{"id":9536,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/hamamelis\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:49","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:49","slug":"hamamelis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/hamamelis\/","title":{"rendered":"HAMAM\u00c9LIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Hamam%C3%A9lis%20de%20Virginie.jpg\" alt=\"Planche botanique Hamam\u00e9lis de Virginie\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Hamam\u00e9lis \u2014 <em>Hamamelis virginiana<\/em> L.<\/h1>\n<p>L&rsquo;hamam\u00e9lis de Virginie est un arbuste ou petit arbre des for\u00eats caducifoli\u00e9es de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, dont les feuilles et l&rsquo;\u00e9corce constituent l&rsquo;une des drogues v\u00e9g\u00e9tales les plus anciennes et les plus utilis\u00e9es en phl\u00e9bo-dermatologie. Remarquable par sa floraison automnale tardive, survenant lorsque les feuilles sont d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9es, il fournit une drogue riche en <strong>tanins<\/strong>, en particulier en <strong>hamam\u00e9litanins<\/strong>, qui lui conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s veinotoniques, astringentes et anti-inflammatoires de premier plan. L&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis (\u00ab witch hazel \u00bb) est l&rsquo;un des produits de soin les plus vendus dans le monde anglo-saxon.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left; margin:5px 25px 15px 0; max-width:280px; border:1px solid #c9b99a; padding:6px; background:#faf6ee; border-radius:4px; cursor:pointer;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/hamamelis_virginiana.jpg\" alt=\"Hamamelis virginiana \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%; height:auto; display:block;\" \/><figcaption style=\"text-align:center; font-size:0.78em; color:#5a4e3c; margin-top:5px; font-style:italic;\">Hamamelis virginiana<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Hamamelis virginiana<\/em> appartient \u00e0 l&#8217;embranchement des Spermatophytes, sous-embranchement des Angiospermes, classe des Dicotyl\u00e9dones, ordre des Saxifragales, famille des Hamam\u00e9lidac\u00e9es (Hamamelidaceae). Le genre <em>Hamamelis<\/em> comprend 5 \u00e0 6 esp\u00e8ces r\u00e9parties en Am\u00e9rique du Nord et en Asie orientale (Chine, Japon) : <em>H. virginiana<\/em> L. et <em>H. vernalis<\/em> Sarg. en Am\u00e9rique du Nord ; <em>H. mollis<\/em> Oliv., <em>H. japonica<\/em> Siebold &amp; Zucc. et <em>H. \u00d7 intermedia<\/em> Rehder en Asie orientale.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Linn\u00e9 en 1753 dans le <em>Species Plantarum<\/em>. Le nom <em>Hamamelis<\/em> d\u00e9rive du grec <em>hama<\/em> (en m\u00eame temps) et <em>melon<\/em> (fruit), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la coexistence des fruits et des fleurs sur la plante (les fruits de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente m\u00fbrissent au moment de la floraison de l&rsquo;ann\u00e9e suivante). L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>virginiana<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Virginie, o\u00f9 l&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 collect\u00e9e pour la premi\u00e8re fois par les botanistes europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Le nom anglais \u00ab witch hazel \u00bb (noisetier de la sorci\u00e8re) ne se rapporte pas \u00e0 la sorcellerie mais d\u00e9rive du vieil anglais <em>wice<\/em> ou <em>wych<\/em> (flexible), en r\u00e9f\u00e9rence aux branches souples utilis\u00e9es comme baguettes de sourcier. Le nom fran\u00e7ais \u00ab hamam\u00e9lis \u00bb est emprunt\u00e9 directement au latin botanique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Hamamelis virginiana<\/em> est un arbuste ou petit arbre caduc, de 3 \u00e0 8 m\u00e8tres de hauteur (exceptionnellement 10-12 m), souvent multicaule, formant une touffe \u00e9tal\u00e9e. Le tronc est gr\u00eale (10-20 cm de diam\u00e8tre), \u00e0 \u00e9corce lisse, gris-brun, devenant l\u00e9g\u00e8rement \u00e9cailleuse avec l&rsquo;\u00e2ge. Les rameaux sont flexueux, pubescents (poils stellaires), de couleur brun-olive.