{"id":9533,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/canneberge\/"},"modified":"2026-06-24T16:55:01","modified_gmt":"2026-06-24T14:55:01","slug":"canneberge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/canneberge\/","title":{"rendered":"CANNEBERGE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/canneberge.png\" alt=\"Planche botanique Canneberge\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Canneberge \u2014 <em>Vaccinium macrocarpon<\/em> Aiton<\/h1>\n<p>La canneberge, ou cranberry, est un petit arbrisseau rampant des tourbi\u00e8res acides d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, dont les baies rouge fonc\u00e9 sont connues depuis des si\u00e8cles par les peuples am\u00e9rindiens. Devenue un fruit embl\u00e9matique de la culture nord-am\u00e9ricaine, elle a acquis en phytoth\u00e9rapie une r\u00e9putation solidement document\u00e9e dans la pr\u00e9vention des infections urinaires r\u00e9cidivantes. Son m\u00e9canisme d&rsquo;action original, fond\u00e9 sur l&rsquo;inhibition de l&rsquo;adh\u00e9rence bact\u00e9rienne par les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a> de type A<\/strong>, en fait un outil de phytoth\u00e9rapie anti-infectieuse unique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Vaccinium macrocarpon<\/em> appartient \u00e0 l&#8217;embranchement des Spermatophytes, sous-embranchement des Angiospermes, classe des Dicotyl\u00e9dones, ordre des \u00c9ricales, famille des \u00c9ricac\u00e9es (Ericaceae), sous-famille des Vaccinioideae, tribu des Vaccinieae. Le genre <em>Vaccinium<\/em> est vaste (environ 500 esp\u00e8ces) et comprend les myrtilles, les airelles, les bleuets et les canneberges.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par William Aiton en 1789. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Vaccinium<\/em> est d&rsquo;origine controvers\u00e9e (peut-\u00eatre du latin <em>baccinium<\/em>, relatif aux baies). L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>macrocarpon<\/em> (du grec <em>makros<\/em> = grand et <em>karpos<\/em> = fruit) distingue cette esp\u00e8ce \u00e0 grosses baies de la canneberge europ\u00e9enne <em>V. oxycoccos<\/em> L. (syn. <em>Oxycoccus palustris<\/em> Pers.), \u00e0 fruits plus petits.<\/p>\n<p>Synonymes : <em>Oxycoccus macrocarpus<\/em> (Aiton) Pursh. Noms vernaculaires : canneberge \u00e0 gros fruits, cranberry (anglais), atoca ou ataca (algonquin), Gro\u00dffruchtige Moosbeere (allemand), mirtillo rosso americano (italien).<\/p>\n<p>Il ne faut pas confondre <em>V. macrocarpon<\/em> avec la canneberge europ\u00e9enne <em>V. oxycoccos<\/em>, ni avec les airelles rouges (<em>V. vitis-idaea<\/em>), qui poss\u00e8dent des profils chimiques diff\u00e9rents, bien que ces esp\u00e8ces partagent certaines propri\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Vaccinium macrocarpon<\/em> est un sous-arbrisseau sempervirent, rampant et stolonif\u00e8re, de 10 \u00e0 30 cm de hauteur. Les tiges sont filiformes, ligneuses, rampantes (stolons), pouvant atteindre 1 \u00e0 2 m\u00e8tres de long, \u00e9mettant des rameaux dress\u00e9s courts (uprights) de 5 \u00e0 15 cm qui portent les fleurs et les fruits. L&rsquo;enracinement est superficiel, \u00e0 partir des n\u0153uds des stolons.<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, persistantes, petites (6 \u00e0 17 mm de long, 2 \u00e0 6 mm de large), elliptiques \u00e0 oblongues, \u00e0 marge enti\u00e8re et l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9volut\u00e9e. La face sup\u00e9rieure est vert fonc\u00e9, luisante ; la face inf\u00e9rieure est plus p\u00e2le, souvent glaucescente. Les feuilles sont coriaces, sans p\u00e9tiole notable (subsessiles).