{"id":9530,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/lapacho\/"},"modified":"2026-06-24T16:50:00","modified_gmt":"2026-06-24T14:50:00","slug":"lapacho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/lapacho\/","title":{"rendered":"LAPACHO"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Lapacho.jpg\" alt=\"Planche botanique Lapacho\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Lapacho \u2014 <em>Handroanthus impetiginosus<\/em> (Mart. ex DC.) Mattos<\/h1>\n<p>Le lapacho, \u00e9galement connu sous les noms de pau d&rsquo;arco, taheebo ou ip\u00ea-roxo, est un arbre majestueux des for\u00eats tropicales et subtropicales d&rsquo;Am\u00e9rique latine. Son \u00e9corce interne, d&rsquo;une richesse phytochimique exceptionnelle, est utilis\u00e9e depuis des si\u00e8cles par les peuples am\u00e9rindiens. La pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/naphtoquinones\/\">naphtoquinones<\/a><\/strong>, en particulier le <strong>lapachol<\/strong> et le <strong>\u03b2-lapachone<\/strong>, lui conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s antifongiques, antibact\u00e9riennes et anticanc\u00e9reuses qui suscitent un int\u00e9r\u00eat consid\u00e9rable en pharmacologie moderne.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le lapacho appartient \u00e0 l&#8217;embranchement des Spermatophytes, sous-embranchement des Angiospermes, classe des Dicotyl\u00e9dones, ordre des Lamiales, famille des Bignoniac\u00e9es (Bignoniaceae), tribu des Tecomeae. L&rsquo;esp\u00e8ce a longtemps \u00e9t\u00e9 class\u00e9e dans le genre <em>Tabebuia<\/em> sous le nom de <em>Tabebuia impetiginosa<\/em> (Mart. ex DC.) Standl. ou <em>Tabebuia avellanedae<\/em> Lorentz ex Griseb. La combinaison Handroanthus impetiginosus a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e par J.R. Mattos en 1970 (Loefgrenia 50 : 2), cr\u00e9ant ainsi le genre Handroanthus. La r\u00e9vision mol\u00e9culaire de Grose et Olmstead (Systematic Botany, 2007, 32(3) : 660-670) a ensuite fourni l&rsquo;appui phylog\u00e9n\u00e9tique permettant l&rsquo;acceptation large de ce genre et le reclassement de nombreuses esp\u00e8ces de Tabebuia s.l.<\/p>\n<p>Synonymes nomenclaturaux : Tabebuia impetiginosa (Mart. ex DC.) Standl., Tabebuia avellanedae Lorentz ex Griseb., Tecoma impetiginosa Mart. ex DC. \u00c0 noter : Tabebuia ipe (Mart. ex K.Schum.) Standl. est fr\u00e9quemment confondu avec H. impetiginosus, mais il constitue un synonyme de l&rsquo;esp\u00e8ce voisine Handroanthus heptaphyllus (Vell.) Mattos (GBIF backbone, POWO\/Kew). Le nom \u00ab lapacho \u00bb est d&rsquo;origine guarani. \u00ab Pau d&rsquo;arco \u00bb (bois d&rsquo;arc) est le nom br\u00e9silien, \u00ab taheebo \u00bb est un terme issu du vocabulaire tupi-guarani, popularis\u00e9 commercialement \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960 ; son attribution exclusive aux Incas n&rsquo;est pas \u00e9tay\u00e9e par la litt\u00e9rature ethnobotanique (Castellanos et al., J Ethnopharmacol, 2009), et \u00ab ip\u00ea-roxo \u00bb (ip\u00ea rose\/violet) se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la couleur de la floraison.<\/p>\n<p>Le genre <em>Handroanthus<\/em> comprend environ 30 esp\u00e8ces, toutes n\u00e9otropicales. Plusieurs esp\u00e8ces sont utilis\u00e9es comme sources de \u00ab pau d&rsquo;arco \u00bb dans le commerce, ce qui entra\u00eene une certaine confusion. <em>H. impetiginosus<\/em> et <em>H. heptaphyllus<\/em> (Vell.) Mattos sont les esp\u00e8ces les plus fr\u00e9quemment commercialis\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Handroanthus impetiginosus<\/em> est un arbre caduc ou semi-caduc pouvant atteindre 20 \u00e0 35 m\u00e8tres de hauteur et 50 \u00e0 100 cm de diam\u00e8tre de tronc. Le port est \u00e9rig\u00e9, avec une cime ovo\u00efde \u00e0 arrondie, dense. Le tronc est droit, cylindrique, \u00e0 \u00e9corce gris-brun, rugueuse, fissur\u00e9e longitudinalement. L&rsquo;\u00e9corce interne (liber) est de couleur brun-rouge \u00e0 brun-jaune, fibreuse, fortement am\u00e8re.