{"id":9555,"date":"2026-04-25T20:40:03","date_gmt":"2026-04-25T18:40:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/pao-pereira\/"},"modified":"2026-06-24T16:56:26","modified_gmt":"2026-06-24T14:56:26","slug":"pao-pereira","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/pao-pereira\/","title":{"rendered":"PAO PEREIRA"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pau%20pereira.jpg\" alt=\"Planche botanique Pau pereira\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h1>Geissospermum vellosii (syn. G. laeve) \u2014 Pao Pereira<\/h1>\n<p>Le <em>Geissospermum vellosii<\/em> Allem\u00e3o (syn. <em>Geissospermum laeve<\/em> (Vell.) Miers), commun\u00e9ment appel\u00e9 pao pereira (litt\u00e9ralement \u00ab bois de poirier \u00bb en portugais br\u00e9silien), est un grand arbre de la famille des Apocynac\u00e9es, end\u00e9mique de la for\u00eat atlantique br\u00e9silienne. Son \u00e9corce, utilis\u00e9e depuis des si\u00e8cles par les populations indig\u00e8nes du Br\u00e9sil comme f\u00e9brifuge et tonique amer, a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat scientifique consid\u00e9rable depuis la d\u00e9couverte de la <strong>flavop\u00e9r\u00e9irine<\/strong>, un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> b\u00eata-carboline aux propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses document\u00e9es in vitro et in vivo. Les travaux du biologiste fran\u00e7ais Mirko Beljanski dans les ann\u00e9es 1980-1990, puis les recherches poursuivies par diverses \u00e9quipes internationales, ont positionn\u00e9 le pao pereira au c\u0153ur d&rsquo;un domaine de recherche actif mais controvers\u00e9, \u00e0 l&rsquo;interface entre phytoth\u00e9rapie traditionnelle et oncologie int\u00e9grative. La pr\u00e9sente monographie propose une analyse rigoureuse et \u00e9quilibr\u00e9e des donn\u00e9es disponibles.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Sous-r\u00e8gne :<\/strong> Tracheobionta<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Sous-classe :<\/strong> Asteridae<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Gentianales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Apocynaceae<br \/>\n<strong>Sous-famille :<\/strong> Rauvolfioideae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Geissospermum<\/em> Allem\u00e3o<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Geissospermum vellosii<\/em> Allem\u00e3o (1846)<\/p>\n<p>Le genre <em>Geissospermum<\/em> comprend environ 5 \u00e0 6 esp\u00e8ces d&rsquo;arbres, toutes n\u00e9otropicales, appartenant \u00e0 la sous-famille des Rauvolfioideae au sein des Apocynac\u00e9es. La nomenclature de l&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 confuse, les noms <em>G. vellosii<\/em> et <em>G. laeve<\/em> ayant \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s de mani\u00e8re interchangeable dans la litt\u00e9rature. Le nom actuellement accept\u00e9 est <em>Geissospermum laeve<\/em> (Vell.) Miers selon certaines flores de r\u00e9f\u00e9rence, mais <em>G. vellosii<\/em> reste largement utilis\u00e9 dans la litt\u00e9rature pharmacologique. Synonyme : <em>Tabernaemontana laevis<\/em> Vell.<\/p>\n<p>Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Geissospermum<\/em> d\u00e9rive du grec <em>geisson<\/em> (bord, rebord) et <em>sperma<\/em> (graine), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des graines. La famille des Apocynac\u00e9es (ordre des Gentianales, classification APG IV) est l&rsquo;une des familles les plus importantes pour la phytochimie et la pharmacologie, comprenant environ 5 000 esp\u00e8ces souvent riches en alcalo\u00efdes (genres <em>Catharanthus<\/em>, <em>Rauvolfia<\/em>, <em>Vinca<\/em>, <em>Strophanthus<\/em>).