{"id":9518,"date":"2026-04-25T20:40:02","date_gmt":"2026-04-25T18:40:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/andrographis\/"},"modified":"2026-06-24T16:55:01","modified_gmt":"2026-06-24T14:55:01","slug":"andrographis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/andrographis\/","title":{"rendered":"ANDROGRAPHIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/andrographis.png\" alt=\"Planche botanique Andrographis\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Andrographis \u2014 Andrographis paniculata (Burm.f.) Wall. ex Nees<\/h1>\n<p>L&rsquo;andrographis, surnomm\u00e9e \u00ab roi des amers \u00bb en m\u00e9decine traditionnelle indienne ou <em>kalmegh<\/em> en hindi, est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus importantes de la pharmacop\u00e9e asiatique. Utilis\u00e9e depuis des mill\u00e9naires dans les syst\u00e8mes m\u00e9dicaux ayurv\u00e9dique, unani et chinois, elle a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une attention scientifique consid\u00e9rable au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, en particulier pour ses propri\u00e9t\u00e9s antivirales et immunostimulantes dans le cadre des infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures. Son principal compos\u00e9 actif, l&rsquo;<strong>andrographolide<\/strong>, un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8ne<\/a> labdane d&rsquo;une remarquable activit\u00e9 biologique, a \u00e9t\u00e9 largement \u00e9tudi\u00e9 et constitue aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un des phytocompos\u00e9s les plus document\u00e9s de la litt\u00e9rature pharmacologique mondiale.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Andrographis paniculata<\/em> (Burm.f.) Nees appartient \u00e0 la famille des <strong>Acanthaceae<\/strong>, vaste famille pantropicale comprenant environ 4 000 esp\u00e8ces r\u00e9parties en quelque 250 genres. Le genre <em>Andrographis<\/em> compte une quarantaine d&rsquo;esp\u00e8ces, principalement distribu\u00e9es en Asie tropicale.<\/p>\n<p>Classification syst\u00e9matique :<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e8gne : Plantae<\/li>\n<li>Sous-r\u00e8gne : Tracheobionta<\/li>\n<li>Division : Magnoliophyta<\/li>\n<li>Classe : Magnoliopsida<\/li>\n<li>Sous-classe : Asteridae<\/li>\n<li>Ordre : Lamiales<\/li>\n<li>Famille : Acanthaceae<\/li>\n<li>Sous-famille : Acanthoideae<\/li>\n<li>Tribu : Andrographideae<\/li>\n<li>Genre : <em>Andrographis<\/em><\/li>\n<li>Esp\u00e8ce : Andrographis paniculata (Burm.f.) Wall. ex Nees<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le basionyme est <em>Justicia paniculata<\/em> Burm.f., publi\u00e9 en 1768 dans la <em>Flora Indica<\/em>. La combinaison actuelle a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie par Christian Gottfried Daniel Nees von Esenbeck en 1832. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Andrographis<\/em> d\u00e9rive du grec <em>andr-<\/em> (homme) et <em>graphis<\/em> (stylet, pinceau), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des anth\u00e8res. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>paniculata<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;inflorescence en panicule.<\/p>\n<p>Synonymes nomenclaturaux principaux : <em>Justicia paniculata<\/em> Burm.f., <em>Justicia latebrosa<\/em> Russ., <em>Andrographis subspathulata<\/em> C.B.Clarke.<\/p>\n<p>Noms vernaculaires : <em>kalmegh<\/em>, <em>kirata<\/em>, <em>bhunimba<\/em> (hindi, sanskrit), <em>chuanxinlian<\/em> (chinois), <em>fah talai jone<\/em> (tha\u00ef), <em>sambiloto<\/em> (malais, indon\u00e9sien), <em>king of bitters<\/em> (anglais), <em>chirette verte<\/em> (fran\u00e7ais).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Andrographis paniculata<\/em> est une plante herbac\u00e9e annuelle ou vivace de courte dur\u00e9e, dress\u00e9e, glabre, atteignant 30 \u00e0 100 centim\u00e8tres de hauteur, occasionnellement jusqu&rsquo;\u00e0 120 centim\u00e8tres dans des conditions optimales.<\/p>\n<p><strong>Appareil v\u00e9g\u00e9tatif.