{"id":9543,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/dong-quai\/"},"modified":"2026-06-24T16:59:03","modified_gmt":"2026-06-24T14:59:03","slug":"dong-quai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/dong-quai\/","title":{"rendered":"DONG QUAI"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Dong%20Quai.jpg\" alt=\"Planche botanique Dong Quai\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Angelica sinensis<\/em> (Oliv.) Diels<\/p>\n<p>Famille (classification morphologique traditionnelle) : Apiaceae (Umbelliferae).<\/p>\n<p><em>Angelica sinensis<\/em>, universellement connue sous son nom chinois de <em>dang gui<\/em> (\u5f53\u5f52) \u2014 litt\u00e9ralement \u00ab celle qui doit revenir \u00bb \u2014, est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus prescrites de la pharmacop\u00e9e chinoise traditionnelle. Class\u00e9e parmi les \u00ab toniques du sang \u00bb (<em>bu xue yao<\/em>), elle est utilis\u00e9e depuis plus de deux mill\u00e9naires pour traiter les troubles gyn\u00e9cologiques, les an\u00e9mies et les douleurs, ce qui lui a valu en Occident le surnom de \u00ab ginseng f\u00e9minin \u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique du dong quai repose sur une phytochimie complexe domin\u00e9e par les <strong>phtalides<\/strong> (dont le <strong>ligustilide<\/strong>, compos\u00e9 volatil majoritaire), les <strong>acides f\u00e9ruliques<\/strong> et les <strong>polysaccharides<\/strong>. Ces compos\u00e9s conf\u00e8rent \u00e0 la racine un profil d&rsquo;activit\u00e9s incluant des effets spasmolytiques ut\u00e9rins, h\u00e9mopo\u00ef\u00e9tiques, anti-inflammatoires, antiagr\u00e9gants plaquettaires et immunomodulateurs.<\/p>\n<p>Cette monographie propose une synth\u00e8se critique des connaissances scientifiques sur <em>Angelica sinensis<\/em>, en contextualisant les donn\u00e9es pharmacologiques modernes par rapport \u00e0 l&rsquo;usage traditionnel mill\u00e9naire et aux limites des donn\u00e9es cliniques occidentales.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Angelica sinensis<\/em> (Oliv.) Diels appartient \u00e0 la famille des <strong>Apiaceae<\/strong> (Umbelliferae), ordre des Apiales.<\/p>\n<p><strong>Classification APG IV :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Clade : Angiospermes<\/li>\n<li>Clade : Dicotyl\u00e9dones vraies (Eudicots)<\/li>\n<li>Clade : Ast\u00e9rid\u00e9es<\/li>\n<li>Ordre : Apiales<\/li>\n<li>Famille : Apiaceae<\/li>\n<li>Sous-famille : Apioideae<\/li>\n<li>Tribu : Selineae<\/li>\n<li>Genre : <em>Angelica<\/em> L.<\/li>\n<li>Esp\u00e8ce : <em>Angelica sinensis<\/em> (Oliv.) Diels, 1900<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Basionyme :<\/strong> <em>Angelica polymorpha<\/em> var. <em>sinensis<\/em> Oliv. (1891). L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e au rang d&rsquo;esp\u00e8ce par Ludwig Diels en 1900. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Angelica<\/em> d\u00e9rive du latin m\u00e9di\u00e9val <em>angelica<\/em>, en r\u00e9f\u00e9rence aux propri\u00e9t\u00e9s pr\u00e9tendument \u00ab ang\u00e9liques \u00bb (divines) de la plante. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>sinensis<\/em> signifie \u00ab de Chine \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Attention nomenclaturale :<\/strong> Il ne faut pas confondre <em>Angelica sinensis<\/em> avec :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Angelica archangelica<\/em> L. (ang\u00e9lique officinale europ\u00e9enne), esp\u00e8ce distincte \u00e0 usage digestif et aromatique<\/li>\n<li><em>Angelica acutiloba<\/em> (Siebold &amp; Zucc.) Kitag. (toki, ang\u00e9lique japonaise), utilis\u00e9e en m\u00e9decine kampo<\/li>\n<li><em>Angelica gigas<\/em> Nakai (dang gui cor\u00e9en), riche en d\u00e9cursinol et d\u00e9cursinol ang\u00e9late<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces trois esp\u00e8ces sont parfois substitu\u00e9es au dong quai sur le march\u00e9, mais leurs compositions chimiques et leurs profils d&rsquo;activit\u00e9 diff\u00e8rent significativement.