{"id":9535,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/prunier-dafrique\/"},"modified":"2026-06-24T16:55:01","modified_gmt":"2026-06-24T14:55:01","slug":"prunier-dafrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/prunier-dafrique\/","title":{"rendered":"PRUNIER D&rsquo;AFRIQUE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Prunier%20d%27Afrique.jpg\" alt=\"Planche botanique Prunier d&#039;Afrique\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Prunier d&rsquo;Afrique \u2014 <em>Prunus africana<\/em> (Hook.f.) Kalkman<\/h1>\n<p>Le prunier d&rsquo;Afrique est un arbre montagnard des for\u00eats afromontanes, dont l&rsquo;\u00e9corce est utilis\u00e9e depuis des si\u00e8cles par les gu\u00e9risseurs africains pour traiter les troubles urinaires de l&rsquo;homme \u00e2g\u00e9. Devenu l&rsquo;un des m\u00e9dicaments phytoth\u00e9rapeutiques les plus prescrits en Europe pour l&rsquo;hypertrophie b\u00e9nigne de la prostate, son exploitation intensive a failli conduire l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e0 la disparition, en faisant un cas embl\u00e9matique des enjeux de conservation li\u00e9s \u00e0 la pharmacognosie. L&rsquo;extrait d&rsquo;\u00e9corce, riche en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, en <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> et en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a> pentacycliques<\/strong>, constitue une drogue majeure de la phytoth\u00e9rapie urologique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Prunus africana<\/em> appartient \u00e0 l&#8217;embranchement des Spermatophytes, sous-embranchement des Angiospermes, classe des Dicotyl\u00e9dones, ordre des Rosales, famille des Rosac\u00e9es (Rosaceae), sous-famille des Amygdaloideae (= Prunoideae), genre <em>Prunus<\/em>. C&rsquo;est la seule esp\u00e8ce de <em>Prunus<\/em> originaire d&rsquo;Afrique subsaharienne et strictement tropicale, ce qui en fait une esp\u00e8ce biog\u00e9ographiquement remarquable.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Joseph Dalton Hooker fils sous le nom de <em>Pygeum africanum<\/em> Hook.f. en 1864, avant d&rsquo;\u00eatre transf\u00e9r\u00e9e au genre <em>Prunus<\/em> par Kalkman en 1965, sur la base de caract\u00e8res floraux et mol\u00e9culaires. Le nom <em>Pygeum africanum<\/em> reste tr\u00e8s utilis\u00e9 dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale et commerciale.<\/p>\n<p>Synonymes : <em>Pygeum africanum<\/em> Hook.f. (basionyme), <em>Pygeum crassifolium<\/em> Hauman. Noms vernaculaires : prunier d&rsquo;Afrique, pygeum, African cherry (anglais), red stinkwood (Afrique du Sud), muiri (kikuyu, Kenya), tenduet (kalenjin, Kenya), mkonde-konde (swahili).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Prunus africana<\/em> est un arbre sempervirent de grande taille, pouvant atteindre 20 \u00e0 40 m\u00e8tres de hauteur (exceptionnellement 50 m) et 1 \u00e0 2 m\u00e8tres de diam\u00e8tre de tronc. Le port est \u00e9rig\u00e9, avec une cime dense, \u00e9tal\u00e9e \u00e0 colonnaire. Le tronc est droit, cylindrique, \u00e0 \u00e9corce brun fonc\u00e9 \u00e0 noir\u00e2tre, rugueuse, profond\u00e9ment fissur\u00e9e et crevass\u00e9e en \u00e9cailles irr\u00e9guli\u00e8res. La tranche de l&rsquo;\u00e9corce est rose \u00e0 brun-rouge, d\u00e9gageant une odeur d&rsquo;amande am\u00e8re caract\u00e9ristique (due aux glycosides cyanog\u00e9niques).