<\/strong> La tige est quadrangulaire, de couleur verte \u00e0 brun-verd\u00e2tre, fortement ramifi\u00e9e dans la partie sup\u00e9rieure, \u00e0 n\u0153uds renfl\u00e9s. Les rameaux sont \u00e9tal\u00e9s, oppos\u00e9s-d\u00e9cuss\u00e9s, donnant \u00e0 la plante un port buissonnant caract\u00e9ristique. Les feuilles sont oppos\u00e9es, simples, lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, mesurant 2 \u00e0 12 centim\u00e8tres de longueur sur 1 \u00e0 3 centim\u00e8tres de largeur, att\u00e9nu\u00e9es aux deux extr\u00e9mit\u00e9s. Le limbe est membraneux, glabre, de couleur vert fonc\u00e9 sur la face sup\u00e9rieure, plus p\u00e2le en dessous, \u00e0 marge enti\u00e8re ou tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement ondul\u00e9e. La nervation est penn\u00e9e, avec 4 \u00e0 6 paires de nervures secondaires. Les p\u00e9tioles sont courts, de 2 \u00e0 5 millim\u00e8tres, ou les feuilles sont subsessiles. Les stipules sont absentes. La saveur de toutes les parties a\u00e9riennes est intens\u00e9ment am\u00e8re, caract\u00e9ristique qui a valu \u00e0 la plante son surnom de \u00ab roi des amers \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Appareil reproducteur.<\/strong> Les inflorescences sont des panicules terminales et axillaires, l\u00e2ches, \u00e9tal\u00e9es, longues de 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres. Les fleurs sont petites, zygomorphes, bisexu\u00e9es, dispos\u00e9es en rac\u00e8mes. Le calice est \u00e0 5 s\u00e9pales lin\u00e9aires, glanduleux-pubescents, longs de 3 \u00e0 4 millim\u00e8tres. La corolle est bilabi\u00e9e, longue de 10 \u00e0 14 millim\u00e8tres, de couleur blanche \u00e0 rose p\u00e2le, avec des macules pourpres sur la l\u00e8vre inf\u00e9rieure servant de guides nectarif\u00e8res. La l\u00e8vre sup\u00e9rieure est bilob\u00e9e, la l\u00e8vre inf\u00e9rieure trilob\u00e9e. Les \u00e9tamines sont au nombre de 2, ins\u00e9r\u00e9es sur le tube corollin, \u00e0 anth\u00e8res barbues \u00e0 la base. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, biloculaire, surmont\u00e9 d&rsquo;un style filiforme. La floraison intervient de septembre \u00e0 d\u00e9cembre dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord.<\/p>\n<p>Le fruit est une capsule lin\u00e9aire-oblongue, comprim\u00e9e, longue de 1 \u00e0 2 centim\u00e8tres, large de 3 \u00e0 4 millim\u00e8tres, glabre ou finement pubescente, s&rsquo;ouvrant par d\u00e9hiscence loculicide. Elle contient 6 \u00e0 12 graines, petites, subquadrangulaires, rugueuses, de couleur brun-jaun\u00e2tre.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p><em>Andrographis paniculata<\/em> est originaire d&rsquo;Asie du Sud et du Sud-Est, probablement de l&rsquo;Inde p\u00e9ninsulaire et du Sri Lanka. Son aire de distribution naturelle s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Inde \u00e0 travers le Bangladesh, le Sri Lanka, le Myanmar, la Tha\u00eflande, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, la Malaisie, l&rsquo;Indon\u00e9sie, la Chine m\u00e9ridionale (Guangdong, Guangxi, Fujian, Yunnan) et les Philippines.<\/p>\n<p>La plante a \u00e9t\u00e9 largement introduite et cultiv\u00e9e en Afrique tropicale, dans les Antilles et en Am\u00e9rique tropicale, o\u00f9 elle s&rsquo;est parfois naturalis\u00e9e. En Inde, elle est cultiv\u00e9e \u00e0 grande \u00e9chelle dans les \u00c9tats du Tamil Nadu, du Karnataka, du Kerala, du Madhya Pradesh et de l&rsquo;Uttar Pradesh.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce prosp\u00e8re en milieu tropical et subtropical humide, depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 500 m\u00e8tres d&rsquo;altitude. Elle pr\u00e9f\u00e8re les habitats semi-ombrag\u00e9s : sous-bois clairs, lisi\u00e8res foresti\u00e8res, haies, bords de chemins, terrains vagues et jardins. Elle tol\u00e8re une large gamme de sols mais pr\u00e9f\u00e8re les sols bien drain\u00e9s, fertiles, \u00e0 pH l\u00e9g\u00e8rement acide \u00e0 neutre (5,5 \u00e0 7,5). La pluviom\u00e9trie optimale est de 1 000 \u00e0 3 000 millim\u00e8tres par an. La plante est sensible au gel et ne supporte pas des temp\u00e9ratures inf\u00e9rieures \u00e0 5 \u00b0C. La germination est optimale entre 25 et 30 \u00b0C.<\/p>\n<p><em>A. paniculata<\/em> est une plante rud\u00e9rale, pionni\u00e8re des milieux perturb\u00e9s, \u00e0 croissance rapide. Son cycle de vie court (4 \u00e0 5 mois du semis \u00e0 la fructification) en fait une esp\u00e8ce adapt\u00e9e \u00e0 la culture annuelle. Elle est fr\u00e9quemment associ\u00e9e aux syst\u00e8mes agroforestiers traditionnels en Asie du Sud-Est.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Andrographis paniculata<\/em> est une esp\u00e8ce cultiv\u00e9e de longue date et ne pr\u00e9sente pas de probl\u00e8mes de conservation significatifs. La plante est facile \u00e0 cultiver et s&rsquo;adapte \u00e0 une large gamme de conditions p\u00e9doclimatiques tropicales et subtropicales.<\/p>\n<p>La multiplication se fait principalement par semis direct. Les graines, petites et l\u00e9g\u00e8res, sont sem\u00e9es en p\u00e9pini\u00e8re ou directement en plein champ, \u00e0 une profondeur de 0,5 \u00e0 1 centim\u00e8tre, avec un espacement de 30 \u00e0 40 centim\u00e8tres entre les plants et 40 \u00e0 60 centim\u00e8tres entre les lignes. La germination est optimale \u00e0 25-30 \u00b0C et prend 7 \u00e0 15 jours. Le bouturage de tiges herbac\u00e9es est \u00e9galement possible mais moins couramment utilis\u00e9.