{"id":9540,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/moringa\/"},"modified":"2026-06-24T16:59:03","modified_gmt":"2026-06-24T14:59:03","slug":"moringa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/moringa\/","title":{"rendered":"MORINGA"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Moringa.jpg\" alt=\"Planche botanique Moringa\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Moringa oleifera<\/em> Lam.<\/p>\n<p>Famille (classification morphologique traditionnelle) : Moringaceae.<\/p>\n<p><em>Moringa oleifera<\/em> est un arbre tropical \u00e0 croissance rapide originaire du sous-continent indien, devenu au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies l&rsquo;une des plantes les plus m\u00e9diatis\u00e9es de la phytoth\u00e9rapie et de la nutrition mondiales. Qualifi\u00e9 d&rsquo;\u00ab arbre miracle \u00bb ou d&rsquo;\u00ab arbre de vie \u00bb dans la litt\u00e9rature populaire, le moringa doit cette r\u00e9putation \u00e0 un profil nutritionnel exceptionnel \u2014 ses feuilles concentrent une densit\u00e9 remarquable de prot\u00e9ines, de vitamines, de min\u00e9raux et d&rsquo;antioxydants \u2014 ainsi qu&rsquo;\u00e0 un spectre d&rsquo;activit\u00e9s pharmacologiques qui, bien que souvent surestim\u00e9 par le marketing, repose sur des bases phytochimiques solides.<\/p>\n<p>La famille des Moringaceae, monog\u00e9n\u00e9rique et comprenant seulement 13 esp\u00e8ces, occupe une position phylog\u00e9n\u00e9tique isol\u00e9e au sein de l&rsquo;ordre des Brassicales, ce qui conf\u00e8re \u00e0 <em>Moringa oleifera<\/em> un patrimoine biochimique original domin\u00e9 par les <strong>isothiocyanates<\/strong> (compos\u00e9s soufr\u00e9s partag\u00e9s avec les Brassicac\u00e9es), les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong> et les flavono\u00efdes. Les feuilles constituent un compl\u00e9ment alimentaire remin\u00e9ralisant de premier ordre, tandis que les graines fournissent une huile de haute qualit\u00e9 (huile de ben) et des prot\u00e9ines floculantes utilis\u00e9es dans la purification de l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Cette monographie propose une synth\u00e8se critique et actualis\u00e9e des connaissances scientifiques sur <em>Moringa oleifera<\/em>, distinguant les donn\u00e9es solidement \u00e9tablies des all\u00e9gations non fond\u00e9es, dans une perspective d&rsquo;usage rationnel en phytoth\u00e9rapie et en nutrition.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Moringa oleifera<\/em> Lam. appartient \u00e0 la famille des <strong>Moringaceae<\/strong>, ordre des Brassicales, clade des Rosid\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Classification APG IV :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Clade : Angiospermes<\/li>\n<li>Clade : Dicotyl\u00e9dones vraies (Eudicots)<\/li>\n<li>Clade : Rosid\u00e9es<\/li>\n<li>Ordre : Brassicales<\/li>\n<li>Famille : Moringaceae<\/li>\n<li>Genre : <em>Moringa<\/em> Adans.<\/li>\n<li>Esp\u00e8ce : <em>Moringa oleifera<\/em> Lam., 1785<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Basionyme et synonymes :<\/strong> <em>Guilandina moringa<\/em> L. (1753), <em>Moringa pterygosperma<\/em> Gaertn. (1791, synonyme le plus fr\u00e9quemment rencontr\u00e9 dans la litt\u00e9rature ancienne), <em>Hyperanthera moringa<\/em> (L.) Vahl. Le nom <em>Moringa<\/em> d\u00e9rive du tamoul <em>murungai<\/em> ou du malayalam <em>muringa<\/em>. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>oleifera<\/em> (du latin <em>oleum<\/em>, huile, et <em>ferre<\/em>, porter) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;huile extraite des graines.<\/p>\n<p>La famille Moringaceae est monog\u00e9n\u00e9rique et comprend 13 esp\u00e8ces, toutes originaires de la ceinture tropicale aride de l&rsquo;Ancien Monde (Inde, Afrique, Madagascar, Arabie). <em>M. oleifera<\/em> est de loin l&rsquo;esp\u00e8ce la plus cultiv\u00e9e et la plus \u00e9tudi\u00e9e. <em>M. stenopetala<\/em> (moringa africain, \u00ab cabbage tree \u00bb) est cultiv\u00e9e en \u00c9thiopie et au Kenya pour ses feuilles alimentaires.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Moringa oleifera<\/em> est un arbre \u00e0 feuilles caduques, \u00e0 croissance tr\u00e8s rapide, pouvant atteindre 10 \u00e0 12 m\u00e8tres de hauteur en quelques ann\u00e9es, mais g\u00e9n\u00e9ralement maintenu \u00e0 3-5 m\u00e8tres en culture pour faciliter la r\u00e9colte des feuilles. Le port est \u00e9rig\u00e9, peu ramifi\u00e9, avec une cime ouverte et l\u00e9g\u00e8re. Le tronc est recouvert d&rsquo;une \u00e9corce li\u00e9geuse, blanch\u00e2tre \u00e0 gris clair, lisse, exsudant une gomme r\u00e9sineuse lorsqu&rsquo;il est bless\u00e9. Le bois est tendre, spongieux, cassant.