{"id":9544,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/actee-a-grappes-noires\/"},"modified":"2026-06-24T16:59:03","modified_gmt":"2026-06-24T14:59:03","slug":"actee-a-grappes-noires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/actee-a-grappes-noires\/","title":{"rendered":"ACT\u00c9E \u00c0 GRAPPES NOIRES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/actee-a-grappes-noires.png\" alt=\"Planche botanique Act\u00e9e \u00e0 grappes noires\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Actaea racemosa<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille (classification morphologique traditionnelle) : Ranunculaceae.<\/p>\n<p><em>Actaea racemosa<\/em> \u2014 longtemps connue sous le nom de <em>Cimicifuga racemosa<\/em> \u2014 est une plante herbac\u00e9e vivace des for\u00eats caducifoli\u00e9es de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, dont le rhizome constitue l&rsquo;un des phytom\u00e9dicaments les plus utilis\u00e9s au monde pour le traitement des sympt\u00f4mes climat\u00e9riques de la m\u00e9nopause, en particulier les bouff\u00e9es de chaleur. Utilis\u00e9e depuis des si\u00e8cles par les nations am\u00e9rindiennes (Cherokee, Iroquoise, Algonquine) pour les troubles gyn\u00e9cologiques et les douleurs articulaires, l&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la pharmacop\u00e9e occidentale au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et a connu un d\u00e9veloppement majeur \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950 en Allemagne, o\u00f9 l&rsquo;extrait standardis\u00e9 Remifemin est devenu l&rsquo;alternative phytoth\u00e9rapeutique de r\u00e9f\u00e9rence au traitement hormonal substitutif.<\/p>\n<p>Le profil phytochimique de la plante est domin\u00e9 par des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a> glycosidiques<\/strong> (act\u00e9ine, cimig\u00e9noside, cimirac\u00e9moside) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acides isof\u00e9rulique et fukinolique). Contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue tenace, <em>A. racemosa<\/em> n&rsquo;exerce pas d&rsquo;activit\u00e9 estrog\u00e9nique directe. Ses m\u00e9canismes d&rsquo;action, encore incompl\u00e8tement \u00e9lucid\u00e9s, impliquent une modulation s\u00e9rotoninergique centrale, une action sur les r\u00e9cepteurs opio\u00efdes et une activit\u00e9 anti-inflammatoire.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Actaea racemosa<\/em> L. appartient \u00e0 la famille des <strong>Ranunculaceae<\/strong>, ordre des Ranunculales.<\/p>\n<p><strong>Classification APG IV :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Clade : Angiospermes<\/li>\n<li>Clade : Dicotyl\u00e9dones vraies (Eudicots)<\/li>\n<li>Clade : Ranunculid\u00e9es<\/li>\n<li>Ordre : Ranunculales<\/li>\n<li>Famille : Ranunculaceae<\/li>\n<li>Sous-famille : Ranunculoideae<\/li>\n<li>Tribu : Actaeae<\/li>\n<li>Genre : <em>Actaea<\/em> L.<\/li>\n<li>Esp\u00e8ce : <em>Actaea racemosa<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Cimicifuga racemosa<\/em> (L.) Nutt. (1818) est le synonyme le plus r\u00e9pandu dans la litt\u00e9rature phytoth\u00e9rapeutique et pharmacologique. La fusion du genre <em>Cimicifuga<\/em> dans le genre <em>Actaea<\/em>, valid\u00e9e par les \u00e9tudes phylog\u00e9n\u00e9tiques mol\u00e9culaires (Compton <em>et al.<\/em>, 1998), est aujourd&rsquo;hui accept\u00e9e par la majorit\u00e9 des syst\u00e9maticiens, mais le nom <em>Cimicifuga racemosa<\/em> reste tr\u00e8s utilis\u00e9 dans la litt\u00e9rature clinique et commerciale.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> Le nom <em>Actaea<\/em> d\u00e9rive du grec <em>aktaia<\/em> (sureau), en raison d&rsquo;une ressemblance superficielle des feuilles. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>racemosa<\/em> (du latin <em>racemus<\/em>, grappe) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;inflorescence en rac\u00e8me allong\u00e9. Le nom <em>Cimicifuga<\/em> vient du latin <em>cimex<\/em> (punaise) et <em>fugare<\/em> (chasser), l&rsquo;odeur d\u00e9sagr\u00e9able de la plante \u00e9tant r\u00e9put\u00e9e repousser les insectes.