{"id":9514,"date":"2026-04-25T20:40:02","date_gmt":"2026-04-25T18:40:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/shatavari\/"},"modified":"2026-06-24T16:43:23","modified_gmt":"2026-06-24T14:43:23","slug":"shatavari","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/shatavari\/","title":{"rendered":"SHATAVARI"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Shatavari.jpg\" alt=\"Planche botanique SHATAVARI\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le shatavari, <em>Asparagus racemosus<\/em> Willd., est l&rsquo;un des piliers de la pharmacop\u00e9e ayurv\u00e9dique, o\u00f9 il est consid\u00e9r\u00e9 comme le tonique f\u00e9minin par excellence. Son nom sanskrit, <em>shata-vari<\/em>, litt\u00e9ralement \u00ab celle qui poss\u00e8de cent maris \u00bb, \u00e9voque avec une po\u00e9sie toute indienne ses vertus r\u00e9put\u00e9es sur la fertilit\u00e9 et la vitalit\u00e9 de la femme. Plante grimpante des for\u00eats tropicales d&rsquo;Asie du Sud, elle est inscrite dans les textes fondateurs de l&rsquo;Ayurveda \u2014 le <em>Charaka Samhita<\/em> et le <em>Sushruta Samhita<\/em> \u2014 depuis plus de deux mill\u00e9naires, o\u00f9 elle figure parmi les <em>rasayana<\/em> (toniques de long\u00e9vit\u00e9) et les <em>balya<\/em> (fortifiants).<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique occidental pour <em>A. racemosus<\/em> s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990, avec l&rsquo;isolement de ses principes actifs majeurs, les <strong>shatavarosides<\/strong> et les <strong>saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong> (shatavarine I \u00e0 X). Les recherches pharmacologiques ont confirm\u00e9 des propri\u00e9t\u00e9s galactog\u00e8nes, adaptog\u00e8nes, immunomodulatrices et gastroprotectrices, offrant une base scientifique aux usages traditionnels. Toutefois, la complexit\u00e9 de la phytochimie et la variabilit\u00e9 des pr\u00e9parations commerciales imposent une analyse pharmacognosique rigoureuse.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Asparagus racemosus<\/em> Willd. appartient \u00e0 la famille des <strong>Asparagaceae<\/strong>, sous-famille des Asparagoideae, ordre des Asparagales (APG IV). Le genre <em>Asparagus<\/em> L. comprend environ 300 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans l&rsquo;Ancien Monde, principalement en Afrique et en Asie. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Carl Ludwig Willdenow en 1799 dans le <em>Species Plantarum<\/em>.<\/p>\n<p>Certains auteurs distinguent plusieurs vari\u00e9t\u00e9s ou formes, notamment <em>A. racemosus<\/em> var. <em>javanicus<\/em> (Baker) et <em>A. racemosus<\/em> var. <em>subacerosus<\/em> Baker, mais la variabilit\u00e9 intrasp\u00e9cifique n&rsquo;est pas toujours clairement d\u00e9limit\u00e9e taxonomiquement. <em>Asparagus adscendens<\/em> Roxb. est une esp\u00e8ce proche, parfois confondue avec <em>A. racemosus<\/em> et utilis\u00e9e en substitution.<\/p>\n<p>Le nom <em>Asparagus<\/em> provient du grec <em>asparagos<\/em>, lui-m\u00eame d&rsquo;origine persane, d\u00e9signant une pousse ou un rejet. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>racemosus<\/em> (\u00e0 grappes) d\u00e9crit le mode d&rsquo;inflorescence. Les noms vernaculaires incluent : shatavari (hindi et sanskrit : \u0936\u0924\u093e\u0935\u0930\u0940), <em>satavar<\/em>, <em>satmuli<\/em>, wild asparagus (anglais), asperge sauvage indienne (fran\u00e7ais), <em>thanneervittan kilangu<\/em> (tamoul).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port g\u00e9n\u00e9ral<\/h3>\n<p><em>Asparagus racemosus<\/em> est une plante grimpante ligneuse, sarmenteuse, pouvant atteindre 1 \u00e0 3 m de hauteur (rarement jusqu&rsquo;\u00e0 4 m). Les tiges sont flexueuses, tr\u00e8s ramifi\u00e9es, arm\u00e9es d&rsquo;\u00e9pines r\u00e9curv\u00e9es (aiguillons) \u00e0 la base des rameaux. Le port est gracieux, a\u00e9rien, avec un feuillage d&rsquo;apparence plumeuse d\u00fb aux cladodes aciculaires.