{"id":9526,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/mucuna\/"},"modified":"2026-06-24T16:50:00","modified_gmt":"2026-06-24T14:50:00","slug":"mucuna","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/mucuna\/","title":{"rendered":"MUCUNA"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Mucuna.jpg\" alt=\"Planche botanique Mucuna\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Mucuna \u2014 <em>Mucuna pruriens<\/em> (L.) DC.<\/h1>\n<p>Le mucuna, connu sous le nom de pois mascate ou <em>kapikacchu<\/em> en Ayurveda, est une liane tropicale de la famille des Fabac\u00e9es dont la graine constitue l&rsquo;une des sources naturelles les plus riches en <strong>L-DOPA<\/strong> (L-3,4-dihydroxyph\u00e9nylalanine), pr\u00e9curseur direct de la <strong>dopamine<\/strong>. Cette caract\u00e9ristique biochimique exceptionnelle a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat scientifique consid\u00e9rable dans le contexte de la maladie de Parkinson, mais aussi dans les domaines de la fertilit\u00e9 masculine, de l&rsquo;adaptation au stress et de la performance physique. Plante alimentaire et m\u00e9dicinale d&rsquo;importance majeure dans les syst\u00e8mes m\u00e9dicaux traditionnels indiens depuis plus de 3 000 ans, le mucuna illustre de mani\u00e8re exemplaire la convergence entre savoir ancestral et pharmacologie moderne. La pr\u00e9sente monographie r\u00e9unit l&rsquo;ensemble des donn\u00e9es scientifiques disponibles concernant cette esp\u00e8ce au potentiel th\u00e9rapeutique remarquable.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Mucuna pruriens<\/em> (L.) DC. appartient \u00e0 la famille des <strong>Fabaceae<\/strong> (Leguminosae), sous-famille des Faboideae (Papilionoideae), tribu des Phaseoleae. Le genre <em>Mucuna<\/em> comprend environ 100 \u00e0 150 esp\u00e8ces distribu\u00e9es dans les r\u00e9gions tropicales et subtropicales des deux h\u00e9misph\u00e8res.<\/p>\n<p>Classification syst\u00e9matique :<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e8gne : Plantae<\/li>\n<li>Sous-r\u00e8gne : Tracheobionta<\/li>\n<li>Division : Magnoliophyta<\/li>\n<li>Classe : Magnoliopsida<\/li>\n<li>Sous-classe : Rosidae<\/li>\n<li>Ordre : Fabales<\/li>\n<li>Famille : Fabaceae<\/li>\n<li>Sous-famille : Faboideae (Papilionoideae)<\/li>\n<li>Tribu : Phaseoleae<\/li>\n<li>Genre : <em>Mucuna<\/em><\/li>\n<li>Esp\u00e8ce : <em>Mucuna pruriens<\/em> (L.) DC.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le basionyme est <em>Dolichos pruriens<\/em> L. (1753). La combinaison actuelle a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie par Augustin Pyramus de Candolle en 1825 dans son <em>Prodromus<\/em>. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Mucuna<\/em> d\u00e9rive d&rsquo;un nom vernaculaire br\u00e9silien (<em>mucun\u00e3<\/em>). L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>pruriens<\/em> (du latin <em>prurire<\/em>, d\u00e9manger) fait r\u00e9f\u00e9rence aux poils urticants recouvrant les gousses, qui provoquent un prurit intense au contact de la peau.<\/p>\n<p>Synonymes nomenclaturaux principaux : <em>Dolichos pruriens<\/em> L., <em>Mucuna prurita<\/em> (L.) Hook., <em>Stizolobium pruriens<\/em> (L.) Medik., <em>Carpopogon pruriens<\/em> (L.) Roxb.<\/p>\n<p>Deux vari\u00e9t\u00e9s principales sont reconnues :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Mucuna pruriens<\/em> var. <em>pruriens<\/em> \u2014 la forme sauvage, \u00e0 gousses dens\u00e9ment couvertes de poils urticants orang\u00e9s.<\/li>\n<li><em>Mucuna pruriens<\/em> var. <em>utilis<\/em> (Wall. ex Wight) L.H.Bailey \u2014 la forme cultiv\u00e9e, \u00e0 poils moins urticants et \u00e0 graines plus grosses, utilis\u00e9e comme plante alimentaire et fourrag\u00e8re.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Noms vernaculaires : <em>kapikacchu<\/em>, <em>atmagupta<\/em>, <em>kevach<\/em> (sanskrit, hindi), <em>velvet bean<\/em> (anglais), pois mascate (fran\u00e7ais), <em>nescaf\u00e9<\/em> (Afrique de l&rsquo;Ouest), <em>f\u00e8ve de mucuna<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Mucuna pruriens<\/em> est une liane herbac\u00e9e annuelle ou p\u00e9renne de courte dur\u00e9e, vigoureuse, volubile, pouvant atteindre 3 \u00e0 18 m\u00e8tres de longueur.<\/p>\n<p><strong>Appareil v\u00e9g\u00e9tatif.