{"id":9523,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/boldo\/"},"modified":"2026-06-24T16:50:00","modified_gmt":"2026-06-24T14:50:00","slug":"boldo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/boldo\/","title":{"rendered":"BOLDO"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/boldo.png\" alt=\"Planche botanique Boldo\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Boldo \u2014 <em>Peumus boldus<\/em> Molina<\/h1>\n<p>Le boldo est un arbre aromatique end\u00e9mique du Chili, dont les feuilles sont utilis\u00e9es depuis des temps imm\u00e9moriaux par les peuples autochtones mapuche pour le traitement des affections h\u00e9patobiliaires et digestives. Seul repr\u00e9sentant du genre <em>Peumus<\/em>, cette esp\u00e8ce occupe une place singuli\u00e8re dans la botanique et la pharmacognosie. Son principal <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a>, la <strong>boldine<\/strong>, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s h\u00e9patoprotectrices, antioxydantes et chol\u00e9r\u00e9tiques solidement document\u00e9es. Inscrit dans de nombreuses pharmacop\u00e9es, le boldo constitue l&rsquo;un des rem\u00e8des phytoth\u00e9rapeutiques les plus prescrits en Europe pour les troubles fonctionnels h\u00e9patobiliaires et digestifs. La pr\u00e9sente monographie r\u00e9unit l&rsquo;ensemble des connaissances botaniques, phytochimiques et pharmacologiques relatives \u00e0 cette esp\u00e8ce remarquable.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Peumus boldus<\/em> Molina appartient \u00e0 la famille des <strong>Monimiaceae<\/strong>, petite famille de plantes \u00e0 fleurs comprenant environ 200 esp\u00e8ces r\u00e9parties en 25 \u00e0 30 genres, distribu\u00e9es principalement dans les r\u00e9gions tropicales et subtropicales de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re sud. Le genre <em>Peumus<\/em> est monosp\u00e9cifique : il ne contient qu&rsquo;une seule esp\u00e8ce, <em>P. boldus<\/em>.<\/p>\n<p>Classification syst\u00e9matique :<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e8gne : Plantae<\/li>\n<li>Sous-r\u00e8gne : Tracheobionta<\/li>\n<li>Division : Magnoliophyta<\/li>\n<li>Classe : Magnoliopsida<\/li>\n<li>Sous-classe : Magnoliidae<\/li>\n<li>Ordre : Laurales<\/li>\n<li>Famille : Monimiaceae<\/li>\n<li>Genre : <em>Peumus<\/em><\/li>\n<li>Esp\u00e8ce : <em>Peumus boldus<\/em> Molina<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par l&rsquo;abb\u00e9 Juan Ignacio Molina en 1782 dans son <em>Saggio sulla storia naturale del Chili<\/em>. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Peumus<\/em> d\u00e9rive du nom mapuche de l&rsquo;arbre (<em>peumo<\/em>), tandis que l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>boldus<\/em> vient du nom vernaculaire espagnol-chilien <em>boldo<\/em>, lui-m\u00eame d&rsquo;origine mapuche (<em>voldu<\/em> ou <em>boldu<\/em>).<\/p>\n<p>Synonymes nomenclaturaux : <em>Boldea boldus<\/em> (Molina) Looser, <em>Boldoa fragrans<\/em> Gay, <em>Peumus fragrans<\/em> Pers.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Peumus boldus<\/em> est un arbre dio\u00efque, sempervirent, atteignant 6 \u00e0 20 m\u00e8tres de hauteur, \u00e0 port dense et arrondi, \u00e0 tronc droit ou sinueux pouvant atteindre 50 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre.<\/p>\n<p><strong>Appareil v\u00e9g\u00e9tatif.<\/strong> L&rsquo;\u00e9corce est rugueuse, crevass\u00e9e, de couleur gris-brun\u00e2tre. Le bois est dur, dense, de couleur jaune p\u00e2le, aromatique. Les rameaux jeunes sont cylindriques, pubescents-tomenteux, de couleur vert gris\u00e2tre. Les feuilles sont oppos\u00e9es, simples, coriaces, persistantes, de forme ovale \u00e0 elliptique, longues de 3 \u00e0 7 centim\u00e8tres, larges de 2 \u00e0 4 centim\u00e8tres, \u00e0 base arrondie ou l\u00e9g\u00e8rement cord\u00e9e, \u00e0 sommet obtus ou bri\u00e8vement apicul\u00e9, \u00e0 marge enti\u00e8re, l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9volut\u00e9e. La face sup\u00e9rieure est vert fonc\u00e9, rugueuse, parsem\u00e9e de protub\u00e9rances glandulaires (poches s\u00e9cr\u00e9trices d&rsquo;huile essentielle) visibles \u00e0 la loupe et perceptibles au toucher. La face inf\u00e9rieure est plus claire, dens\u00e9ment tomenteuse, de couleur gris-verd\u00e2tre. Le p\u00e9tiole est court, de 3 \u00e0 8 millim\u00e8tres, pubescent. Le froissement des feuilles lib\u00e8re une odeur aromatique caract\u00e9ristique, camphr\u00e9e et \u00e9pic\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Appareil reproducteur.