<\/p>\n<p>Les noms vernaculaires incluent : pao pereira, pau-pereira, pereiro (portugais br\u00e9silien), canudo amargoso, camar\u00e1-de-bilro. En fran\u00e7ais, le nom \u00ab pao pereira \u00bb est utilis\u00e9 tel quel.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Geissospermum vellosii<\/em> est un arbre de taille moyenne \u00e0 grande, sempervirent, pouvant atteindre 15 \u00e0 30 m\u00e8tres de hauteur pour un diam\u00e8tre de tronc de 30 \u00e0 60 cm.<\/p>\n<p><strong>Tronc et \u00e9corce :<\/strong> Le tronc est droit, cylindrique, souvent sans branches basses sur une grande longueur. L&rsquo;\u00e9corce est le caract\u00e8re le plus notable : \u00e9paisse (1 \u00e0 2 cm), rugueuse, profond\u00e9ment crevass\u00e9e longitudinalement, de couleur gris brun\u00e2tre \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, jaune vif \u00e0 orang\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur (face interne), extr\u00eamement am\u00e8re au go\u00fbt. Cette amertume intense est le caract\u00e8re organoleptique le plus frappant et le plus fiable pour l&rsquo;identification de la drogue. L&rsquo;\u00e9corce est la partie officinale principale.<\/p>\n<p><strong>Houppier :<\/strong> La couronne est dense, \u00e9tal\u00e9e, de forme arrondie \u00e0 irr\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> Les feuilles sont alternes (dispos\u00e9es en spirale), simples, enti\u00e8res, elliptiques \u00e0 oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 6 \u00e0 15 cm de long sur 2 \u00e0 5 cm de large, \u00e0 base cun\u00e9iforme, \u00e0 sommet aigu \u00e0 acumin\u00e9, \u00e0 marge enti\u00e8re et l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9volut\u00e9e. Le limbe est coriace, glabre, vert fonc\u00e9 luisant sur la face sup\u00e9rieure, vert p\u00e2le mat sur la face inf\u00e9rieure. La nervation est penn\u00e9e, avec 8 \u00e0 12 paires de nervures secondaires. Le p\u00e9tiole est court (5 \u00e0 10 mm). Les stipules sont absentes (caract\u00e8re typique des Apocynac\u00e9es).<\/p>\n<p><strong>Inflorescence et fleurs :<\/strong> Les fleurs sont dispos\u00e9es en cymes axillaires pauciflores. Elles sont petites (8 \u00e0 12 mm), actinomorphes, pentam\u00e8res, tubulaires, de couleur blanc cr\u00e8me \u00e0 jaune p\u00e2le, l\u00e9g\u00e8rement parfum\u00e9es. Le calice est compos\u00e9 de 5 s\u00e9pales libres, ovales, courts. La corolle est gamop\u00e9tale, en forme d&rsquo;entonnoir (hypocrat\u00e9riforme), \u00e0 tube cylindrique de 6 \u00e0 8 mm et \u00e0 5 lobes \u00e9tal\u00e9s, arrondis. L&rsquo;androc\u00e9e comprend 5 \u00e9tamines ins\u00e9r\u00e9es dans le tube de la corolle. Le gyn\u00e9c\u00e9e est constitu\u00e9 de 2 carpelles libres ou partiellement soud\u00e9s, sup\u00e8res, \u00e0 style unique et stigmate bilob\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> Le fruit est une baie ellipso\u00efde, de 2 \u00e0 4 cm de long, jaune orang\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9, charnue, contenant 1 \u00e0 2 graines. Les graines sont ovo\u00efdes, comprim\u00e9es, de 1,5 \u00e0 2 cm, entour\u00e9es d&rsquo;une pulpe mucilagineuse.<\/p>\n<p><strong>Bois :<\/strong> Le bois est dur, dense (densit\u00e9 0,75 \u00e0 0,85), de couleur jaune \u00e0 brun clair, avec un grain fin. Il est utilis\u00e9 en menuiserie fine et en \u00e9b\u00e9nisterie au Br\u00e9sil.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p><em>Geissospermum vellosii<\/em> est end\u00e9mique de la Mata Atl\u00e2ntica (for\u00eat atlantique) br\u00e9silienne, un des hotspots de biodiversit\u00e9 les plus menac\u00e9s au monde. Son aire de r\u00e9partition s&rsquo;\u00e9tend le long de la c\u00f4te atlantique du Br\u00e9sil, depuis l&rsquo;\u00e9tat de Bahia au nord jusqu&rsquo;au Rio Grande do Sul au sud, en passant par le Minas Gerais, l&rsquo;Esp\u00edrito Santo, le Rio de Janeiro, S\u00e3o Paulo, le Paran\u00e1 et Santa Catarina.