<\/strong> La tige est cylindrique, mince mais r\u00e9sistante, volubile (s&rsquo;enroulant autour des supports dans le sens contraire des aiguilles d&rsquo;une montre), pubescente \u00e0 glabre, verte \u00e0 brun\u00e2tre. Les feuilles sont alternes, trifoliol\u00e9es, port\u00e9es par de longs p\u00e9tioles (6 \u00e0 12 centim\u00e8tres). Les folioles sont grandes, ovales \u00e0 rhombiques, mesurant 6 \u00e0 15 centim\u00e8tres de longueur sur 4 \u00e0 12 centim\u00e8tres de largeur, acumin\u00e9es au sommet, arrondies ou cun\u00e9iformes \u00e0 la base. La foliole terminale est sym\u00e9trique, les lat\u00e9rales asym\u00e9triques. La face sup\u00e9rieure est glabre ou finement pubescente, vert fonc\u00e9. La face inf\u00e9rieure est dens\u00e9ment soyeuse-argent\u00e9e. La nervation est penn\u00e9e, avec les nervures saillantes en dessous. Les stipules sont petites, caduques. Les stipelles sont pr\u00e9sentes, subul\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Appareil reproducteur.<\/strong> Les inflorescences sont des rac\u00e8mes pendants, longs de 15 \u00e0 30 centim\u00e8tres, portant de nombreuses fleurs (30 \u00e0 100 par rac\u00e8me) regroup\u00e9es par 2 \u00e0 3 sur des p\u00e9dicelles courts. Les fleurs sont papilionac\u00e9es, longues de 2 \u00e0 4 centim\u00e8tres, de couleur pourpre fonc\u00e9, violet ou blanc selon les vari\u00e9t\u00e9s. Le calice est campanul\u00e9, \u00e0 4 lobes (le sup\u00e9rieur \u00e9tant bifide), pubescent. L&rsquo;\u00e9tendard est ovale, repli\u00e9, plus court que les ailes et la car\u00e8ne. Les ailes sont oblongues, auricul\u00e9es. La car\u00e8ne est falciforme (en forme de faucille), acumin\u00e9e, plus longue que les ailes. Les \u00e9tamines sont diadelphes (9 soud\u00e9es + 1 libre). L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, uniloculaire, pluriovul\u00e9, dens\u00e9ment pubescent. La floraison intervient pendant la saison humide (juillet \u00e0 octobre en Inde).<\/p>\n<p>Le fruit est une <strong>gousse<\/strong> (l\u00e9gume) \u00e9paisse, coriace, falciforme \u00e0 sigmo\u00efde (en forme de S), longue de 4 \u00e0 13 centim\u00e8tres, large de 1 \u00e0 2 centim\u00e8tres, portant 1 \u00e0 3 cr\u00eates longitudinales sur chaque valve. La surface de la gousse est dens\u00e9ment couverte de <strong>poils urticants<\/strong> (trichomes) de couleur orang\u00e9e, brune ou grise, constitu\u00e9s de cellules silicifi\u00e9es contenant de la <strong>mucuna\u00efne<\/strong> (prot\u00e9ase \u00e0 cyst\u00e9ine) et de la <strong>s\u00e9rotonine<\/strong>, responsables du prurit intense et de la dermatite de contact au toucher. Chaque gousse contient 3 \u00e0 6 graines. Les graines sont ellipso\u00efdes \u00e0 r\u00e9niformes, aplaties, de 1 \u00e0 2 centim\u00e8tres de longueur, de couleur variable selon les vari\u00e9t\u00e9s : noire (forme la plus courante \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage), brun fonc\u00e9, grise ou blanche (formes cultiv\u00e9es). Le hile est lin\u00e9aire, allong\u00e9, entour\u00e9 d&rsquo;un arille brun. La masse de 100 graines varie de 55 \u00e0 85 grammes.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p><em>Mucuna pruriens<\/em> est originaire des r\u00e9gions tropicales d&rsquo;Asie m\u00e9ridionale (Inde, Sri Lanka) et d&rsquo;Afrique. Son aire de r\u00e9partition naturelle et cultiv\u00e9e s&rsquo;\u00e9tend aujourd&rsquo;hui \u00e0 l&rsquo;ensemble des r\u00e9gions tropicales : Asie du Sud et du Sud-Est (Inde, Bangladesh, Myanmar, Tha\u00eflande, Malaisie, Indon\u00e9sie, Philippines, Chine m\u00e9ridionale), Afrique tropicale (du S\u00e9n\u00e9gal au Mozambique, Madagascar), Am\u00e9rique tropicale (des Antilles au Br\u00e9sil, du Mexique au P\u00e9rou), Oc\u00e9anie (Australie tropicale, \u00eeles du Pacifique).<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est une liane de milieu tropical humide, prosp\u00e9rant dans les for\u00eats secondaires, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les jach\u00e8res, les haies et les zones perturb\u00e9es. Elle tol\u00e8re une large gamme de conditions p\u00e9doclimatiques : temp\u00e9rature optimale de 20 \u00e0 35 \u00b0C, pluviom\u00e9trie de 800 \u00e0 3 000 millim\u00e8tres par an. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols profonds, bien drain\u00e9s, de texture sablo-limoneuse \u00e0 argileuse, de pH 5,5 \u00e0 7,5. Elle tol\u00e8re mal la s\u00e9cheresse prolong\u00e9e et le gel.<\/p>\n<p>Le mucuna est largement cultiv\u00e9 comme plante de couverture et comme engrais vert dans les syst\u00e8mes agroforestiers tropicaux, en raison de sa capacit\u00e9 exceptionnelle de fixation symbiotique de l&rsquo;azote atmosph\u00e9rique (par les bact\u00e9ries du genre <em>Rhizobium<\/em> et <em>Bradyrhizobium<\/em> h\u00e9berg\u00e9es dans les nodosit\u00e9s racinaires). Une culture de mucuna peut fixer 150 \u00e0 250 kg d&rsquo;azote par hectare et par an, et produire 20 \u00e0 40 tonnes de biomasse verte par hectare, ce qui en fait l&rsquo;une des l\u00e9gumineuses de couverture les plus performantes des tropiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Mucuna pruriens<\/em> est une esp\u00e8ce largement distribu\u00e9e et abondante, ne pr\u00e9sentant aucun probl\u00e8me de conservation. C&rsquo;est m\u00eame une plante consid\u00e9r\u00e9e comme potentiellement envahissante dans certaines r\u00e9gions tropicales, en raison de sa croissance vigoureuse et de sa production massive de biomasse.