<\/p>\n<p>Les fleurs apparaissent en juin-juillet (h\u00e9misph\u00e8re nord), port\u00e9es par des p\u00e9dicelles gr\u00eales et recourb\u00e9s, en grappes axillaires de 1 \u00e0 6 fleurs. La fleur est caract\u00e9ristique : les 4 p\u00e9tales (parfois 5) sont rose fonc\u00e9, r\u00e9fl\u00e9chis vers l&rsquo;arri\u00e8re, exposant les \u00e9tamines et le pistil vers le bas, de sorte que la fleur ressemble \u00e0 la t\u00eate et au bec d&rsquo;une grue (d&rsquo;o\u00f9 le nom anglais \u00ab crane berry \u00bb, devenu \u00ab cranberry \u00bb). Le calice poss\u00e8de 4 lobes courts. Les \u00e9tamines sont au nombre de 8 (parfois 10), \u00e0 anth\u00e8res tubulaires s&rsquo;ouvrant par des pores apicaux. L&rsquo;ovaire est inf\u00e8re, quadriloculaire.<\/p>\n<p>Le fruit est une baie globuleuse \u00e0 ovo\u00efde, de 10 \u00e0 20 mm de diam\u00e8tre, initialement verte puis rouge fonc\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9 (septembre-octobre). La chair est ferme, acide, astringente, contenant 4 loges renfermant chacune de nombreuses petites graines. Une particularit\u00e9 de la canneberge est la pr\u00e9sence de poches d&rsquo;air dans le fruit, ce qui lui permet de flotter (propri\u00e9t\u00e9 exploit\u00e9e lors de la r\u00e9colte par inondation).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Vaccinium macrocarpon<\/em> est originaire de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, du sud du Canada (Qu\u00e9bec, Ontario, provinces maritimes) au nord-est des \u00c9tats-Unis (de la Nouvelle-Angleterre au Wisconsin, et vers le sud jusqu&rsquo;en Virginie et la Caroline du Nord). Son habitat naturel est la tourbi\u00e8re acide (bog), les mar\u00e9cages \u00e0 sphaignes, les rivages acides des lacs et les zones humides sableuses et acides.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce exige des sols tr\u00e8s acides (pH 3,5-5,5), pauvres en nutriments, organiques (tourbe) ou sableux, constamment humides mais non immerg\u00e9s en permanence. Le climat optimal est continental humide \u00e0 oc\u00e9anique froid, avec des hivers rigoureux (la plante supporte -30 \u00b0C sous couverture neigeuse), des printemps frais et des \u00e9t\u00e9s mod\u00e9r\u00e9s. La pluviom\u00e9trie est de 800 \u00e0 1200 mm par an.<\/p>\n<p>La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e principalement par des bourdons (<em>Bombus<\/em> spp.) et des abeilles solitaires. La vibration sonique (buzz pollination) est n\u00e9cessaire pour lib\u00e9rer le pollen des anth\u00e8res poricidales. En culture commerciale, des ruches d&rsquo;abeilles sont introduites dans les cannebergi\u00e8res pendant la floraison.<\/p>\n<p>La culture de la canneberge est une industrie majeure en Am\u00e9rique du Nord. Le Wisconsin, le Massachusetts, le New Jersey, l&rsquo;Oregon et le Qu\u00e9bec sont les principaux producteurs. La production mondiale annuelle d\u00e9passe 600 000 tonnes. La technique de r\u00e9colte par inondation (wet harvest) est spectaculaire : les champs sont inond\u00e9s et les fruits flottants sont rassembl\u00e9s m\u00e9caniquement.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, durabilit\u00e9 et conservation<\/h3>\n<p><em>Vaccinium macrocarpon<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 dans la nature. L&rsquo;esp\u00e8ce est localement commune dans les tourbi\u00e8res de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, bien que la destruction des zones humides ait r\u00e9duit son habitat dans certaines r\u00e9gions urbanis\u00e9es.