{"id":9541,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/berberine\/"},"modified":"2026-06-18T08:44:35","modified_gmt":"2026-06-18T06:44:35","slug":"berberine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/berberine\/","title":{"rendered":"BERB\u00c9RINE"},"content":{"rendered":"<h2>BERB\u00c9RINE \u2014 <em>Berberis aristata<\/em> DC.<\/h2>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Berberidaceae<br \/>\n<strong>Nom commun :<\/strong> \u00c9pine-vinette de l&rsquo;Himalaya, Indian barberry, daru haldi<br \/>\n<strong>Drogue v\u00e9g\u00e9tale :<\/strong> \u00c9corce des racines et des tiges, bois jaune<\/p>\n<hr>\n<h3>I \u2014 Introduction<\/h3>\n<p>La <strong>berb\u00e9rine<\/strong> est un alcalo\u00efde isoquinol\u00e9ique de couleur jaune intense, pr\u00e9sent dans plusieurs familles botaniques (Berberidaceae, Ranunculaceae, Rutaceae, Papaveraceae, Menispermaceae), mais dont la source principale en phytoth\u00e9rapie contemporaine est <em>Berberis aristata<\/em>, l&rsquo;\u00e9pine-vinette de l&rsquo;Himalaya. Cet arbuste \u00e9pineux des contreforts himalayens est exploit\u00e9 depuis des mill\u00e9naires en m\u00e9decine ayurv\u00e9dique sous le nom de <em>daru haridra<\/em> (\u00ab bois de curcuma \u00bb) en raison de la teinte jaune vif de son bois et de ses racines.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique de la berb\u00e9rine a connu un essor consid\u00e9rable depuis les ann\u00e9es 2000, \u00e0 la suite de la publication d&rsquo;essais cliniques chinois d\u00e9montrant une activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante comparable \u00e0 celle de la metformine chez des patients diab\u00e9tiques de type 2. Cette d\u00e9couverte a propuls\u00e9 la berb\u00e9rine au rang d&rsquo;alcalo\u00efde v\u00e9g\u00e9tal le plus \u00e9tudi\u00e9 en m\u00e9tabologie, avec un corpus de plus de 5 000 publications index\u00e9es dans PubMed. Ses m\u00e9canismes d&rsquo;action, centr\u00e9s sur l&rsquo;<strong>activation de l&rsquo;AMPK<\/strong> (AMP-activated protein kinase), la modulation du microbiote intestinal et l&rsquo;inhibition de la PCSK9, en font un candidat th\u00e9rapeutique prometteur dans le syndrome m\u00e9tabolique.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sente monographie est centr\u00e9e sur <em>Berberis aristata<\/em> comme source botanique privil\u00e9gi\u00e9e de berb\u00e9rine, tout en int\u00e9grant les donn\u00e9es pharmacologiques et cliniques obtenues avec la berb\u00e9rine purifi\u00e9e, ind\u00e9pendamment de son origine v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n<hr>\n<h3>II \u2014 Syst\u00e9matique et nomenclature<\/h3>\n<p><em>Berberis aristata<\/em> DC. appartient \u00e0 la famille des <strong>Berberidaceae<\/strong>, ordre des Ranunculales.<\/p>\n<p><strong>Classification APG IV :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Clade : Angiospermes<\/li>\n<li>Clade : Dicotyl\u00e9dones vraies (Eudicots)<\/li>\n<li>Clade : Ranunculid\u00e9es<\/li>\n<li>Ordre : Ranunculales<\/li>\n<li>Famille : Berberidaceae<\/li>\n<li>Genre : <em>Berberis<\/em> L.<\/li>\n<li>Esp\u00e8ce : <em>Berberis aristata<\/em> DC., 1821<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> Le nom <em>Berberis<\/em> d\u00e9rive de l&rsquo;arabe <em>berberys<\/em>, terme d\u00e9signant le fruit de l&rsquo;\u00e9pine-vinette. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>aristata<\/em> (du latin <em>arista<\/em>, ar\u00eate) fait r\u00e9f\u00e9rence aux \u00e9pines ac\u00e9r\u00e9es des feuilles. Le genre <em>Berberis<\/em> comprend environ 500 esp\u00e8ces, r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et subtropicales de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord et de l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud.<\/p>\n<p><strong>Autres sources botaniques de berb\u00e9rine :<\/strong> La berb\u00e9rine est pr\u00e9sente dans de nombreuses esp\u00e8ces de genres diff\u00e9rents, dont les plus exploit\u00e9es en phytoth\u00e9rapie sont :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Berberis vulgaris<\/em> L. (\u00e9pine-vinette commune, Europe)<\/li>\n<li><em>Coptis chinensis<\/em> Franch. (huanglian, Ranunculaceae, Chine) \u2014 source majeure pour la pharmacop\u00e9e chinoise<\/li>\n<li><em>Hydrastis canadensis<\/em> L. (hydraste du Canada, Ranunculaceae)<\/li>\n<li><em>Phellodendron amurense<\/em> Rupr. (huangbai, Rutaceae, Chine)<\/li>\n<li><em>Coscinium fenestratum<\/em> (Gaertn.) Colebr. (Menispermaceae, Asie du Sud-Est)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Daru haldi, daru haridra (hindi, sanskrit), chitra, rasaut (hindi), tree turmeric (anglais), Indian barberry.<\/p>\n<hr>\n<h3>III \u2014 Description botanique<\/h3>\n<p><em>Berberis aristata<\/em> est un arbuste \u00e9pineux, sempervirent \u00e0 semi-caducifoli\u00e9, atteignant 2 \u00e0 3 m\u00e8tres de hauteur (exceptionnellement 5 m\u00e8tres). Le port est dense, buissonnant, tr\u00e8s ramifi\u00e9. Les rameaux sont anguleux, jaun\u00e2tres, arm\u00e9s d&rsquo;\u00e9pines tripartites (stipules transform\u00e9es) longues de 1 \u00e0 3 cm, ins\u00e9r\u00e9es aux n\u0153uds. L&rsquo;\u00e9corce des tiges et des racines est jaune vif \u00e0 jaune orang\u00e9 (couleur due \u00e0 la berb\u00e9rine), am\u00e8re, fibreuse.<\/p>\n<p><strong>Appareil v\u00e9g\u00e9tatif :<\/strong> Les feuilles sont simples, alternes, group\u00e9es en fascicules axillaires \u00e0 l&rsquo;aisselle des \u00e9pines. Le limbe est obovale \u00e0 spatul\u00e9, long de 3 \u00e0 8 cm, \u00e0 marge \u00e9pineuse-dent\u00e9e (5 \u00e0 8 paires de dents arist\u00e9es), coriace, vert fonc\u00e9 et glabre sur les deux faces. La nervation est r\u00e9ticul\u00e9e, peu visible.<\/p>\n<p><strong>Appareil reproducteur :<\/strong> L&rsquo;inflorescence est un rac\u00e8me (grappe) simple ou compos\u00e9, pendulaire, long de 5 \u00e0 10 cm, portant 10 \u00e0 25 fleurs. Les fleurs sont petites (8-10 mm de diam\u00e8tre), hexam\u00e8res, actinomorphes, jaune vif. Le p\u00e9rianthe est constitu\u00e9 de 6 s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes et 6 p\u00e9tales, dispos\u00e9s en deux verticilles trim\u00e8res. Les 6 \u00e9tamines sont oppos\u00e9es aux p\u00e9tales et poss\u00e8dent un m\u00e9canisme de thigmonastie (mouvement r\u00e9flexe au contact d&rsquo;un insecte). L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, uniloculaire, contenant 1 \u00e0 5 ovules basaux.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> Le fruit est une baie ovo\u00efde, de 7 \u00e0 10 mm, bleu-noir \u00e0 maturit\u00e9, recouverte d&rsquo;une pruine bleu\u00e2tre. La pulpe est violac\u00e9e, acidul\u00e9e, comestible. La graine est oblongue, brune.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> Mars \u00e0 mai. Fructification : juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h3>IV \u2014 \u00c9cologie, habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Berberis aristata<\/em> est originaire des contreforts de l&rsquo;Himalaya, depuis le N\u00e9pal jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Afghanistan, entre 1 500 et 3 500 m\u00e8tres d&rsquo;altitude. Son aire de r\u00e9partition naturelle couvre le nord de l&rsquo;Inde (Himachal Pradesh, Uttarakhand, Jammu-et-Cachemire, Sikkim), le N\u00e9pal, le Bhoutan et le Pakistan septentrional.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> L&rsquo;esp\u00e8ce cro\u00eet dans les for\u00eats temp\u00e9r\u00e9es de ch\u00eanes et de conif\u00e8res (for\u00eats \u00e0 <em>Quercus semecarpifolia<\/em>, <em>Q. leucotrichophora<\/em>, <em>Cedrus deodara<\/em>, <em>Pinus wallichiana<\/em>), les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les clairi\u00e8res et les pentes rocailleuses bien drain\u00e9es. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols caillouteux, bien drain\u00e9s, calcaires ou schisto-gr\u00e9seux, en plein soleil ou en demi-ombre.<\/p>\n<p><strong>Climat :<\/strong> Temp\u00e9r\u00e9 \u00e0 subtropical montagnard, avec des pr\u00e9cipitations de 1 000 \u00e0 2 000 mm\/an, des hivers froids (gel mod\u00e9r\u00e9) et des \u00e9t\u00e9s frais. L&rsquo;esp\u00e8ce tol\u00e8re le gel (-10 \u00e0 -15 \u00b0C) mais est sensible \u00e0 l&rsquo;engorgement hydrique.