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Angelica sinensis<\/em> est une plante herbac\u00e9e vivace (h\u00e9micryptophyte), robuste, atteignant 40 \u00e0 100 cm de hauteur. La tige est dress\u00e9e, cylindrique, stri\u00e9e longitudinalement, creuse, ramifi\u00e9e dans sa partie sup\u00e9rieure, glabre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement pubescente, de couleur vert pourpr\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Appareil v\u00e9g\u00e9tatif :<\/strong> Les feuilles sont alternes, compos\u00e9es bi- ou tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 contour triangulaire, longues de 15 \u00e0 30 cm. Les segments terminaux sont ovales-lanc\u00e9ol\u00e9s, incis\u00e9s-dent\u00e9s, de 2 \u00e0 4 cm, vert fonc\u00e9, glabres. Les p\u00e9tioles sont engainants \u00e0 la base (gaine ventrue caract\u00e9ristique des Apiaceae). Le feuillage est aromatique, d\u00e9gageant au froissement une odeur forte, musqu\u00e9e, \u00e9pic\u00e9e-sucr\u00e9e, caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me racinaire :<\/strong> La racine est pivotante, charnue, ramifi\u00e9e en 3 \u00e0 5 racines lat\u00e9rales (radicelles), formant un ensemble fusiforme ou fascicul\u00e9 de 10 \u00e0 25 cm de longueur. La surface est brun-jaune, rid\u00e9e longitudinalement. La section transversale montre un anneau cambial net, un parenchyme cortical brun, des canaux s\u00e9cr\u00e9teurs (vittae) remplis d&rsquo;huile essentielle jaune, et un cylindre central lignifi\u00e9. La racine constitue la drogue v\u00e9g\u00e9tale officinale.<\/p>\n<p><strong>Appareil reproducteur :<\/strong> L&rsquo;inflorescence est une ombelle compos\u00e9e terminale, comprenant 12 \u00e0 36 ombellules. Les fleurs sont petites (2-3 mm), pentam\u00e8res, blanc verd\u00e2tre. Le calice est r\u00e9duit \u00e0 5 dents minuscules. La corolle comprend 5 p\u00e9tales libres, incurv\u00e9s. L&rsquo;androc\u00e9e comprend 5 \u00e9tamines alternes aux p\u00e9tales. L&rsquo;ovaire est inf\u00e8re, bicarpell\u00e9, surmont\u00e9 de 2 styles divergents et d&rsquo;un stylopode disco\u00efde. Le fruit est un diak\u00e8ne (m\u00e9ricarpe double) elliptique, aplati, de 4-6 mm, \u00e0 5 c\u00f4tes primaires saillantes et des ailes lat\u00e9rales \u00e9troites.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> Juin \u00e0 ao\u00fbt. La plante fleurit et fructifie \u00e0 partir de la deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me ann\u00e9e de croissance.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Angelica sinensis<\/em> est originaire des montagnes de Chine centrale et occidentale, principalement des provinces du Gansu, du Sichuan, du Yunnan, du Hubei et du Shaanxi, entre 2 000 et 3 500 m\u00e8tres d&rsquo;altitude. Le Gansu (district de Min, appel\u00e9 \u00ab pays du dang gui \u00bb) est la principale zone de production depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> L&rsquo;esp\u00e8ce cro\u00eet naturellement dans les prairies humides de montagne, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les ravins ombrag\u00e9s et les berges de torrents, sur des sols humif\u00e8res profonds, bien drain\u00e9s mais frais, acides \u00e0 neutres (pH 5,5-7,0). Elle n\u00e9cessite un climat frais et humide (temp\u00e9rature moyenne de 5 \u00e0 15 \u00b0C, pr\u00e9cipitations de 600 \u00e0 1 000 mm\/an) avec une couverture nuageuse fr\u00e9quente.<\/p>\n<p><strong>Culture :<\/strong> La culture du dong quai est une tradition agronomique mill\u00e9naire dans les montagnes du Gansu, pratiqu\u00e9e entre 2 200 et 3 000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude. Le cycle cultural complet dure 3 ans : la premi\u00e8re ann\u00e9e est consacr\u00e9e \u00e0 la production de semis, la deuxi\u00e8me \u00e0 la transplantation et \u00e0 la croissance v\u00e9g\u00e9tative, la troisi\u00e8me \u00e0 la r\u00e9colte des racines (avant la floraison, qui \u00e9puise les r\u00e9serves racinaires). Les racines sont r\u00e9colt\u00e9es en automne (octobre-novembre) de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e, lav\u00e9es, partiellement s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;air libre puis fum\u00e9es au feu de bois dans des s\u00e9choirs traditionnels, ce qui d\u00e9veloppe l&rsquo;ar\u00f4me caract\u00e9ristique et stabilise les compos\u00e9s volatils.