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Black cohosh, black snakeroot, bugbane (anglais), Traubensilberkerze (allemand), act\u00e9e \u00e0 grappes noires, cimicaire (fran\u00e7ais).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Actaea racemosa<\/em> est une plante herbac\u00e9e vivace, robuste, atteignant 1 \u00e0 2,5 m\u00e8tres de hauteur. Elle poss\u00e8de un rhizome horizontal, \u00e9pais, noir (d&rsquo;o\u00f9 \u00ab black cohosh \u00bb), noueux, de 2 \u00e0 4 cm de diam\u00e8tre, portant de nombreuses racines fibreuses et les cicatrices des tiges des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p><strong>Appareil v\u00e9g\u00e9tatif :<\/strong> Les tiges a\u00e9riennes sont dress\u00e9es, simples ou peu ramifi\u00e9es, glabres, cylindriques, stri\u00e9es. Les feuilles basales et caulinaires inf\u00e9rieures sont grandes (jusqu&rsquo;\u00e0 60 cm), alternes, compos\u00e9es bi- ou triternatis\u00e9qu\u00e9es. Les folioles terminales sont ovales \u00e0 oblongues, de 5 \u00e0 12 cm, incis\u00e9es-dent\u00e9es ou lob\u00e9es, \u00e0 apex acumin\u00e9, de texture membraneuse, vert fonc\u00e9 dessus, plus p\u00e2les dessous. Le p\u00e9tiole est allong\u00e9, stri\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Appareil reproducteur :<\/strong> L&rsquo;inflorescence est un rac\u00e8me terminal tr\u00e8s allong\u00e9 (20 \u00e0 60 cm), cylindrique, dense, \u00e9l\u00e9gant, portant de nombreuses fleurs blanc cr\u00e8me dispos\u00e9es en verticilles. Les fleurs sont actinomorphes, ap\u00e9tales (les \u00ab p\u00e9tales \u00bb apparents sont en r\u00e9alit\u00e9 des staminodes p\u00e9talo\u00efdes bifides). Les s\u00e9pales (4-5) sont p\u00e9talo\u00efdes, caducs. Les \u00e9tamines sont tr\u00e8s nombreuses (50-100), \u00e0 filets blancs, constituant l&rsquo;essentiel de la fleur visible et donnant \u00e0 l&rsquo;\u00e9pi un aspect \u00ab plumeux \u00bb. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, comprenant 1 \u00e0 2 (rarement 3) carpelles libres.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> Le fruit est un follicule ovo\u00efde \u00e0 globuleux, de 5 \u00e0 8 mm, brun \u00e0 noir \u00e0 maturit\u00e9, s&rsquo;ouvrant par une fente dorsale. Les graines (4-8 par follicule) sont aplaties, brun clair, ail\u00e9es, dispers\u00e9es par le vent et la gravit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> Juin \u00e0 septembre. La pollinisation est entomophile (bourdons, abeilles solitaires). L&rsquo;odeur des fleurs est souvent d\u00e9crite comme f\u00e9tide ou rance, ce qui explique le nom anglais \u00ab bugbane \u00bb (fl\u00e9au des insectes).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Actaea racemosa<\/em> est end\u00e9mique de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, depuis le sud de l&rsquo;Ontario (Canada) jusqu&rsquo;au nord de la G\u00e9orgie et de l&rsquo;Arkansas (\u00c9tats-Unis). Son aire de r\u00e9partition suit la cha\u00eene des Appalaches, avec des populations disjointes dans le plateau des Ozarks.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> L&rsquo;esp\u00e8ce est caract\u00e9ristique du sous-bois des for\u00eats caducifoli\u00e9es m\u00e9sophiles \u00e0 <em>Quercus<\/em>, <em>Acer<\/em>, <em>Fagus<\/em>, <em>Liriodendron<\/em> et <em>Tsuga<\/em>. Elle cro\u00eet dans des situations ombrag\u00e9es \u00e0 semi-ombrag\u00e9es, sur des sols humif\u00e8res profonds, bien drain\u00e9s, riches en mati\u00e8re organique, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides (pH 5,5-7,0), entre 300 et 1 500 m\u00e8tres d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p><strong>Climat :<\/strong> Temp\u00e9r\u00e9 continental humide, avec des pr\u00e9cipitations de 800 \u00e0 1 500 mm\/an et des hivers froids (-20 \u00e0 -30 \u00b0C). La plante n\u00e9cessite une p\u00e9riode de vernalisation (froid hivernal) pour fleurir.