{"id":9531,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/neem\/"},"modified":"2026-06-24T16:55:01","modified_gmt":"2026-06-24T14:55:01","slug":"neem","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/neem\/","title":{"rendered":"NEEM"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Margousier-neem.jpg\" alt=\"Planche botanique Margousier-neem\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Neem \u2014 <em>Azadirachta indica<\/em> A.Juss.<\/h1>\n<p>Le neem, ou margousier, est un arbre tropical sempervirent de la famille des M\u00e9liac\u00e9es, omnipr\u00e9sent dans le sous-continent indien o\u00f9 il est v\u00e9n\u00e9r\u00e9 comme \u00ab la pharmacie du village \u00bb. Chaque partie de cet arbre polyvalent \u2014 feuilles, \u00e9corce, graines, fleurs, racines \u2014 poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales document\u00e9es. Le compos\u00e9 phare, l&rsquo;<strong>azadirachtine<\/strong>, est un t\u00e9tranortriterp\u00e9no\u00efde d&rsquo;une complexit\u00e9 structurale remarquable, reconnu mondialement comme l&rsquo;un des insecticides et antiparasitaires naturels les plus efficaces.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Azadirachta indica<\/em> appartient \u00e0 l&#8217;embranchement des Spermatophytes, sous-embranchement des Angiospermes, classe des Dicotyl\u00e9dones, ordre des Sapindales, famille des M\u00e9liac\u00e9es (Meliaceae), sous-famille des Melioideae. Le genre <em>Azadirachta<\/em> comprend seulement deux esp\u00e8ces : <em>A. indica<\/em> A.Juss. et <em>A. excelsa<\/em> (Jack) Jacobs (synonyme <em>A. integrifoliola<\/em> Merr.), cette derni\u00e8re \u00e9tant pr\u00e9sente en Asie du Sud-Est insulaire.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Adrien-Henri de Jussieu en 1830. Le nom g\u00e9n\u00e9rique \u00ab Azadirachta \u00bb d\u00e9rive du persan <em>azad-darakht<\/em>, signifiant \u00ab arbre libre \u00bb ou \u00ab arbre noble \u00bb. Le nom sp\u00e9cifique <em>indica<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Inde. Synonymes : <em>Melia azadirachta<\/em> L., <em>Melia indica<\/em> (A.Juss.) Brandis (non valide). Les noms vernaculaires sont tr\u00e8s nombreux : neem, nim (hindi, ourdou), margousier, lilas des Indes (\u00e0 ne pas confondre avec <em>Lagerstroemia indica<\/em>), nimba (sanscrit), vembu (tamoul), neem tree (anglais).<\/p>\n<p>Le neem est souvent confondu dans la nomenclature populaire avec le \u00ab melia \u00bb (<em>Melia azedarach<\/em> L.), le lilas de Perse, une esp\u00e8ce apparent\u00e9e mais distincte, nettement plus toxique. Cette confusion est dangereuse et doit \u00eatre syst\u00e9matiquement corrig\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Azadirachta indica<\/em> est un arbre sempervirent \u00e0 semi-caduc (perdant ses feuilles bri\u00e8vement dans les zones tr\u00e8s s\u00e8ches), pouvant atteindre 15 \u00e0 25 m\u00e8tres de hauteur (exceptionnellement 35 m) et 1 \u00e0 2 m\u00e8tres de diam\u00e8tre de tronc. Le port est \u00e9tal\u00e9, avec une cime dense, arrondie, fournissant un ombrage \u00e9pais. Le tronc est droit, court, \u00e0 \u00e9corce gris-brun, fissur\u00e9e longitudinalement en \u00e9cailles irr\u00e9guli\u00e8res. La tranche de l&rsquo;\u00e9corce est rouge-brun, fibreuse, am\u00e8re.<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, compos\u00e9es imparipenn\u00e9es, de 20 \u00e0 40 cm de long, portant 8 \u00e0 19 folioles oppos\u00e9es ou sub-oppos\u00e9es. Les folioles sont lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 falciformes, de 5 \u00e0 10 cm de long et 1,5 \u00e0 4 cm de large, \u00e0 sommet acumin\u00e9, \u00e0 base asym\u00e9trique (cun\u00e9iforme d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, arrondie de l&rsquo;autre), \u00e0 marge fortement dent\u00e9e-serret\u00e9e. La face sup\u00e9rieure est vert fonc\u00e9 brillant, la face inf\u00e9rieure est plus claire. Les jeunes feuilles sont de couleur rouge-pourpre avant de verdir.