<\/p>\n<p>Les feuilles sont oppos\u00e9es, compos\u00e9es digit\u00e9es (palm\u00e9es), \u00e0 5 folioles (parfois 3 ou 7). Les folioles sont elliptiques-lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 oblongues, de 5 \u00e0 15 cm de long et 2 \u00e0 6 cm de large, \u00e0 sommet acumin\u00e9 et base cun\u00e9iforme, \u00e0 marge finement serret\u00e9e. La face sup\u00e9rieure est vert fonc\u00e9, glabre ; la face inf\u00e9rieure est plus claire, parfois finement pubescente, surtout sur les nervures. Les folioles sont subsessiles ou courtement p\u00e9tiolul\u00e9es. Le p\u00e9tiole commun est long de 5 \u00e0 15 cm.<\/p>\n<p>Les inflorescences sont des cymes terminales, denses, multiflores, apparaissant sur les rameaux d\u00e9feuill\u00e9s (floraison pr\u00e9c\u00e9dant la foliation), ce qui produit un spectacle visuel spectaculaire. Les fleurs sont grandes (5 \u00e0 8 cm de long), tubulaires-infundibuliformes, zygomorphes, \u00e0 corolle rose-violet \u00e0 rose-magenta, parfois blanche. Le calice est campanul\u00e9, \u00e0 5 dents, pubescent. La corolle est gamop\u00e9tale, \u00e0 tube \u00e9vas\u00e9 et 5 lobes \u00e9tal\u00e9s, ondul\u00e9s. Les \u00e9tamines sont au nombre de 4 (didynames) plus un staminode. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, biloculaire.<\/p>\n<p>Le fruit est une capsule lin\u00e9aire, allong\u00e9e (15 \u00e0 40 cm de long, 1 \u00e0 2 cm de large), cylindrique, \u00e0 surface lisse ou l\u00e9g\u00e8rement verruqueuse, d\u00e9hiscente par deux valves. Les graines sont ail\u00e9es, membraneuses, nombreuses (200 \u00e0 300 par capsule), diss\u00e9min\u00e9es par le vent.<\/p>\n<p>Le bois est extr\u00eamement dur et dense (densit\u00e9 0,9 \u00e0 1,1), pratiquement imputrescible, utilis\u00e9 en construction, \u00e9b\u00e9nisterie et fabrication d&rsquo;arcs (d&rsquo;o\u00f9 \u00ab pau d&rsquo;arco \u00bb).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Handroanthus impetiginosus<\/em> poss\u00e8de une aire de r\u00e9partition tr\u00e8s vaste, s&rsquo;\u00e9tendant du nord du Mexique au nord de l&rsquo;Argentine, en passant par toute l&rsquo;Am\u00e9rique centrale, les Cara\u00efbes et l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud. Il est pr\u00e9sent dans une grande diversit\u00e9 de milieux : for\u00eats tropicales humides de plaine, for\u00eats s\u00e8ches tropicales, for\u00eats de galerie, cerrados (savanes arbor\u00e9es br\u00e9siliennes), for\u00eats de montagne jusqu&rsquo;\u00e0 1500 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est remarquablement adaptable. Elle tol\u00e8re une pluviom\u00e9trie annuelle allant de 500 mm (for\u00eats s\u00e8ches du Chaco) \u00e0 2500 mm (for\u00eats pluviales amazoniennes). Elle supporte des temp\u00e9ratures moyennes de 18 \u00e0 28 \u00b0C et r\u00e9siste \u00e0 des gel\u00e9es l\u00e9g\u00e8res et br\u00e8ves. Les sols de pr\u00e9dilection sont profonds, bien drain\u00e9s, de pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement alcalin, mais l&rsquo;esp\u00e8ce tol\u00e8re aussi les sols pauvres, lat\u00e9ritiques ou calcaires.<\/p>\n<p>La floraison spectaculaire (juillet-septembre dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re sud, variable selon la latitude) attire de nombreux pollinisateurs : abeilles, colibris, papillons. La diss\u00e9mination des graines ail\u00e9es est an\u00e9mochore (par le vent), pouvant atteindre des distances consid\u00e9rables.<\/p>\n<p>Le lapacho est largement plant\u00e9 comme arbre d&rsquo;ornement urbain dans toute l&rsquo;Am\u00e9rique latine. Au Br\u00e9sil, c&rsquo;est un arbre symbolique et l&rsquo;ip\u00ea-roxo est l&rsquo;arbre national du Paraguay. Les populations sauvages ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme menac\u00e9es globalement, bien que l&rsquo;exploitation foresti\u00e8re du bois pr\u00e9cieux ait pu r\u00e9duire localement les effectifs.