<\/p>\n<p><strong>Culture :<\/strong> La culture commerciale de <em>A. racemosa<\/em> se d\u00e9veloppe depuis les ann\u00e9es 2000, principalement dans les \u00c9tats appalachiens (Caroline du Nord, Virginie, Virginie-Occidentale), en r\u00e9ponse \u00e0 la surexploitation des populations sauvages. La multiplication se fait par semis (germination lente, 12-18 mois) ou par division de rhizomes. Le cycle cultural est long : les rhizomes ne sont r\u00e9coltables qu&rsquo;apr\u00e8s 3 \u00e0 5 ans de croissance. La culture n\u00e9cessite un ombrage partiel (sous couvert forestier ou sous filet d&rsquo;ombrage) et des sols forestiers riches.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, conservation et durabilit\u00e9<\/h3>\n<p><em>Actaea racemosa<\/em> est inscrite sur la liste CITES (Appendice II) depuis 2002, en raison de la pression exerc\u00e9e par la cueillette sauvage intensive pour le march\u00e9 phytoth\u00e9rapeutique mondial. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e \u00ab \u00e0 risque \u00bb (At Risk) par United Plant Savers. Les populations sauvages ont d\u00e9clin\u00e9 significativement dans les Appalaches centrales et m\u00e9ridionales.<\/p>\n<p>Des programmes de culture sous couvert forestier (forest farming) sont en d\u00e9veloppement dans les Appalaches, mais les rendements sont modestes et le cycle cultural est long (3-5 ans). L&rsquo;int\u00e9r\u00eat croissant du march\u00e9 mondial pour l&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires n\u00e9cessite un d\u00e9veloppement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de la culture pour r\u00e9duire la pression sur les populations sauvages et garantir la qualit\u00e9 de la mati\u00e8re premi\u00e8re.<\/p>\n<p>La certification biologique (USDA Organic, Ecocert) et les labels de commerce \u00e9quitable se d\u00e9veloppent pour les productions de culture, offrant des garanties de tra\u00e7abilit\u00e9 et de durabilit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue officinale est constitu\u00e9e par le <strong>rhizome et les racines s\u00e9ch\u00e9s<\/strong> de <em>Actaea racemosa<\/em> (<em>Cimicifugae rhizoma<\/em>). La monographie figure dans la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (Ph. Eur.) et dans la Pharmacop\u00e9e am\u00e9ricaine (USP).<\/p>\n<p><strong>Caract\u00e8res de la drogue :<\/strong> Le rhizome sec est brun-noir, dur, tortueux, de 2 \u00e0 4 cm de diam\u00e8tre, portant des cicatrices foliaires arrondies \u00e0 sa face sup\u00e9rieure et des racines fibreuses brun\u00e2tres \u00e0 sa face inf\u00e9rieure. La section transversale est blanch\u00e2tre, amylac\u00e9e, montrant un large parenchyme cortical et un cylindre vasculaire central. L&rsquo;odeur est faible, l\u00e9g\u00e8rement acre. La saveur est am\u00e8re et l\u00e9g\u00e8rement astringente.<\/p>\n<p><strong>Standardisation :<\/strong> Les extraits commerciaux sont standardis\u00e9s \u00e0 leur teneur en <strong>triterp\u00e8nes glycosidiques<\/strong> (calcul\u00e9e en 27-d\u00e9oxyact\u00e9ine ou en act\u00e9ine), g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 2,5 % de triterp\u00e8nes. L&rsquo;extrait de r\u00e9f\u00e9rence est le <strong>Remifemin<\/strong>, extrait isopropanolique standardis\u00e9 (BNO 1055), dos\u00e9 \u00e0 2,5 mg de triterp\u00e8nes par comprim\u00e9 (\u00e9quivalent \u00e0 20 mg d&rsquo;extrait sec).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Triterp\u00e8nes glycosidiques (2-6 %) :<\/strong> Les triterp\u00e8nes de <em>A. racemosa<\/em> appartiennent \u00e0 la classe des <strong>cycloartanes<\/strong> (t\u00e9tracycliques) et constituent les marqueurs chimiques et les compos\u00e9s bioactifs principaux de la drogue. Les principaux repr\u00e9sentants sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Act\u00e9ine<\/strong> (27-d\u00e9oxyact\u00e9ine xylosid\u00e9e) : marqueur de standardisation principal<\/li>\n<li><strong>27-D\u00e9oxyact\u00e9ine<\/strong> : aglycone, compos\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 