<\/p>\n<p>Les inflorescences sont des panicules axillaires, l\u00e2ches, ramifi\u00e9es, de 10 \u00e0 25 cm de long. Les fleurs sont petites (5-6 mm de diam\u00e8tre), pentam\u00e8res, actinomorphes, blanches \u00e0 blanc-jaun\u00e2tre, tr\u00e8s parfum\u00e9es (odeur mielleuse). Le calice poss\u00e8de 5 s\u00e9pales, la corolle 5 p\u00e9tales libres oblongs. Les \u00e9tamines sont soud\u00e9es en un tube staminal (androphore) \u00e0 10 dents, portant 10 anth\u00e8res sessiles. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, triloculaire.<\/p>\n<p>Le fruit est une drupe ellipso\u00efdale, lisse, de 1 \u00e0 2 cm de long, vert puis jaune \u00e0 maturit\u00e9, \u00e0 chair (m\u00e9socarpe) sucr\u00e9e et mucilagineuse, contenant un noyau dur (endocarpe) renfermant une \u00e0 deux graines. Les graines sont ovo\u00efdes, de 5 \u00e0 8 mm, \u00e0 t\u00e9gument brun, riches en huile.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me racinaire est profond, avec un pivot puissant et un r\u00e9seau lat\u00e9ral \u00e9tendu, conf\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;arbre une excellente r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Azadirachta indica<\/em> est originaire du sous-continent indien (Inde, Pakistan, Bangladesh, Sri Lanka, Myanmar). Il a \u00e9t\u00e9 introduit et naturalis\u00e9 dans l&rsquo;ensemble de la zone tropicale et subtropicale : Afrique tropicale (de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest \u00e0 l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est), Asie du Sud-Est, Australie septentrionale, Am\u00e9rique tropicale (Cara\u00efbes, Am\u00e9rique centrale, Br\u00e9sil), Polyn\u00e9sie. C&rsquo;est l&rsquo;un des arbres tropicaux les plus largement diss\u00e9min\u00e9s par l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Le neem est remarquablement adapt\u00e9 aux zones arides et semi-arides. Il tol\u00e8re des pluviom\u00e9tries tr\u00e8s faibles (400 \u00e0 1200 mm\/an), des temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es (jusqu&rsquo;\u00e0 50 \u00b0C) et des sols pauvres, sableux, voire l\u00e9g\u00e8rement salins. Il ne supporte pas le gel ni les sols gorg\u00e9s d&rsquo;eau. L&rsquo;altitude de r\u00e9partition va du niveau de la mer \u00e0 environ 1500 m. Il pousse bien sur des sols lat\u00e9ritiques, des sols rocailleux et des sols d\u00e9grad\u00e9s, ce qui en fait un candidat id\u00e9al pour le reboisement des zones arides.<\/p>\n<p>La pollinisation est entomophile (abeilles, mouches). La diss\u00e9mination est zoochore, les drupes sucr\u00e9es \u00e9tant consomm\u00e9es par les oiseaux (pigeons, mainates, perruches) et les chauves-souris frugivores, qui dispersent les noyaux. La germination est rapide (1 \u00e0 3 semaines) et la croissance juv\u00e9nile est vigoureuse (1 \u00e0 2 m par an les premi\u00e8res ann\u00e9es).<\/p>\n<p>Le neem est consid\u00e9r\u00e9 comme une esp\u00e8ce envahissante dans certaines r\u00e9gions, notamment en Australie, dans les \u00eeles du Pacifique et dans certaines zones d&rsquo;Afrique, o\u00f9 il peut coloniser les milieux naturels au d\u00e9triment de la flore indig\u00e8ne.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, durabilit\u00e9 et conservation<\/h3>\n<p><em>Azadirachta indica<\/em> est l&rsquo;un des arbres les plus r\u00e9silients des zones tropicales arides. Sa capacit\u00e9 \u00e0 pousser sur des sols d\u00e9grad\u00e9s, sa r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse et sa croissance rapide en font un outil majeur de reforestation et d&rsquo;agroforesterie dans les zones arides et semi-arides du monde entier.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas menac\u00e9e : elle est cultiv\u00e9e massivement en Inde (plusieurs milliards d&rsquo;arbres estim\u00e9s), en Afrique et dans d&rsquo;autres r\u00e9gions tropicales. La production mondiale d&rsquo;huile de neem est estim\u00e9e \u00e0 plus de 100 000 tonnes par an.