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce pousse dans les for\u00eats sempervirentes de basse altitude (for\u00eat ombrophile dense), depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 800 m\u00e8tres d&rsquo;altitude. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols profonds, bien drain\u00e9s, fertiles, \u00e0 pH acide \u00e0 neutre (5,0 \u00e0 7,0), dans des zones recevant 1 200 \u00e0 2 500 mm de pr\u00e9cipitations annuelles, sans saison s\u00e8che marqu\u00e9e. Les temp\u00e9ratures optimales se situent entre 18 et 28 \u00b0C.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un arbre de l&rsquo;\u00e9tage dominant ou codominant de la for\u00eat mature, poussant dans la canop\u00e9e ou imm\u00e9diatement en dessous. Sa croissance est relativement lente, avec une production de bois de 2 \u00e0 4 m\u00e8tres cubes par hectare et par an dans les peuplements naturels.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et \u00e9cologie de l&rsquo;esp\u00e8ce<\/h3>\n<p><em>Geissospermum vellosii<\/em> est une esp\u00e8ce de la for\u00eat atlantique br\u00e9silienne, un biome qui a perdu plus de 85 % de sa couverture originelle en raison de l&rsquo;urbanisation, de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;\u00e9levage. Bien que l&rsquo;esp\u00e8ce ne soit pas formellement class\u00e9e comme menac\u00e9e sur la Liste rouge de l&rsquo;UICN (statut \u00ab Least Concern \u00bb dans certaines \u00e9valuations), ses populations sont fragment\u00e9es et en d\u00e9clin dans de nombreuses localit\u00e9s en raison de la d\u00e9forestation continue.<\/p>\n<p>La r\u00e9colte de l&rsquo;\u00e9corce peut \u00eatre destructrice si elle est pratiqu\u00e9e de mani\u00e8re intensive, car l&rsquo;arbre tol\u00e8re mal l&rsquo;\u00e9cor\u00e7age complet. Des m\u00e9thodes de r\u00e9colte durable, limitant l&rsquo;\u00e9cor\u00e7age \u00e0 des plaques partielles avec rotation, sont pr\u00e9conis\u00e9es. La culture de l&rsquo;esp\u00e8ce est techniquement possible mais peu pratiqu\u00e9e en raison de sa croissance lente.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p><strong>\u00c9corce (Pereirae Cortex) :<\/strong> C&rsquo;est la partie officinale principale. L&rsquo;\u00e9corce est r\u00e9colt\u00e9e sur les branches et le tronc d&rsquo;arbres matures, s\u00e9ch\u00e9e et r\u00e9duite en fragments ou en poudre. La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente sous forme de morceaux d&rsquo;\u00e9corce incurv\u00e9s (goutti\u00e8res) ou plats, de 2 \u00e0 10 mm d&rsquo;\u00e9paisseur, \u00e0 surface externe rugueuse et gris brun\u00e2tre, \u00e0 surface interne lisse et jaune orang\u00e9, \u00e0 cassure nette et fibreuse. L&rsquo;odeur est faible, l\u00e9g\u00e8rement terreuse. La saveur est intens\u00e9ment am\u00e8re, persistante, l&rsquo;une des plus am\u00e8res du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, due aux alcalo\u00efdes indoliques. Cette amertume a valu \u00e0 la plante son utilisation comme f\u00e9brifuge (amer tonique), dans une logique th\u00e9rapeutique similaire \u00e0 celle de la quinine.<\/p>\n<p><strong>Bois :<\/strong> Le bois (xyl\u00e8me) contient \u00e9galement des alcalo\u00efdes, mais en concentrations plus faibles que l&rsquo;\u00e9corce.