pharmacologiquement<\/li>\n<li><strong>Cimig\u00e9noside<\/strong>, <strong>cimirac\u00e9moside<\/strong> A et C : glycosides xylosyl\u00e9s<\/li>\n<li><strong>Act\u00e9ol<\/strong>, <strong>cimifugoside<\/strong>, <strong>cimiac\u00e9rog\u00e9noside<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces triterp\u00e8nes poss\u00e8dent un squelette cycloartane modifi\u00e9, portant des substitutions oxyg\u00e9n\u00e9es (hydroxyles, \u00e9poxydes, c\u00e9tones) et un xylose en position C-3. Leur structure complexe rend la synth\u00e8se totale tr\u00e8s difficile, ce qui maintient la d\u00e9pendance \u00e0 la source v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Acide isof\u00e9rulique<\/strong> (acide 3-hydroxy-4-m\u00e9thoxycinnaminque) et ses esters<\/li>\n<li><strong>Acide fukinolique<\/strong> (ester cimicifugique) et ses d\u00e9riv\u00e9s<\/li>\n<li><strong>Acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong><\/li>\n<li><strong>Cimiracemates<\/strong> A et B : esters d&rsquo;acides hydroxycinnamiques sp\u00e9cifiques de l&rsquo;esp\u00e8ce<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a> :<\/strong> La <strong>N\u03c9-m\u00e9thyls\u00e9rotonine<\/strong> (N-m\u00e9thyl-5-hydroxytryptamine) a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e dans le rhizome. Ce d\u00e9riv\u00e9 de la s\u00e9rotonine pourrait contribuer aux effets sur la thermor\u00e9gulation (bouff\u00e9es de chaleur) via les r\u00e9cepteurs 5-HT<sub>7<\/sub>.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s :<\/strong> r\u00e9sines (15-20 %), tanins, phytost\u00e9rols (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>), acides gras, sucres, amidon.<\/p>\n<p><strong>Formosanine :<\/strong> La <strong>formosanine<\/strong> (formononetin), isoflavone pr\u00e9sent\u00e9e dans certaines publications comme compos\u00e9 de <em>A. racemosa<\/em>, est en r\u00e9alit\u00e9 un artefact analytique ou un contaminant provenant d&rsquo;esp\u00e8ces substitut\u00e9es (<em>Actaea<\/em> asiatiques). Sa pr\u00e9sence n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e de mani\u00e8re reproductible dans les rhizomes authentiques d&rsquo;<em>A. racemosa<\/em> de provenance nord-am\u00e9ricaine certifi\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Absence d&rsquo;activit\u00e9 estrog\u00e9nique directe :<\/strong> Contrairement \u00e0 une croyance longtemps entretenue, les \u00e9tudes rigoureuses <em>in vitro<\/em> et <em>in vivo<\/em> ont d\u00e9montr\u00e9 que les extraits de <em>A. racemosa<\/em> ne se lient pas aux r\u00e9cepteurs estrog\u00e9niques ER\u03b1 et ER\u03b2, ne stimulent pas la prolif\u00e9ration des cellules mammaires MCF-7 (lign\u00e9e estrog\u00e9no-d\u00e9pendante), n&rsquo;augmentent pas le poids ut\u00e9rin chez la rate ovariectomis\u00e9e et ne modifient pas les taux s\u00e9riques de FSH, LH, estradiol ou prolactine chez la femme. L&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires n&rsquo;est donc pas un \u00ab phytoestrog\u00e8ne \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Modulation s\u00e9rotoninergique :<\/strong> Les donn\u00e9es pharmacologiques convergent vers une action centrale sur le syst\u00e8me s\u00e9rotoninergique comme m\u00e9canisme principal de l&rsquo;effet anti-bouff\u00e9es de chaleur. Les extraits de <em>A. racemosa<\/em> et la <strong>N\u03c9-m\u00e9thyls\u00e9rotonine<\/strong> agissent comme agonistes partiels des r\u00e9cepteurs <strong>5-HT<sub>1A<\/sub><\/strong> et <strong>5-HT<sub>7<\/sub><\/strong> dans l&rsquo;hypothalamus, modulant le centre thermor\u00e9gulateur et r\u00e9duisant les \u00e9pisodes vasomoteurs. Ce m\u00e9canisme est analogue \u00e0 celui des antid\u00e9presseurs ISRS (inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine) et de la parox\u00e9tine, utilis\u00e9s off-label dans le traitement des bouff\u00e9es de chaleur.