{"id":9549,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/guggul\/"},"modified":"2026-06-24T16:56:26","modified_gmt":"2026-06-24T14:56:26","slug":"guggul","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/guggul\/","title":{"rendered":"GUGGUL"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Guggul.jpg\" alt=\"Planche botanique Guggul\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Commiphora mukul (Hook. ex Stocks) Engl. \u2014 Guggul<\/h1>\n<p>Le <em>Commiphora mukul<\/em>, commun\u00e9ment appel\u00e9 guggul ou guggulu, est un arbuste \u00e9pineux de la famille des Burs\u00e9rac\u00e9es, natif des r\u00e9gions arides du sous-continent indien. Sa gomme-r\u00e9sine, le guggul, est l&rsquo;un des m\u00e9dicaments les plus anciens et les plus v\u00e9n\u00e9r\u00e9s de la pharmacop\u00e9e ayurv\u00e9dique, mentionn\u00e9 dans l&rsquo;Atharva Veda il y a plus de 3 000 ans pour le traitement de l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9, des maladies articulaires et des affections lipidiques. La d\u00e9couverte, dans les ann\u00e9es 1960, de son activit\u00e9 hypolip\u00e9miante puissante, attribu\u00e9e aux <strong>guggulst\u00e9rones<\/strong> E et Z, a propuls\u00e9 cette plante au premier plan de la recherche pharmacologique cardiovasculaire. La pr\u00e9sente monographie propose un examen exhaustif des donn\u00e9es disponibles sur cette esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat majeur.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Sous-r\u00e8gne :<\/strong> Tracheobionta<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Sous-classe :<\/strong> Rosidae<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Sapindales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Burseraceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Commiphora<\/em> Jacq.<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Commiphora wightii<\/em> (Arn.) Bhandari (1964)<\/p>\n<p>La nomenclature de cette esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet de remaniements successifs. Le basionyme de Commiphora wightii est Balsamodendrum wightii Arn. (publi\u00e9 dans Bull. Bot. Surv. India 6:327, 1964). Le bin\u00f4me Commiphora mukul (Hook. ex Stocks) Engl. \u2014 dont le basionyme est l&rsquo;homonyme distinct Balsamodendrum mukul Hook. ex Stocks (1848) \u2014 est longtemps rest\u00e9 d&rsquo;usage courant et est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme synonyme de C. wightii, mais le nom actuellement accept\u00e9 selon la plupart des flores de r\u00e9f\u00e9rence est Commiphora wightii (Arn.) Bhandari. Pour des raisons de continuit\u00e9 avec la litt\u00e9rature pharmacologique et commerciale, le nom <em>C. mukul<\/em> reste largement utilis\u00e9 dans le domaine phytoth\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>Le genre <em>Commiphora<\/em> est le plus important de la famille des Burs\u00e9rac\u00e9es, avec environ 200 esp\u00e8ces, principalement africaines et asiatiques. La famille des Burs\u00e9rac\u00e9es (ordre des Sapindales dans la classification APG IV) comprend environ 750 esp\u00e8ces d&rsquo;arbres et d&rsquo;arbustes, souvent r\u00e9sineux et aromatiques, incluant notamment les genres <em>Boswellia<\/em> (encens) et <em>Bursera<\/em>. Les noms vernaculaires incluent : guggul, guggulu (sanskrit, hindi), Indian bdellium (anglais), mukul myrrh tree, gum guggul.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Commiphora wightii<\/em> est un arbuste ou petit arbre caducifoli\u00e9, \u00e9pineux, tortueux, de 1 \u00e0 4 m\u00e8tres de hauteur (rarement jusqu&rsquo;\u00e0 6 m\u00e8tres), d&rsquo;aspect x\u00e9rophytique caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p><strong>Tronc et \u00e9corce :<\/strong> Le tronc est court, souvent ramifi\u00e9 d\u00e8s la base, sinueux, de 10 \u00e0 30 cm de diam\u00e8tre. L&rsquo;\u00e9corce est mince, papyrac\u00e9e, se desquamant en lambeaux irr\u00e9guliers, de couleur gris argent\u00e9 \u00e0 brun jaun\u00e2tre. L&rsquo;\u00e9corce interne est verd\u00e2tre et exsude une ol\u00e9o-gomme-r\u00e9sine jaun\u00e2tre \u00e0 brun\u00e2tre lorsqu&rsquo;elle est incis\u00e9e : c&rsquo;est le guggul.