{"id":9522,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/sene\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:49","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:49","slug":"sene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/sene\/","title":{"rendered":"S\u00c9N\u00c9"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/S%C3%A9n%C3%A9.jpg\" alt=\"Planche botanique S\u00c9N\u00c9\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>S\u00e9n\u00e9 \u2014 <em>Senna alexandrina<\/em> Mill.<\/h1>\n<p>Le s\u00e9n\u00e9 est l&rsquo;un des laxatifs v\u00e9g\u00e9taux les plus anciennement connus et les plus largement prescrits \u00e0 travers le monde. Utilis\u00e9 depuis l&rsquo;\u00e9poque des m\u00e9decins arabes m\u00e9di\u00e9vaux, il constitue encore aujourd&rsquo;hui un pilier de la th\u00e9rapeutique de la constipation, inscrit dans toutes les grandes pharmacop\u00e9es internationales et figurant sur la Liste mod\u00e8le des m\u00e9dicaments essentiels de l&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9. Ses principes actifs, les <strong>sennosides<\/strong>, sont des glycosides dianthroniques qui agissent sp\u00e9cifiquement sur le c\u00f4lon par un m\u00e9canisme s\u00e9cr\u00e9toire et moteur bien caract\u00e9ris\u00e9. La rigueur des donn\u00e9es pharmacologiques et cliniques, associ\u00e9e \u00e0 une longue exp\u00e9rience d&rsquo;utilisation, en fait une drogue de r\u00e9f\u00e9rence de la pharmacognosie classique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Senna alexandrina<\/em> Mill. appartient \u00e0 la famille des <strong>Fabaceae<\/strong> (Leguminosae), sous-famille des Caesalpinioideae. Le genre <em>Senna<\/em> comprend environ 350 esp\u00e8ces, distribu\u00e9es principalement dans les r\u00e9gions tropicales et subtropicales.<\/p>\n<p>Classification syst\u00e9matique :<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e8gne : Plantae<\/li>\n<li>Sous-r\u00e8gne : Tracheobionta<\/li>\n<li>Division : Magnoliophyta<\/li>\n<li>Classe : Magnoliopsida<\/li>\n<li>Sous-classe : Rosidae<\/li>\n<li>Ordre : Fabales<\/li>\n<li>Famille : Fabaceae<\/li>\n<li>Sous-famille : Caesalpinioideae<\/li>\n<li>Tribu : Cassieae<\/li>\n<li>Genre : <em>Senna<\/em><\/li>\n<li>Esp\u00e8ce : <em>Senna alexandrina<\/em> Mill.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La nomenclature de cette esp\u00e8ce a connu de nombreuses r\u00e9visions. L&rsquo;ancien nom <em>Cassia angustifolia<\/em> Vahl (s\u00e9n\u00e9 de l&rsquo;Inde ou s\u00e9n\u00e9 de Tinnevelly) et <em>Cassia senna<\/em> L. (s\u00e9n\u00e9 d&rsquo;Alexandrie ou de Khartoum) sont aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9s comme consp\u00e9cifiques et rattach\u00e9s \u00e0 <em>Senna alexandrina<\/em> Mill., le nom le plus ancien ayant priorit\u00e9. Le nom a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par Philip Miller en 1768 dans son <em>Gardeners Dictionary<\/em>.<\/p>\n<p>Synonymes nomenclaturaux principaux : <em>Cassia senna<\/em> L., <em>Cassia angustifolia<\/em> Vahl, <em>Cassia acutifolia<\/em> Delile, <em>Senna angustifolia<\/em> (Vahl) Batka.<\/p>\n<p>Le nom \u00ab s\u00e9n\u00e9 \u00bb d\u00e9rive de l&rsquo;arabe <em>sana<\/em>, qui d\u00e9signait la drogue dans la pharmacop\u00e9e arabe m\u00e9di\u00e9vale. Le nom \u00ab alexandrina \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence au port d&rsquo;Alexandrie, principal point d&rsquo;exportation historique du s\u00e9n\u00e9 d&rsquo;\u00c9gypte et du Soudan.<\/p>\n<p>Deux vari\u00e9t\u00e9s commerciales sont traditionnellement distingu\u00e9es, correspondant aux anciens noms d&rsquo;esp\u00e8ce :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>S\u00e9n\u00e9 d&rsquo;Alexandrie<\/strong> (ou de Khartoum) : feuilles plus petites et plus larges, provenant principalement du Soudan et de l&rsquo;\u00c9gypte.<\/li>\n<li><strong>S\u00e9n\u00e9 de Tinnevelly<\/strong> (ou s\u00e9n\u00e9 de l&rsquo;Inde) : folioles plus longues et plus \u00e9troites, cultiv\u00e9 dans le sud de l&rsquo;Inde (Tamil Nadu).