<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, simples, obovales \u00e0 largement elliptiques, de 7 \u00e0 15 cm de long et 5 \u00e0 10 cm de large, \u00e0 sommet arrondi ou courtement acumin\u00e9, \u00e0 base asym\u00e9trique (oblique), un c\u00f4t\u00e9 \u00e9tant cun\u00e9iforme et l&rsquo;autre arrondi. La marge est grossi\u00e8rement cr\u00e9nel\u00e9e-ondul\u00e9e. Le limbe est glabre ou peu pubescent \u00e0 la face sup\u00e9rieure, pubescent (poils stellaires) \u00e0 la face inf\u00e9rieure, surtout sur les nervures. La nervation est penn\u00e9e, avec 5 \u00e0 7 paires de nervures lat\u00e9rales tr\u00e8s saillantes \u00e0 la face inf\u00e9rieure, imprim\u00e9es \u00e0 la face sup\u00e9rieure, donnant \u00e0 la feuille un aspect gaufr\u00e9e. Le p\u00e9tiole est court (1-2 cm), pubescent. Les stipules sont caduques.<\/p>\n<p>La floraison est une des plus tardives de la flore nord-am\u00e9ricaine : elle survient d&rsquo;octobre \u00e0 d\u00e9cembre, apr\u00e8s la chute des feuilles, ce qui rend les fleurs particuli\u00e8rement visibles. Les fleurs sont group\u00e9es par 2 \u00e0 4 en glom\u00e9rules axillaires. Chaque fleur poss\u00e8de 4 s\u00e9pales ovales, persistants, brun-pourpre, et 4 p\u00e9tales lin\u00e9aires-ruban\u00e9s, de 10 \u00e0 20 mm de long et 1 \u00e0 2 mm de large, jaune vif (parfois jaune orang\u00e9 ou rouge\u00e2tre), contourn\u00e9s et froiss\u00e9s, donnant \u00e0 la fleur un aspect \u00e9toil\u00e9 caract\u00e9ristique. Les \u00e9tamines sont 4, courtes, alternant avec 4 staminodes \u00e9cailleux. L&rsquo;ovaire est semi-inf\u00e8re, biloculaire.<\/p>\n<p>Le fruit est une capsule ligneuse, ovo\u00efde, de 10 \u00e0 14 mm, pubescente, \u00e0 2 loges, s&rsquo;ouvrant \u00e0 maturit\u00e9 (automne suivant) par d\u00e9hiscence explosive, projetant les 2 graines noires et luisantes \u00e0 plusieurs m\u00e8tres de distance (ballochorie). Ce m\u00e9canisme de dispersion est l&rsquo;un des plus spectaculaires du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal temp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Hamamelis virginiana<\/em> est originaire de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord. Son aire de r\u00e9partition s&rsquo;\u00e9tend du sud du Qu\u00e9bec et de l&rsquo;Ontario au Canada, vers le sud \u00e0 travers la Nouvelle-Angleterre, les Appalaches, le Pi\u00e9mont atlantique, jusqu&rsquo;au nord de la Floride et au Texas oriental. Il est absent de la plaine c\u00f4ti\u00e8re du sud-est profond et des Grandes Plaines.<\/p>\n<p>L&rsquo;habitat typique est le sous-bois des for\u00eats caducifoli\u00e9es mixtes (for\u00eats de ch\u00eanes-caryers, for\u00eats de h\u00eatres-\u00e9rables), les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les ravins humides, les bords de cours d&rsquo;eau et les pentes rocheuses. L&rsquo;esp\u00e8ce est sciaphile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile (tol\u00e8re bien l&rsquo;ombre) et constitue un \u00e9l\u00e9ment caract\u00e9ristique de la strate arbustive des for\u00eats temp\u00e9r\u00e9es orientales d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p>Le sol de pr\u00e9dilection est acide \u00e0 neutre (pH 4,5-6,5), bien drain\u00e9 mais frais, riche en mati\u00e8re organique (humus forestier). L&rsquo;esp\u00e8ce tol\u00e8re les sols rocheux et les pentes. La pluviom\u00e9trie est de 800 \u00e0 1400 mm par an, r\u00e9partie uniform\u00e9ment. Les temp\u00e9ratures hivernales peuvent descendre \u00e0 -25 \u00e0 -30 \u00b0C (zones USDA 3-8).<\/p>\n<p>La pollinisation est assur\u00e9e par de petits insectes (mouches, moucherons) actifs \u00e0 la fin de l&rsquo;automne, lorsque la plupart des autres plantes ont cess\u00e9 de fleurir. Cette strat\u00e9gie de floraison tardive r\u00e9duit la comp\u00e9tition pour les pollinisateurs.<\/p>\n<p><em>H. virginiana<\/em> est cultiv\u00e9 comme arbre ornemental dans les parcs et jardins d&rsquo;Europe et d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, appr\u00e9ci\u00e9 pour sa floraison automnale spectaculaire et sa coloration automnale dor\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, durabilit\u00e9 et conservation<\/h3>\n<p><em>Hamamelis virginiana<\/em> est une esp\u00e8ce commune et largement r\u00e9pandue dans les for\u00eats de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord. Elle n&rsquo;est pas menac\u00e9e ni prot\u00e9g\u00e9e (non inscrite sur les listes UICN ni CITES). Ses populations sont stables et l&rsquo;exploitation pour la production d&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis, bien que volumineuse (milliers de tonnes de rameaux r\u00e9colt\u00e9s annuellement, principalement dans le Connecticut, la Virginie et la Caroline du Nord), ne semble pas affecter la viabilit\u00e9 de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>La r\u00e9colte commerciale se fait par coupe des rameaux et des branches secondaires, ce qui stimule la repousse par rejets de souche (l&rsquo;esp\u00e8ce rejette vigoureusement). Des rotations de coupe sur 5 \u00e0 10 ans permettent une exploitation durable. La culture en plantation est pratiqu\u00e9e \u00e0 petite \u00e9chelle mais reste marginale par rapport \u00e0 la r\u00e9colte en milieu naturel.