<\/p>\n<p><strong>Appareil v\u00e9g\u00e9tatif :<\/strong> Les feuilles sont alternes, compos\u00e9es bi- ou tripenn\u00e9es, longues de 30 \u00e0 60 cm, portant 4 \u00e0 6 paires de pennes oppos\u00e9es, chacune subdivis\u00e9e en 3 \u00e0 9 paires de folioles. Les folioles sont petites (1 \u00e0 2 cm), elliptiques \u00e0 obovales, enti\u00e8res, vert clair, glabres, \u00e0 apex arrondi. Les p\u00e9tioles et rachis sont flexibles, l\u00e9g\u00e8rement pubescents. Le feuillage est d\u00e9licat, d&rsquo;aspect plumeux, rappelant celui de certaines Fabac\u00e9es. La chute des feuilles intervient en saison s\u00e8che dans les r\u00e9gions \u00e0 s\u00e9cheresse marqu\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Appareil reproducteur :<\/strong> L&rsquo;inflorescence est une panicule axillaire ou terminale, l\u00e2che, longue de 10 \u00e0 25 cm. Les fleurs sont bisexu\u00e9es, zygomorphes, pentam\u00e8res, blanches \u00e0 blanc cr\u00e8me, parfum\u00e9es (odeur douce de miel), de 2 \u00e0 2,5 cm de diam\u00e8tre. Le calice comprend 5 s\u00e9pales in\u00e9gaux, r\u00e9fl\u00e9chis. La corolle est compos\u00e9e de 5 p\u00e9tales in\u00e9gaux (le sup\u00e9rieur plus large), spatul\u00e9s, blancs. L&rsquo;androc\u00e9e comprend 5 \u00e9tamines fertiles et 5 staminodes, ins\u00e9r\u00e9s sur un disque nectarif\u00e8re. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, uniloculaire, tricarpe, \u00e0 placentation pari\u00e9tale, contenant de nombreux ovules bis\u00e9ri\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> Le fruit est une capsule loculicide pendante, trigone, lin\u00e9aire, longue de 20 \u00e0 45 cm et large de 1 \u00e0 2 cm, verte puis brune \u00e0 maturit\u00e9, s&rsquo;ouvrant par 3 valves longitudinales. Les graines sont nombreuses (12 \u00e0 35 par capsule), subglobuleuses, de 1 cm de diam\u00e8tre, brun fonc\u00e9, munies de 3 ailes membraneuses papyrac\u00e9es facilitant la dispersion an\u00e9mochore. L&rsquo;amande est blanche, ol\u00e9agineuse (teneur en huile : 33-41 %).<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> La floraison est continue ou bisaisonni\u00e8re selon le climat. La pollinisation est entomophile (abeilles, papillons). L&rsquo;arbre commence \u00e0 fleurir et fructifier d\u00e8s la premi\u00e8re ou deuxi\u00e8me ann\u00e9e apr\u00e8s le semis.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Le centre d&rsquo;origine de <em>Moringa oleifera<\/em> est situ\u00e9 au pied de l&rsquo;Himalaya occidental (nord-ouest de l&rsquo;Inde, Pakistan, Afghanistan). L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e dans l&rsquo;ensemble de la ceinture tropicale et subtropicale, et est aujourd&rsquo;hui cultiv\u00e9e dans plus de 80 pays d&rsquo;Asie, d&rsquo;Afrique, d&rsquo;Am\u00e9rique latine et d&rsquo;Oc\u00e9anie.<\/p>\n<p><strong>Exigences \u00e9cologiques :<\/strong> Le moringa est une esp\u00e8ce x\u00e9rophyte et h\u00e9liophile, admirablement adapt\u00e9e aux conditions arides et semi-arides tropicales. Il tol\u00e8re des pr\u00e9cipitations annuelles aussi faibles que 250 mm (avec acc\u00e8s \u00e0 la nappe phr\u00e9atique) et des temp\u00e9ratures de 25 \u00e0 45 \u00b0C. Il est sensible au gel (mort des parties a\u00e9riennes en dessous de 0 \u00b0C, mais rejette de souche). Il pr\u00e9f\u00e8re les sols sablonneux \u00e0 sablo-limoneux, bien drain\u00e9s, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides (pH 5,5-7,5), et ne tol\u00e8re ni l&rsquo;engorgement hydrique ni les sols compacts argileux.<\/p>\n<p><strong>Croissance :<\/strong> La croissance est spectaculaire : l&rsquo;arbre peut atteindre 3 \u00e0 4 m\u00e8tres en un an \u00e0 partir du semis, et produire ses premi\u00e8res gousses d\u00e8s 6 \u00e0 8 mois. La dur\u00e9e de vie productive est de 20 \u00e0 30 ans.