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Senna alexandrina<\/em> est un sous-arbrisseau vivace de 30 \u00e0 100 centim\u00e8tres de hauteur, \u00e0 port buissonnant et dress\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Appareil v\u00e9g\u00e9tatif.<\/strong> La tige est dress\u00e9e, ramifi\u00e9e d\u00e8s la base, ligneuse \u00e0 la base et herbac\u00e9e au sommet, de couleur vert gris\u00e2tre, finement pubescente. Les feuilles sont alternes, compos\u00e9es paripenn\u00e9es, longues de 8 \u00e0 15 centim\u00e8tres, portant 4 \u00e0 8 paires de folioles. Les folioles sont ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 2 \u00e0 5 centim\u00e8tres, larges de 0,7 \u00e0 2 centim\u00e8tres, asym\u00e9triques \u00e0 la base, aigu\u00ebs au sommet, enti\u00e8res, \u00e0 nervation penn\u00e9e saillante sur la face inf\u00e9rieure, de couleur vert gris\u00e2tre, finement pubescentes ou glabrescentes. Les stipules sont petites, triangulaires, caduques. Le rachis porte parfois une petite glande entre les paires de folioles inf\u00e9rieures.<\/p>\n<p><strong>Appareil reproducteur.<\/strong> Les inflorescences sont des rac\u00e8mes axillaires et terminaux, dress\u00e9s, longs de 5 \u00e0 15 centim\u00e8tres, portant 6 \u00e0 20 fleurs. Les fleurs sont zygomorphes, pentam\u00e8res, de couleur jaune vif. Le calice est \u00e0 5 s\u00e9pales in\u00e9gaux, verts, l\u00e9g\u00e8rement pubescents. La corolle est form\u00e9e de 5 p\u00e9tales jaunes, in\u00e9gaux, vein\u00e9s de brun. Les \u00e9tamines sont au nombre de 10, dont 7 fertiles de tailles diff\u00e9rentes et 3 staminodes. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, monocarpell\u00e9, pubescent, surmont\u00e9 d&rsquo;un style courb\u00e9. La floraison intervient de juin \u00e0 octobre en Inde.<\/p>\n<p>Le fruit est une gousse (l\u00e9gume) plate, oblongue, papyrac\u00e9e, longue de 4 \u00e0 7 centim\u00e8tres, large de 1,5 \u00e0 2,5 centim\u00e8tres, initialement verte puis devenant brun fonc\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9, contenant 6 \u00e0 10 graines. Les graines sont obcordiformes (en forme de c\u0153ur invers\u00e9), aplaties, lisses, de couleur brun verd\u00e2tre, longues de 6 \u00e0 8 millim\u00e8tres.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p><em>Senna alexandrina<\/em> est originaire de la zone sah\u00e9lo-soudanienne d&rsquo;Afrique et de la p\u00e9ninsule Arabique. Son aire de r\u00e9partition naturelle s&rsquo;\u00e9tend du Sahel (Mauritanie, S\u00e9n\u00e9gal, Mali, Niger, Tchad) \u00e0 travers le Soudan, l&rsquo;\u00c9gypte (Haute-\u00c9gypte, Nubie), l&rsquo;\u00c9thiopie, la Somalie et la p\u00e9ninsule Arabique (Y\u00e9men, Oman, Arabie Saoudite).<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est cultiv\u00e9e commercialement en Inde (Tamil Nadu \u2014 r\u00e9gion de Tirunelveli, Rajasthan), au Soudan, en \u00c9gypte, au Pakistan et en Somalie. L&rsquo;Inde est le principal producteur et exportateur mondial de s\u00e9n\u00e9, avec une production annuelle estim\u00e9e \u00e0 plus de 30 000 tonnes de feuilles s\u00e8ches.<\/p>\n<p>Le s\u00e9n\u00e9 est une plante de climat tropical aride \u00e0 semi-aride, adapt\u00e9e aux temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es (25 \u00e0 40 \u00b0C) et aux faibles pluviom\u00e9tries (200 \u00e0 600 mm par an). Il tol\u00e8re les sols pauvres, sableux, caillouteux, lat\u00e9ritiques, de pH neutre \u00e0 alcalin (7,0 \u00e0 8,5). Il est sensible au froid et ne supporte pas les temp\u00e9ratures inf\u00e9rieures \u00e0 10 \u00b0C. La plante pr\u00e9f\u00e8re les expositions ensoleill\u00e9es et les sols bien drain\u00e9s. L&rsquo;engorgement hydrique est le principal facteur limitant.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Senna alexandrina<\/em> est une esp\u00e8ce \u00e0 la fois sauvage et cultiv\u00e9e. Les populations sauvages sont encore abondantes dans les zones sah\u00e9liennes et les wadis (oueds) du Soudan, de l&rsquo;\u00c9gypte, de la Somalie et de l&rsquo;Arabie. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas menac\u00e9e de conservation, bien que la surr\u00e9colte locale puisse r\u00e9duire les populations sauvages dans certaines zones.<\/p>\n<p>La culture est pratiqu\u00e9e comme culture de rente dans le sud de l&rsquo;Inde (Tamil Nadu) et dans les zones arides du Rajasthan. Le semis s&rsquo;effectue en juillet-ao\u00fbt (saison des pluies en Inde), en lignes espac\u00e9es de 30 \u00e0 45 centim\u00e8tres. La plante n\u00e9cessite peu d&rsquo;eau (pluvial ou irrigation d&rsquo;appoint l\u00e9g\u00e8re) et tol\u00e8re les sols pauvres. La premi\u00e8re r\u00e9colte de feuilles intervient 75 \u00e0 90 jours apr\u00e8s le semis, avec 2 \u00e0 3 coupes possibles pendant le cycle. Les feuilles sont r\u00e9colt\u00e9es manuellement, s\u00e9ch\u00e9es rapidement au soleil, puis tri\u00e9es et conditionn\u00e9es.<\/p>\n<p>Le rendement en folioles s\u00e8ches est de 600 \u00e0 1 200 kg par hectare et par coupe. Les gousses sont r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9, apr\u00e8s la derni\u00e8re coupe de feuilles. La teneur en sennosides est maximale dans les feuilles r\u00e9colt\u00e9es au stade de pleine floraison et diminue apr\u00e8s la fructification.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Deux drogues sont officinales :<\/p>\n<p><strong>Folioles de s\u00e9n\u00e9<\/strong> (<em>Sennae folium<\/em>) : folioles s\u00e9ch\u00e9es des feuilles compos\u00e9es. La drogue se pr\u00e9sente sous forme de folioles enti\u00e8res ou fragment\u00e9es, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, fragiles, de couleur vert gris\u00e2tre \u00e0 brun-verd\u00e2tre, \u00e0 saveur mucilagineuse puis am\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Fruits de s\u00e9n\u00e9<\/strong> (<em>Sennae fructus<\/em>) : gousses enti\u00e8res, s\u00e9ch\u00e9es, matures. La drogue se pr\u00e9sente sous forme de gousses plates, papyrac\u00e9es, brun fonc\u00e9, contenant les graines. Les fruits ont une action laxative plus douce et plus progressive que les feuilles, en raison de leur teneur l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieure en sennosides et de la pr\u00e9sence de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a> adoucissants.<\/p>\n<p>La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (9e \u00e9dition) comprend des monographies pour les deux drogues :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Sennae folium<\/em> (07\/2019:0206) : teneur minimale de 2,5 % de glucosides hydroxyanthrac\u00e9niques, calcul\u00e9s en sennoside B (drogue dess\u00e9ch\u00e9e).<\/li>\n<li><em>Sennae fructus angustifoliae<\/em> (01\/2017:0208) et <em>Sennae fructus acutifoliae<\/em> (01\/2017:0207) : teneur minimale de 2,2 % de glucosides hydroxyanthrac\u00e9niques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un <strong>extrait standardis\u00e9 de sennosides<\/strong> (<em>Sennae extractum standardisatum<\/em>) est \u00e9galement inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, avec une teneur d\u00e9finie en sennosides A+B.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>D\u00e9riv\u00e9s anthrac\u00e9niques (sennosides)<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left; margin:5px 25px 15px 0; max-width:280px; border:1px solid #c9b99a; padding:6px; background:#faf6ee; border-radius:4px; cursor:pointer;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/senna_alexandrina.jpg\" alt=\"Senna alexandrina \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%; height:auto; display:block;\" \/><figcaption style=\"text-align:center; font-size:0.78em; color:#5a4e3c; margin-top:5px; font-style:italic;\">Senna alexandrina<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les principes actifs majeurs sont les <strong>sennosides<\/strong>, glycosides dianthroniques sp\u00e9cifiques du genre <em>Senna<\/em> :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sennoside A<\/strong> \u2014 glycoside de la sennidin A (dianthrone de rh\u00e9ine, forme <em>threo<\/em>). C&rsquo;est le compos\u00e9 le plus abondant et le plus actif. Il est constitu\u00e9 de deux unit\u00e9s d&rsquo;alo\u00e9-\u00e9modine anthrone li\u00e9es en C-10\u2013C-10&prime; et portant chacune un glucose en C-8.