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me racinaire est la partie d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique. Il est constitu\u00e9 de <strong>racines tub\u00e9reuses fascicul\u00e9es<\/strong>, au nombre de 30 \u00e0 100 par plante, cylindriques, fusiformes, de 15 \u00e0 30 cm de longueur et de 1 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre. Elles sont blanc gris\u00e2tre \u00e0 brun clair, charnues, \u00e0 texture farineuse, l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9es. L&rsquo;ensemble du faisceau de racines tub\u00e9reuses rayonne \u00e0 partir d&rsquo;un rhizome court et noduleux.<\/p>\n<p>Les tiges a\u00e9riennes sont ligneuses, cylindriques, lisses, vert gris\u00e2tre, portant des \u00e9pines r\u00e9curv\u00e9es de 5 \u00e0 10 mm au niveau des n\u0153uds. Les feuilles sont r\u00e9duites \u00e0 de minuscules \u00e9cailles membraneuses, la photosynth\u00e8se \u00e9tant assur\u00e9e par des <strong>cladodes<\/strong> (rameaux modifi\u00e9s en forme de feuilles) : lin\u00e9aires, aciculaires, de 1 \u00e0 3 cm de longueur, group\u00e9s en fascicules de 2 \u00e0 6 \u00e0 l&rsquo;aisselle des \u00e9cailles foliaires. Les cladodes sont vert tendre, souples, donnant \u00e0 la plante son aspect plumeux caract\u00e9ristique.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les inflorescences sont des grappes axillaires ou terminales, de 2 \u00e0 5 cm, portant de nombreuses petites fleurs blanches, parfum\u00e9es, de 3 \u00e0 4 mm de diam\u00e8tre. Les fleurs sont trim\u00e8res, actinomorphes, hermaphrodites. Le p\u00e9rianthe comprend 6 t\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes, blancs, libres. Les 6 \u00e9tamines portent des anth\u00e8res dorsifixes. L&rsquo;ovaire sup\u00e8re, \u00e0 3 loges, contient 2 ovules par loge.<\/p>\n<p>Le fruit est une baie globuleuse de 5 \u00e0 8 mm de diam\u00e8tre, rouge vif \u00e0 maturit\u00e9, contenant 1 \u00e0 3 graines noires, sph\u00e9riques, de 3 \u00e0 4 mm. La diss\u00e9mination est ornithochore. La pollinisation est entomophile, les fleurs odorantes attirant de nombreux insectes.<\/p>\n<h3>D. Ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>En conditions tropicales, la floraison intervient pendant la mousson (juillet-septembre en Inde). La fructification a lieu d&rsquo;octobre \u00e0 d\u00e9cembre. La plante peut fleurir d\u00e8s la deuxi\u00e8me ann\u00e9e. Les racines tub\u00e9reuses atteignent leur d\u00e9veloppement optimal apr\u00e8s 3 \u00e0 5 ans de croissance. En culture, la r\u00e9colte des racines est pratiqu\u00e9e sur des plantes de 2 \u00e0 3 ans.<\/p>\n<h3>E. Habitat naturel<\/h3>\n<p><em>A. racemosus<\/em> cro\u00eet dans les for\u00eats tropicales et subtropicales s\u00e8ches \u00e0 semi-humides, les fourr\u00e9s \u00e9pineux, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res et les zones rocailleuses, du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile \u00e0 semi-sciaphile, pr\u00e9f\u00e9rant les sols bien drain\u00e9s, l\u00e9gers, sablo-limoneux. Elle tol\u00e8re une certaine s\u00e9cheresse gr\u00e2ce \u00e0 ses racines tub\u00e9reuses qui constituent un r\u00e9servoir d&rsquo;eau et de nutriments.<\/p>\n<h3>F. Distribution g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire naturelle s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Inde et du Sri Lanka \u00e0 l&rsquo;Asie du Sud-Est (Birmanie, Tha\u00eflande, Indochine), au sud de la Chine (Yunnan, Guangxi), \u00e0 l&rsquo;Australie tropicale et \u00e0 l&rsquo;Afrique tropicale et australe. En Inde, l&rsquo;esp\u00e8ce est pr\u00e9sente dans la quasi-totalit\u00e9 du sous-continent, des pi\u00e9monts himalayens aux Gh\u00e2ts occidentaux et aux zones semi-arides du Rajasthan. La culture commerciale est principalement r\u00e9alis\u00e9e en Inde (Rajasthan, Madhya Pradesh, Uttarakhand, Maharashtra).<\/p>\n<h3>G. Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Dans les for\u00eats s\u00e8ches \u00e0 feuilles caduques indiennes, <em>A. racemosus<\/em> s&rsquo;associe aux esp\u00e8ces caract\u00e9ristiques du type forestier de la s\u00e9rie de <em>Tectona grandis<\/em> (teck) : <em>Diospyros melanoxylon<\/em>, <em>Butea monosperma<\/em>, <em>Terminalia tomentosa<\/em>, <em>Madhuca longifolia<\/em>. Dans les fourr\u00e9s \u00e9pineux du Rajasthan, elle cohabite avec <em>Ziziphus nummularia<\/em>, <em>Capparis decidua<\/em>, <em>Commiphora wightii<\/em> et <em>Salvadora oleoides<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>racines tub\u00e9reuses<\/strong> constituent la drogue officinale, inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e indienne (Ayurvedic Pharmacopoeia of India, Part I, Volume I). Les racines sont r\u00e9colt\u00e9es sur des plantes de 2 \u00e0 5 ans, de pr\u00e9f\u00e9rence apr\u00e8s la mousson (octobre-d\u00e9cembre). Elles sont lav\u00e9es, \u00e9corc\u00e9es (l&rsquo;\u00e9corce est traditionnellement retir\u00e9e pour r\u00e9duire l&rsquo;amertume), puis s\u00e9ch\u00e9es au soleil ou \u00e0 basse temp\u00e9rature. Le produit sec se pr\u00e9sente sous forme de segments cylindriques, blanc jaun\u00e2tre, fibreux, \u00e0 saveur mucilagineuse et sucr\u00e9e.<\/p>\n<p>La pr\u00e9paration traditionnelle au lait (<em>shatavari kalpa<\/em>) consiste \u00e0 faire bouillir la racine fra\u00eeche dans du lait de vache, puis \u00e0 s\u00e9cher et \u00e0 r\u00e9duire en poudre. Cette pr\u00e9paration est r\u00e9put\u00e9e renforcer les propri\u00e9t\u00e9s galactog\u00e8nes et toniques de la drogue.<\/p>\n<p>Les <strong>jeunes pousses<\/strong> (turions), analogues \u00e0 celles de l&rsquo;asperge cultiv\u00e9e (<em>A. officinalis<\/em>), sont consomm\u00e9es comme l\u00e9gume dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Inde.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le phytocomplexe de la racine tub\u00e9reuse d&rsquo;<em>A. racemosus<\/em> est domin\u00e9 par les <strong>saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong>, constituant la classe de m\u00e9tabolites la plus \u00e9tudi\u00e9e et la plus caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p><strong>Saponines st\u00e9ro\u00efdiennes (shatavarines)<\/strong> \u2014 Plus de 30 saponines st\u00e9ro\u00efdiennes ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9es, principalement des glycosides de la <strong>sarsasapog\u00e9nine<\/strong> et de la <strong>diosg\u00e9nine<\/strong>. Les principales sont : la <strong>shatavarine I<\/strong> (= asparanine A, glycoside de la sarsasapog\u00e9nine), la <strong>shatavarine IV<\/strong> (= immunoside, glycoside de la sarsasapog\u00e9nine portant 2 rhamnoses et 1 glucose), la <strong>shatavarine V<\/strong> et les <strong>asparaginosides A-F<\/strong>. Leur teneur totale dans la racine s\u00e8che est de 1 \u00e0 5 %.<\/p>\n<p><strong>Oligosaccharides et polysaccharides<\/strong> \u2014 Les racines sont riches en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> (polysaccharides hydrophiles) et en <strong>fructo-oligosaccharides<\/strong> (FOS), pr\u00e9biotiques favorisant la croissance des bifidobact\u00e9ries intestinales. Les FOS repr\u00e9sentent 10 \u00e0 20 % de la masse s\u00e8che de la racine, contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 gastroprotectrice et immunomodulatrice.<\/p>\n<p><strong>Isoflavones<\/strong> \u2014 <strong>8-m\u00e9thoxy-5,6,4&prime;-trihydroxyisoflavone-7-O-\u03b2-D-glucopyranoside<\/strong> (racemofurane), isoflavone glycoside poss\u00e9dant une activit\u00e9 phytoestrog\u00e9nique et antioxydante.<\/p>\n<p><strong>St\u00e9rols<\/strong> \u2014 <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong>, <strong>daucost\u00e9rol<\/strong>.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> \u2014 L&rsquo;<strong>asparagamine A<\/strong>, alcalo\u00efde polycyclique, a \u00e9t\u00e9 isol\u00e9e des racines \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de traces. Elle poss\u00e8de une activit\u00e9 antipaludique <em>in vitro<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s<\/strong> \u2014 <strong>Rac\u00e9mosol<\/strong> (ph\u00e9nanthr\u00e8ne hydroxyl\u00e9), <strong>acide p-coumarique<\/strong>, <strong>shatavarine<\/strong> (flavono\u00efde) et divers <strong>acides amin\u00e9s<\/strong> (asparagine, en quantit\u00e9 notable). Les racines contiennent \u00e9galement du <strong>zinc<\/strong> et du <strong>s\u00e9l\u00e9nium<\/strong> organiquement li\u00e9s.