<\/p>\n<p><strong>Culture :<\/strong> Le moringa se propage facilement par semis direct, par bouturage de grosses branches ou par transplantation de jeunes plants. En production foliaire intensive, les arbres sont plant\u00e9s en haies serr\u00e9es (10 000 \u00e0 100 000 plants\/ha selon la densit\u00e9) et r\u00e9colt\u00e9s par coupe tous les 35 \u00e0 45 jours, ce qui stimule la production de rejets feuill\u00e9s. Le rendement foliaire peut atteindre 6 \u00e0 10 tonnes de mati\u00e8re s\u00e8che par hectare et par an en culture intensive irrigu\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, conservation et durabilit\u00e9<\/h3>\n<p><em>Moringa oleifera<\/em> n&rsquo;est pas une esp\u00e8ce menac\u00e9e. Au contraire, sa culture est en expansion mondiale rapide, port\u00e9e par le march\u00e9 des compl\u00e9ments alimentaires, de la cosm\u00e9tique naturelle et des programmes de lutte contre la malnutrition. L&rsquo;esp\u00e8ce est devenue invasive dans certaines r\u00e9gions tropicales (Floride, Hawa\u00ef, Queensland) o\u00f9 elle colonise les milieux perturb\u00e9s.<\/p>\n<p>Le moringa pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat agro-\u00e9cologique majeur pour les r\u00e9gions arides et semi-arides : croissance rapide sans irrigation (une fois \u00e9tabli), fixation du sol par le syst\u00e8me racinaire profond, production de biomasse foliaire \u00e9lev\u00e9e, enrichissement du sol en mati\u00e8re organique, utilisation en agroforesterie (haies, brise-vent, cultures intercalaires).<\/p>\n<p>L&rsquo;enjeu principal concerne la qualit\u00e9 et la tra\u00e7abilit\u00e9 de la poudre de feuilles commercialis\u00e9e sur le march\u00e9 international, o\u00f9 l&rsquo;on constate des disparit\u00e9s consid\u00e9rables en termes de teneur en nutriments et en compos\u00e9s bioactifs (fonction de la vari\u00e9t\u00e9, des conditions de culture, du stade de r\u00e9colte, des m\u00e9thodes de s\u00e9chage et de stockage) et un risque de contamination par des m\u00e9taux lourds (sols pollu\u00e9s) ou des pathog\u00e8nes (s\u00e9chage en conditions sanitaires pr\u00e9caires).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Toutes les parties de <em>Moringa oleifera<\/em> sont utilis\u00e9es dans les pharmacop\u00e9es traditionnelles, mais les deux drogues d&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal en phytoth\u00e9rapie sont les <strong>feuilles s\u00e9ch\u00e9es<\/strong> et les <strong>graines<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Feuilles s\u00e9ch\u00e9es :<\/strong> Les folioles sont r\u00e9colt\u00e9es sur les jeunes rameaux, s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre ou en s\u00e9choir ventil\u00e9 (40-50 \u00b0C) et r\u00e9duites en poudre fine de couleur vert fonc\u00e9. La poudre de feuilles est la forme commerciale dominante sur le march\u00e9 des compl\u00e9ments alimentaires.<\/p>\n<p><strong>Composition nutritionnelle des feuilles s\u00e8ches (pour 100 g) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Prot\u00e9ines : 24-29 g (profil amin\u00e9 complet, riche en m\u00e9thionine et cyst\u00e9ine)<\/li>\n<li>Calcium : 1 800-2 000 mg (17 fois le lait)<\/li>\n<li>Fer : 25-28 mg (25 fois les \u00e9pinards)<\/li>\n<li>Potassium : 1 300-1 500 mg (15 fois la banane)<\/li>\n<li>Vitamine A (\u03b2-carot\u00e8ne) : 16-18 mg (10 fois la carotte)<\/li>\n<li>Vitamine C : 17-20 mg (feuilles s\u00e8ches ; 220 mg dans les feuilles fra\u00eeches)<\/li>\n<li>Vitamine E : 77-113 mg<\/li>\n<li>Fibres alimentaires : 19-25 g<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces comparaisons nutritionnelles, massivement reprises dans la communication commerciale, sont exactes en base de poids sec mais doivent \u00eatre relativis\u00e9es par la quantit\u00e9 effectivement consomm\u00e9e (5-10 g de poudre par jour, soit des apports r\u00e9els plus modestes que les chiffres bruts ne le sugg\u00e8rent).<\/p>\n<p><strong>Graines :<\/strong> Utilis\u00e9es enti\u00e8res pour la purification de l&rsquo;eau (propri\u00e9t\u00e9 floculante des prot\u00e9ines cationiques) ou press\u00e9es pour l&rsquo;extraction de l&rsquo;huile de ben (huile de Moringa).<\/p>\n<p><strong>Huile de ben :<\/strong> Huile claire, peu visqueuse, tr\u00e8s stable \u00e0 l&rsquo;oxydation (riche en acide ol\u00e9ique, 65-75 %), utilis\u00e9e en cosm\u00e9tique de luxe et en horlogerie (huile de graissage). Le nom \u00ab ben \u00bb d\u00e9rive du mot arabe pour l&rsquo;arbre.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de <em>Moringa oleifera<\/em> est domin\u00e9e par des compos\u00e9s soufr\u00e9s caract\u00e9ristiques des Brassicales et par une grande diversit\u00e9 de flavono\u00efdes et de compos\u00e9s ph\u00e9noliques.