<\/p>\n<p><strong>Action sur les r\u00e9cepteurs opio\u00efdes :<\/strong> Les triterp\u00e8nes cycloartanes se lient aux r\u00e9cepteurs \u03bc-opio\u00efdes avec une affinit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e, ce qui pourrait contribuer aux effets analg\u00e9siques et \u00e0 la modulation de l&rsquo;axe hypothalamo-hypophyso-gonadique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> Les acides ph\u00e9noliques (acide isof\u00e9rulique, cimiracemates) et les triterp\u00e8nes inhibent la production de TNF-\u03b1, IL-1\u03b2, NO et PGE<sub>2<\/sub> par les macrophages activ\u00e9s, par inhibition de NF-\u03baB et des MAP kinases. Cette activit\u00e9 anti-inflammatoire est pertinente pour les douleurs articulaires et musculaires fr\u00e9quemment associ\u00e9es \u00e0 la m\u00e9nopause.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 ost\u00e9oprotectrice :<\/strong> Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> montrent que les extraits de <em>A. racemosa<\/em> inhibent la diff\u00e9renciation et l&rsquo;activit\u00e9 des ost\u00e9oclastes (via inhibition de RANKL et de NF-\u03baB) et stimulent la diff\u00e9renciation ost\u00e9oblastique, sugg\u00e9rant un effet protecteur sur la masse osseuse. Cet effet reste \u00e0 confirmer cliniquement.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Bouff\u00e9es de chaleur et sympt\u00f4mes climat\u00e9riques :<\/strong> L&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires est l&rsquo;un des phytom\u00e9dicaments les plus \u00e9tudi\u00e9s cliniquement dans cette indication, avec plus de 30 essais cliniques publi\u00e9s. Les r\u00e9sultats sont cependant h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes.<\/p>\n<p>La revue Cochrane de Leach &amp; Moore (2012), portant sur 16 essais randomis\u00e9s (2 027 femmes), conclut \u00e0 une tendance non significative en faveur de l&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires par rapport au placebo pour la r\u00e9duction de la fr\u00e9quence des bouff\u00e9es de chaleur, mais note une grande h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 entre les \u00e9tudes (extraits diff\u00e9rents, doses variables, crit\u00e8res de jugement non standardis\u00e9s).<\/p>\n<p>Cependant, les essais utilisant sp\u00e9cifiquement l&rsquo;extrait isopropanolique BNO 1055 (Remifemin) montrent des r\u00e9sultats plus favorables. L&rsquo;essai de Osmers <em>et al.<\/em> (2005), randomis\u00e9 en double aveugle contre placebo chez 304 femmes m\u00e9nopaus\u00e9es pendant 12 semaines, a montr\u00e9 une r\u00e9duction significative du score de Kupperman (score symptomatique climat\u00e9rique) de 47 % dans le groupe act\u00e9e vs 21 % dans le groupe placebo. L&rsquo;essai de Nappi <em>et al.<\/em> (2005) a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 comparable \u00e0 celle du tibolone (st\u00e9ro\u00efde de synth\u00e8se) sur le score climat\u00e9rique apr\u00e8s 3 mois.<\/p>\n<p><strong>Absence d&rsquo;effet estrog\u00e9nique clinique :<\/strong> Les essais cliniques confirment l&rsquo;absence d&rsquo;effet stimulant sur l&rsquo;endom\u00e8tre (pas d&rsquo;augmentation de l&rsquo;\u00e9paisseur endom\u00e9triale \u00e0 l&rsquo;\u00e9chographie), sur le tissu mammaire (pas d&rsquo;augmentation de la densit\u00e9 mammographique) et sur les marqueurs hormonaux, ce qui constitue un avantage majeur par rapport au traitement hormonal substitutif en termes de s\u00e9curit\u00e9 mammaire et endom\u00e9triale.<\/p>\n<p><strong>Troubles de l&rsquo;humeur de la m\u00e9nopause :<\/strong> Plusieurs essais montrent une am\u00e9lioration de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, de l&rsquo;irritabilit\u00e9 et de l&rsquo;humeur d\u00e9pressive associ\u00e9es \u00e0 la m\u00e9nopause sous traitement par act\u00e9e \u00e0 grappes noires, possiblement via l&rsquo;activit\u00e9 s\u00e9rotoninergique.<\/p>\n<p><strong>Douleurs articulaires :<\/strong> Les douleurs musculosquelettiques p\u00e9ri-m\u00e9nopausiques sont am\u00e9lior\u00e9es dans plusieurs essais, en coh\u00e9rence avec l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire de la plante.