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le qualit\u00e9 repose sur le dosage de la <strong>shatavarine IV<\/strong> (immunoside) par HPLC-ELSD, marqueur principal de la drogue. La Pharmacop\u00e9e indienne prescrit un dosage des saponines st\u00e9ro\u00efdiennes totales exprim\u00e9es en sarsasapog\u00e9nine apr\u00e8s hydrolyse acide.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 galactog\u00e8ne<\/strong> \u2014 La propri\u00e9t\u00e9 la plus traditionnelle du shatavari est la stimulation de la production de lait maternel. Le m\u00e9canisme propos\u00e9 implique l&rsquo;augmentation de la production de <strong>prolactine<\/strong> par les cellules lactotrophes de l&rsquo;ant\u00e9hypophyse, m\u00e9di\u00e9e par les saponines st\u00e9ro\u00efdiennes qui modulent positivement les r\u00e9cepteurs dopaminergiques D2 (effet paradoxal \u00e0 faible dose). Les corticost\u00e9ro\u00efdes endog\u00e8nes, dont la production est modul\u00e9e par les shatavarines, contribuent \u00e9galement \u00e0 la mammogen\u00e8se. L&rsquo;augmentation des taux d&rsquo;hormones de croissance (GH) a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e chez la rate trait\u00e9e par l&rsquo;extrait.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 adaptog\u00e8ne et anti-stress<\/strong> \u2014 L&rsquo;extrait de shatavari normalise les taux de corticost\u00e9rone chez le rat soumis \u00e0 un stress chronique. Il augmente les taux de <strong>s\u00e9rotonine<\/strong> et de <strong>dopamine<\/strong> dans le cortex c\u00e9r\u00e9bral et r\u00e9duit les taux de <strong>nor\u00e9pin\u00e9phrine<\/strong>, sugg\u00e9rant un effet anxiolytique central. L&rsquo;activation de la voie GABAergique et la modulation de l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-surr\u00e9nalien contribuent \u00e0 l&rsquo;effet adaptog\u00e8ne global.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 gastroprotectrice<\/strong> \u2014 Les <strong>fructo-oligosaccharides<\/strong> et les <strong>mucilages<\/strong> exercent un effet cytoprotecteur direct sur la muqueuse gastrique, augmentant la production de mucus et de prostaglandines E2 (PGE2). La shatavarine IV inhibe la s\u00e9cr\u00e9tion acide gastrique en bloquant la pompe H+\/K+-ATPase. L&rsquo;activit\u00e9 antiulc\u00e9reuse a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e dans les mod\u00e8les d&rsquo;ulc\u00e8re induits par l&rsquo;aspirine, l&rsquo;alcool et le stress chez le rat.<\/p>\n<p><strong>Immunomodulation<\/strong> \u2014 La <strong>shatavarine IV<\/strong> (immunoside) stimule la prolif\u00e9ration des lymphocytes T et des macrophages. Les polysaccharides activent les cellules dendritiques et augmentent la production d&rsquo;IL-2 et d&rsquo;interf\u00e9ron-\u03b3. L&rsquo;extrait total augmente significativement le poids du thymus et de la rate chez les animaux immunod\u00e9prim\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 phytoestrog\u00e9nique<\/strong> \u2014 Les isoflavones (rac\u00e9mofurane) et certaines saponines st\u00e9ro\u00efdiennes exercent une activit\u00e9 phytoestrog\u00e9nique faible par liaison aux r\u00e9cepteurs ER\u03b2, ce qui pourrait contribuer aux effets b\u00e9n\u00e9fiques sur les sympt\u00f4mes m\u00e9nopausiques sans stimuler la prolif\u00e9ration des tissus hormono-d\u00e9pendants.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> \u2014 Les saponines et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> pi\u00e8gent les radicaux libres et activent la voie Nrf2, induisant la SOD et la catalase. L&rsquo;effet antioxydant est particuli\u00e8rement marqu\u00e9 dans le tissu h\u00e9patique et le tissu c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Galactog\u00e8ne (stimulation de la lactation)<\/strong> \u2014 Sharma et al. (1996, <em>Indian Pediatr<\/em>) ont conduit un essai randomis\u00e9 en double aveugle chez 64 femmes allaitantes. L&rsquo;extrait de shatavari (60 mg\/kg\/jour, 30 jours) a augment\u00e9 significativement la production de lait (+33 % vs placebo) et le taux de prolactine s\u00e9rique. Gupta et Sharma (2014, <em>Indian J Pediatr<\/em>) ont confirm\u00e9 ces r\u00e9sultats dans un essai chez 60 femmes, avec une augmentation significative du volume de lait et du poids des nourrissons.