> (B1, B2, B6, C, niacine). Au-del\u00e0 de cette composition nutritionnelle, plusieurs classes de m\u00e9tabolites secondaires bioactifs ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Macamides<\/strong> \u2014 Les macamides sont des <strong>amides d&rsquo;acides gras<\/strong> \u00e0 longue cha\u00eene (N-benzylamides), sp\u00e9cifiques du genre <em>Lepidium<\/em> et consid\u00e9r\u00e9s comme les marqueurs phytochimiques les plus caract\u00e9ristiques de la maca. Les principaux sont : le <strong>N-benzylhexad\u00e9canamide<\/strong>, le <strong>N-benzyl-(9Z)-octad\u00e9c\u00e9namide<\/strong>, le <strong>N-benzyl-(9Z,12Z)-octad\u00e9cadi\u00e9namide<\/strong> et le <strong>N-(3-m\u00e9thoxybenzyl)-(9Z,12Z,15Z)-octad\u00e9catri\u00e9namide<\/strong>. Leur teneur totale est de 0,01 \u00e0 0,12 % de la masse s\u00e8che. Les macamides sont des inhibiteurs de la FAAH (Fatty Acid Amide Hydrolase), enzyme de d\u00e9gradation des endocannabino\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Maca\u00e8nes<\/strong> \u2014 Les maca\u00e8nes sont des <strong>acides gras polyinsatur\u00e9s<\/strong> \u00e0 longue cha\u00eene, non conjugu\u00e9s, \u00e9galement sp\u00e9cifiques de la maca. Le principal est le <strong>maca\u00e8ne-1<\/strong> (acide (1R,3S)-1-m\u00e9thylt\u00e9trahydro-\u03b2-carboline-3-carboxylique).<\/p>\n<p><strong>Glucosinolates<\/strong> \u2014 En tant que Brassicac\u00e9e, la maca contient des <strong>glucosinolates<\/strong>, pr\u00e9curseurs d&rsquo;isothiocyanates biologiquement actifs. Les principaux sont le <strong>glucotropa\u00e9oline<\/strong> (benzyl-glucosinolate), le <strong>m-m\u00e9thoxybenzyl glucosinolate<\/strong> et le <strong>5-m\u00e9thylsulfinylpentyl glucosinolate<\/strong>. Leur teneur est de 1 \u00e0 10 mg\/g de masse s\u00e8che, variable selon l&rsquo;\u00e9cotype et les conditions de culture.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> \u2014 Les <strong>macaridinies<\/strong> (imidazoliques) et le <strong>lepidiline A et B<\/strong> (1,3-dibenzyl-4,5-dim\u00e9thylimidazolium) sont des alcalo\u00efdes caract\u00e9ristiques, pr\u00e9sents \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de traces. La <strong>(1R,3S)-1-m\u00e9thylt\u00e9trahydro-\u03b2-carboline-3-carboxylique<\/strong> (MTCA) est un d\u00e9riv\u00e9 de la \u03b2-carboline potentiellement actif sur le syst\u00e8me nerveux central.<\/p>\n<p><strong>St\u00e9rols<\/strong> \u2014 <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, <strong>campest\u00e9rol<\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong> et <strong>brassicast\u00e9rol<\/strong>, repr\u00e9sentant 0,05 \u00e0 0,1 % de la masse s\u00e8che.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Effets sur la fertilit\u00e9 et la fonction sexuelle<\/strong> \u2014 Contrairement \u00e0 une id\u00e9e r\u00e9pandue, la maca n&rsquo;agit pas comme un phytoestrog\u00e8ne ni comme un androg\u00e8ne direct. Les taux s\u00e9riques de testost\u00e9rone, d&rsquo;\u0153stradiol, de LH et de FSH ne sont pas modifi\u00e9s par l&rsquo;administration de maca chez l&rsquo;homme. Le m\u00e9canisme propos\u00e9 repose sur l&rsquo;action des <strong>macamides<\/strong> : en inhibant la FAAH, ils augmentent les taux d&rsquo;endocannabino\u00efdes (anandamide), qui modulent positivement la libido et le bien-\u00eatre via les r\u00e9cepteurs CB1 centraux. Les <strong>glucosinolates<\/strong> (et leurs d\u00e9riv\u00e9s isothiocyanates) pourraient contribuer aux effets sur la spermatogen\u00e8se, bien que le m\u00e9canisme pr\u00e9cis reste \u00e0 \u00e9lucider.