{"id":9550,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/noni\/"},"modified":"2026-06-24T16:56:26","modified_gmt":"2026-06-24T14:56:26","slug":"noni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/noni\/","title":{"rendered":"NONI"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Noni.jpg\" alt=\"Planche botanique Noni\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Morinda citrifolia L. \u2014 Noni<\/h1>\n<p>Le <em>Morinda citrifolia<\/em> L., commun\u00e9ment appel\u00e9 noni, pomme-chien ou fromager, est un arbre fruitier de la famille des Rubiac\u00e9es, originaire de l&rsquo;Asie du Sud-Est et de l&rsquo;Oc\u00e9anie. Figure majeure des pharmacop\u00e9es traditionnelles polyn\u00e9siennes, indiennes et carib\u00e9ennes, le noni a connu un engouement commercial spectaculaire depuis la fin des ann\u00e9es 1990, port\u00e9 par des all\u00e9gations de sant\u00e9 allant de l&rsquo;immunostimulation au traitement du cancer. Sa composition phytochimique, domin\u00e9e par des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a>, des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthraquinones\/\">anthraquinones<\/a> et des polysaccharides, a fait l&rsquo;objet de nombreuses \u00e9tudes pr\u00e9cliniques, mais les donn\u00e9es cliniques restent limit\u00e9es. La pr\u00e9sente monographie propose un examen critique et exhaustif de cette plante aussi populaire que controvers\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Sous-r\u00e8gne :<\/strong> Tracheobionta<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Sous-classe :<\/strong> Asteridae<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Gentianales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Rubiaceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Morinda<\/em> L.<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Morinda citrifolia<\/em> L. (1753)<\/p>\n<p>Le genre <em>Morinda<\/em> comprend environ 80 esp\u00e8ces d&rsquo;arbres, arbustes et lianes, distribu\u00e9s dans les r\u00e9gions tropicales et subtropicales des deux h\u00e9misph\u00e8res. Le nom g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9rive du latin <em>morus<\/em> (m\u00fbrier) et <em>indica<\/em> (de l&rsquo;Inde), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la ressemblance du fruit avec celui du m\u00fbrier. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>citrifolia<\/em> (feuilles de citronnier) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des feuilles, rappelant celles des agrumes.<\/p>\n<p>La famille des Rubiac\u00e9es est l&rsquo;une des plus vastes familles de dicotyl\u00e9dones, comprenant environ 13 500 esp\u00e8ces r\u00e9parties en 611 genres. Elle se caract\u00e9rise par ses feuilles oppos\u00e9es \u00e0 stipules interp\u00e9tiolaires, ses fleurs gamop\u00e9tales et ses fruits vari\u00e9s. Le genre <em>Morinda<\/em> se distingue par ses inflorescences \u00e0 fleurs soud\u00e9es entre elles par les ovaires, formant un fruit compos\u00e9 (syncarpe) caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>Les noms vernaculaires sont extr\u00eamement nombreux, refl\u00e9tant l&rsquo;\u00e9tendue de la distribution et des usages : noni (hawa\u00efen, devenu international), nono (tahitien), ach ou aak (hindi), mengkudu (malais), pain killer tree (carib\u00e9en), pomme-chien (Antilles fran\u00e7aises), fromager (R\u00e9union, Maurice).<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Morinda citrifolia<\/em> est un arbre de petite \u00e0 moyenne taille, \u00e0 feuillage persistant, pouvant atteindre 3 \u00e0 10 m\u00e8tres de hauteur (rarement 15 m\u00e8tres), \u00e0 croissance rapide et \u00e0 port \u00e9tal\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Tronc et \u00e9corce :<\/strong> Le tronc est droit ou l\u00e9g\u00e8rement tortueux, de 10 \u00e0 30 cm de diam\u00e8tre, \u00e0 ramification basse. L&rsquo;\u00e9corce est lisse \u00e0 finement rugueuse, de couleur gris brun\u00e2tre, marqu\u00e9e de lenticelles. Le bois est mou, \u00e0 c\u0153ur jaun\u00e2tre.<\/p>\n<p><strong>Rameaux :<\/strong> Les rameaux sont quadrangulaires (\u00e0 section carr\u00e9e), glabres, verts devenant brun\u00e2tres, marqu\u00e9s de cicatrices foliaires pro\u00e9minentes. Cette section quadrangulaire est un caract\u00e8re diagnostique important pour l&rsquo;identification.