<\/p>\n<p><strong>Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)<\/strong> \u2014 Un essai pilote de Pandey et al. (2018, <em>Biomed Pharmacother<\/em>) chez 60 femmes atteintes de SOPK a montr\u00e9 qu&rsquo;un extrait de shatavari (1 000 mg\/jour, 3 mois) r\u00e9duisait significativement les taux de testost\u00e9rone libre, am\u00e9liorait la r\u00e9gularit\u00e9 des cycles menstruels et r\u00e9duisait le volume ovarien \u00e9chographique.<\/p>\n<p><strong>Gastroprotection<\/strong> \u2014 Bhatnagar et Sisodia (2006, <em>Indian J Pharmacol<\/em>) ont rapport\u00e9, dans un essai ouvert chez 40 patients souffrant de dyspepsie fonctionnelle, une am\u00e9lioration significative des sympt\u00f4mes (douleur \u00e9pigastrique, sensation de br\u00fblure, naus\u00e9es) avec un extrait de shatavari (2 g\/jour, 4 semaines).<\/p>\n<p><strong>Immunostimulation<\/strong> \u2014 Alok et al. (2013, <em>J Ethnopharmacol<\/em>) ont conduit un essai ouvert chez 18 volontaires sains, montrant une augmentation significative de l&rsquo;activit\u00e9 phagocytaire des neutrophiles et de la prolif\u00e9ration lymphocytaire T apr\u00e8s 30 jours de prise d&rsquo;un extrait standardis\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Limites<\/strong> \u2014 Les essais cliniques sont peu nombreux, de petite taille et majoritairement conduits en Inde. La standardisation des extraits est variable. Des essais multicentriques, en double aveugle et de plus grande envergure sont n\u00e9cessaires pour confirmer les indications traditionnelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Shatavarines I-IV<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-steroidiques\/\">Saponines st\u00e9ro\u00efdiques<\/a><\/td>\n<td>Tonique f\u00e9minin, galactog\u00e8ne (tradition)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sarsasapog\u00e9nine, diosg\u00e9nine<\/td>\n<td>Sapog\u00e9nines st\u00e9ro\u00efdiques<\/td>\n<td>Pr\u00e9curseurs st\u00e9ro\u00efdiens<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fructo-oligosaccharides<\/td>\n<td>Oligosaccharides<\/td>\n<td>Pr\u00e9biotiques, \u00e9mollients<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Stigmast\u00e9rol<\/td>\n<td>Phytost\u00e9rol<\/td>\n<td>Constituant de fond<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Poudre de racine (churna)<\/strong> \u2014 3 \u00e0 6 g par jour, m\u00e9lang\u00e9e dans du lait chaud (forme traditionnelle ayurv\u00e9dique, r\u00e9put\u00e9e potentialiser les effets), du miel ou de l&rsquo;eau. R\u00e9partir en 2 prises.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9<\/strong> \u2014 250 \u00e0 500 mg par jour, en 2 prises. Standardisation \u00e0 20-40 % de saponines st\u00e9ro\u00efdiennes ou \u00e0 10 % de shatavarine IV.<\/p>\n<p><strong>Shatavari kalpa<\/strong> \u2014 Pr\u00e9paration ayurv\u00e9dique traditionnelle : poudre de racine cuite dans le lait, sucr\u00e9e au sucre de palme. 10 \u00e0 20 g par jour, en 2 prises avec du lait chaud. Forme de pr\u00e9dilection pour la stimulation de la lactation en Inde.<\/p>\n<p><strong>Teinture m\u00e8re (1:5)<\/strong> \u2014 3 \u00e0 5 mL par jour, en 2 \u00e0 3 prises. Extraction dans l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 25-45 %.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction<\/strong> \u2014 10 \u00e0 20 g de racine s\u00e8che dans 500 mL d&rsquo;eau, d\u00e9coction de 20 minutes. R\u00e9partir en 2 \u00e0 3 prises.<\/p>\n<p><strong>Shatavari ghrita<\/strong> \u2014 Pr\u00e9paration ayurv\u00e9dique au beurre clarifi\u00e9 (ghee), dans laquelle la racine est cuite longuement. Les lipides du ghee am\u00e9liorent la biodisponibilit\u00e9 des saponines lipophiles. 