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce de pao pereira \u00e9tait inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e br\u00e9silienne (\u00e9ditions anciennes) comme f\u00e9brifuge et tonique amer. Elle n&rsquo;est pas inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne ni \u00e0 la Pharmacop\u00e9e des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce de <em>Geissospermum vellosii<\/em> est riche en alcalo\u00efdes indoliques, classe chimique caract\u00e9ristique des Apocynac\u00e9es, avec plus de 20 alcalo\u00efdes identifi\u00e9s :<\/p>\n<p><strong>Alcalo\u00efdes b\u00eata-carbolines :<\/strong> La <strong>flavop\u00e9r\u00e9irine<\/strong> (3,4-dihydro-b\u00eata-carboline) est l&rsquo;alcalo\u00efde le plus \u00e9tudi\u00e9 et le principal marqueur pharmacologique. C&rsquo;est un alcalo\u00efde indolique de type b\u00eata-carboline, caract\u00e9ris\u00e9 par un syst\u00e8me tricyclique pyridino[3,4-b]indole. Sa concentration dans l&rsquo;\u00e9corce varie de 0,1 \u00e0 0,5 % de la masse s\u00e8che. Les propri\u00e9t\u00e9s de fluorescence jaune-vert intense de la flavop\u00e9r\u00e9irine (d&rsquo;o\u00f9 son nom, du latin <em>flavus<\/em>, jaune) en font un marqueur analytique commode. D&rsquo;autres b\u00eata-carbolines incluent la <strong>g\u00e9issospermine<\/strong> (alcalo\u00efde bisindolique majeur, 0,5 \u00e0 2 % de l&rsquo;\u00e9corce), la <strong>v\u00e9losine<\/strong>, la <strong>g\u00e9issoschizoline<\/strong> et la <strong>g\u00e9issospermidine<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Alcalo\u00efdes indolomonoterp\u00e9niques :<\/strong> La <strong>g\u00e9issospermine<\/strong> est un alcalo\u00efde bisindolique dim\u00e8re (compos\u00e9 de deux unit\u00e9s indoliques li\u00e9es) de haute masse mol\u00e9culaire. C&rsquo;est le compos\u00e9 quantitativement dominant de l&rsquo;\u00e9corce et le premier alcalo\u00efde isol\u00e9 de cette esp\u00e8ce (Hesse, 1880). La <strong>p\u00e9r\u00e9irine<\/strong>, la <strong>v\u00e9llosimine<\/strong> et la <strong>g\u00e9issov\u00e9lline<\/strong> sont d&rsquo;autres alcalo\u00efdes indolomonoterp\u00e9niques caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s :<\/strong> Des flavono\u00efdes (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol), des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) et des acides ph\u00e9noliques ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s en quantit\u00e9s mineures dans l&rsquo;\u00e9corce.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques du pao pereira, et en particulier de la <strong>flavop\u00e9r\u00e9irine<\/strong>, ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat croissant depuis les travaux pionniers de Mirko Beljanski :<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse :<\/strong> C&rsquo;est l&rsquo;activit\u00e9 la plus \u00e9tudi\u00e9e et la plus controvers\u00e9e. Les travaux de Beljanski (1986-1998) ont initialement montr\u00e9 que des extraits d&rsquo;\u00e9corce de pao pereira, enrichis en <strong>flavop\u00e9r\u00e9irine<\/strong>, inhibaient s\u00e9lectivement la r\u00e9plication de l&rsquo;ADN dans des cellules canc\u00e9reuses in vitro, en s&rsquo;intercalant pr\u00e9f\u00e9rentiellement dans les r\u00e9gions d&rsquo;ADN d\u00e9stabilis\u00e9es (r\u00e9gions riches en AT, fr\u00e9quentes dans les ADN viraux et certains oncog\u00e8nes). Des \u00e9tudes plus r\u00e9centes et ind\u00e9pendantes ont confirm\u00e9 et \u00e9tendu ces observations : Chang et al. (2010, <em>BMC Complementary and Alternative Medicine<\/em>) ont montr\u00e9 que l&rsquo;extrait PB-100 (extrait de pao pereira standardis\u00e9 en flavop\u00e9r\u00e9irine) inhibait la prolif\u00e9ration de lign\u00e9es cellulaires de cancer de la prostate (LNCaP, PC-3) de mani\u00e8re dose-d\u00e9pendante, avec une induction de l&rsquo;apoptose par voie mitochondriale (activation des caspases-3 et -9, lib\u00e9ration du cytochrome c). Dong et al. (2014, <em>Integrative Cancer Therapies<\/em>) ont rapport\u00e9 une activit\u00e9 cytotoxique in vitro contre des lign\u00e9es de cancer du pancr\u00e9as et de leuc\u00e9mie, ainsi qu&rsquo;une inhibition de la croissance tumorale in vivo chez la souris x\u00e9nogreff\u00e9e. L&rsquo;extrait sensibilisait les cellules canc\u00e9reuses \u00e0 la gemcitabine, sugg\u00e9rant un potentiel comme agent chimiosensibilisant.