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> Les feuilles sont oppos\u00e9es, simples, grandes, de 15 \u00e0 40 cm de long sur 7 \u00e0 20 cm de large, elliptiques \u00e0 ovales-oblongues, \u00e0 base cun\u00e9iforme \u00e0 arrondie, \u00e0 sommet aigu, \u00e0 marge enti\u00e8re, glabres et luisantes sur les deux faces, de couleur vert fonc\u00e9, devenant jaun\u00e2tres avant la chute. La nervation est penn\u00e9e, avec 6 \u00e0 8 paires de nervures secondaires pro\u00e9minentes sur la face inf\u00e9rieure, jointes par une nervure marginale. Le p\u00e9tiole est robuste, de 1 \u00e0 2 cm. Les stipules sont interp\u00e9tiolaires, triangulaires, de 1 \u00e0 1,5 cm, soud\u00e9es en une gaine \u00e0 la base.<\/p>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> Les inflorescences sont des capitules globuleux de 1 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre, port\u00e9s sur un p\u00e9doncule axillaire de 1 \u00e0 3 cm, oppos\u00e9s aux feuilles. Chaque capitule porte 50 \u00e0 150 fleurs dont les ovaires sont soud\u00e9s entre eux. Les fleurs sont petites, tubulaires, pentam\u00e8res, de couleur blanc cr\u00e8me. Le calice est une couronne tronqu\u00e9e, \u00e0 peine lob\u00e9e. La corolle est en forme d&rsquo;entonnoir, \u00e0 5 lobes \u00e9tal\u00e9s, de 8 \u00e0 12 mm de long. Les 5 \u00e9tamines sont ins\u00e9r\u00e9es sur le tube de la corolle. L&rsquo;ovaire est inf\u00e8re, biloculaire, contenant un ovule par loge. La floraison est continue tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e en conditions tropicales.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> Le fruit est un syncarpe (fruit compos\u00e9 r\u00e9sultant de la fusion des ovaires de toutes les fleurs du capitule), ovo\u00efde \u00e0 globuleux, de 5 \u00e0 12 cm de long sur 3 \u00e0 7 cm de diam\u00e8tre. Il est vert \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat immature, devenant blanc translucide \u00e0 jaun\u00e2tre \u00e0 maturit\u00e9, d&rsquo;aspect bossel\u00e9 (chaque bosse correspondant \u00e0 un fruitelet individuel). La chair est molle, juteuse, de couleur blanc cr\u00e8me. Le fruit m\u00fbr d\u00e9gage une odeur forte et d\u00e9sagr\u00e9able, rappelant le fromage ferment\u00e9 (d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab fromager \u00bb), due \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;acides gras \u00e0 cha\u00eene courte (<strong>acide butyrique<\/strong>, <strong>acide hexano\u00efque<\/strong>). Chaque fruitelet contient une graine aplatie, brun fonc\u00e9, de 6 \u00e0 8 mm, munie d&rsquo;une chambre \u00e0 air qui lui permet de flotter, facilitant la diss\u00e9mination par l&rsquo;eau de mer.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p><em>Morinda citrifolia<\/em> pr\u00e9sente une distribution pantropicale, consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des plus vastes parmi les plantes phan\u00e9rogames. Son aire d&rsquo;origine s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Asie du Sud-Est (Inde, Sri Lanka, Malaisie, Indon\u00e9sie) \u00e0 l&rsquo;Australie et aux \u00eeles du Pacifique (Polyn\u00e9sie, M\u00e9lan\u00e9sie, Micron\u00e9sie). L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e dans les Cara\u00efbes, en Am\u00e9rique centrale, en Afrique tropicale et \u00e0 Madagascar.<\/p>\n<p>La dispersion de cette esp\u00e8ce est intimement li\u00e9e aux migrations humaines, en particulier aux navigateurs austron\u00e9siens qui ont colonis\u00e9 le Pacifique entre 3 000 et 1 000 ans avant notre \u00e8re, emportant le noni comme plante m\u00e9dicinale et alimentaire de survie. Les graines, capables de flotter en mer pendant des mois gr\u00e2ce \u00e0 leur chambre \u00e0 air et de germer apr\u00e8s immersion prolong\u00e9e dans l&rsquo;eau sal\u00e9e, ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 la colonisation naturelle des rivages tropicaux.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est remarquablement tol\u00e9rante \u00e0 une large gamme de conditions environnementales : sols c\u00f4tiers sableux, calcaires coralliens, sols volcaniques, lat\u00e9rites acides. Elle supporte la salinit\u00e9, les embruns, les vents violents, la s\u00e9cheresse temporaire et les inondations occasionnelles. Elle pousse depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 800 m\u00e8tres d&rsquo;altitude, dans des zones recevant 500 \u00e0 5 000 mm de pr\u00e9cipitations annuelles, avec un optimum entre 1 500 et 3 000 mm. Les temp\u00e9ratures optimales se situent entre 20 et 35 \u00b0C, et l&rsquo;esp\u00e8ce ne tol\u00e8re pas le gel.