<\/p>\n<p>Le neem joue un r\u00f4le \u00e9cologique important : fixation des sols, brise-vent, ombrage (r\u00e9duction des temp\u00e9ratures de 5 \u00e0 10 \u00b0C sous sa canop\u00e9e), production de liti\u00e8re am\u00e9liorant la fertilit\u00e9 des sols (rapport C\/N favorable \u00e0 l&rsquo;humification). Ses propri\u00e9t\u00e9s insecticides naturelles r\u00e9duisent la pression des ravageurs sur les cultures associ\u00e9es en agroforesterie.<\/p>\n<p>Cependant, le neem est consid\u00e9r\u00e9 comme envahissant dans certaines r\u00e9gions (Nord de l&rsquo;Australie, \u00eeles du Pacifique, certaines zones d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est), o\u00f9 il colonise les formations naturelles ouvertes au d\u00e9triment des esp\u00e8ces indig\u00e8nes. Des programmes de contr\u00f4le sont en place dans ces r\u00e9gions.<\/p>\n<p>La question de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle sur le neem a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une controverse internationale majeure : en 2005, l&rsquo;Office europ\u00e9en des brevets a r\u00e9voqu\u00e9 un brevet d\u00e9tenu par W.R. Grace et l&rsquo;USDA sur un fongicide \u00e0 base d&rsquo;huile de neem, suite \u00e0 une opposition de l&rsquo;Inde et de diverses ONG, au motif que l&rsquo;usage fongicide du neem relevait du \u00ab savoir traditionnel \u00bb et ne pouvait \u00eatre brevet\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Le neem est remarquable par le fait que pratiquement toutes les parties de l&rsquo;arbre sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle et en industrie phytopharmaceutique. Les principales drogues sont :<\/p>\n<p><strong>Graines et huile de neem<\/strong> : les graines sont la source principale d&rsquo;<strong>azadirachtine<\/strong> et des autres limono\u00efdes. L&rsquo;huile de neem, extraite par pressage ou par solvant, contient 0,2 \u00e0 0,6 % d&rsquo;azadirachtine et constitue la forme la plus utilis\u00e9e en agriculture biologique (insecticide) et en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire (antiparasitaire).<\/p>\n<p><strong>Feuilles<\/strong> : les feuilles s\u00e9ch\u00e9es constituent la drogue la plus accessible. Elles contiennent des limono\u00efdes (nimbine, nimbidine, nimbidol), des flavono\u00efdes, des tanins et des compos\u00e9s soufr\u00e9s. Leur usage est principalement anti-infectieux et antiparasitaire.<\/p>\n<p><strong>\u00c9corce de tronc et de branches<\/strong> : riche en tanins, en limono\u00efdes (nimbine, margosine) et en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> (azadirachine). Utilis\u00e9e comme f\u00e9brifuge et antimalarique.<\/p>\n<p><strong>Fleurs<\/strong> : aromatiques, riches en flavono\u00efdes, utilis\u00e9es en cuisine indienne et en m\u00e9decine traditionnelle (antihelminthique, expectorant).<\/p>\n<p><strong>Rameaux (cure-dents de neem)<\/strong> : l&rsquo;usage de rameaux de neem comme brosse \u00e0 dents traditionnelle (<em>datun<\/em>) est tr\u00e8s r\u00e9pandu en Inde et en Afrique. Les propri\u00e9t\u00e9s antibact\u00e9riennes et anti-inflammatoires contribuent \u00e0 l&rsquo;hygi\u00e8ne bucco-dentaire.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;existe pas de monographie dans la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. La Pharmacop\u00e9e indienne (Indian Pharmacopoeia) et l&rsquo;Ayurvedic Pharmacopoeia of India incluent des monographies pour les feuilles, l&rsquo;\u00e9corce et l&rsquo;huile de neem.