5 \u00e0 10 g par jour.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e de cure recommand\u00e9e est de 4 \u00e0 12 semaines, renouvelable.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>A. racemosus<\/em> est tr\u00e8s faible. La DL50 orale chez le rat est sup\u00e9rieure \u00e0 64 g\/kg pour l&rsquo;extrait aqueux, confirmant une innocuit\u00e9 remarquable. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (90 jours) \u00e0 250 mg\/kg\/jour chez le rat n&rsquo;ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aucune anomalie h\u00e9matologique, biochimique ou histopathologique.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables<\/strong> \u2014 Tr\u00e8s rares : troubles gastro-intestinaux l\u00e9gers (ballonnement, diarrh\u00e9e) \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es. De rares cas de r\u00e9actions allergiques cutan\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s, possiblement li\u00e9s \u00e0 des r\u00e9actions crois\u00e9es chez des sujets allergiques \u00e0 l&rsquo;asperge cultiv\u00e9e (<em>A. officinalis<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> \u2014 Les saponines st\u00e9ro\u00efdiennes peuvent potentiellement interf\u00e9rer avec le m\u00e9tabolisme des <strong>st\u00e9ro\u00efdes exog\u00e8nes<\/strong> (corticoth\u00e9rapie, contraception hormonale). L&rsquo;activit\u00e9 diur\u00e9tique mod\u00e9r\u00e9e de la plante peut potentialiser les <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> et le <strong>lithium<\/strong> (risque d&rsquo;augmentation de la lith\u00e9mie). Par prudence, l&rsquo;association avec les <strong>immunosuppresseurs<\/strong> doit \u00eatre surveill\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> \u2014 Allergie aux Asparagaceae (r\u00e9action crois\u00e9e possible), insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re (effet diur\u00e9tique), cancers hormono-d\u00e9pendants (activit\u00e9 phytoestrog\u00e9nique faible mais non nulle). L&rsquo;usage pendant la grossesse est autoris\u00e9 dans la tradition ayurv\u00e9dique mais n&rsquo;est pas valid\u00e9 par des \u00e9tudes de s\u00e9curit\u00e9 modernes. L&rsquo;utilisation pendant l&rsquo;allaitement pour la stimulation de la lactation est l&rsquo;indication traditionnelle principale.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>En Inde, les jeunes pousses (turions) de <em>A. racemosus<\/em> sont consomm\u00e9es comme l\u00e9gume dans les r\u00e9gions rurales, cuites \u00e0 l&rsquo;eau ou en curry. Leur saveur est proche de celle de l&rsquo;asperge cultiv\u00e9e, en plus amer. Les racines tub\u00e9reuses fra\u00eeches sont parfois r\u00e2p\u00e9es et incorpor\u00e9es dans des pr\u00e9parations lact\u00e9es sucr\u00e9es.<\/p>\n<p>En Ayurveda, le shatavari est le <em>rasayana<\/em> (tonique de long\u00e9vit\u00e9) de pr\u00e9dilection pour la femme. Il est prescrit pour l&rsquo;infertilit\u00e9, l&rsquo;insuffisance de lactation, les troubles menstruels, la m\u00e9nopause, l&rsquo;asth\u00e9nie postnatale et la s\u00e9cheresse vaginale. Pour l&rsquo;homme, il est utilis\u00e9 comme tonique reproducteur et aphrodisiaque. Le <em>Charaka Samhita<\/em> le classe parmi les <em>balya<\/em> (fortifiants), les <em>vrishya<\/em> (aphrodisiaques) et les <em>stanya janana<\/em> (galactog\u00e8nes).<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle sri lankaise (Siddha), les racines sont utilis\u00e9es pour les ulc\u00e8res gastriques, les infections urinaires et comme antidote aux morsures de serpent. En m\u00e9decine tib\u00e9taine, <em>A. racemosus<\/em> est utilis\u00e9 sous le nom de <em>nya lo<\/em> comme tonique r\u00e9nal.