<\/li>\n<li><strong>Sennoside B<\/strong> \u2014 glycoside de la sennidin B (dianthrone de rh\u00e9ine, forme <em>erythro<\/em>). Diast\u00e9r\u00e9oisom\u00e8re du sennoside A, de puissance laxative comparable.<\/li>\n<li><strong>Sennoside C<\/strong> \u2014 glycoside h\u00e9t\u00e9rodianthronique (rh\u00e9ine-alo\u00e9-\u00e9modine).<\/li>\n<li><strong>Sennoside D<\/strong> \u2014 glycoside h\u00e9t\u00e9rodianthronique, diast\u00e9r\u00e9oisom\u00e8re du sennoside C.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La teneur totale en sennosides varie de 1,5 \u00e0 5 % dans les folioles et de 1,5 \u00e0 3,5 % dans les fruits, selon l&rsquo;origine, le cultivar, la saison de r\u00e9colte et les conditions de s\u00e9chage. Les sennosides A et B repr\u00e9sentent environ 70 \u00e0 80 % des sennosides totaux.<\/p>\n<h3>Autres d\u00e9riv\u00e9s anthrac\u00e9niques<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthraquinones\/\">Anthraquinones<\/a> libres<\/strong> : <strong>rh\u00e9ine<\/strong>, <strong>alo\u00e9-\u00e9modine<\/strong>, <strong>chrysophanol<\/strong> \u2014 pr\u00e9sentes en faible quantit\u00e9 (moins de 0,5 %), form\u00e9es par hydrolyse des sennosides.<\/li>\n<li><strong>Monoanthrones glycosyl\u00e9es<\/strong> : glucosides de rh\u00e9ine anthrone et d&rsquo;alo\u00e9-\u00e9modine anthrone \u2014 pr\u00e9sentes en quantit\u00e9 variable selon la fra\u00eecheur de la drogue.<\/li>\n<li><strong>Naphthal\u00e8nes<\/strong> : <strong>tinnevelline glucoside<\/strong> \u2014 compos\u00e9 caract\u00e9ristique du s\u00e9n\u00e9 de Tinnevelly.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Les folioles contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>isorhamn\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides), des <strong>mucilages<\/strong> (2-5 %), des <strong>r\u00e9sines<\/strong>, des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> et des <strong>acides organiques<\/strong>. Les mucilages contribuent \u00e0 att\u00e9nuer l&rsquo;effet irritant des anthraquinones sur la muqueuse colique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>M\u00e9canisme laxatif<\/h3>\n<p>Les <strong>sennosides<\/strong> sont des <strong>prodrogues<\/strong> qui traversent l&rsquo;intestin gr\u00eale sans \u00eatre absorb\u00e9es ni hydrolys\u00e9es (les enzymes de l&rsquo;intestin gr\u00eale n&rsquo;ont pas d&rsquo;activit\u00e9 b\u00eata-glucosidase sur les dianthrones). C&rsquo;est dans le <strong>c\u00f4lon<\/strong> que les sennosides sont transform\u00e9s en leur m\u00e9tabolite actif, la <strong>rh\u00e9ine anthrone<\/strong>, par l&rsquo;action des b\u00eata-glucosidases et des r\u00e9ductases de la flore bact\u00e9rienne colique (principalement <em>Bifidobacterium<\/em> spp., <em>Bacteroides<\/em> spp.).<\/p>\n<p>La rh\u00e9ine anthrone exerce un double effet sur l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium colique :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Effet s\u00e9cr\u00e9toire<\/strong> : inhibition de l&rsquo;absorption d&rsquo;eau et d&rsquo;\u00e9lectrolytes (Na+, Cl-) par les colonocytes et stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion active de chlorure et d&rsquo;eau dans la lumi\u00e8re colique. Le m\u00e9canisme mol\u00e9culaire implique l&rsquo;inhibition de la Na+\/K+-ATPase basolat\u00e9rale, l&rsquo;activation des canaux chlorure apicaux (via les prostaglandines PGE2), et l&rsquo;augmentation de la perm\u00e9abilit\u00e9 paracellulaire.<\/li>\n<li><strong>Effet moteur<\/strong> : stimulation de la motricit\u00e9 colique propulsive par augmentation de la production locale de prostaglandines (PGE2), stimulation des plexus nerveux myent\u00e9riques (plexus d&rsquo;Auerbach) et lib\u00e9ration de substance P. Le r\u00e9sultat est une augmentation de la fr\u00e9quence et de l&rsquo;amplitude des contractions coliques p\u00e9ristaltiques.