<\/p>\n<p>La production annuelle chinoise est estim\u00e9e \u00e0 25 000-30 000 tonnes de racines s\u00e8ches, faisant du dang gui la troisi\u00e8me plante m\u00e9dicinale chinoise en volume de production.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, conservation et durabilit\u00e9<\/h3>\n<p><em>Angelica sinensis<\/em> est cultiv\u00e9e \u00e0 grande \u00e9chelle dans les provinces du Gansu, du Sichuan et du Yunnan. Les populations sauvages sont devenues tr\u00e8s rares en raison de la surexploitation historique et de la r\u00e9duction de l&rsquo;habitat de montagne. La quasi-totalit\u00e9 de l&rsquo;approvisionnement mondial provient de cultures.<\/p>\n<p>Les principaux enjeux de durabilit\u00e9 concernent la d\u00e9gradation des sols dans les zones de monoculture intensive (appauvrissement, \u00e9rosion), l&rsquo;utilisation excessive de pesticides et d&rsquo;engrais chimiques dans certaines zones de production, et le maintien de la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique (les vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es sont de plus en plus homog\u00e8nes). Des programmes de culture biologique et de rotation culturale sont en d\u00e9veloppement dans le Gansu.<\/p>\n<p>Le changement climatique constitue une menace \u00e9mergente : le r\u00e9chauffement des zones d&rsquo;altitude pourrait r\u00e9duire la surface des terroirs aptes \u00e0 la culture du dong quai, qui n\u00e9cessite des conditions fra\u00eeches et humides de haute montagne.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue officinale est la <strong>racine s\u00e9ch\u00e9e<\/strong> de <em>Angelica sinensis<\/em> (<em>Angelicae Sinensis Radix<\/em>), inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e chinoise (ChP 2020) et \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (Ph. Eur., monographie 2543).<\/p>\n<p>La pharmacop\u00e9e chinoise distingue traditionnellement trois parties de la racine, auxquelles sont attribu\u00e9es des propri\u00e9t\u00e9s l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rentes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Gui tou<\/strong> (t\u00eate de la racine, partie sup\u00e9rieure \u00e9paisse) : tonique du sang, action ascendante<\/li>\n<li><strong>Gui shen<\/strong> (corps de la racine, partie m\u00e9diane) : nourrit le sang, action harmonisante<\/li>\n<li><strong>Gui wei<\/strong> (queue de la racine, radicelles) : active la circulation du sang, action descendante<\/li>\n<li><strong>Quan gui<\/strong> (racine enti\u00e8re) : action globale, forme la plus courante<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Caract\u00e8res organoleptiques :<\/strong> La racine s\u00e8che est brun-jaune \u00e0 brun fonc\u00e9, \u00e0 surface rid\u00e9e, cassure irr\u00e9guli\u00e8re montrant des points d&rsquo;huile (canaux s\u00e9cr\u00e9teurs) jaune orang\u00e9. L&rsquo;odeur est forte, aromatique, caract\u00e9ristique (\u00e9pic\u00e9e, douce, musqu\u00e9e, l\u00e9g\u00e8rement terreuse). La saveur est d&rsquo;abord sucr\u00e9e puis l\u00e9g\u00e8rement piquante et am\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Standardisation :<\/strong> La Pharmacop\u00e9e chinoise requiert une teneur minimale de 0,050 % en <strong>ligustilide<\/strong> et de 0,050 % en <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> dans la drogue s\u00e8che. Les extraits commerciaux sont standardis\u00e9s \u00e0 1 % de ligustilide ou \u00e0 0,8-1,5 % d&rsquo;acide f\u00e9rulique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La racine de <em>Angelica sinensis<\/em> contient plus de 70 compos\u00e9s identifi\u00e9s, regroup\u00e9s en trois classes principales : les <strong>phtalides<\/strong> (fraction volatile), les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et les <strong>polysaccharides<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Phtalides (fraction volatile, 1-2 %) :<\/strong> Les phtalides sont les compos\u00e9s les plus caract\u00e9ristiques du dong quai et les principaux responsables de son ar\u00f4me. Le compos\u00e9 majoritaire est le <strong>Z-ligustilide<\/strong> (3-butylid\u00e8ne-4,5-dihydrophtalide), repr\u00e9sentant 40 \u00e0 60 % de la fraction volatile. Les autres phtalides incluent le <strong>Z-butylid\u00e8nephtalide<\/strong>, le <strong>n-butylphtalide<\/strong>, le <strong>s\u00e9danolide<\/strong>, le <strong>cnidilide<\/strong> et le <strong>senkyunolide<\/strong> (A, H, I). Le ligustilide est instable et se dim\u00e9rise facilement (tokinolide A, B) ou s&rsquo;oxyde en cours de stockage, ce qui complique la standardisation.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> L&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> (acide 4-hydroxy-3-m\u00e9thoxycinnaminque) est le principal acide ph\u00e9nolique de la racine (teneur de 0,04 \u00e0 0,10 %). Ses d\u00e9riv\u00e9s incluent l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide vanillique<\/strong>. L&rsquo;acide f\u00e9rulique et ses esters (conif\u00e9ryl f\u00e9rulate) sont les principaux antioxydants de la drogue.<\/p>\n<p><strong>Polysaccharides (5-12 %) :<\/strong> Les polysaccharides d&rsquo;<em>Angelica sinensis<\/em> (<strong>ASP<\/strong>, <em>Angelica sinensis polysaccharides<\/em>) sont des h\u00e9t\u00e9ropolysaccharides complexes compos\u00e9s d&rsquo;arabinose, de galactose, de glucose, de rhamnose et d&rsquo;acide galacturonique. Les fractions polysaccharidiques de haut poids mol\u00e9culaire (ASP-I, ASP-II) sont les principales responsables des effets h\u00e9mopo\u00ef\u00e9tiques et immunomodulateurs de la plante.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Coumarines<\/a> :<\/strong> osthol, bergapt\u00e8ne, xanthotoxine (furanocoumarines photosensibilisantes, en quantit\u00e9s traces)<\/li>\n<li><strong>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes :<\/strong> falcarinol, falcarindiol (compos\u00e9s cytotoxiques pr\u00e9sents en traces)<\/li>\n<li><strong>Vitamines :<\/strong> B12 (cyanocobalamine, en quantit\u00e9 trace, pertinente pour l&rsquo;effet anti-an\u00e9mique traditionnel), E, acide folique<\/li>\n<li><strong>Min\u00e9raux :<\/strong> fer, zinc, cuivre, mangan\u00e8se<\/li>\n<li><strong>Acides amin\u00e9s libres :<\/strong> lysine, leucine, isoleucine<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Effets sur l&rsquo;ut\u00e9rus :<\/strong> L&rsquo;action de <em>A. sinensis<\/em> sur le myom\u00e8tre est biphasique : les <strong>compos\u00e9s volatils<\/strong> (ligustilide, butylid\u00e8nephtalide) exercent un effet <strong>spasmolytique<\/strong> (relaxation du muscle ut\u00e9rin) par inhibition des canaux calciques voltage-d\u00e9pendants et par activation des canaux potassiques, tandis que les <strong>compos\u00e9s non volatils<\/strong> (polysaccharides, acide f\u00e9rulique) exercent un effet <strong>ut\u00e9rotonique<\/strong> (stimulation des contractions ut\u00e9rines). Cet antagonisme explique l&rsquo;action \u00ab r\u00e9gulatrice \u00bb attribu\u00e9e traditionnellement au dong quai sur la fonction ut\u00e9rine et les menstruations.<\/p>\n<p><strong>Effets h\u00e9mopo\u00ef\u00e9tiques et anti-an\u00e9miques :<\/strong> Les <strong>polysaccharides<\/strong> (ASP) stimulent la prolif\u00e9ration et la diff\u00e9renciation des cellules souches h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques dans la moelle osseuse, augmentent la production d&rsquo;\u00e9rythropo\u00ef\u00e9tine (EPO) r\u00e9nale et am\u00e9liorent l&rsquo;absorption intestinale du fer. Ces effets ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s chez des souris an\u00e9miques (mod\u00e8les par saign\u00e9e ou par irradiation) et corroborent l&rsquo;usage traditionnel du dong quai comme \u00ab tonique du sang \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Effets sur la circulation sanguine :<\/strong> Le <strong>ligustilide<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> inhibent