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 sur le syst\u00e8me nerveux central<\/strong> \u2014 La maca noire am\u00e9liore la m\u00e9moire et l&rsquo;apprentissage chez la souris, un effet attribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;inhibition de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase par les macamides et \u00e0 la modulation des r\u00e9cepteurs NMDA. Les alcalo\u00efdes \u03b2-carboliniques (MTCA) pourraient exercer un effet anxiolytique via une action GABAergique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 adaptog\u00e8ne<\/strong> \u2014 La maca r\u00e9duit les marqueurs biologiques du stress (cortisol, ACTH) chez l&rsquo;animal soumis \u00e0 un stress chronique, sans modifier la r\u00e9ponse aigu\u00eb au stress. L&rsquo;am\u00e9lioration de la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;effort physique (augmentation du temps de nage jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9puisement, \u00e9pargne glycog\u00e9nique) est bien document\u00e9e chez l&rsquo;animal.<\/p>\n<p><strong>Effets sur la prostate<\/strong> \u2014 La maca rouge r\u00e9duit le poids de la prostate dans les mod\u00e8les murins d&rsquo;hyperplasie prostatique induite par la testost\u00e9rone, un effet attribu\u00e9 aux glucosinolates et \u00e0 leurs d\u00e9riv\u00e9s isothiocyanates, qui inhibent la 5\u03b1-r\u00e9ductase.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> \u2014 Les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a>, les glucosinolates et les macamides contribuent \u00e0 une activit\u00e9 antioxydante mod\u00e9r\u00e9e, principalement par pi\u00e9geage des radicaux libres et activation de la SOD.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Fertilit\u00e9 masculine<\/strong> \u2014 L&rsquo;essai de Gonzales et al. (2001, <em>Asian J Androl<\/em>), randomis\u00e9 en double aveugle chez 12 hommes sains, a montr\u00e9 que la maca (1 500 ou 3 000 mg\/jour, 4 mois) augmentait significativement le volume de sperme, la num\u00e9ration spermatique et la motilit\u00e9 des spermatozo\u00efdes, sans modification des taux hormonaux (testost\u00e9rone, LH, FSH, \u0153stradiol). Une m\u00e9ta-analyse de Lee et al. (2016, <em>Maturitas<\/em>) portant sur 5 essais a conclu \u00e0 un effet positif sur les param\u00e8tres spermatiques, mais a soulign\u00e9 la faiblesse des effectifs.<\/p>\n<p><strong>Libido et fonction sexuelle<\/strong> \u2014 Gonzales et al. (2002, <em>Andrologia<\/em>) ont montr\u00e9 une am\u00e9lioration significative du d\u00e9sir sexuel avec 1 500-3 000 mg\/jour de maca pendant 8 semaines, ind\u00e9pendamment des taux de testost\u00e9rone. Dording et al. (2008, <em>CNS Neurosci Ther<\/em>) ont rapport\u00e9 une am\u00e9lioration significative du d\u00e9sir sexuel chez des femmes sous ISRS (antid\u00e9presseurs) recevant 3 000 mg\/jour de maca.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9nopause<\/strong> \u2014 Meissner et al. (2006, <em>Int J Biomed Sci<\/em>) ont conduit un essai randomis\u00e9 chez 168 femmes m\u00e9nopaus\u00e9es pr\u00e9coces. La maca (2 000 mg\/jour, 2 mois) a r\u00e9duit significativement les bouff\u00e9es de chaleur, les sueurs nocturnes et l&rsquo;humeur d\u00e9pressive, avec une diminution de la FSH et une augmentation de l&rsquo;\u0153stradiol.<\/p>\n<p><strong>Performance sportive<\/strong> \u2014 Stone et al. (2009, <em>J Int Soc Sports Nutr<\/em>) ont rapport\u00e9 une am\u00e9lioration significative du temps sur une \u00e9preuve cycliste de 40 km chez 8 athl\u00e8tes recevant un extrait de maca (2 000 mg\/jour, 14 jours).<\/p>\n<p><strong>Limites<\/strong> \u2014 Les effectifs sont faibles (n &lt; 50 dans la plupart des essais), les protocoles vari\u00e9s et les pr\u00e9parations insuffisamment standardis\u00e9es. Aucun essai de phase III de grande envergure n&#039;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9. Aucune monographie europ\u00e9enne n&#039;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e sur la maca.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Macamides<\/td>\n<td>Amides d\u2019acides gras<\/td>\n<td>Marqueurs ; effet tonique et sur la libido (pr\u00e9clinique)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Maca\u00e8nes<\/td>\n<td>Acides gras polyinsatur\u00e9s<\/td>\n<td>Compos\u00e9s caract\u00e9ristiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucosinolates<\/td>\n<td>Glucosinolates<\/td>\n<td>Pr\u00e9curseurs d\u2019isothiocyanates<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucides, prot\u00e9ines, min\u00e9raux<\/td>\n<td>Nutriments<\/td>\n<td>Valeur nutritive et remin\u00e9ralisante<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Poudre d&rsquo;hypocotyle sec<\/strong> \u2014 1 500 \u00e0 3 000 mg par jour (posologie la plus courante dans les essais cliniques), en g\u00e9lules de 500 mg, r\u00e9partis en 3 prises aux repas. La poudre crue conserve les glucosinolates intacts.