<\/p>\n<p>La culture commerciale de la canneberge pose des enjeux environnementaux sp\u00e9cifiques : utilisation d&rsquo;eau en grande quantit\u00e9 pour l&rsquo;inondation des champs, utilisation de pesticides et d&rsquo;engrais dans les syst\u00e8mes conventionnels, et impact sur les zones humides naturelles converties en cannebergi\u00e8res. Des pratiques de culture biologique et de gestion int\u00e9gr\u00e9e des ravageurs (IPM) se d\u00e9veloppent, et la certification biologique concerne une part croissante de la production.<\/p>\n<p>Au Qu\u00e9bec, o\u00f9 la canneberge est une culture importante (premier producteur mondial de canneberge biologique), des efforts de recherche portent sur la r\u00e9duction de l&#8217;empreinte environnementale (recyclage de l&rsquo;eau, lutte biologique contre les ravageurs, r\u00e9duction des intrants).<\/p>\n<p>\u00c9cologiquement, les tourbi\u00e8res \u00e0 canneberge sont des \u00e9cosyst\u00e8mes fragiles, importants pour la s\u00e9questration du carbone, la filtration de l&rsquo;eau et la biodiversit\u00e9 des zones humides.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue est constitu\u00e9e par le <strong>fruit<\/strong> (baie) m\u00fbr de <em>Vaccinium macrocarpon<\/em>, frais, s\u00e9ch\u00e9 ou transform\u00e9 (jus, extrait). La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne ne poss\u00e8de pas de monographie pour la canneberge, mais la monographie europ\u00e9enne d\u00e9finit les sp\u00e9cifications pour les pr\u00e9parations \u00e0 base de canneberge.<\/p>\n<p>Les formes de drogue et de pr\u00e9parations sont :<\/p>\n<p><strong>Jus de canneberge<\/strong> : obtenu par pressage des baies fra\u00eeches. Le jus pur est tr\u00e8s acide et astringent ; il est g\u00e9n\u00e9ralement dilu\u00e9 et sucr\u00e9 pour la consommation. Le jus concentr\u00e9 pur (non sucr\u00e9) est la forme la plus utilis\u00e9e dans les \u00e9tudes cliniques.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec de canneberge<\/strong> : obtenu par concentration et s\u00e9chage du jus ou par extraction hydro-alcoolique des baies. G\u00e9n\u00e9ralement standardis\u00e9 en <strong>proanthocyanidines de type A<\/strong> (PAC-A), avec des teneurs de 1 \u00e0 36 % selon les proc\u00e9d\u00e9s d&rsquo;extraction.<\/p>\n<p><strong>Poudre de fruit entier<\/strong> : baies s\u00e9ch\u00e9es et pulv\u00e9ris\u00e9es, en g\u00e9lules. Forme moins standardis\u00e9e.<\/p>\n<p>Le param\u00e8tre de standardisation le plus pertinent est la teneur en <strong>proanthocyanidines de type A<\/strong>, dos\u00e9es par la m\u00e9thode DMAC (4-(dim\u00e9thylamino)cinnamald\u00e9hyde) ou par la m\u00e9thode BL-DMAC (Bruker-Lowenthal \/ DMAC), qui est la m\u00e9thode de r\u00e9f\u00e9rence recommand\u00e9e par les organismes de r\u00e9gulation.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la canneberge est complexe et riche en compos\u00e9s ph\u00e9noliques.<\/p>\n<p><strong>Proanthocyanidines (PAC)<\/strong> : c&rsquo;est la classe chimique la plus importante sur le plan pharmacologique. Les proanthocyanidines de la canneberge se distinguent de celles de la plupart des autres fruits par la pr\u00e9sence majoritaire de <strong>liaisons de type A<\/strong> (liaison interflavanique C2-O-C7 en plus de la liaison C4-C8 ou C4-C6 classique de type B). Cette double liaison conf\u00e8re aux <strong>PAC de type A<\/strong> une structure plus rigide et des propri\u00e9t\u00e9s anti-adh\u00e9rence bact\u00e9rienne uniques. Les PAC-A de la canneberge sont principalement des oligom\u00e8res d&rsquo;<strong>\u00e9picat\u00e9chine<\/strong> (dim\u00e8res \u00e0 hexam\u00e8res). La teneur en PAC totaux dans les baies fra\u00eeches est de 100 \u00e0 400 mg\/100 g.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines\/\">Anthocyanines<\/a><\/strong> : <strong>cyanidine-3-galactoside<\/strong>, <strong>cyanidine-3-glucoside<\/strong>, <strong>cyanidine-3-arabinoside<\/strong>, <strong>p\u00e9onidine-3-galactoside<\/strong>, <strong>p\u00e9onidine-3-glucoside<\/strong>, <strong>p\u00e9onidine-3-arabinoside<\/strong>. Six anthocyanines principales responsables de la couleur rouge. Teneur : 25 \u00e0 100 mg\/100 g de fruit frais.