<\/strong> L&rsquo;esp\u00e8ce est <strong>dio\u00efque<\/strong> : les fleurs m\u00e2les et femelles sont port\u00e9es par des individus diff\u00e9rents. Les inflorescences sont des rac\u00e8mes terminaux ou axillaires, courts, portant 5 \u00e0 12 fleurs. Les fleurs sont petites (5 \u00e0 8 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre), de couleur blanc-verd\u00e2tre \u00e0 blanc-jaun\u00e2tre, parfum\u00e9es. Le p\u00e9rianthe est constitu\u00e9 de 5 \u00e0 12 t\u00e9pales dispos\u00e9s en spirale. Les fleurs m\u00e2les portent de nombreuses \u00e9tamines (12 \u00e0 40), entour\u00e9es de staminodes nectarif\u00e8res. Les fleurs femelles ont un ovaire sup\u00e8re \u00e0 2 \u00e0 5 carpelles libres, chacun contenant un ovule, entour\u00e9s de staminodes. La pollinisation est entomophile (col\u00e9opt\u00e8res, dipt\u00e8res). La floraison intervient de septembre \u00e0 d\u00e9cembre au Chili (printemps austral).<\/p>\n<p>Le fruit est une <strong>drupe<\/strong> charnue, ovo\u00efde, petite (6 \u00e0 8 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre), de couleur verte devenant jaune-verd\u00e2tre \u00e0 maturit\u00e9, comestible mais de saveur peu agr\u00e9able (astringente et r\u00e9sineuse). Chaque fleur femelle peut produire 2 \u00e0 5 drupes. Le noyau est dur, contenant une graine unique. Les fruits m\u00fbrissent en f\u00e9vrier-mars (\u00e9t\u00e9 austral).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p><em>Peumus boldus<\/em> est <strong>end\u00e9mique du Chili<\/strong>, o\u00f9 il est l&rsquo;un des arbres les plus caract\u00e9ristiques et les plus abondants de la formation v\u00e9g\u00e9tale scl\u00e9rophylle m\u00e9diterran\u00e9enne appel\u00e9e <em>matorral<\/em>. Son aire de distribution s&rsquo;\u00e9tend le long de la Cordill\u00e8re de la C\u00f4te et de la D\u00e9pression interm\u00e9diaire, depuis la r\u00e9gion de Coquimbo (30\u00b0 S) au nord jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9gion des Lacs (40\u00b0 S) au sud, principalement entre 50 et 1 000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>Le boldo est un \u00e9l\u00e9ment dominant du matorral scl\u00e9rophylle chilien, en association avec le <em>quillay<\/em> (<em>Quillaja saponaria<\/em>), le <em>litre<\/em> (<em>Lithraea caustica<\/em>), le <em>peumo<\/em> (<em>Cryptocarya alba<\/em>) et le <em>molle<\/em> (<em>Schinus latifolius<\/em>). Il prosp\u00e8re sous un climat de type m\u00e9diterran\u00e9en, avec des \u00e9t\u00e9s chauds et secs (15-30 \u00b0C) et des hivers doux et humides (5-15 \u00b0C). La pluviom\u00e9trie annuelle dans son aire de distribution varie de 200 \u00e0 1 500 millim\u00e8tres, concentr\u00e9e entre mai et ao\u00fbt (hiver austral). Les sols sont vari\u00e9s : argilo-limoneux, sableux, granitiques, d&rsquo;acides \u00e0 neutres.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est extr\u00eamement r\u00e9sistante \u00e0 la s\u00e9cheresse gr\u00e2ce \u00e0 ses feuilles coriaces, \u00e0 la pr\u00e9sence de poils tomenteux r\u00e9duisant la transpiration, et \u00e0 un syst\u00e8me racinaire profond. Elle tol\u00e8re une faible gel\u00e9e (jusqu&rsquo;\u00e0 -5 \u00b0C) mais ne supporte pas les gel\u00e9es prolong\u00e9es. Apr\u00e8s un incendie, le boldo rejette vigoureusement de souche, ce qui t\u00e9moigne d&rsquo;une adaptation ancienne aux feux naturels du matorral chilien.<\/p>\n<p>Le boldo a \u00e9t\u00e9 introduit avec un succ\u00e8s variable dans d&rsquo;autres r\u00e9gions \u00e0 climat m\u00e9diterran\u00e9en : c\u00f4te m\u00e9diterran\u00e9enne de l&rsquo;Europe (Italie, sud de la France), nord de l&rsquo;Afrique et Californie, mais il n&rsquo;y est pas cultiv\u00e9 commercialement \u00e0 grande \u00e9chelle. La quasi-totalit\u00e9 de la production commerciale provient de la r\u00e9colte en milieu naturel au Chili.