<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, simples, persistantes, elliptiques \u00e0 oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 5 \u00e0 15 cm de long et 2 \u00e0 6 cm de large, \u00e0 sommet acumin\u00e9 et base cun\u00e9iforme. La marge est cr\u00e9nel\u00e9e-serret\u00e9e. Le limbe est coriace, glabre, vert fonc\u00e9 brillant \u00e0 la face sup\u00e9rieure, plus p\u00e2le \u00e0 la face inf\u00e9rieure. La nervation est penn\u00e9e, avec 8 \u00e0 12 paires de nervures lat\u00e9rales saillantes. Le p\u00e9tiole est de 1 \u00e0 2 cm, souvent rouge\u00e2tre. Les stipules sont caduques.<\/p>\n<p>Les inflorescences sont des grappes (rac\u00e8mes) axillaires, de 3 \u00e0 8 cm de long, portant 10 \u00e0 20 fleurs. Les fleurs sont petites (3 \u00e0 5 mm de diam\u00e8tre), actinomorphes, pentam\u00e8res, blanches \u00e0 blanc-verd\u00e2tre, peu visibles. Le calice est cupuliforme \u00e0 5 lobes. Les p\u00e9tales sont 5, ovales, caducs. Les \u00e9tamines sont nombreuses (20 \u00e0 30), ins\u00e9r\u00e9es sur le bord du r\u00e9ceptacle. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, uniloculaire, contenant 2 ovules.<\/p>\n<p>Le fruit est une drupe globuleuse \u00e0 ovo\u00efde, de 7 \u00e0 13 mm de diam\u00e8tre, rouge fonc\u00e9 \u00e0 noir\u00e2tre \u00e0 maturit\u00e9, \u00e0 m\u00e9socarpe mince et charnu, amer. L&rsquo;endocarpe est dur. La graine unique est ovo\u00efde, \u00e0 cotyl\u00e9dons charnus.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Prunus africana<\/em> poss\u00e8de une r\u00e9partition afromontane remarquable, disjointe et tr\u00e8s \u00e9tendue. L&rsquo;esp\u00e8ce est pr\u00e9sente dans les for\u00eats de montagne d&rsquo;Afrique tropicale, depuis l&rsquo;\u00c9thiopie et le Kenya \u00e0 l&rsquo;est, jusqu&rsquo;au Cameroun, le Nigeria, S\u00e3o Tom\u00e9 et Bioko \u00e0 l&rsquo;ouest, en passant par la RDC, le Rwanda, le Burundi, l&rsquo;Ouganda, la Tanzanie, le Malawi, le Mozambique, le Zimbabwe et l&rsquo;Afrique du Sud (KwaZulu-Natal). Elle est \u00e9galement pr\u00e9sente \u00e0 Madagascar et dans les Comores. Cette distribution \u00ab en archipel \u00bb montagnard est typique de la flore afromontane.<\/p>\n<p>L&rsquo;habitat est la for\u00eat humide de montagne (cloud forest, montane forest), entre 900 et 3000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude (optimum 1500-2500 m). L&rsquo;esp\u00e8ce affectionne les sols volcaniques profonds, fertiles, bien drain\u00e9s, de pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide. La pluviom\u00e9trie annuelle dans son aire est de 1000 \u00e0 2500 mm, avec un brouillard fr\u00e9quent. Les temp\u00e9ratures moyennes varient de 12 \u00e0 22 \u00b0C, avec des gel\u00e9es possibles \u00e0 haute altitude.<\/p>\n<p><em>P. africana<\/em> est une esp\u00e8ce de strate sup\u00e9rieure (canop\u00e9e), souvent \u00e9mergente. Elle joue un r\u00f4le structurant dans les for\u00eats afromontanes et constitue un habitat important pour la faune (oiseaux frugivores, primates, insectes).<\/p>\n<p>La pollinisation est entomophile (abeilles, mouches). La diss\u00e9mination est ornithochore (calaos, touraco, pigeons) et par les mammif\u00e8res frugivores (chimpanz\u00e9s, singes colobes, cercopith\u00e8ques).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, durabilit\u00e9 et conservation<\/h3>\n<p><em>Prunus africana<\/em> est l&rsquo;un des cas les plus embl\u00e9matiques de surexploitation d&rsquo;une plante m\u00e9dicinale \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale. L&rsquo;exploitation commerciale massive de l&rsquo;\u00e9corce, destin\u00e9e principalement \u00e0 l&rsquo;industrie pharmaceutique europ\u00e9enne (France, Italie), a provoqu\u00e9 un d\u00e9clin catastrophique des populations dans toute l&rsquo;aire de r\u00e9partition, en particulier au Cameroun, au Kenya, en RDC et \u00e0 Madagascar.