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antivirale :<\/strong> Beljanski et al. (1996) ont rapport\u00e9 une activit\u00e9 inhibitrice de l&rsquo;extrait de pao pereira sur la r\u00e9verse transcriptase du VIH-1. Des \u00e9tudes plus r\u00e9centes (Liang et al., 2012) ont montr\u00e9 une activit\u00e9 antivirale contre le virus de l&rsquo;herp\u00e8s simplex (HSV-1) in vitro. Les m\u00e9canismes pourraient impliquer l&rsquo;intercalation dans l&rsquo;ADN viral et l&rsquo;inhibition des ADN polym\u00e9rases virales.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> Des extraits d&rsquo;\u00e9corce inhibent la croissance de <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em>, <em>Candida albicans<\/em> et <em>Trypanosoma cruzi<\/em> (agent de la maladie de Chagas) in vitro. L&rsquo;activit\u00e9 anti-protozoaire est coh\u00e9rente avec l&rsquo;usage traditionnel comme f\u00e9brifuge antipaludique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antipaludique :<\/strong> La <strong>g\u00e9issospermine<\/strong> et d&rsquo;autres alcalo\u00efdes exercent une activit\u00e9 antiplasmodiale in vitro contre <em>Plasmodium falciparum<\/em>, avec des CI50 de l&rsquo;ordre du micromolaire, confirmant l&rsquo;usage traditionnel comme substitut de la quinine.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 am\u00e8re et tonique digestive :<\/strong> L&rsquo;amertume intense de l&rsquo;\u00e9corce stimule la s\u00e9cr\u00e9tion de salive, de suc gastrique et de bile, conform\u00e9ment au concept phytoth\u00e9rapeutique d&rsquo;amer tonique. Cette propri\u00e9t\u00e9 justifie l&rsquo;usage traditionnel comme tonique et ap\u00e9ritif.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sur le pao pereira sont limit\u00e9es et constituent le point le plus faible du dossier scientifique de cette plante :<\/p>\n<p><strong>Cancer de la prostate :<\/strong> Les travaux publi\u00e9s se limitent principalement \u00e0 des \u00e9tudes in vitro et in vivo (x\u00e9nogreffes murines). Il n&rsquo;existe \u00e0 ce jour aucun essai clinique randomis\u00e9, en double aveugle, contr\u00f4l\u00e9 par placebo, publi\u00e9 dans une revue \u00e0 comit\u00e9 de lecture, d\u00e9montrant l&rsquo;efficacit\u00e9 du pao pereira dans le traitement du cancer chez l&rsquo;homme.<\/p>\n<p><strong>Cancer du pancr\u00e9as :<\/strong> Dong et al. (2018, <em>Oncology Reports<\/em>) ont publi\u00e9 des r\u00e9sultats de recherche translationnelle montrant l&rsquo;activit\u00e9 d&rsquo;extraits de pao pereira sur des mod\u00e8les pr\u00e9cliniques de cancer pancr\u00e9atique, mais les donn\u00e9es restent au stade pr\u00e9clinique.<\/p>\n<p><strong>Rapports de cas et s\u00e9ries de cas :<\/strong> Des rapports de cas isol\u00e9s et des s\u00e9ries de cas non contr\u00f4l\u00e9es, principalement dans le cadre de la m\u00e9decine int\u00e9grative, ont rapport\u00e9 des r\u00e9sultats favorables (stabilisation tumorale, am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie) chez des patients canc\u00e9reux utilisant le pao pereira en compl\u00e9ment de leurs traitements conventionnels. Ces observations, bien qu&rsquo;int\u00e9ressantes, ne constituent pas un niveau de preuve suffisant pour conclure \u00e0 l&rsquo;efficacit\u00e9 anticanc\u00e9reuse clinique.<\/p>\n<p><strong>Usage f\u00e9brifuge :<\/strong> L&rsquo;utilisation historique comme f\u00e9brifuge (substitut de la quinine) au XIXe si\u00e8cle reposait sur des observations cliniques non contr\u00f4l\u00e9es, dans un contexte o\u00f9 les m\u00e9thodes d&rsquo;\u00e9valuation th\u00e9rapeutique \u00e9taient rudimentaires.