<\/p>\n<p>La culture est relativement peu exigeante : un sol bien drain\u00e9, un apport mod\u00e9r\u00e9 en mati\u00e8re organique et une irrigation r\u00e9guli\u00e8re suffisent. La plante tol\u00e8re un ombrage partiel (30 \u00e0 50 %) et peut \u00eatre cultiv\u00e9e en culture intercalaire dans les syst\u00e8mes agroforestiers. La r\u00e9colte des parties a\u00e9riennes intervient 90 \u00e0 120 jours apr\u00e8s le semis, au stade de pleine floraison. Un rendement de 2 \u00e0 4 tonnes de mati\u00e8re s\u00e8che par hectare est courant dans les cultures bien conduites.<\/p>\n<p>L&rsquo;Inde est le premier producteur mondial, suivie par la Chine, la Tha\u00eflande et l&rsquo;Indon\u00e9sie. Des programmes de s\u00e9lection vari\u00e9tale sont en cours pour d\u00e9velopper des cultivars \u00e0 haute teneur en andrographolide et \u00e0 haut rendement en biomasse.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue est constitu\u00e9e par les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> (<em>Andrographidis herba<\/em>), r\u00e9colt\u00e9es au stade de pleine floraison, p\u00e9riode correspondant \u00e0 la teneur maximale en <strong>andrographolide<\/strong>. La r\u00e9colte intervient g\u00e9n\u00e9ralement 90 \u00e0 120 jours apr\u00e8s le semis, lorsque 50 \u00e0 75 % des fleurs sont \u00e9panouies.<\/p>\n<p>Les parties a\u00e9riennes sont s\u00e9ch\u00e9es rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre ou dans des s\u00e9choirs \u00e0 air chaud \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e (35 \u00e0 45 \u00b0C) pour pr\u00e9server les diterp\u00e8nes lactones thermosensibles. Le s\u00e9chage au soleil direct est d\u00e9conseill\u00e9 car il d\u00e9grade significativement la teneur en andrographolide.<\/p>\n<p>La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente sous forme de fragments de tiges quadrangulaires, de feuilles lanc\u00e9ol\u00e9es et de panicules florales. La couleur est vert-gris\u00e2tre \u00e0 brun-verd\u00e2tre. La poudre est de couleur vert olive. La saveur est extr\u00eamement am\u00e8re, persistante, sans odeur notable.<\/p>\n<p>Les <strong>feuilles seules<\/strong> constituent parfois une drogue distincte, plus concentr\u00e9e en andrographolide (2 \u00e0 5 % dans les feuilles contre 0,5 \u00e0 2 % dans les tiges). L&rsquo;ensemble de la plante, y compris les <strong>racines<\/strong>, est utilis\u00e9 dans certaines pr\u00e9parations traditionnelles, notamment en m\u00e9decine ayurv\u00e9dique.<\/p>\n<p>La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (9e \u00e9dition) comprend une monographie pour <em>Andrographidis herba<\/em>, exigeant une teneur minimale de 1,0 % d&rsquo;<strong>andrographolide<\/strong> (C<sub>20<\/sub>H<sub>30<\/sub>O<sub>5<\/sub>) calcul\u00e9e par rapport \u00e0 la drogue dess\u00e9ch\u00e9e. La Pharmacop\u00e9e chinoise exige une teneur minimale de 1,5 % en diterp\u00e8nes lactones totaux.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie d&rsquo;<em>Andrographis paniculata<\/em> est domin\u00e9e par les <strong>diterp\u00e8nes labdanes<\/strong>, mais inclut \u00e9galement des flavono\u00efdes et d&rsquo;autres compos\u00e9s secondaires.<\/p>\n<h3>Diterp\u00e8nes labdanes<\/h3>\n<p>Les diterp\u00e8nes lactones de type labdane constituent la classe de compos\u00e9s la plus caract\u00e9ristique et la plus bioactive. Plus de 30 diterp\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s et caract\u00e9ris\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Andrographolide<\/strong> \u2014 compos\u00e9 majoritaire (1 \u00e0 4 % des parties a\u00e9riennes s\u00e8ches), diterp\u00e8ne bicyclique lactonique portant une fonction gamma-butyrolactone et deux groupements hydroxyles. C&rsquo;est le principal marqueur phytochimique et pharmacologique de la drogue. Formule brute : C<sub>20<\/sub>H<sub>30<\/sub>O<sub>5<\/sub>, masse molaire : 350,45 g\/mol, point de fusion : 228-230 \u00b0C.<\/li>\n<li><strong>N\u00e9oandrographolide<\/strong> \u2014 diterp\u00e8ne glycosyl\u00e9, deuxi\u00e8me compos\u00e9 majoritaire, pr\u00e9sentant une activit\u00e9 anti-inflammatoire et h\u00e9patoprotectrice.<\/li>\n<li><strong>14-D\u00e9soxyandrographolide<\/strong> \u2014 analogue d\u00e9soxyg\u00e9n\u00e9 de l&rsquo;andrographolide, moins actif mais contribuant au profil pharmacologique global.<\/li>\n<li><strong>14-D\u00e9soxy-11,12-did\u00e9hydroandrographolide<\/strong> \u2014 d\u00e9riv\u00e9 insatur\u00e9 aux propri\u00e9t\u00e9s antivirales.