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">Flavonols<\/a><\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et leurs glycosides (galactosides, glucosides, arabinosides, rhamnosides). Teneur : 15 \u00e0 40 mg\/100 g.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide benzo\u00efque<\/strong> (en quantit\u00e9 notable : 50 \u00e0 80 mg\/100 g, contribution \u00e0 la conservation naturelle), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide hydroxycinnamique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Acides organiques<\/strong> : <strong>acide citrique<\/strong> (dominant, 1-2 % du fruit frais), <strong>acide malique<\/strong>, <strong>acide quinique<\/strong>, <strong>acide hippurique<\/strong> (form\u00e9 par m\u00e9tabolisme de l&rsquo;acide benzo\u00efque). L&rsquo;acide hippurique urinaire contribue \u00e0 l&rsquo;acidification de l&rsquo;urine.<\/p>\n<p><strong>Sucres<\/strong> : <strong>glucose<\/strong>, <strong>fructose<\/strong> (faible teneur : 4-5 g\/100 g de fruit frais, la canneberge \u00e9tant l&rsquo;un des fruits les moins sucr\u00e9s).<\/p>\n<p><strong>Terp\u00e9no\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8ne<\/a> pentacyclique, 60-110 mg\/100 g de peau de fruit), compos\u00e9 \u00e0 activit\u00e9s anti-inflammatoire et anticanc\u00e9reuse.<\/p>\n<p><strong>Vitamines et min\u00e9raux<\/strong> : vitamine C (13 mg\/100 g), vitamine E, vitamine K, mangan\u00e8se, cuivre.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le m\u00e9canisme d&rsquo;action principal de la canneberge dans la pr\u00e9vention des infections urinaires est l&rsquo;<strong>inhibition de l&rsquo;adh\u00e9rence bact\u00e9rienne<\/strong>, un m\u00e9canisme original distinct de l&rsquo;action antibiotique classique.<\/p>\n<p><strong>Inhibition de l&rsquo;adh\u00e9rence des uropathog\u00e8nes<\/strong> : <em>Escherichia coli<\/em> uropathog\u00e8ne (UPEC), responsable de 80 \u00e0 90 % des infections urinaires, exprime des fimbriae (pili) de type P et de type 1 qui lui permettent d&rsquo;adh\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium uroth\u00e9lial. Les fimbriae de type P se lient aux r\u00e9cepteurs glycolipidiques galabiosyl\u00e9s (Gal\u03b11-4Gal) de la membrane des cellules uroth\u00e9liales. Les <strong>PAC de type A<\/strong> de la canneberge inhibent sp\u00e9cifiquement cette adh\u00e9rence en se liant aux fimbriae P et en modifiant la conformation de l&rsquo;adh\u00e9sine PapG. Cette inhibition est dose-d\u00e9pendante et n\u00e9cessite une excr\u00e9tion urinaire de PAC-A suffisante. Les PAC de type B (pr\u00e9sentes dans le raisin, le chocolat, le th\u00e9) n&rsquo;exercent pas cet effet anti-adh\u00e9rence, ce qui souligne la sp\u00e9cificit\u00e9 structurale des PAC-A de la canneberge.<\/p>\n<p><strong>Inhibition de la formation de biofilms<\/strong> : les PAC-A inhibent la formation de biofilms bact\u00e9riens sur les surfaces uroth\u00e9liales et sur les mat\u00e9riaux des sondes urinaires, r\u00e9duisant le risque d&rsquo;infection sur cath\u00e9ter.<\/p>\n<p><strong>Acidification urinaire<\/strong> : les acides organiques de la canneberge (acide hippurique, acide citrique) contribuent modestement \u00e0 l&rsquo;acidification de l&rsquo;urine, ce qui \u00e9tait historiquement consid\u00e9r\u00e9 comme le m\u00e9canisme principal mais qui est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme secondaire par rapport \u00e0 l&rsquo;anti-adh\u00e9rence.