<\/p>\n<p>\u00c9cologiquement, <em>H. virginiana<\/em> est un composant important du sous-bois des for\u00eats temp\u00e9r\u00e9es orientales. Sa floraison tardive (octobre-d\u00e9cembre) fournit du nectar et du pollen \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 les sources florales sont rares, b\u00e9n\u00e9ficiant aux pollinisateurs tardifs. Ses fruits et ses graines sont consomm\u00e9s par les oiseaux (t\u00e9tras, dindons sauvages) et les petits mammif\u00e8res (\u00e9cureuils).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Deux organes constituent les drogues officinales :<\/p>\n<p><strong>Les feuilles<\/strong> (<em>Hamamelidis folium<\/em>) : la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (Ph. Eur.) poss\u00e8de une monographie \u00ab Hamam\u00e9lis (feuille d&rsquo;) \u00bb. La drogue est constitu\u00e9e par les feuilles enti\u00e8res ou fragment\u00e9es, s\u00e9ch\u00e9es, de <em>H. virginiana<\/em>. La feuille s\u00e8che est brun-verd\u00e2tre, coriace, \u00e0 nervation penn\u00e9e tr\u00e8s marqu\u00e9e. L&rsquo;odeur est faible et aromatique, la saveur astringente et l\u00e9g\u00e8rement am\u00e8re. La Ph. Eur. exige une teneur minimale en tanins totaux de 3,0 % (exprim\u00e9s en pyrogallol, m\u00e9thode de Folin-Ciocalteu).<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9corce<\/strong> (<em>Hamamelidis cortex<\/em>) : la Ph. Eur. poss\u00e8de \u00e9galement une monographie \u00ab Hamam\u00e9lis (\u00e9corce d&rsquo;) \u00bb. L&rsquo;\u00e9corce de tronc et de branches est r\u00e9colt\u00e9e au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne. Elle est plus riche en tanins que les feuilles (8-12 % contre 3-8 %).<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis<\/strong> (\u00ab Hamamelis water \u00bb, \u00ab witch hazel \u00bb) : distillat aqueux obtenu par distillation \u00e0 la vapeur d&rsquo;eau des rameaux feuill\u00e9s et\/ou de l&rsquo;\u00e9corce fra\u00eeche. Ce produit, tr\u00e8s populaire aux \u00c9tats-Unis et au Royaume-Uni, est utilis\u00e9 comme tonique astringent pour la peau. L&rsquo;USP (United States Pharmacopeia) en d\u00e9finit les normes. Paradoxalement, l&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis contient tr\u00e8s peu de tanins (la plupart \u00e9tant non volatils), mais renferme des compos\u00e9s volatils (ald\u00e9hydes, alcools terp\u00e9niques) et de l&rsquo;alcool r\u00e9siduel (14 % dans les formulations USP).<\/p>\n<p>La r\u00e9colte des feuilles se fait de pr\u00e9f\u00e9rence en \u00e9t\u00e9 (juin-ao\u00fbt), lorsque la teneur en tanins est maximale. L&rsquo;\u00e9corce est r\u00e9colt\u00e9e sur des rameaux de 2 \u00e0 5 cm de diam\u00e8tre. Le s\u00e9chage est effectu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ombre ou en \u00e9tuve (40-50 \u00b0C).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de <em>Hamamelis virginiana<\/em> est domin\u00e9e par les <strong>tanins<\/strong>, principalement des tanins hydrolysables de type gallique et ellagique.<\/p>\n<p><strong>Tanins hydrolysables (gallotanins et ellagitanins)<\/strong> : constituant 3-12 % de la feuille s\u00e8che et 8-15 % de l&rsquo;\u00e9corce s\u00e8che.<\/p>\n<p><strong>Hamam\u00e9litanin<\/strong> (C\u2082\u2080H\u2082\u2080O\u2081\u2084, MM 484,36 g\/mol) : 2&prime;,5-digalloyl-D-hamamelose, un gallotanin original caract\u00e9ristique de l&rsquo;hamam\u00e9lis. C&rsquo;est un ester de l&rsquo;acide gallique avec l&rsquo;hamam\u00e9lose (2-C-hydroxym\u00e9thyl-D-ribose), un sucre rare sp\u00e9cifique du genre <em>Hamamelis<\/em>. L&rsquo;hamam\u00e9litanin est consid\u00e9r\u00e9 comme le marqueur phytochimique de la drogue et un contributeur majeur \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 pharmacologique.<\/p>\n<p><strong>Acide gallique<\/strong> libre (C\u2087H\u2086O\u2085) : pr\u00e9sent en quantit\u00e9 notable (0,5-2 %).<\/p>\n<p><strong>Gallotanins<\/strong> : esters polyglucosidiques de l&rsquo;acide gallique (pentagalloylglucose et oligom\u00e8res sup\u00e9rieurs).<\/p>\n<p><strong>Ellagitanins<\/strong> : compos\u00e9s issus de la dim\u00e9risation oxydative de groupes galloyle, dont la <strong>casuarictine<\/strong>, la <strong>p\u00e9dunculagine<\/strong> et la <strong>tellimagrandine II<\/strong>.