<\/li>\n<li><strong>Andrographiside<\/strong> \u2014 forme glycosyl\u00e9e de l&rsquo;andrographolide.<\/li>\n<li><strong>Andrograpanine<\/strong> \u2014 diterp\u00e8ne pr\u00e9sentant des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires distinctes.<\/li>\n<li><strong>Isoandrographolide<\/strong> \u2014 isom\u00e8re de l&rsquo;andrographolide.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Les parties a\u00e9riennes contiennent divers <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a><\/strong> et leurs glycosides : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong>wogonine<\/strong>, <strong>oroxyline A<\/strong>, <strong>andrographidine A \u00e0 F<\/strong> (flavones m\u00e9thoxyl\u00e9es glycosyl\u00e9es sp\u00e9cifiques du genre). Ces flavono\u00efdes contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires de la drogue.<\/p>\n<h3>Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>On trouve \u00e9galement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/xanthones\/\">xanthones<\/a><\/strong> (dans les racines principalement), des <strong>polysaccharides<\/strong>, des <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">b\u00eata-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>) et des <strong>huiles essentielles<\/strong> en faible quantit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>Activit\u00e9 immunostimulante et anti-infectieuse<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>andrographolide<\/strong> stimule \u00e0 la fois l&rsquo;immunit\u00e9 inn\u00e9e et adaptative. Il augmente la prolif\u00e9ration des lymphocytes T et B, stimule l&rsquo;activit\u00e9 des cellules NK (<em>natural killer<\/em>), et favorise la production d&rsquo;anticorps. <em>In vitro<\/em>, il augmente la production d&rsquo;<strong>interleukine-2<\/strong> (IL-2) et d&rsquo;<strong>interf\u00e9ron-gamma<\/strong> (IFN-\u03b3) par les lymphocytes T activ\u00e9s, renfor\u00e7ant la r\u00e9ponse immunitaire cellulaire Th1.<\/p>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 antivirale directe a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e <em>in vitro<\/em> contre de nombreux virus : virus de la grippe A (H1N1, H5N1, H9N2), virus respiratoire syncytial (VRS), virus de l&rsquo;herp\u00e8s simplex (HSV-1, HSV-2), virus Epstein-Barr (EBV), virus de l&rsquo;h\u00e9patite B (VHB), virus de l&rsquo;h\u00e9patite C (VHC), VIH-1 et SARS-CoV-2. Les m\u00e9canismes antiviraux impliquent l&rsquo;inhibition de la r\u00e9plication virale par blocage des prot\u00e9ases virales, l&rsquo;interf\u00e9rence avec l&rsquo;entr\u00e9e virale dans la cellule h\u00f4te, et la stimulation des voies de d\u00e9fense antivirale intracellulaires.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>andrographolide<\/strong> est un puissant inhibiteur du facteur de transcription <strong>NF-kB<\/strong>, pivot central de la cascade inflammatoire. Il emp\u00eache la phosphorylation et la d\u00e9gradation de l&rsquo;<strong>IkB\u03b1<\/strong>, maintenant NF-kB s\u00e9questr\u00e9 dans le cytoplasme et bloquant ainsi la transcription des g\u00e8nes pro-inflammatoires. Cette inhibition se traduit par une r\u00e9duction de la production de <strong>TNF-\u03b1<\/strong>, d&rsquo;<strong>IL-1\u03b2<\/strong>, d&rsquo;<strong>IL-6<\/strong>, de <strong>prostaglandine E2<\/strong> (PGE2) et de <strong>monoxyde d&rsquo;azote<\/strong> (NO).<\/p>\n<p>L&rsquo;andrographolide inhibe \u00e9galement les enzymes <strong>COX-2<\/strong> et <strong>iNOS<\/strong> de mani\u00e8re dose-d\u00e9pendante, et r\u00e9duit l&rsquo;expression des mol\u00e9cules d&rsquo;adh\u00e9sion cellulaire (ICAM-1, VCAM-1) impliqu\u00e9es dans le recrutement leucocytaire. <em>In vivo<\/em>, il r\u00e9duit significativement l&rsquo;\u0153d\u00e8me de la patte de rat induit par la carrag\u00e9nine et le granulome \u00e0 corps \u00e9tranger chez la souris.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>andrographolide<\/strong> et le <strong>n\u00e9oandrographolide<\/strong> exercent un effet h\u00e9patoprotecteur d\u00e9montr\u00e9 dans de nombreux mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 induite (t\u00e9trachlorure de carbone, D-galactosamine, parac\u00e9tamol, \u00e9thanol). Les m\u00e9canismes impliquent la stimulation de l&rsquo;activit\u00e9 des enzymes de d\u00e9toxification h\u00e9patiques (glutathion-S-transf\u00e9rase, glutathion peroxydase, superoxyde dismutase, catalase), la stabilisation des membranes h\u00e9patocytaires, et l&rsquo;inhibition de la peroxydation lipidique.