l&rsquo;agr\u00e9gation plaquettaire (par inhibition du thromboxane A2 et \u00e9l\u00e9vation de la prostacycline), am\u00e9liorent la d\u00e9formabilit\u00e9 des \u00e9rythrocytes et exercent un effet vasodilatateur (relaxation endoth\u00e9lium-d\u00e9pendante via la voie NO\/GMPc). Ces propri\u00e9t\u00e9s sous-tendent l&rsquo;indication traditionnelle d&rsquo;\u00ab activation de la circulation du sang \u00bb (<em>huo xue<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Effets anti-inflammatoires :<\/strong> Le <strong>ligustilide<\/strong> inhibe la voie NF-\u03baB, r\u00e9duit la production de TNF-\u03b1, IL-1\u03b2 et PGE<sub>2<\/sub> dans les macrophages activ\u00e9s, et att\u00e9nue l&rsquo;inflammation dans les mod\u00e8les animaux de colite et d&rsquo;arthrite. L&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> inhibe les lipoxyg\u00e9nases et exerce une activit\u00e9 antioxydante (pi\u00e9geage des radicaux libres, inhibition de la peroxydation lipidique).<\/p>\n<p><strong>Effets immunomodulateurs :<\/strong> Les <strong>polysaccharides<\/strong> stimulent la prolif\u00e9ration des lymphocytes T et B, la phagocytose macrophagique et la production d&rsquo;interf\u00e9rons. Les fractions polysaccharidiques acides (riches en acide galacturonique) activent le compl\u00e9ment par la voie alterne.<\/p>\n<p><strong>Effets neuroprotecteurs :<\/strong> Le <strong>ligustilide<\/strong> traverse la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique et exerce des effets neuroprotecteurs dans les mod\u00e8les d&rsquo;isch\u00e9mie c\u00e9r\u00e9brale, de maladie d&rsquo;Alzheimer et de douleur neuropathique, via l&rsquo;inhibition du stress oxydatif et de l&rsquo;apoptose neuronale.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 phytoestrog\u00e9nique :<\/strong> Contrairement \u00e0 une croyance r\u00e9pandue, <em>Angelica sinensis<\/em> ne contient pas de phytoestrog\u00e8nes significatifs et ne se lie pas aux r\u00e9cepteurs estrog\u00e9niques dans les tests standardis\u00e9s <em>in vitro<\/em>. L&rsquo;activit\u00e9 \u00ab f\u00e9minisante \u00bb traditionnellement attribu\u00e9e au dong quai ne passe pas par une voie estrog\u00e9nique directe, mais plut\u00f4t par ses effets sur la circulation ut\u00e9rine, l&rsquo;h\u00e9matopo\u00ef\u00e8se et le syst\u00e8me neuroendocrinien.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Troubles menstruels et syndrome pr\u00e9menstruel :<\/strong> Le dong quai est utilis\u00e9 en m\u00e9decine chinoise presque exclusivement en association polyherbes (formules comme <em>Si Wu Tang<\/em>, \u00ab d\u00e9coction des quatre substances \u00bb, associant dong quai, <em>Paeonia lactiflora<\/em>, <em>Ligusticum chuanxiong<\/em> et <em>Rehmannia glutinosa<\/em>). Les essais cliniques men\u00e9s en Chine sur ces formules combin\u00e9es montrent une efficacit\u00e9 sur la dysm\u00e9norrh\u00e9e, l&rsquo;am\u00e9norrh\u00e9e secondaire et le syndrome pr\u00e9menstruel, mais les \u00e9tudes en monoth\u00e9rapie sont rares.<\/p>\n<p>L&rsquo;unique essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 en double aveugle \u00e9valuant le dong quai en monoth\u00e9rapie dans les sympt\u00f4mes m\u00e9nopausiques (Hirata <em>et al.<\/em>, 1997) n&rsquo;a pas montr\u00e9 de diff\u00e9rence significative par rapport au placebo apr\u00e8s 24 semaines de traitement (4,5 g de racine\/jour) sur les bouff\u00e9es de chaleur, l&rsquo;\u00e9paisseur endom\u00e9triale et les taux hormonaux. Cette \u00e9tude, souvent cit\u00e9e pour conclure \u00e0 l&rsquo;inefficacit\u00e9 du dong quai, est cependant critiquable car elle \u00e9value la plante en monoth\u00e9rapie \u2014 mode d&rsquo;administration qui ne correspond pas \u00e0 l&rsquo;usage traditionnel chinois, o\u00f9 le dong quai est toujours prescrit en combinaison synergique.<\/p>\n<p><strong>An\u00e9mie :<\/strong> Des \u00e9tudes cliniques chinoises (non contr\u00f4l\u00e9es) rapportent une am\u00e9lioration des param\u00e8tres h\u00e9matologiques (h\u00e9moglobine, h\u00e9matocrite, r\u00e9ticulocytes) chez des patients an\u00e9miques trait\u00e9s par des pr\u00e9parations \u00e0 base de dong quai. Les donn\u00e9es sont insuffisantes pour conclure selon les crit\u00e8res occidentaux.