<\/p>\n<p>Dans son habitat naturel, le noni est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des littoraux tropicaux, poussant en bordure de plage, dans les fourr\u00e9s littoraux, en lisi\u00e8re de for\u00eat c\u00f4ti\u00e8re et dans les formations secondaires. Sa croissance est rapide (fructification d\u00e8s 1,5 \u00e0 2 ans apr\u00e8s la germination) et sa production de fruits est continue et abondante.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et \u00e9cologie de l&rsquo;esp\u00e8ce<\/h3>\n<p><em>Morinda citrifolia<\/em> n&rsquo;est pas une esp\u00e8ce menac\u00e9e. Au contraire, elle est extr\u00eamement r\u00e9sistante et envahissante dans certaines r\u00e9gions tropicales. Sa tol\u00e9rance aux sols salins, aux embruns et aux conditions difficiles en fait un colonisateur efficace des rivages perturb\u00e9s. La capacit\u00e9 de ses graines \u00e0 flotter dans l&rsquo;eau de mer pendant des mois assure une dispersion efficace \u00e0 longue distance.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est largement cultiv\u00e9e commercialement dans les \u00eeles du Pacifique (Tahiti, Hawa\u00ef, Fidji, Samoa), en Inde, en Tha\u00eflande, au Cambodge et au Costa Rica, principalement pour la production de jus de fruit destin\u00e9 au march\u00e9 mondial des compl\u00e9ments alimentaires. La Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise est le premier producteur mondial, avec une fili\u00e8re noni qui repr\u00e9sente une activit\u00e9 \u00e9conomique significative pour les populations locales.<\/p>\n<p>L&rsquo;arbre joue un r\u00f4le \u00e9cologique dans la stabilisation des sols littoraux et la fourniture de nourriture pour la faune frugivore (chauves-souris, oiseaux). Ses fleurs sont visit\u00e9es par de nombreux insectes pollinisateurs.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Pratiquement toutes les parties de <em>Morinda citrifolia<\/em> sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle, mais les parties les plus commercialis\u00e9es sont les suivantes :<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> C&rsquo;est la partie la plus largement utilis\u00e9e dans le commerce mondial (jus de noni). Le fruit est r\u00e9colt\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents stades de maturit\u00e9 selon l&rsquo;usage : vert et dur pour certaines pr\u00e9parations traditionnelles, translucide et mou (stade de surmaturit\u00e9) pour la production de jus. La fermentation naturelle du fruit est parfois mise \u00e0 profit, le fruit \u00e9tant plac\u00e9 dans un r\u00e9cipient scell\u00e9 o\u00f9 il lib\u00e8re un jus par autolyse au bout de quelques semaines. Le jus de noni pur est un liquide brun fonc\u00e9, d&rsquo;odeur forte et de saveur am\u00e8re et astringente.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> Les feuilles fra\u00eeches ou s\u00e9ch\u00e9es sont tr\u00e8s utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle polyn\u00e9sienne et asiatique. Elles sont appliqu\u00e9es en cataplasme sur les plaies et les inflammations, ou consomm\u00e9es en d\u00e9coction ou en infusion.<\/p>\n<p><strong>Racines et \u00e9corce de racine :<\/strong> Traditionnellement utilis\u00e9es comme source de teinture jaune (anthraquinones) et comme m\u00e9dicament. L&rsquo;\u00e9corce de racine est riche en anthraquinones et en compos\u00e9s ph\u00e9noliques.<\/p>\n<p><strong>Graines :<\/strong> Utilis\u00e9es dans certaines pr\u00e9parations traditionnelles, elles sont riches en acides gras et en compos\u00e9s ph\u00e9noliques.<\/p>\n<p>Le jus de noni a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 comme \u00ab novel food \u00bb par l&rsquo;Union europ\u00e9enne en 2003 (Commission Decision 2003\/426\/EC), apr\u00e8s une \u00e9valuation de sa s\u00e9curit\u00e9 par le Comit\u00e9 scientifique de l&rsquo;alimentation humaine. Cette autorisation concerne le jus de fruit pasteuris\u00e9 et la pur\u00e9e de fruit, et non les extraits concentr\u00e9s ou les pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;autres parties de la plante.