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, durabilit\u00e9 et conservation<\/h3>\n<p><em>Handroanthus impetiginosus<\/em> est une esp\u00e8ce largement r\u00e9pandue et commune dans une grande partie de son aire de r\u00e9partition. Sa plasticit\u00e9 \u00e9cologique et sa tol\u00e9rance \u00e0 la perturbation en font une esp\u00e8ce relativement r\u00e9siliente. Il n&rsquo;est actuellement pas inscrit sur la Liste rouge de l&rsquo;UICN ni en annexes CITES.<\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;exploitation foresti\u00e8re du bois pr\u00e9cieux d&rsquo;ip\u00ea constitue une menace dans certaines r\u00e9gions, notamment en Amazonie br\u00e9silienne. Le bois d&rsquo;ip\u00ea est l&rsquo;un des plus demand\u00e9s sur le march\u00e9 international des bois tropicaux (terrasses, mobilier d&rsquo;ext\u00e9rieur), et l&rsquo;exploitation ill\u00e9gale est pr\u00e9occupante. La pression sur les populations sauvages pour l&rsquo;\u00e9corce m\u00e9dicinale est plus localis\u00e9e et moins document\u00e9e.<\/p>\n<p>La culture du lapacho est pratiqu\u00e9e au Br\u00e9sil, en Argentine et au Paraguay, notamment dans des programmes de reforestation urbaine et de foresterie communautaire. La multiplication se fait par semis (graines ail\u00e9es \u00e0 germination rapide, en 15-20 jours) ou par bouturage. La croissance est mod\u00e9r\u00e9e (50-80 cm\/an en hauteur les premi\u00e8res ann\u00e9es).<\/p>\n<p>L&rsquo;arbre joue un r\u00f4le \u00e9cologique important dans les \u00e9cosyst\u00e8mes tropicaux : ses fleurs spectaculaires attirent une faune de pollinisateurs diversifi\u00e9e (abeilles, colibris, chauves-souris), ses capsules lib\u00e8rent des graines qui alimentent les oiseaux granivores, et son bois mort h\u00e9berge de nombreux organismes saproxyliques.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue est constitu\u00e9e par l&rsquo;<strong>\u00e9corce interne<\/strong> (liber) du tronc et des grosses branches, s\u00e9ch\u00e9e et fragment\u00e9e. C&rsquo;est cette couche interne, de couleur brun-rouge caract\u00e9ristique, qui concentre les naphtoquinones bioactives. L&rsquo;\u00e9corce externe (rhytidome) est g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9limin\u00e9e lors de la pr\u00e9paration de la drogue.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce est r\u00e9colt\u00e9e de pr\u00e9f\u00e9rence pendant la saison s\u00e8che, lorsque la concentration en principes actifs est maximale. Le pr\u00e9l\u00e8vement se fait par \u00e9cor\u00e7age partiel (bandes verticales) pour ne pas tuer l&rsquo;arbre, ou \u00e0 partir de branches coup\u00e9es lors de l&rsquo;\u00e9lagage. La pratique traditionnelle consiste \u00e0 racler l&rsquo;\u00e9corce interne \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un outil tranchant.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s r\u00e9colte, l&rsquo;\u00e9corce est s\u00e9ch\u00e9e au soleil ou \u00e0 l&rsquo;air libre. La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente en fragments irr\u00e9guliers, fibreux, de couleur brun-rouge\u00e2tre, \u00e0 saveur am\u00e8re et astringente, \u00e0 odeur faible mais caract\u00e9ristique. Elle est commercialis\u00e9e en morceaux pour la d\u00e9coction ou r\u00e9duite en poudre pour les g\u00e9lules.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;existe pas de monographie officielle dans la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. La Pharmacop\u00e9e br\u00e9silienne (Farmacopeia Brasileira) inclut des sp\u00e9cifications pour l&rsquo;\u00e9corce de \u00ab ip\u00ea-roxo \u00bb. Le contr\u00f4le qualit\u00e9 repose sur le dosage du <strong>lapachol<\/strong> par HPLC et sur les tests d&rsquo;identit\u00e9 par CCM.