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Peumus boldus<\/em> est un \u00e9l\u00e9ment structurant majeur de l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me scl\u00e9rophylle chilien, formation v\u00e9g\u00e9tale consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00ab hotspot \u00bb de biodiversit\u00e9 mondiale. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est actuellement pas consid\u00e9r\u00e9e comme menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale (class\u00e9e \u00ab Pr\u00e9occupation mineure \u00bb par la CONAF chilienne), en raison de sa large distribution et de sa capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration apr\u00e8s perturbation.<\/p>\n<p>Cependant, les for\u00eats scl\u00e9rophylles chiliennes sont soumises \u00e0 des pressions croissantes : expansion urbaine (r\u00e9gion de Valpara\u00edso, de Santiago), conversion agricole, incendies de for\u00eat (en forte augmentation li\u00e9e au changement climatique), surexploitation du feuillage pour l&rsquo;exportation phytoth\u00e9rapeutique. La r\u00e9colte commerciale des feuilles est r\u00e9glement\u00e9e par la CONAF (Corporaci\u00f3n Nacional Forestal) qui d\u00e9livre des permis de coupe et impose des rotations.<\/p>\n<p>La culture du boldo est techniquement possible mais peu pratiqu\u00e9e. La multiplication par semis est difficile (faible pouvoir germinatif, germination lente et irr\u00e9guli\u00e8re). Le bouturage semi-ligneux est plus fiable mais la croissance est lente (l&rsquo;arbre atteint sa maturit\u00e9 productive vers 10-15 ans). Des essais de plantation ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s au Chili, en Argentine, en Italie et au Maroc, avec des r\u00e9sultats variables.<\/p>\n<p>La quasi-totalit\u00e9 de la production commerciale (estim\u00e9e \u00e0 plusieurs milliers de tonnes de feuilles s\u00e8ches par an) provient encore de la cueillette en milieu naturel au Chili. L&rsquo;enjeu de la durabilit\u00e9 de cette exploitation est une pr\u00e9occupation croissante pour les autorit\u00e9s chiliennes et les importateurs europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue officinale est constitu\u00e9e par les <strong>feuilles s\u00e9ch\u00e9es<\/strong> (<em>Boldi folium<\/em>). Les feuilles sont r\u00e9colt\u00e9es sur les arbres sauvages ou semi-cultiv\u00e9s, principalement entre janvier et mars (\u00e9t\u00e9 austral), p\u00e9riode correspondant \u00e0 la teneur maximale en alcalo\u00efdes et en huile essentielle. La r\u00e9colte s&rsquo;effectue par \u00e9lagage des rameaux feuill\u00e9s, qui sont ensuite s\u00e9ch\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ombre ou dans des s\u00e9choirs \u00e0 air chaud \u00e0 basse temp\u00e9rature (30 \u00e0 40 \u00b0C).<\/p>\n<p>La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente sous forme de feuilles enti\u00e8res ou fragment\u00e9es, ovales, coriaces, cassantes, de couleur gris-verd\u00e2tre, \u00e0 surface sup\u00e9rieure rugueuse (protub\u00e9rances glandulaires), \u00e0 face inf\u00e9rieure tomenteuse. L&rsquo;odeur est aromatique, camphr\u00e9e, \u00e9pic\u00e9e, caract\u00e9ristique. La saveur est aromatique, am\u00e8re, l\u00e9g\u00e8rement piquante.<\/p>\n<p>La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (monographie 01\/2011:1396) d\u00e9finit <em>Boldi folium<\/em> comme les feuilles enti\u00e8res ou fragment\u00e9es, s\u00e9ch\u00e9es, de <em>Peumus boldus<\/em> Molina. La drogue doit contenir au minimum 0,1 % d&rsquo;alcalo\u00efdes totaux, calcul\u00e9s en <strong>boldine<\/strong> (C<sub>19<\/sub>H<sub>21<\/sub>NO<sub>4<\/sub>), et au minimum 20 ml\/kg d&rsquo;huile essentielle (drogue dess\u00e9ch\u00e9e).<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>\u00e9corce<\/strong> est \u00e9galement utilis\u00e9e en m\u00e9decine traditionnelle au Chili, mais elle n&rsquo;est pas inscrite aux pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes. Elle contient des alcalo\u00efdes en plus grande concentration que les feuilles.