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Morinda citrifolia<\/em> est exceptionnellement riche et diversifi\u00e9e, avec plus de 200 compos\u00e9s identifi\u00e9s :<\/p>\n<p><strong>Irido\u00efdes :<\/strong> Ce sont les compos\u00e9s les plus caract\u00e9ristiques et quantitativement dominants dans le fruit. L&rsquo;<strong>acide d\u00e9ac\u00e9tylasp\u00e9rulosidique<\/strong> (DAA) est le principal irido\u00efde, repr\u00e9sentant jusqu&rsquo;\u00e0 10 % de la masse s\u00e8che du fruit. L&rsquo;<strong>asp\u00e9ruloside<\/strong> et l&rsquo;<strong>asperulald\u00e9hyde<\/strong> sont \u00e9galement pr\u00e9sents en quantit\u00e9s significatives. Ces irido\u00efdes s\u00e9co-glycosidiques sont consid\u00e9r\u00e9s comme les marqueurs de qualit\u00e9 les plus fiables du jus de noni. Les concentrations de DAA dans les jus commerciaux varient consid\u00e9rablement (5 \u00e0 50 mg\/ml), refl\u00e9tant des diff\u00e9rences de qualit\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res et des proc\u00e9d\u00e9s de fabrication.<\/p>\n<p><strong>Anthraquinones :<\/strong> Elles sont concentr\u00e9es dans les racines et l&rsquo;\u00e9corce, mais pr\u00e9sentes aussi dans le fruit. Les principales sont la <strong>damnacanthal<\/strong>, la <strong>morindone<\/strong>, la <strong>morindin<\/strong>, l&rsquo;<strong>alizarine<\/strong> et la <strong>rubiadine<\/strong>. Le <strong>damnacanthal<\/strong> a montr\u00e9 des activit\u00e9s anticanc\u00e9reuses in vitro. Les anthraquinones sont responsables de la coloration jaune des racines et de certaines pr\u00e9parations.<\/p>\n<p><strong>Polysaccharides :<\/strong> Des polysaccharides \u00e0 activit\u00e9 immunostimulante ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s du fruit. Le <strong>noni-ppt<\/strong> (polysaccharide purifi\u00e9 pr\u00e9cipitable) est un glucuronoxylane sulfat\u00e9 qui stimule la production d&rsquo;interleukines et de TNF-alpha par les macrophages.<\/p>\n<p><strong>Acides gras :<\/strong> Le fruit contient des acides gras \u00e0 cha\u00eene courte et moyenne (<strong>acide capro\u00efque<\/strong>, <strong>acide caprylique<\/strong>, <strong>acide butyrique<\/strong>, <strong>acide hexano\u00efque<\/strong>) responsables de l&rsquo;odeur caract\u00e9ristique du fruit m\u00fbr. Des acides gras \u00e0 cha\u00eene longue (<strong>acide linol\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide ol\u00e9ique<\/strong>) sont pr\u00e9sents dans les graines.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes et compos\u00e9s ph\u00e9noliques :<\/strong> La <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, la <strong>scopol\u00e9tine<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarine<\/a>), la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s. La <strong>scopol\u00e9tine<\/strong> est un compos\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, pr\u00e9sentant des activit\u00e9s vasodilatatrices, anti-inflammatoires et analg\u00e9siques.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a> :<\/strong> La pr\u00e9sence de <strong>x\u00e9ronine<\/strong> a \u00e9t\u00e9 revendiqu\u00e9e par Ralph Heinicke (1985) comme principe actif majeur du noni, via un pr\u00e9curseur, la \u00ab prox\u00e9ronine \u00bb, qui serait convertie en x\u00e9ronine active dans l&rsquo;organisme. Cette th\u00e9orie, largement reprise dans la litt\u00e9rature commerciale, n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par des \u00e9tudes ind\u00e9pendantes et reste tr\u00e8s controvers\u00e9e dans la communaut\u00e9 scientifique. Aucune structure chimique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour la prox\u00e9ronine, et l&rsquo;existence m\u00eame de la x\u00e9ronine en tant que mol\u00e9cule distincte n&rsquo;est pas \u00e9tablie de mani\u00e8re satisfaisante.<\/p>\n<p><strong>Vitamines et min\u00e9raux :<\/strong> Le fruit contient de la vitamine C (20 \u00e0 125 mg\/100 g selon la maturit\u00e9), de la vitamine A, du potassium, du calcium et du fer.