<\/li>\n<\/ol>\n<p>L&rsquo;effet laxatif survient 8 \u00e0 12 heures apr\u00e8s l&rsquo;ingestion orale, correspondant au temps de transit oroc\u00e6cal et \u00e0 la bioactivation bact\u00e9rienne colique. Cette latence pr\u00e9visible permet une prise au coucher pour un effet le lendemain matin.<\/p>\n<h3>Pharmacocin\u00e9tique<\/h3>\n<p>Les sennosides ne sont pas absorb\u00e9s dans l&rsquo;intestin gr\u00eale (moins de 5 % d&rsquo;absorption). La rh\u00e9ine anthrone, form\u00e9e dans le c\u00f4lon, est partiellement absorb\u00e9e au niveau colique, m\u00e9tabolis\u00e9e en rh\u00e9ine au niveau de la muqueuse et du foie, conjugu\u00e9e (glucuronidation, sulfatation) et \u00e9limin\u00e9e principalement par voie urinaire (10-20 %) sous forme de rh\u00e9ine conjugu\u00e9e, et par voie f\u00e9cale (80-90 %). La rh\u00e9ine conf\u00e8re une coloration jaune-brun aux urines (alcalines) ou rouge (acides), ph\u00e9nom\u00e8ne b\u00e9nin qu&rsquo;il convient de signaler aux patients.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>Constipation occasionnelle<\/h3>\n<p>L&rsquo;efficacit\u00e9 laxative du s\u00e9n\u00e9 est solidement \u00e9tablie par une longue tradition d&rsquo;utilisation clinique et par de nombreux essais contr\u00f4l\u00e9s. Le s\u00e9n\u00e9 est recommand\u00e9 par les principales soci\u00e9t\u00e9s savantes de gastroent\u00e9rologie comme laxatif stimulant de deuxi\u00e8me intention (apr\u00e8s les laxatifs osmotiques et de lest) dans la constipation occasionnelle de l&rsquo;adulte.<\/p>\n<h3>Pr\u00e9paration colique<\/h3>\n<p>Le s\u00e9n\u00e9 (sous forme de solution de sennosides) est largement utilis\u00e9 en pr\u00e9paration \u00e0 la coloscopie et aux interventions chirurgicales coliques, en association avec le poly\u00e9thyl\u00e8ne glycol (PEG). Plusieurs essais cliniques ont montr\u00e9 qu&rsquo;une pr\u00e9paration associant PEG et sennosides \u00e9tait au moins aussi efficace qu&rsquo;une pr\u00e9paration par PEG seul pour la qualit\u00e9 de la pr\u00e9paration colique, avec une meilleure tol\u00e9rance.<\/p>\n<h3>Constipation fonctionnelle chronique<\/h3>\n<p>Un essai randomis\u00e9 en double aveugle (Passmore et al., 1993) sur 77 patients \u00e2g\u00e9s institutionnalis\u00e9s atteints de constipation chronique a montr\u00e9 qu&rsquo;une combinaison de s\u00e9n\u00e9 et de fibres (ispaghula) \u00e9tait significativement sup\u00e9rieure au lactulose pour am\u00e9liorer la fr\u00e9quence des selles et r\u00e9duire le recours aux lavements, avec un co\u00fbt inf\u00e9rieur.<\/p>\n<h3>Constipation induite par les opio\u00efdes<\/h3>\n<p>Des essais cliniques en soins palliatifs ont montr\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 du s\u00e9n\u00e9 dans la constipation induite par les opio\u00efdes, souvent en association avec le docusate sodique (\u00e9mollient f\u00e9cal). Le s\u00e9n\u00e9 est recommand\u00e9 par les lignes directrices en soins palliatifs comme laxatif stimulant de premi\u00e8re intention dans cette indication.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications th\u00e9rapeutiques retenues<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Constipation occasionnelle de l&rsquo;adulte et de l&rsquo;enfant de plus de 12 ans<\/strong> : usage bien \u00e9tabli (Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne)<\/li>\n<li><strong>Pr\u00e9paration aux examens radiologiques et endoscopiques du c\u00f4lon<\/strong> : usage m\u00e9dical courant<\/li>\n<li><strong>Constipation induite par les opio\u00efdes<\/strong> (soins palliatifs) : recommandations de pratique clinique<\/li>\n<li><strong>Situations n\u00e9cessitant une d\u00e9f\u00e9cation facilit\u00e9e<\/strong> (fissures anales, h\u00e9morro\u00efdes, post-chirurgie anorectale) : usage bien \u00e9tabli<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une monographie europ\u00e9enne (2007) reconna\u00eet l&rsquo;usage bien \u00e9tabli du s\u00e9n\u00e9 (feuilles et fruits) pour le traitement \u00e0 court terme de la constipation occasionnelle chez l&rsquo;adulte et l&rsquo;adolescent de plus de 12 ans. Le s\u00e9n\u00e9 figure sur les listes de m\u00e9dicaments essentiels.