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>Alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/peumus_boldus.jpg\" alt=\"Peumus boldus \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Peumus boldus<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les feuilles contiennent 0,2 \u00e0 0,5 % d&rsquo;alcalo\u00efdes totaux, tous de type <strong>aporphine<\/strong> (sous-classe des alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques) :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Boldine<\/strong> (1,10-dim\u00e9thoxyaporphine-2,9-diol) \u2014 alcalo\u00efde majoritaire, repr\u00e9sentant 12 \u00e0 25 % des alcalo\u00efdes totaux de la feuille (mais jusqu&rsquo;\u00e0 75 % dans l&rsquo;\u00e9corce). C&rsquo;est le principal marqueur analytique et le compos\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 pharmacologiquement. Formule brute : C<sub>19<\/sub>H<sub>21<\/sub>NO<sub>4<\/sub>, masse molaire : 327,38 g\/mol.<\/li>\n<li><strong>Isoboldine<\/strong> \u2014 diast\u00e9r\u00e9oisom\u00e8re de la boldine, moins actif.<\/li>\n<li><strong>N-m\u00e9thyllaur\u00e9tanine<\/strong><\/li>\n<li><strong>Laurolitsine<\/strong> (norboldine)<\/li>\n<li><strong>Isocoridine<\/strong><\/li>\n<li><strong>R\u00e9ticuline<\/strong> \u2014 pr\u00e9curseur biosynth\u00e9tique des alcalo\u00efdes aporphiniques.<\/li>\n<li><strong>Sinoacutine<\/strong>, <strong>laurot\u00e9nanine<\/strong> \u2014 en traces.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La <strong>boldine<\/strong> poss\u00e8de un noyau aporphinique comportant deux groupements hydroxyles ph\u00e9noliques (positions 2 et 9) et deux groupements m\u00e9thoxyles (positions 1 et 10), conf\u00e9rant des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes remarquables.<\/p>\n<h3>Huile essentielle<\/h3>\n<p>La teneur en huile essentielle est de 1 \u00e0 3 % (m\/m) de la drogue s\u00e8che. Les compos\u00e9s majoritaires sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Ascaridole<\/strong> \u2014 peroxyde monoterp\u00e9nique cyclique, constituant 16 \u00e0 40 % de l&rsquo;huile essentielle. C&rsquo;est un compos\u00e9 toxique (h\u00e9patotoxique et neurotoxique \u00e0 forte dose) qui limite l&rsquo;usage de l&rsquo;huile essentielle pure.<\/li>\n<li><strong>p-Cym\u00e8ne<\/strong> (10-25 %)<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/cineal-eucalyptol\/\">1,8-Cin\u00e9ole<\/a><\/strong> (eucalyptol, 8-20 %)<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/linalol\/\">Linalol<\/a><\/strong> (3-8 %)<\/li>\n<li><strong>Fenchone<\/strong> (2-5 %)<\/li>\n<li><strong>Alpha-terpin\u00e9ol<\/strong>, <strong>b\u00eata-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/camphre\/\">camphre<\/a><\/strong> \u2014 en quantit\u00e9 variable.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Flavono\u00efdes et autres compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les feuilles contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> et leurs glycosides : <strong>isorhamn\u00e9tine 3-O-glucoside<\/strong>, <strong>isorhamn\u00e9tine 3-O-rhamnosylglucoside<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins cat\u00e9chiques<\/a><\/strong> sont \u00e9galement pr\u00e9sents.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>Activit\u00e9 chol\u00e9r\u00e9tique et cholagogue<\/h3>\n<p>La <strong>boldine<\/strong> et l&rsquo;extrait total de feuilles de boldo stimulent la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire (effet chol\u00e9r\u00e9tique) et favorisent l&rsquo;\u00e9vacuation de la v\u00e9sicule biliaire (effet cholagogue). Chez le rat, l&rsquo;administration intraveineuse de boldine (5 \u00e0 20 mg\/kg) provoque une augmentation dose-d\u00e9pendante du d\u00e9bit biliaire de 40 \u00e0 200 % par rapport au t\u00e9moin. Le m\u00e9canisme implique une stimulation directe des h\u00e9patocytes et une augmentation de la s\u00e9cr\u00e9tion des acides biliaires et du cholest\u00e9rol biliaire.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice<\/h3>\n<p>La <strong>boldine<\/strong> exerce un effet h\u00e9patoprotecteur d\u00e9montr\u00e9 dans de nombreux mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li>Protection contre l&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 induite par le t\u00e9trachlorure de carbone (CCl4) chez le rat : r\u00e9duction significative des taux de transaminases (ALAT, ASAT), de phosphatase alcaline et de bilirubine, et pr\u00e9servation de l&rsquo;architecture histologique h\u00e9patique.