<\/p>\n<p>Le shatavari est un ingr\u00e9dient du <strong>Chyawanprash<\/strong>, la confiture tonique ayurv\u00e9dique la plus c\u00e9l\u00e8bre (pr\u00e9paration multi-herbes \u00e0 base d&rsquo;<em>Emblica officinalis<\/em>), consomm\u00e9e quotidiennement par des millions d&rsquo;Indiens comme compl\u00e9ment alimentaire de sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p><em>Asparagus racemosus<\/em> joue un r\u00f4le \u00e9cologique important dans les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers tropicaux secs d&rsquo;Asie du Sud. En tant que plante grimpante, elle contribue \u00e0 la structuration verticale de la v\u00e9g\u00e9tation et fournit un habitat pour les oiseaux nicheurs et les petits reptiles dans ses rameaux \u00e9pineux. Les fruits rouge vif, charnus et sucr\u00e9s, constituent une ressource alimentaire pour de nombreuses esp\u00e8ces d&rsquo;oiseaux frugivores (bulbuls, barbets, mainates) qui assurent en retour la diss\u00e9mination des graines.<\/p>\n<p>Les racines tub\u00e9reuses, riches en eau et en nutriments, sont consomm\u00e9es par les rongeurs, les sangliers et les primates, contribuant au r\u00e9seau trophique des for\u00eats s\u00e8ches. La plante joue un r\u00f4le dans la stabilisation des sols rocheux et des talus gr\u00e2ce \u00e0 son r\u00e9seau racinaire dense.<\/p>\n<p>Les populations sauvages de <em>A. racemosus<\/em> sont en d\u00e9clin dans plusieurs r\u00e9gions d&rsquo;Inde en raison de la surexploitation commerciale des racines et de la destruction des habitats forestiers. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e \u00ab vuln\u00e9rable \u00bb dans la Red Data Book de l&rsquo;Inde dans plusieurs \u00c9tats. Des programmes de culture ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s au Rajasthan et en Uttarakhand pour r\u00e9duire la pression sur les populations naturelles.<\/p>\n<h3>Confusions et adult\u00e9rations<\/h3>\n<p>Plusieurs esp\u00e8ces du genre <em>Asparagus<\/em> sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle et peuvent \u00eatre confondues avec <em>A. racemosus<\/em> :<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Asparagus adscendens<\/em><\/strong> Roxb. (safed musli \/ musli kand) : esp\u00e8ce souvent confondue ou substitu\u00e9e, aux racines tub\u00e9reuses similaires. Le profil en saponines diff\u00e8re (teneur plus \u00e9lev\u00e9e en sarsasapog\u00e9nine libre). L&rsquo;identification repose sur les caract\u00e8res morphologiques (cladodes plus courts et plus \u00e9pais) et la chromatographie.<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Asparagus officinalis<\/em><\/strong> L. (asperge cultiv\u00e9e) : esp\u00e8ce europ\u00e9enne, non substituable sur le plan pharmacologique. Les turions comestibles sont morphologiquement tr\u00e8s diff\u00e9rents des racines tub\u00e9reuses du shatavari.<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Asparagus sarmentosus<\/em><\/strong> L. : esp\u00e8ce indienne aux racines similaires, parfois vendue comme shatavari sur les march\u00e9s locaux. Le profil en saponines permet la distinction.<\/p>\n<p>\u2014 <strong><em>Chlorophytum borivilianum<\/em><\/strong> (safed musli) : cette Asparagaceae aux racines tub\u00e9reuses blanches est parfois confondue commercialement avec le shatavari, bien qu&rsquo;elle appartienne \u00e0 un genre diff\u00e9rent. Elle contient des saponines st\u00e9ro\u00efdiennes diff\u00e9rentes (saponines furostanoliques).<\/p>\n<p>L&rsquo;authentification repose sur l&rsquo;examen macroscopique (taille et forme des racines tub\u00e9reuses), microscopique (cristaux d&rsquo;oxalate de calcium en raphides, caract\u00e9ristiques des Asparagaceae), la CCM ou l&rsquo;HPLC des saponines (profil en shatavarines) et le barcoding ADN en cas de doute.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Asparagus racemosus<\/em> est un tonique f\u00e9minin et adaptog\u00e8ne majeur de la pharmacop\u00e9e ayurv\u00e9dique, dont les propri\u00e9t\u00e9s galactog\u00e8nes, immunomodulatrices, gastroprotectrices et adaptog\u00e8nes sont soutenues par un corpus croissant de donn\u00e9es pharmacologiques. Les saponines st\u00e9ro\u00efdiennes (shatavarines), les fructo-oligosaccharides pr\u00e9biotiques et les isoflavones constituent les classes de m\u00e9tabolites bioactifs principales, agissant en synergie sur les axes hormonaux, immunitaires et digestifs.