<\/p>\n<p><strong>Perspectives de recherche :<\/strong> Des essais cliniques de phase I et II sont en cours ou planifi\u00e9s dans plusieurs institutions, principalement aux \u00c9tats-Unis et au Br\u00e9sil, pour \u00e9valuer la s\u00e9curit\u00e9 et l&rsquo;efficacit\u00e9 pr\u00e9liminaire du pao pereira dans les cancers de la prostate, du pancr\u00e9as et des leuc\u00e9mies. Ces essais sont attendus avec int\u00e9r\u00eat par la communaut\u00e9 scientifique.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavop\u00e9r\u00e9irine, g\u00e9issospermine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a> \u03b2-carbolines<\/td>\n<td>Amers, antiprolif\u00e9ratifs (pr\u00e9clinique)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>G\u00e9issoschizoline, p\u00e9r\u00e9irine<\/td>\n<td>Alcalo\u00efdes indolomonoterp\u00e9niques<\/td>\n<td>Constituants caract\u00e9ristiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Astringents<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Poudre d&rsquo;\u00e9corce :<\/strong> Forme traditionnelle. 1 \u00e0 3 g par jour en d\u00e9coction ou en g\u00e9lules.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec standardis\u00e9 (PB-100) :<\/strong> Extrait hydroalcoolique d&rsquo;\u00e9corce, standardis\u00e9 sur la teneur en <strong>flavop\u00e9r\u00e9irine<\/strong> (contenu variable selon les fabricants, g\u00e9n\u00e9ralement 0,5 \u00e0 5 %). Posologie : 500 mg \u00e0 2 g d&rsquo;extrait par jour, en 2 \u00e0 3 prises au cours des repas.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> Au 1\/5 dans l&rsquo;\u00e9thanol \u00e0 65 %, 20 \u00e0 40 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9lules :<\/strong> Contenant de la poudre d&rsquo;\u00e9corce ou de l&rsquo;extrait sec, dos\u00e9es de 250 \u00e0 500 mg. Posologie variable selon la concentration.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e de cure n&rsquo;est pas standardis\u00e9e. Dans le cadre de l&rsquo;oncologie int\u00e9grative, les protocoles rapport\u00e9s dans la litt\u00e9rature utilisent g\u00e9n\u00e9ralement des cures prolong\u00e9es (3 \u00e0 12 mois) sous surveillance m\u00e9dicale.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> La DL50 de la <strong>g\u00e9issospermine<\/strong> par voie intraveineuse chez la souris est de 10 mg\/kg, indiquant une toxicit\u00e9 aigu\u00eb mod\u00e9r\u00e9e pour cet alcalo\u00efde isol\u00e9. Par voie orale, la toxicit\u00e9 est nettement plus faible en raison d&rsquo;une biodisponibilit\u00e9 limit\u00e9e. La DL50 de l&rsquo;extrait total par voie orale chez le rat d\u00e9passe 2 g\/kg.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 subchronique :<\/strong> Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 \u00e0 90 jours chez le rat avec l&rsquo;extrait PB-100 (doses jusqu&rsquo;\u00e0 500 mg\/kg\/jour) n&rsquo;ont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de modifications toxicologiques significatives dans les param\u00e8tres h\u00e9matologiques, biochimiques ou histopathologiques.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables :<\/strong> Aux doses recommand\u00e9es, les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s sont rares et b\u00e9nins : amertume r\u00e9siduelle d\u00e9sagr\u00e9able, naus\u00e9es, inconfort gastrique. Des cas de vertiges et de somnolence ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s \u00e0 des doses \u00e9lev\u00e9es, possiblement li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 des b\u00eata-carbolines sur le syst\u00e8me nerveux central.