{"id":9546,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/desmodium\/"},"modified":"2026-06-24T16:59:03","modified_gmt":"2026-06-24T14:59:03","slug":"desmodium","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/desmodium\/","title":{"rendered":"DESMODIUM"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Desmodium.jpg\" alt=\"Planche botanique Desmodium\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Desmodium adscendens<\/em> (Sw.) DC.<\/p>\n<p>Famille (classification morphologique traditionnelle) : Fabaceae (Leguminosae).<\/p>\n<p><em>Desmodium adscendens<\/em> est une plante herbac\u00e9e rampante pantropicale de la famille des Fabac\u00e9es, dont les parties a\u00e9riennes constituent l&rsquo;un des h\u00e9patoprotecteurs v\u00e9g\u00e9taux les plus utilis\u00e9s en Afrique de l&rsquo;Ouest et, depuis les ann\u00e9es 1970, dans la phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne francophone. Son introduction dans la pharmacop\u00e9e occidentale est intimement li\u00e9e aux travaux du couple de m\u00e9decins fran\u00e7ais Pierre et Anne-Marie Tub\u00e9ry, qui observ\u00e8rent au Cameroun dans les ann\u00e9es 1960 l&rsquo;utilisation traditionnelle de la plante dans le traitement des h\u00e9patites virales et entreprirent les premi\u00e8res investigations pharmacologiques et cliniques.<\/p>\n<p>Le profil phytochimique du desmodium est domin\u00e9 par des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> (soyasaponines), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> indoliques<\/strong> (tryptamine et d\u00e9riv\u00e9s), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a><\/strong>. Les donn\u00e9es exp\u00e9rimentales soutiennent des activit\u00e9s h\u00e9patoprotectrices, antispasmodiques (bronchiques et intestinales), anti-inflammatoires et antiallergiques, tandis que les donn\u00e9es cliniques, bien que prometteuses, restent limit\u00e9es en termes de niveau de preuve.<\/p>\n<p>Cette monographie propose une synth\u00e8se des connaissances botaniques, phytochimiques et pharmacologiques de <em>Desmodium adscendens<\/em>, en distinguant les donn\u00e9es solidement \u00e9tablies des usages empiriques en attente de validation.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><em>Desmodium adscendens<\/em> (Sw.) DC. appartient \u00e0 la famille des <strong>Fabaceae<\/strong>, sous-famille des Papilionoideae, tribu des Desmodieae.<\/p>\n<p><strong>Classification APG IV :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Clade : Angiospermes<\/li>\n<li>Clade : Dicotyl\u00e9dones vraies (Eudicots)<\/li>\n<li>Clade : Rosid\u00e9es<\/li>\n<li>Ordre : Fabales<\/li>\n<li>Famille : Fabaceae<\/li>\n<li>Sous-famille : Papilionoideae<\/li>\n<li>Tribu : Desmodieae<\/li>\n<li>Genre : <em>Desmodium<\/em> Desv.<\/li>\n<li>Esp\u00e8ce : <em>Desmodium adscendens<\/em> (Sw.) DC., 1825<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Basionyme :<\/strong> <em>Hedysarum adscendens<\/em> Sw. (1788). Le genre <em>Desmodium<\/em>, \u00e9tabli par Desvaux en 1813, comprend environ 300 esp\u00e8ces pantropicales. Le nom d\u00e9rive du grec <em>desmos<\/em> (lien, cha\u00eene), en r\u00e9f\u00e9rence aux articles du lomento (fruit articul\u00e9) qui se s\u00e9parent et s&rsquo;accrochent aux pelages et aux v\u00eatements. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>adscendens<\/em> (ascendant) d\u00e9crit le port ascendant des tiges.<\/p>\n<p><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Desmodium procumbens<\/em> auct. non (Mill.) Hitchc., <em>Meibomia adscendens<\/em> (Sw.) Kuntze.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Dua ogyamma (Akan, Ghana), agyamma (Twi), amor seco (Am\u00e9rique latine), strong back (Jama\u00efque), desmodium (fran\u00e7ais).