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 antipyr\u00e9tique et analg\u00e9sique<\/h3>\n<p>Des propri\u00e9t\u00e9s antipyr\u00e9tiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es chez le rat et le lapin avec les extraits aqueux et hydroalcooliques, par un m\u00e9canisme impliquant l&rsquo;inhibition de la synth\u00e8se des prostaglandines hypothalamiques. L&rsquo;activit\u00e9 analg\u00e9sique est mod\u00e9r\u00e9e, principalement de type p\u00e9riph\u00e9rique.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 antidiab\u00e9tique<\/h3>\n<p>L&rsquo;andrographolide am\u00e9liore la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline et r\u00e9duit la glyc\u00e9mie dans des mod\u00e8les murins de diab\u00e8te de type 2, par activation de la voie <strong>AMPK<\/strong> (AMP-activated protein kinase) et stimulation du transporteur de glucose <strong>GLUT4<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>Infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures<\/h3>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;indication la plus robustement document\u00e9e. Une m\u00e9ta-analyse publi\u00e9e dans PLoS One (Hu et al., 2017, 12(8) : e0181780) portant sur 33 essais cliniques randomis\u00e9s (7 175 participants) a conclu que les pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;A. paniculata, seules ou en association, \u00e9taient significativement sup\u00e9rieures au placebo pour soulager les sympt\u00f4mes du rhume banal et des infections respiratoires sup\u00e9rieures. Les auteurs soulignent n\u00e9anmoins que ces r\u00e9sultats doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s avec prudence en raison de la qualit\u00e9 m\u00e9thodologique insuffisante des \u00e9tudes incluses et de l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des r\u00e9sultats. pour soulager les sympt\u00f4mes du rhume banal et des infections respiratoires sup\u00e9rieures, notamment la toux, les maux de gorge, la congestion nasale et les s\u00e9cr\u00e9tions nasales.<\/p>\n<p>L&rsquo;extrait standardis\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 est le <strong>SHA-10<\/strong> (Kan Jang), un extrait combin\u00e9 d&rsquo;<em>A. paniculata<\/em> et d&rsquo;<em>Eleutherococcus senticosus<\/em>, qui a fait l&rsquo;objet de plusieurs essais cliniques multicentriques en Su\u00e8de, en Russie et en Am\u00e9rique latine. Un extrait standardis\u00e9 \u00e0 80 mg d&rsquo;andrographolide par jour, administr\u00e9 pendant 5 jours d\u00e8s les premiers sympt\u00f4mes, a montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et de la dur\u00e9e des sympt\u00f4mes par rapport au placebo.<\/p>\n<p>Saxena et al. (2010) ont conduit un essai randomis\u00e9 en double aveugle sur 223 patients pr\u00e9sentant un rhume banal non compliqu\u00e9, montrant qu&rsquo;un extrait standardis\u00e9 d&rsquo;A. paniculata (KalmCold, 200 mg\/jour d&rsquo;extrait) r\u00e9duisait significativement le score symptomatique total d\u00e8s le deuxi\u00e8me jour de traitement.<\/p>\n<h3>Colite ulc\u00e9reuse<\/h3>\n<p>Tang et al. (2011) ont conduit un essai clinique randomis\u00e9 en double aveugle chez 224 patients atteints de colite ulc\u00e9reuse l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e, comparant un extrait d&rsquo;A. paniculata (HMPL-004, 1 800 mg\/jour, soit environ 144 \u00e0 180 mg d&rsquo;andrographolide selon la standardisation \u00e0 8-10 %) \u00e0 la m\u00e9salazine (4 500 mg\/jour). Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 une r\u00e9ponse clinique \u00e0 8 semaines de 60 % pour HMPL-004 1 800 mg contre 40 % pour le placebo, sans que l&rsquo;essai soit con\u00e7u ou puissant pour \u00e9tablir une non-inf\u00e9riorit\u00e9 formelle \u00e0 la m\u00e9salazine. pour induire la r\u00e9mission clinique \u00e0 8 semaines, avec un profil de tol\u00e9rance favorable pour l&rsquo;extrait v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<h3>Polyarthrite rhumato\u00efde<\/h3>\n<p>Une \u00e9tude pilote sur 60 patients atteints de polyarthrite rhumato\u00efde active a montr\u00e9 qu&rsquo;un extrait standardis\u00e9 d&rsquo;<em>A. paniculata<\/em> r\u00e9duisait significativement le nombre d&rsquo;articulations tum\u00e9fi\u00e9es et douloureuses, la vitesse de s\u00e9dimentation et le taux de prot\u00e9ine C-r\u00e9active apr\u00e8s 14 semaines de traitement.<\/p>\n<h3>Fatigue et infection au VIH<\/h3>\n<p>Des \u00e9tudes pr\u00e9liminaires ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;andrographolide chez des patients s\u00e9ropositifs pour le VIH, montrant une augmentation significative du taux de lymphocytes CD4+ \u00e0 la dose de 10 mg\/kg\/jour pendant 6 semaines, mais ces r\u00e9sultats n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s par des essais de grande envergure.