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Sennosides A et B<\/td>\n<td>H\u00e9t\u00e9rosides <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthraquinones\/\">anthraquinoniques<\/a><\/td>\n<td>Laxatif stimulant (c\u00f4lon)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Rh\u00e9ine, aloe-\u00e9modine<\/td>\n<td>Anthraquinones<\/td>\n<td>Laxatives<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Mucilages<\/td>\n<td>Mucilages<\/td>\n<td>Adoucissants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Folioles en infusion.<\/strong> 0,5 \u00e0 2 grammes de folioles s\u00e8ches par tasse d&rsquo;eau bouillante, infuser 10 minutes. 1 tasse le soir au coucher. L&rsquo;infusion est la forme la plus simple mais la moins standardis\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Fruits en infusion.<\/strong> 1 \u00e0 2 grammes de gousses s\u00e8ches par tasse, infuser 10 minutes. Action plus douce que les feuilles.<\/p>\n<p><strong>Poudre de feuilles en g\u00e9lules ou comprim\u00e9s.<\/strong> 500 \u00e0 1 000 mg par prise. Ajuster la dose \u00e0 la r\u00e9ponse individuelle.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9 en comprim\u00e9s.<\/strong> Standardis\u00e9 en sennosides (exprim\u00e9s en sennoside B). Posologie : 15 \u00e0 30 mg de sennosides par jour chez l&rsquo;adulte (correspondant \u00e0 la posologie de r\u00e9f\u00e9rence). Commencer par la dose la plus faible efficace. Ne pas d\u00e9passer 30 mg de sennosides par jour.<\/p>\n<p><strong>Sirop ou solution buvable de sennosides.<\/strong> Formulations standardis\u00e9es pour l&rsquo;enfant de plus de 12 ans et l&rsquo;adulte.<\/p>\n<p>Posologie recommand\u00e9e : la dose individuelle correcte est la plus faible n\u00e9cessaire pour obtenir des selles molles et form\u00e9es. Adultes et adolescents de plus de 12 ans : 15 \u00e0 30 mg de glucosides hydroxyanthrac\u00e9niques (calcul\u00e9s en sennoside B) par jour, en une prise le soir. Enfants de 6 \u00e0 12 ans : usage possible mais sous contr\u00f4le m\u00e9dical. Dur\u00e9e maximale d&rsquo;utilisation : 1 \u00e0 2 semaines. Un usage prolong\u00e9 n\u00e9cessite un avis m\u00e9dical.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables fr\u00e9quents.<\/strong> Crampes abdominales et douleurs coliques (10-20 % des patients, souvent dose-d\u00e9pendantes), diarrh\u00e9e en cas de surdosage, coloration brune des urines (b\u00e9nigne).<\/p>\n<p><strong>Effets de l&rsquo;usage prolong\u00e9.<\/strong> L&rsquo;utilisation chronique (sup\u00e9rieure \u00e0 2 semaines) peut entra\u00eener :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Hypokali\u00e9mie<\/strong> : par pertes potassiques coliques excessives. L&rsquo;hypokali\u00e9mie peut potentialiser l&rsquo;effet des digitaliques et des antiarythmiques, et aggraver l&rsquo;atonie colique, cr\u00e9ant un cercle vicieux.<\/li>\n<li><strong>Pseudomelanosis coli<\/strong> : pigmentation brune b\u00e9nigne et r\u00e9versible de la muqueuse colique, li\u00e9e au d\u00e9p\u00f4t de lipofuscine dans les macrophages sous-muqueux. Dispara\u00eet en 4 \u00e0 12 mois apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9pendance laxative<\/strong> : l&rsquo;usage prolong\u00e9 entra\u00eene une accoutumance avec n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;augmenter les doses, et une atonie colique r\u00e9fractaire.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9shydratation et troubles \u00e9lectrolytiques<\/strong> : en cas d&rsquo;usage abusif, risque d&rsquo;hypokali\u00e9mie, d&rsquo;hyponatr\u00e9mie et de d\u00e9shydratation.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>G\u00e9notoxicit\u00e9 et carcinog\u00e9nicit\u00e9.