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est inscrite \u00e0 l&rsquo;<strong>Annexe II de la CITES<\/strong> depuis 1995, ce qui signifie que tout commerce international n\u00e9cessite un permis d&rsquo;exportation d\u00e9livr\u00e9 par l&rsquo;autorit\u00e9 CITES du pays d&rsquo;origine, conditionn\u00e9 \u00e0 un avis de \u00ab commerce non pr\u00e9judiciable \u00bb (non-detriment finding). Elle est class\u00e9e \u00ab Vuln\u00e9rable \u00bb (VU) sur la Liste rouge de l&rsquo;UICN.<\/p>\n<p>Le Cameroun, principal pays exportateur (60 \u00e0 70 % de la production mondiale), a connu des pratiques d&rsquo;exploitation destructrices (abattage des arbres au lieu de l&rsquo;\u00e9cor\u00e7age partiel, exploitation d&rsquo;arbres immatures, d\u00e9passement des quotas). Des suspensions d&rsquo;exportation ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es par la CITES \u00e0 plusieurs reprises (2007, 2010).<\/p>\n<p>Des programmes de conservation et de culture durable sont en cours : plantations au Kenya (ICRAF \u2014 Centre mondial de l&rsquo;agroforesterie), au Cameroun (Prunus Africana Management Plan), \u00e0 Madagascar. La culture est possible mais lente (l&rsquo;arbre met 15 \u00e0 25 ans pour atteindre un diam\u00e8tre exploitable). Des techniques de multiplication acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e (bouturage, culture in vitro) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es.<\/p>\n<p>La question de la <strong>biopiraterie<\/strong> est centrale : les communaut\u00e9s locales africaines, d\u00e9tentrices du savoir traditionnel sur le prunier d&rsquo;Afrique, n&rsquo;ont longtemps re\u00e7u aucun b\u00e9n\u00e9fice de l&rsquo;exploitation commerciale de l&rsquo;\u00e9corce par l&rsquo;industrie pharmaceutique europ\u00e9enne. Le protocole de Nagoya (2010) vise \u00e0 corriger cette injustice en imposant un partage \u00e9quitable des b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue est constitu\u00e9e par l&rsquo;<strong>\u00e9corce de tronc et de branches<\/strong> de <em>Prunus africana<\/em>. La Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise poss\u00e8de une monographie \u00ab Prunier d&rsquo;Afrique (\u00e9corce de) \u2014 <em>Pruni africanae cortex<\/em> \u00bb. Un \u00ab usage m\u00e9dical bien \u00e9tabli \u00bb est reconnu de l&rsquo;extrait d&rsquo;\u00e9corce dans l&rsquo;HBP.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce est r\u00e9colt\u00e9e sur des arbres de plus de 30 cm de diam\u00e8tre. La technique traditionnelle consiste \u00e0 pr\u00e9lever des bandes d&rsquo;\u00e9corce sur deux c\u00f4t\u00e9s oppos\u00e9s du tronc (jamais plus de 50 % de la circonf\u00e9rence), en laissant l&rsquo;arbre r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer son \u00e9corce sur 5 \u00e0 8 ans. Le non-respect de cette technique (\u00e9cor\u00e7age annulaire complet) entra\u00eene la mort de l&rsquo;arbre, ce qui a \u00e9t\u00e9 la principale cause de d\u00e9clin des populations.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce s\u00e8che se pr\u00e9sente en morceaux aplatis ou incurv\u00e9s, brun fonc\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, brun-rose \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, fibreux, \u00e0 odeur d&rsquo;amande am\u00e8re. La saveur est am\u00e8re et astringente.