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques du noni ont fait l&rsquo;objet de nombreuses \u00e9tudes pr\u00e9cliniques, dont les r\u00e9sultats les plus significatifs sont les suivants :<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 immunomodulatrice :<\/strong> Les polysaccharides du fruit de noni stimulent in vitro la production de cytokines (IL-1, IL-2, TNF-alpha, IFN-gamma) par les macrophages et les lymphocytes. Le polysaccharide noni-ppt active les macrophages p\u00e9riton\u00e9aux murins et augmente leur activit\u00e9 phagocytaire. Chez la souris, l&rsquo;administration orale de jus de noni augmente la survie et la r\u00e9ponse immunitaire contre les cellules tumorales transplant\u00e9es (sarcome 180, carcinome de Lewis). Ces effets sont attribu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;activation de l&rsquo;immunit\u00e9 inn\u00e9e et adaptative, mais les doses utilis\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antitumorale :<\/strong> Le <strong>damnacanthal<\/strong> (anthraquinone) inhibe la croissance de lign\u00e9es cellulaires tumorales in vitro (IC50 de l&rsquo;ordre du micromolaire) et induit l&rsquo;apoptose par activation des caspases. L&rsquo;extrait de fruit inhibe l&rsquo;angiogen\u00e8se tumorale dans des mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux. Cependant, ces r\u00e9sultats in vitro ne peuvent \u00eatre extrapol\u00e9s \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 clinique anticanc\u00e9reuse, et aucun essai clinique randomis\u00e9 n&rsquo;a d\u00e9montr\u00e9 d&rsquo;efficacit\u00e9 du noni dans le traitement du cancer chez l&rsquo;homme.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> Le jus de noni pr\u00e9sente une activit\u00e9 antioxydante significative, mesur\u00e9e par les tests ORAC, DPPH et ABTS, attribu\u00e9e principalement aux irido\u00efdes, aux flavono\u00efdes et \u00e0 la vitamine C. L&rsquo;activit\u00e9 de pi\u00e9geage des radicaux superoxydes est particuli\u00e8rement notable.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 analg\u00e9sique et anti-inflammatoire :<\/strong> Sur des mod\u00e8les murins (test du writhing, plaque chaude, \u0153d\u00e8me \u00e0 la carrag\u00e9nine), les extraits de fruit exercent une activit\u00e9 analg\u00e9sique et anti-inflammatoire dose-d\u00e9pendante, repr\u00e9sentant 75 % de l&rsquo;activit\u00e9 de la <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/morphine\/\">morphine<\/a> dans le test de la plaque chaude selon une \u00e9tude (Younos et al., 1990). La <strong>scopol\u00e9tine<\/strong> et les irido\u00efdes contribuent \u00e0 ces effets.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 hypotensive :<\/strong> La <strong>scopol\u00e9tine<\/strong>, pr\u00e9sente dans le fruit, exerce un effet vasodilatateur par stimulation de la production de NO endoth\u00e9lial. Un effet hypotenseur dose-d\u00e9pendant a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 chez le rat.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antibact\u00e9rienne :<\/strong> Des extraits de feuilles et de fruit inhibent la croissance de <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em>, <em>Pseudomonas aeruginosa<\/em> et <em>Bacillus subtilis<\/em> in vitro. L&rsquo;activit\u00e9 est attribu\u00e9e principalement aux anthraquinones et aux acides gras.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sur le noni sont relativement limit\u00e9es et de qualit\u00e9 m\u00e9thodologique variable :<\/p>\n<p><strong>Qualit\u00e9 de vie et antioxydant :<\/strong> Un essai ouvert multicentrique (Wang et al., 2009, <em>World Journal of Gastroenterology<\/em>) portant sur 120 sujets adultes consommant 30 \u00e0 750 ml de jus de noni par jour pendant 30 jours a rapport\u00e9 une am\u00e9lioration subjective de la qualit\u00e9 de vie (\u00e9nergie, douleurs, sommeil) et une augmentation des marqueurs antioxydants plasmatiques (SOD, catalase). L&rsquo;absence de groupe placebo limite la port\u00e9e de ces r\u00e9sultats.<\/p>\n<p><strong>Tabagisme et lipides :<\/strong> West et al. (2007, <em>Nutrition Journal<\/em>), dans un essai randomis\u00e9 contr\u00f4l\u00e9 portant sur 132 fumeurs adultes, ont montr\u00e9 qu&rsquo;une consommation de 30 ou 120 ml de jus de noni par jour pendant 30 jours r\u00e9duisait significativement les marqueurs de stress oxydatif (malondiald\u00e9hyde, produits avanc\u00e9s de glycation) sans effet significatif sur le profil lipidique.<\/p>\n<p><strong>Endurance physique :<\/strong> Un essai randomis\u00e9 en double aveugle (Langford et al., 2004) chez 40 sujets sains a montr\u00e9 une augmentation de 21 % du temps d&rsquo;exercice jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement apr\u00e8s 3 semaines de consommation de jus de noni (30 ml deux fois par jour) par rapport au placebo.