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications th\u00e9rapeutiques retenues<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Traitement symptomatique des infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures<\/strong> (rhume banal, rhinopharyngite, sinusite non compliqu\u00e9e) : niveau de preuve A (m\u00e9ta-analyse Cochrane)<\/li>\n<li><strong>Pr\u00e9vention des infections respiratoires r\u00e9currentes<\/strong> : niveau de preuve B<\/li>\n<li><strong>Adjuvant dans la colite ulc\u00e9reuse l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e<\/strong> : niveau de preuve B (un essai de bonne qualit\u00e9)<\/li>\n<li><strong>Soutien h\u00e9patique et h\u00e9patoprotection<\/strong> : niveau de preuve C (donn\u00e9es pr\u00e9cliniques et usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>Adjuvant dans les affections rhumatismales inflammatoires<\/strong> : niveau de preuve C<\/li>\n<\/ul>\n<p>Aucune autorit\u00e9 r\u00e9glementaire n&rsquo;a reconnu d&rsquo;usage m\u00e9dical bien \u00e9tabli de l&rsquo;andrographis pour les infections des voies respiratoires : les donn\u00e9es cliniques disponibles, bien que prometteuses, sont jug\u00e9es de qualit\u00e9 m\u00e9thodologique insuffisante pour conclure. \u00c0 la date de cette fiche, aucune monographie approuv\u00e9e de la Commission E allemande n&rsquo;a pu \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e pour Andrographis paniculata.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Andrographolide<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">Diterp\u00e8ne<\/a> labdane<\/td>\n<td>Immunostimulant, anti-inflammatoire, h\u00e9patoprotecteur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>N\u00e9oandrographolide, d\u00e9soxyandrographolide<\/td>\n<td>Diterp\u00e8nes labdanes<\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline, wogonine<\/td>\n<td>Flavones<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Poudre de plante enti\u00e8re en g\u00e9lules.<\/strong> 400 \u00e0 600 mg par prise, 3 fois par jour, soit 1 200 \u00e0 1 800 mg par jour. Usage principalement traditionnel.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9.<\/strong> Standardis\u00e9 \u00e0 4 \u00e0 6 % d&rsquo;andrographolide ou \u00e0 30 % de diterp\u00e8nes lactones totaux. Posologie usuelle : 200 \u00e0 400 mg d&rsquo;extrait par jour, correspondant \u00e0 48 \u00e0 120 mg d&rsquo;andrographolide. Pour le traitement aigu des infections respiratoires : commencer d\u00e8s les premiers sympt\u00f4mes et poursuivre pendant 3 \u00e0 7 jours.<\/p>\n<p><strong>Teinture m\u00e8re.<\/strong> Pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de plante fra\u00eeche dans de l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 60-70 %. Posologie : 2,5 \u00e0 5 ml, 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Infusion.<\/strong> 3 \u00e0 6 grammes de parties a\u00e9riennes s\u00e8ches par tasse d&rsquo;eau bouillante, infuser 10 \u00e0 15 minutes. Le go\u00fbt extr\u00eamement amer rend cette forme difficile \u00e0 utiliser en pratique.<\/p>\n<p><strong>Association Kan Jang.<\/strong> Extrait standardis\u00e9 d&rsquo;<em>A. paniculata<\/em> associ\u00e9 \u00e0 <em>Eleutherococcus senticosus<\/em>, dos\u00e9 \u00e0 88,8 mg d&rsquo;andrographolide par dose quotidienne. C&rsquo;est la formulation la plus \u00e9tudi\u00e9e cliniquement.<\/p>\n<p>En traitement curatif aigu, la dur\u00e9e d&rsquo;utilisation recommand\u00e9e est de 5 \u00e0 10 jours. En pr\u00e9vention, des cures de 2 \u00e0 3 mois avec des fen\u00eatres th\u00e9rapeutiques sont possibles.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb.<\/strong> La DL50 par voie orale chez la souris est sup\u00e9rieure \u00e0 10 g\/kg pour l&rsquo;extrait hydroalcoolique et sup\u00e9rieure \u00e0 15 g\/kg pour l&rsquo;andrographolide purifi\u00e9, attestant d&rsquo;une toxicit\u00e9 aigu\u00eb tr\u00e8s faible.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 chronique.<\/strong> Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique \u00e0 90 jours chez le rat (jusqu&rsquo;\u00e0 1 g\/kg\/jour d&rsquo;extrait) n&rsquo;ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aucune toxicit\u00e9 significative sur les param\u00e8tres h\u00e9matologiques, biochimiques ou histologiques.<\/p>\n<p><strong>Fertilit\u00e9 et reproduction.