<\/p>\n<p><strong>Glucosinolates et isothiocyanates :<\/strong> Les feuilles et les graines contiennent des <strong>glucosinolates<\/strong> (thioglucosides), principalement les <strong>4-(\u03b1-L-rhamnosyloxy)benzyl glucosinolate<\/strong> (glucomoringine) et le <strong>4-(\u03b1-L-rhamnosyloxy)benzyl isothiocyanate<\/strong> (moringine). L&rsquo;hydrolyse des glucosinolates par la myrosinase (enzyme endog\u00e8ne lib\u00e9r\u00e9e lors du broyage des tissus) g\u00e9n\u00e8re des <strong>isothiocyanates<\/strong> bioactifs. Le principal isothiocyanate du moringa est le <strong>4-[(\u03b1-L-rhamnosyloxy)benzyl] isothiocyanate<\/strong> (MIC-1 ou moringin), analogue fonctionnel du <strong>sulforaphane<\/strong> des brocolis. Les isothiocyanates sont les principaux responsables des activit\u00e9s anti-inflammatoires, antioxydantes et anticanc\u00e9reuses attribu\u00e9es au moringa.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes (0,5-2 %) :<\/strong> Les feuilles sont riches en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a> glycosyl\u00e9s, notamment la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> (sous forme de rhamnosides, rutinosides et malonylglucosides). La teneur en querc\u00e9tine des feuilles s\u00e8ches (100-200 mg\/100 g) est parmi les plus \u00e9lev\u00e9es du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal. L&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> sont les principaux acides ph\u00e9noliques.<\/p>\n<p><strong>Prot\u00e9ines et peptides :<\/strong> Les graines contiennent des prot\u00e9ines cationiques de faible poids mol\u00e9culaire (MO<sub>2.1<\/sub>, masse de 6,5 kDa), poss\u00e9dant une activit\u00e9 floculante et antimicrobienne. Ces prot\u00e9ines sont responsables de la capacit\u00e9 de clarification de l&rsquo;eau par les graines de moringa.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">Carot\u00e9no\u00efdes<\/a> :<\/strong> \u03b2-carot\u00e8ne (provitamine A), lut\u00e9ine, z\u00e9axanthine<\/li>\n<li><strong>Tocoph\u00e9rols :<\/strong> \u03b1-tocoph\u00e9rol (vitamine E) en abondance dans les feuilles et l&rsquo;huile<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a> :<\/strong> <strong>moringine<\/strong> et <strong>moringinine<\/strong> (benzylamine et ses d\u00e9riv\u00e9s), en trace<\/li>\n<li><strong>Saponines :<\/strong> en quantit\u00e9 trace dans les feuilles<\/li>\n<li><strong>Tanins :<\/strong> <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) dans l&rsquo;\u00e9corce et les gousses<\/li>\n<li><strong>Acide ascorbique :<\/strong> teneur \u00e9lev\u00e9e dans les feuilles fra\u00eeches (220 mg\/100 g), r\u00e9duite par le s\u00e9chage<\/li>\n<li><strong>Min\u00e9raux :<\/strong> calcium, fer, magn\u00e9sium, phosphore, potassium, zinc, s\u00e9l\u00e9nium<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> Les feuilles de moringa pr\u00e9sentent une activit\u00e9 antioxydante \u00e9lev\u00e9e, mesur\u00e9e par les tests ORAC, DPPH, FRAP et ABTS. Cette activit\u00e9 est attribu\u00e9e \u00e0 la synergie entre les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol), les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide chlorog\u00e9nique), les <strong>isothiocyanates<\/strong>, la <strong>vitamine C<\/strong> et la <strong>vitamine E<\/strong>. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante des extraits de moringa est sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la plupart des l\u00e9gumes-feuilles tropicaux \u00e9tudi\u00e9s comparativement.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> Les <strong>isothiocyanates<\/strong> du moringa inhibent la voie NF-\u03baB et r\u00e9duisent la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires (iNOS, COX-2, TNF-\u03b1, IL-1\u03b2, IL-6) dans les mod\u00e8les cellulaires et animaux. Les flavono\u00efdes (querc\u00e9tine) contribuent \u00e0 cet effet par inhibition des lipoxyg\u00e9nases et des phospholipases. Des effets anti-inflammatoires ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s <em>in vivo<\/em> sur des mod\u00e8les d&rsquo;inflammation aigu\u00eb (\u0153d\u00e8me de la patte) et chronique (arthrite \u00e0 adjuvant).