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Desmodium adscendens<\/em> est une plante herbac\u00e9e vivace, rampante \u00e0 ascendante, de 30 \u00e0 60 cm de hauteur (parfois jusqu&rsquo;\u00e0 1 m lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;appuie sur un support). Les tiges sont gr\u00eales, cylindriques, vertes \u00e0 brun-vert, pubescentes (poils apprim\u00e9s), enracin\u00e9es aux n\u0153uds inf\u00e9rieurs, ascendantes aux extr\u00e9mit\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Appareil v\u00e9g\u00e9tatif :<\/strong> Les feuilles sont alternes, compos\u00e9es trifoli\u00e9es. Les folioles sont obovales \u00e0 elliptiques, longues de 1 \u00e0 4 cm, enti\u00e8res, \u00e0 apex obtus ou \u00e9margin\u00e9, \u00e0 base cun\u00e9iforme. La foliole terminale est plus grande que les deux folioles lat\u00e9rales. La face sup\u00e9rieure est vert fonc\u00e9, glabre ou faiblement pubescente ; la face inf\u00e9rieure est plus p\u00e2le, pubescente. Les stipules sont lanc\u00e9ol\u00e9es, membraneuses, persistantes.<\/p>\n<p><strong>Appareil reproducteur :<\/strong> L&rsquo;inflorescence est un rac\u00e8me axillaire ou terminal, l\u00e2che, de 5 \u00e0 15 cm, portant de petites fleurs papilionac\u00e9es de 4 \u00e0 6 mm. La corolle est violac\u00e9e \u00e0 rose-lilas, avec un \u00e9tendard arrondi, des ailes oblongues et une car\u00e8ne obtuse. Le calice est campanul\u00e9, \u00e0 5 dents lanc\u00e9ol\u00e9es. L&rsquo;androc\u00e9e est diadelphe (9+1). L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, uniloculaire, pluriovul\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> Le fruit est un <strong>lomento<\/strong> (gousse articul\u00e9e), l\u00e9g\u00e8rement falciforme, long de 1 \u00e0 3 cm, constitu\u00e9 de 2 \u00e0 5 articles (segments) subquadrangulaires, de 3-4 mm chacun, pubescents, se d\u00e9tachant individuellement \u00e0 maturit\u00e9 et s&rsquo;accrochant aux pelages et aux v\u00eatements par leurs poils crochus (diss\u00e9mination \u00e9pizoochore). Chaque article contient une graine unique, r\u00e9niforme, brune, de 2 mm.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> Variable selon les latitudes ; quasi-continue en zone tropicale humide.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Desmodium adscendens<\/em> est une esp\u00e8ce <strong>pantropicale<\/strong>, pr\u00e9sente en Afrique tropicale (de la S\u00e9n\u00e9gambie \u00e0 l&rsquo;\u00c9thiopie et au Mozambique), en Am\u00e9rique tropicale (du Mexique au Br\u00e9sil et aux Antilles), en Asie du Sud-Est et en Oc\u00e9anie. Son centre d&rsquo;origine est d\u00e9battu (Afrique ou Am\u00e9rique tropicale).<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> L&rsquo;esp\u00e8ce est ubiquiste dans les milieux tropicaux humides et subhumides, depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude. Elle affectionne les sols humides et fertiles, les berges de cours d&rsquo;eau, les jach\u00e8res, les bords de chemins, les plantations ombrag\u00e9es (cacao, palmier \u00e0 huile, banane) et les sous-bois forestiers clairs. Elle tol\u00e8re une gamme large de sols (sableux \u00e0 argileux, acides \u00e0 neutres) et de r\u00e9gimes hydriques (500 \u00e0 3 000 mm de pr\u00e9cipitations annuelles).<\/p>\n<p><strong>Comportement :<\/strong> Le desmodium est une plante pionni\u00e8re, colonisatrice des milieux perturb\u00e9s, fixatrice d&rsquo;azote (nodosit\u00e9s \u00e0 <em>Bradyrhizobium<\/em>). Il est utilis\u00e9 en agro\u00e9cologie tropicale comme plante de couverture et comme bande enherb\u00e9e dans la technique \u00ab push-pull \u00bb de lutte int\u00e9gr\u00e9e contre les foreurs de tige du ma\u00efs en Afrique de l&rsquo;Est (ICIPE).<\/p>\n<p><strong>R\u00e9colte et culture :<\/strong> L&rsquo;approvisionnement provient majoritairement de la cueillette sauvage en Afrique de l&rsquo;Ouest (Ghana, Cameroun, C\u00f4te d&rsquo;Ivoire). Des essais de mise en culture ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s au Cameroun, en C\u00f4te d&rsquo;Ivoire et en France (serre). La multiplication se fait par semis ou par bouturage de tiges. La r\u00e9colte des parties a\u00e9riennes (tiges feuill\u00e9es coup\u00e9es au-dessus du collet) s&rsquo;effectue \u00e0 la floraison. Le s\u00e9chage s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;ombre, \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e (&lt; 50 \u00b0C) pour pr\u00e9server les compos\u00e9s actifs.