<\/p>\n<p><strong>Fibrose h\u00e9patique :<\/strong> Des essais cliniques chinois montrent une am\u00e9lioration des marqueurs de fibrose h\u00e9patique chez des patients atteints d&rsquo;h\u00e9patite B chronique trait\u00e9s par des injections intraveineuses de polysaccharides d&rsquo;<em>A. sinensis<\/em> en compl\u00e9ment du traitement antiviral.<\/p>\n<p><strong>Arthrose :<\/strong> Un essai pr\u00e9liminaire a \u00e9valu\u00e9 un extrait de dong quai dans l&rsquo;arthrose du genou, avec des r\u00e9sultats modestement positifs sur la douleur et la fonction.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Z-ligustilide<\/td>\n<td>Phtalide (fraction volatile)<\/td>\n<td>Antispasmodique, circulatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide f\u00e9rulique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant, antiagr\u00e9gant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>H\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques (pr\u00e9clinique)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Racine s\u00e9ch\u00e9e en d\u00e9coction :<\/strong> 3 \u00e0 15 g de racine s\u00e9ch\u00e9e par jour (forme traditionnelle chinoise). La racine est d\u00e9coup\u00e9e en tranches et mijot\u00e9e dans l&rsquo;eau pendant 20 \u00e0 40 minutes. La d\u00e9coction est le mode d&rsquo;administration de r\u00e9f\u00e9rence en m\u00e9decine chinoise, o\u00f9 le dong quai est presque toujours prescrit en formules combin\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Poudre de racine :<\/strong> 1 \u00e0 4 g par jour en g\u00e9lules, r\u00e9partis en 2 \u00e0 3 prises.<\/p>\n<p><strong>Extrait standardis\u00e9 :<\/strong> 200 \u00e0 600 mg d&rsquo;extrait sec par jour, standardis\u00e9 \u00e0 1 % de ligustilide ou 0,8 % d&rsquo;acide f\u00e9rulique.<\/p>\n<p><strong>Teinture (1:5, \u00e9thanol 45 %) :<\/strong> 2 \u00e0 5 mL, 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Formule traditionnelle (Si Wu Tang) :<\/strong> Dong quai (dang gui) 9 g, <em>Paeonia lactiflora<\/em> (bai shao) 9 g, <em>Ligusticum chuanxiong<\/em> (chuan xiong) 6 g, <em>Rehmannia glutinosa<\/em> (shu di huang) 12 g \u2014 en d\u00e9coction quotidienne. C&rsquo;est la formule de base du tonique du sang en MTC.<\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e du traitement :<\/strong> En usage traditionnel, le traitement est poursuivi pendant plusieurs semaines \u00e0 plusieurs mois. Un cycle typique pour les troubles menstruels est de 3 cycles menstruels.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> La DL<sub>50<\/sub> orale de l&rsquo;extrait aqueux chez la souris est de 100 g\/kg, ce qui indique une toxicit\u00e9 aigu\u00eb extr\u00eamement faible.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Photosensibilisation :<\/strong> La pr\u00e9sence de <strong>furanocoumarines<\/strong> (bergapt\u00e8ne, xanthotoxine) en traces conf\u00e8re un risque de photosensibilisation cutan\u00e9e (dermatite phytophotoinduite) en cas d&rsquo;exposition solaire concomitante. Ce risque est faible aux doses habituelles mais justifie une protection solaire.<\/li>\n<li><strong>Troubles h\u00e9morragiques :<\/strong> L&rsquo;effet antiagr\u00e9gant plaquettaire et anticoagulant (inhibition de la thrombine) peut augmenter le risque de saignement, en particulier chez les patients sous anticoagulants ou antiagr\u00e9gants.<\/li>\n<li><strong>Troubles digestifs :<\/strong> Ballonnements, diarrh\u00e9e (rares aux doses recommand\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>Effet \u0153strog\u00e9nique :<\/strong> Bien qu&rsquo;aucune activit\u00e9 estrog\u00e9nique directe n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e, la prudence est recommand\u00e9e chez les patientes pr\u00e9sentant des cancers hormonod\u00e9pendants, par principe de pr\u00e9caution.