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante :<\/strong> Plusieurs m\u00e9canismes convergent : les <strong>isothiocyanates<\/strong> am\u00e9liorent la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline via l&rsquo;activation de la voie AMPK dans le tissu musculaire et adipeux ; les <strong>fibres alimentaires<\/strong> ralentissent l&rsquo;absorption du glucose ; les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> inhibent les \u03b1-glucosidases intestinales ; l&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong> inhibe la glucose-6-phosphatase h\u00e9patique. Chez le rat diab\u00e9tique (streptozotocine), l&rsquo;administration chronique de poudre de feuilles (200-400 mg\/kg\/jour) r\u00e9duit la glyc\u00e9mie \u00e0 jeun de 30 \u00e0 50 % et am\u00e9liore le profil lipidique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 hypolip\u00e9miante :<\/strong> Les extraits de feuilles et les saponines r\u00e9duisent le cholest\u00e9rol total, le LDL-cholest\u00e9rol et les triglyc\u00e9rides dans les mod\u00e8les animaux d&rsquo;hyperlipid\u00e9mie, par inhibition de la lipase pancr\u00e9atique et augmentation de l&rsquo;excr\u00e9tion f\u00e9cale des st\u00e9rols.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> Les isothiocyanates et les prot\u00e9ines cationiques des graines exercent une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em>, <em>Vibrio cholerae<\/em>, <em>Salmonella typhi<\/em> et les champignons dermatophytes. L&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne des graines dans la purification de l&rsquo;eau est bien document\u00e9e : l&rsquo;ajout de poudre de graines (50-200 mg\/L) r\u00e9duit la turbidit\u00e9 de 90-99 % et la charge bact\u00e9rienne de 90-99,9 % par floculation et activit\u00e9 bact\u00e9riostatique directe.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice :<\/strong> Les extraits de feuilles prot\u00e8gent le foie contre les l\u00e9sions induites par le parac\u00e9tamol, le t\u00e9trachlorure de carbone et l&rsquo;alcool dans les mod\u00e8les animaux, en r\u00e9duisant les transaminases s\u00e9riques et le stress oxydatif h\u00e9patique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Diab\u00e8te de type 2 :<\/strong> Plusieurs essais cliniques de petite taille ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;effet de la poudre de feuilles de moringa sur la glyc\u00e9mie. Kumari (2010) a montr\u00e9 qu&rsquo;une suppl\u00e9mentation de 8 g\/jour de poudre de feuilles pendant 40 jours r\u00e9duisait la glyc\u00e9mie \u00e0 jeun de 28 % et la glyc\u00e9mie postprandiale de 26 % chez des femmes m\u00e9nopaus\u00e9es diab\u00e9tiques de type 2. Mbikay (2012) rapporte des r\u00e9sultats similaires dans une revue de litt\u00e9rature portant sur 6 \u00e9tudes. Cependant, la plupart des \u00e9tudes sont de faible qualit\u00e9 m\u00e9thodologique (non randomis\u00e9es, non contr\u00f4l\u00e9es, petits \u00e9chantillons) et les donn\u00e9es ne permettent pas encore de conclure fermement sur l&rsquo;efficacit\u00e9 clinique.<\/p>\n<p><strong>Dyslipid\u00e9mie :<\/strong> Ghasi <em>et al.<\/em> (2000) ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative du cholest\u00e9rol total et des triglyc\u00e9rides chez des lapins soumis \u00e0 un r\u00e9gime hyperlipid\u00e9mique et suppl\u00e9ment\u00e9s en extrait de feuilles de moringa. Les donn\u00e9es cliniques humaines sont pr\u00e9liminaires mais convergentes.<\/p>\n<p><strong>Malnutrition :<\/strong> L&rsquo;indication la mieux document\u00e9e \u00e9pid\u00e9miologiquement est la pr\u00e9vention et le traitement de la malnutrition infantile en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Des programmes de supplementation en poudre de feuilles de moringa (10-20 g\/jour ajout\u00e9s aux bouillies) ont montr\u00e9 des am\u00e9liorations significatives du statut nutritionnel (gain pond\u00e9ral, augmentation du taux d&rsquo;h\u00e9moglobine, am\u00e9lioration des marqueurs de la vitamine A) chez des enfants malnutris au Niger, au S\u00e9n\u00e9gal, au Burkina Faso et au Bangladesh.<\/p>\n<p><strong>Lactation :<\/strong> Un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 aux Philippines (Estrella <em>et al.<\/em>, 2000) a montr\u00e9 une augmentation significative du volume de lait maternel chez des m\u00e8res allaitantes suppl\u00e9ment\u00e9es en g\u00e9lules de feuilles de moringa (350 mg x 2\/jour) \u00e0 partir de J3 post-partum.<\/p>\n<p><strong>An\u00e9mie ferriprive :<\/strong> Des \u00e9tudes observationnelles sugg\u00e8rent que la suppl\u00e9mentation en poudre de feuilles de moringa am\u00e9liore les param\u00e8tres h\u00e9matologiques (h\u00e9moglobine, ferritine) chez les femmes enceintes et les enfants d&rsquo;\u00e2ge scolaire, en lien avec la teneur \u00e9lev\u00e9e en fer et en vitamine C (facilitant l&rsquo;absorption du fer non h\u00e9minique).