<\/p>\n<p>La culture est simple et peu exigeante. Le semis direct s&rsquo;effectue en d\u00e9but de saison des pluies, \u00e0 une profondeur de 2 \u00e0 3 centim\u00e8tres, avec un espacement de 50 \u00e0 100 centim\u00e8tres entre les plants. Des tuteurs ou des supports (treillis, arbres) sont n\u00e9cessaires pour permettre le d\u00e9veloppement optimal de la liane. La plante est peu exigeante en intrants (pas de fertilisation azot\u00e9e n\u00e9cessaire gr\u00e2ce \u00e0 la fixation symbiotique). La r\u00e9colte des gousses intervient 4 \u00e0 5 mois apr\u00e8s le semis, lorsqu&rsquo;elles brunissent et commencent \u00e0 se dess\u00e9cher. Le rendement en graines s\u00e8ches est de 500 \u00e0 2 000 kg par hectare.<\/p>\n<p>Les principaux probl\u00e8mes de culture sont les attaques de bruches (<em>Callosobruchus<\/em> spp.) sur les graines stock\u00e9es et les maladies virales transmises par les pucerons. Les poils urticants des gousses rendent la r\u00e9colte manuelle p\u00e9nible et n\u00e9cessitent des \u00e9quipements de protection.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue principale est constitu\u00e9e par les <strong>graines<\/strong> (<em>Mucunae prurientis semen<\/em>), r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9, d\u00e9barrass\u00e9es de la gousse (avec pr\u00e9caution en raison des poils urticants), puis s\u00e9ch\u00e9es au soleil ou dans des s\u00e9choirs. Les graines s\u00e8ches se pr\u00e9sentent sous forme de disques aplatis, r\u00e9niformes, de couleur noire, brune, grise ou blanche selon la vari\u00e9t\u00e9. La saveur est neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement am\u00e8re apr\u00e8s cuisson.<\/p>\n<p>La graine enti\u00e8re est la forme traditionnelle, n\u00e9cessitant une pr\u00e9paration culinaire (trempage, cuisson) pour \u00e9liminer les facteurs antinutritionnels (L-DOPA en exc\u00e8s, inhibiteurs de trypsine, tanins, phytates) avant consommation alimentaire. Pour l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique, les graines sont r\u00e9duites en poudre ou utilis\u00e9es pour pr\u00e9parer des extraits standardis\u00e9s.<\/p>\n<p>La <strong>poudre de graine<\/strong> est la forme la plus courante dans le commerce phytoth\u00e9rapeutique. Elle contient naturellement 3 \u00e0 6 % de L-DOPA. Les <strong>extraits standardis\u00e9s<\/strong> sont titr\u00e9s \u00e0 10 \u00e0 50 % de L-DOPA selon les fabricants.<\/p>\n<p>Les <strong>poils urticants<\/strong> des gousses sont utilis\u00e9s en m\u00e9decine traditionnelle comme anthelminthique (vermifuge), en raison de leur action m\u00e9canique irritante sur les vers intestinaux.<\/p>\n<p>Les <strong>racines<\/strong> et les <strong>feuilles<\/strong> sont \u00e9galement utilis\u00e9es dans certaines pr\u00e9parations traditionnelles, mais elles sont moins riches en L-DOPA que les graines.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;existe pas de monographie pour <em>Mucuna pruriens<\/em> dans la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. La Pharmacop\u00e9e ayurv\u00e9dique de l&rsquo;Inde (Ayurvedic Pharmacopoeia of India) comprend une monographie pour <em>Kapikacchu<\/em> (graines).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>L-DOPA et cat\u00e9cholamines<\/h3>\n<p>Le compos\u00e9 bioactif majeur et caract\u00e9ristique est la <strong>L-DOPA<\/strong> (L-3,4-dihydroxyph\u00e9nylalanine, l\u00e9vodopa), acide amin\u00e9 non prot\u00e9inog\u00e8ne et pr\u00e9curseur direct de la <strong>dopamine<\/strong> dans la voie biosynth\u00e9tique des cat\u00e9cholamines. La teneur en L-DOPA dans les graines s\u00e8ches varie de 3 \u00e0 7 % (m\/m), ce qui fait du mucuna l&rsquo;une des sources v\u00e9g\u00e9tales les plus concentr\u00e9es en L-DOPA connues dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<p>Formule brute de la L-DOPA : C<sub>9<\/sub>H<sub>11<\/sub>NO<sub>4<\/sub>, masse molaire : 197,19 g\/mol.<\/p>\n<p>La L-DOPA est le m\u00eame compos\u00e9 que celui utilis\u00e9 en m\u00e9decine conventionnelle (sous forme de l\u00e9vodopa synth\u00e9tique) dans le traitement de la maladie de Parkinson. Dans l&rsquo;organisme, la L-DOPA est convertie en <strong>dopamine<\/strong> par l&rsquo;enzyme <strong>DOPA d\u00e9carboxylase<\/strong> (AADC), principalement au niveau c\u00e9r\u00e9bral (apr\u00e8s passage de la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique) mais aussi en p\u00e9riph\u00e9rie.