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : le profil polyph\u00e9nolique riche conf\u00e8re \u00e0 la canneberge une activit\u00e9 antioxydante significative (pi\u00e9geage des radicaux DPPH, ORAC \u00e9lev\u00e9), contribuant potentiellement \u00e0 la sant\u00e9 cardiovasculaire et \u00e0 la protection contre le stress oxydatif.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les flavono\u00efdes et les PAC inhibent la production de cytokines pro-inflammatoires et modulent les voies COX-2 et NF-\u03baB.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 sur le microbiote<\/strong> : des \u00e9tudes r\u00e9centes montrent que les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> de la canneberge modulent favorablement le microbiote intestinal (augmentation des <em>Bifidobacterium<\/em>, diminution des <em>Bacteroides<\/em>) et am\u00e9liorent la fonction de barri\u00e8re intestinale.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La canneberge a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un nombre consid\u00e9rable d&rsquo;essais cliniques, principalement dans la pr\u00e9vention des infections urinaires (IU).<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9vention des infections urinaires r\u00e9cidivantes<\/strong> : une m\u00e9ta-analyse Cochrane mise \u00e0 jour (Jepson et al., 2012, actualis\u00e9e en 2023) incluant 50 essais et plus de 8800 participants a conclu que les produits \u00e0 base de canneberge r\u00e9duisent significativement le risque d&rsquo;IU r\u00e9cidivante par rapport au placebo ou \u00e0 l&rsquo;absence de traitement (RR 0,74, IC 95 % 0,61-0,89). L&rsquo;effet est le plus marqu\u00e9 chez les femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er souffrant d&rsquo;IU r\u00e9cidivantes (RR 0,73) et chez les enfants (RR 0,47). L&rsquo;essai PACS de Howell et al. (2010) a \u00e9tabli qu&rsquo;une dose quotidienne de 36 mg de PAC-A (mesur\u00e9s par la m\u00e9thode DMAC) est le seuil minimal efficace pour une activit\u00e9 anti-adh\u00e9rence significative dans l&rsquo;urine.<\/p>\n<p><strong>Population g\u00e9riatrique<\/strong> : les r\u00e9sultats sont plus mitig\u00e9s chez les personnes \u00e2g\u00e9es institutionnalis\u00e9es, avec des r\u00e9sultats variables selon les \u00e9tudes, probablement en raison de la multiplicit\u00e9 des facteurs de risque d&rsquo;IU dans cette population.<\/p>\n<p><strong>Patients sond\u00e9s<\/strong> : les preuves sont insuffisantes pour recommander la canneberge dans la pr\u00e9vention des IU sur sonde urinaire.<\/p>\n<p><strong>Grossesse<\/strong> : quelques \u00e9tudes sugg\u00e8rent un b\u00e9n\u00e9fice dans la pr\u00e9vention des bact\u00e9riuries asymptomatiques gravidiques, mais les donn\u00e9es sont encore limit\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Sant\u00e9 cardiovasculaire<\/strong> : des \u00e9tudes cliniques ont montr\u00e9 une am\u00e9lioration du profil lipidique (augmentation du HDL-cholest\u00e9rol), une r\u00e9duction du stress oxydatif et une am\u00e9lioration de la fonction endoth\u00e9liale sous consommation r\u00e9guli\u00e8re de jus de canneberge. Ces r\u00e9sultats sont prometteurs mais pr\u00e9liminaires.<\/p>\n<p><strong>Sant\u00e9 bucco-dentaire<\/strong> : des \u00e9tudes in vitro et quelques essais cliniques pilotes montrent que les PAC-A de la canneberge inhibent l&rsquo;adh\u00e9rence de <em>Streptococcus mutans<\/em> \u00e0 l&rsquo;\u00e9mail dentaire et de <em>Porphyromonas gingivalis<\/em> aux cellules gingivales, sugg\u00e9rant un potentiel dans la pr\u00e9vention des caries et de la parodontite.