<\/li>\n<li>Protection contre l&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 du parac\u00e9tamol, de la D-galactosamine et du lipopolysaccharide bact\u00e9rien.<\/li>\n<li>Le m\u00e9canisme h\u00e9patoprotecteur implique la neutralisation des radicaux libres (activit\u00e9 antioxydante), l&rsquo;inhibition de la peroxydation lipidique membranaire, la stabilisation des membranes h\u00e9patocytaires et la stimulation de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration h\u00e9patocytaire.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>La <strong>boldine<\/strong> est un antioxydant remarquablement puissant. Elle pi\u00e8ge les radicaux hydroxyles (HO\u00b7), les radicaux peroxyles (ROO\u00b7) et le radical DPPH avec une efficacit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la vitamine E (alpha-tocoph\u00e9rol) et comparable \u00e0 celle de la querc\u00e9tine dans les tests <em>in vitro<\/em>. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante est li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence des deux groupements hydroxyles ph\u00e9noliques sur le noyau aporphinique, qui permettent la donation d&rsquo;hydrog\u00e8ne aux radicaux libres et la formation d&rsquo;un radical ph\u00e9noxyle stabilis\u00e9 par r\u00e9sonance.<\/p>\n<p>La boldine inhibe \u00e9galement la peroxydation lipidique induite par le fer (syst\u00e8me Fe2+\/ascorbate) dans les microsomes h\u00e9patiques et les liposomes, avec une CI50 de l&rsquo;ordre du micromolaire.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>La boldine inhibe la production de <strong>TNF-\u03b1<\/strong>, d&rsquo;<strong>IL-6<\/strong> et de <strong>NO<\/strong> par les macrophages activ\u00e9s, par un m\u00e9canisme impliquant l&rsquo;inhibition de la voie <strong>NF-kB<\/strong>. Elle r\u00e9duit l&rsquo;\u0153d\u00e8me de la patte de rat induit par la carrag\u00e9nine et inhibe la migration leucocytaire dans les mod\u00e8les d&rsquo;inflammation aigu\u00eb.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 digestive<\/h3>\n<p>Les feuilles de boldo exercent un effet antispasmodique sur le muscle lisse gastro-intestinal, d\u00e9montr\u00e9 <em>in vitro<\/em> sur l&rsquo;il\u00e9on isol\u00e9 de cobaye. Le m\u00e9canisme implique un antagonisme calcique non sp\u00e9cifique et une action antimuscarinique mod\u00e9r\u00e9e. Cet effet antispasmodique compl\u00e8te l&rsquo;action chol\u00e9r\u00e9tique-cholagogue dans le soulagement de la dyspepsie biliaire.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>Dyspepsie et troubles h\u00e9patobiliaires<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques au boldo sont limit\u00e9es en nombre et en qualit\u00e9 m\u00e9thodologique. La majorit\u00e9 des essais cliniques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s avec des associations phytoth\u00e9rapeutiques comprenant le boldo en combinaison avec d&rsquo;autres plantes h\u00e9patoprotectrices ou chol\u00e9r\u00e9tiques (artichaut, romarin, chardon-Marie, fumeterre).<\/p>\n<p>Un essai clinique ouvert (Saller et al., 1995) a \u00e9valu\u00e9 une pr\u00e9paration associant boldo et fumeterre chez 60 patients atteints de dyspepsie fonctionnelle biliaire, montrant une am\u00e9lioration significative des sympt\u00f4mes (naus\u00e9es, ballonnements, douleurs de l&rsquo;hypochondre droit, intol\u00e9rance aux graisses) apr\u00e8s 14 jours de traitement. Un essai similaire avec une combinaison boldo-chardon-Marie a montr\u00e9 des r\u00e9sultats comparables.<\/p>\n<p>L&rsquo;efficacit\u00e9 clinique est principalement \u00e9tablie sur la base de l&rsquo;usage traditionnel de longue dur\u00e9e et des donn\u00e9es pharmacologiques pr\u00e9cliniques solides (activit\u00e9 chol\u00e9r\u00e9tique et h\u00e9patoprotectrice de la boldine), plut\u00f4t que sur la base d&rsquo;essais cliniques randomis\u00e9s de haute qualit\u00e9.