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de l&rsquo;\u00e9corce de lapacho est domin\u00e9e par les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">quinones<\/a><\/strong>, principalement des <strong>naphtoquinones<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthraquinones\/\">anthraquinones<\/a><\/strong>, auxquelles s&rsquo;ajoutent des <strong>furanonaphoquinones<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong>, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignanes<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Naphtoquinones<\/strong> (compos\u00e9s principaux) :<\/p>\n<p><strong>Lapachol<\/strong> (C\u2081\u2085H\u2081\u2084O\u2083, MM 242,27 g\/mol) : 2-hydroxy-3-(3-m\u00e9thylbut-2-\u00e9nyl)-1,4-naphtoquinone. Pr\u00e9nylnaphtoquinone de couleur jaune, pr\u00e9sente \u00e0 2-7 % de l&rsquo;\u00e9corce interne s\u00e8che. C&rsquo;est le compos\u00e9 le plus abondant et historiquement le plus \u00e9tudi\u00e9.<\/p>\n<p><strong>\u03b2-Lapachone<\/strong> (C\u2081\u2085H\u2081\u2084O\u2083, MM 242,27 g\/mol) : ortho-naphtoquinone cyclis\u00e9e, d\u00e9riv\u00e9e du lapachol par cyclisation acide. Pr\u00e9sent en plus faibles quantit\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9corce (0,1-1 %), mais c&rsquo;est le compos\u00e9 le plus actif pharmacologiquement, notamment en oncologie.<\/p>\n<p><strong>\u03b1-Lapachone<\/strong> : isom\u00e8re du \u03b2-lapachone, moins \u00e9tudi\u00e9 et moins actif.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9oxylapachol<\/strong> : analogue d\u00e9shydroxyl\u00e9 du lapachol.<\/p>\n<p><strong>Furanonaphoquinones<\/strong> : d\u00e9riv\u00e9s furaniques des naphtoquinones, dont certains poss\u00e8dent des activit\u00e9s biologiques significatives (antitrypanosomiale, antileishmanienne).<\/p>\n<p><strong>Anthraquinones<\/strong> : <strong>tab\u00e9bu\u00efne<\/strong>, pr\u00e9sente en faible quantit\u00e9, dot\u00e9e de propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes.<\/p>\n<p><strong>Irido\u00efdes<\/strong> : <strong>catalposide<\/strong> et d\u00e9riv\u00e9s, typiques des Bignoniac\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a> et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavanones\/\">flavanones<\/a> en faibles quantit\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Lignanes<\/strong> : <strong>cycloolivil<\/strong> et autres n\u00e9olignanes.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s<\/strong> : <strong>acide benzo\u00efque<\/strong> et d\u00e9riv\u00e9s, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong>, <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>, stigmast\u00e9rol), <strong>tanins<\/strong>, <strong>saponines<\/strong>.<\/p>\n<p>Le dosage analytique du lapachol et du \u03b2-lapachone se fait par HPLC-UV (d\u00e9tection \u00e0 254 et 278 nm) ou par HPLC-MS. La quantification est essentielle car la teneur en naphtoquinones varie consid\u00e9rablement selon l&rsquo;esp\u00e8ce, l&rsquo;origine g\u00e9ographique, l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;arbre et les conditions de r\u00e9colte et de stockage.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les naphtoquinones du lapacho, en particulier le <strong>\u03b2-lapachone<\/strong> et le <strong>lapachol<\/strong>, sont les principaux supports de l&rsquo;activit\u00e9 pharmacologique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antifongique<\/strong> : le lapachol et le \u03b2-lapachone exercent une activit\u00e9 antifongique puissante contre <em>Candida albicans<\/em>, <em>C. tropicalis<\/em>, <em>C. krusei<\/em>, <em>Cryptococcus neoformans<\/em>, <em>Aspergillus fumigatus<\/em>, <em>Trichophyton rubrum<\/em> et d&rsquo;autres dermatophytes. Le m\u00e9canisme implique la g\u00e9n\u00e9ration de radicaux libres (cycle redox des quinones) et l&rsquo;inhibition des enzymes respiratoires mitochondriales fongiques. Les CMI (concentrations minimales inhibitrices) sont de l&rsquo;ordre de 1 \u00e0 32 \u00b5g\/ml selon les esp\u00e8ces.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antibact\u00e9rienne<\/strong> : activit\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> (y compris certaines souches SARM), <em>Helicobacter pylori<\/em>, <em>Streptococcus<\/em> spp., <em>Enterococcus faecalis<\/em> et <em>Mycobacterium tuberculosis<\/em>. L&rsquo;action contre les mycobact\u00e9ries est d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat particulier dans le contexte de la tuberculose multir\u00e9sistante.