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">Proanthocyanidines<\/a> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a>)<\/strong> : oligom\u00e8res de <strong>cat\u00e9chine<\/strong> et d&rsquo;<strong>\u00e9picat\u00e9chine<\/strong>, pr\u00e9sents dans les feuilles et l&rsquo;\u00e9corce, contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante et veinotonique.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides (<strong>quercitrine<\/strong>, <strong>isoquercitrine<\/strong>, <strong>astragaline<\/strong>, <strong>myric\u00e9tine-3-O-galactoside<\/strong>). Teneur : 0,5-3 % de la feuille s\u00e8che.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle<\/strong> : pr\u00e9sente en traces (0,01-0,5 %) dans les feuilles et l&rsquo;\u00e9corce, contenant des <strong>alcools sesquiterp\u00e9niques<\/strong>, des <strong>ald\u00e9hydes<\/strong> (hexanal, 2-hex\u00e9nal) et des <strong>esters<\/strong>. Ces compos\u00e9s volatils se retrouvent dans l&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis par distillation.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Sucres sp\u00e9cifiques<\/strong> : <strong>hamam\u00e9lose<\/strong> (2-C-hydroxym\u00e9thyl-D-ribose), libre et est\u00e9rifi\u00e9, caract\u00e9ristique de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Le dosage des tanins totaux se fait par la m\u00e9thode colorim\u00e9trique de Folin-Ciocalteu (Ph. Eur.) ou par HPLC pour le dosage individuel de l&rsquo;hamam\u00e9litanin, de l&rsquo;acide gallique et des flavono\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de l&rsquo;hamam\u00e9lis sont principalement attribu\u00e9es \u00e0 sa fraction tannique et flavono\u00efdique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 veinotonique et vasculoprotectrice<\/strong> : c&rsquo;est la propri\u00e9t\u00e9 la plus document\u00e9e et la plus exploit\u00e9e cliniquement. Les tanins (hamam\u00e9litanin, proanthocyanidines) et les flavono\u00efdes renforcent la paroi veineuse et r\u00e9duisent la perm\u00e9abilit\u00e9 capillaire par plusieurs m\u00e9canismes : 1) liaison aux prot\u00e9ines de la matrice extracellulaire vasculaire (collag\u00e8ne, \u00e9lastine), augmentant la rigidit\u00e9 et la r\u00e9sistance de la paroi ; 2) inhibition des m\u00e9talloprot\u00e9inases matricielles (MMP-2, MMP-9) responsables de la d\u00e9gradation du collag\u00e8ne et de l&rsquo;\u00e9lastine vasculaires ; 3) inhibition des enzymes prot\u00e9olytiques endoth\u00e9liales (\u00e9lastase, hyaluronidase) ; 4) activit\u00e9 anti-radicalaire prot\u00e9geant l&rsquo;endoth\u00e9lium contre le stress oxydatif. L&rsquo;effet veinotonique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 in vitro sur des segments de veine saph\u00e8ne humaine (augmentation du tonus veineux, am\u00e9lioration de la contractilit\u00e9).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 astringente<\/strong> : les tanins pr\u00e9cipitent les prot\u00e9ines de surface des muqueuses et de la peau, formant un film protecteur qui r\u00e9duit la perm\u00e9abilit\u00e9, l&rsquo;inflammation et les s\u00e9cr\u00e9tions. Cet effet astringent est utile dans les inflammations cutan\u00e9es (ecz\u00e9ma suintant, dermatite), les h\u00e9morro\u00efdes et les mucites.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : l&rsquo;hamam\u00e9litanin et les proanthocyanidines inhibent la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-1\u03b2, IL-6, IL-8) dans les k\u00e9ratinocytes et les monocytes\/macrophages activ\u00e9s. L&rsquo;hamam\u00e9litanin inhibe l&rsquo;activation de NF-\u03baB et la voie MAPK. Les flavono\u00efdes (querc\u00e9tine) inhibent la COX-2, la 5-LOX et la phospholipase A\u2082.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les tanins et les flavono\u00efdes exercent une activit\u00e9 antioxydante puissante : pi\u00e9geage des radicaux libres (O\u2082\u207b, OH\u00b7, ROO\u00b7), inhibition de la peroxydation lipidique, ch\u00e9lation des ions m\u00e9talliques (Fe\u00b2\u207a, Cu\u00b2\u207a). Cette activit\u00e9 prot\u00e8ge les structures vasculaires et cutan\u00e9es contre les dommages oxydatifs.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 h\u00e9mostatique locale<\/strong> : les tanins favorisent l&rsquo;h\u00e9mostase locale en pr\u00e9cipitant les prot\u00e9ines plasmatiques et en contractant les petits vaisseaux, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;usage traditionnel dans les saignements mineurs, les \u00e9pistaxis et les h\u00e9morro\u00efdes saignantes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : les tanins exercent une activit\u00e9 bact\u00e9riostatique mod\u00e9r\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Streptococcus pyogenes<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em> et certains champignons (<em>Candida albicans<\/em>). L&rsquo;activit\u00e9 antivirale contre le virus de l&rsquo;herp\u00e8s simplex de type 1 (HSV-1) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e in vitro (Erdelmeier et al., 1996, PMID 8693037). Les donn\u00e9es concernant HSV-2 ne sont pas disponibles dans la litt\u00e9rature scientifique index\u00e9e. Theisen et al. (2014, PLoS ONE, PMID 24498245) ont \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9 une activit\u00e9 antivirale contre le virus influenza A et le papillomavirus humain (HPV).