<\/p>\n<h3>Limites des donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Aucun essai clinique randomis\u00e9, en double aveugle, contr\u00f4l\u00e9 par placebo, portant sur le boldo en monoth\u00e9rapie n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 ce jour dans des revues \u00e0 comit\u00e9 de lecture international. Les preuves cliniques reposent sur des \u00e9tudes ouvertes, des \u00e9tudes d&rsquo;observation et sur l&rsquo;exp\u00e9rience clinique accumul\u00e9e sur plus d&rsquo;un si\u00e8cle d&rsquo;usage en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications th\u00e9rapeutiques retenues<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Traitement symptomatique des troubles dyspeptiques<\/strong> (ballonnements, flatulences, digestion lente) : usage traditionnel bien \u00e9tabli<\/li>\n<li><strong>Traitement adjuvant des troubles fonctionnels h\u00e9patobiliaires<\/strong> (dyskin\u00e9sie biliaire, chol\u00e9cystopathie fonctionnelle) : usage traditionnel<\/li>\n<li><strong>Stimulation de l&rsquo;app\u00e9tit et de la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire<\/strong> : usage traditionnel<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le boldo est reconnu d&rsquo;usage traditionnel de longue dur\u00e9e pour le soulagement symptomatique des troubles digestifs l\u00e9gers (dyspepsie, flatulences). La Commission E allemande approuve l&rsquo;usage pour la dyspepsie et les spasmes gastro-intestinaux l\u00e9gers. L&rsquo;ESCOP reconna\u00eet l&rsquo;usage pour la dyspepsie fonctionnelle et les troubles h\u00e9patobiliaires mineurs.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Boldine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efde<\/a> aporphine<\/td>\n<td>Chol\u00e9r\u00e9tique, cholagogue, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ascaridole<\/td>\n<td>Monoterp\u00e8ne (HE)<\/td>\n<td>Aromatique (toxique \u00e0 forte dose)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants, h\u00e9patoprotecteurs<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de feuilles.<\/strong> 1 \u00e0 2 grammes de feuilles s\u00e9ch\u00e9es par tasse d&rsquo;eau bouillante, infuser 10 \u00e0 15 minutes, filtrer. 1 tasse, 2 \u00e0 3 fois par jour, avant ou apr\u00e8s les repas. C&rsquo;est la forme la plus traditionnelle.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec en g\u00e9lules ou comprim\u00e9s.<\/strong> Extrait sec hydroalcoolique standardis\u00e9 \u00e0 2 \u00e0 5 % de boldine. Posologie : 200 \u00e0 500 mg d&rsquo;extrait par jour en 2 \u00e0 3 prises, correspondant \u00e0 4 \u00e0 25 mg de boldine.<\/p>\n<p><strong>Teinture m\u00e8re.<\/strong> Pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de feuilles s\u00e8ches dans de l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 60 %. Posologie : 0,5 \u00e0 2 ml, 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Extrait fluide.<\/strong> 0,5 \u00e0 1 ml, 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle.<\/strong> L&rsquo;utilisation de l&rsquo;huile essentielle pure est d\u00e9conseill\u00e9e en raison de la toxicit\u00e9 de l&rsquo;<strong>ascaridole<\/strong>. Son usage est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 des formulations pharmaceutiques contr\u00f4l\u00e9es et \u00e0 dose tr\u00e8s faible.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e de traitement recommand\u00e9e est de 2 \u00e0 4 semaines. Un usage prolong\u00e9 au-del\u00e0 de 4 semaines n\u00e9cessite un avis m\u00e9dical.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 de la boldine.<\/strong> La DL50 orale de la boldine chez la souris est d&rsquo;environ 500 mg\/kg, ce qui est relativement faible pour un alcalo\u00efde. Cependant, les doses th\u00e9rapeutiques humaines (4 \u00e0 25 mg\/jour) sont environ 100 \u00e0 500 fois inf\u00e9rieures \u00e0 la dose toxique extrapol\u00e9e, assurant une marge de s\u00e9curit\u00e9 confortable.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 de l&rsquo;ascaridole.<\/strong> L&rsquo;<strong>ascaridole<\/strong>, composant majeur de l&rsquo;huile essentielle, est h\u00e9patotoxique et neurotoxique \u00e0 forte dose. Des cas d&rsquo;intoxication grave (h\u00e9patite toxique, convulsions, voire d\u00e9c\u00e8s) ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s apr\u00e8s l&rsquo;ingestion d&rsquo;huile essentielle de boldo pure ou d&rsquo;huile essentielle de ch\u00e9nopode (<em>Dysphania ambrosioides<\/em>), riche en ascaridole. C&rsquo;est la raison pour laquelle l&rsquo;huile essentielle de boldo ne doit jamais \u00eatre utilis\u00e9e pure par voie orale.