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie, conservation et durabilit\u00e9<\/h3>\n<p><em>Desmodium adscendens<\/em> n&rsquo;est pas une esp\u00e8ce menac\u00e9e. Sa distribution pantropicale, son caract\u00e8re de plante pionni\u00e8re et rud\u00e9rale, et sa capacit\u00e9 de colonisation des milieux perturb\u00e9s en font une esp\u00e8ce abondante et r\u00e9siliente. Elle n&rsquo;est pas inscrite sur les listes rouges de l&rsquo;UICN ni sur les annexes CITES.<\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;augmentation de la demande du march\u00e9 des compl\u00e9ments alimentaires pourrait exercer une pression sur les populations locales dans les zones de cueillette sauvage intensive (Ghana, Cameroun). Le d\u00e9veloppement de la culture, techniquement simple (plante \u00e0 croissance rapide, fixatrice d&rsquo;azote, peu exigeante en intrants), est recommand\u00e9 pour garantir un approvisionnement durable et de qualit\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat agro\u00e9cologique du desmodium est consid\u00e9rable : plante de couverture fixatrice d&rsquo;azote, elle est utilis\u00e9e dans les syst\u00e8mes \u00ab push-pull \u00bb de lutte int\u00e9gr\u00e9e contre les ravageurs du ma\u00efs en Afrique de l&rsquo;Est, o\u00f9 elle repousse les foreurs de tige (<em>Chilo partellus<\/em>) et les mauvaises herbes parasites (<em>Striga hermonthica<\/em>) tout en am\u00e9liorant la fertilit\u00e9 des sols.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue v\u00e9g\u00e9tale est constitu\u00e9e par les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> (tiges feuill\u00e9es) r\u00e9colt\u00e9es au stade de la floraison et s\u00e9ch\u00e9es. Les feuilles et les tiges jeunes sont les parties les plus riches en compos\u00e9s bioactifs.<\/p>\n<p><strong>Caract\u00e8res de la drogue :<\/strong> Les tiges s\u00e9ch\u00e9es sont verd\u00e2tres \u00e0 brun-vert, gr\u00eales, pubescentes. Les feuilles s\u00e9ch\u00e9es sont vert olive \u00e0 vert-brun, cassantes. L&rsquo;odeur est faiblement herbac\u00e9e. La saveur est l\u00e9g\u00e8rement am\u00e8re et astringente.<\/p>\n<p><strong>Standardisation :<\/strong> Il n&rsquo;existe pas de monographie officielle dans les grandes pharmacop\u00e9es internationales (Ph. Eur., USP, ChP). Des monographies de r\u00e9f\u00e9rence ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es par la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise (Cahier n\u00b0 3, plantes de la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise, 2012) et par l&rsquo;AFRETH (Association Fran\u00e7aise pour la Recherche Th\u00e9rapeutique). Les extraits commerciaux sont parfois standardis\u00e9s \u00e0 leur teneur en flavono\u00efdes totaux (1-3 %) ou en soyasaponines, mais la standardisation reste peu homog\u00e8ne d&rsquo;un fabricant \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Desmodium adscendens<\/em> a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e principalement par les \u00e9quipes fran\u00e7aises (Laboratoire de pharmacognosie de Toulouse) et ghan\u00e9ennes (CPMR, Centre for Plant Medicine Research). Elle comprend des saponines triterp\u00e9niques, des alcalo\u00efdes indoliques, des flavono\u00efdes et des polyph\u00e9nols.<\/p>\n<p><strong>Saponines triterp\u00e9niques (soyasaponines) :<\/strong> Les saponines constituent la fraction la plus caract\u00e9ristique. Ce sont des glycosides triterp\u00e9niques de type ol\u00e9anane, principalement la <strong>soyasaponine I<\/strong> (soyasaponine Bb), la <strong>soyasaponine III<\/strong> et la <strong>d\u00e9hydrosoyasaponine I<\/strong>. L&rsquo;aglycone principal est le <strong>soyasapog\u00e9nol B<\/strong> (olean-12-\u00e8ne-3\u03b2,22\u03b2,24-triol). La teneur totale en saponines dans les parties a\u00e9riennes s\u00e8ches est de l&rsquo;ordre de 1 \u00e0 3 %. La <strong>d\u00e9hydrosoyasaponine I<\/strong> est un activateur sp\u00e9cifique des canaux potassiques BK (Big K<sup>+<\/sup>, maxi-K), ce qui conf\u00e8re une base mol\u00e9culaire \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 spasmolytique de la plante.