<\/p>\n<p><strong>Culture :<\/strong> La culture de <em>B. aristata<\/em> est encore marginale ; l&rsquo;essentiel de l&rsquo;approvisionnement provient de la cueillette sauvage, ce qui pose des probl\u00e8mes de durabilit\u00e9. Des essais de domestication sont en cours en Inde (CIMAP, IHBT) avec multiplication par semis, bouturage et culture de tissus.<\/p>\n<hr>\n<h3>V \u2014 Parties utilis\u00e9es et drogues v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>La drogue traditionnelle est l&rsquo;<strong>\u00e9corce des racines et des tiges<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9e sur des arbustes \u00e2g\u00e9s de 5 \u00e0 10 ans, s\u00e9ch\u00e9e et pulv\u00e9ris\u00e9e. Le bois jaune (tige d\u00e9bit\u00e9e) est \u00e9galement utilis\u00e9. Un extrait traditionnel appel\u00e9 <em>rasaut<\/em> (ou <em>rasanjana<\/em>) est pr\u00e9par\u00e9 en Inde par d\u00e9coction concentr\u00e9e et \u00e9vaporation de l&rsquo;\u00e9corce, donnant un extrait sec jaune-brun \u00e0 tr\u00e8s haute teneur en berb\u00e9rine (40-60 %).<\/p>\n<p><strong>Standardisation :<\/strong> Les extraits modernes sont standardis\u00e9s \u00e0 leur teneur en <strong>berb\u00e9rine<\/strong>, g\u00e9n\u00e9ralement exprim\u00e9e en pourcentage de chlorhydrate de berb\u00e9rine. Les teneurs courantes dans les extraits commerciaux sont de 85 \u00e0 97 % de berb\u00e9rine (HCl). La Pharmacop\u00e9e indienne sp\u00e9cifie une teneur minimale de 1,5 % de berb\u00e9rine dans l&rsquo;\u00e9corce de racine s\u00e9ch\u00e9e.<\/p>\n<p>En pratique phytoth\u00e9rapeutique contemporaine, c&rsquo;est la <strong>berb\u00e9rine purifi\u00e9e<\/strong> (chlorhydrate ou sulfate de berb\u00e9rine) qui est le plus souvent utilis\u00e9e, sous forme de g\u00e9lules ou de comprim\u00e9s dos\u00e9s \u00e0 500 mg.<\/p>\n<hr>\n<h3>VI \u2014 Phytochimie<\/h3>\n<p>La phytochimie de <em>Berberis aristata<\/em> est domin\u00e9e par les <strong>alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques<\/strong>, avec la <strong>berb\u00e9rine<\/strong> comme compos\u00e9 tr\u00e8s largement majoritaire.<\/p>\n<p><strong>Berb\u00e9rine :<\/strong> La <strong>berb\u00e9rine<\/strong> (5,6-dihydro-9,10-dim\u00e9thoxyisoquino[3,2-a]isoquinolinium) est un alcalo\u00efde quaternaire de type protoberberine, de couleur jaune vif, de formule brute C<sub>20<\/sub>H<sub>18<\/sub>NO<sub>4<\/sub><sup>+<\/sup> (masse mol\u00e9culaire : 336,36 Da sous forme de cation ; 371,81 Da sous forme de chlorhydrate). Sa structure comporte un noyau isoquinol\u00e9ique fusionn\u00e9 portant deux groupements m\u00e9thoxy et un groupement m\u00e9thyl\u00e8nedioxy. La berb\u00e9rine est fluorescente sous UV (vert jaune), ce qui facilite sa d\u00e9tection analytique. La teneur en berb\u00e9rine dans l&rsquo;\u00e9corce de racine de <em>B. aristata<\/em> est de 2 \u00e0 5 %, parmi les plus \u00e9lev\u00e9es toutes sources botaniques confondues.<\/p>\n<p><strong>Autres alcalo\u00efdes :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Palmatine<\/strong> : protoberberine structurellement proche de la berb\u00e9rine, teneur de 0,5-1 %, activit\u00e9 antimicrobienne et anti-inflammatoire propre.<\/li>\n<li><strong>Jatrorrhizine<\/strong> : alcalo\u00efde apparent\u00e9, activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante.<\/li>\n<li><strong>Berbamine<\/strong> : bis-benzylisoquinol\u00e9ine, activit\u00e9 anti-inflammatoire et immunosuppressive.<\/li>\n<li><strong>Oxyberberine<\/strong> : d\u00e9riv\u00e9 oxyd\u00e9 de la berb\u00e9rine.<\/li>\n<li><strong>Columbamine<\/strong>, <strong>\u00e9piberberine<\/strong>, <strong>magnoflorine<\/strong> : en quantit\u00e9s mineures.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s :<\/strong> tanins (cat\u00e9chiques et galliques, 3-7 %), phytost\u00e9rols (\u03b2-sitost\u00e9rol, stigmast\u00e9rol), cire, r\u00e9sine, amidon. Les baies contiennent des anthocyanes, des sucres et de l&rsquo;acide ascorbique.