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Proanthocyanidines de type A (PAC)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">Proanthocyanidines<\/a><\/td>\n<td>Anti-adh\u00e9sion des bact\u00e9ries urinaires (E. coli)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthocyanes (cyanidine, p\u00e9onidine)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines\/\">Anthocyanines<\/a><\/td>\n<td>Antioxydantes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide quinique, flavonols<\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Acidifiants urinaires, antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Jus de canneberge pur non sucr\u00e9<\/strong> : 250 \u00e0 500 ml par jour, \u00e0 diluer si n\u00e9cessaire. Forme volumineuse et acide, parfois mal tol\u00e9r\u00e9e au long cours.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9 en PAC-A<\/strong> : c&rsquo;est la forme la plus pratique et la mieux standardis\u00e9e. La dose efficace est d&rsquo;au moins <strong>36 mg de PAC-A par jour<\/strong> (mesur\u00e9s par la m\u00e9thode DMAC). Des g\u00e9lules dos\u00e9es \u00e0 36 mg ou 72 mg de PAC-A sont disponibles. Prendre en 1 \u00e0 2 prises quotidiennes, de pr\u00e9f\u00e9rence au coucher (pour maintenir une concentration urinaire \u00e9lev\u00e9e pendant la nuit).<\/p>\n<p><strong>G\u00e9lules de poudre de fruit<\/strong> : posologie variable selon la standardisation, 500 \u00e0 1500 mg par jour.<\/p>\n<p><strong>Sachets de poudre pour dissolution<\/strong> : forme pratique pour les patients r\u00e9ticents aux g\u00e9lules.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e du traitement en pr\u00e9vention des IU r\u00e9cidivantes est en g\u00e9n\u00e9ral de 6 \u00e0 12 mois en continu. Des cures plus courtes (1 \u00e0 3 mois) peuvent \u00eatre envisag\u00e9es en pr\u00e9vention saisonni\u00e8re.<\/p>\n<p>La canneberge ne constitue pas un traitement de l&rsquo;infection urinaire aigu\u00eb. Elle est exclusivement utilis\u00e9e en pr\u00e9vention des r\u00e9cidives. Un avis m\u00e9dical est indispensable en cas de sympt\u00f4mes d&rsquo;IU aigu\u00eb (dysurie, pollakiurie, fi\u00e8vre).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La canneberge est un fruit alimentaire dont l&rsquo;innocuit\u00e9 est excellente. La consommation de jus et d&rsquo;extraits est consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre (statut GRAS \u2014 Generally Recognized As Safe \u2014 par la FDA aux \u00c9tats-Unis).<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables<\/strong> : rares et b\u00e9nins. Troubles digestifs (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e, ballonnements) en cas de consommation excessive de jus. L&rsquo;acidit\u00e9 du jus peut aggraver un reflux gastro-\u0153sophagien ou une gastrite. Le jus sucr\u00e9 apporte une charge calorique et glyc\u00e9mique non n\u00e9gligeable (attention chez les patients diab\u00e9tiques).<\/p>\n<p><strong>Lithiase urinaire<\/strong> : la canneberge augmente l&rsquo;excr\u00e9tion urinaire d&rsquo;oxalate, ce qui pourrait th\u00e9oriquement favoriser la formation de calculs d&rsquo;oxalate de calcium chez les sujets pr\u00e9dispos\u00e9s. Cet effet est dose-d\u00e9pendant et principalement document\u00e9 avec de grandes quantit\u00e9s de jus. En revanche, la canneberge r\u00e9duit l&rsquo;excr\u00e9tion de calcium et de phosphate, et son effet net sur la lithogen\u00e8se fait l&rsquo;objet de d\u00e9bats.