
Le pin sylvestre, Pinus sylvestris L., est l’essence résineuse la plus largement distribuée de l’hémisphère boréal, couvrant un territoire immense depuis l’Écosse et la péninsule Ibérique jusqu’à la Mandchourie et l’Extrême-Orient russe, des plaines sablonneuses de la Baltique aux versants montagnards de la Méditerranée. Cette aire de répartition colossale — la plus vaste de tous les pins — témoigne d’une plasticité écologique exceptionnelle qui a permis à l’espèce de survivre aux glaciations quaternaires dans de multiples refuges et de recoloniser l’Europe dès le Tardiglaciaire. Arbre emblématique des forêts boréales et des landes acides, le pin sylvestre a profondément marqué les paysages forestiers français, des Vosges aux Causses, du Massif central aux Alpes du Sud, où il forme des peuplements purs ou mêlés d’une beauté austère.
En pharmacognosie, Pinus sylvestris offre une palette de drogues végétales d’intérêt majeur. Les bourgeons, inscrits à la Pharmacopée française, sont reconnus pour leurs propriétés expectorantes, balsamiques et antiseptiques respiratoires. L’huile essentielle, dominée par les monoterpènes α-pinène et β-pinène, constitue un pilier de l’aromathérapie respiratoire. La résine (gemme), source de térébenthine et de colophane, et le goudron de pin, obtenu par pyrolyse du bois, complètent cet arsenal thérapeutique exploité depuis l’Antiquité. La richesse en métabolites terpéniques de cette Pinacée en fait un modèle d’étude en phytochimie des conifères et un allié de première ligne dans la prise en charge des affections des voies respiratoires.
I. SYSTÉMATIQUE ET TAXONOMIE
Le pin sylvestre appartient à la famille des Pinacées (Pinaceae), ordre des Pinales, au sein du clade des Gymnospermes (Acrogymnospermes). Les Pinacées constituent la plus grande famille de conifères, avec environ 11 genres et 230 espèces réparties presque exclusivement dans l’hémisphère Nord.
A. Position systématique

Köhler’s Medizinal-Pflanzen, 1887
- Règne : Plantae
- Embranchement : Pinophyta (Gymnospermes)
- Classe : Pinopsida
- Ordre : Pinales
- Famille : Pinaceae Spreng. ex F.Rudolphi
- Genre : Pinus L., sous-genre Pinus, section Pinus, sous-section Pinus
- Espèce : Pinus sylvestris L. (1753)
B. Étymologie
Le nom de genre Pinus est directement hérité du latin classique désignant les pins et leur résine, peut-être apparenté au celtique pen (tête, sommet), en référence à la forme de la cime. L’épithète spécifique sylvestris signifie « des forêts, sauvage », du latin silva (forêt). Le nom vernaculaire français « pin sylvestre » est une traduction littérale. Il est également appelé « pin d’Écosse », « pin de Riga », « pin du Nord » ou « pin sauvage » selon les régions. En anglais : Scots pine ; en allemand : Waldkiefer ou Föhre ; en espagnol : pino silvestre ou pino albar ; en russe : сосна обыкновенная (sosna obyknovennaya).
C. Sous-espèces et variétés
La variabilité géographique considérable de l’espèce a conduit à la description de nombreuses sous-espèces et variétés, dont la validité taxonomique reste discutée :
- Pinus sylvestris subsp. sylvestris — forme typique, Europe occidentale et centrale
- Pinus sylvestris subsp. hamata (Steven) Fomin — Caucase, Anatolie, aiguilles plus courtes
- Pinus sylvestris var. mongolica Litv. — Sibérie orientale, Mongolie
- Pinus sylvestris var. nevadensis D.H.Christ — Sierra Nevada (Espagne), populations relictuelles
- Pinus sylvestris var. iberica Svoboda — péninsule Ibérique
Les études de génétique des populations utilisant des marqueurs microsatellites et chloroplastiques ont révélé une structuration géographique marquée, avec des lignées distinctes correspondant aux différents refuges glaciaires (ibérique, balkanique, pontique, orientale).
II. DESCRIPTION BOTANIQUE
A. Port et architecture
Pinus sylvestris est un arbre sempervirent de taille moyenne à grande, atteignant couramment 25 à 35 mètres de hauteur, exceptionnellement 45 mètres dans les conditions optimales de la Baltique et de Scandinavie, pour un diamètre de tronc de 60 à 100 cm. La longévité peut dépasser 500 ans, avec des individus exceptionnels documentés à plus de 700 ans en Laponie. Le modèle architectural correspond au modèle de Rauh. Le port varie considérablement avec l’âge et les conditions stationnelles : conique et régulier chez les jeunes sujets (croissance monopodiale avec des verticilles de branches nettement marqués), il devient progressivement asymétrique et irrégulier avec l’âge, la cime se dégarnissant par le bas pour former une couronne étalée, souvent tabulaire ou en parasol chez les vieux sujets isolés. L’écorce constitue un caractère diagnostique remarquable : épaisse, crevassée et brun-gris à brun-rougeâtre dans la partie inférieure du tronc, elle devient fine, lisse et d’un orange saumoné à ocre cuivré caractéristique dans la partie supérieure et sur les grosses branches, se desquamant en plaques papyracées.
B. Appareil végétatif
Tiges : Les rameaux de l’année sont glabres, d’abord vert-grisâtre puis brun-jaunâtre, portant des brachyblastes (rameaux courts) à l’aisselle de cataphylles caduques. Les bourgeons terminaux sont ovoïdes-coniques, aigus, longs de 6 à 12 mm, résineux, à écailles brun-rougeâtre apprimées, souvent soudées par la résine. Les canaux résinifères sont présents dans le bois, l’écorce et les feuilles, constituant un système sécréteur schizogène caractéristique des Pinacées.