<\/p>\n<p>Outre la L-DOPA, les graines contiennent de petites quantit\u00e9s de <strong>dopamine<\/strong>, de <strong>noradr\u00e9naline<\/strong>, d&rsquo;<strong>adr\u00e9naline<\/strong> et de <strong>s\u00e9rotonine<\/strong> pr\u00e9form\u00e9es.<\/p>\n<h3>Autres compos\u00e9s bioactifs<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a> indoliques<\/strong> : <strong>mucunadine<\/strong>, <strong>mucunine<\/strong>, <strong>prurienine<\/strong>, <strong>prurieninine<\/strong> \u2014 alcalo\u00efdes sp\u00e9cifiques du genre, en faible quantit\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Prot\u00e9ines<\/strong> : 20 \u00e0 30 % de la masse s\u00e8che de la graine. Le profil aminoacidique est de bonne qualit\u00e9 nutritionnelle, avec une teneur \u00e9lev\u00e9e en lysine et en leucine.<\/li>\n<li><strong>Lipides<\/strong> : 6 \u00e0 10 %, domin\u00e9s par les acides gras insatur\u00e9s (<strong>acide linol\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide ol\u00e9ique<\/strong>).<\/li>\n<li><strong>Glucides<\/strong> : amidon (25-35 %), fibres (5-10 %).<\/li>\n<li><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>cat\u00e9chines<\/strong>, <strong>\u00e9picat\u00e9chines<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Phytost\u00e9rols<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">b\u00eata-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Facteurs antinutritionnels<\/strong> : inhibiteurs de trypsine (inactiv\u00e9s par la cuisson), acide phytique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a>, lectines (h\u00e9magglutinines).<\/li>\n<li><strong>Mucuna\u00efne<\/strong> (dans les poils urticants) : prot\u00e9ase \u00e0 cyst\u00e9ine provoquant le prurit de contact.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>Activit\u00e9 dopaminergique<\/h3>\n<p>La <strong>L-DOPA<\/strong> contenue dans les graines de mucuna est absorb\u00e9e au niveau intestinal, traverse la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique et est convertie en <strong>dopamine<\/strong> par l&rsquo;AADC dans les neurones dopaminergiques du striatum. Cette augmentation de la disponibilit\u00e9 en dopamine c\u00e9r\u00e9brale est le m\u00e9canisme fondamental de l&rsquo;effet th\u00e9rapeutique dans la maladie de Parkinson.<\/p>\n<p>Fait remarquable, plusieurs \u00e9tudes comparatives chez l&rsquo;animal (rats 6-OHDA, mod\u00e8le de parkinsonisme) ont montr\u00e9 que la poudre de graine de mucuna \u00e9tait plus efficace et mieux tol\u00e9r\u00e9e que la L-DOPA synth\u00e9tique \u00e0 dose de L-DOPA \u00e9quivalente. Cette sup\u00e9riorit\u00e9 est attribu\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence de compos\u00e9s adjuvants dans la graine (cat\u00e9cholamines endog\u00e8nes, antioxydants ph\u00e9noliques, alcalo\u00efdes) qui pourraient potentialiser l&rsquo;effet de la L-DOPA, inhiber sa d\u00e9gradation p\u00e9riph\u00e9rique (effet IMAO\/ICOMT naturel), et exercer des effets neuroprotecteurs synergiques.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 sur la fertilit\u00e9 masculine<\/h3>\n<p>La suppl\u00e9mentation en poudre de graine de mucuna am\u00e9liore la qualit\u00e9 s\u00e9minale par plusieurs m\u00e9canismes :<\/p>\n<ul>\n<li>La dopamine stimule la lib\u00e9ration de <strong>GnRH<\/strong> (gonadotropin-releasing hormone) hypothalamique, augmentant la s\u00e9cr\u00e9tion de <strong>LH<\/strong> (hormone lut\u00e9inisante) et de <strong>FSH<\/strong> (hormone folliculo-stimulante), ce qui stimule la spermatogen\u00e8se et la production de testost\u00e9rone.<\/li>\n<li>L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante des compos\u00e9s ph\u00e9noliques r\u00e9duit le stress oxydatif s\u00e9minal, facteur majeur d&rsquo;infertilit\u00e9 masculine (r\u00e9duction de la peroxydation lipidique des membranes spermatiques, augmentation du glutathion et de la SOD dans le plasma s\u00e9minal).<\/li>\n<li>La L-DOPA elle-m\u00eame poss\u00e8de une activit\u00e9 antioxydante directe (fonction cat\u00e9chol pi\u00e9geant les radicaux libres).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Activit\u00e9 adaptog\u00e8ne et antistress<\/h3>\n<p>Les graines de mucuna exercent un effet adaptog\u00e8ne d\u00e9montr\u00e9 dans les mod\u00e8les de stress chez le rat (stress de contention, stress par nage forc\u00e9e). Le m\u00e9canisme implique la modulation de l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-surr\u00e9nalien : r\u00e9duction du cortisol plasmatique, augmentation de la dopamine hypothalamique (qui inhibe la s\u00e9cr\u00e9tion de CRH) et normalisation des taux d&rsquo;adr\u00e9naline et de noradr\u00e9naline.