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Act\u00e9ine, 27-d\u00e9oxyact\u00e9ine<\/td>\n<td>Triterp\u00e8nes glycosidiques (cycloartanes)<\/td>\n<td>Action sur les sympt\u00f4mes de la m\u00e9nopause<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cimig\u00e9noside, cimirac\u00e9mosides<\/td>\n<td>Triterp\u00e8nes glycosidiques<\/td>\n<td>Constituants caract\u00e9ristiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques (fukinolique)<\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Extrait isopropanolique standardis\u00e9 (Remifemin, BNO 1055) :<\/strong> 20 mg d&rsquo;extrait sec, 2 fois par jour (soit 2,5 mg de triterp\u00e8nes par prise). C&rsquo;est la forme la mieux document\u00e9e cliniquement.<\/p>\n<p><strong>Extrait \u00e9thanolique standardis\u00e9 :<\/strong> 40 \u00e0 80 mg d&rsquo;extrait sec par jour, standardis\u00e9 \u00e0 2,5 % de triterp\u00e8nes glycosidiques (calcul\u00e9 en 27-d\u00e9oxyact\u00e9ine).<\/p>\n<p><strong>Teinture (1:10, \u00e9thanol 60 %) :<\/strong> 0,4 \u00e0 2 mL, 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction de rhizome :<\/strong> 40 \u00e0 200 mg de rhizome s\u00e9ch\u00e9 en d\u00e9coction, 3 fois par jour (forme traditionnelle am\u00e9rindienne et \u00e9clectique).<\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e du traitement :<\/strong> Une dur\u00e9e maximale de 6 mois en autom\u00e9dication est recommand\u00e9e. Les essais cliniques ont \u00e9valu\u00e9 des traitements de 3 \u00e0 12 mois. Un traitement prolong\u00e9 (&gt; 6 mois) n\u00e9cessite un suivi m\u00e9dical, en particulier une surveillance h\u00e9patique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> La DL<sub>50<\/sub> orale de l&rsquo;extrait isopropanolique chez le rat est sup\u00e9rieure \u00e0 5 000 mg\/kg. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 chronique (6 mois) n&rsquo;ont pas montr\u00e9 de toxicit\u00e9 organique significative aux doses th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p><strong>H\u00e9patotoxicit\u00e9 :<\/strong> Plus de 80 cas d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 (\u00e9l\u00e9vation des transaminases, h\u00e9patite aigu\u00eb, quelques cas d&rsquo;insuffisance h\u00e9patique aigu\u00eb n\u00e9cessitant une transplantation) ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s dans le monde en association avec des produits contenant de l&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires. Cependant :<\/p>\n<ul>\n<li>Le lien de causalit\u00e9 est difficile \u00e0 \u00e9tablir (co-m\u00e9dications fr\u00e9quentes, produits multi-ingr\u00e9dients, qualit\u00e9 douteuse de certains produits).<\/li>\n<li>Plusieurs cas impliquaient des produits contenant des esp\u00e8ces asiatiques substitu\u00e9es (<em>Actaea<\/em> spp. asiatiques potentiellement plus h\u00e9patotoxiques).<\/li>\n<li>Les \u00e9tudes de pharmacovigilance et les essais cliniques avec l&rsquo;extrait BNO 1055 n&rsquo;ont pas montr\u00e9 de signal h\u00e9patotoxique significatif.<\/li>\n<li>Le risque h\u00e9patotoxique est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab rare mais non exclu \u00bb et un bilan h\u00e9patique est recommand\u00e9 en cas de sympt\u00f4mes \u00e9vocateurs (asth\u00e9nie, ict\u00e8re, urines fonc\u00e9es).<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Autres effets ind\u00e9sirables :<\/strong> Troubles digestifs (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e), c\u00e9phal\u00e9es, vertiges, \u00e9ruptions cutan\u00e9es (rares et g\u00e9n\u00e9ralement b\u00e9nins).<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Ant\u00e9c\u00e9dent d&rsquo;h\u00e9patopathie. Grossesse et allaitement (activit\u00e9 ut\u00e9rotonique potentielle). Par prudence : cancers du sein hormonod\u00e9pendants (bien que l&rsquo;absence d&rsquo;activit\u00e9 estrog\u00e9nique soit \u00e9tablie, par pr\u00e9caution r\u00e9glementaire).