<\/p>\n<p>L&rsquo;extrait de r\u00e9f\u00e9rence est l&rsquo;<strong>extrait lipido-st\u00e9rolique<\/strong> obtenu par extraction au chlorure de m\u00e9thyl\u00e8ne ou \u00e0 l&rsquo;hexane, standardis\u00e9 \u00e0 \u2265 13 % de triterp\u00e8nes totaux (exprim\u00e9s en acide ol\u00e9anolique) et \u00e0 \u2265 0,5 % de \u03b2-sitost\u00e9rol. Le produit de r\u00e9f\u00e9rence le mieux document\u00e9 cliniquement est le Tadenan\u00ae (Solvay\/Abbott, aujourd&rsquo;hui Fournier\/Mylan), \u00e0 la posologie de 50 ou 100 mg par jour.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de l&rsquo;\u00e9corce de <em>Prunus africana<\/em> comprend trois classes majeures de compos\u00e9s bioactifs.<\/p>\n<p><strong>Phytost\u00e9rols<\/strong> : le <strong>\u03b2-sitost\u00e9rol<\/strong> est le compos\u00e9 le plus abondant et pharmacologiquement le plus important (0,5-1 % de l&rsquo;\u00e9corce s\u00e8che). Il est accompagn\u00e9 de <strong>\u03b2-sitost\u00e9rone<\/strong>, <strong>campest\u00e9rol<\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong> et de <strong>\u03b2-sitost\u00e9rol-3-O-glucoside<\/strong> (daucost\u00e9rol). Le \u03b2-sitost\u00e9rol est un inhibiteur de la 5\u03b1-r\u00e9ductase et poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et anti-prolif\u00e9ratives au niveau prostatique.<\/p>\n<p><strong>Triterp\u00e8nes pentacycliques<\/strong> : <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong>, <strong>acide crata\u00e9golique<\/strong> (= acide 2\u03b1-hydroxyursolique), et leurs esters (<strong>friedeline<\/strong>). Teneur totale en triterp\u00e8nes : 3-8 % de l&rsquo;\u00e9corce s\u00e8che. Ces compos\u00e9s poss\u00e8dent des activit\u00e9s anti-inflammatoire, anti-\u0153d\u00e9mateuse et anti-androg\u00e9nique.<\/p>\n<p><strong>Esters de l&rsquo;acide f\u00e9rulique<\/strong> : esters de l&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> avec des alcools gras \u00e0 longue cha\u00eene (<strong>n-docosanol<\/strong>, <strong>n-t\u00e9tracosanol<\/strong>). Ces esters (n-docosyl trans-f\u00e9rulate, n-t\u00e9tracosyl trans-f\u00e9rulate) sont caract\u00e9ristiques de cette drogue et contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 anti-androg\u00e9nique (inhibition de la fixation de la DHT aux r\u00e9cepteurs androg\u00e9niques prostatiques). Teneur : 0,5-1 % de l&rsquo;\u00e9corce.<\/p>\n<p><strong>Tanins<\/strong> : <strong>tanins hydrolysables<\/strong> (ellagitanins) et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>), en quantit\u00e9 notable (8-15 %), responsables de l&rsquo;astringence de l&rsquo;\u00e9corce.<\/p>\n<p><strong>Glycosides cyanog\u00e9niques<\/strong> : <strong>amygdaline<\/strong> et <strong>prunasine<\/strong>, caract\u00e9ristiques du genre <em>Prunus<\/em>, responsables de l&rsquo;odeur d&rsquo;amande am\u00e8re. Leur teneur est faible dans l&rsquo;\u00e9corce de tige mais impose un contr\u00f4le qualit\u00e9 (dosage de l&rsquo;acide cyanhydrique lib\u00e9rable).<\/p>\n<p><strong>Acides gras<\/strong> : <strong>acide linol\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide ol\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide palmitique<\/strong>, en faibles quantit\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9corce.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le qualit\u00e9 de l&rsquo;extrait repose sur le dosage du \u03b2-sitost\u00e9rol par GC ou HPLC, des triterp\u00e8nes totaux par HPLC-UV et le profil chromatographique par CCM\/HPTLC.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;extrait d&rsquo;\u00e9corce de <em>Prunus africana<\/em> agit par des m\u00e9canismes multiples et compl\u00e9mentaires sur la physiopathologie de l&rsquo;HBP.