<\/p>\n<p><strong>Arthrose :<\/strong> Un essai contr\u00f4l\u00e9 (Issell et al., 2009) chez des patients arthrosiques a montr\u00e9 une am\u00e9lioration de la douleur et de la mobilit\u00e9 articulaire apr\u00e8s 3 mois de consommation de jus de noni.<\/p>\n<p><strong>Cancer :<\/strong> Il n&rsquo;existe aucun essai clinique randomis\u00e9 d\u00e9montrant l&rsquo;efficacit\u00e9 du noni dans le traitement ou la pr\u00e9vention du cancer chez l&rsquo;homme. Les all\u00e9gations anticanc\u00e9reuses qui ont largement contribu\u00e9 \u00e0 la popularit\u00e9 du noni ne reposent que sur des donn\u00e9es in vitro et animales, insuffisantes pour conclure \u00e0 une activit\u00e9 clinique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Asp\u00e9ruloside, acide d\u00e9ac\u00e9tylasp\u00e9rulosidique<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoires, antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Damnacanthal, morindone<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthraquinones\/\">Anthraquinones<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants (pr\u00e9clinique)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>Immunomodulateurs (pr\u00e9clinique)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Jus de fruit pur :<\/strong> C&rsquo;est la forme la plus commercialis\u00e9e. Le jus est obtenu par pressage des fruits m\u00fbrs, \u00e9ventuellement apr\u00e8s une phase de fermentation naturelle. Il est g\u00e9n\u00e9ralement pasteuris\u00e9. La posologie commun\u00e9ment recommand\u00e9e est de 30 \u00e0 60 ml par jour, \u00e0 jeun, en une \u00e0 deux prises.<\/p>\n<p><strong>Jus de fruit reconstitu\u00e9 :<\/strong> Obtenu \u00e0 partir de concentr\u00e9 ou de poudre de fruit r\u00e9hydrat\u00e9e. La qualit\u00e9 et la teneur en principes actifs sont souvent inf\u00e9rieures \u00e0 celles du jus pur.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9lules de poudre de fruit :<\/strong> 500 mg \u00e0 1 g de poudre par g\u00e9lule, 2 \u00e0 4 g\u00e9lules par jour.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9 :<\/strong> Standardis\u00e9 sur la teneur en irido\u00efdes totaux ou en DAA. Posologie variable selon la concentration.<\/p>\n<p><strong>Applications topiques :<\/strong> Les feuilles fra\u00eeches sont appliqu\u00e9es directement en cataplasme. Des cr\u00e8mes et des lotions \u00e0 base d&rsquo;extraits de noni sont commercialis\u00e9es pour le soin de la peau.<\/p>\n<p><strong>Infusion de feuilles :<\/strong> 5 \u00e0 10 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es dans 250 ml d&rsquo;eau bouillante, infuser 10 \u00e0 15 minutes. Une \u00e0 deux tasses par jour.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> La DL50 du jus de noni par voie orale chez le rat est sup\u00e9rieure \u00e0 15 ml\/kg, indiquant une tr\u00e8s faible toxicit\u00e9 aigu\u00eb. Les \u00e9tudes de g\u00e9notoxicit\u00e9 (test d&rsquo;Ames, test du micronoyau) sont n\u00e9gatives pour le jus de fruit.<\/p>\n<p><strong>H\u00e9patotoxicit\u00e9 :<\/strong> C&rsquo;est le point de s\u00e9curit\u00e9 le plus pr\u00e9occupant. Depuis 2005, plusieurs cas d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 associ\u00e9s \u00e0 la consommation de jus de noni ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale (Millonig et al., 2005 ; Stadlbauer et al., 2005 ; Yu et al., 2011), incluant des h\u00e9patites aigu\u00ebs cytolytiques s\u00e9v\u00e8res, dont au moins un cas ayant n\u00e9cessit\u00e9 une transplantation h\u00e9patique. Les anthraquinones (en particulier celles provenant des racines et de l&rsquo;\u00e9corce potentiellement pr\u00e9sentes dans certaines pr\u00e9parations) sont suspect\u00e9es d&rsquo;\u00eatre les agents h\u00e9patotoxiques. Le m\u00e9canisme est probablement idiosyncrasique (d\u00e9pendant de la susceptibilit\u00e9 individuelle). L&rsquo;Autorit\u00e9 europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9 des aliments (EFSA) a \u00e9valu\u00e9 ces cas et conclu que le lien causal avec le jus de fruit pur restait incertain, mais a recommand\u00e9 la prudence chez les sujets ayant des ant\u00e9c\u00e9dents h\u00e9patiques.