<\/p>\n<p><strong>Pharmacologie de s\u00e9curit\u00e9 :<\/strong> La <strong>g\u00e9issospermine<\/strong>, \u00e0 fortes doses, poss\u00e8de une activit\u00e9 curarisante (blocage neuromusculaire) et hypotensive. Ces effets ne surviennent pas aux doses th\u00e9rapeutiques habituelles mais constituent un signal de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 surveiller.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses :<\/strong> Les alcalo\u00efdes b\u00eata-carbolines sont des inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO), th\u00e9oriquement susceptibles d&rsquo;interagir avec les aliments riches en tyramine et avec les m\u00e9dicaments s\u00e9rotoninergiques (ISRS, IRSNA, triptans) \u2014 risque th\u00e9orique de syndrome s\u00e9rotoninergique. Les interactions avec les chimioth\u00e9rapies anticanc\u00e9reuses ne sont pas suffisamment document\u00e9es. La prudence s&rsquo;impose en l&rsquo;absence de donn\u00e9es cliniques d&rsquo;interaction.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Grossesse et allaitement, d\u00e9pression trait\u00e9e par IMAO ou ISRS (pr\u00e9caution), insuffisance h\u00e9patique s\u00e9v\u00e8re, hypotension art\u00e9rielle s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p><strong>Br\u00e9sil :<\/strong> L&rsquo;usage de l&rsquo;\u00e9corce de pao pereira par les populations indig\u00e8nes du Br\u00e9sil est document\u00e9 depuis l&rsquo;\u00e9poque coloniale. Les Tupi-Guarani l&rsquo;utilisaient comme f\u00e9brifuge (contre les fi\u00e8vres palustres), tonique amer, vermifuge et aphrodisiaque. Au XIXe si\u00e8cle, l&rsquo;\u00e9corce a \u00e9t\u00e9 export\u00e9e vers l&rsquo;Europe sous le nom de \u00ab pereira bark \u00bb ou \u00ab cortex pereirao \u00bb comme succ\u00e9dan\u00e9 de la quinine dans le traitement du paludisme, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;approvisionnement en \u00e9corce de quinquina \u00e9tait al\u00e9atoire. Son usage comme f\u00e9brifuge a d\u00e9clin\u00e9 apr\u00e8s la synth\u00e8se de la chloroquine.<\/p>\n<p>Dans la m\u00e9decine populaire br\u00e9silienne contemporaine, l&rsquo;\u00e9corce est toujours utilis\u00e9e comme tonique amer, digestif et f\u00e9brifuge. Elle entre dans la composition de pr\u00e9parations am\u00e8res (amargos) traditionnelles.<\/p>\n<p><strong>Usage europ\u00e9en historique :<\/strong> L&rsquo;\u00e9corce de pao pereira figurait dans plusieurs pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes du XIXe si\u00e8cle (Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise, 1866 ; Codex fran\u00e7ais) comme f\u00e9brifuge et tonique amer. Elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e par des chimistes fran\u00e7ais et allemands d\u00e8s les ann\u00e9es 1860-1880, menant \u00e0 l&rsquo;isolement de la g\u00e9issospermine par Hesse en 1880.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions et adult\u00e9rations<\/h3>\n<p>Le principal risque de confusion concerne d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre <em>Geissospermum<\/em>, en particulier <em>G. argenteum<\/em> et <em>G. sericeum<\/em>, dont les \u00e9corces sont morphologiquement similaires mais pr\u00e9sentent des profils alcalo\u00efdiques diff\u00e9rents. <em>Aspidosperma<\/em> spp. (\u00e9galement Apocynac\u00e9es br\u00e9siliennes) produisent des \u00e9corces am\u00e8res parfois confondues avec le pao pereira dans le commerce.<\/p>\n<p>L&rsquo;identification fiable repose sur le profil alcalo\u00efdique par HPLC (pic caract\u00e9ristique de <strong>flavop\u00e9r\u00e9irine<\/strong> et de <strong>g\u00e9issospermine<\/strong>), le test de fluorescence (la flavop\u00e9r\u00e9irine produit une fluorescence jaune-vert intense sous UV \u00e0 365 nm), et l&rsquo;analyse microscopique de l&rsquo;\u00e9corce.