<\/p>\n<p><strong>Rameaux :<\/strong> Les rameaux sont rigides, noueux, divariqu\u00e9s, termin\u00e9s par des \u00e9pines ac\u00e9r\u00e9es de 1 \u00e0 3 cm. L&rsquo;\u00e9corce des jeunes rameaux est lisse, verd\u00e2tre, devenant gris\u00e2tre. Les rameaux courts, \u00e9pineux, portent les feuilles en fascicules.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> Les feuilles sont alternes, trifoliol\u00e9es (rarement unifoliol\u00e9es sur les rameaux courts). La foliole terminale est plus grande que les lat\u00e9rales. Les folioles sont sessiles ou subsessiles, obovales \u00e0 rhombo\u00efques, de 1 \u00e0 5 cm de long sur 0,5 \u00e0 2,5 cm de large, \u00e0 marge grossi\u00e8rement dent\u00e9e dans la moiti\u00e9 sup\u00e9rieure, enti\u00e8re dans la moiti\u00e9 inf\u00e9rieure, \u00e0 sommet arrondi ou \u00e9margin\u00e9. La face sup\u00e9rieure est glabre et luisante, la face inf\u00e9rieure pubescente. Les feuilles sont caduques, tombant pendant la saison s\u00e8che (de novembre \u00e0 mars en Inde).<\/p>\n<p><strong>Fleurs :<\/strong> La plante est polygamo-dio\u00efque (portant des fleurs m\u00e2les, femelles et bisexu\u00e9es sur des pieds diff\u00e9rents ou sur le m\u00eame pied). Les fleurs sont petites (4 \u00e0 5 mm), sessiles ou courtement p\u00e9dicell\u00e9es, group\u00e9es par 1 \u00e0 3 \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles ou sur les rameaux courts. Le calice est tubulaire, \u00e0 4 lobes, pubescent, glanduleux. La corolle comprend 4 p\u00e9tales lin\u00e9aires-oblongs, brun rouge\u00e2tre, r\u00e9fl\u00e9chis \u00e0 l&rsquo;anth\u00e8se. L&rsquo;androc\u00e9e des fleurs m\u00e2les et bisexu\u00e9es comprend 8 \u00e9tamines en deux verticilles. Le gyn\u00e9c\u00e9e des fleurs femelles et bisexu\u00e9es est constitu\u00e9 d&rsquo;un ovaire sup\u00e8re, biloculaire, surmont\u00e9 d&rsquo;un style court et d&rsquo;un stigmate bilob\u00e9. La floraison pr\u00e9c\u00e8de la feuillaison et a lieu en mars-avril.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> Le fruit est une drupe ovo\u00efde, de 6 \u00e0 8 mm de diam\u00e8tre, rouge \u00e0 maturit\u00e9, contenant un noyau dur, biloculaire, \u00e0 2 graines (souvent une seule par avortement). La maturation a lieu de mai \u00e0 juillet.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p><em>Commiphora wightii<\/em> est end\u00e9mique des r\u00e9gions arides et semi-arides du sous-continent indien. Son aire de r\u00e9partition principale couvre le Rajasthan (en particulier le d\u00e9sert du Thar), le Gujarat, le Madhya Pradesh et certaines zones arides du Maharashtra, du Karnataka et du Pakistan (Sindh, Balouchistan). L&rsquo;esp\u00e8ce s&rsquo;\u00e9tend \u00e9galement au Bangladesh et aurait \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e dans le sud de l&rsquo;Iran.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un x\u00e9rophyte accompli, adapt\u00e9 aux conditions climatiques extr\u00eames des d\u00e9serts chauds : pr\u00e9cipitations annuelles de 100 \u00e0 500 mm, temp\u00e9ratures estivales d\u00e9passant 48 \u00b0C, amplitudes thermiques diurnes pouvant atteindre 25 \u00b0C. Il pousse principalement dans la zone bioclimatique aride \u00e0 semi-aride, sur des sols rocheux, caillouteux ou sableux, bien drain\u00e9s, calcaires ou gypseux, g\u00e9n\u00e9ralement alcalins (pH 7,5 \u00e0 8,5). On le trouve depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 800 m\u00e8tres d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce se d\u00e9veloppe dans les formations v\u00e9g\u00e9tales ouvertes de type bush \u00e9pineux tropical, en association avec <em>Acacia senegal<\/em>, <em>Salvadora oleoides<\/em>, <em>Euphorbia caducifolia<\/em>, <em>Prosopis cineraria<\/em> et <em>Capparis decidua<\/em>. Sa croissance est tr\u00e8s lente (1 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre de tronc par an), en ad\u00e9quation avec les conditions environnementales s\u00e9v\u00e8res.