<\/strong> Des \u00e9tudes chez le rat m\u00e2le ont montr\u00e9 un effet antispermatog\u00e9nique r\u00e9versible \u00e0 fortes doses (200 mg\/kg\/jour d&rsquo;andrographolide pendant 60 jours), avec une r\u00e9duction du nombre et de la motilit\u00e9 des spermatozo\u00efdes. Cet effet est compl\u00e8tement r\u00e9versible \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat du traitement. Chez la femelle, un effet anti-implantatoire a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 chez le rat. Par prudence, l&rsquo;utilisation est contre-indiqu\u00e9e pendant la grossesse.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables.<\/strong> Les effets ind\u00e9sirables les plus fr\u00e9quemment rapport\u00e9s dans les essais cliniques sont : fatigue et lassitude (5-7 %), c\u00e9phal\u00e9es (3-5 %), go\u00fbt amer en bouche (2-4 %), naus\u00e9es (1-3 %), diarrh\u00e9e (1-2 %), \u00e9ruptions cutan\u00e9es allergiques (rare, inf\u00e9rieur \u00e0 1 %). Des cas exceptionnels de r\u00e9actions anaphylacto\u00efdes ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s apr\u00e8s administration parent\u00e9rale (formes injectables utilis\u00e9es en Chine, non disponibles en Europe).<\/p>\n<p><strong>Contre-indications.<\/strong> Grossesse et allaitement (effet anti-implantatoire et antispermatog\u00e9nique exp\u00e9rimental), d\u00e9sir de grossesse chez l&rsquo;homme (par prudence), maladies auto-immunes (par extrapolation de l&rsquo;activit\u00e9 immunostimulante), troubles h\u00e9morragiques ou traitement anticoagulant (effet antiagr\u00e9gant plaquettaire <em>in vitro<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses.<\/strong> Interactions th\u00e9oriques avec les anticoagulants et antiagr\u00e9gants plaquettaires (effet additif sur l&rsquo;h\u00e9mostase), les immunosuppresseurs (antagonisme potentiel), les antihypertenseurs (effet hypotenseur additif). L&rsquo;andrographolide est un inducteur mod\u00e9r\u00e9 du CYP1A2 et un inhibiteur faible du CYP2C9, justifiant une vigilance en cas de co-m\u00e9dication.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;andrographis est l&rsquo;une des plantes les plus anciennes et les plus r\u00e9v\u00e9r\u00e9es des grandes traditions m\u00e9dicales asiatiques. En <strong>Ayurveda<\/strong>, sous le nom de <em>kalmegh<\/em> ou <em>bhunimba<\/em>, elle est class\u00e9e dans le groupe des plantes am\u00e8res (<em>tikta rasa<\/em>) et rafra\u00eechissantes (<em>sheeta virya<\/em>). Elle est prescrite traditionnellement pour les fi\u00e8vres, les infections, les troubles h\u00e9patiques et biliaires, les troubles digestifs, les affections cutan\u00e9es, le diab\u00e8te et comme tonique amer. Elle est un ingr\u00e9dient majeur de la formulation classique <em>Kalmeghnavaya<\/em>.<\/p>\n<p>En <strong>m\u00e9decine traditionnelle chinoise<\/strong>, sous le nom de <em>chuanxinlian<\/em> (\u7a7f\u5fc3\u83b2), elle est utilis\u00e9e pour \u00e9liminer la chaleur, r\u00e9soudre les toxines, et traiter les infections des voies respiratoires, les diarrh\u00e9es infectieuses, les infections urinaires et les affections cutan\u00e9es. Elle est class\u00e9e parmi les herbes qui \u00ab clarifient la chaleur et \u00e9liminent les toxines \u00bb.<\/p>\n<p>En <strong>Tha\u00eflande<\/strong>, le <em>fah talai jone<\/em> (\u0e1f\u0e49\u0e32\u0e17\u0e30\u0e25\u0e32\u0e22\u0e42\u0e08\u0e23) est reconnu officiellement comme m\u00e9dicament traditionnel pour le rhume et les maux de gorge. Le gouvernement tha\u00eflandais a approuv\u00e9 des pr\u00e9parations standardis\u00e9es \u00e0 base d&rsquo;andrographis dans sa liste nationale des m\u00e9dicaments essentiels.<\/p>\n<p>En <strong>Indon\u00e9sie<\/strong>, le <em>sambiloto<\/em> est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus populaires, utilis\u00e9e pour le paludisme, le diab\u00e8te, l&rsquo;hypertension, les infections et les troubles h\u00e9patiques. Elle est inscrite dans la Pharmacop\u00e9e indon\u00e9sienne.<\/p>\n<p>Une l\u00e9gende indienne populaire rapporte que l&rsquo;andrographis aurait \u00e9t\u00e9 la plante qui arr\u00eata l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de grippe espagnole en Inde en 1919, bien que cette attribution soit historiquement difficile \u00e0 v\u00e9rifier.<\/p>\n<hr>\n<h3>Risques de confusion<\/h3>\n<p>Le risque de confusion botanique est limit\u00e9 en raison des caract\u00e9ristiques morphologiques distinctives de la plante (tige quadrangulaire, feuilles lanc\u00e9ol\u00e9es oppos\u00e9es, amertume intense). Cependant, quelques confusions peuvent survenir au niveau commercial :<\/p>\n<p><em>Andrographis lineata<\/em> Nees et <em>Andrographis echioides<\/em> (L.) Nees, esp\u00e8ces voisines, sont parfois collect\u00e9es en m\u00e9lange avec <em>A. paniculata<\/em> dans les r\u00e9coltes en milieu naturel. Elles se distinguent par des feuilles plus \u00e9troites (pour <em>A. lineata<\/em>) ou plus larges et velues (pour <em>A. echioides<\/em>), et par des teneurs en andrographolide nettement inf\u00e9rieures.