<\/p>\n<p><strong>Biodisponibilit\u00e9 :<\/strong> La biodisponibilit\u00e9 orale de la berb\u00e9rine est notoirement faible (&lt; 5 %), en raison de son caract\u00e8re de cation ammonium quaternaire limitant son absorption passive, et d&#039;un important effet de premier passage h\u00e9patique et intestinal (glucuronidation, d\u00e9m\u00e9thylation). Les strat\u00e9gies d&#039;am\u00e9lioration incluent la co-administration avec la <strong>pip\u00e9rine<\/strong> (inhibiteur de la P-glycoprot\u00e9ine et du CYP3A4, augmentant la biodisponibilit\u00e9 de 2 000 %), la formulation en nanoparticules lipidiques, et l&rsquo;utilisation de la <strong>dihydroberb\u00e9rine<\/strong> (m\u00e9tabolite r\u00e9duit, mieux absorb\u00e9 puis r\u00e9oxyd\u00e9 en berb\u00e9rine dans la paroi intestinale).<\/p>\n<hr>\n<h3>VII \u2014 Pharmacodynamie<\/h3>\n<p>La berb\u00e9rine poss\u00e8de un profil pharmacologique exceptionnellement large, impliquant de multiples cibles mol\u00e9culaires. Les m\u00e9canismes les plus document\u00e9s sont r\u00e9sum\u00e9s ci-dessous.<\/p>\n<p><strong>Activation de l&rsquo;AMPK :<\/strong> L&rsquo;<strong>AMP-activated protein kinase<\/strong> (AMPK) est le principal effecteur mol\u00e9culaire de la berb\u00e9rine. L&rsquo;AMPK est un senseur \u00e9nerg\u00e9tique cellulaire ubiquitaire qui, une fois activ\u00e9, stimule les voies cataboliques (oxydation des acides gras, captation du glucose, autophagie) et inhibe les voies anaboliques (lipogen\u00e8se, n\u00e9oglucogen\u00e8se, synth\u00e8se prot\u00e9ique). La berb\u00e9rine active l&rsquo;AMPK de mani\u00e8re indirecte, en inhibant le complexe I de la cha\u00eene respiratoire mitochondriale, ce qui augmente le ratio AMP\/ATP intracellulaire. Cette activation explique une grande partie des effets m\u00e9taboliques de la berb\u00e9rine.<\/p>\n<p><strong>Effet hypoglyc\u00e9miant :<\/strong> La berb\u00e9rine r\u00e9duit la glyc\u00e9mie par plusieurs m\u00e9canismes convergents : augmentation de la translocation membranaire de GLUT4 dans le muscle et le tissu adipeux (via AMPK) ; inhibition de la n\u00e9oglucogen\u00e8se h\u00e9patique (via AMPK et inhibition de la glucose-6-phosphatase) ; am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline (via activation du r\u00e9cepteur \u00e0 l&rsquo;insuline et inhibition de PTP1B) ; potentialisation de la s\u00e9cr\u00e9tion d&rsquo;insuline glucose-d\u00e9pendante (via inhibition de l&rsquo;aldose r\u00e9ductase et am\u00e9lioration de la survie b\u00eata-cellulaire).<\/p>\n<p><strong>Effet hypolip\u00e9miant :<\/strong> La berb\u00e9rine r\u00e9duit le LDL-cholest\u00e9rol par un m\u00e9canisme original et distinct de celui des statines : elle augmente l&rsquo;expression h\u00e9patique du r\u00e9cepteur des LDL (LDLR) en stabilisant son ARN messager (via inhibition de PCSK9, Proprotein Convertase Subtilisin\/Kexin type 9). L&rsquo;inhibition de PCSK9 par la berb\u00e9rine a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e <em>in vitro<\/em>, <em>in vivo<\/em> chez l&rsquo;animal et confirm\u00e9e cliniquement. La berb\u00e9rine inhibe \u00e9galement la lipogen\u00e8se h\u00e9patique (via AMPK \u2192 inhibition de SREBP-1c et de l&rsquo;ac\u00e9tyl-CoA carboxylase).<\/p>\n<p><strong>Modulation du microbiote intestinal :<\/strong> La tr\u00e8s faible biodisponibilit\u00e9 de la berb\u00e9rine signifie que la majeure partie de la dose ing\u00e9r\u00e9e s\u00e9journe dans la lumi\u00e8re intestinale, o\u00f9 elle exerce des effets directs sur le microbiote. La berb\u00e9rine augmente l&rsquo;abondance des bact\u00e9ries productrices de butyrate (<em>Faecalibacterium prausnitzii<\/em>, <em>Roseburia<\/em> spp.), r\u00e9duit l&rsquo;abondance des bact\u00e9ries pro-inflammatoires et am\u00e9liore l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la barri\u00e8re intestinale. Le microbiote intestinal convertit une partie de la berb\u00e9rine en <strong>dihydroberb\u00e9rine<\/strong>, qui est mieux absorb\u00e9e, puis r\u00e9oxyd\u00e9e en berb\u00e9rine dans les ent\u00e9rocytes. Ce \u00ab recyclage ent\u00e9ro-microbien \u00bb pourrait expliquer en partie l&rsquo;efficacit\u00e9 clinique malgr\u00e9 la faible biodisponibilit\u00e9 apparente.