<\/p>\n<p>La multiplication naturelle se fait principalement par voie v\u00e9g\u00e9tative (bouturage naturel par enracinement de rameaux tomb\u00e9s au sol), la reproduction sexu\u00e9e \u00e9tant limit\u00e9e par une fructification irr\u00e9guli\u00e8re et un faible taux de germination. Cette particularit\u00e9, combin\u00e9e \u00e0 la surexploitation pour la r\u00e9colte de la r\u00e9sine, explique le d\u00e9clin dramatique des populations naturelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et \u00e9cologie de l&rsquo;esp\u00e8ce<\/h3>\n<p><em>Commiphora wightii est class\u00e9 comme esp\u00e8ce en danger critique d&rsquo;extinction (CR) sur la Liste rouge de l&rsquo;UICN et inscrit \u00e0 l&rsquo;Annexe II de la CITES. Le d\u00e9clin des populations naturelles est alarmant, estim\u00e9 \u00e0 plus de 80 % au cours des 60 derni\u00e8res ann\u00e9es dans certaines r\u00e9gions du Rajasthan. Les causes principales sont la surexploitation pour la r\u00e9colte de la r\u00e9sine (souvent par des m\u00e9thodes destructrices entra\u00eenant la mort de l&rsquo;arbre), la destruction de l&rsquo;habitat par l&rsquo;expansion agricole et le p\u00e2turage, et la croissance extr\u00eamement lente de l&rsquo;esp\u00e8ce qui rend la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration tr\u00e8s difficile.<\/p>\n<p>Le gouvernement indien a interdit l&rsquo;exportation de guggul brut et a mis en place des programmes de conservation in situ (r\u00e9serves naturelles au Rajasthan) et de culture ex situ. La multiplication par bouturage de tige s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e la m\u00e9thode la plus efficace, avec un taux de r\u00e9ussite de 40 \u00e0 60 %. Des recherches sont en cours pour am\u00e9liorer la production de guggulst\u00e9rones par culture de cellules et transformation g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p><strong>Gomme-r\u00e9sine (Guggulu) :<\/strong> C&rsquo;est la drogue officinale, obtenue par incision de l&rsquo;\u00e9corce du tronc et des grosses branches. L&rsquo;exsudat frais est un fluide visqueux, jaune dor\u00e9 \u00e0 brun, aromatique, qui se solidifie progressivement \u00e0 l&rsquo;air en une masse amorphe, cireuse \u00e0 r\u00e9sineuse. La gomme-r\u00e9sine de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure (appel\u00e9e Mahishaksha Guggulu) est de couleur dor\u00e9 clair, translucide, d&rsquo;odeur agr\u00e9able, balsamique, et de saveur am\u00e8re et astringente. La qualit\u00e9 inf\u00e9rieure (Kanaka Guggulu) est plus fonc\u00e9e, opaque et moins aromatique.<\/p>\n<p>La r\u00e9colte traditionnelle se fait par incisions circulaires peu profondes de l&rsquo;\u00e9corce (tapping), pratiqu\u00e9es en novembre-d\u00e9cembre (apr\u00e8s la chute des feuilles), lorsque la plante accumule des r\u00e9serves dans ses tissus. L&rsquo;exsudat est collect\u00e9 apr\u00e8s 10 \u00e0 15 jours. Un arbre peut produire 250 g \u00e0 1 kg de r\u00e9sine par saison, selon sa taille et les conditions climatiques.<\/p>\n<p>La composition de la gomme-r\u00e9sine brute est la suivante : r\u00e9sine (environ 61 %), gomme (environ 29,3 %), huile essentielle (environ 1,5 %), mati\u00e8res min\u00e9rales et eau (environ 8,2 %). C&rsquo;est la fraction r\u00e9sineuse qui contient les principes actifs majeurs.<\/p>\n<p>La gomme-r\u00e9sine est traditionnellement purifi\u00e9e (Shodhana) avant utilisation m\u00e9dicinale, par d\u00e9coction dans diff\u00e9rents liquides (lait, d\u00e9coction de triphala, jus de <em>Curcuma longa<\/em>) selon l&rsquo;indication th\u00e9rapeutique vis\u00e9e. Cette purification \u00e9limine les impuret\u00e9s, modifie la biodisponibilit\u00e9 des principes actifs et r\u00e9duit les propri\u00e9t\u00e9s irritantes pour le tractus digestif.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La gomme-r\u00e9sine de guggul pr\u00e9sente une composition chimique complexe, avec plus de 150 compos\u00e9s identifi\u00e9s :<\/p>\n<p><strong>Guggulst\u00e9rones :<\/strong> Ce sont les compos\u00e9s les plus \u00e9tudi\u00e9s et les marqueurs de qualit\u00e9 de la drogue. La <strong>guggulst\u00e9rone E<\/strong> (trans-4,17(20)-pregnadi\u00e8ne-3,16-dione) et la <strong>guggulst\u00e9rone Z<\/strong> (cis-4,17(20)-pregnadi\u00e8ne-3,16-dione) sont des c\u00e9tost\u00e9ro\u00efdes de structure st\u00e9ro\u00efdienne particuli\u00e8re (configuration pregnane), qui constituent 2 \u00e0 5 % de la fraction r\u00e9sineuse. La distinction E\/Z se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie de la double liaison en C-17(20). La <strong>guggulst\u00e9rone Z<\/strong> est consid\u00e9r\u00e9e comme la forme la plus active pharmacologiquement. Ces compos\u00e9s sont des antagonistes du r\u00e9cepteur nucl\u00e9aire farn\u00e9so\u00efde X (FXR), ce qui constitue un m\u00e9canisme d&rsquo;action unique dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<p><strong>Autres st\u00e9ro\u00efdes :<\/strong> La <strong>guggulst\u00e9rol<\/strong> I, II et III, la <strong>guggulst\u00e9rone<\/strong> M, la 20-alpha-hydroxypregn-4-\u00e8ne-3-one et le <strong>cholest\u00e9rol<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans la fraction lipophile.