<\/p>\n<p><strong>Alcalo\u00efdes indoliques :<\/strong> Les parties a\u00e9riennes contiennent des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>tryptamine<\/strong>, notamment la <strong>N,N-dim\u00e9thyltryptamine<\/strong> (DMT) et la <strong>5-m\u00e9thoxy-N,N-dim\u00e9thyltryptamine<\/strong> (5-MeO-DMT), ainsi que leurs pr\u00e9curseurs. Ces compos\u00e9s sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9s traces et leur contribution pharmacologique aux doses th\u00e9rapeutiques de la plante enti\u00e8re est probablement marginale.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes (1-3 %) :<\/strong> Les principaux flavono\u00efdes identifi\u00e9s sont la <strong>vitexine<\/strong>, l&rsquo;<strong>isovitexine<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>-6-C-glucoside et 8-C-glucoside), la <strong>2\u00a0\u00bb-O-xylosylvitexine<\/strong>, l&rsquo;<strong>orientine<\/strong> et l&rsquo;<strong>isoorientine<\/strong>. Ces C-glycosylflavones sont des antioxydants puissants et contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire et h\u00e9patoprotectrice de la plante.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/li>\n<li><strong>Tanins :<\/strong> <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>), 2-5 %<\/li>\n<li><strong>Polysaccharides :<\/strong> galactomannanes et arabinogalactanes<\/li>\n<li><strong>St\u00e9rols :<\/strong> <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>, stigmast\u00e9rol<\/li>\n<li><strong>Acides amin\u00e9s libres<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice :<\/strong> L&rsquo;activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice est la propri\u00e9t\u00e9 la plus document\u00e9e de <em>D. adscendens<\/em>. Les \u00e9tudes exp\u00e9rimentales chez l&rsquo;animal ont montr\u00e9 que les extraits aqueux et hydro\u00e9thanoliques des parties a\u00e9riennes prot\u00e8gent le foie contre les l\u00e9sions induites par divers h\u00e9patotoxiques : t\u00e9trachlorure de carbone (CCl<sub>4<\/sub>), D-galactosamine, parac\u00e9tamol (surdosage), alcool \u00e9thylique et phallo\u00efdine (toxine d&rsquo;<em>Amanita phalloides<\/em>). La protection se manifeste par une r\u00e9duction significative de l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation des transaminases s\u00e9riques (ALAT, ASAT), une r\u00e9duction de la n\u00e9crose h\u00e9patocytaire et une pr\u00e9servation de l&rsquo;architecture h\u00e9patique \u00e0 l&rsquo;histologie. Les m\u00e9canismes impliqu\u00e9s sont multiples : activit\u00e9 antioxydante (pi\u00e9geage des radicaux libres, inhibition de la peroxydation lipidique), stabilisation des membranes h\u00e9patocytaires (r\u00e9duction de la fuite enzymatique), stimulation de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration h\u00e9patocytaire et inhibition de l&rsquo;apoptose via la voie mitochondriale (augmentation du ratio Bcl-2\/Bax).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antispasmodique :<\/strong> Les <strong>soyasaponines<\/strong>, et en particulier la <strong>d\u00e9hydrosoyasaponine I<\/strong>, sont des activateurs s\u00e9lectifs des canaux potassiques BK (canaux potassiques calcium-d\u00e9pendants \u00e0 grande conductance). L&rsquo;ouverture de ces canaux provoque une hyperpolarisation membranaire des cellules musculaires lisses, entra\u00eenant leur relaxation. Cet effet a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 sur le muscle lisse bronchique (bronchodilatation), intestinal (effet antispasmodique) et ut\u00e9rin. La puissance de la d\u00e9hydrosoyasaponine I comme activateur des canaux BK est remarquable (EC<sub>50<\/sub> de l&rsquo;ordre du nanomolaire), ce qui en fait l&rsquo;un des plus puissants ouvreurs de canaux potassiques d&rsquo;origine naturelle connus.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> Les flavono\u00efdes (vitexine, isovitexine) et les saponines inhibent la voie NF-\u03baB, r\u00e9duisent la production de TNF-\u03b1, IL-1\u03b2, IL-6 et NO dans les macrophages activ\u00e9s, et exercent une activit\u00e9 anti-COX-2 s\u00e9lective.