<\/p>\n<p><strong>Poudre g\u00e9latinis\u00e9e<\/strong> \u2014 1 500 \u00e0 3 000 mg par jour. Le proc\u00e9d\u00e9 de g\u00e9latinisation (cuisson-extrusion) \u00e9limine l&rsquo;amidon, concentre les macamides et les st\u00e9rols, et am\u00e9liore la digestibilit\u00e9. C&rsquo;est la forme la plus courante sur le march\u00e9 des compl\u00e9ments.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec concentr\u00e9 (4:1 ou 10:1)<\/strong> \u2014 400 \u00e0 800 mg par jour, en g\u00e9lules. La concentration permet de r\u00e9duire le nombre de g\u00e9lules quotidiennes.<\/p>\n<p><strong>Poudre pour boisson<\/strong> \u2014 5 \u00e0 10 g de poudre de maca crue incorpor\u00e9e dans des smoothies, du lait ou du jus. Forme populaire dans les milieux sportifs et les adeptes d&rsquo;alimentation fonctionnelle.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction traditionnelle<\/strong> \u2014 L&rsquo;hypocotyle sec est bouilli dans l&rsquo;eau ou le lait pendant 20 \u00e0 30 minutes. Forme traditionnelle andine, consomm\u00e9e quotidiennement dans les communaut\u00e9s productrices.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e de cure recommand\u00e9e est de 6 \u00e0 12 semaines. La prise peut \u00eatre continue, la maca \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9e comme un aliment dans les Andes.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La maca est consomm\u00e9e comme aliment de base par les populations andines depuis des mill\u00e9naires, ce qui constitue un argument empirique fort en faveur de sa s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. La DL50 orale chez la souris n&rsquo;a pas pu \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 17 g\/kg (aucune mortalit\u00e9), confirmant une toxicit\u00e9 aigu\u00eb n\u00e9gligeable. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (90 jours) chez le rat \u00e0 1 g\/kg\/jour n&rsquo;ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aucune anomalie.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables<\/strong> \u2014 Tr\u00e8s rares : troubles gastro-intestinaux mineurs (ballonnement, gaz), insomnie (doses \u00e9lev\u00e9es), acn\u00e9 (rapport\u00e9e anecdotiquement). Les glucosinolates, \u00e0 tr\u00e8s haute dose, pourraient th\u00e9oriquement interf\u00e9rer avec la captation d&rsquo;iode par la thyro\u00efde (effet goitrog\u00e8ne), mais cet effet n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 aux posologies recommand\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> \u2014 Aucune interaction cliniquement significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e. Par prudence th\u00e9orique, l&rsquo;association avec les <strong>traitements thyro\u00efdiens<\/strong> (glucosinolates goitrog\u00e8nes) et les <strong>traitements hormonaux<\/strong> des cancers hormono-d\u00e9pendants doit \u00eatre discut\u00e9e au cas par cas.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> \u2014 Cancers hormono-d\u00e9pendants (donn\u00e9es insuffisantes sur l&rsquo;activit\u00e9 hormonale), grossesse (donn\u00e9es insuffisantes). L&rsquo;utilisation est traditionnellement poursuivie pendant la grossesse dans les Andes, mais cette pratique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e par des \u00e9tudes de s\u00e9curit\u00e9 modernes.<\/p>\n<p><strong>Contaminants<\/strong> \u2014 La maca cultiv\u00e9e en altitude dans les Andes est g\u00e9n\u00e9ralement exempte de pesticides. Cependant, des analyses ont d\u00e9tect\u00e9 des traces de m\u00e9taux lourds (plomb, cadmium) dans certains lots, en lien avec la g\u00e9ochimie des sols miniers p\u00e9ruviens. Le contr\u00f4le qualit\u00e9 doit inclure l&rsquo;analyse des contaminants.