<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses :<\/strong> Aucune interaction pharmacocin\u00e9tique cliniquement significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e. L&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires n&rsquo;inhibe pas les cytochromes CYP3A4, CYP2D6 ou CYP1A2 aux doses th\u00e9rapeutiques. Une interaction pharmacodynamique th\u00e9orique avec les ISRS (effet s\u00e9rotoninergique additif) est possible mais non document\u00e9e cliniquement.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les nations am\u00e9rindiennes de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord (Cherokee, Iroquoise, Delaware, Algonquine) utilisaient le rhizome de <em>A. racemosa<\/em> pour un spectre d&rsquo;indications tr\u00e8s large : troubles menstruels (am\u00e9norrh\u00e9e, dysm\u00e9norrh\u00e9e), facilitation de l&rsquo;accouchement, douleurs articulaires et rhumatismales, morsures de serpent (d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab black snakeroot \u00bb), fi\u00e8vre, toux et maux de gorge.<\/p>\n<p>L&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires fut adopt\u00e9e par les m\u00e9decins \u00e9clectiques am\u00e9ricains au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, notamment John King (1852) et Harvey Wickes Felter (1898), qui la prescrivaient comme \u00ab macrotin \u00bb ou \u00ab cimicifugin \u00bb pour les n\u00e9vralgies, les douleurs ut\u00e9rines, les menstruations difficiles et le rhumatisme articulaire. L&rsquo;extrait fluide \u00e9tait inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e am\u00e9ricaine de 1820 \u00e0 1936.<\/p>\n<p>L&rsquo;introduction en Europe a eu lieu au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, mais c&rsquo;est en Allemagne, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950, que l&rsquo;extrait de Remifemin a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 et commercialis\u00e9 comme alternative au traitement hormonal substitutif de la m\u00e9nopause, devenant le premier phytom\u00e9dicament agr\u00e9\u00e9 dans cette indication.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et falsifications<\/h3>\n<p><strong>Confusions botaniques (probl\u00e8me majeur) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><em>Actaea podocarpa<\/em> DC. (syn. <em>Cimicifuga americana<\/em>) : esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine voisine, parfois r\u00e9colt\u00e9e comme substitut, profil chimique diff\u00e9rent.<\/li>\n<li><em>Actaea dahurica<\/em>, <em>A. heracleifolia<\/em>, <em>A. foetida<\/em> : esp\u00e8ces asiatiques (sheng ma) utilis\u00e9es en MTC, de composition chimique tr\u00e8s diff\u00e9rente (riches en chromones et acides cinamoylshikimiques), potentiellement responsables de certains cas d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 attribu\u00e9s \u00e0 tort au black cohosh.<\/li>\n<li><em>Caulophyllum thalictroides<\/em> (blue cohosh) : Berberidaceae nord-am\u00e9ricaine parfois confondue avec le black cohosh, mais de composition totalement diff\u00e9rente (alcalo\u00efdes quinolizidiques cardiotoxiques). La confusion est dangereuse.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Falsifications :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Substitution par des esp\u00e8ces asiatiques d&rsquo;<em>Actaea<\/em> (sheng ma chinois), moins co\u00fbteuses. Des analyses ADN de produits commerciaux ont montr\u00e9 que 25 \u00e0 50 % des suppl\u00e9ments vendus comme \u00ab black cohosh \u00bb contenaient des esp\u00e8ces asiatiques substitu\u00e9es.<\/li>\n<li>Dilution par des excipients inertes sans d\u00e9claration.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le contr\u00f4le qualit\u00e9 repose sur l&rsquo;identification botanique (macroscopie, microscopie), le profil HPLC des triterp\u00e8nes cycloartanes (act\u00e9ine, 27-d\u00e9oxyact\u00e9ine comme marqueurs d&rsquo;authenticit\u00e9), l&rsquo;analyse ADN (barcoding mol\u00e9culaire) et la recherche de chromones (marqueurs de substitution asiatique).