<\/p>\n<p><strong>Inhibition de la 5\u03b1-r\u00e9ductase<\/strong> : le <strong>\u03b2-sitost\u00e9rol<\/strong> et les esters de l&rsquo;acide f\u00e9rulique inhibent la 5\u03b1-r\u00e9ductase prostatique, r\u00e9duisant la conversion de la testost\u00e9rone en DHT au niveau du tissu prostatique. Cette inhibition est moins puissante que celle du finast\u00e9ride mais contribue \u00e0 r\u00e9duire la stimulation androg\u00e9nique de la croissance prostatique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-prolif\u00e9rative<\/strong> : l&rsquo;extrait inhibe la prolif\u00e9ration des cellules stromales et \u00e9pith\u00e9liales prostatiques in vitro, via l&rsquo;inhibition de facteurs de croissance (EGF, bFGF, IGF-1). Le <strong>\u03b2-sitost\u00e9rol<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong> induisent l&rsquo;apoptose dans les cellules prostatiques hyperplasiques (activation de la caspase 3, r\u00e9gulation de Bax\/Bcl-2).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : l&rsquo;extrait inhibe la production de <strong>prostaglandine E\u2082<\/strong> et de <strong>leucotri\u00e8ne B\u2084<\/strong> dans le tissu prostatique, par inhibition de la COX-2 et de la 5-LOX. Il r\u00e9duit la production de cytokines pro-inflammatoires et l&rsquo;infiltration leucocytaire dans le stroma prostatique. Cette activit\u00e9 anti-inflammatoire est d&rsquo;importance clinique, la composante inflammatoire \u00e9tant un facteur aggravant majeur de l&rsquo;HBP symptomatique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-\u0153d\u00e9mateuse<\/strong> : l&rsquo;extrait r\u00e9duit l&rsquo;\u0153d\u00e8me prostatique en inhibant la perm\u00e9abilit\u00e9 vasculaire dans le stroma prostatique (d\u00e9montr\u00e9 sur le mod\u00e8le d&rsquo;\u0153d\u00e8me prostatique chez le rat).<\/p>\n<p><strong>Am\u00e9lioration de la contractilit\u00e9 v\u00e9sicale<\/strong> : l&rsquo;extrait normalise les param\u00e8tres urodynamiques dans les mod\u00e8les animaux d&rsquo;obstruction ur\u00e9trale, en restaurant la contractilit\u00e9 du d\u00e9trusor et la compliance v\u00e9sicale.<\/p>\n<p><strong>Inhibition de l&rsquo;aromatase<\/strong> : certains compos\u00e9s de l&rsquo;extrait inhibent l&rsquo;aromatase (CYP19A1), r\u00e9duisant la conversion locale de la testost\u00e9rone en \u0153stradiol. L&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;\u0153strog\u00e8nes locaux est impliqu\u00e9 dans la prolif\u00e9ration stromale prostatique, et l&rsquo;inhibition de l&rsquo;aromatase contribue \u00e0 freiner l&rsquo;hyperplasie.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;extrait d&rsquo;\u00e9corce de <em>Prunus africana<\/em> a fait l&rsquo;objet de 18 essais cliniques randomis\u00e9s \u00e9valuant son efficacit\u00e9 dans l&rsquo;HBP.<\/p>\n<p>La m\u00e9ta-analyse de r\u00e9f\u00e9rence (Wilt et al., 2002, Cochrane) a inclus 18 essais (1562 patients) et a conclu que le pygeum am\u00e9liore significativement les sympt\u00f4mes urinaires globaux et les param\u00e8tres urodynamiques par rapport au placebo : am\u00e9lioration du score des sympt\u00f4mes de 19 %, augmentation du d\u00e9bit urinaire maximal de 23 %, r\u00e9duction du volume r\u00e9siduel post-mictionnel de 24 %. Les patients sous pygeum rapportaient une am\u00e9lioration subjective 2,1 fois plus fr\u00e9quente qu&rsquo;avec le placebo.