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><em>Hamamelis virginiana<\/em> b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un \u00ab usage traditionnel bien \u00e9tabli \u00bb selon l&rsquo;EMA pour plusieurs indications, et de donn\u00e9es cliniques de soutien pour certaines d&rsquo;entre elles.<\/p>\n<p><strong>Insuffisance veineuse chronique et sympt\u00f4mes veineux<\/strong> : Korting et al. (1995) ont men\u00e9 une \u00e9tude contr\u00f4l\u00e9e en double aveugle sur 72 patients atteints d&rsquo;ecz\u00e9ma atopique mod\u00e9r\u00e9 (randomis\u00e9e, 14 jours), comparant une cr\u00e8me au distillat d&rsquo;hamam\u00e9lis \u00e0 une cr\u00e8me v\u00e9hicule et \u00e0 une cr\u00e8me \u00e0 base d&rsquo;hydrocortisone 0,5 %. L&rsquo;hydrocortisone s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e sup\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;hamam\u00e9lis pour la r\u00e9duction du prurit, de l&rsquo;\u00e9ryth\u00e8me et de la desquamation, et la cr\u00e8me d&rsquo;hamam\u00e9lis n&rsquo;a pas montr\u00e9 d&rsquo;efficacit\u00e9 sup\u00e9rieure au v\u00e9hicule seul. L&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;Erdelmeier et al. (1996, Planta Med) porte sur des activit\u00e9s antivirales et anti-inflammatoires in vitro et sur mod\u00e8le animal (\u0153d\u00e8me \u00e0 l&rsquo;huile de croton chez la souris), non sur des patients. Korting et al. (1993) ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire du distillat d&rsquo;hamam\u00e9lis en comparaison \u00e0 l&rsquo;hydrocortisone 1 % sur un \u00e9ryth\u00e8me induit par irradiation UV et par stripping \u00e0 la cellophane chez 24 sujets sains. Une activit\u00e9 anti-inflammatoire du distillat d&rsquo;hamam\u00e9lis en v\u00e9hicule phosphatidylcholine a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e \u00e0 dose faible, mais l&rsquo;hydrocortisone s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e sup\u00e9rieure (PMID 8513841).<\/p>\n<p><strong>H\u00e9morro\u00efdes<\/strong> : l&rsquo;application topique de pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;hamam\u00e9lis (suppositoires, pommades, lingettes) est largement utilis\u00e9e dans le traitement symptomatique des h\u00e9morro\u00efdes. L&rsquo;EMA reconna\u00eet cet usage traditionnel. Des \u00e9tudes ouvertes montrent une r\u00e9duction significative du prurit, de la douleur, du saignement et de l&rsquo;\u0153d\u00e8me p\u00e9ri-anal. Les donn\u00e9es d&rsquo;essais contr\u00f4l\u00e9s restent cependant limit\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Dermatite atopique et ecz\u00e9ma<\/strong> : Des donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es (essais ouverts et quelques \u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es) sugg\u00e8rent un b\u00e9n\u00e9fice de l&rsquo;hamam\u00e9lis dans la dermatite atopique l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e, mais aucun essai contr\u00f4l\u00e9 de phase III publi\u00e9 et index\u00e9 ne permet de valider ces affirmations.<\/p>\n<p><strong>Coups de soleil<\/strong> : des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que l&rsquo;application de lotion d&rsquo;hamam\u00e9lis apr\u00e8s irradiation UV r\u00e9duit l&rsquo;\u00e9ryth\u00e8me actinique de mani\u00e8re significative, avec un effet protecteur contre les dommages oxydatifs cutan\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Soins post-partum<\/strong> : l&rsquo;application de compresses d&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis sur le p\u00e9rin\u00e9e apr\u00e8s l&rsquo;accouchement est une pratique courante dans les pays anglo-saxons. Quelques \u00e9tudes sugg\u00e8rent un b\u00e9n\u00e9fice sur la r\u00e9duction de l&rsquo;\u0153d\u00e8me et de la douleur p\u00e9rin\u00e9ale, mais le niveau de preuve est faible.<\/p>\n<p><strong>Gingivite et stomatite<\/strong> : le bain de bouche \u00e0 base d&rsquo;extrait d&rsquo;hamam\u00e9lis a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 dans la gingivite et la stomatite avec des r\u00e9sultats favorables sur la r\u00e9duction de l&rsquo;inflammation et du saignement gingival.