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 antioxydante et neuroprotectrice<\/h3>\n<p>L&rsquo;extrait de graine poss\u00e8de une activit\u00e9 antioxydante significative, li\u00e9e \u00e0 la L-DOPA (fonction cat\u00e9chol), aux compos\u00e9s ph\u00e9noliques et aux flavono\u00efdes. Dans les mod\u00e8les de parkinsonisme chez le rat, l&rsquo;extrait de mucuna r\u00e9duit la peroxydation lipidique striatale, augmente les activit\u00e9s SOD, catalase et glutathion peroxydase dans le cerveau, et prot\u00e8ge les neurones dopaminergiques de la substance noire contre la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence.<\/p>\n<h3>Effet sur l&rsquo;hormone de croissance<\/h3>\n<p>La dopamine c\u00e9r\u00e9brale, d\u00e9riv\u00e9e de la L-DOPA, stimule la lib\u00e9ration de <strong>GH<\/strong> (hormone de croissance) par l&rsquo;hypophyse via les r\u00e9cepteurs D2 dopaminergiques. Cette propri\u00e9t\u00e9 a suscit\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des milieux sportifs, bien que l&rsquo;ampleur de l&rsquo;effet \u00e0 doses alimentaires reste modeste et de signification clinique d\u00e9battue.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<h3>Maladie de Parkinson<\/h3>\n<p>Katzenschlager et al. (2004) ont conduit un essai clinique crois\u00e9, randomis\u00e9, en double aveugle, chez 8 patients atteints de maladie de Parkinson, comparant la poudre de graine de mucuna (pr\u00e9paration contenant 15 ou 30 g de poudre, correspondant \u00e0 500 ou 1 000 mg de L-DOPA) \u00e0 la l\u00e9vodopa synth\u00e9tique (200 mg L-DOPA + 50 mg carbidopa). Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 que la dose de 30 g de poudre de mucuna produisait un effet antiparkinsonien (r\u00e9duction du score UPDRS moteur) comparable \u00e0 celui de la l\u00e9vodopa\/carbidopa, avec un d\u00e9but d&rsquo;action plus rapide et une dur\u00e9e d&rsquo;effet l\u00e9g\u00e8rement plus longue, et moins de dyskin\u00e9sies. Ces r\u00e9sultats sugg\u00e8rent la pr\u00e9sence de compos\u00e9s adjuvants dans la graine qui am\u00e9liorent la pharmacocin\u00e9tique et la tol\u00e9rance de la L-DOPA.<\/p>\n<p>Cilia et al. (2017) ont conduit un essai pharmacocin\u00e9tique crois\u00e9 chez 18 patients parkinsoniens, confirmant que la poudre de mucuna (\u00e0 dose de L-DOPA \u00e9quivalente) produisait des pics plasmatiques de L-DOPA comparables \u00e0 ceux de la l\u00e9vodopa\/carbidopa, avec une absorption plus rapide.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats sont particuli\u00e8rement significatifs pour les pays en d\u00e9veloppement, o\u00f9 le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 de la l\u00e9vodopa synth\u00e9tique limite l&rsquo;acc\u00e8s au traitement pour des millions de patients parkinsoniens.<\/p>\n<h3>Fertilit\u00e9 masculine<\/h3>\n<p>Ahmad et al. (2010) ont conduit un essai clinique contr\u00f4l\u00e9 sur 150 hommes infertiles, montrant qu&rsquo;un traitement de 3 mois par la poudre de graine de mucuna (5 g\/jour) am\u00e9liorait significativement la concentration spermatique, la motilit\u00e9, la morphologie et le volume s\u00e9minal par rapport au groupe t\u00e9moin fertile. Le traitement r\u00e9duisait \u00e9galement les niveaux de stress oxydatif s\u00e9minal (r\u00e9duction du malondiald\u00e9hyde, augmentation du glutathion et de la SOD) et augmentait les taux de testost\u00e9rone et de LH.<\/p>\n<p>Shukla et al. (2010) ont confirm\u00e9 ces r\u00e9sultats chez 60 hommes soumis \u00e0 un stress psychologique, montrant une am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 s\u00e9minale et une r\u00e9duction du cortisol sanguin apr\u00e8s 3 mois de suppl\u00e9mentation.<\/p>\n<h3>Stress et humeur<\/h3>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes cliniques ont montr\u00e9 une r\u00e9duction des niveaux de cortisol et une am\u00e9lioration de l&rsquo;humeur chez des sujets masculins infertiles stress\u00e9s recevant de la poudre de mucuna pendant 3 mois, en coh\u00e9rence avec l&rsquo;activit\u00e9 adaptog\u00e8ne pr\u00e9clinique.<\/p>\n<h3>Hyperprolactin\u00e9mie<\/h3>\n<p>La L-DOPA, via la dopamine, inhibe la s\u00e9cr\u00e9tion de prolactine par les cellules lactotropes hypophysaires (r\u00e9cepteurs D2). Des \u00e9tudes cliniques ont montr\u00e9 une r\u00e9duction de la prolactin\u00e9mie chez des hommes infertiles hyperprolactin\u00e9miques trait\u00e9s par le mucuna.