<\/p>\n<p><strong>Teneur en potassium :<\/strong> Le jus de noni est riche en potassium (environ 56 mEq\/litre, comparable au jus d&rsquo;orange). Les patients souffrant d&rsquo;insuffisance r\u00e9nale chronique ou prenant des m\u00e9dicaments hyperkali\u00e9miants (IEC, sartans, spironolactone) doivent en \u00eatre inform\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses :<\/strong> Le jus de noni peut inhiber le cytochrome CYP1A2, potentiellement modifiant le m\u00e9tabolisme de certains m\u00e9dicaments (th\u00e9ophylline, clozapine, fluvoxamine). L&rsquo;activit\u00e9 hypotensive potentielle pourrait s&rsquo;additionner \u00e0 celle des antihypertenseurs.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Grossesse et allaitement (absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 suffisantes), insuffisance h\u00e9patique, insuffisance r\u00e9nale chronique, hyperkali\u00e9mie.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le noni est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus polyvalentes des pharmacop\u00e9es tropicales, avec des usages document\u00e9s dans au moins 40 pays :<\/p>\n<p><strong>Polyn\u00e9sie :<\/strong> C&rsquo;est dans les \u00eeles du Pacifique que l&rsquo;usage du noni est le plus ancien et le plus diversifi\u00e9. Les Polyn\u00e9siens l&rsquo;utilisent depuis plus de 2 000 ans, consid\u00e9rant le fruit comme un aliment de survie et un rem\u00e8de universel. Les gu\u00e9risseurs traditionnels (tahua ra&rsquo;au) hawa\u00efens prescrivent le fruit pour le diab\u00e8te, l&rsquo;hypertension, les douleurs, les infections, les parasites intestinaux et les troubles menstruels. \u00c0 Hawa\u00ef, le nom noni est devenu synonyme de \u00ab plante qui gu\u00e9rit tout \u00bb. Les feuilles chauff\u00e9es sont appliqu\u00e9es sur les plaies, les br\u00fblures et les abc\u00e8s. Le jus de fruit ferment\u00e9 est consomm\u00e9 comme tonique g\u00e9n\u00e9ral et immunostimulant.<\/p>\n<p><strong>Ayurveda (Inde) :<\/strong> Sous le nom d&rsquo;Ashyuka ou Ach, le noni est mentionn\u00e9 dans les textes ayurv\u00e9diques comme anti-inflammatoire, analg\u00e9sique et tonique. Le fruit et les feuilles sont utilis\u00e9s pour les troubles digestifs, les douleurs articulaires et les affections cutan\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9decine traditionnelle chinoise :<\/strong> Connue sous le nom de Ba Ji Tian (bien que ce nom d\u00e9signe plus sp\u00e9cifiquement <em>Morinda officinalis<\/em>), la plante est utilis\u00e9e comme tonique r\u00e9nal et aphrodisiaque.<\/p>\n<p><strong>Cara\u00efbes et Am\u00e9rique centrale :<\/strong> Le fruit est utilis\u00e9 comme analg\u00e9sique (\u00ab pain killer \u00bb) et anti-inflammatoire dans les \u00eeles de la Cara\u00efbe. Au Suriname, les feuilles sont appliqu\u00e9es sur les plaies en cataplasme.<\/p>\n<p><strong>Usages tinctoriaux :<\/strong> L&rsquo;\u00e9corce de racine est une source traditionnelle de teinture jaune \u00e0 rouge (anthraquinones), utilis\u00e9e pour la coloration des tissus, en particulier le tapa (\u00e9toffe d&rsquo;\u00e9corce battue) polyn\u00e9sien.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et adult\u00e9rations<\/h3>\n<p>Le principal risque de confusion concerne d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre <em>Morinda<\/em> :<\/p>\n<p><em>Morinda officinalis<\/em> F.C. How (Ba Ji Tian), esp\u00e8ce chinoise dont les racines sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle chinoise comme tonique, est parfois confondue dans la litt\u00e9rature avec <em>M. citrifolia<\/em>. Leurs compositions chimiques et leurs indications diff\u00e8rent significativement. <em>Morinda tinctoria<\/em> Roxb. (syn. <em>M. pubescens<\/em> Sm.), esp\u00e8ce indienne, est parfois substitu\u00e9e dans le commerce.<\/p>\n<p>L&rsquo;adult\u00e9ration du jus de noni est un probl\u00e8me important : dilution par de l&rsquo;eau ou d&rsquo;autres jus de fruits (raisin, pomme), addition de sucre, reconstitution \u00e0 partir de concentr\u00e9, m\u00e9lange avec des jus de <em>Morinda<\/em> d&rsquo;autres esp\u00e8ces ou origines. Le dosage du DAA (acide d\u00e9ac\u00e9tylasp\u00e9rulosidique) par HPLC est le moyen le plus fiable de v\u00e9rifier l&rsquo;authenticit\u00e9 et la qualit\u00e9 du jus de <em>M. citrifolia<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Morinda citrifolia<\/em> est une plante aux propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques r\u00e9elles mais dont l&rsquo;image publique a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement d\u00e9form\u00e9e par un marketing agressif et des all\u00e9gations de sant\u00e9 non fond\u00e9es, en particulier dans le domaine du cancer. Les donn\u00e9es scientifiques actuelles soutiennent une activit\u00e9 immunomodulatrice, antioxydante, analg\u00e9sique et anti-inflammatoire mod\u00e9r\u00e9e, mais ne permettent pas de conclure \u00e0 une activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse clinique.