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Hamam\u00e9litanin<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanin<\/a> sp\u00e9cifique<\/td>\n<td>Astringent, veinotonique, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ellagitanins (p\u00e9dunculagine, tellimagrandine)<\/td>\n<td>Tanins ellagiques<\/td>\n<td>Astringents, antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cat\u00e9chine, \u00e9picat\u00e9chine<\/td>\n<td>Flavanols<\/td>\n<td>Veinotoniques, antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Usage externe (principal)<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>Extrait fluide hydro-alcoolique de feuilles ou d&rsquo;\u00e9corce<\/strong> : dilu\u00e9 \u00e0 5-10 % dans l&rsquo;eau pour des compresses, des bains locaux ou des lavages. Application 2 \u00e0 3 fois par jour sur les zones concern\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Eau d&rsquo;hamam\u00e9lis (distillat)<\/strong> : application directe sur la peau \u00e0 l&rsquo;aide de compresses ou de cotons. Peut \u00eatre utilis\u00e9e pure ou dilu\u00e9e. Tr\u00e8s populaire comme tonique facial astringent et comme soin post-\u00e9pilation.<\/p>\n<p><strong>Cr\u00e8mes et gels<\/strong> : contenant 5 \u00e0 10 % d&rsquo;extrait hydro-alcoolique de feuilles ou 2 \u00e0 5 % d&rsquo;extrait d&rsquo;\u00e9corce. Application 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Pommades et suppositoires (h\u00e9morro\u00efdes)<\/strong> : contenant l&rsquo;extrait d&rsquo;\u00e9corce ou de feuilles. Application 2 \u00e0 3 fois par jour et apr\u00e8s chaque selle pour les suppositoires.<\/p>\n<p><strong>Lingettes impr\u00e9gn\u00e9es<\/strong> : lingettes humides \u00e0 l&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis pour l&rsquo;hygi\u00e8ne anale (h\u00e9morro\u00efdes) ou le nettoyage du visage.<\/p>\n<p><strong>Usage interne (secondaire)<\/strong> :<\/p>\n<p><strong>Infusion de feuilles<\/strong> : 2 \u00e0 3 g de feuilles s\u00e8ches dans 150 ml d&rsquo;eau bouillante, infusion 10 minutes, 2 \u00e0 3 tasses par jour. Indiqu\u00e9e dans les troubles veineux l\u00e9gers (lourdeur des jambes).<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce<\/strong> : 2 \u00e0 4 g dans 150 ml d&rsquo;eau, d\u00e9coction 10-15 minutes, 2 \u00e0 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec<\/strong> : g\u00e9lules de 200 \u00e0 300 mg, 2 \u00e0 3 fois par jour. Standardis\u00e9 \u00e0 \u2265 4 % de tanins totaux.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : 2 \u00e0 4 ml par jour.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;hamam\u00e9lis est consid\u00e9r\u00e9 comme une drogue de tr\u00e8s bonne innocuit\u00e9, utilis\u00e9e depuis des si\u00e8cles en m\u00e9decine populaire et depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle comme produit de soin courant.<\/p>\n<p>La DL\u2085\u2080 orale chez le rat est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e (sup\u00e9rieure \u00e0 2 g\/kg pour l&rsquo;extrait sec). Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique n&rsquo;ont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de toxicit\u00e9 significative. Pas de g\u00e9notoxicit\u00e9 (test d&rsquo;Ames n\u00e9gatif, test du micronoyau n\u00e9gatif). Pas de canc\u00e9rog\u00e9nicit\u00e9 dans les \u00e9tudes disponibles.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables<\/strong> : extr\u00eamement rares par voie topique. Des dermatites de contact allergiques ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es exceptionnellement, g\u00e9n\u00e9ralement attribu\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres composants de la formulation (conservateurs, parfums) plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;hamam\u00e9lis lui-m\u00eame. Par voie orale, des troubles digestifs (naus\u00e9es, constipation) peuvent survenir \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es en raison de la teneur en tanins.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9caution avec l&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis (USP)<\/strong> : la formulation am\u00e9ricaine traditionnelle contient 14 % d&rsquo;alcool (\u00e9thanol), ce qui peut provoquer une irritation sur les peaux tr\u00e8s sensibles ou l\u00e9s\u00e9es. Des formulations sans alcool sont disponibles.