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antiparasitaire<\/strong> : le lapachol et ses d\u00e9riv\u00e9s montrent une activit\u00e9 significative contre <em>Trypanosoma cruzi<\/em> (maladie de Chagas), <em>Leishmania<\/em> spp. (leishmaniose), <em>Plasmodium falciparum<\/em> (paludisme) et <em>Schistosoma mansoni<\/em> (bilharziose). Le m\u00e9canisme antiparasitaire principal est l&rsquo;inhibition de la cha\u00eene respiratoire mitochondriale du parasite et la g\u00e9n\u00e9ration de stress oxydatif.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse<\/strong> : le <strong>\u03b2-lapachone<\/strong> est le compos\u00e9 le plus prometteur en oncologie. Son m\u00e9canisme anticanc\u00e9reux principal repose sur l&rsquo;activation de la <strong>NQO1<\/strong> (NAD(P)H:quinone oxydor\u00e9ductase 1), une enzyme de phase II surexprim\u00e9e dans de nombreux cancers (pancr\u00e9as, poumon, sein, prostate, c\u00f4lon). Le \u03b2-lapachone est r\u00e9duit par NQO1 en une forme instable qui subit un cycle redox futile, g\u00e9n\u00e9rant des esp\u00e8ces r\u00e9actives de l&rsquo;oxyg\u00e8ne (ROS) massives, une d\u00e9pl\u00e9tion en NAD+ et en ATP, une activation de la poly(ADP-ribose) polym\u00e9rase (PARP), et finalement la mort cellulaire par n\u00e9crose programm\u00e9e (n\u00e9croptose). Ce m\u00e9canisme est s\u00e9lectif pour les cellules tumorales surexprimant NQO1, \u00e9pargnant relativement les cellules normales. Des essais cliniques de phase I\/II sont en cours avec l&rsquo;ARQ 761, un prom\u00e9dicament du \u03b2-lapachone.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : le lapachol et le \u03b2-lapachone inhibent l&rsquo;activit\u00e9 de la COX-2, de l&rsquo;iNOS et la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-1\u03b2, IL-6). Le \u03b2-lapachone module la voie NF-\u03baB et la voie MAPK.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 immunomodulatrice<\/strong> : stimulation de l&rsquo;activit\u00e9 des cellules NK, augmentation de la phagocytose macrophagique et modulation de la production d&rsquo;interf\u00e9rons. Ces effets contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 anti-infectieuse globale.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sur le lapacho restent limit\u00e9es par rapport \u00e0 la richesse des donn\u00e9es pr\u00e9cliniques. L&rsquo;essentiel de l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique repose sur la tradition et sur des \u00e9tudes de faible niveau de preuve.<\/p>\n<p><strong>Essais avec le lapachol (NCI, ann\u00e9es 1960-1970)<\/strong> : le National Cancer Institute (NCI) am\u00e9ricain a conduit des essais cliniques de phase I avec le lapachol oral dans les ann\u00e9es 1960-1970. Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 une certaine activit\u00e9 antitumorale, mais les doses n\u00e9cessaires pour atteindre des concentrations plasmatiques efficaces provoquaient des effets anticoagulants significatifs (inhibition de la vitamine K). Le d\u00e9veloppement clinique a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 au profit du \u03b2-lapachone, plus prometteur.<\/p>\n<p><strong>Essais avec le \u03b2-lapachone (ARQ 761)<\/strong> : ArQule Inc. a d\u00e9velopp\u00e9 l&rsquo;ARQ 761, forme injectable du \u03b2-lapachone, qui a fait l&rsquo;objet d&rsquo;essais cliniques de phase I chez des patients atteints de tumeurs solides avanc\u00e9es surexprimant NQO1 (Beg et al., 2017). L&rsquo;essai a d\u00e9montr\u00e9 la faisabilit\u00e9 et identifi\u00e9 une dose recommand\u00e9e de phase II. L&rsquo;h\u00e9molyse dose-limitante a \u00e9t\u00e9 le principal effet toxique. Des essais de phase II en association avec la gemcitabine\/abraxane dans le cancer du pancr\u00e9as sont en cours.