<\/p>\n<p>L&rsquo;essai le plus important est celui de Barlet et al. (1990), multicentrique, randomis\u00e9, en double aveugle, contre placebo, incluant 263 patients. L&rsquo;extrait de <em>P. africana<\/em> (100 mg\/jour pendant 60 jours) a montr\u00e9 une am\u00e9lioration significative de la pollakiurie nocturne (-32 %), du volume r\u00e9siduel (-17 %) et du d\u00e9bit urinaire maximal (+16 %) par rapport au placebo.<\/p>\n<p>Chatelain et al. (1999) ont montr\u00e9 qu&rsquo;une dose quotidienne unique de 100 mg \u00e9tait aussi efficace que 50 mg deux fois par jour, facilitant l&rsquo;observance.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes comparatives ont montr\u00e9 une efficacit\u00e9 similaire du pygeum et du palmier nain dans le traitement de l&rsquo;HBP, les deux pouvant \u00eatre utilis\u00e9s seuls ou en association.<\/p>\n<p>Les limites des \u00e9tudes existantes incluent des \u00e9chantillons souvent modestes, des dur\u00e9es de traitement courtes (1 \u00e0 4 mois) et l&rsquo;absence d&rsquo;essais r\u00e9cents de grande envergure avec des crit\u00e8res de jugement modernes (IPSS, qualit\u00e9 de vie).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a> et d\u00e9riv\u00e9s<\/td>\n<td>Phytost\u00e9rols<\/td>\n<td>Anti-inflammatoires prostatiques, anti-\u0153d\u00e9mateux<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ol\u00e9anolique et crata\u00e9golique<\/td>\n<td>Triterp\u00e8nes pentacycliques<\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Esters de l\u2019acide f\u00e9rulique<\/td>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>Antioxydants, action endocrine<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Extrait lipido-st\u00e9rolique (Tadenan\u00ae)<\/strong> : capsules molles de 50 mg. Posologie : 50 mg deux fois par jour ou 100 mg en prise unique quotidienne. C&rsquo;est la forme de r\u00e9f\u00e9rence, document\u00e9e cliniquement.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9<\/strong> : g\u00e9lules de 100 \u00e0 200 mg, standardis\u00e9 en \u03b2-sitost\u00e9rol (\u2265 0,5 %) et triterp\u00e8nes (\u2265 13 %). Posologie : 100 \u00e0 200 mg par jour.<\/p>\n<p><strong>Poudre d&rsquo;\u00e9corce<\/strong> : g\u00e9lules de 500 mg, 2 \u00e0 3 fois par jour. Forme traditionnelle, peu standardis\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce (usage traditionnel africain)<\/strong> : 10 \u00e0 15 g d&rsquo;\u00e9corce dans 500 ml d&rsquo;eau, d\u00e9coction 20 minutes, 2 \u00e0 3 tasses par jour.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e minimale du traitement est de 6 \u00e0 8 semaines. Des cures de 2 \u00e0 4 mois sont recommand\u00e9es, renouvelables. L&rsquo;usage au long cours est possible.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;extrait de <em>Prunus africana<\/em> poss\u00e8de un excellent profil de s\u00e9curit\u00e9. La DL\u2085\u2080 orale chez le rat est sup\u00e9rieure \u00e0 6 g\/kg d&rsquo;extrait. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique n&rsquo;ont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de toxicit\u00e9 significative.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables<\/strong> : rares et b\u00e9nins. Troubles digestifs (naus\u00e9es, douleurs abdominales, diarrh\u00e9e, constipation) chez 2 \u00e0 5 % des patients. La m\u00e9ta-analyse Cochrane rapporte un profil d&rsquo;effets ind\u00e9sirables comparable au placebo. Aucun effet sur la fonction sexuelle n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9, ce qui constitue un avantage significatif par rapport aux inhibiteurs de la 5\u03b1-r\u00e9ductase synth\u00e9tiques.