<\/strong> L&rsquo;alo\u00e9-\u00e9modine, m\u00e9tabolite mineur, a montr\u00e9 un potentiel g\u00e9notoxique <em>in vitro<\/em>. Cependant, les sennosides eux-m\u00eames et la rh\u00e9ine anthrone n&rsquo;ont pas montr\u00e9 de g\u00e9notoxicit\u00e9 dans les tests standards. Les \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques n&rsquo;ont pas \u00e9tabli de lien entre l&rsquo;usage de laxatifs anthraquinoniques et le cancer colorectal aux doses th\u00e9rapeutiques et aux dur\u00e9es d&rsquo;utilisation recommand\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications.<\/strong> Occlusion intestinale, maladie inflammatoire chronique de l&rsquo;intestin en pouss\u00e9e (Crohn, rectocolite h\u00e9morragique), appendicite, douleurs abdominales d&rsquo;origine ind\u00e9termin\u00e9e, d\u00e9shydratation s\u00e9v\u00e8re, hypokali\u00e9mie non corrig\u00e9e, grossesse (les sennosides ne sont pas t\u00e9ratog\u00e8nes mais l&rsquo;effet ut\u00e9rotonique th\u00e9orique justifie la prudence), enfants de moins de 6 ans (sauf avis m\u00e9dical).<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses.<\/strong> Potentialisation de la toxicit\u00e9 des digitaliques et des antiarythmiques en cas d&rsquo;hypokali\u00e9mie. Risque accru d&rsquo;hypokali\u00e9mie avec les diur\u00e9tiques hypokali\u00e9miants et les cortico\u00efdes. R\u00e9duction potentielle de l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments co-administr\u00e9s par acc\u00e9l\u00e9ration du transit.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le s\u00e9n\u00e9 est un rem\u00e8de introduit dans la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne par la m\u00e9decine arabe m\u00e9di\u00e9vale. Il n&rsquo;est pas mentionn\u00e9 dans les textes m\u00e9dicaux grecs et romains antiques, ce qui sugg\u00e8re que son usage m\u00e9dicinal est originaire de la p\u00e9ninsule Arabique ou de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est.<\/p>\n<p>Le premier auteur arabe \u00e0 d\u00e9crire le s\u00e9n\u00e9 est le m\u00e9decin persan <strong>Masawaih al-Mardini<\/strong> (M\u00e9su\u00e9 le Jeune, Xe si\u00e8cle), qui le pr\u00e9conisait comme purgatif doux dans son <em>Grabadin<\/em>. <strong>Avicenne<\/strong> (Ibn Sina, XIe si\u00e8cle) d\u00e9crit en d\u00e9tail ses propri\u00e9t\u00e9s laxatives dans son <em>Canon de la m\u00e9decine<\/em>. Le m\u00e9decin cordouan <strong>Averro\u00e8s<\/strong> (XIIe si\u00e8cle) et le botaniste andalou <strong>Ibn al-Baytar<\/strong> (XIIIe si\u00e8cle) confirment son usage purgatif et le recommandent pour les m\u00e9lancolies et les fi\u00e8vres.<\/p>\n<p>Le s\u00e9n\u00e9 est parvenu en Europe par les routes commerciales arabes et a \u00e9t\u00e9 rapidement adopt\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cole de Salerne (XIe-XIIIe si\u00e8cle). Il est mentionn\u00e9 dans les herbiers m\u00e9di\u00e9vaux europ\u00e9ens et dans la <em>Materia Medica<\/em> de <strong>Matthiole<\/strong> (XVIe si\u00e8cle). Il figure dans les premi\u00e8res pharmacop\u00e9es officielles europ\u00e9ennes d\u00e8s le XVIe si\u00e8cle et n&rsquo;a jamais quitt\u00e9 l&rsquo;arsenal th\u00e9rapeutique occidental depuis.<\/p>\n<p>En <strong>Ayurveda<\/strong>, le s\u00e9n\u00e9 (<em>svarnapatri<\/em>, \u00ab feuille dor\u00e9e \u00bb) est utilis\u00e9 comme purgatif (<em>virechana<\/em>), vermifuge et rem\u00e8de contre les affections cutan\u00e9es. En m\u00e9decine traditionnelle africaine, les feuilles sont utilis\u00e9es en infusion laxative et les gousses sont appliqu\u00e9es en cataplasme sur les affections cutan\u00e9es. Au Soudan, le s\u00e9n\u00e9 sauvage est r\u00e9colt\u00e9 par les nomades du Kordofan et du Darfour et constitue un produit d&rsquo;exportation important depuis des si\u00e8cles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Risques de confusion<\/h3>\n<p>Plusieurs esp\u00e8ces de <em>Senna<\/em> et de <em>Cassia<\/em> peuvent \u00eatre confondues avec le s\u00e9n\u00e9 officinal :<\/p>\n<p><em>Senna obtusifolia<\/em> (L.) H.S.Irwin &amp; Barneby (<em>Cassia obtusifolia<\/em> L., casse f\u00e9tide) : esp\u00e8ce pantropicale rud\u00e9rale, \u00e0 folioles obovales (arrondies au sommet), contenant des anthraquinones mais \u00e0 profil diff\u00e9rent des sennosides. Parfois pr\u00e9sente comme contaminant dans les lots de s\u00e9n\u00e9 sauvage r\u00e9colt\u00e9 au Soudan.