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antiallergique :<\/strong> Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> et <em>in vivo<\/em> ont montr\u00e9 que les extraits de <em>D. adscendens<\/em> inhibent la d\u00e9granulation des mastocytes, r\u00e9duisent la lib\u00e9ration d&rsquo;histamine et de leucotri\u00e8nes, et att\u00e9nuent les r\u00e9actions anaphylactiques chez le cobaye. Cette activit\u00e9 antiallergique est coh\u00e9rente avec l&rsquo;usage traditionnel dans l&rsquo;asthme allergique en Afrique de l&rsquo;Ouest.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 immunomodulatrice :<\/strong> Les polysaccharides stimulent la phagocytose macrophagique et la production d&rsquo;interf\u00e9ron-\u03b3, tandis que les saponines modulent la balance Th1\/Th2 en faveur d&rsquo;un profil Th1 (anti-infectieux).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>H\u00e9patites virales :<\/strong> Les observations cliniques des Drs Tub\u00e9ry au Cameroun (1970-1990), publi\u00e9es sous forme de rapports et de communications \u00e0 des congr\u00e8s, rapportent une am\u00e9lioration spectaculaire des ict\u00e8res h\u00e9patiques (h\u00e9patites virales A et B) sous traitement par d\u00e9coction de desmodium : normalisation des transaminases et de la bilirubine en 1 \u00e0 4 semaines, avec une r\u00e9solution clinique (disparition de l&rsquo;ict\u00e8re, reprise de l&rsquo;app\u00e9tit, normalisation de l&rsquo;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral) plus rapide que sous traitement symptomatique seul. Ces observations, bien que remarquables, ne correspondent pas \u00e0 des essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s et doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des donn\u00e9es pr\u00e9liminaires de niveau de preuve faible.<\/p>\n<p><strong>H\u00e9patites m\u00e9dicamenteuses et toxiques :<\/strong> Des s\u00e9ries de cas rapport\u00e9es en France d\u00e9crivent l&rsquo;utilisation du desmodium pour att\u00e9nuer l&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 de chimioth\u00e9rapies anticanc\u00e9reuses (en particulier les protocoles \u00e0 base de cyclophosphamide, doxorubicine, cisplatine) et pour faciliter la r\u00e9cup\u00e9ration h\u00e9patique apr\u00e8s intoxication aux champignons h\u00e9patotoxiques (<em>Amanita phalloides<\/em>). Ces donn\u00e9es, bien qu&rsquo;encourageantes, restent anecdotiques.<\/p>\n<p><strong>Protection h\u00e9patique en chimioth\u00e9rapie :<\/strong> Quelques \u00e9tudes observationnelles fran\u00e7aises sugg\u00e8rent que l&rsquo;administration concomitante de desmodium (d\u00e9coction ou extrait sec) pendant les cures de chimioth\u00e9rapie r\u00e9duit l&rsquo;incidence et la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la cytolyse h\u00e9patique chimio-induite. Cependant, aucun essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans cette indication.<\/p>\n<p><strong>Asthme :<\/strong> Des donn\u00e9es cliniques pr\u00e9liminaires en provenance du Ghana (Centre for Plant Medicine Research, Mampong) rapportent une am\u00e9lioration des sympt\u00f4mes asthmatiques sous traitement par extrait de <em>D. adscendens<\/em>, en coh\u00e9rence avec l&rsquo;activit\u00e9 bronchospasmolytique d\u00e9montr\u00e9e exp\u00e9rimentalement. Le niveau de preuve reste cependant insuffisant.<\/p>\n<p><strong>\u00c9valuation globale :<\/strong> Le desmodium est l&rsquo;un des h\u00e9patoprotecteurs v\u00e9g\u00e9taux les plus prometteurs, avec un rationnel pharmacologique solide (donn\u00e9es exp\u00e9rimentales convaincantes) et des observations cliniques encourageantes, mais il souffre d&rsquo;un d\u00e9ficit majeur d&rsquo;essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s de bonne qualit\u00e9 m\u00e9thodologique. La conduite de tels essais, en particulier dans le contexte de la chimioprotection h\u00e9patique en oncologie, constitue une priorit\u00e9 de recherche.