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Moringine (4-rhamnosyloxybenzyl isothiocyanate)<\/td>\n<td>Isothiocyanate<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, antibact\u00e9rien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucosinolates<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">Glucosinolates<\/a><\/td>\n<td>Pr\u00e9curseurs d\u2019isothiocyanates<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol, querc\u00e9tine<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitamines, min\u00e9raux<\/td>\n<td>Nutriments<\/td>\n<td>Valeur nutritionnelle \u00e9lev\u00e9e<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Poudre de feuilles s\u00e9ch\u00e9es :<\/strong> 5 \u00e0 10 g par jour (1 \u00e0 2 cuill\u00e8res \u00e0 caf\u00e9 rases), m\u00e9lang\u00e9e aux aliments (bouillies, yaourts, jus, smoothies) ou prise en g\u00e9lules. C&rsquo;est la forme la plus courante et la plus accessible. Au-del\u00e0 de 10 g\/jour, des effets laxatifs peuvent survenir.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9lules :<\/strong> 400 \u00e0 600 mg de poudre de feuilles par g\u00e9lule, 4 \u00e0 6 g\u00e9lules par jour (soit 2 \u00e0 3 g de poudre).<\/p>\n<p><strong>Infusion :<\/strong> 1 \u00e0 2 cuill\u00e8res \u00e0 caf\u00e9 de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 250 mL d&rsquo;eau fr\u00e9missante, infusion de 5 \u00e0 10 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour. La saveur est v\u00e9g\u00e9tale, l\u00e9g\u00e8rement piquante, rappelant le cresson.<\/p>\n<p><strong>Extrait aqueux ou hydro\u00e9thanolique :<\/strong> Moins courant en pratique ; les donn\u00e9es d&rsquo;efficacit\u00e9 portent principalement sur la poudre de feuilles enti\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Huile de moringa (usage externe) :<\/strong> Application cutan\u00e9e directe ou en ingr\u00e9dient cosm\u00e9tique (s\u00e9rums, baumes) pour l&rsquo;hydratation, la protection anti-UV et l&rsquo;action anti-inflammatoire cutan\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Graines (purification de l&rsquo;eau) :<\/strong> 1 \u00e0 2 graines \u00e9cras\u00e9es pour 1 litre d&rsquo;eau trouble, agiter vigoureusement 5 minutes puis laisser d\u00e9canter 1 \u00e0 2 heures. Filtrer avant consommation.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> La DL<sub>50<\/sub> orale de l&rsquo;extrait aqueux de feuilles chez la souris est sup\u00e9rieure \u00e0 2 000 mg\/kg, indiquant une toxicit\u00e9 aigu\u00eb tr\u00e8s faible. Les feuilles sont consomm\u00e9es comme l\u00e9gume quotidien dans de nombreuses cultures tropicales, sans effet toxique rapport\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 des racines et de l&rsquo;\u00e9corce :<\/strong> Les racines contiennent de la <strong>spirochine<\/strong>, un alcalo\u00efde potentiellement neurotoxique \u00e0 fortes doses. L&rsquo;\u00e9corce contient des alcalo\u00efdes (moringine, moringinine) \u00e0 activit\u00e9 sympathomim\u00e9tique. Les racines et l&rsquo;\u00e9corce ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie sans encadrement m\u00e9dical strict.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables des feuilles :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Troubles digestifs :<\/strong> Diarrh\u00e9e, ballonnements, naus\u00e9es \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es (&gt; 15 g\/jour de poudre), li\u00e9s \u00e0 la teneur en fibres et en saponines.<\/li>\n<li><strong>Effet laxatif :<\/strong> Les feuilles poss\u00e8dent un effet laxatif mod\u00e9r\u00e9, dose-d\u00e9pendant.<\/li>\n<li><strong>Interaction avec le m\u00e9tabolisme thyro\u00efdien :<\/strong> Les isothiocyanates du moringa, comme ceux des autres Brassicales, peuvent inhiber la thyroperoxydase et interf\u00e9rer avec la synth\u00e8se des hormones thyro\u00efdiennes en cas de consommation chronique importante et de carence iod\u00e9e concomitante (effet goitrog\u00e8ne th\u00e9orique).<\/li>\n<li><strong>Interf\u00e9rence avec les enzymes h\u00e9patiques du m\u00e9tabolisme des m\u00e9dicaments :<\/strong> Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> sugg\u00e8rent que les isothiocyanates et la querc\u00e9tine du moringa peuvent inhiber certains cytochromes P450 (CYP3A4, CYP1A2), ce qui pourrait th\u00e9oriquement modifier la pharmacocin\u00e9tique de m\u00e9dicaments \u00e0 marge th\u00e9rapeutique \u00e9troite.