<\/p>\n<p><em>Senna italica<\/em> Mill. (<em>Cassia italica<\/em> (Mill.) Lam. ex F.W.Andrews) : esp\u00e8ce proche, pr\u00e9sente dans les m\u00eames zones g\u00e9ographiques, \u00e0 folioles plus petites et plus arrondies. Elle contient des sennosides mais en teneur g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieure.<\/p>\n<p><em>Senna occidentalis<\/em> (L.) Link (<em>Cassia occidentalis<\/em> L., caf\u00e9 n\u00e8gre) : esp\u00e8ce tropicale tr\u00e8s diff\u00e9rente morphologiquement, \u00e0 grandes folioles et \u00e0 gousses cylindriques. Elle ne contient pas de sennosides mais d&rsquo;autres anthraquinones et des toxines h\u00e9patotoxiques. Sa confusion est potentiellement dangereuse.<\/p>\n<p>L&rsquo;identification botanique (morphologie des folioles et des gousses) compl\u00e9t\u00e9e par l&rsquo;analyse chromatographique (CCM, HPLC des sennosides A et B) est indispensable pour garantir l&rsquo;authenticit\u00e9 de la drogue.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le s\u00e9n\u00e9 reste l&rsquo;un des laxatifs stimulants v\u00e9g\u00e9taux les plus efficaces et les mieux document\u00e9s de la pharmacop\u00e9e. Son m\u00e9canisme d&rsquo;action, impliquant une bioactivation bact\u00e9rienne colique sp\u00e9cifique des sennosides en rh\u00e9ine anthrone, en fait un exemple classique de prodrogue naturelle \u00e0 ciblage colique. Son inscription sur les listes de m\u00e9dicaments essentiels t\u00e9moigne de son importance th\u00e9rapeutique mondiale.<\/p>\n<p>Les enjeux actuels concernent principalement la lutte contre le m\u00e9susage et l&rsquo;abus (en particulier dans les populations souffrant de troubles du comportement alimentaire), la clarification d\u00e9finitive du profil de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 long terme (notamment en ce qui concerne la g\u00e9notoxicit\u00e9 des m\u00e9tabolites anthraquinoniques), et le d\u00e9veloppement de formulations \u00e0 lib\u00e9ration modifi\u00e9e permettant un contr\u00f4le plus pr\u00e9cis de l&rsquo;effet laxatif.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche incluent l&rsquo;exploration des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et anticanc\u00e9reuses des anthraquinones du s\u00e9n\u00e9 (rh\u00e9ine, alo\u00e9-\u00e9modine) dans le cadre de recherches en oncologie, et le d\u00e9veloppement d&rsquo;analogues structuraux des sennosides \u00e0 activit\u00e9 cibl\u00e9e am\u00e9lior\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Monographies <em>Sennae folium<\/em> (07\/2019:0206), <em>Sennae fructus acutifoliae<\/em> (01\/2017:0207), <em>Sennae fructus angustifoliae<\/em> (01\/2017:0208). 9e \u00e9dition, Strasbourg, 2017-2019.<\/li>\n<li>Lemli J. Metabolism of sennosides \u2014 an overview. <em>Pharmacology<\/em>, 1988, 36(suppl 1) : 126-128.<\/li>\n<li>de Witte P., Lemli J. The metabolism of anthranoid laxatives. <em>Hepato-Gastroenterology<\/em>, 1990, 37(6) : 601-605.<\/li>\n<li>Passmore A.P. et al. Chronic constipation in long stay elderly patients: a comparison of lactulose and a senna-fibre combination. <em>British Medical Journal<\/em>, 1993, 307(6907) : 769-771.<\/li>\n<li>M\u00fcller-Lissner S.A. et al. Myths and misconceptions about chronic constipation. <em>American Journal of Gastroenterology<\/em>, 2005, 100(1) : 232-242.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9dition, Lavoisier Tec &amp; Doc, Paris, 2016.<\/li>\n<li>Wichtl M. (\u00e9d.). <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>. 3e \u00e9dition, Medpharm, Stuttgart, 2004.<\/li>\n<li>ESCOP. <em>Sennae folium<\/em>, <em>Sennae fructus<\/em>. ESCOP Monographs, 2e \u00e9dition, Thieme, Stuttgart, 2003.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Laxatif stimulant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Purgatif (forte dose)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u00e9n\u00e9 \u2014 Senna alexandrina Mill. 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