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables des pr\u00e9parations feuilles.<\/strong> Aux doses th\u00e9rapeutiques, les effets ind\u00e9sirables sont rares et b\u00e9nins : naus\u00e9es, diarrh\u00e9e l\u00e9g\u00e8re, r\u00e9actions allergiques cutan\u00e9es exceptionnelles. Un go\u00fbt amer peut \u00eatre perceptible.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications.<\/strong> Obstruction des voies biliaires (chol\u00e9docholithiase, tumeur des voies biliaires), cholangite, h\u00e9patite aigu\u00eb, insuffisance h\u00e9patique s\u00e9v\u00e8re (le boldo stimule la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire, ce qui est contre-productif en cas d&rsquo;obstruction). Grossesse et allaitement (par prudence, en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9). Enfants de moins de 12 ans.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses.<\/strong> Le boldo peut potentialiser l&rsquo;effet des anticoagulants oraux (un cas rapport\u00e9 d&rsquo;augmentation de l&rsquo;INR sous warfarine avec une tisane de boldo). Interaction th\u00e9orique avec les m\u00e9dicaments h\u00e9patotoxiques et les substrats du CYP. Par prudence, une surveillance est recommand\u00e9e chez les patients sous anticoagulants.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le boldo occupe une place centrale dans la pharmacop\u00e9e et la culture traditionnelle du Chili. Les <strong>Mapuche<\/strong> (Araucans), peuple autochtone du centre-sud du Chili, utilisent les feuilles en infusion depuis des temps imm\u00e9moriaux pour les troubles digestifs, les affections du foie, les rhumatismes, les infections urinaires et comme s\u00e9datif l\u00e9ger. L&rsquo;\u00e9corce \u00e9tait employ\u00e9e pour le tannage des cuirs et la teinture des textiles.<\/p>\n<p>Le boldo fut introduit en Europe au XIXe si\u00e8cle par les voyageurs et naturalistes fran\u00e7ais et allemands qui explor\u00e8rent la flore chilienne. La premi\u00e8re \u00e9tude pharmacologique moderne est attribu\u00e9e au pharmacien fran\u00e7ais <strong>Claude Verne<\/strong> (1869), qui isola un principe amer des feuilles. La <strong>boldine<\/strong> fut isol\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1872 par <strong>Bourgoin et Verne<\/strong>. L&rsquo;usage du boldo en phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne se d\u00e9veloppa rapidement \u00e0 partir de la fin du XIXe si\u00e8cle, particuli\u00e8rement en France, en Allemagne et en Espagne.<\/p>\n<p>Au Chili, le boldo est consid\u00e9r\u00e9 comme un arbre patrimonial. L&rsquo;infusion de boldo (<em>agua de boldo<\/em>) est la tisane digestive la plus populaire du pays, consomm\u00e9e quotidiennement par des millions de Chiliens. Les fruits sont consomm\u00e9s localement, bien que peu savoureux. Le bois est utilis\u00e9 en menuiserie et comme combustible. Le charbon de bois de boldo est r\u00e9put\u00e9 de haute qualit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Risques de confusion<\/h3>\n<p>Le risque de confusion botanique est limit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 <em>Peumus boldus<\/em> est le seul repr\u00e9sentant de son genre et poss\u00e8de des caract\u00e8res morphologiques et organoleptiques tr\u00e8s distinctifs (feuilles rugueuses, arome caract\u00e9ristique). Cependant, au niveau commercial, certaines substitutions ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es :<\/p>\n<p>Les feuilles de <em>Cryptocarya alba<\/em> (Mol.) Looser (<em>peumo<\/em>), arbre chilien de la famille des Lauraceae, sont morphologiquement similaires (feuilles oppos\u00e9es, coriaces) mais se distinguent par leur surface lisse (absence de protub\u00e9rances glandulaires) et l&rsquo;absence de l&rsquo;odeur camphr\u00e9e caract\u00e9ristique du boldo.