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications th\u00e9rapeutiques retenues<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Maladie de Parkinson<\/strong> (source naturelle de L-DOPA, alternative ou compl\u00e9ment \u00e0 la l\u00e9vodopa synth\u00e9tique dans les pays \u00e0 ressources limit\u00e9es) : niveau de preuve B (essais crois\u00e9s de bonne qualit\u00e9, petit effectif)<\/li>\n<li><strong>Infertilit\u00e9 masculine<\/strong> (am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 s\u00e9minale, r\u00e9duction du stress oxydatif) : niveau de preuve B (plusieurs essais contr\u00f4l\u00e9s)<\/li>\n<li><strong>Stress et hypercortisolisme<\/strong> (effet adaptog\u00e8ne) : niveau de preuve B<\/li>\n<li><strong>Hyperprolactin\u00e9mie masculine<\/strong> : niveau de preuve C<\/li>\n<li><strong>Soutien de la fonction dopaminergique<\/strong> (motivation, humeur, bien-\u00eatre) : niveau de preuve C<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le mucuna ne dispose pas de monographie dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes ou am\u00e9ricaines. Il est commercialis\u00e9 comme compl\u00e9ment alimentaire dans la plupart des pays occidentaux. En Inde, il est inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e ayurv\u00e9dique et fait partie de la liste des plantes m\u00e9dicinales reconnues par l&rsquo;AYUSH.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>L-DOPA<\/td>\n<td>Acide amin\u00e9 non prot\u00e9ique<\/td>\n<td>Pr\u00e9curseur de la dopamine (antiparkinsonien)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>S\u00e9rotonine, noradr\u00e9naline (traces)<\/td>\n<td>Amines biog\u00e8nes<\/td>\n<td>Neuroactives<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Mucunadine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efde<\/a><\/td>\n<td>Constituant mineur<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Poudre de graine.<\/strong> C&rsquo;est la forme la plus \u00e9tudi\u00e9e cliniquement. Posologie : 5 grammes de poudre de graine par jour (correspondant \u00e0 150 \u00e0 350 mg de L-DOPA selon la teneur naturelle), en 2 \u00e0 3 prises, de pr\u00e9f\u00e9rence 30 minutes avant les repas ou \u00e0 distance des repas prot\u00e9in\u00e9s (les acides amin\u00e9s comp\u00e9tissent avec la L-DOPA pour l&rsquo;absorption intestinale et le transport \u00e0 travers la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique).<\/p>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9.<\/strong> Standardis\u00e9 \u00e0 10 \u00e0 50 % de L-DOPA. Posologie variable selon la concentration de l&rsquo;extrait. Pour un extrait \u00e0 15 % de L-DOPA : 500 mg \u00e0 1 500 mg d&rsquo;extrait par jour (soit 75 \u00e0 225 mg de L-DOPA). Pour un extrait \u00e0 50 % : ajuster en cons\u00e9quence.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9lules de poudre de graine.<\/strong> 500 \u00e0 1 000 mg par g\u00e9lule, 3 \u00e0 6 g\u00e9lules par jour.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction traditionnelle ayurv\u00e9dique.<\/strong> 3 \u00e0 6 grammes de poudre de graine dans du lait ou de l&rsquo;eau, bouillis pendant 10 minutes, filtr\u00e9s et bus. Traditionnellement associ\u00e9 \u00e0 du ghee et du miel.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e de traitement est variable selon l&rsquo;indication : 3 mois minimum pour l&rsquo;infertilit\u00e9 masculine (dur\u00e9e de la spermatogen\u00e8se), traitement au long cours pour la maladie de Parkinson (sous surveillance m\u00e9dicale obligatoire).<\/p>\n<p>Important : l&rsquo;utilisation du mucuna dans la maladie de Parkinson doit imp\u00e9rativement se faire sous contr\u00f4le m\u00e9dical, en raison du risque de dyskin\u00e9sies et d&rsquo;interactions avec la l\u00e9vodopa synth\u00e9tique et d&rsquo;autres m\u00e9dicaments dopaminergiques.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb.<\/strong> La DL50 orale chez le rat est sup\u00e9rieure \u00e0 2 000 mg\/kg pour l&rsquo;extrait aqueux de graine, attestant d&rsquo;une toxicit\u00e9 aigu\u00eb faible.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 de la L-DOPA \u00e0 forte dose.<\/strong> La L-DOPA est un compos\u00e9 actif et peut provoquer des effets ind\u00e9sirables significatifs \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Naus\u00e9es et vomissements<\/strong> : l&rsquo;effet ind\u00e9sirable le plus fr\u00e9quent, li\u00e9 \u00e0 la stimulation dopaminergique de la zone ch\u00e9mor\u00e9ceptrice (area postrema). Fr\u00e9quence : 10 \u00e0 20 % \u00e0 doses th\u00e9rapeutiques.<\/li>\n<li><strong>Hypotension orthostatique<\/strong> : par vasodilatation dopaminergique p\u00e9riph\u00e9rique. Particuli\u00e8rement chez les patients \u00e2g\u00e9s et parkinsoniens.<\/li>\n<li><strong>Dyskin\u00e9sies<\/strong> : mouvements involontaires, complication classique du traitement par L-DOPA au long cours dans la maladie de Parkinson. Le mucuna semble induire moins de dyskin\u00e9sies que la L-DOPA synth\u00e9tique \u00e0 dose \u00e9quivalente.<\/li>\n<li><strong>Troubles psychiatriques<\/strong> : agitation, hallucinations, confusion \u2014 rares, principalement \u00e0 fortes doses et chez les patients \u00e2g\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Troubles du sommeil<\/strong> : insomnie, r\u00eaves vifs.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables des poils urticants.