<\/p>\n<p><strong>Infections fongiques<\/strong> : plusieurs \u00e9tudes observationnelles br\u00e9siliennes rapportent l&rsquo;efficacit\u00e9 de d\u00e9coctions d&rsquo;\u00e9corce de lapacho dans les candidoses oropharyng\u00e9es et vaginales, les dermatomycoses et les onychomycoses. Ces \u00e9tudes manquent cependant de rigueur m\u00e9thodologique (absence de randomisation, de placebo, de standardisation de la drogue).<\/p>\n<p><strong>Inflammation et douleur<\/strong> : des \u00e9tudes ouvertes sugg\u00e8rent un b\u00e9n\u00e9fice symptomatique dans l&rsquo;arthrose, les douleurs articulaires et les \u00e9tats inflammatoires chroniques, mais les preuves sont insuffisantes pour des conclusions d\u00e9finitives.<\/p>\n<p>En somme, le lapacho reste principalement une plante de m\u00e9decine traditionnelle dont les indications modernes ne sont pas encore pleinement valid\u00e9es par des essais cliniques rigoureux, bien que les perspectives oncologiques du \u03b2-lapachone soient tr\u00e8s prometteuses.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Lapachol<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/naphtoquinones\/\">Naphtoquinone<\/a><\/td>\n<td>Antimicrobien, antitumoral (pr\u00e9clinique)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u03b2-lapachone<\/td>\n<td>Naphtoquinone<\/td>\n<td>Antiprolif\u00e9ratif (pr\u00e9clinique)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Astringents<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce (forme traditionnelle)<\/strong> : 10 \u00e0 15 g d&rsquo;\u00e9corce interne s\u00e9ch\u00e9e dans 500 ml d&rsquo;eau, port\u00e9s \u00e0 \u00e9bullition puis maintenus \u00e0 fr\u00e9missement pendant 15 \u00e0 20 minutes. Filtrer et boire en 2 \u00e0 3 prises dans la journ\u00e9e. Cette pr\u00e9paration est la plus courante en Am\u00e9rique latine.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec<\/strong> : g\u00e9lules de 300 \u00e0 500 mg d&rsquo;extrait sec d&rsquo;\u00e9corce, standardis\u00e9 \u00e0 2-3 % de naphtoquinones totales (ou \u00e0 2-3 % de lapachol). Posologie : 2 \u00e0 4 g\u00e9lules par jour.<\/p>\n<p><strong>Poudre d&rsquo;\u00e9corce<\/strong> : g\u00e9lules de poudre brute, 500 \u00e0 1000 mg trois fois par jour. Forme moins standardis\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : mac\u00e9ration hydro-alcoolique de l&rsquo;\u00e9corce (1:5, \u00e9thanol 60\u00b0), 2 \u00e0 4 ml deux \u00e0 trois fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Usage topique<\/strong> : d\u00e9coction concentr\u00e9e appliqu\u00e9e en compresses ou en lavages sur les mycoses cutan\u00e9es, les plaies infect\u00e9es, les ulc\u00e8res cutan\u00e9s.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e des cures est variable : 2 \u00e0 4 semaines pour les infections aigu\u00ebs, 2 \u00e0 3 mois pour un usage de fond (immunostimulation, terrain inflammatoire). Des fen\u00eatres th\u00e9rapeutiques sont recommand\u00e9es (3 semaines de prise, 1 semaine de pause).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 du lapacho est essentiellement li\u00e9e aux naphtoquinones et d\u00e9pend fortement de la dose.<\/p>\n<p>Aux doses th\u00e9rapeutiques habituelles (d\u00e9coction ou extrait standardis\u00e9), la tol\u00e9rance est g\u00e9n\u00e9ralement bonne. Les effets ind\u00e9sirables les plus fr\u00e9quents sont digestifs : naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e, douleurs abdominales, surtout en d\u00e9but de traitement ou \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Anticoagulation<\/strong> : le lapachol est un antagoniste de la vitamine K et inhibe la coagulation sanguine \u00e0 des doses supra-th\u00e9rapeutiques. Cet effet, mis en \u00e9vidence lors des essais cliniques du NCI, impose la prudence chez les patients sous anticoagulants (warfarine, ac\u00e9nocoumarol) ou antiagr\u00e9gants plaquettaires, et en pr\u00e9op\u00e9ratoire.