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La chimie du neem est d&rsquo;une complexit\u00e9 exceptionnelle. Plus de 300 compos\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, principalement des <strong>triterp\u00e9no\u00efdes<\/strong> de type <strong>limono\u00efde<\/strong> (t\u00e9tranortriterp\u00e8nes), mais aussi des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>tanins<\/strong>, des <strong>compos\u00e9s soufr\u00e9s<\/strong> et des <strong>acides gras<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Limono\u00efdes<\/strong> (t\u00e9tranortriterp\u00e9no\u00efdes) : c&rsquo;est la classe chimique signature du neem. Plus de 100 limono\u00efdes diff\u00e9rents ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Azadirachtine<\/strong> (C\u2083\u2085H\u2084\u2084O\u2081\u2086, MM 720,72 g\/mol) : le compos\u00e9 phare, d&rsquo;une complexit\u00e9 structurale remarquable (7 centres st\u00e9r\u00e9og\u00e8nes, ester de d\u00e9cahydronaphtofuranopyranyle). Sa synth\u00e8se totale, achev\u00e9e en 2007 par l&rsquo;\u00e9quipe de Steven Ley (Cambridge), a n\u00e9cessit\u00e9 64 \u00e9tapes. L&rsquo;azadirachtine existe sous deux formes principales : <strong>azadirachtine A<\/strong> (forme majeure, la plus active comme insecticide) et <strong>azadirachtine B<\/strong>. Teneur dans les graines : 0,2 \u00e0 0,8 % du poids sec.<\/p>\n<p><strong>Nimbine<\/strong> : limono\u00efde abondant dans les feuilles et l&rsquo;\u00e9corce, dot\u00e9 de propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et antitumorales.<\/p>\n<p><strong>Nimbidine<\/strong> et <strong>nimbidol<\/strong> : limono\u00efdes mineurs pr\u00e9sents dans l&rsquo;huile de graines, contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antibact\u00e9rienne et antifongique.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9dunine<\/strong> : limono\u00efde \u00e0 activit\u00e9 antimalarique significative.<\/p>\n<p><strong>Salanine<\/strong>, <strong>m\u00e9liantriol<\/strong>, <strong>nimbolide<\/strong> : autres limono\u00efdes \u00e0 activit\u00e9s biologiques vari\u00e9es (insecticide, anticanc\u00e9reux, anti-inflammatoire).<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides, pr\u00e9sents surtout dans les feuilles et les fleurs.<\/p>\n<p><strong>Tanins<\/strong> : <strong>tanins galliques<\/strong> et <strong>cat\u00e9chiques<\/strong> dans l&rsquo;\u00e9corce et les feuilles.<\/p>\n<p><strong>Huile de neem<\/strong> : composition en acides gras domin\u00e9e par l&rsquo;<strong>acide ol\u00e9ique<\/strong> (50-60 %), l&rsquo;<strong>acide st\u00e9arique<\/strong> (15-20 %), l&rsquo;<strong>acide palmitique<\/strong> (15-20 %) et l&rsquo;<strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> (10-15 %). L&rsquo;huile contient \u00e9galement des compos\u00e9s soufr\u00e9s volatils responsables de l&rsquo;odeur d\u00e9sagr\u00e9able caract\u00e9ristique (allylique, aill\u00e9e).<\/p>\n<p>Le dosage de l&rsquo;azadirachtine dans les mati\u00e8res premi\u00e8res et les formulations se fait par HPLC-UV (d\u00e9tection \u00e0 217 nm) ou par HPLC-MS. La standardisation est essentielle car la teneur varie fortement selon le cultivar, l&rsquo;origine g\u00e9ographique, la maturit\u00e9 des graines et les conditions de stockage.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques du neem sont extraordinairement diversifi\u00e9es, refl\u00e9tant la complexit\u00e9 de son phytocomplexe.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 insecticide et antiparasitaire (azadirachtine)<\/strong> : l&rsquo;azadirachtine agit sur les insectes par plusieurs m\u00e9canismes convergents : 1) <strong>antiapp\u00e9tant<\/strong> (inhibition de la prise alimentaire par stimulation de r\u00e9cepteurs de dissuasion ch\u00e9mosensoriels), 2) <strong>perturbation hormonale<\/strong> (inhibition de la lib\u00e9ration d&rsquo;ecdysone, emp\u00eachant la mue et la m\u00e9tamorphose), 3) <strong>inhibition de la reproduction<\/strong> (r\u00e9duction de la f\u00e9condit\u00e9 et de la fertilit\u00e9). L&rsquo;azadirachtine est active sur plus de 400 esp\u00e8ces d&rsquo;insectes ravageurs, tout en \u00e9pargnant relativement les insectes auxiliaires (pollinisateurs, pr\u00e9dateurs) lorsqu&rsquo;elle est utilis\u00e9e correctement. Ce profil d&rsquo;action s\u00e9lectif en fait un insecticide de choix en agriculture biologique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimalarique<\/strong> : la <strong>g\u00e9dunine<\/strong> et d&rsquo;autres limono\u00efdes montrent une activit\u00e9 schizonticide in vitro contre <em>Plasmodium falciparum<\/em> (CI\u2085\u2080 de 1 \u00e0 5 \u00b5g\/ml). L&rsquo;extrait de feuilles de neem est traditionnellement utilis\u00e9 comme f\u00e9brifuge et antipalud\u00e9en en Afrique et en Inde.