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">Lignanes<\/a> :<\/strong> Les <strong>guggullignanes<\/strong> I et II, la <strong>s\u00e9samine<\/strong> et le <strong>diayangambin<\/strong> sont des lignanes isol\u00e9s de la gomme-r\u00e9sine, poss\u00e9dant des activit\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">Diterp\u00e8nes<\/a> :<\/strong> Les <strong>mukulol<\/strong> (cembr\u00e8nes A et B), <strong>allylcembrol<\/strong> et d&rsquo;autres diterp\u00e8nes macrocycliques ont \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9s. Le mukulol repr\u00e9sente environ 1 \u00e0 2 % de la fraction r\u00e9sineuse.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> La <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, la <strong>naring\u00e9nine<\/strong> et la <strong>muscanone<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavanones\/\">flavanone<\/a> originale) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle :<\/strong> Elle repr\u00e9sente 1 \u00e0 1,5 % de la gomme-r\u00e9sine brute et contient des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a> (<strong>guai\u00e8ne<\/strong>, <strong>buln\u00e9s\u00e8ne<\/strong>, <strong>caryophyll\u00e8ne<\/strong>), des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> (<strong>myrc\u00e8ne<\/strong>, <strong>eug\u00e9nol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/limonene\/\">limon\u00e8ne<\/a><\/strong>) et des esters. Elle conf\u00e8re au guggul son odeur balsamique caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p><strong>Fraction gommique :<\/strong> La gomme est un polysaccharide compos\u00e9 principalement d&rsquo;arabinose, de galactose, d&rsquo;acide glucuronique et de fucose. Elle ne pr\u00e9sente pas d&rsquo;activit\u00e9 pharmacologique notable mais sert de v\u00e9hicule et de support aux autres compos\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques du guggul sont domin\u00e9es par l&rsquo;activit\u00e9 hypolip\u00e9miante, mais d&rsquo;autres actions significatives ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9es :<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 hypolip\u00e9miante :<\/strong> C&rsquo;est l&rsquo;activit\u00e9 la plus \u00e9tudi\u00e9e et la mieux document\u00e9e. Les <strong>guggulst\u00e9rones<\/strong> E et Z exercent leur effet hypolip\u00e9miant par un m\u00e9canisme mol\u00e9culaire unique : l&rsquo;antagonisme du r\u00e9cepteur farn\u00e9so\u00efde X (FXR). Ce r\u00e9cepteur nucl\u00e9aire, activ\u00e9 physiologiquement par les acides biliaires, joue un r\u00f4le central dans l&rsquo;hom\u00e9ostasie du cholest\u00e9rol. En bloquant le FXR, les guggulst\u00e9rones emp\u00eachent la r\u00e9pression du g\u00e8ne CYP7A1, codant pour la cholest\u00e9rol 7-alpha-hydroxylase, enzyme limitante de la conversion du cholest\u00e9rol en acides biliaires. Le r\u00e9sultat net est une augmentation de la transformation du cholest\u00e9rol en acides biliaires et une augmentation de leur excr\u00e9tion f\u00e9cale. Par ailleurs, les guggulst\u00e9rones stimulent l&rsquo;expression des r\u00e9cepteurs h\u00e9patiques aux LDL, augmentant ainsi la clairance du LDL-cholest\u00e9rol circulant. Chez le rat et le lapin hypercholest\u00e9rol\u00e9miques, des r\u00e9ductions de 20 \u00e0 40 % du cholest\u00e9rol total et de 30 \u00e0 50 % des triglyc\u00e9rides ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> Les guggulst\u00e9rones inhibent l&rsquo;activation du facteur nucl\u00e9aire NF-kappaB, r\u00e9duisant la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-alpha, IL-1-b\u00eata, IL-6). Sur les mod\u00e8les d&rsquo;\u0153d\u00e8me \u00e0 