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Soyasaponines I-III<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/td>\n<td>H\u00e9patoprotectrices<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>D\u00e9hydrosoyasaponine I<\/td>\n<td>Saponine triterp\u00e9nique<\/td>\n<td>Action sur les canaux potassiques (bronches)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tryptamines (alcalo\u00efdes indoliques)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a><\/td>\n<td>Constituants caract\u00e9ristiques<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>D\u00e9coction (forme traditionnelle) :<\/strong> 10 \u00e0 15 g de parties a\u00e9riennes s\u00e9ch\u00e9es dans 1 litre d&rsquo;eau, porter \u00e0 \u00e9bullition puis laisser fr\u00e9mir 15 minutes. Boire le litre dans la journ\u00e9e, en 3 \u00e0 4 prises, avant les repas. C&rsquo;est la forme d&rsquo;administration utilis\u00e9e par les Drs Tub\u00e9ry et par la m\u00e9decine traditionnelle africaine.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec :<\/strong> 400 \u00e0 800 mg d&rsquo;extrait sec par jour, en g\u00e9lules, r\u00e9partis en 2 \u00e0 3 prises avant les repas. Les extraits sont standardis\u00e9s \u00e0 2-5 % de flavono\u00efdes ou titr\u00e9s en soyasaponines.<\/p>\n<p><strong>Extrait fluide \/ teinture :<\/strong> 2 \u00e0 5 mL d&rsquo;extrait fluide (1:1, \u00e9thanol 25-45 %), 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Ampoules buvables :<\/strong> 10 \u00e0 20 mL d&rsquo;extrait aqueux concentr\u00e9 par jour (forme commerciale fr\u00e9quente en France).<\/p>\n<p><strong>Protocole en chimioth\u00e9rapie (empirique) :<\/strong> Commencer la d\u00e9coction 2 \u00e0 3 jours avant le d\u00e9but de la cure, poursuivre pendant la cure et 5 \u00e0 7 jours apr\u00e8s. Ce protocole empirique, utilis\u00e9 par certains phytoth\u00e9rapeutes fran\u00e7ais en pratique courante, n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 par des essais cliniques.<\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e du traitement :<\/strong> En cas d&rsquo;h\u00e9patite aigu\u00eb, le traitement est poursuivi jusqu&rsquo;\u00e0 normalisation des transaminases (typiquement 2 \u00e0 6 semaines). En chimioprotection, le traitement accompagne chaque cure de chimioth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> La DL<sub>50<\/sub> orale de l&rsquo;extrait aqueux chez la souris est sup\u00e9rieure \u00e0 2 000 mg\/kg, indiquant une toxicit\u00e9 aigu\u00eb tr\u00e8s faible. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (90 jours) chez le rat n&rsquo;ont pas montr\u00e9 de toxicit\u00e9 organique significative.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables :<\/strong> Le desmodium est remarquablement bien tol\u00e9r\u00e9. Les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s sont rares et b\u00e9nins :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Troubles digestifs :<\/strong> Naus\u00e9es, diarrh\u00e9e l\u00e9g\u00e8re (rares).<\/li>\n<li><strong>R\u00e9actions allergiques :<\/strong> Exceptionnelles (allergie crois\u00e9e possible avec d&rsquo;autres Fabac\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>Effet laxatif :<\/strong> Mod\u00e9r\u00e9, li\u00e9 aux tanins et aux saponines.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Alcalo\u00efdes indoliques :<\/strong> La pr\u00e9sence de DMT et de 5-MeO-DMT dans les parties a\u00e9riennes a suscit\u00e9 des questions quant \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi. Cependant, les quantit\u00e9s pr\u00e9sentes dans les extraits th\u00e9rapeutiques sont des traces, tr\u00e8s largement inf\u00e9rieures aux doses psychoactives, et ces compos\u00e9s sont de surcro\u00eet rapidement d\u00e9grad\u00e9s par les MAO (monoamine oxydases) lors de l&rsquo;absorption orale. Aucun effet psychotrope n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 aux doses th\u00e9rapeutiques du desmodium.