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> La berb\u00e9rine poss\u00e8de une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne \u00e0 large spectre, particuli\u00e8rement contre les pathog\u00e8nes ent\u00e9riques (<em>Vibrio cholerae<\/em>, <em>E. coli<\/em> ent\u00e9ropathog\u00e8nes, <em>Shigella<\/em>, <em>Salmonella<\/em>). Le chlorhydrate de berb\u00e9rine est inscrit \u00e0 la pharmacop\u00e9e chinoise comme antidiarrh\u00e9ique. Le m\u00e9canisme implique l&rsquo;inhibition de la FtsZ (prot\u00e9ine de division bact\u00e9rienne) et l&rsquo;intercalation dans l&rsquo;ADN bact\u00e9rien.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> La berb\u00e9rine inhibe la voie NF-\u03baB, r\u00e9duit la production de TNF-\u03b1, IL-1\u03b2 et IL-6, et inhibe la voie JAK\/STAT dans les macrophages activ\u00e9s. Des effets anti-inflammatoires ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s dans les mod\u00e8les de colite, d&rsquo;arthrite et d&rsquo;ath\u00e9roscl\u00e9rose.<\/p>\n<hr>\n<h3>VIII \u2014 Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p><strong>Diab\u00e8te de type 2 :<\/strong> L&rsquo;essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 princeps de Yin <em>et al.<\/em> (2008) a compar\u00e9 la berb\u00e9rine (500 mg x 3\/jour) \u00e0 la metformine (500 mg x 3\/jour) chez 36 patients diab\u00e9tiques de type 2 nouvellement diagnostiqu\u00e9s pendant 3 mois. Les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 une efficacit\u00e9 comparable : r\u00e9duction de l&rsquo;HbA1c de 2 % (berb\u00e9rine) vs 1,7 % (metformine), r\u00e9duction de la glyc\u00e9mie \u00e0 jeun de 25,9 % vs 20,3 %, r\u00e9duction des triglyc\u00e9rides de 35,9 % (berb\u00e9rine, sup\u00e9rieur \u00e0 la metformine). La m\u00e9ta-analyse de Lan <em>et al.<\/em> (2015), portant sur 27 essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s et 2 569 patients, a confirm\u00e9 que la berb\u00e9rine r\u00e9duisait significativement la glyc\u00e9mie \u00e0 jeun (-0,56 mmol\/L), l&rsquo;HbA1c (-0,72 %), les triglyc\u00e9rides (-0,48 mmol\/L) et le LDL-cholest\u00e9rol (-0,65 mmol\/L) par rapport au placebo, avec une efficacit\u00e9 non inf\u00e9rieure \u00e0 celle de la metformine et des thiazolidinediones en monoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p><strong>Dyslipid\u00e9mie :<\/strong> L&rsquo;essai de Kong <em>et al.<\/em> (2004) a montr\u00e9 qu&rsquo;une dose de 500 mg de berb\u00e9rine deux fois par jour pendant 3 mois r\u00e9duisait le cholest\u00e9rol total de 29 %, le LDL-cholest\u00e9rol de 25 % et les triglyc\u00e9rides de 35 % chez des patients hypercholest\u00e9rol\u00e9miques. Cet effet, m\u00e9di\u00e9 par l&rsquo;augmentation de l&rsquo;expression du LDLR h\u00e9patique et l&rsquo;inhibition de PCSK9, est synergique avec celui des statines.<\/p>\n<p><strong>Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) :<\/strong> Des essais pr\u00e9liminaires sugg\u00e8rent que la berb\u00e9rine am\u00e9liore la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;insuline, l&rsquo;hyperandrog\u00e9nie et les param\u00e8tres m\u00e9taboliques chez les patientes atteintes de SOPK, avec une efficacit\u00e9 comparable \u00e0 celle de la metformine.<\/p>\n<p><strong>St\u00e9atose h\u00e9patique non alcoolique (NAFLD) :<\/strong> Des essais contr\u00f4l\u00e9s montrent une r\u00e9duction des transaminases et de la st\u00e9atose \u00e9chographique sous berb\u00e9rine (500 mg x 3\/jour pendant 16 semaines).<\/p>\n<p><strong>Insuffisance cardiaque :<\/strong> Un essai chinois historique (Zeng <em>et al.<\/em>, 2003) a montr\u00e9 une am\u00e9lioration de la fraction d&rsquo;\u00e9jection ventriculaire gauche chez des patients insuffisants cardiaques trait\u00e9s par berb\u00e9rine en compl\u00e9ment du traitement standard, attribu\u00e9e aux effets inotropes positifs de l&rsquo;alcalo\u00efde.<\/p>\n<hr>\n<h3>IX \u2014 Formes gal\u00e9niques et posologies<\/h3>\n<p><strong>Chlorhydrate de berb\u00e9rine :<\/strong> 500 mg, 2 \u00e0 3 fois par jour (dose totale : 1 000 \u00e0 1 500 mg\/jour), pris avant ou pendant les repas. C&rsquo;est la forme la plus courante et la mieux document\u00e9e cliniquement.