la carrag\u00e9nine et d&rsquo;arthrite induite chez le rat, une activit\u00e9 anti-inflammatoire significative a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e, comparable \u00e0 celle de la ph\u00e9nylbutazone. Les lignanes contribuent \u00e9galement \u00e0 cette activit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 thyromim\u00e9tique :<\/strong> Des \u00e9tudes chez le rat ont montr\u00e9 une augmentation des taux de T3 et T4 circulants apr\u00e8s administration de guggulst\u00e9rones, par stimulation de l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;iodothyronine d\u00e9siodase. Cet effet thyr\u00e9ostimulant pourrait contribuer \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 hypolip\u00e9miante (augmentation du m\u00e9tabolisme basal et de la clairance du cholest\u00e9rol) et \u00e0 l&rsquo;effet anti-ob\u00e9sit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antiplaquettaire et fibrinolytique :<\/strong> Les guggulst\u00e9rones inhibent l&rsquo;agr\u00e9gation plaquettaire induite par l&rsquo;ADP et le collag\u00e8ne, et stimulent l&rsquo;activit\u00e9 fibrinolytique plasmatique. Ces propri\u00e9t\u00e9s compl\u00e8tent le profil cardiovasculaire de la drogue.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> Les extraits de guggul exercent une activit\u00e9 antioxydante mod\u00e9r\u00e9e, principalement attribu\u00e9e aux flavono\u00efdes et aux lignanes. L&rsquo;inhibition de l&rsquo;oxydation des LDL constitue un m\u00e9canisme anti-ath\u00e9roscl\u00e9rotique compl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 dermatologique :<\/strong> Des effets antibact\u00e9riens (contre <em>Propionibacterium acnes<\/em>) et anti-inflammatoires cutan\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s, justifiant l&rsquo;usage traditionnel dans l&rsquo;acn\u00e9 et les affections cutan\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sur le guggul sont abondantes mais controvers\u00e9es, avec un contraste frappant entre les essais indiens (majoritairement positifs) et les essais occidentaux (r\u00e9sultats mitig\u00e9s) :<\/p>\n<p><strong>Dyslipid\u00e9mie \u2013 Essais indiens :<\/strong> Les premiers essais cliniques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans les ann\u00e9es 1960-1970 par Satyavati et collaborateurs. Un essai multicentrique indien (Nityanand et al., 1989, <em>Journal of the Association of Physicians of India<\/em>), portant sur 233 patients hyperlipid\u00e9miques trait\u00e9s pendant 12 semaines par un extrait standardis\u00e9 (gugglipide, 50 mg de guggulst\u00e9rones par jour), a rapport\u00e9 une r\u00e9duction du cholest\u00e9rol total de 11,7 %, des triglyc\u00e9rides de 16,8 % et du LDL-cholest\u00e9rol de 12,5 %, avec une augmentation du HDL-cholest\u00e9rol de 16 %. Ces r\u00e9sultats ont conduit \u00e0 l&rsquo;approbation du gugglipide comme m\u00e9dicament hypolip\u00e9miant en Inde en 1986.<\/p>\n<p><strong>Dyslipid\u00e9mie \u2013 Essai am\u00e9ricain :<\/strong> Cependant, un essai randomis\u00e9 de bonne qualit\u00e9 m\u00e9thodologique men\u00e9 par Szapary et al. (2003, <em>JAMA<\/em>) aux \u00c9tats-Unis, portant sur 103 adultes hypercholest\u00e9rol\u00e9miques trait\u00e9s pendant 8 semaines par un extrait standardis\u00e9 (gugglipide \u00e0 2,5 % de guggulst\u00e9rones : 1 000 mg ou 2 000 mg de gugglipide par jour, soit 25 mg ou 50 mg de guggulst\u00e9rones), n&rsquo;a montr\u00e9 aucune r\u00e9duction significative du LDL-cholest\u00e9rol. Au contraire, les deux doses ont augment\u00e9 le LDL par rapport au placebo : +4 % pour la dose standard (p = 0,01) et +5 % pour la dose \u00e9lev\u00e9e (p = 0,006), le groupe placebo ayant lui-m\u00eame r\u00e9duit son LDL de 5 %. Cet essai, publi\u00e9 dans une revue de premier plan, a consid\u00e9rablement temp\u00e9r\u00e9 l&rsquo;enthousiasme initial.