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Grossesse (risque ut\u00e9rotonique). Allaitement (donn\u00e9es insuffisantes). Troubles de la coagulation ou traitement anticoagulant. M\u00e9norragies (risque d&rsquo;aggravation du saignement). Chirurgie programm\u00e9e (arr\u00eat 2 semaines avant).<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Anticoagulants oraux (warfarine) :<\/strong> Plusieurs cas d&rsquo;augmentation de l&rsquo;INR ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s. Interaction cliniquement significative.<\/li>\n<li><strong>Antiagr\u00e9gants plaquettaires :<\/strong> Potentialisation du risque h\u00e9morragique.<\/li>\n<li><strong>Tamoxif\u00e8ne, inhibiteurs de l&rsquo;aromatase :<\/strong> Interaction th\u00e9orique (pr\u00e9caution en oncologie hormonale).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le dong quai est mentionn\u00e9 pour la premi\u00e8re fois dans le <em>Shen Nong Ben Cao Jing<\/em> (Classique de la mati\u00e8re m\u00e9dicale du Divin Laboureur, environ 200 av. J.-C.), o\u00f9 il est class\u00e9 parmi les drogues \u00ab moyennes \u00bb (toniques). Il est d\u00e9crit comme tonique du sang, r\u00e9gulateur des menstruations, calmant des douleurs et humidifiant des intestins.<\/p>\n<p>Le nom chinois <em>dang gui<\/em> (\u5f53\u5f52, \u00ab celle qui doit revenir \u00bb) est entour\u00e9 de plusieurs l\u00e9gendes. L&rsquo;une raconte qu&rsquo;un jeune homme, partant pour un long voyage en montagne, promit \u00e0 sa femme de revenir au bout de trois ans. S&rsquo;il ne revenait pas, elle devrait se remarier. Trois ans pass\u00e8rent sans nouvelle ; la femme, malade de chagrin, tomba en an\u00e9mie grave. L&rsquo;homme revint finalement et lui offrit la racine de dang gui, qui la gu\u00e9rit. D&rsquo;o\u00f9 le nom : \u00ab celle qui fait revenir (le mari, le sang, la sant\u00e9) \u00bb.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, le dong quai est class\u00e9 comme plante de saveur douce et piquante, de nature ti\u00e8de, agissant sur les m\u00e9ridiens du foie, du c\u0153ur et de la rate. Ses fonctions principales sont de \u00ab nourrir le sang \u00bb (<em>bu xue<\/em>), \u00ab activer la circulation du sang \u00bb (<em>huo xue<\/em>), \u00ab r\u00e9guler les menstruations \u00bb (<em>tiao jing<\/em>) et \u00ab calmer les douleurs \u00bb (<em>zhi tong<\/em>).<\/p>\n<p>Le dong quai est int\u00e9gr\u00e9 dans des centaines de formules classiques de la MTC, les plus c\u00e9l\u00e8bres \u00e9tant le <em>Si Wu Tang<\/em> (d\u00e9coction des quatre substances, tonique du sang par excellence), le <em>Dang Gui Bu Xue Tang<\/em> (avec astragale, pour le qi et le sang) et le <em>Xiao Yao San<\/em> (poudre du libre vagabond, pour le foie et la rate).<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et falsifications<\/h3>\n<p><strong>Confusions botaniques :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><em>Angelica acutiloba<\/em> (toki japonais) : composition chimique diff\u00e9rente, plus riche en falcarinol.<\/li>\n<li><em>Angelica gigas<\/em> (dang gui cor\u00e9en) : riche en d\u00e9cursinol et d\u00e9cursinol ang\u00e9late, compos\u00e9s absents de <em>A. sinensis<\/em>.<\/li>\n<li><em>Angelica archangelica<\/em> (ang\u00e9lique europ\u00e9enne) : profil chimique distinct, riche en furanocoumarines.<\/li>\n<li><em>Ligusticum chuanxiong<\/em> (chuan xiong) : Apiaceae chinoise souvent associ\u00e9e au dong quai mais de composition diff\u00e9rente (riche en t\u00e9tramethylpyrazine).<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Falsifications :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Substitution par des racines d&rsquo;esp\u00e8ces voisines d&rsquo;<em>Angelica<\/em> moins co\u00fbteuses.<\/li>\n<li>M\u00e9lange de racines de qualit\u00e9 variable (racines lignifi\u00e9es, radicelles vides).<\/li>\n<li>Adult\u00e9ration par du sulfitage excessif (dioxyde de soufre) pour blanchir et conserver les racines.<\/li>\n<li>Pr\u00e9sence de r\u00e9sidus de pesticides (organophosphor\u00e9s, pyr\u00e9thrino\u00efdes) dans les racines de culture intensive.