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Actaea racemosa<\/em> occupe une place de premier plan en phytoth\u00e9rapie de la m\u00e9nopause, offrant une alternative non hormonale aux femmes souffrant de sympt\u00f4mes climat\u00e9riques et ne pouvant ou ne souhaitant pas recourir au traitement hormonal substitutif. L&rsquo;absence d&rsquo;activit\u00e9 estrog\u00e9nique directe \u2014 d\u00e9sormais fermement \u00e9tablie \u2014 constitue un avantage majeur en termes de s\u00e9curit\u00e9 mammaire et endom\u00e9triale.<\/p>\n<p>L&rsquo;efficacit\u00e9 clinique sur les bouff\u00e9es de chaleur, bien que mod\u00e9r\u00e9e et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne dans les m\u00e9ta-analyses, est cliniquement significative avec les extraits standardis\u00e9s de qualit\u00e9 (BNO 1055), et s&rsquo;accompagne d&rsquo;effets b\u00e9n\u00e9fiques sur l&rsquo;humeur et les douleurs articulaires. Le m\u00e9canisme d&rsquo;action central impliquant la modulation <strong>s\u00e9rotoninergique<\/strong> (r\u00e9cepteurs 5-HT<sub>1A<\/sub> et 5-HT<sub>7<\/sub>) offre un rationnel pharmacologique coh\u00e9rent avec l&rsquo;activit\u00e9 clinique observ\u00e9e.<\/p>\n<p>La question de l&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 reste un sujet de vigilance, bien que le risque semble li\u00e9 davantage \u00e0 l&rsquo;adult\u00e9ration par des esp\u00e8ces asiatiques substitu\u00e9es qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine authentique. La tra\u00e7abilit\u00e9, l&rsquo;authentification botanique et le contr\u00f4le qualit\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res sont donc des enjeux critiques pour la s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche incluent la validation clinique de l&rsquo;activit\u00e9 ost\u00e9oprotectrice, l&rsquo;exploration du potentiel dans la d\u00e9pression p\u00e9ri-m\u00e9nopausique (en lien avec l&rsquo;activit\u00e9 s\u00e9rotoninergique), le d\u00e9veloppement de m\u00e9thodes d&rsquo;authentification rapide (spectroscopie NIR, PCR) et la mise en culture \u00e0 grande \u00e9chelle pour assurer la durabilit\u00e9 de l&rsquo;approvisionnement.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Beer AM, Neff A. Differentiated evaluation of extract-specific evidence on <em>Cimicifuga racemosa<\/em>&lsquo;s efficacy and safety for climacteric complaints. <em>Evid Based Complement Alternat Med<\/em>. 2013;2013:860602.<\/li>\n<li>Borrelli F, Ernst E. Black cohosh (<em>Cimicifuga racemosa<\/em>): a systematic review of adverse events. <em>Am J Obstet Gynecol<\/em>. 2008;199(5):455-466.<\/li>\n<li>Leach MJ, Moore V. Black cohosh (<em>Cimicifuga<\/em> spp.) for menopausal symptoms. <em>Cochrane Database Syst Rev<\/em>. 2012;(9):CD007244.<\/li>\n<li>Nappi RE, Malavasi B, Brundu B, Facchinetti F. Efficacy of <em>Cimicifuga racemosa<\/em> on climacteric complaints: a randomized study versus low-dose transdermal estradiol. <em>Gynecol Endocrinol<\/em>. 2005;20(1):30-35.<\/li>\n<li>Osmers R, Friede M, Liske E <em>et al.<\/em> Efficacy and safety of isopropanolic black cohosh extract for climacteric symptoms. <em>Obstet Gynecol<\/em>. 2005;105(5 Pt 1):1074-1083.<\/li>\n<li>Powell SL, G\u00f6decke T, Nikolic D <em>et al.<\/em> In vitro serotonergic activity of black cohosh and identification of N\u03c9-methylserotonin as a potential active constituent. <em>J Agric Food Chem<\/em>. 2008;56(24):11718-11726.<\/li>\n<li>Wuttke W, Seidlov\u00e1-Wuttke D, Gorkow C. The <em>Cimicifuga<\/em> preparation BNO 1055 vs. conjugated estrogens in a double-blind placebo-controlled study: effects on menopause symptoms and bone markers. <em>Maturitas<\/em>. 2003;44(Suppl 1):S67-S77.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-m\u00e9nopausique (bouff\u00e9es de chaleur)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u0152strog\u00e8ne-like (m\u00e9canisme d\u00e9battu)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Actaea racemosa L. Famille (classification morphologique traditionnelle) : Ranunculaceae. 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