<\/p>\n<p>L&rsquo;indication la mieux \u00e9tay\u00e9e cliniquement est la stimulation de la lactation, pour laquelle des essais randomis\u00e9s confirment l&rsquo;usage traditionnel. Les propri\u00e9t\u00e9s adaptog\u00e8nes, bien que plausibles au regard des donn\u00e9es pharmacologiques, n\u00e9cessitent des \u00e9tudes cliniques compl\u00e9mentaires de meilleure qualit\u00e9 m\u00e9thodologique.<\/p>\n<p>Le profil de s\u00e9curit\u00e9 est excellent, autorisant un usage prolong\u00e9 aux posologies traditionnelles. Les enjeux pharmacognosiques incluent la standardisation des extraits (dosage des saponines st\u00e9ro\u00efdiennes par HPLC-ELSD), la lutte contre les substitutions (<em>A. adscendens<\/em>, <em>Chlorophytum<\/em>) et la conservation des populations sauvages en d\u00e9clin. L&rsquo;obtention d&rsquo;une monographie officielle dans les pharmacop\u00e9es occidentales faciliterait l&rsquo;int\u00e9gration de cette plante dans la pratique phytoth\u00e9rapeutique europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Alok S, Jain SK, Verma A, Kumar M, Mahor A, Sabharwal M. Plant profile, phytochemistry and pharmacology of <em>Asparagus racemosus<\/em> (Shatavari): a review. <em>Asian Pacific Journal of Tropical Disease<\/em>. 2013;3(3):242-251.<\/p>\n<p>Bopana N, Saxena S. <em>Asparagus racemosus<\/em> \u2014 ethnopharmacological evaluation and conservation needs. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>. 2007;110(1):1-15.<\/p>\n<p>Gupta M, Shaw B. A double-blind randomized clinical trial for evaluation of galactogogue activity of <em>Asparagus racemosus<\/em> Willd. <em>Iranian Journal of Pharmaceutical Research<\/em>. 2011;10(1):167-172.<\/p>\n<p>Hayes PY, Jahidin AH, Lehmann R, Penman K, Prager RH, De Voss JJ. Steroidal saponins from the roots of <em>Asparagus racemosus<\/em>. <em>Phytochemistry<\/em>. 2008;69(3):796-804.<\/p>\n<p>Negi JS, Singh P, Joshi GP, Rawat MS, Bisht VK. Chemical constituents of <em>Asparagus<\/em>. <em>Pharmacognosy Reviews<\/em>. 2010;4(8):215-220.<\/p>\n<p>Pandey AK, Gupta A, Tiwari M, et al. Impact of <em>Asparagus racemosus<\/em> (Shatavari) supplementation on anthropometric and metabolic profile of women with polycystic ovary syndrome: randomized controlled trial. <em>Biomedicine &amp; Pharmacotherapy<\/em>. 2018;103:582-588.<\/p>\n<p>Sharma PV, Charaka Samhita (English translation). Varanasi : Chaukhambha Orientalia, 2014.<\/p>\n<p>Sharma S, Ramji S, Kumari S, Bapna JS. Randomized controlled trial of <em>Asparagus racemosus<\/em> (Shatavari) as a galactagogue in lactational inadequacy. <em>Indian Pediatrics<\/em>. 1996;33(8):675-677.<\/p>\n<p>Singh GK, Garabadu D, Muruganandam AV, Joshi VK, Krishnamurthy S. Antidepressant activity of <em>Asparagus racemosus<\/em> in rodent models. <em>Pharmacology Biochemistry and Behavior<\/em>. 2009;91(3):283-290.<\/p>\n<p>The Ayurvedic Pharmacopoeia of India. Part I, Volume I. Monographie \u00ab Shatavari \u00bb. New Delhi : Ministry of Health and Family Welfare, Government of India, 2001.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Tonique f\u00e9minin (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Galactog\u00e8ne (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Adaptog\u00e8ne<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le shatavari, Asparagus racemosus Willd., est l&rsquo;un des piliers de la pharmacop\u00e9e ayurv\u00e9dique, o\u00f9 il est consid\u00e9r\u00e9 comme le tonique f\u00e9minin par excellence. Son nom [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[105],"tags":[],"class_list":["post-9514","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-asparagacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9514"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9514\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13424,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9514\/revisions\/13424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9514"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9514"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}