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : hypersensibilit\u00e9 connue \u00e0 l&rsquo;hamam\u00e9lis. Par voie orale : grossesse et allaitement (donn\u00e9es insuffisantes), bien que l&rsquo;usage topique soit consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr. L&rsquo;usage topique pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement est accept\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Interactions<\/strong> : les tanins peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption intestinale de m\u00e9dicaments co-administr\u00e9s (fer, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a>, aminosides). Prendre l&rsquo;hamam\u00e9lis \u00e0 distance des autres m\u00e9dicaments par voie orale (intervalle de 2 heures).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;hamam\u00e9lis \u00e9tait l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus importantes des peuples am\u00e9rindiens de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord. Les Iroquois, les Cherokees, les Mohegans, les Potawatomis et d&rsquo;autres nations utilisaient les feuilles, l&rsquo;\u00e9corce et les rameaux \u00e0 des fins multiples.<\/p>\n<p>La d\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce \u00e9tait appliqu\u00e9e en compresses sur les <strong>plaies<\/strong>, les <strong>contusions<\/strong>, les <strong>entorses<\/strong>, les <strong>tumeurs<\/strong> et les <strong>inflammations oculaires<\/strong>. Par voie interne, elle \u00e9tait prescrite contre les <strong>h\u00e9morragies<\/strong> (ut\u00e9rines, pulmonaires, intestinales), les <strong>diarrh\u00e9es<\/strong>, les <strong>rhumes<\/strong> et les <strong>fi\u00e8vres<\/strong>. Les Cherokees utilisaient la d\u00e9coction de feuilles en bain de bouche pour les <strong>aphtes<\/strong> et les <strong>inflammations gingivales<\/strong>.<\/p>\n<p>Les rameaux souples d&rsquo;hamam\u00e9lis \u00e9taient \u2014 et sont encore \u2014 utilis\u00e9s comme <strong>baguettes de sourcier<\/strong> (dowsing, water witching) pour la recherche de sources d&rsquo;eau souterraines. Cette pratique, r\u00e9pandue dans toute l&rsquo;Am\u00e9rique rurale, explique le nom vernaculaire \u00ab witch hazel \u00bb (noisetier de la sorci\u00e8re\/du sourcier).<\/p>\n<p>Les premiers colons europ\u00e9ens adopt\u00e8rent rapidement les usages am\u00e9rindiens. Au XIXe si\u00e8cle, l&rsquo;Am\u00e9ricain Theron T. Pond d\u00e9veloppa un distillat commercial d&rsquo;hamam\u00e9lis (\u00ab Pond&rsquo;s Extract \u00bb) qui devint l&rsquo;un des rem\u00e8des domestiques les plus populaires des \u00c9tats-Unis, utilis\u00e9 pour les coupures, les br\u00fblures, les piq\u00fbres d&rsquo;insectes, les irritations cutan\u00e9es et les \u00ab varices \u00bb. L&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis (witch hazel) resta par la suite un incontournable des armoires \u00e0 pharmacie am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>L&rsquo;hamam\u00e9lis fut introduit en Europe au XVIIIe si\u00e8cle comme plante ornementale, puis int\u00e9gr\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes au XIXe si\u00e8cle. La Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise l&rsquo;inscrivit d\u00e8s 1884.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et falsifications<\/h3>\n<p>La confusion la plus fr\u00e9quente concerne les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces du genre <em>Hamamelis<\/em>. Les hamam\u00e9lis ornementaux asiatiques (<em>H. mollis<\/em>, <em>H. japonica<\/em>, <em>H. \u00d7 intermedia<\/em>) sont tr\u00e8s r\u00e9pandus dans les jardins europ\u00e9ens et pourraient th\u00e9oriquement \u00eatre utilis\u00e9s en substitution. Leur composition chimique est globalement similaire (tanins, flavono\u00efdes) mais pas identique, et ils ne font pas l&rsquo;objet de monographies pharmacop\u00e9iques. Seul <em>H. virginiana<\/em> est officinal dans la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><em>Hamamelis vernalis<\/em> Sarg., esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine \u00e0 floraison printani\u00e8re (janvier-mars), est parfois confondu avec <em>H. virginiana<\/em>, mais ses feuilles sont plus petites et son aire de r\u00e9partition est plus restreinte (centre-sud des \u00c9tats-Unis).