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le pao pereira est une plante d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique ind\u00e9niable, dont le potentiel anticanc\u00e9reux est soutenu par des donn\u00e9es pr\u00e9cliniques de qualit\u00e9 croissante. La <strong>flavop\u00e9r\u00e9irine<\/strong>, alcalo\u00efde b\u00eata-carboline intercalant de l&rsquo;ADN, constitue un compos\u00e9 pharmacologiquement original, dont le m\u00e9canisme d&rsquo;action \u2014 inhibition s\u00e9lective de la r\u00e9plication de l&rsquo;ADN dans les cellules canc\u00e9reuses \u2014 est distinctif et int\u00e9ressant.<\/p>\n<p>Cependant, le passage du stade pr\u00e9clinique au stade clinique reste le d\u00e9fi majeur. L&rsquo;absence d&rsquo;essais cliniques randomis\u00e9s publi\u00e9s constitue une lacune importante qui emp\u00eache de formuler des recommandations th\u00e9rapeutiques \u00e9tay\u00e9es par les preuves. Il serait pr\u00e9matur\u00e9 et irresponsable de pr\u00e9senter le pao pereira comme un traitement anticanc\u00e9reux valid\u00e9.<\/p>\n<p>La plante m\u00e9rite n\u00e9anmoins une attention scientifique s\u00e9rieuse et des investissements dans la recherche clinique. Son profil de s\u00e9curit\u00e9 favorable aux doses habituelles, son usage traditionnel multis\u00e9culaire et les donn\u00e9es pr\u00e9cliniques convergentes justifient la poursuite des investigations, en particulier dans le cadre de l&rsquo;oncologie int\u00e9grative, en compl\u00e9ment (et non en remplacement) des traitements conventionnels.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Beljanski M., Beljanski M.S. (1986). Three alkaloids as selective destroyers of cancer cells in mice. Synergy with classic anticancer drugs. <em>Oncology<\/em>, 43(3), 198-203.<\/p>\n<p>Chang C.C. et al. (2010). Pao pereira extract suppresses castration-resistant prostate cancer cell growth, survival, and invasion through inhibition of NF\u03baB signaling. <em>Integrative Cancer Therapies<\/em>, 13(3), 249-258.<\/p>\n<p>Corr\u00eaa M.P. (1984). Dicion\u00e1rio das plantas \u00fateis do Brasil e das ex\u00f3ticas cultivadas. Vol. 5. Minist\u00e9rio da Agricultura, IBDF, Rio de Janeiro.<\/p>\n<p>Dong R. et al. (2014). Pao pereira extract attenuates the growth of human pancreatic cancer cells through targeting mTOR signaling. <em>Integrative Cancer Therapies<\/em>, 13(5), 447-456.<\/p>\n<p>Dong R. et al. (2018). Pao Pereira extract suppresses benign prostatic hyperplasia by inhibiting inflammation-associated NF\u03baB signaling. <em>Oncology Reports<\/em>, 39(4), 1901-1908.<\/p>\n<p>Hesse O. (1880). Ueber Geissospermin. <em>Berichte der Deutschen Chemischen Gesellschaft<\/em>, 13(2), 2308-2310.<\/p>\n<p>J\u00e1come R.L.R.P. et al. (2003). Estudo farmacogn\u00f3stico de Geissospermum laeve. <em>Revista Brasileira de Farmacognosia<\/em>, 13(supl.), 17-19.<\/p>\n<p>Liang W. et al. (2012). Antiviral effects of Pao pereira extract. <em>Retrovirology<\/em>, 9(Suppl 1), P19.<\/p>\n<p>Mbeunkui F. et al. (2013). In vitro and in vivo studies of the anti-prostate cancer activity of Pao pereira extract. <em>Cancer Research<\/em>, 73(8 Supplement), 3474.<\/p>\n<p>Raynaud J. et al. (1988). Flavop\u00e9r\u00e9irine et alcalo\u00efdes du Geissospermum vellosii. <em>Plantes M\u00e9dicinales et Phytoth\u00e9rapie<\/em>, 22(4), 252-258.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge \/ antipaludique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiprolif\u00e9ratif (pr\u00e9clinique)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique amer<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Geissospermum vellosii (syn. G. laeve) \u2014 Pao Pereira Le Geissospermum vellosii Allem\u00e3o (syn. Geissospermum laeve (Vell.) 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