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La maca est un aliment de base dans les communaut\u00e9s quechuas de la <em>puna<\/em> p\u00e9ruvienne, o\u00f9 la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces cultivables est tr\u00e8s limit\u00e9e en raison de l&rsquo;altitude. L&rsquo;hypocotyle sec est traditionnellement bouilli dans l&rsquo;eau ou le lait pour pr\u00e9parer une bouillie sucr\u00e9e (<em>mazamorra de maca<\/em>), consomm\u00e9e au petit-d\u00e9jeuner. Il entre dans la pr\u00e9paration de la <em>chicha de maca<\/em>, boisson ferment\u00e9e l\u00e9g\u00e8rement alcoolis\u00e9e. Le <strong>maca frais<\/strong>, cuit au four enterr\u00e9 (<em>pachamanca<\/em>), est un mets de f\u00eate.<\/p>\n<p>Les chroniqueurs espagnols du XVIe si\u00e8cle (Cieza de Le\u00f3n, 1553 ; Cobo, 1653) mentionnent l&rsquo;usage de la maca par les populations indig\u00e8nes pour augmenter la fertilit\u00e9, tant humaine qu&rsquo;animale. Les conquistadors auraient nourri leurs chevaux avec de la maca pour compenser les effets de l&rsquo;altitude sur leur vigueur.<\/p>\n<p>Le commerce international de la maca a connu une croissance exponentielle depuis les ann\u00e9es 2000, transformant une culture vivri\u00e8re locale en produit d&rsquo;exportation mondialis\u00e9. Cette \u00e9volution a soulev\u00e9 des questions de souverainet\u00e9 alimentaire et de biopiraterie, le P\u00e9rou ayant pris des mesures pour prot\u00e9ger son patrimoine g\u00e9n\u00e9tique (interdiction d&rsquo;exportation de graines de maca en 2003, lev\u00e9e partielle en 2017). La Chine est devenue un producteur significatif, ce qui a provoqu\u00e9 des tensions commerciales avec le P\u00e9rou.<\/p>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p><em>Lepidium meyenii<\/em> est une esp\u00e8ce remarquablement adapt\u00e9e aux conditions extr\u00eames de la haute montagne tropicale. Sa capacit\u00e9 \u00e0 compl\u00e9ter son cycle de vie \u00e0 plus de 4 000 m d&rsquo;altitude, dans des conditions de gel, de s\u00e9cheresse et de rayonnement UV intenses, en fait un mod\u00e8le d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;\u00e9tude des m\u00e9canismes d&rsquo;adaptation des plantes au stress abiotique.<\/p>\n<p>La culture traditionnelle de la maca s&rsquo;inscrit dans un syst\u00e8me agropastoral durable, avec des rotations longues (5-10 ans de jach\u00e8re p\u00e2tur\u00e9e) qui permettent la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la fertilit\u00e9 du sol. Ce syst\u00e8me, d\u00e9velopp\u00e9 sur des si\u00e8cles par les communaut\u00e9s andines, constitue un exemple d&rsquo;agriculture adapt\u00e9e aux contraintes environnementales extr\u00eames.<\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;expansion rapide de la culture commerciale, stimul\u00e9e par la demande internationale, a conduit \u00e0 l&rsquo;intensification des pratiques dans certaines zones, avec des rotations raccourcies et la mise en culture de terrains sensibles. Cette \u00e9volution menace la durabilit\u00e9 du syst\u00e8me et la conservation des sols fragiles de la <em>puna<\/em>.<\/p>\n<p>La diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique de la maca cultiv\u00e9e est relativement faible, en raison de l&rsquo;autogamie pr\u00e9dominante et de la s\u00e9lection humaine mill\u00e9naire. La conservation des \u00e9cotypes color\u00e9s (rouge, noir, violet, gris), minoritaires sur le march\u00e9 mais dot\u00e9s de profils phytochimiques distincts, constitue un enjeu de pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9 agronomique.<\/p>\n<h3>Confusions et adult\u00e9rations<\/h3>\n<p>Le risque de confusion botanique est faible en raison de l&rsquo;aire de culture tr\u00e8s localis\u00e9e et du commerce sous forme de poudre s\u00e8che. Toutefois, quelques points m\u00e9ritent attention :<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Lepidium peruvianum<\/em><\/strong> Chac\u00f3n : ce bin\u00f4me, propos\u00e9 pour les formes cultiv\u00e9es, est consid\u00e9r\u00e9 comme synonyme de <em>L. meyenii<\/em> par la majorit\u00e9 des taxonomistes. Certains fabricants l&rsquo;utilisent \u00e0 des fins marketing pour revendiquer une distinction avec la maca \u00ab sauvage \u00bb. Il n&rsquo;y a pas de diff\u00e9rence botanique valid\u00e9e.