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antibact\u00e9rienne<\/strong> : les extraits de feuilles et d&rsquo;\u00e9corce exercent une activit\u00e9 significative contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Streptococcus mutans<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em>, <em>Salmonella typhi<\/em> et <em>Vibrio cholerae<\/em>. Le m\u00e9canisme implique la perturbation de la membrane bact\u00e9rienne et l&rsquo;inhibition de la formation de biofilms.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antifongique<\/strong> : l&rsquo;huile de neem et les extraits de feuilles sont actifs contre <em>Candida albicans<\/em>, <em>Aspergillus niger<\/em>, <em>Trichophyton<\/em> spp. et d&rsquo;autres champignons pathog\u00e8nes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : la <strong>nimbidine<\/strong> et la <strong>nimbine<\/strong> inhibent la COX-2, la 5-LOX et la production de cytokines pro-inflammatoires. Le <strong>nimbolide<\/strong> est un inhibiteur puissant de la voie NF-\u03baB.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse<\/strong> : le <strong>nimbolide<\/strong>, le limono\u00efde le plus cytotoxique du neem, induit l&rsquo;apoptose dans de multiples lign\u00e9es tumorales (sein, pancr\u00e9as, c\u00f4lon, prostate, leuc\u00e9mie) via l&rsquo;activation des caspases, l&rsquo;inhibition de la voie PI3K\/Akt\/mTOR et la modulation de Bcl-2\/Bax. Des \u00e9tudes in vivo chez la souris montrent une r\u00e9duction de la croissance tumorale et une inhibition de la m\u00e9tastase.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante<\/strong> : les extraits de feuilles r\u00e9duisent la glyc\u00e9mie chez des mod\u00e8les animaux diab\u00e9tiques (rat STZ), par stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion d&rsquo;insuline, am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline et inhibition de l&rsquo;\u03b1-glucosidase intestinale.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 immunomodulatrice<\/strong> : stimulation de l&rsquo;immunit\u00e9 cellulaire (lymphocytes T, macrophages, cellules NK) et humorale (production d&rsquo;anticorps) dans les mod\u00e8les animaux. Ces propri\u00e9t\u00e9s immunostimulantes contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 anti-infectieuse globale.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9tendue des donn\u00e9es pr\u00e9cliniques, les essais cliniques rigoureux sur le neem restent relativement limit\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Sant\u00e9 bucco-dentaire<\/strong> : plusieurs essais randomis\u00e9s contr\u00f4l\u00e9s ont compar\u00e9 des dentifrices ou des bains de bouche \u00e0 base de neem \u00e0 des produits conventionnels. Chatterjee et al. (2011) ont montr\u00e9 qu&rsquo;un gel de neem r\u00e9duisait significativement la plaque dentaire et l&rsquo;inflammation gingivale. Balappanavar et al. (2013) ont compar\u00e9 le b\u00e2tonnet de neem au brossage classique et ont rapport\u00e9 une efficacit\u00e9 comparable dans la r\u00e9duction de la plaque.<\/p>\n<p><strong>Diab\u00e8te de type 2<\/strong> : quelques \u00e9tudes pilotes indiennes (non contr\u00f4l\u00e9es ou de petite taille) ont rapport\u00e9 une r\u00e9duction de la glyc\u00e9mie \u00e0 jeun et de l&rsquo;HbA1c apr\u00e8s 3 \u00e0 6 mois de traitement par extrait de feuilles de neem (400-800 mg\/jour). Ces r\u00e9sultats n\u00e9cessitent une confirmation par des essais de meilleure qualit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Paludisme<\/strong> : des \u00e9tudes ouvertes en Afrique ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 de d\u00e9coctions standardis\u00e9es de feuilles de neem dans le paludisme non compliqu\u00e9, avec des r\u00e9sultats encourageants mais insuffisants pour recommander un usage en monoth\u00e9rapie. Le neem est plut\u00f4t envisag\u00e9 comme traitement adjuvant ou prophylactique.