<\/p>\n<p>Des m\u00e9langes avec des feuilles de divers <em>Lauraceae<\/em> chiliens (<em>Beilschmiedia<\/em> spp., <em>Persea lingue<\/em>) ont \u00e9t\u00e9 occasionnellement signal\u00e9s dans les lots commerciaux de qualit\u00e9 inf\u00e9rieure.<\/p>\n<p>L&rsquo;identification microscopique (pr\u00e9sence de cellules s\u00e9cr\u00e9trices d&rsquo;huile essentielle dans le m\u00e9sophylle, poils \u00e9toil\u00e9s sur la face inf\u00e9rieure) et le dosage de la boldine par HPLC permettent de confirmer l&rsquo;authenticit\u00e9 de la drogue.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Peumus boldus<\/em> est une esp\u00e8ce end\u00e9mique chilienne d&rsquo;importance phytoth\u00e9rapeutique mondiale, dont les propri\u00e9t\u00e9s h\u00e9patoprotectrices, chol\u00e9r\u00e9tiques et antioxydantes sont solidement \u00e9tablies par la pharmacologie pr\u00e9clinique. La <strong>boldine<\/strong>, son alcalo\u00efde caract\u00e9ristique, est l&rsquo;un des antioxydants ph\u00e9noliques naturels les plus puissants connus.<\/p>\n<p>La principale faiblesse du dossier th\u00e9rapeutique r\u00e9side dans la raret\u00e9 des essais cliniques de haute qualit\u00e9 en monoth\u00e9rapie. Des essais cliniques randomis\u00e9s, en double aveugle, contr\u00f4l\u00e9s par placebo sont n\u00e9cessaires pour confirmer les indications traditionnelles et \u00e9ventuellement en identifier de nouvelles.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche les plus prometteuses concernent l&rsquo;exploration du potentiel neuroprotecteur de la boldine (des propri\u00e9t\u00e9s antiparkinsonniennes et anti-Alzheimer ont \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9es dans des mod\u00e8les pr\u00e9cliniques), le d\u00e9veloppement de la boldine comme agent antioxydant dans la protection cardiovasculaire, et la mise en place de fili\u00e8res de production durable (culture, certification) pour assurer la p\u00e9rennit\u00e9 de la ressource naturelle chilienne.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>O&rsquo;Brien P., Carrasco-Pozo C., Speisky H. Boldine and its antioxidant or health-promoting properties. <em>Chemico-Biological Interactions<\/em>, 2006, 159(1) : 1-17.<\/li>\n<li>Speisky H., Cassels B.K. Boldo and boldine: an emerging case of natural drug development. <em>Pharmacological Research<\/em>, 1994, 29(1) : 1-12.<\/li>\n<li>Lanhers M.C. et al. Hepatoprotective and anti-inflammatory effects of a traditional medicinal plant of Chile, <em>Peumus boldus<\/em>. <em>Planta Medica<\/em>, 1991, 57(2) : 110-115.<\/li>\n<li>Backhouse N. et al. Anti-inflammatory and antipyretic effects of boldine. <em>Agents and Actions<\/em>, 1994, 42(3-4) : 114-117.<\/li>\n<li>ESCOP. <em>Boldi folium<\/em>. ESCOP Monographs, 2e \u00e9dition, Thieme, Stuttgart, 2003.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Monographie <em>Boldi folium<\/em> (01\/2011:1396). 9e \u00e9dition, Strasbourg, 2017.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9dition, Lavoisier Tec &amp; Doc, Paris, 2016.<\/li>\n<li>Vila R. et al. Composition and biological activity of the essential oil from leaves of <em>Peumus boldus<\/em> Molina. <em>Flavour and Fragrance Journal<\/em>, 1999, 14(4) : 244-248.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Cholagogue \/ chol\u00e9r\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> H\u00e9patoprotecteur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Boldo \u2014 Peumus boldus Molina Le boldo est un arbre aromatique end\u00e9mique du Chili, dont les feuilles sont utilis\u00e9es depuis des temps imm\u00e9moriaux par les [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[155],"tags":[],"class_list":["post-9523","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-monimiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9523","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9523"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9523\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13430,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9523\/revisions\/13430"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9523"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9523"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9523"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}