<\/p>\n<p><strong>Interaction avec la warfarine<\/strong> : plusieurs case reports ont sugg\u00e9r\u00e9 une potentialisation de l&rsquo;effet anticoagulant de la warfarine par le jus de canneberge, avec une augmentation de l&rsquo;INR et un risque h\u00e9morragique. Le m\u00e9canisme propos\u00e9 est l&rsquo;inhibition du CYP2C9 par les flavono\u00efdes de la canneberge. Cependant, les \u00e9tudes pharmacocin\u00e9tiques contr\u00f4l\u00e9es n&rsquo;ont pas confirm\u00e9 cette interaction de mani\u00e8re reproductible. Par prudence, un monitoring de l&rsquo;INR est recommand\u00e9 chez les patients sous warfarine consommant de la canneberge en grande quantit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : ant\u00e9c\u00e9dents de calculs r\u00e9naux d&rsquo;oxalate de calcium (pr\u00e9caution), allergie connue aux \u00c9ricac\u00e9es, insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re (pr\u00e9caution). Pas de contre-indication pendant la grossesse ni l&rsquo;allaitement aux doses alimentaires.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La canneberge occupait une place importante dans la culture et l&rsquo;alimentation des peuples autochtones d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord bien avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens. Les Algonquins, les Wampanoags, les Ojibw\u00e9s et d&rsquo;autres nations am\u00e9rindiennes utilisaient les baies sous diverses formes.<\/p>\n<p>Le <strong>pemmican<\/strong>, aliment de survie fondamental des peuples am\u00e9rindiens et des voyageurs du commerce des fourrures, \u00e9tait compos\u00e9 de viande s\u00e9ch\u00e9e, de graisse animale et de baies de canneberge pil\u00e9es. Les baies apportaient la vitamine C et les antioxydants n\u00e9cessaires pour pr\u00e9venir le scorbut pendant les longs voyages.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle am\u00e9rindienne, les baies \u00e9taient utilis\u00e9es en cataplasme sur les plaies et les blessures empoisonn\u00e9es (fl\u00e8ches), en d\u00e9coction comme f\u00e9brifuge et d\u00e9sinfectant urinaire, et en gargarisme pour les maux de gorge. Le jus de canneberge \u00e9tait employ\u00e9 comme teinture rouge pour les v\u00eatements et les objets c\u00e9r\u00e9moniels.<\/p>\n<p>Les premiers colons europ\u00e9ens adopt\u00e8rent rapidement la canneberge. Au XIXe si\u00e8cle, les marins am\u00e9ricains emportaient des barils de canneberges en mer pour pr\u00e9venir le scorbut, \u00e0 l&rsquo;instar des citrons britanniques. La culture commerciale commen\u00e7a dans le Massachusetts dans les ann\u00e9es 1820, faisant de la canneberge l&rsquo;un des rares fruits cultiv\u00e9s indig\u00e8nes d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage de la canneberge dans les infections urinaires est document\u00e9 dans la m\u00e9decine populaire nord-am\u00e9ricaine depuis au moins le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et falsifications<\/h3>\n<p>La principale confusion concerne les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de <em>Vaccinium<\/em> \u00e0 fruits rouges :<\/p>\n<p><em>Vaccinium oxycoccos<\/em> L. (canneberge europ\u00e9enne, petite canneberge) : esp\u00e8ce des tourbi\u00e8res bor\u00e9ales d&rsquo;Eurasie et d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, \u00e0 fruits plus petits (6-10 mm), au profil chimique similaire mais avec des teneurs en PAC-A g\u00e9n\u00e9ralement plus faibles. Les \u00e9tudes cliniques portent essentiellement sur <em>V. macrocarpon<\/em>.<\/p>\n<p><em>Vaccinium vitis-idaea<\/em> L. (airelle rouge, lingonberry) : esp\u00e8ce des landes et for\u00eats bor\u00e9ales, \u00e0 fruits rouge vif plus petits. Contient des PAC (principalement de type B) et des acides benzo\u00efques, mais le profil en PAC-A est diff\u00e9rent de celui de la canneberge.<\/p>\n<p>Sur le march\u00e9 des compl\u00e9ments alimentaires, l&rsquo;adult\u00e9ration par des extraits de raisin (riches en PAC de type B mais pauvres en PAC de type A) a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e. Le rapport PAC-A\/PAC-B, d\u00e9termin\u00e9 par HPLC-MS ou par analyse phloroglucinolyse, permet de v\u00e9rifier l&rsquo;authenticit\u00e9. Des produits \u00e9tiquet\u00e9s \u00ab canneberge \u00bb mais contenant principalement des anthocyanines de sureau ou de raisin ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s par des laboratoires ind\u00e9pendants.