<\/p>\n<p><strong>Dermatologie<\/strong> : l&rsquo;application topique d&rsquo;huile de neem ou d&rsquo;extraits de feuilles a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e dans l&rsquo;ecz\u00e9ma, le psoriasis, l&rsquo;acn\u00e9 et les dermatoses parasitaires (gale). Les r\u00e9sultats sont g\u00e9n\u00e9ralement positifs dans les \u00e9tudes ouvertes, mais peu d&rsquo;essais contr\u00f4l\u00e9s sont disponibles.<\/p>\n<p><strong>Contraception<\/strong> : l&rsquo;huile de neem poss\u00e8de une activit\u00e9 spermicide d\u00e9montr\u00e9e in vitro et in vivo (inhibition de la motilit\u00e9 spermatique). Des essais cliniques indiens ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;application intravaginale d&rsquo;huile de neem comme contraceptif local, avec des r\u00e9sultats prometteurs mais insuffisants pour une recommandation clinique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Azadirachtine A et B<\/td>\n<td>Limono\u00efdes (triterp\u00e9no\u00efdes)<\/td>\n<td>Insecticide, antiparasitaire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Nimbine, nimbidine<\/td>\n<td>Limono\u00efdes<\/td>\n<td>Antimicrobiens, anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Compos\u00e9s soufr\u00e9s<\/td>\n<td>Soufr\u00e9s<\/td>\n<td>Antifongiques<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Feuilles en d\u00e9coction ou infusion<\/strong> : 5 \u00e0 10 g de feuilles s\u00e8ches par litre d&rsquo;eau, d\u00e9coction 10-15 minutes, 2 \u00e0 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec de feuilles<\/strong> : g\u00e9lules de 250 \u00e0 500 mg, standardis\u00e9 en limono\u00efdes totaux (\u2265 2 %), 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Huile de neem (usage externe)<\/strong> : application topique dilu\u00e9e (10-20 % dans une huile v\u00e9g\u00e9tale neutre) sur les zones cutan\u00e9es atteintes. Pour la gale : application pure sur les l\u00e9sions, laiss\u00e9e en contact 12 heures puis lavage. En agriculture : dilution \u00e0 0,5-2 % dans l&rsquo;eau pour pulv\u00e9risation foliaire.<\/p>\n<p><strong>\u00c9corce en d\u00e9coction<\/strong> : 5 \u00e0 10 g par litre d&rsquo;eau, d\u00e9coction 20 minutes, usage traditionnel comme f\u00e9brifuge.<\/p>\n<p><strong>Poudre de feuilles<\/strong> : g\u00e9lules de 500 mg \u00e0 1 g, 2 \u00e0 3 fois par jour, forme ayurv\u00e9dique classique.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : mac\u00e9ration hydro-alcoolique de feuilles ou d&rsquo;\u00e9corce, 2 \u00e0 4 ml par jour.<\/p>\n<p>L&rsquo;azadirachtine pure n&rsquo;est pas commercialis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie humaine mais en agriculture sous forme de pr\u00e9parations insecticides standardis\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 du neem d\u00e9pend de la partie de la plante, de la dose et de la voie d&rsquo;administration.<\/p>\n<p><strong>Feuilles<\/strong> : consid\u00e9r\u00e9es comme relativement s\u00fbres aux doses traditionnelles. La DL\u2085\u2080 orale de l&rsquo;extrait aqueux de feuilles chez le rat est sup\u00e9rieure \u00e0 5000 mg\/kg. Des \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique n&rsquo;ont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de toxicit\u00e9 significative \u00e0 des doses allant jusqu&rsquo;\u00e0 200 mg\/kg\/jour pendant 90 jours.<\/p>\n<p><strong>Huile de neem (usage interne)<\/strong> : la toxicit\u00e9 orale de l&rsquo;huile de neem est plus pr\u00e9occupante. Des cas d&rsquo;intoxication grave, notamment chez des enfants, ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s en Inde apr\u00e8s ingestion d&rsquo;huile de neem : enc\u00e9phalopathie de Reye (syndrome h\u00e9patoc\u00e9r\u00e9bral), convulsions, acidose m\u00e9tabolique, d\u00e9faillance multivisc\u00e9rale, avec une mortalit\u00e9 non n\u00e9gligeable. L&rsquo;usage interne de l&rsquo;huile de neem est fortement d\u00e9conseill\u00e9, en particulier chez les enfants.