<\/p>\n<p><strong>Glycosides cyanog\u00e9niques<\/strong> : l&rsquo;amygdaline et la prunasine pr\u00e9sentes dans l&rsquo;\u00e9corce lib\u00e8rent de l&rsquo;acide cyanhydrique par hydrolyse enzymatique. Les teneurs dans les extraits commerciaux sont tr\u00e8s faibles et ne posent pas de risque toxique aux doses th\u00e9rapeutiques. Toutefois, l&rsquo;ingestion d&rsquo;\u00e9corce fra\u00eeche en grande quantit\u00e9 pourrait th\u00e9oriquement \u00eatre dangereuse.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : cancer de la prostate diagnostiqu\u00e9 ou suspect\u00e9, hypersensibilit\u00e9 aux Rosac\u00e9es, grossesse et allaitement (sans objet), enfants (sans indication).<\/p>\n<p><strong>Interactions<\/strong> : aucune interaction m\u00e9dicamenteuse cliniquement significative document\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce de <em>Prunus africana<\/em> est utilis\u00e9e depuis des si\u00e8cles dans les m\u00e9decines traditionnelles africaines. Les usages sont document\u00e9s chez de nombreux peuples d&rsquo;Afrique orientale et centrale.<\/p>\n<p>Au <strong>Kenya<\/strong>, les gu\u00e9risseurs kikuyu utilisent la d\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce pour traiter les troubles urinaires de l&rsquo;homme \u00e2g\u00e9 (difficult\u00e9s mictionnelles, pollakiurie nocturne), ce qui correspond \u00e0 l&rsquo;usage phytoth\u00e9rapeutique moderne. L&rsquo;\u00e9corce est \u00e9galement prescrite comme f\u00e9brifuge, antimalarique, laxatif et stomachique.<\/p>\n<p>Au <strong>Cameroun<\/strong>, les Bakweri et les Bamil\u00e9k\u00e9 utilisent l&rsquo;\u00e9corce contre les douleurs thoraciques, les fi\u00e8vres, la st\u00e9rilit\u00e9 masculine et les maladies v\u00e9n\u00e9riennes. Les feuilles sont employ\u00e9es en cataplasme sur les plaies.<\/p>\n<p>En <strong>Afrique du Sud<\/strong>, le \u00ab red stinkwood \u00bb est traditionnellement utilis\u00e9 comme rem\u00e8de stomachique, comme traitement des douleurs r\u00e9nales et comme purgatif. Le bois, dur et durable, est appr\u00e9ci\u00e9 en \u00e9b\u00e9nisterie et en construction.<\/p>\n<p>\u00c0 <strong>Madagascar<\/strong>, l&rsquo;\u00e9corce est utilis\u00e9e dans les m\u00e9decines traditionnelles malgaches pour les affections urinaires et les rhumatismes.<\/p>\n<p>L&rsquo;introduction du prunier d&rsquo;Afrique dans la phytoth\u00e9rapie occidentale remonte aux ann\u00e9es 1960, lorsque des chercheurs fran\u00e7ais (Debat, Galliard, L\u00e9pine) isol\u00e8rent et caract\u00e9ris\u00e8rent les principes actifs de l&rsquo;\u00e9corce et d\u00e9velopp\u00e8rent l&rsquo;extrait standardis\u00e9 Tadenan\u00ae.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et falsifications<\/h3>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9tat frais, <em>Prunus africana<\/em> peut \u00eatre confondu avec d&rsquo;autres arbres de la for\u00eat afromontane \u00e0 \u00e9corce fonc\u00e9e et feuillage sempervirent, notamment <em>Syzygium guineense<\/em> (Myrtac\u00e9es) et certains <em>Ilex<\/em> (Aquifoliac\u00e9es). L&rsquo;odeur d&rsquo;amande am\u00e8re de l&rsquo;\u00e9corce fra\u00eeche est un crit\u00e8re diagnostique fiable.<\/p>\n<p>Sur le march\u00e9 de la drogue s\u00e8che, des substitutions par de l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;autres Rosac\u00e9es (<em>Prunus serotina<\/em>, <em>Prunus avium<\/em>) ou d&rsquo;esp\u00e8ces non apparent\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9es. L&rsquo;analyse microscopique (pr\u00e9sence de cristaux d&rsquo;oxalate, structure du liber) et l&rsquo;analyse chimique (profil HPLC des phytost\u00e9rols et des triterp\u00e8nes, dosage du \u03b2-sitost\u00e9rol et de l&rsquo;acide ol\u00e9anolique) permettent de v\u00e9rifier l&rsquo;authenticit\u00e9.