<\/p>\n<p><strong>Interpr\u00e9tation des divergences :<\/strong> Plusieurs facteurs pourraient expliquer ces r\u00e9sultats contradictoires : diff\u00e9rences dans les pr\u00e9parations utilis\u00e9es (extrait purifi\u00e9 versus guggul brut traditionnel), diff\u00e9rences alimentaires entre populations (r\u00e9gime v\u00e9g\u00e9tarien indien versus r\u00e9gime occidental), diff\u00e9rences g\u00e9n\u00e9tiques dans le m\u00e9tabolisme des st\u00e9ro\u00efdes, et variabilit\u00e9 de la qualit\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Arthrose :<\/strong> Un essai randomis\u00e9 contr\u00f4l\u00e9 (Singh et al., 2003, <em>Alternative Therapies in Health and Medicine<\/em>) portant sur 30 patients atteints d&rsquo;arthrose du genou a montr\u00e9 une am\u00e9lioration significative de la douleur et de la fonction articulaire apr\u00e8s un traitement de 2 mois par un extrait de guggul (500 mg trois fois par jour).<\/p>\n<p><strong>Acn\u00e9 :<\/strong> Un essai comparatif (Thappa &amp; Dogra, 1994) a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 comparable du guggul (gugglipide \u00e9quivalent \u00e0 25 mg de guggulst\u00e9rones, deux fois par jour, soit 50 mg\/jour) \u00e0 la t\u00e9tracycline (500 mg deux fois par jour, soit 1 000 mg\/jour) dans le traitement de l&rsquo;acn\u00e9 nodulokystique sur une p\u00e9riode de 3 mois.<\/p>\n<p><strong>Ob\u00e9sit\u00e9 :<\/strong> Les donn\u00e9es cliniques sur l&rsquo;activit\u00e9 anti-ob\u00e9sit\u00e9 restent pr\u00e9liminaires et les r\u00e9sultats sont non concluants \u00e0 ce stade.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Guggulst\u00e9rones E et Z<\/td>\n<td>St\u00e9ro\u00efdes (phytost\u00e9rols)<\/td>\n<td>Hypolip\u00e9miantes, anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Guggulst\u00e9rols<\/td>\n<td>St\u00e9ro\u00efdes<\/td>\n<td>Constituants associ\u00e9s<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Guggullignanes, s\u00e9samine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">Lignanes<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Guggul purifi\u00e9 (Shuddha Guggulu) :<\/strong> La gomme-r\u00e9sine traditionnellement purifi\u00e9e selon les proc\u00e9d\u00e9s ayurv\u00e9diques. Posologie : 2 \u00e0 4 g par jour en deux \u00e0 trois prises.<\/p>\n<p><strong>Gugglipide (extrait standardis\u00e9) :<\/strong> Extrait \u00e9thylac\u00e9tate de la gomme-r\u00e9sine, standardis\u00e9 \u00e0 2,5 \u00e0 5 % de guggulst\u00e9rones E et Z combin\u00e9es. Posologie : 25 \u00e0 50 mg de guggulst\u00e9rones totales par jour, soit 500 \u00e0 1 000 mg d&rsquo;extrait standardis\u00e9, en deux \u00e0 trois prises au cours des repas.<\/p>\n<p><strong>Comprim\u00e9s Yogaraja Guggulu :<\/strong> Formulation ayurv\u00e9dique classique associant le guggul \u00e0 plusieurs plantes et min\u00e9raux pour les troubles articulaires. 2 \u00e0 4 comprim\u00e9s de 250 mg, deux \u00e0 trois fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Kaisora Guggulu :<\/strong> Formulation pour les affections cutan\u00e9es et inflammatoires. 2 \u00e0 4 comprim\u00e9s, deux \u00e0 trois fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Teinture :<\/strong> Peu utilis\u00e9e en raison de la nature r\u00e9sineuse de la drogue, qui se dissout mal dans les m\u00e9langes hydro-alcooliques classiques.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e de traitement recommand\u00e9e est de 12 \u00e0 24 semaines dans les indications m\u00e9taboliques, avec r\u00e9\u00e9valuation r\u00e9guli\u00e8re du bilan lipidique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> La DL50 par voie orale de l&rsquo;extrait de guggul chez le rat est sup\u00e9rieure \u00e0 1 600 mg\/kg, indiquant une faible toxicit\u00e9 aigu\u00eb.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables :<\/strong> Les effets ind\u00e9sirables les plus fr\u00e9quemment rapport\u00e9s dans les essais cliniques sont des troubles gastro-intestinaux (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e, \u00e9ructations, hoquet) survenant chez 5 \u00e0 15 % des patients. Des \u00e9ruptions cutan\u00e9es allergiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites dans quelques cas. Des cas de c\u00e9phal\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s. La guggul purifi\u00e9 selon les proc\u00e9d\u00e9s traditionnels semble mieux tol\u00e9r\u00e9 que l&rsquo;extrait non purifi\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Effet thyr\u00e9ostimulant :<\/strong> L&rsquo;activit\u00e9 thyromim\u00e9tique du guggul constitue un point de vigilance important chez les patients atteints d&rsquo;hyperthyro\u00efdie ou recevant des hormones thyro\u00efdiennes.