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Grossesse (les racines et l&rsquo;\u00e9corce sont abortives ; les feuilles sont utilis\u00e9es traditionnellement pendant la grossesse en Afrique, mais les donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 sont insuffisantes pour une recommandation formelle). Hypothyro\u00efdie non trait\u00e9e (pr\u00e9caution, en raison de l&rsquo;effet goitrog\u00e8ne potentiel).<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Antidiab\u00e9tiques :<\/strong> Potentialisation de l&rsquo;effet hypoglyc\u00e9miant (surveillance glyc\u00e9mique).<\/li>\n<li><strong>L\u00e9vothyroxine :<\/strong> Interf\u00e9rence th\u00e9orique avec l&rsquo;absorption et l&rsquo;efficacit\u00e9 (espacement recommand\u00e9).<\/li>\n<li><strong>Antihypertenseurs :<\/strong> Potentialisation possible (effet hypotenseur mod\u00e9r\u00e9 du moringa).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p><em>Moringa oleifera<\/em> est mentionn\u00e9 dans les textes ayurv\u00e9diques classiques sous le nom de <em>shigru<\/em> ou <em>sobhanjana<\/em>. Le <em>Bhava Prakasha Nighantu<\/em> (XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) d\u00e9crit ses propri\u00e9t\u00e9s comme chaudes (<em>ushna<\/em>), piquantes (<em>katu<\/em>) et r\u00e9ductrices de <em>kapha<\/em> et <em>vata<\/em>. Les indications traditionnelles incluent les paralysies, les \u0153d\u00e8mes, les tumeurs, les troubles digestifs et les douleurs articulaires.<\/p>\n<p>En Afrique, le moringa est l&rsquo;un des arbres les plus polyvalents de la pharmacop\u00e9e traditionnelle. Les feuilles sont consomm\u00e9es comme l\u00e9gume, pr\u00e9par\u00e9es en cataplasme anti-inflammatoire, ou administr\u00e9es en d\u00e9coction pour traiter la malnutrition, l&rsquo;an\u00e9mie, le diab\u00e8te et l&rsquo;hypertension. Les graines \u00e9cras\u00e9es sont utilis\u00e9es depuis des si\u00e8cles pour clarifier l&rsquo;eau trouble dans les villages sah\u00e9liens et soudaniens. L&rsquo;huile de ben (huile de graine) sert de base \u00e0 des pr\u00e9parations cosm\u00e9tiques et dermatologiques traditionnelles.<\/p>\n<p>Aux Philippines, le moringa (<em>malunggay<\/em>) est le l\u00e9gume-feuille le plus consomm\u00e9 et est traditionnellement prescrit aux m\u00e8res allaitantes pour stimuler la production de lait.<\/p>\n<p>En Ha\u00efti, en Am\u00e9rique centrale et dans les Cara\u00efbes, le moringa est naturalis\u00e9 depuis le XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et fait partie int\u00e9grante de la pharmacop\u00e9e cr\u00e9ole.<\/p>\n<p>Le mouvement international de promotion du moringa comme solution \u00e0 la malnutrition dans les pays en d\u00e9veloppement a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 dans les ann\u00e9es 1990 par des ONG (Church World Service, ECHO, Trees for Life) et a conduit \u00e0 une diffusion massive de la culture dans toute l&rsquo;Afrique subsaharienne et l&rsquo;Asie du Sud.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et falsifications<\/h3>\n<p><strong>Confusions botaniques :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><em>Moringa stenopetala<\/em> (moringa africain) : esp\u00e8ce voisine, feuilles plus grandes, composition chimique proche mais distincte (glucosinolates diff\u00e9rents).<\/li>\n<li><em>Moringa peregrina<\/em> (moringa du d\u00e9sert, Arabie, Corne de l&rsquo;Afrique) : graines utilis\u00e9es pour l&rsquo;huile, feuilles peu consomm\u00e9es.<\/li>\n<li><em>Sauropus androgynus<\/em> (katuk, Asie du Sud-Est) : l\u00e9gume-feuille parfois qualifi\u00e9 de \u00ab moringa tropical \u00bb dans le commerce, mais appartenant \u00e0 une famille totalement diff\u00e9rente (Phyllanthaceae) et contenant de la <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/papaverine\/\">papav\u00e9rine<\/a>, responsable de cas de bronchiolite oblit\u00e9rante.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Falsifications de la poudre de feuilles :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Dilution par des poudres de feuilles d&rsquo;autres esp\u00e8ces (luzerne, matcha de basse qualit\u00e9, spiruline d\u00e9color\u00e9e).<\/li>\n<li>Addition de colorants verts pour masquer un s\u00e9chage d\u00e9fectueux (brunissement).<\/li>\n<li>Contamination par des feuilles de tiges lignifi\u00e9es (rameaux broy\u00e9s), r\u00e9duisant la valeur nutritionnelle.