<\/p>\n<p><strong>Effets sur la reproduction<\/strong> : l&rsquo;huile de neem et l&rsquo;azadirachtine exercent des effets antifertilit\u00e9 chez les deux sexes (inhibition de la spermatogen\u00e8se chez le m\u00e2le, effet spermicide et anti-implantation chez la femelle) dans les \u00e9tudes animales. Ces effets contre-indiquent formellement le neem pendant la grossesse et chez les couples d\u00e9sirant une grossesse.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables courants<\/strong> : naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e par voie orale. Dermatite de contact par voie topique chez les sujets sensibilis\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : grossesse (risque abortif), allaitement, enfants de moins de 6 ans (risque d&rsquo;enc\u00e9phalopathie avec l&rsquo;huile), insuffisance h\u00e9patique, insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re, maladies auto-immunes (stimulation immunitaire).<\/p>\n<p><strong>Interactions<\/strong> : prudence avec les antidiab\u00e9tiques oraux (potentialisation de l&rsquo;hypoglyc\u00e9mie), les immunosuppresseurs (antagonisme) et les m\u00e9dicaments h\u00e9patotoxiques.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le neem occupe une place exceptionnelle dans la culture et la m\u00e9decine traditionnelle indienne. En sanscrit, il est appel\u00e9 <em>nimba<\/em> (qui donne l&rsquo;amertume) ou <em>sarva roga nivarini<\/em> (celui qui gu\u00e9rit toutes les maladies). Il est mentionn\u00e9 dans les textes ayurv\u00e9diques les plus anciens (Charaka Samhita, Sushruta Samhita, vers 500 av. J.-C.).<\/p>\n<p>En <strong>Ayurveda<\/strong>, le neem est class\u00e9 comme amer (<em>tikta rasa<\/em>), froid (<em>shita virya<\/em>), r\u00e9ducteur de Pitta et de Kapha. Il est prescrit pour purifier le sang (<em>rakta shodhana<\/em>), traiter les maladies de peau (l\u00e8pre, ecz\u00e9ma, ulc\u00e8res), les fi\u00e8vres (notamment le paludisme), les vers intestinaux, le diab\u00e8te, les affections oculaires et les troubles digestifs.<\/p>\n<p>En <strong>Unani<\/strong> (m\u00e9decine gr\u00e9co-arabe pratiqu\u00e9e en Inde et au Pakistan), le neem est utilis\u00e9 dans des indications similaires, notamment comme antipyr\u00e9tique et antipalud\u00e9en.<\/p>\n<p>Dans toute l&rsquo;<strong>Afrique tropicale<\/strong>, o\u00f9 le neem a \u00e9t\u00e9 massivement introduit au XXe si\u00e8cle, il est rapidement entr\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es locales : d\u00e9coction de feuilles contre le paludisme, bains de feuilles contre les \u00e9ruptions cutan\u00e9es, fumigation de feuilles comme insectifuge.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage du <strong>cure-dent de neem<\/strong> (<em>datun<\/em>) est l&rsquo;un des gestes d&rsquo;hygi\u00e8ne les plus anciens et les plus r\u00e9pandus en Inde. Le rameau est m\u00e2ch\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 obtenir des fibres souples qui servent de brosse, lib\u00e9rant les principes actifs antibact\u00e9riens au contact des gencives.<\/p>\n<p>Le neem est \u00e9galement un arbre sacr\u00e9 dans l&rsquo;hindouisme, associ\u00e9 \u00e0 la d\u00e9esse Sitala (d\u00e9esse de la variole et des maladies \u00e9ruptives). Les feuilles de neem sont suspendues aux portes pendant les \u00e9pid\u00e9mies, et les malades sont baign\u00e9s dans des d\u00e9coctions de feuilles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et falsifications<\/h3>\n<p>La principale confusion botanique concerne <em>Melia azedarach<\/em> L. (lilas de Perse, chinaberry tree), un arbre de la m\u00eame famille (M\u00e9liac\u00e9es) parfois appel\u00e9 \u00e0 tort \u00ab neem \u00bb ou \u00ab faux neem \u00bb. <em>M. azedarach<\/em> est nettement plus toxique que le neem (intoxications mortelles rapport\u00e9es chez les enfants et les animaux domestiques) et ne doit en aucun cas lui \u00eatre substitu\u00e9. Les distinctions morphologiques principales sont : feuilles bi- ou tripenn\u00e9es chez <em>Melia azedarach<\/em> (vs simplement penn\u00e9es chez le neem), fleurs violettes (vs blanches), fruits jaune-orang\u00e9 persistant longtemps sur l&rsquo;arbre (vs drupes vertes puis jaunes rapidement consomm\u00e9es par les oiseaux).