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le contr\u00f4le qualit\u00e9 repose sur la pharmacognosie macroscopique et microscopique, le dosage HPLC du ligustilide et de l&rsquo;acide f\u00e9rulique, le profil chromatographique des phtalides, et la recherche de contaminants (SO<sub>2<\/sub> r\u00e9siduel, pesticides, m\u00e9taux lourds, aflatoxines).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Angelica sinensis<\/em> est l&rsquo;un des piliers de la pharmacop\u00e9e chinoise traditionnelle, dont l&rsquo;usage bimill\u00e9naire comme \u00ab tonique du sang \u00bb et r\u00e9gulateur de la fonction gyn\u00e9cologique est soutenu par un rationnel phytochimique et pharmacologique coh\u00e9rent. Le profil d&rsquo;activit\u00e9, centr\u00e9 sur les propri\u00e9t\u00e9s spasmolytiques du <strong>ligustilide<\/strong>, les effets antioxydants et vasculoprotecteurs de l&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> et les propri\u00e9t\u00e9s h\u00e9mopo\u00ef\u00e9tiques et immunomodulatrices des <strong>polysaccharides<\/strong>, dessine un profil multifactoriel adapt\u00e9 au concept chinois de \u00ab tonification et activation du sang \u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, les donn\u00e9es cliniques \u00e9valu\u00e9es selon les crit\u00e8res de la m\u00e9decine occidentale bas\u00e9e sur les preuves sont encore insuffisantes, en particulier en monoth\u00e9rapie. La plupart des donn\u00e9es probantes proviennent d&rsquo;\u00e9tudes chinoises sur des formules polyherbes. La discordance entre les r\u00e9sultats n\u00e9gatifs de l&rsquo;essai de Hirata (dong quai seul en m\u00e9nopause) et l&rsquo;efficacit\u00e9 rapport\u00e9e des formules traditionnelles illustre le paradigme fondamentalement diff\u00e9rent de la MTC, o\u00f9 les plantes sont rarement utilis\u00e9es isol\u00e9ment mais toujours en synergie.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche les plus prometteuses concernent les propri\u00e9t\u00e9s neuroprotectrices du ligustilide, le potentiel antifibrotique des polysaccharides dans les maladies h\u00e9patiques chroniques, et la validation clinique rigoureuse des formules traditionnelles (Si Wu Tang) dans les indications gyn\u00e9cologiques, en respectant le paradigme d&rsquo;association polyherbes qui est au c\u0153ur de l&rsquo;usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Chao WW, Lin BF. Bioactivities of major constituents isolated from <em>Angelica sinensis<\/em> (Danggui). <em>Chin Med<\/em>. 2011;6:29.<\/li>\n<li>Hirata JD, Swiersz LM, Zell B <em>et al.<\/em> Does dong quai have estrogenic effects in postmenopausal women? A double-blind, placebo-controlled trial. <em>Fertil Steril<\/em>. 1997;68(6):981-986.<\/li>\n<li>Hook ILI. Danggui to Angelica sinensis root: are potential benefits to European women a reality? <em>J Ethnopharmacol<\/em>. 2014;152(1):1-13.<\/li>\n<li>Liu C, Li J, Meng FY <em>et al.<\/em> Polysaccharides from the root of <em>Angelica sinensis<\/em> promotes hematopoiesis and thrombopoiesis through the PI3K\/AKT pathway. <em>BMC Complement Altern Med<\/em>. 2010;10:79.<\/li>\n<li>Wei WL, Zeng R, Gu CM <em>et al.<\/em> <em>Angelica sinensis<\/em> in China \u2014 a review of botanical profile, ethnopharmacology, phytochemistry and chemical analysis. <em>J Ethnopharmacol<\/em>. 2016;190:116-141.<\/li>\n<li>Wu YC, Hsieh CL. Pharmacological effects of <em>Radix Angelica sinensis<\/em> (Danggui) on cerebral infarction. <em>Chin Med<\/em>. 2011;6:32.<\/li>\n<li>Yeh JC, Cindrova-Davies T, Engel SM <em>et al.<\/em> The pharmacology of Chinese herbs and phytochemicals from <em>Angelica sinensis<\/em> on uterine contractility. <em>Expert Opin Drug Discov<\/em>. 2020;15(1):71-83.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Tonique f\u00e9minin (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Emm\u00e9nagogue<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Circulatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Angelica sinensis (Oliv.) Diels Famille (classification morphologique traditionnelle) : Apiaceae (Umbelliferae). 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