<\/p>\n<p>La tra\u00e7abilit\u00e9 de la mati\u00e8re premi\u00e8re est un enjeu crucial en raison des r\u00e9glementations CITES. Les lots doivent \u00eatre accompagn\u00e9s de permis d&rsquo;exportation et de certificats d&rsquo;origine attestant de la l\u00e9galit\u00e9 et de la durabilit\u00e9 de la r\u00e9colte.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Prunus africana<\/em> est une plante m\u00e9dicinale d&rsquo;importance majeure en phytoth\u00e9rapie urologique, dont l&rsquo;extrait d&rsquo;\u00e9corce constitue un traitement valid\u00e9 de l&rsquo;HBP symptomatique. Son profil pharmacologique multifactoriel (anti-androg\u00e9nique, anti-inflammatoire, anti-prolif\u00e9ratif, anti-\u0153d\u00e9mateux) et son excellent profil de s\u00e9curit\u00e9 en font un traitement de premier choix, seul ou en association avec le palmier nain.<\/p>\n<p>L&rsquo;avenir de cette drogue d\u00e9pend cependant de la r\u00e9solution des enjeux de conservation : la mise en place de fili\u00e8res de culture durable, le respect des r\u00e9glementations CITES, le partage \u00e9quitable des b\u00e9n\u00e9fices avec les communaut\u00e9s locales et la recherche de sources alternatives (culture in vitro, biotechnologie v\u00e9g\u00e9tale) sont des priorit\u00e9s absolues. La recherche de formulations optimis\u00e9es et la conduite d&rsquo;essais cliniques modernes de grande envergure permettront de consolider la place du prunier d&rsquo;Afrique dans l&rsquo;arsenal th\u00e9rapeutique urologique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Barlet A., Albrecht J., Aubert A. et al. Efficacy of <em>Pygeum africanum<\/em> extract in the medical therapy of urination disorders due to benign prostatic hyperplasia. <em>Wiener Klinische Wochenschrift<\/em>, 1990, 102(22) : 667-673.<\/p>\n<p>Chatelain C., Autet W., Brackman F. Comparison of once and twice daily dosage forms of <em>Pygeum africanum<\/em> extract in patients with benign prostatic hyperplasia. <em>Urology<\/em>, 1999, 54(3) : 473-478.<\/p>\n<p>Cunningham A.B., Mbenkum F.T. Sustainability of harvesting <em>Prunus africana<\/em> bark in Cameroon: a medicinal plant in international trade. People and Plants Working Paper 2, UNESCO, 1993.<\/p>\n<p>Ishani A., MacDonald R., Nelson D. et al. <em>Pygeum africanum<\/em> for the treatment of patients with benign prostatic hyperplasia: a systematic review and quantitative meta-analysis. <em>The American Journal of Medicine<\/em>, 2000, 109(8) : 654-664.<\/p>\n<p>Stewart K.M. The African cherry (<em>Prunus africana<\/em>): can lessons be learned from an over-exploited medicinal tree? <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 2003, 89(1) : 3-13.<\/p>\n<p>Wilt T., Ishani A., MacDonald R. et al. <em>Pygeum africanum<\/em> for benign prostatic hyperplasia. <em>Cochrane Database of Systematic Reviews<\/em>, 2002, (1) : CD001044.<\/p>\n<p>Yemane H., Hern\u00e1ndez-P\u00e9rez T., Garc\u00eda-Garc\u00eda J.D. Chemical composition and pharmacological effects of <em>Prunus africana<\/em> bark: a review. <em>Phytotherapy Research<\/em>, 2021, 35(12) : 6555-6571.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Antiprostatique (HBP, usage bien \u00e9tabli)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire prostatique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9congestionnant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Prunier d&rsquo;Afrique \u2014 Prunus africana (Hook.f.) 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