<\/li>\n<li>Irradiation non d\u00e9clar\u00e9e pour r\u00e9duire la charge microbienne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le contr\u00f4le qualit\u00e9 repose sur la microscopie (identification des folioles), le dosage des prot\u00e9ines, des min\u00e9raux (calcium, fer), des flavono\u00efdes (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol par HPLC), la recherche de contaminants (m\u00e9taux lourds, aflatoxines, E. coli, salmonelles) et le profil des glucosinolates.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Moringa oleifera<\/em> est une plante dont la valeur nutritionnelle exceptionnelle est solidement \u00e9tablie et dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans la lutte contre la malnutrition dans les pays en d\u00e9veloppement est aujourd&rsquo;hui reconnu par les organisations internationales (notamment la FAO). Son profil phytochimique, domin\u00e9 par les <strong>isothiocyanates<\/strong>, les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et les <strong>carot\u00e9no\u00efdes<\/strong>, sous-tend un spectre d&rsquo;activit\u00e9s pharmacologiques prometteur mais dont la validation clinique reste largement insuffisante.<\/p>\n<p>En phytoth\u00e9rapie, la poudre de feuilles de moringa trouve sa place l\u00e9gitime comme <strong>compl\u00e9ment alimentaire remin\u00e9ralisant et revitalisant<\/strong>, en particulier dans les contextes de carences nutritionnelles, de fatigue chronique, de convalescence et de lactation. Les all\u00e9gations antidiab\u00e9tiques, hypolip\u00e9miantes et anticanc\u00e9reuses, bien que soutenues par des donn\u00e9es pr\u00e9cliniques solides, n\u00e9cessitent des essais cliniques de meilleure qualit\u00e9 avant de pouvoir \u00eatre formellement revendiqu\u00e9es.<\/p>\n<p>La prudence est de mise face \u00e0 l&#8217;emballement commercial entourant le moringa : les all\u00e9gations de \u00ab superaliment \u00bb et d&rsquo;\u00ab arbre miracle \u00bb rel\u00e8vent davantage du marketing que de la m\u00e9decine fond\u00e9e sur les preuves. Un usage raisonn\u00e9, \u00e0 doses mod\u00e9r\u00e9es (5-10 g\/jour de poudre de feuilles), dans le cadre d&rsquo;une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e, constitue l&rsquo;approche la plus pertinente en l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Anwar F, Latif S, Ashraf M, Gilani AH. <em>Moringa oleifera<\/em>: a food plant with multiple medicinal uses. <em>Phytother Res<\/em>. 2007;21(1):17-25.<\/li>\n<li>Estrella MCP, Mantaring JBV, David GZ, Taup MA. A double-blind, randomized controlled trial on the use of malunggay (<em>Moringa oleifera<\/em>) for augmentation of the volume of breastmilk among non-nursing mothers of preterm infants. <em>Philippine J Pediatr<\/em>. 2000;49:3-6.<\/li>\n<li>Fahey JW. <em>Moringa oleifera<\/em>: a review of the medical evidence for its nutritional, therapeutic, and prophylactic properties. <em>Trees Life J<\/em>. 2005;1:5.<\/li>\n<li>Ghasi S, Nwobodo E, Ofili JO. Hypocholesterolemic effects of crude extract of leaf of <em>Moringa oleifera<\/em> Lam in high-fat diet fed Wistar rats. <em>J Ethnopharmacol<\/em>. 2000;69(1):21-25.<\/li>\n<li>Kumari DJ. Hypoglycaemic effect of <em>Moringa oleifera<\/em> and <em>Azadirachta indica<\/em> in type 2 diabetes mellitus. <em>Bioscan<\/em>. 2010;5(2):211-214.<\/li>\n<li>Leone A, Spada A, Battezzati A <em>et al.<\/em> <em>Moringa oleifera<\/em> seeds and oil: characteristics and uses for human health. <em>Int J Mol Sci<\/em>. 2016;17(12):2141.<\/li>\n<li>Mbikay M. Therapeutic potential of <em>Moringa oleifera<\/em> leaves in chronic hyperglycemia and dyslipidemia: a review. <em>Front Pharmacol<\/em>. 2012;3:24.<\/li>\n<li>Ndong M, Uehara M, Katsumata S, Suzuki K. Effects of oral administration of <em>Moringa oleifera<\/em> Lam on glucose tolerance in Goto-Kakizaki and Wistar rats. <em>J Clin Biochem Nutr<\/em>. 2007;40(3):229-233.<\/li>\n<li>Stohs SJ, Hartman MJ. Review of the safety and efficacy of <em>Moringa oleifera<\/em>. <em>Phytother Res<\/em>. 2015;29(6):796-804.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Nutritif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Hypoglyc\u00e9miant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Moringa oleifera Lam. Famille (classification morphologique traditionnelle) : Moringaceae. 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