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Vaccinium macrocarpon<\/em> est une plante m\u00e9dicinale dont l&rsquo;indication principale \u2014 la pr\u00e9vention des infections urinaires r\u00e9cidivantes \u2014 repose sur un m\u00e9canisme d&rsquo;action original et bien caract\u00e9ris\u00e9 : l&rsquo;inhibition de l&rsquo;adh\u00e9rence bact\u00e9rienne par les <strong>proanthocyanidines de type A<\/strong>. Le niveau de preuve clinique, consolid\u00e9 par de nombreuses m\u00e9ta-analyses, est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme suffisant pour recommander la canneberge en pr\u00e9vention de premi\u00e8re intention chez les femmes \u00e0 risque d&rsquo;IU r\u00e9cidivantes.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche incluent la caract\u00e9risation pr\u00e9cise des PAC-A les plus actives (degr\u00e9 de polym\u00e9risation optimal), le d\u00e9veloppement de formulations \u00e0 lib\u00e9ration contr\u00f4l\u00e9e pour maintenir des concentrations urinaires efficaces, l&rsquo;exploration du potentiel dans la pr\u00e9vention des IU sur sonde et dans les populations g\u00e9riatriques, et l&rsquo;\u00e9valuation des b\u00e9n\u00e9fices cardiovasculaires et m\u00e9taboliques de la consommation r\u00e9guli\u00e8re de canneberge.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Blumberg J.B., Camesano T.A., Cassidy A. et al. Cranberries and their bioactive constituents in human health. <em>Advances in Nutrition<\/em>, 2013, 4(6) : 618-632.<\/p>\n<p>Foo L.Y., Lu Y., Howell A.B., Vorsa N. A-type proanthocyanidin trimers from cranberry that inhibit adherence of uropathogenic P-fimbriated <em>Escherichia coli<\/em>. <em>Journal of Natural Products<\/em>, 2000, 63(9) : 1225-1228.<\/p>\n<p>Howell A.B. Bioactive compounds in cranberries and their role in prevention of urinary tract infections. <em>Molecular Nutrition &amp; Food Research<\/em>, 2007, 51(6) : 732-737.<\/p>\n<p>Howell A.B., Botto H., Combescure C. et al. Dosage effect on uropathogenic <em>Escherichia coli<\/em> anti-adhesion activity in urine following consumption of cranberry powder standardized for proanthocyanidin content. <em>BMC Infectious Diseases<\/em>, 2010, 10 : 94.<\/p>\n<p>Jepson R.G., Williams G., Craig J.C. 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Cranberries for preventing urinary tract infections. <em>Cochrane Database of Systematic Reviews<\/em>, 2023, (4) : CD001321.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Pr\u00e9vention des cystites r\u00e9cidivantes (anti-adh\u00e9sion)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Canneberge \u2014 Vaccinium macrocarpon Aiton La canneberge, ou cranberry, est un petit arbrisseau rampant des tourbi\u00e8res acides d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, dont les baies rouge fonc\u00e9 [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[68],"tags":[],"class_list":["post-9533","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ericacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9533","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9533"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9533\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13443,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9533\/revisions\/13443"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9533"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9533"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9533"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}