<\/p>\n<p><strong>Berb\u00e9rine + pip\u00e9rine :<\/strong> Formulations associant 500 mg de berb\u00e9rine \u00e0 5-10 mg de <strong>pip\u00e9rine<\/strong> (<em>Piper nigrum<\/em>) pour am\u00e9liorer la biodisponibilit\u00e9 (augmentation de l&rsquo;absorption de 2 000 %). Prudence : la pip\u00e9rine modifie \u00e9galement la pharmacocin\u00e9tique d&rsquo;autres m\u00e9dicaments co-administr\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Dihydroberb\u00e9rine (DHB) :<\/strong> Forme r\u00e9duite de la berb\u00e9rine, mieux absorb\u00e9e au niveau intestinal (biodisponibilit\u00e9 5 fois sup\u00e9rieure). Disponible en compl\u00e9ment alimentaire \u00e0 des doses de 100-200 mg par prise.<\/p>\n<p><strong>Extrait de <em>Berberis aristata<\/em> :<\/strong> Extrait standardis\u00e9 \u00e0 85-97 % de berb\u00e9rine, 500 mg, 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Forme traditionnelle (rasaut) :<\/strong> 1 \u00e0 3 g d&rsquo;extrait sec par jour, en poudre ou en d\u00e9coction (usage ayurv\u00e9dique).<\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e du traitement :<\/strong> Les effets sur la glyc\u00e9mie et les lipides se manifestent pleinement apr\u00e8s 4 \u00e0 12 semaines de traitement continu. Un usage au long cours (6-12 mois) est document\u00e9 dans les essais cliniques sans signal de toxicit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>X \u2014 Toxicologie et effets ind\u00e9sirables<\/h3>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> La DL<sub>50<\/sub> orale du chlorhydrate de berb\u00e9rine chez la souris est sup\u00e9rieure \u00e0 25 g\/kg par voie orale (toxicit\u00e9 orale tr\u00e8s faible, du fait de l\u2019absorption limit\u00e9e) ; la voie intraveineuse est en revanche nettement plus toxique (DL50 IV d\u2019environ 9 mg\/kg chez la souris), ce qui indique une marge de s\u00e9curit\u00e9 tr\u00e8s large pour l&rsquo;usage oral.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Troubles gastro-intestinaux :<\/strong> Constipation, diarrh\u00e9e, flatulences, crampes abdominales, naus\u00e9es. Ce sont les effets ind\u00e9sirables les plus fr\u00e9quents (10-15 % des patients), g\u00e9n\u00e9ralement transitoires et dose-d\u00e9pendants. La prise pendant les repas r\u00e9duit l&rsquo;incidence.<\/li>\n<li><strong>Hypoglyc\u00e9mie :<\/strong> Risque en association avec des antidiab\u00e9tiques (surveillance glyc\u00e9mique imp\u00e9rative).<\/li>\n<li><strong>Hypotension :<\/strong> Effet hypotenseur mod\u00e9r\u00e9, potentiellement significatif chez les patients sous antihypertenseurs.<\/li>\n<li><strong>Ict\u00e8re n\u00e9onatal :<\/strong> La berb\u00e9rine d\u00e9place la bilirubine de sa liaison \u00e0 l&rsquo;albumine, ce qui peut aggraver l&rsquo;ict\u00e8re n\u00e9onatal. La berb\u00e9rine est <strong>formellement contre-indiqu\u00e9e<\/strong> chez le nouveau-n\u00e9 et chez la femme enceinte ou allaitante.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Grossesse et allaitement (risque d&rsquo;ict\u00e8re n\u00e9onatal et de contraction ut\u00e9rine). Nouveau-n\u00e9s et nourrissons. Hypotension s\u00e9v\u00e8re. Insuffisance h\u00e9patique s\u00e9v\u00e8re (m\u00e9tabolisme h\u00e9patique important).<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses (importantes) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Antidiab\u00e9tiques :<\/strong> Potentialisation de l&rsquo;effet hypoglyc\u00e9miant.<\/li>\n<li><strong>Statines :<\/strong> Synergie hypolip\u00e9miante (b\u00e9n\u00e9fique mais n\u00e9cessitant un monitoring des CPK et des transaminases).<\/li>\n<li><strong>Substrats du CYP3A4, CYP2D6 :<\/strong> La berb\u00e9rine inhibe les cytochromes CYP3A4 et CYP2D6, ce qui peut augmenter les concentrations plasmatiques de nombreux m\u00e9dicaments (ciclosporine, tacrolimus, anticoagulants oraux, antid\u00e9presseurs ISRS, anti-arythmiques). Cette interaction est cliniquement significative.<\/li>\n<li><strong>Substrats de la P-glycoprot\u00e9ine :<\/strong> La berb\u00e9rine inhibe la P-gp, augmentant l&rsquo;absorption de la digoxine et d&rsquo;autres substrats.