<\/p>\n<p><strong>An\u00e9mie h\u00e9molytique<\/strong> : le \u03b2-lapachone peut provoquer une h\u00e9molyse, en particulier chez les sujets d\u00e9ficitaires en glucose-6-phosphate d\u00e9shydrog\u00e9nase (G6PD). Ce risque a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 dans les essais cliniques oncologiques.<\/p>\n<p><strong>H\u00e9patotoxicit\u00e9<\/strong> : des cas de cytolyse h\u00e9patique r\u00e9versible ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es. Un bilan h\u00e9patique est recommand\u00e9 en cas d&rsquo;usage prolong\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : grossesse (effet ut\u00e9rotonique potentiel), allaitement, troubles de la coagulation, traitement anticoagulant, d\u00e9ficit en G6PD, insuffisance h\u00e9patique s\u00e9v\u00e8re. Arr\u00eat recommand\u00e9 2 semaines avant toute intervention chirurgicale.<\/p>\n<p>La DL\u2085\u2080 orale du lapachol chez la souris est d&rsquo;environ 487 mg\/kg. Des \u00e9tudes de t\u00e9ratog\u00e9nicit\u00e9 chez le rat ont montr\u00e9 des effets f\u0153totoxiques et malformatifs du lapachol \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es, contre-indiquant formellement l&rsquo;usage pendant la grossesse.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le lapacho est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus importantes des pharmacop\u00e9es am\u00e9rindiennes. Son usage est attest\u00e9 depuis l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9colombienne chez les Incas, les Guaranis, les Tupis et de nombreux autres peuples autochtones d&rsquo;Am\u00e9rique du Sud.<\/p>\n<p>Les Incas appelaient l&rsquo;\u00e9corce \u00ab taheebo \u00bb et la consid\u00e9raient comme un rem\u00e8de universel. Les Guaranis l&rsquo;utilisaient sous le nom de \u00ab lapacho \u00bb pour traiter les fi\u00e8vres, les infections, les tumeurs, les ulc\u00e8res et les morsures de serpent. Les chamanes tupi-guaranis prescrivaient la d\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce comme d\u00e9puratif sanguin, anti-infectieux et tonique g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Au Br\u00e9sil, le pau d&rsquo;arco est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus populaires. La d\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce est traditionnellement utilis\u00e9e contre les candidoses (muguet, candidose vaginale), les infections urinaires, les parasitoses intestinales, l&rsquo;arthrite, le diab\u00e8te, les ulc\u00e8res gastriques, les maladies de peau (ecz\u00e9ma, psoriasis, imp\u00e9tigo) et m\u00eame le cancer.<\/p>\n<p>En Argentine et au Paraguay, le lapacho est consomm\u00e9 comme \u00ab th\u00e9 de lapacho \u00bb (<em>mate de lapacho<\/em>), souvent en association avec le mat\u00e9 (<em>Ilex paraguariensis<\/em>). Cette boisson est consid\u00e9r\u00e9e comme un tonique g\u00e9n\u00e9ral et un \u00ab nettoyant du sang \u00bb.<\/p>\n<p>Les missionnaires j\u00e9suites du XVIe si\u00e8cle furent parmi les premiers Europ\u00e9ens \u00e0 documenter les usages m\u00e9dicinaux du lapacho, le qualifiant de \u00ab bois divin \u00bb (<em>palo santo<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et falsifications<\/h3>\n<p>La principale difficult\u00e9 r\u00e9side dans la multiplicit\u00e9 des esp\u00e8ces commercialis\u00e9es sous le nom de \u00ab lapacho \u00bb ou \u00ab pau d&rsquo;arco \u00bb. Le genre <em>Handroanthus<\/em> (anciennement <em>Tabebuia<\/em> pro parte) comprend environ 30 esp\u00e8ces, et plusieurs d&rsquo;entre elles sont utilis\u00e9es comme sources d&rsquo;\u00e9corce m\u00e9dicinale : <em>H. impetiginosus<\/em>, <em>H. heptaphyllus<\/em>, <em>H. serratifolius<\/em> (ip\u00ea-amarelo), <em>H. chrysanthus<\/em>. Les profils chimiques diff\u00e8rent entre esp\u00e8ces (teneur et profil de naphtoquinones variables), ce qui peut affecter l&rsquo;efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>Des falsifications par des \u00e9corces d&rsquo;arbres non apparent\u00e9s (autres Bignoniac\u00e9es, voire des M\u00e9liac\u00e9es ou des Verb\u00e9nac\u00e9es) ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9es sur le march\u00e9 international. L&rsquo;identification botanique des fragments d&rsquo;\u00e9corce est difficile macroscopiquement ; elle n\u00e9cessite une analyse microscopique (pr\u00e9sence de cristaux d&rsquo;oxalate, structure du liber) et\/ou chimique (profil HPLC des naphtoquinones).