<\/strong> Le contact cutan\u00e9 avec les poils des gousses provoque un prurit intense, un \u00e9ryth\u00e8me, une dermatite de contact v\u00e9siculaire, et exceptionnellement un \u0153d\u00e8me de Quincke chez les sujets hypersensibles. La manipulation des gousses n\u00e9cessite des gants de protection.<\/p>\n<p><strong>Facteurs antinutritionnels.<\/strong> La consommation de graines crues ou insuffisamment cuites peut provoquer des troubles gastro-intestinaux (naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e) li\u00e9s aux inhibiteurs de trypsine, aux tanins et \u00e0 la L-DOPA en exc\u00e8s. La pr\u00e9paration traditionnelle (trempage prolong\u00e9 + cuisson \u00e0 l&rsquo;eau bouillante + \u00e9limination de l&rsquo;eau de cuisson) \u00e9limine 85 \u00e0 95 % de la L-DOPA et inactive les facteurs antinutritionnels thermolabiles.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications.<\/strong> Maladie cardiovasculaire s\u00e9v\u00e8re (risque d&rsquo;arythmie, d&rsquo;hypotension), ph\u00e9ochromocytome, m\u00e9lanome malin (la L-DOPA est un pr\u00e9curseur de la m\u00e9lanine), psychose (risque d&rsquo;aggravation par la dopamine), grossesse et allaitement (la L-DOPA traverse la barri\u00e8re placentaire et est excr\u00e9t\u00e9e dans le lait), ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal actif.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses.<\/strong> Interactions majeures avec les <strong>inhibiteurs de la monoamine oxydase<\/strong> (IMAO) : risque de crise hypertensive (association formellement contre-indiqu\u00e9e). Interactions avec la <strong>l\u00e9vodopa synth\u00e9tique<\/strong> (effet additif, risque de surdosage en L-DOPA), les <strong>neuroleptiques<\/strong> et les <strong>anti\u00e9m\u00e9tiques antidopaminergiques<\/strong> (antagonisme pharmacologique), les antihypertenseurs (potentialisation de l&rsquo;effet hypotenseur), les <strong>antidiab\u00e9tiques<\/strong> (la L-DOPA peut augmenter la glyc\u00e9mie), le <strong>fer<\/strong> (ch\u00e9lation de la L-DOPA par le fer, r\u00e9duisant son absorption \u2014 espacer les prises).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le mucuna occupe une place importante dans plusieurs syst\u00e8mes m\u00e9dicaux traditionnels. En <strong>Ayurveda<\/strong>, sous le nom de <em>kapikacchu<\/em> (\u00ab la plante qui d\u00e9mange \u00bb) ou <em>atmagupta<\/em> (\u00ab le secret de l&rsquo;\u00e2me \u00bb), il est utilis\u00e9 depuis plus de 3 000 ans. Le <em>Charaka Samhita<\/em> et le <em>Sushruta Samhita<\/em> le mentionnent comme aphrodisiaque puissant (<em>vajikarana<\/em>), tonique nerveux (<em>rasayana<\/em>), vermifuge (<em>krimighna<\/em>) et rem\u00e8de contre les tremblements (<em>kampavata<\/em>) \u2014 cette derni\u00e8re indication correspondant de mani\u00e8re remarquable \u00e0 la maladie de Parkinson, identifi\u00e9e par la m\u00e9decine ayurv\u00e9dique bien avant sa description par James Parkinson en 1817.<\/p>\n<p>La pr\u00e9paration classique ayurv\u00e9dique <em>Mucuna churna<\/em> (poudre de graine) est prescrite pour l&rsquo;infertilit\u00e9 masculine, l&rsquo;impuissance, les tremblements, la faiblesse nerveuse, la d\u00e9pression et comme tonique g\u00e9n\u00e9ral. Le <em>Vanari Gutika<\/em> est une formulation classique \u00e0 base de mucuna utilis\u00e9e comme aphrodisiaque et tonique nerveux.<\/p>\n<p>En <strong>Afrique tropicale<\/strong>, les graines de mucuna sont consomm\u00e9es comme aliment de disette apr\u00e8s une longue pr\u00e9paration (trempage, cuisson, rin\u00e7age). Les poils urticants des gousses sont utilis\u00e9s comme vermifuge, m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 de la banane ou du miel. Les feuilles sont employ\u00e9es en cataplasme sur les piq\u00fbres de scorpion et les morsures de serpent dans certaines r\u00e9gions.<\/p>\n<p>En <strong>Am\u00e9rique centrale<\/strong>, le mucuna (<em>nescaf\u00e9<\/em>) est consomm\u00e9 comme substitut de caf\u00e9 (graines torr\u00e9fi\u00e9es et moulues) et comme plante m\u00e9dicinale traditionnelle.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage agricole du mucuna comme <strong>engrais vert<\/strong> et plante de couverture est extr\u00eamement r\u00e9pandu dans les syst\u00e8mes agraires tropicaux d&rsquo;Am\u00e9rique latine (Mexique, Honduras, Guatemala, Br\u00e9sil) et d&rsquo;Afrique. La technique du <em>mucuna-ma\u00efs<\/em>, associant une culture de mucuna intercalaire ou de rotation au ma\u00efs, a r\u00e9volutionn\u00e9 l&rsquo;agriculture paysanne dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Am\u00e9rique centrale en restaurant la fertilit\u00e9 des sols \u00e9puis\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Risques de confusion<\/h3>\n<p><em>Mucuna pruriens<\/em> peut \u00eatre confondu avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre <em>Mucuna<\/em>, notamment :<\/p>\n<p><em>Mucuna deeringiana<\/em> (Bort) Merr. (<em>M. pruriens<\/em> var. <em>utilis<\/em> selon certains auteurs) : forme cultiv\u00e9e \u00e0 graines blanches, souvent trait\u00e9e comme un cultivar de <em>M. pruriens<\/em> var. <em>utilis<\/em>. Teneur en L-DOPA g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieure (1 \u00e0 3 %).