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Aucune contre-indication formelle document\u00e9e. Par prudence : grossesse et allaitement (donn\u00e9es insuffisantes). Allergie connue aux Fabac\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses :<\/strong> Aucune interaction cliniquement significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e. Th\u00e9oriquement, l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante et h\u00e9patoprotectrice pourrait interf\u00e9rer avec les m\u00e9canismes d&rsquo;action de certaines chimioth\u00e9rapies g\u00e9n\u00e9rant des radicaux libres (cyclophosphamide, doxorubicine) \u2014 sujet de d\u00e9bat non r\u00e9solu. La prudence et la concertation avec l&rsquo;oncologue sont recommand\u00e9es en contexte de chimioth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>En Afrique de l&rsquo;Ouest, <em>Desmodium adscendens<\/em> est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus utilis\u00e9es, en particulier chez les peuples Akan du Ghana et du Cameroun. Le nom Twi <em>dua ogyamma<\/em> signifie \u00ab plante qui emp\u00eache la maladie de jaunir \u00bb \u2014 r\u00e9f\u00e9rence directe \u00e0 l&rsquo;usage dans les ict\u00e8res. Les gu\u00e9risseurs traditionnels prescrivent la d\u00e9coction des parties a\u00e9riennes pour :<\/p>\n<ul>\n<li>Les ict\u00e8res et h\u00e9patites (indication principale)<\/li>\n<li>L&rsquo;asthme et les bronchospasmes<\/li>\n<li>Les diarrh\u00e9es et les crampes abdominales<\/li>\n<li>L&rsquo;\u00e9pilepsie et les convulsions<\/li>\n<li>Les douleurs musculaires et articulaires<\/li>\n<li>Les allergies cutan\u00e9es et le prurit<\/li>\n<\/ul>\n<p>En Am\u00e9rique latine (Br\u00e9sil, P\u00e9rou, Jama\u00efque), la plante est connue sous le nom d&rsquo;<em>amor seco<\/em> (amour sec, en r\u00e9f\u00e9rence aux lomentes qui s&rsquo;accrochent) ou de <em>strong back<\/em> (Jama\u00efque). Elle y est utilis\u00e9e pour les douleurs dorsales, les rhumatismes, l&rsquo;asthme et comme tonique g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>L&rsquo;introduction du desmodium en France remonte aux ann\u00e9es 1970-1980, \u00e0 la suite des travaux des Drs Pierre et Anne-Marie Tub\u00e9ry, qui rapport\u00e8rent du Cameroun les observations cliniques sur l&rsquo;efficacit\u00e9 de la plante dans les h\u00e9patites et entreprirent de la faire conna\u00eetre \u00e0 la communaut\u00e9 m\u00e9dicale et phytoth\u00e9rapeutique fran\u00e7aise. Le desmodium est depuis devenu l&rsquo;un des h\u00e9patoprotecteurs les plus populaires de la phytoth\u00e9rapie francophone.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et falsifications<\/h3>\n<p><strong>Confusions botaniques :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><em>Desmodium gangeticum<\/em> (DC.) DC. : esp\u00e8ce asiatique utilis\u00e9e en Ayurv\u00e9da (shalparni), de composition chimique et de profil d&rsquo;activit\u00e9 diff\u00e9rents (riche en pt\u00e9rocarpanes et en N,N-dim\u00e9thyltryptamine).<\/li>\n<li><em>Desmodium triflorum<\/em> (L.) DC. : petite esp\u00e8ce pantropicale rampante, parfois confondue mais \u00e0 feuilles beaucoup plus petites.<\/li>\n<li><em>Desmodium styracifolium<\/em> (Osbeck) Merr. : esp\u00e8ce chinoise (guangjinqiancao) utilis\u00e9e pour les calculs urinaires, de composition chimique distincte.<\/li>\n<li>Autres esp\u00e8ces du genre <em>Desmodium<\/em> (environ 300 esp\u00e8ces) : la confusion est possible dans les r\u00e9gions tropicales o\u00f9 coexistent de nombreuses esp\u00e8ces.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Falsifications :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Substitution par d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Desmodium<\/em> moins actives ou de composition diff\u00e9rente.<\/li>\n<li>M\u00e9lange avec des parties lignifi\u00e9es (tiges \u00e2g\u00e9es, racines) pauvres en compos\u00e9s actifs.<\/li>\n<li>Contamination par d&rsquo;autres plantes r\u00e9colt\u00e9es en m\u00eame temps (herbe indiff\u00e9renci\u00e9e).<\/li>\n<li>Sous-dosage des extraits secs commerciaux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le contr\u00f4le qualit\u00e9 repose sur l&rsquo;identification botanique (macroscopie, microscopie), le profil HPLC des flavono\u00efdes C-glycosyl\u00e9s (vitexine, isovitexine comme marqueurs d&rsquo;identit\u00e9), le dosage des soyasaponines et la recherche de contaminants (pesticides, m\u00e9taux lourds, micro-organismes).