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses :<\/strong> Les guggulst\u00e9rones sont des inducteurs puissants du cytochrome P450 3A4 (CYP3A4) et de la glycoprot\u00e9ine P. Cela peut entra\u00eener une diminution des concentrations plasmatiques et de l&rsquo;efficacit\u00e9 de nombreux m\u00e9dicaments substrats du CYP3A4, incluant les statines (atorvastatine, simvastatine), les immunosuppresseurs (ciclosporine, tacrolimus), les antir\u00e9troviraux (inhibiteurs de prot\u00e9ase), les contraceptifs oraux et les anticoagulants oraux. Cette interaction est cliniquement significative et constitue un risque majeur d&rsquo;inefficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Grossesse (effet ut\u00e9rotonique rapport\u00e9 dans les textes traditionnels), allaitement, hyperthyro\u00efdie, diarrh\u00e9e chronique, maladies inflammatoires intestinales actives.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le guggul occupe une place de premier plan dans la pharmacop\u00e9e ayurv\u00e9dique, o\u00f9 il est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des Rasayana (rajeunissants) les plus importants :<\/p>\n<p><strong>Ayurveda :<\/strong> Le guggul est mentionn\u00e9 dans l&rsquo;Atharva Veda (environ 1 200 av. J.-C.), l&rsquo;un des quatre Vedas, comme traitement de l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 et des maladies articulaires. Charaka et Sushruta lui consacrent des d\u00e9veloppements importants, le prescrivant dans le Medoroga (ob\u00e9sit\u00e9\/dyslipid\u00e9mie), le Vataroga (maladies arthritiques), le Galaganda (goitre) et les Kushtha (maladies cutan\u00e9es). Le guggul est d\u00e9crit comme p\u00e9n\u00e9trant (Tikshna), chaud (Ushna Virya), amer et piquant (Katu-Tikta Rasa), et capable de pacifier les trois doshas lorsqu&rsquo;il est associ\u00e9 aux plantes appropri\u00e9es. C&rsquo;est pourquoi il entre dans la composition de tr\u00e8s nombreuses formules polyherbes (Yogas), dont le nombre d\u00e9passe la centaine.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9decine Unani :<\/strong> Sous le nom de Muqil, la gomme-r\u00e9sine est utilis\u00e9e comme emm\u00e9nagogue, expectorant et anti-inflammatoire articulaire.<\/p>\n<p><strong>Usage rituel :<\/strong> Le guggul est br\u00fbl\u00e9 comme encens dans les temples hindous et lors de c\u00e9r\u00e9monies religieuses, une pratique qui remonte \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque v\u00e9dique. L&rsquo;\u00e9tymologie m\u00eame du mot \u00ab guggul \u00bb d\u00e9rive du sanskrit \u00ab guggulu \u00bb signifiant \u00ab qui prot\u00e8ge contre les maladies \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et adult\u00e9rations<\/h3>\n<p>Les principales sources de confusion et d&rsquo;adult\u00e9ration concernent d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Commiphora<\/em> productrices de r\u00e9sines :<\/p>\n<p><em>Commiphora myrrha<\/em> (Nees) Engl. (myrrhe) produit une gomme-r\u00e9sine d&rsquo;aspect similaire mais de composition chimique tr\u00e8s diff\u00e9rente (furanosesquiterp\u00e8nes au lieu de guggulst\u00e9rones). <em>Commiphora africana<\/em> (A. Rich.) Engl., esp\u00e8ce africaine, est parfois substitu\u00e9e sur le march\u00e9 international. <em>Boswellia serrata<\/em> Roxb. (encens indien) produit une r\u00e9sine qui peut \u00eatre m\u00e9lang\u00e9e frauduleusement au guggul.<\/p>\n<p>L&rsquo;adult\u00e9ration par des r\u00e9sines synth\u00e9tiques ou des charges min\u00e9rales est rapport\u00e9e dans le commerce. Le contr\u00f4le de qualit\u00e9 repose sur le dosage des guggulst\u00e9rones E et Z par HPLC, le profil chromatographique CCM de la fraction r\u00e9sineuse, et le dosage des cendres totales (indicateur d&rsquo;adult\u00e9ration par des charges min\u00e9rales).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le guggul illustre \u00e0 la fois les promesses et les d\u00e9fis de la phytoth\u00e9rapie fond\u00e9e sur les preuves. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, un usage traditionnel mill\u00e9naire coh\u00e9rent, un m\u00e9canisme d&rsquo;action mol\u00e9culaire \u00e9l\u00e9gamment \u00e9lucid\u00e9 (antagonisme du FXR), et des donn\u00e9es pr\u00e9cliniques robustes. De l&rsquo;autre, des r\u00e9sultats cliniques contradictoires entre les contextes indien et occidental, des probl\u00e8mes de standardisation des pr\u00e9parations, et des interactions m\u00e9dicamenteuses potentiellement dangereuses.<\/p>\n<p>La conservation de l&rsquo;esp\u00e8ce est une pr\u00e9occupation majeure : l&rsquo;augmentation de la demande mondiale pour les compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 base de guggul menace directement la survie des populations naturelles d&rsquo;un arbuste \u00e0 croissance lente et \u00e0 habitat restreint. Le d\u00e9veloppement de la culture et de m\u00e9thodes biotechnologiques alternatives est urgent.<\/p>\n<p>En l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances, le guggul peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un compl\u00e9ment int\u00e9ressant dans la prise en charge des dyslipid\u00e9mies mod\u00e9r\u00e9es, en particulier dans un contexte alimentaire et g\u00e9n\u00e9tique favorable, mais il ne saurait se substituer aux traitements hypolip\u00e9miants de r\u00e9f\u00e9rence dans les hypercholest\u00e9rol\u00e9mies \u00e0 haut risque cardiovasculaire. La surveillance des interactions m\u00e9dicamenteuses et de la fonction thyro\u00efdienne est imp\u00e9rative.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Deng R. (2007). Therapeutic effects of guggul and its constituent guggulsterone: cardiovascular benefits. <em>Cardiovascular Drug Reviews<\/em>, 25(4), 375-390.<\/p>\n<p>Nagarajan M. et al. (2001). Chemistry and pharmacology of guggul. <em>Indian Drugs<\/em>, 38(8), 395-401.<\/p>\n<p>Nityanand S. et al. (1989). Clinical trials with gugulipid: a new hypolipidaemic agent. <em>Journal of the Association of Physicians of India<\/em>, 37(5), 323-328.<\/p>\n<p>Satyavati G.V. (1988). Gum guggul (Commiphora mukul) \u2013 The success story of an ancient insight leading to a modern discovery. <em>Indian Journal of Medical Research<\/em>, 87, 327-335.<\/p>\n<p>Shishodia S., Harikumar K.B., Dass S., Ramawat K.G., Aggarwal B.B. (2008). The guggul for chronic diseases: ancient medicine, modern targets. Anticancer Research, 28(6A), 3647-3664.<\/p>\n<p>Singh R.B., Niaz M.A., Ghosh S. (1994). Hypolipidemic and antioxidant effects of Commiphora mukul as an adjunct to dietary therapy in patients with hypercholesterolemia. Cardiovascular Drugs and Therapy, 8(4), 659-664.<\/p>\n<p>Szapary P.O. et al. (2003). Guggulipid for the treatment of hypercholesterolemia: a randomized controlled trial. <em>JAMA<\/em>, 290(6), 765-772.<\/p>\n<p>Ulbricht C. et al. (2005). Guggul for hyperlipidemia: a review by the Natural Standard Research Collaboration. <em>Complementary Therapies in Medicine<\/em>, 13(4), 279-290.<\/p>\n<p>Urizar N.L. et al. (2002). A natural product that lowers cholesterol as an antagonist ligand for FXR. <em>Science<\/em>, 296(5573), 1703-1706.<\/p>\n<p>Verma S.K., Bordia A. (1988). Effect of Commiphora mukul (gum guggulu) in patients of hyperlipidemia with special reference to HDL-cholesterol. <em>Indian Journal of Medical Research<\/em>, 87, 356-360.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Hypolip\u00e9miant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (articulaire)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiarthrosique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Commiphora mukul (Hook. ex Stocks) Engl. \u2014 Guggul Le Commiphora mukul, commun\u00e9ment appel\u00e9 guggul ou guggulu, est un arbuste \u00e9pineux de la famille des Burs\u00e9rac\u00e9es, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[154],"tags":[],"class_list":["post-9549","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-burseracees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9549","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9549"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9549\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13449,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9549\/revisions\/13449"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9549"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9549"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9549"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}