<\/p>\n<p>La standardisation insuffisante des produits commerciaux est un probl\u00e8me r\u00e9current : des analyses ind\u00e9pendantes ont montr\u00e9 que de nombreux compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 base de \u00ab pau d&rsquo;arco \u00bb contiennent des teneurs tr\u00e8s variables (voire ind\u00e9tectables) en lapachol et en \u03b2-lapachone.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le lapacho est une plante m\u00e9dicinale d&rsquo;un potentiel pharmacologique consid\u00e9rable, fond\u00e9 sur ses <strong>naphtoquinones<\/strong> originales. L&rsquo;activit\u00e9 antifongique, antibact\u00e9rienne et antiparasitaire justifie son usage traditionnel en Am\u00e9rique latine. Le <strong>\u03b2-lapachone<\/strong>, avec son m\u00e9canisme anticanc\u00e9reux s\u00e9lectif bas\u00e9 sur NQO1, repr\u00e9sente l&rsquo;une des pistes les plus originales de la recherche oncologique actuelle.<\/p>\n<p>Les d\u00e9fis \u00e0 relever incluent : la standardisation des mati\u00e8res premi\u00e8res et des extraits, la conduite d&rsquo;essais cliniques rigoureux pour valider les usages traditionnels, le d\u00e9veloppement gal\u00e9nique pour am\u00e9liorer la biodisponibilit\u00e9 du \u03b2-lapachone (nanoformulations, prom\u00e9dicaments), et la mise en place de fili\u00e8res d&rsquo;approvisionnement durables. La distinction entre les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces sources et la lutte contre les falsifications restent des priorit\u00e9s pour la fili\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Beg MS, Huang X, Silvers MA et al. Using a novel NQO1 bioactivatable drug, beta-lapachone (ARQ761), to enhance chemotherapeutic effects by metabolic modulation in pancreatic cancer. J Surg Oncol. 2017;116(1):83-88. PMID 28346693.<\/p>\n<p>Castellanos J.R.G., Prieto J.M., Heinrich M. Red Lapacho (<em>Tabebuia impetiginosa<\/em>) \u2014 a global ethnopharmacological commodity? <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 2009, 121(1) : 1-13.<\/p>\n<p>de Almeida E.R. Preclinical and clinical studies of lapachol and beta-lapachone. <em>The Open Natural Products Journal<\/em>, 2009, 2 : 42-47.<\/p>\n<p>Grose S.O., Olmstead R.G. Taxonomic revisions in the polyphyletic genus <em>Tabebuia<\/em> s.l. (Bignoniaceae). <em>Systematic Botany<\/em>, 2007, 32(3) : 660-670.<\/p>\n<p>Hussain H., Krohn K., Ahmad V.U. et al. Lapachol: an overview. <em>Arkivoc<\/em>, 2007, (ii) : 145-171.<\/p>\n<p>Li C.J., Li Y.Z., Pinto A.V., Pardee A.B. Potent inhibition of tumor survival <em>in vivo<\/em> by \u03b2-lapachone plus taxol: combining drugs imposes different artificial checkpoints. <em>Proceedings of the National Academy of Sciences<\/em>, 1999, 96(23) : 13369-13374.<\/p>\n<p>Oliveira A.B., Raslan D.S., Miraglia M.C.M. et al. Estrutura qu\u00edmica e atividade biol\u00f3gica de naftoquinonas de Bignoni\u00e1ceas brasileiras. <em>Qu\u00edmica Nova<\/em>, 1990, 13(4) : 302-307.<\/p>\n<p>Pink J.J., Planchon S.M., Tagliarino C. et al. NAD(P)H:quinone oxidoreductase activity is the principal determinant of \u03b2-lapachone cytotoxicity. <em>Journal of Biological Chemistry<\/em>, 2000, 275(8) : 5416-5424.<\/p>\n<p>Rao K.V., McBride T.J., Oleson J.J. Recognition and evaluation of lapachol as an antitumor agent. <em>Cancer Research<\/em>, 1968, 28(6) : 1952-1954.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien (pr\u00e9clinique)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Immunomodulateur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lapacho \u2014 Handroanthus impetiginosus (Mart. ex DC.) 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