<\/p>\n<p><em>Swertia chirata<\/em> Buch.-Ham. ex Wall. (Gentianaceae), autre plante extr\u00eamement am\u00e8re de la pharmacop\u00e9e indienne (<em>chirata<\/em> ou <em>kiratatikta<\/em>), peut \u00eatre confondue commercialement avec l&rsquo;andrographis en raison de la similitude des noms sanskrits (<em>kirata<\/em>). Les deux plantes se distinguent ais\u00e9ment par leur morphologie (la swertie est une Gentianac\u00e9e \u00e0 fleurs t\u00e9tram\u00e8res).<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse par HPLC du profil en diterp\u00e8nes labdanes, et en particulier la quantification de l&rsquo;andrographolide, constitue la m\u00e9thode de r\u00e9f\u00e9rence pour confirmer l&rsquo;identit\u00e9 et la qualit\u00e9 de la drogue.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Andrographis paniculata<\/em> est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus solidement document\u00e9es pour le traitement des infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures, avec un niveau de preuve clinique \u00e9quivalent ou sup\u00e9rieur \u00e0 celui de nombreuses plantes inscrites aux pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes. Son principal compos\u00e9 actif, l&rsquo;<strong>andrographolide<\/strong>, est un modulateur pharmacologique polyvalent agissant sur des cibles mol\u00e9culaires cl\u00e9s de l&rsquo;inflammation et de l&rsquo;immunit\u00e9.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche les plus prometteuses incluent le d\u00e9veloppement de d\u00e9riv\u00e9s semi-synth\u00e9tiques de l&rsquo;andrographolide \u00e0 biodisponibilit\u00e9 am\u00e9lior\u00e9e (la faible solubilit\u00e9 aqueuse et la biodisponibilit\u00e9 orale limit\u00e9e du compos\u00e9 natif constituant les principales limites pharmacocin\u00e9tiques), l&rsquo;exploration de l&rsquo;activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse dans le cadre d&rsquo;essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s, l&rsquo;\u00e9valuation de nouvelles formulations gal\u00e9niques (nanoparticules, liposomes, complexes phospholipidiques) et l&rsquo;approfondissement de l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire intestinale dans les maladies inflammatoires chroniques de l&rsquo;intestin.<\/p>\n<p>L&rsquo;inscription de la drogue \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne en 2019 constitue une reconnaissance officielle majeure et devrait favoriser le d\u00e9veloppement de phytom\u00e9dicaments standardis\u00e9s sur le march\u00e9 europ\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Hu X.Y. et al. Andrographis paniculata (Chu\u0101n X\u012bn Li\u00e1n) for symptomatic relief of acute respiratory tract infections in adults and children: A systematic review and meta-analysis. <em>PLoS One<\/em>, 2017, 12(8) : e0181780.<\/li>\n<li>Saxena R.C. et al. A randomized double blind placebo controlled clinical evaluation of extract of <em>Andrographis paniculata<\/em> (KalmCold) in patients with uncomplicated upper respiratory tract infection. <em>Phytomedicine<\/em>, 2010, 17(3-4) : 178-185.<\/li>\n<li>Tang T. et al. Randomised clinical trial: herbal extract HMPL-004 in active ulcerative colitis \u2014 a double-blind comparison with sustained release mesalazine. <em>Alimentary Pharmacology &amp; Therapeutics<\/em>, 2011, 33(2) : 194-202.<\/li>\n<li>Coon J.T., Ernst E. <em>Andrographis paniculata<\/em> in the treatment of upper respiratory tract infections: a systematic review of safety and efficacy. <em>Planta Medica<\/em>, 2004, 70(4) : 293-298.<\/li>\n<li>Hossain M.S. et al. <em>Andrographis paniculata<\/em> (Burm.f.) Wall. ex Nees: A review of ethnobotany, phytochemistry, and pharmacology. <em>The Scientific World Journal<\/em>, 2014 : 274905.<\/li>\n<li>Jayakumar T. et al. Experimental and clinical pharmacology of <em>Andrographis paniculata<\/em> and its major bioactive phytoconstituent andrographolide. <em>Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine<\/em>, 2013 : 846740.<\/li>\n<li>Okhuarobo A. et al. Harnessing the medicinal properties of <em>Andrographis paniculata<\/em> for diseases and beyond: a review of its phytochemistry and pharmacology. <em>Asian Pacific Journal of Tropical Disease<\/em>, 2014, 4(3) : 213-222.<\/li>\n<li>EMA\/HMPC. Assessment report on <em>Andrographis paniculata<\/em> Nees, herba. EMA\/HMPC\/320433\/2012, 2014.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. 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