<\/p>\n<p>Sur le march\u00e9 des produits phytoth\u00e9rapeutiques, l&rsquo;adult\u00e9ration par des feuilles ou de l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;autres esp\u00e8ces de la famille des M\u00e9liac\u00e9es (<em>Melia azedarach<\/em>, <em>Khaya senegalensis<\/em>, <em>Cedrela odorata<\/em>) a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e. L&rsquo;identification par HPLC (profil des limono\u00efdes, dosage de l&rsquo;azadirachtine) est essentielle.<\/p>\n<p>Les huiles de neem commercialis\u00e9es comme insecticides peuvent \u00eatre de qualit\u00e9 tr\u00e8s variable : des dosages ind\u00e9pendants ont montr\u00e9 que la teneur en azadirachtine peut varier de 0,01 % \u00e0 plus de 0,5 % selon les lots et les fabricants.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Azadirachta indica<\/em> est un arbre d&rsquo;exception, tant par la diversit\u00e9 de ses usages que par la richesse de sa chimie. L&rsquo;<strong>azadirachtine<\/strong>, chef-d&rsquo;\u0153uvre de complexit\u00e9 mol\u00e9culaire, est un mod\u00e8le d&rsquo;insecticide naturel s\u00e9lectif. Les limono\u00efdes mineurs (<strong>nimbolide<\/strong>, <strong>g\u00e9dunine<\/strong>, <strong>nimbine<\/strong>) ouvrent des perspectives en oncologie, en infectiologie et en diab\u00e9tologie.<\/p>\n<p>Les d\u00e9fis incluent la conduite d&rsquo;essais cliniques de grande qualit\u00e9, le d\u00e9veloppement de formulations standardis\u00e9es \u00e0 biodisponibilit\u00e9 am\u00e9lior\u00e9e, la caract\u00e9risation des risques toxicologiques (en particulier pour l&rsquo;huile de neem en usage interne) et la r\u00e9solution des questions de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et de biopiraterie. Le neem reste l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus prometteuses du XXIe si\u00e8cle, \u00e0 la crois\u00e9e de la pharmacognosie, de l&rsquo;agronomie et du d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Biswas K., Chattopadhyay I., Banerjee R.K., Bandyopadhyay U. Biological activities and medicinal properties of neem (<em>Azadirachta indica<\/em>). <em>Current Science<\/em>, 2002, 82(11) : 1336-1345.<\/p>\n<p>Brahmachari G. Neem \u2014 an omnipotent plant: a retrospection. <em>Chembiochem<\/em>, 2004, 5(4) : 408-421.<\/p>\n<p>Govindachari T.R. Chemical and biological investigations on <em>Azadirachta indica<\/em> (the neem tree). <em>Current Science<\/em>, 1992, 63(3) : 117-122.<\/p>\n<p>Gupta S.C., Prasad S., Tyagi A.K. et al. Neem (<em>Azadirachta indica<\/em>): an Indian traditional panacea with modern molecular basis. <em>Phytomedicine<\/em>, 2017, 34 : 14-20.<\/p>\n<p>Kumar V.S., Navaratnam V. Neem (<em>Azadirachta indica<\/em>): prehistory to contemporary medicinal uses to humankind. <em>Asian Pacific Journal of Tropical Biomedicine<\/em>, 2013, 3(7) : 505-514.<\/p>\n<p>Ley S.V., Denholm A.A., Wood A. The chemistry of azadirachtin. <em>Natural Product Reports<\/em>, 1993, 10(2) : 109-157.<\/p>\n<p>Morgan E.D. Azadirachtin, a scientific gold mine. <em>Bioorganic &amp; Medicinal Chemistry<\/em>, 2009, 17(12) : 4096-4105.<\/p>\n<p>National Research Council. Neem: A Tree for Solving Global Problems. Washington DC: The National Academies Press, 1992.<\/p>\n<p>Subapriya R., Nagini S. Medicinal properties of neem leaves: a review. <em>Current Medicinal Chemistry \u2014 Anti-Cancer Agents<\/em>, 2005, 5(2) : 149-156.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien \/ antiparasitaire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Insecticide (azadirachtine)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Neem \u2014 Azadirachta indica A.Juss. 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