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Desmodium adscendens<\/em> est un h\u00e9patoprotecteur v\u00e9g\u00e9tal dont le rationnel pharmacologique est solidement \u00e9tay\u00e9 par des donn\u00e9es exp\u00e9rimentales convaincantes \u2014 protection contre une large gamme d&rsquo;h\u00e9patotoxiques, m\u00e9canismes multiples (antioxydant, stabilisation membranaire, anti-apoptotique) \u2014 et par des observations cliniques prometteuses dans les h\u00e9patites virales et m\u00e9dicamenteuses. L&rsquo;activit\u00e9 spasmolytique bronchique et intestinale, m\u00e9di\u00e9e par l&rsquo;activation des canaux potassiques BK par les <strong>soyasaponines<\/strong>, constitue un m\u00e9canisme d&rsquo;action original et puissant.<\/p>\n<p>Le d\u00e9ficit majeur r\u00e9side dans l&rsquo;absence d&rsquo;essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s de bonne qualit\u00e9 m\u00e9thodologique, qui limite la possibilit\u00e9 de recommandations fond\u00e9es sur les preuves. La conduite de tels essais est une priorit\u00e9, en particulier dans les indications suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>Chimioprotection h\u00e9patique en oncologie (en accompagnement de la chimioth\u00e9rapie)<\/li>\n<li>H\u00e9patites virales aigu\u00ebs (en compl\u00e9ment du traitement standard)<\/li>\n<li>Asthme allergique (en association avec le traitement de fond)<\/li>\n<\/ul>\n<p>En l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances, le desmodium peut \u00eatre raisonnablement recommand\u00e9 comme adjuvant h\u00e9patoprotecteur en cas d&rsquo;agression h\u00e9patique document\u00e9e (cytolyse), sous surveillance biologique des transaminases, en compl\u00e9ment du traitement \u00e9tiologique. Son excellente tol\u00e9rance clinique et l&rsquo;absence de toxicit\u00e9 significative en font un outil phytoth\u00e9rapeutique de premi\u00e8re ligne dans les h\u00e9patoprotections, sous r\u00e9serve des incertitudes concernant l&rsquo;interaction potentielle avec les chimioth\u00e9rapies pro-oxydantes.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Addy ME, Dzandu WK. Dose-response effects of <em>Desmodium adscendens<\/em> aqueous extract on histamine response, content and anaphylactic reactions in the guinea pig. <em>J Ethnopharmacol<\/em>. 1986;18(1):13-20.<\/li>\n<li>Addy ME, Awumey EMK. Effects of the extract of <em>Desmodium adscendens<\/em> on anaphylaxis. <em>J Ethnopharmacol<\/em>. 1984;11(3):283-292.<\/li>\n<li>Ampofo O. Plants that heal. <em>World Health Forum<\/em>. 1980;1(1\/2):54-58.<\/li>\n<li>Fran\u00e7ois C, Jonville-Bera AP, Autret-Leca E. Desmodium adscendens : revue de son utilisation traditionnelle et de ses donn\u00e9es pharmacologiques. <em>Therapie<\/em>. 2009;64(1):1-7.<\/li>\n<li>McManus OB, Harris GH, Giangiacomo KM <em>et al.<\/em> An activator of calcium-dependent potassium channels isolated from a medicinal herb. <em>Biochemistry<\/em>. 1993;32(24):6128-6133.<\/li>\n<li>N&rsquo;gouemo P, Baldy-Moulinier M, Nguemby-Bina C. Effects of an ethanolic extract of <em>Desmodium adscendens<\/em> on central nervous system in rodents. <em>J Ethnopharmacol<\/em>. 1996;52(2):77-83.<\/li>\n<li>Tub\u00e9ry P. Le Desmodium adscendens. Un h\u00e9patoprotecteur tropical \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de la clinique fran\u00e7aise. <em>Phytoth\u00e9rapie<\/em>. 2003;1:21-25.<\/li>\n<li>Zirihi GN, Kra AKM, Gu\u00e9d\u00e9-Guina F. \u00c9valuation de l&rsquo;activit\u00e9 antifongique de <em>Microglossa pyrifolia<\/em> (Lam.) O. Kuntze et de <em>Desmodium adscendens<\/em> (Sw.) DC. <em>Phytoth\u00e9rapie<\/em>. 2003;1:9-14.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> H\u00e9patoprotecteur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique bronchique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-allergique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Desmodium adscendens (Sw.) DC. Famille (classification morphologique traditionnelle) : Fabaceae (Leguminosae). 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