<\/li>\n<li><strong>Macrolides, fluoroquinolones :<\/strong> Risque th\u00e9orique d&rsquo;allongement du QT (la berb\u00e9rine poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s anti-arythmiques de classe III).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>XI \u2014 Ethnobotanique et usages traditionnels<\/h3>\n<p>En m\u00e9decine ayurv\u00e9dique, <em>Berberis aristata<\/em> est d\u00e9sign\u00e9e sous le nom de <em>daru haridra<\/em> (\u00ab curcuma des bois \u00bb) et figure dans les textes classiques (<em>Charaka Samhita<\/em>, <em>Sushruta Samhita<\/em>) comme rem\u00e8de amer, purificateur du sang et anti-inflammatoire. Le <em>rasaut<\/em> (extrait aqueux concentr\u00e9 de l&rsquo;\u00e9corce) est traditionnellement utilis\u00e9 en collyre pour les infections oculaires (ophtalmies, conjonctivites), en gargarisme pour les maux de gorge et en application locale pour les plaies infect\u00e9es et les ulc\u00e8res cutan\u00e9s.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, la berb\u00e9rine est le principe actif principal du <em>huanglian<\/em> (rhizome de <em>Coptis chinensis<\/em>), l&rsquo;un des rem\u00e8des les plus anciens et les plus utilis\u00e9s de la pharmacop\u00e9e chinoise (premi\u00e8re mention dans le <em>Shen Nong Ben Cao Jing<\/em>, environ 200 av. J.-C.). Le <em>huanglian<\/em> est prescrit pour les syndromes de \u00ab chaleur humide \u00bb (<em>shi re<\/em>) se manifestant par des diarrh\u00e9es, des dysenteries, des infections urinaires et des fi\u00e8vres.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine am\u00e9rindienne, <em>Hydrastis canadensis<\/em> (hydraste du Canada), riche en berb\u00e9rine, \u00e9tait utilis\u00e9 par les nations Cherokee et Iroquoise comme antiseptique, anti-infectieux et tonique digestif, avant de devenir l&rsquo;un des phytom\u00e9dicaments les plus populaires (et les plus surexploit\u00e9s) de la naturopathie nord-am\u00e9ricaine.<\/p>\n<hr>\n<h3>XII \u2014 \u00c9cologie, conservation et durabilit\u00e9<\/h3>\n<p><em>Berberis aristata<\/em> est class\u00e9e comme esp\u00e8ce \u00ab Vuln\u00e9rable \u00bb dans la Liste rouge de l&rsquo;UICN pour l&rsquo;Himalaya indien et figure sur les listes de plantes m\u00e9dicinales menac\u00e9es de l&rsquo;Inde (FRLHT, CAMP). La surexploitation de l&rsquo;\u00e9corce des racines par les collecteurs sauvages, combin\u00e9e \u00e0 la d\u00e9forestation des habitats de montagne, a conduit \u00e0 un d\u00e9clin significatif des populations dans plusieurs r\u00e9gions (Himachal Pradesh, Uttarakhand, N\u00e9pal).<\/p>\n<p>Des mesures de conservation incluent la r\u00e9glementation de la r\u00e9colte sauvage, la cr\u00e9ation de r\u00e9serves foresti\u00e8res prot\u00e9geant les populations naturelles, et le d\u00e9veloppement de la culture en altitude (1 500-2 500 m), qui reste cependant lente et co\u00fbteuse en raison de la croissance mod\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;arbuste et du long d\u00e9lai avant la premi\u00e8re r\u00e9colte d&rsquo;\u00e9corce (5-8 ans).<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement de la production industrielle de chlorhydrate de berb\u00e9rine par extraction \u00e0 partir de <em>Coptis chinensis<\/em> cultiv\u00e9 en Chine ou par h\u00e9misynth\u00e8se constitue une alternative r\u00e9duisant la pression sur les populations sauvages de <em>B. aristata<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>XIII \u2014 Confusions et falsifications<\/h3>\n<p><strong>Confusions botaniques :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><em>Berberis lycium<\/em> Royle (Himalaya) : esp\u00e8ce tr\u00e8s voisine, souvent substitu\u00e9e \u00e0 <em>B. aristata<\/em>, avec une teneur en berb\u00e9rine comparable.<\/li>\n<li><em>Berberis vulgaris<\/em> (\u00e9pine-vinette europ\u00e9enne) : teneur en berb\u00e9rine inf\u00e9rieure (0,5-1 %).<\/li>\n<li><em>Mahonia aquifolium<\/em> (syn. <em>Berberis aquifolium<\/em>) : esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine, riche en berb\u00e9rine et en berbamine, parfois commercialis\u00e9e comme \u00ab Oregon grape \u00bb.