<\/p>\n<p>Au niveau des produits commerciaux, l&rsquo;eau d&rsquo;hamam\u00e9lis (witch hazel water) peut \u00eatre pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de diff\u00e9rentes parties de la plante (rameaux feuill\u00e9s, \u00e9corce, ou un m\u00e9lange des deux), avec des compositions chimiques variables. La standardisation est un enjeu pour les produits cosm\u00e9tiques et phytoth\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>La falsification par des tanins d&rsquo;autres sources (ch\u00eane, quebracho, sumac) dans les extraits est th\u00e9oriquement possible mais rarement document\u00e9e. L&rsquo;identification de l&rsquo;hamam\u00e9litanin (tanin sp\u00e9cifique du genre) par HPLC permet de v\u00e9rifier l&rsquo;authenticit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Hamamelis virginiana<\/em> est une plante m\u00e9dicinale v\u00e9n\u00e9rable, dont l&rsquo;usage remonte aux traditions am\u00e9rindiennes et qui reste l&rsquo;un des produits de soin naturel les plus utilis\u00e9s au monde. Son profil pharmacologique, centr\u00e9 sur les <strong>tanins<\/strong> (en particulier l&rsquo;<strong>hamam\u00e9litanin<\/strong>) et les <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, est remarquablement adapt\u00e9 aux affections vasculaires et cutan\u00e9es : veinotonique, astringent, anti-inflammatoire, antioxydant et h\u00e9mostatique.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche incluent l&rsquo;\u00e9valuation clinique rigoureuse dans l&rsquo;insuffisance veineuse chronique (essais randomis\u00e9s contr\u00f4l\u00e9s de grande taille), l&rsquo;optimisation des formulations topiques (nanoencapsulation, liposomes), l&rsquo;exploration du potentiel antiviral (HSV, HPV) et la caract\u00e9risation fine de la relation structure-activit\u00e9 des diff\u00e9rents tanins. La durabilit\u00e9 de l&rsquo;approvisionnement, fond\u00e9e sur une esp\u00e8ce commune et une exploitation bien g\u00e9r\u00e9e, constitue un atout majeur pour l&rsquo;avenir de cette drogue.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Deters A., Dauer A., Schnetz E. et al. High molecular compounds (polysaccharides and proanthocyanidins) from <em>Hamamelis virginiana<\/em> bark: influence on human skin keratinocyte proliferation and differentiation and influence on irritated skin. <em>Phytochemistry<\/em>, 2001, 58(6) : 949-958.<\/p>\n<p>Erdelmeier C.A., Cinatl J., Rabenau H. et al. Antiviral and antiphlogistic activities of <em>Hamamelis virginiana<\/em> bark. <em>Planta Medica<\/em>, 1996, 62(3) : 241-245.<\/p>\n<p>European Medicines Agency (EMA\/HMPC). Assessment report on <em>Hamamelis virginiana<\/em> L., folium; <em>Hamamelis virginiana<\/em> L., cortex; <em>Hamamelis virginiana<\/em> L., folium et cortex aut ramunculus destillatum. London, 2010.<\/p>\n<p>Habtemariam S. Extract of corn silk (stigma of <em>Zea mays<\/em>) and a fraction enriched in hamamelitannin. In: <em>Tannins \u2014 Pharmacology and Therapeutic Benefits<\/em>. London: IntechOpen, 2019.<\/p>\n<p>Korting H.C., Sch\u00e4fer-Korting M., Hart H. et al. Anti-inflammatory activity of <em>hamamelis<\/em> distillate applied topically to the skin. Influence of vehicle and dose. <em>European Journal of Clinical Pharmacology<\/em>, 1993, 44(4) : 315-318.<\/p>\n<p>Masaki H., Atsumi T., Sakurai H. Hamamelitannin as a new potent active oxygen scavenger. <em>Phytochemistry<\/em>, 1994, 37(2) : 337-343.<\/p>\n<p>Monographie de la Commission E du BfArM : <em>Hamamelis virginiana<\/em> \u2014 feuille, \u00e9corce et eau. Bundesanzeiger, 1990.<\/p>\n<\/p>\n<p>Theisen L.L., Erdelmeier C.A., Spoden G.A. et al. Tannins from <em>Hamamelis virginiana<\/em> bark extract: characterization and improvement of the antiviral efficacy against influenza A virus and human papillomavirus. <em>PLoS ONE<\/em>, 2014, 9(1) : e88062.<\/p>\n<p>Vennat B., Gross D., Pourrat H., Pourrat A. <em>Hamamelis virginiana<\/em>: identification and assay of proanthocyanidins, phenolic acids, flavonoids and hamamelitannin in leaf and bark extracts. <em>Pharmaceutica Acta Helvetiae<\/em>, 1992, 67(1) : 11-16.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Veinotonique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-h\u00e9morro\u00efdaire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> H\u00e9mostatique local<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hamam\u00e9lis \u2014 Hamamelis virginiana L. L&rsquo;hamam\u00e9lis de Virginie est un arbuste ou petit arbre des for\u00eats caducifoli\u00e9es de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, dont les [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[161],"tags":[],"class_list":["post-9536","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-hamamelidacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9536","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9536"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9536\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14346,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9536\/revisions\/14346"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9536"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9536"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9536"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}