<\/p>\n<p><em>Mucuna cochinchinensis<\/em> (Lour.) A.Chev. et <em>Mucuna gigantea<\/em> (Willd.) DC. : esp\u00e8ces \u00e0 gousses et graines diff\u00e9rentes, contenant des quantit\u00e9s variables de L-DOPA, mais g\u00e9n\u00e9ralement moins \u00e9tudi\u00e9es pharmacologiquement.<\/p>\n<p>Certaines esp\u00e8ces de <em>Canavalia<\/em> (f\u00e8ve sabre, <em>Canavalia ensiformis<\/em> DC.) et de <em>Phaseolus<\/em> (haricots) peuvent \u00eatre confondues superficiellement au niveau des graines, mais elles ne contiennent pas de L-DOPA en quantit\u00e9 significative.<\/p>\n<p>Le dosage de la L-DOPA par HPLC est la m\u00e9thode de r\u00e9f\u00e9rence pour confirmer l&rsquo;identit\u00e9 et la qualit\u00e9 de la drogue.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Mucuna pruriens<\/em> est une plante m\u00e9dicinale d&rsquo;exception, offrant une source naturelle remarquablement concentr\u00e9e en <strong>L-DOPA<\/strong>, pr\u00e9curseur direct de la dopamine. Les donn\u00e9es cliniques, bien que portant sur des effectifs limit\u00e9s, d\u00e9montrent de mani\u00e8re convaincante son efficacit\u00e9 dans la maladie de Parkinson (\u00e0 dose de L-DOPA \u00e9quivalente, avec un profil de tol\u00e9rance possiblement sup\u00e9rieur \u00e0 la L-DOPA synth\u00e9tique) et dans l&rsquo;infertilit\u00e9 masculine (am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 s\u00e9minale et r\u00e9duction du stress oxydatif).<\/p>\n<p>Les enjeux majeurs sont la standardisation des pr\u00e9parations (la teneur en L-DOPA varie significativement entre les lots commerciaux), la conduite d&rsquo;essais cliniques multicentriques de grande envergure dans la maladie de Parkinson (comparant directement la poudre de mucuna \u00e0 la l\u00e9vodopa\/carbidopa sur des dur\u00e9es prolong\u00e9es), l&rsquo;identification et la caract\u00e9risation des compos\u00e9s adjuvants responsables de la sup\u00e9riorit\u00e9 apparente de l&rsquo;extrait total par rapport \u00e0 la L-DOPA purifi\u00e9e, et l&rsquo;\u00e9valuation de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche les plus prometteuses concernent le d\u00e9veloppement du mucuna comme source de l\u00e9vodopa accessible et abordable pour les pays en d\u00e9veloppement (o\u00f9 la maladie de Parkinson est en forte augmentation et o\u00f9 l&rsquo;acc\u00e8s aux m\u00e9dicaments conventionnels est limit\u00e9), l&rsquo;exploration des effets neuroprotecteurs au-del\u00e0 de la maladie de Parkinson (d\u00e9pression, TDAH, addiction), et la caract\u00e9risation des propri\u00e9t\u00e9s ergog\u00e9niques et adaptog\u00e8nes dans le cadre du stress chronique et du vieillissement.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Katzenschlager R. et al. Mucuna pruriens in Parkinson&rsquo;s disease: a double blind clinical and pharmacological study. <em>Journal of Neurology, Neurosurgery &amp; Psychiatry<\/em>, 2004, 75(12) : 1672-1677.<\/li>\n<li>Cilia R. et al. Mucuna pruriens in Parkinson disease: a double-blind, randomized, controlled, crossover study. <em>Neurology<\/em>, 2017, 89(5) : 432-438.<\/li>\n<li>Ahmad M.K. et al. Mucuna pruriens improves male fertility by its action on the hypothalamus-pituitary-gonadal axis. <em>Fertility and Sterility<\/em>, 2008, 90(6) : 2139-2144.<\/li>\n<li>Shukla K.K. et al. Mucuna pruriens reduces stress and improves the quality of semen in infertile men. <em>Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine<\/em>, 2010, 7(1) : 137-144.<\/li>\n<li>Lampariello L.R. et al. The magic velvet bean of <em>Mucuna pruriens<\/em>. <em>Journal of Traditional and Complementary Medicine<\/em>, 2012, 2(4) : 331-339.<\/li>\n<li>Lieu C.A. et al. The antiparkinsonian and antidyskinetic mechanisms of <em>Mucuna pruriens<\/em> in the MPTP-treated nonhuman primate. <em>Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine<\/em>, 2012 : 840247.<\/li>\n<li>Manyam B.V. et al. Neuroprotective effects of the antiparkinson drug <em>Mucuna pruriens<\/em>. <em>Phytotherapy Research<\/em>, 2004, 18(9) : 706-712.<\/li>\n<li>Sathiyanarayanan L., Arulmozhi S. <em>Mucuna pruriens<\/em> Linn. \u2014 A comprehensive review. <em>Pharmacognosy Reviews<\/em>, 2007, 1(1) : 157-162.<\/li>\n<li>Daxenbichler M.E. et al. 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