<\/li>\n<li><em>Coscinium fenestratum<\/em> (Asie du Sud-Est) : tige ligneuse jaune tr\u00e8s riche en berb\u00e9rine, en danger critique d&rsquo;extinction.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Falsifications :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Dilution des extraits de berb\u00e9rine par de la curcumine ou d&rsquo;autres colorants jaunes (d\u00e9tection par HPLC et spectrofluorim\u00e9trie).<\/li>\n<li>Sous-dosage en berb\u00e9rine dans les compl\u00e9ments alimentaires : de nombreuses analyses ind\u00e9pendantes ont montr\u00e9 que certains produits commerciaux contiennent moins de 50 % de la dose annonc\u00e9e.<\/li>\n<li>Substitution par de la berb\u00e9rine synth\u00e9tique (non distinguable chimiquement de la berb\u00e9rine naturelle, mais posant un probl\u00e8me de tra\u00e7abilit\u00e9 et de conformit\u00e9 r\u00e9glementaire).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>XIV \u2014 Synth\u00e8se et perspectives<\/h3>\n<p>La <strong>berb\u00e9rine<\/strong>, alcalo\u00efde principal de <em>Berberis aristata<\/em>, est devenue en deux d\u00e9cennies l&rsquo;un des compos\u00e9s v\u00e9g\u00e9taux les plus \u00e9tudi\u00e9s en pharmacologie m\u00e9tabolique. Son profil d&rsquo;activit\u00e9 \u2014 hypoglyc\u00e9miant, hypolip\u00e9miant, anti-inflammatoire, modulateur du microbiote \u2014 centr\u00e9 sur l&rsquo;<strong>activation de l&rsquo;AMPK<\/strong> et l&rsquo;<strong>inhibition de PCSK9<\/strong>, en fait un candidat particuli\u00e8rement pertinent pour la prise en charge int\u00e9grative du syndrome m\u00e9tabolique, du diab\u00e8te de type 2 et de la dyslipid\u00e9mie.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques, bien que provenant majoritairement d&rsquo;\u00e9tudes chinoises et de m\u00e9thodologie perfectible, sont convergentes et soutiennent une efficacit\u00e9 cliniquement significative comparable \u00e0 celle de la metformine sur la glyc\u00e9mie et sup\u00e9rieure sur les lipides. Le profil de s\u00e9curit\u00e9 est acceptable, avec des effets ind\u00e9sirables principalement digestifs et transitoires, mais les interactions m\u00e9dicamenteuses sont nombreuses et cliniquement significatives, imposant une supervision m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>Les d\u00e9fis majeurs concernent l&rsquo;am\u00e9lioration de la biodisponibilit\u00e9 (dihydroberb\u00e9rine, nanoformulations, association pip\u00e9rine), la conduite d&rsquo;essais cliniques multicentriques de grande puissance, la durabilit\u00e9 de l&rsquo;approvisionnement en mati\u00e8re premi\u00e8re et la garantie de qualit\u00e9 des compl\u00e9ments alimentaires commercialis\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<ul>\n<li>Imenshahidi M, Hosseinzadeh H. Berberine and barberry (<em>Berberis vulgaris<\/em>): a clinical review. <em>Phytother Res<\/em>. 2019;33(3):504-523.<\/li>\n<li>Kong W, Wei J, Abidi P <em>et al.<\/em> Berberine is a novel cholesterol-lowering drug working through a unique mechanism distinct from statins. <em>Nat Med<\/em>. 2004;10(12):1344-1351.<\/li>\n<li>Lan J, Zhao Y, Dong F <em>et al.<\/em> Meta-analysis of the effect and safety of berberine in the treatment of type 2 diabetes mellitus, hyperlipemia and hypertension. <em>J Ethnopharmacol<\/em>. 2015;161:69-81.<\/li>\n<li>Neag MA, Mocan A, Echeverr\u00eda J <em>et al.<\/em> Berberine: botanical occurrence, traditional uses, extraction methods, and relevance in cardiovascular, metabolic, hepatic, and renal disorders. <em>Front Pharmacol<\/em>. 2018;9:557.<\/li>\n<li>Spinozzi S, Colliva C, Camborata C <em>et al.<\/em> Berberine and its metabolites: relationship between physicochemical properties and plasma levels after administration to human subjects. <em>J Nat Prod<\/em>. 2014;77(4):766-772.<\/li>\n<li>Wang Y, Shou JW, Li XY <em>et al.<\/em> Berberine-induced bioactive metabolites of the gut microbiota improve energy metabolism. <em>Metabolism<\/em>. 2017;70:72-84.<\/li>\n<li>Yin J, Xing H, Ye J. 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