<\/p>\n<p>Le jus de fruit, consomm\u00e9 \u00e0 des doses raisonnables (30 \u00e0 60 ml par jour), pr\u00e9sente un profil de s\u00e9curit\u00e9 globalement acceptable pour la population g\u00e9n\u00e9rale, mais les signaux de pharmacovigilance concernant l&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 imposent une surveillance chez les sujets vuln\u00e9rables. La teneur en potassium est un point d&rsquo;attention chez les insuffisants r\u00e9naux.<\/p>\n<p>L&rsquo;avenir de la recherche sur le noni devrait se concentrer sur l&rsquo;identification des principes actifs r\u00e9ellement responsables des effets observ\u00e9s (les irido\u00efdes \u00e9tant les candidats les plus cr\u00e9dibles, plut\u00f4t que la controvers\u00e9e \u00ab x\u00e9ronine \u00bb), sur la conduite d&rsquo;essais cliniques randomis\u00e9s de bonne qualit\u00e9 m\u00e9thodologique dans des indications cibl\u00e9es (douleur, inflammation, immunomodulation), et sur la standardisation des pr\u00e9parations commerciales.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Chan-Blanco Y. et al. (2006). The noni fruit (Morinda citrifolia L.): A review of agricultural research, nutritional and therapeutic properties. <em>Journal of Food Composition and Analysis<\/em>, 19(6-7), 645-654.<\/p>\n<p>Deng S. et al. (2010). Noni as an anxiolytic and sedative: a mechanism involving its gamma-aminobutyric acidergic effects. <em>Phytomedicine<\/em>, 17(7), 517-523.<\/p>\n<p>Heinicke R.M. (1985). The pharmacologically active ingredient of noni. <em>Pacific Tropical Botanical Garden Bulletin<\/em>, 15, 10-14.<\/p>\n<p>Langford J. et al. (2004). Effect of Tahitian Noni Juice on antioxidant capacity and lipid peroxidation in heavy smokers. <em>Chemistry Central Journal<\/em>, 1, 13.<\/p>\n<p>Millonig G. et al. (2005). Herbal hepatotoxicity: acute hepatitis caused by a Noni preparation (Morinda citrifolia). <em>European Journal of Gastroenterology &amp; Hepatology<\/em>, 17(4), 445-447.<\/p>\n<p>Pawlus A.D., Kinghorn A.D. (2007). Review of the ethnobotany, chemistry, biological activity and safety of the botanical dietary supplement Morinda citrifolia (noni). <em>Journal of Pharmacy and Pharmacology<\/em>, 59(12), 1587-1609.<\/p>\n<p>Wang M.Y. et al. (2002). Morinda citrifolia (noni): a literature review and recent advances in noni research. <em>Acta Pharmacologica Sinica<\/em>, 23(12), 1127-1141.<\/p>\n<p>West B.J. et al. (2007). Antioxidant, toxicity, and iridoid tests of processed Morinda citrifolia (noni) juice. <em>Nutrition Journal<\/em>, 6, 28.<\/p>\n<p>Younos C. et al. (1990). Analgesic and behavioural effects of Morinda citrifolia. <em>Planta Medica<\/em>, 56(5), 430-434.<\/p>\n<p>Zin Z.M. et al. (2002). Antioxidative activity of extracts from Mengkudu (Morinda citrifolia L.) root, fruit and leaf. <em>Food Chemistry<\/em>, 78(2), 227-231.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Immunomodulateur (preuves faibles)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Morinda citrifolia L. \u2014 Noni Le Morinda citrifolia L., commun\u00e9ment appel\u00e9 noni, pomme-chien ou fromager, est un arbre fruitier de la famille des Rubiac\u00e9es, originaire [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[93],"tags":[],"class_list":["post-9550","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-rubiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9550","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9550"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9550\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13450,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9550\/revisions\/13450"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9550"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9550"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9550"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}