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Maca chinoise vs maca p\u00e9ruvienne<\/strong> : la maca cultiv\u00e9e en Chine (Yunnan) \u00e0 des altitudes inf\u00e9rieures (3 000-3 500 m) pr\u00e9sente des profils en macamides et en glucosinolates potentiellement diff\u00e9rents de la maca p\u00e9ruvienne de haute altitude (&gt; 4 000 m). Des \u00e9tudes comparatives (Wang et al., 2018) ont montr\u00e9 des teneurs plus faibles en macamides dans la maca chinoise.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Adult\u00e9rations<\/strong> \u2014 Des cas de m\u00e9lange avec de la poudre de navets, de manioc ou d&rsquo;autres farines amylac\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s sur le march\u00e9 des compl\u00e9ments alimentaires. Le contr\u00f4le analytique repose sur le dosage HPLC des macamides et des glucosinolates, marqueurs sp\u00e9cifiques de la maca.<\/p>\n<p>\u2014 La maca ne doit pas \u00eatre confondue avec le <strong>maca du P\u00e9rou<\/strong> (<em>Smallanthus sonchifolius<\/em>), appel\u00e9 yac\u00f3n, qui est un Ast\u00e9rac\u00e9e tub\u00e9rif\u00e8re totalement diff\u00e9rente.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Lepidium meyenii<\/em> est une plante tonique et adaptog\u00e8ne originale, dont le profil phytochimique se distingue nettement de celui des adaptog\u00e8nes asiatiques classiques. Les macamides, amides d&rsquo;acides gras sp\u00e9cifiques inhibiteurs de la FAAH, et les glucosinolates constituent les marqueurs bioactifs les plus caract\u00e9ristiques. L&rsquo;absence d&rsquo;activit\u00e9 hormonale directe, confirm\u00e9e par les dosages hormonaux dans les essais cliniques, oriente les m\u00e9canismes vers une modulation du syst\u00e8me endocannabino\u00efde et de l&rsquo;axe du stress.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques, bien que prometteuses, restent de niveau de preuve mod\u00e9r\u00e9 (petits effectifs, standardisation variable). Les effets les mieux document\u00e9s concernent la fertilit\u00e9 masculine, la libido et la tol\u00e9rance aux sympt\u00f4mes m\u00e9nopausiques. L&rsquo;excellent profil de s\u00e9curit\u00e9, attest\u00e9 par des mill\u00e9naires de consommation alimentaire et confirm\u00e9 par les \u00e9tudes toxicologiques, autorise un usage prolong\u00e9.<\/p>\n<p>Les enjeux actuels incluent la standardisation des pr\u00e9parations (dosage des macamides et des glucosinolates), la caract\u00e9risation des diff\u00e9rences entre \u00e9cotypes color\u00e9s, et la pr\u00e9servation du patrimoine g\u00e9n\u00e9tique et culturel andin face \u00e0 la pression commerciale mondialis\u00e9e. Des essais cliniques de plus grande envergure, multicentriques et correctement standardis\u00e9s, sont n\u00e9cessaires pour confirmer les all\u00e9gations th\u00e9rapeutiques et permettre une \u00e9ventuelle reconnaissance officinale en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Dording CM, Fisher L, Papakostas G, et al. A double-blind, randomized, pilot dose-finding study of maca root (<em>L. meyenii<\/em>) for the management of SSRI-induced sexual dysfunction. <em>CNS Neuroscience &amp; Therapeutics<\/em>. 2008;14(3):182-191.<\/p>\n<p>Gonzales GF, C\u00f3rdova A, Vega K, Chung A, Villena A, G\u00f3\u00f1ez C. Effect of <em>Lepidium meyenii<\/em> (Maca), a root with aphrodisiac and fertility-enhancing properties, on serum reproductive hormone levels in adult healthy men. <em>Journal of Endocrinology<\/em>. 2003;176(1):163-168.<\/p>\n<p>Gonzales GF, C\u00f3rdova A, Gonzales C, Chung A, Vega K, Villena A. <em>Lepidium meyenii<\/em> (Maca) improved semen parameters in adult men. <em>Asian Journal of Andrology<\/em>. 2001;3(4):301-303.<\/p>\n<p>Gonzales GF. Ethnobiology and ethnopharmacology of <em>Lepidium meyenii<\/em> (Maca), a plant from the Peruvian Highlands. <em>Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine<\/em>. 2012;2012:193496.<\/p>\n<p>Lee MS, Lee HW, You S, Ha KT. 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