Feuilles : Les feuilles sont des aiguilles aciculaires, groupées par 2 dans une gaine basale membraneuse persistante (brachyblaste bifasciculé), caractère distinctif du sous-genre Pinus. Les aiguilles sont semi-cylindriques en section (face adaxiale plate, face abaxiale convexe), longues de 3 à 7 cm (parfois jusqu’à 10 cm dans les provenances méridionales), larges de 1,5 à 2 mm, rigides, légèrement torsadées, à apex aigu mais non piquant, de couleur vert glauque à vert bleuté (due à une couche cireuse épicuticulaire). La surface porte des lignes de stomates répartis sur les deux faces. En coupe transversale, chaque aiguille présente 2 canaux résinifères marginaux (plus rarement médians), un faisceau vasculaire unique entouré d’un endoderme et d’un tissu de transfusion, et un hypoderme sclérenchymateux. La durée de vie des aiguilles est de 2 à 4 ans (parfois 5 dans les stations froides), la chute s’effectuant par abscission à la base de la gaine.
Racines : Le système racinaire est remarquablement adaptable. Sur sols profonds, un pivot vigoureux s’enfonce à plusieurs mètres, assurant un ancrage optimal. Sur sols superficiels, rocheux ou à nappe phréatique haute, les racines se développent en système traçant. Des racines sinkers (plongeantes) complètent l’architecture. L’association ectomycorhizienne est obligatoire et concerne un cortège fongique très diversifié comprenant de nombreuses espèces de Suillus (cèpes des pins), Rhizopogon, Lactarius (L. deliciosus, L. sanguifluus), Russula, Boletus, Cortinarius, Tricholoma (T. equestre, T. terreum) et Amanita (A. muscaria, symbiotique fréquent). Cette diversité mycorhizienne contribue à la nutrition minérale et à la tolérance au stress de l’arbre.
C. Appareil reproducteur
Cônes mâles : Les cônes mâles (microsporangiats) sont groupés en grappes denses à la base des pousses de l’année, ovoïdes, longs de 5 à 8 mm, jaune soufre à orangé. Chaque cône est formé de nombreuses microsporophylles (écailles polliniques) spiralées, portant chacune 2 sacs polliniques (microsporanges) sur leur face inférieure. Le pollen est bisaccate (muni de 2 ballonnets aérifères), de 50 à 75 μm, adapté à la dissémination anémophile sur de longues distances.
Cônes femelles : Les cônes femelles (mégasporangiats) sont portés isolément ou par groupes de 2-3 à l’extrémité des pousses de l’année, dressés lors de la pollinisation puis devenant pendants. Après fécondation et maturation (18 mois), le cône mûr est ovoïde-conique, long de 3 à 7 cm, large de 2 à 3,5 cm, brun-grisâtre à maturité, à écailles ligneuses portant un apophyse (écusson) rhomboïdale aplatie munie d’un petit mucron central (umbo). Les écailles s’écartent à maturité pour libérer les graines. Chaque écaille fertile porte 2 graines.
Graines : Les graines sont petites (3-5 mm), ovoïdes, gris-brunâtre à noirâtre, munies d’une aile membraneuse allongée (12-20 mm) facilitant la dissémination anémochore. Le poids de 1 000 graines est de 5 à 9 g. La germination est épigée.
Floraison et cycle reproductif : La pollinisation intervient en mai-juin. Le cycle de reproduction est de 2 ans : les cônes femelles pollinisés restent petits et verts la première année (conelet), la fécondation effective n’intervenant qu’au printemps suivant, et les graines mûrissent à l’automne de la deuxième année. Les cônes s’ouvrent et libèrent les graines de mars à mai de la troisième année, par temps sec et venteux.
D. Phénologie et biologie reproductive
Le pin sylvestre atteint sa maturité sexuelle vers 10 à 15 ans en peuplement ouvert, plus tard (20-30 ans) en peuplement dense. La production de graines est irrégulière, avec des années de fructification abondante tous les 3 à 6 ans. Le taux de germination est de 70 à 95 % pour des graines fraîches. La croissance juvénile est rapide (30-50 cm/an), ralentissant après 50-80 ans. L’espèce est pionnière et héliophile, colonisant activement les milieux ouverts (landes, friches, coupes forestières, dunes), où elle prépare la succession vers des peuplements de feuillus. La résistance au feu est modérée : l’écorce épaisse de la base du tronc protège le cambium des feux de faible intensité, mais la cime résineuse est très inflammable.
ÉCOLOGIE ET DISTRIBUTION
A. Habitat
Pinus sylvestris est une espèce à amplitude écologique remarquablement large. Héliophile strict, il tolère des sols très pauvres, acides (pH 4,0-6,5), sablonneux, caillouteux ou rocheux, où la concurrence des feuillus est réduite. Il supporte des conditions climatiques extrêmes : minima hivernaux de -50°C en Sibérie, étés continentaux chauds et secs, précipitations annuelles aussi faibles que 200 mm dans les steppes d’Asie centrale. Il se développe depuis le niveau de la mer (côtes baltiques, dunes de Gascogne) jusqu’à 2 400 mètres dans les Alpes et les Pyrénées, et 2 600 mètres dans le Caucase. Ses stations de prédilection sont les sols sablonneux acides, les plateaux calcaires arides, les tourbières (en stations marginales), les pentes rocheuses exposées, les landes et les dunes continentales.
B. Distribution géographique
L’aire de répartition de Pinus sylvestris est la plus vaste de tous les pins et l’une des plus étendues parmi les arbres forestiers. Elle s’étend d’ouest en est depuis l’Écosse, l’Espagne (Sierra de Guadarrama, Sierra Nevada) et la Scandinavie (jusqu’au 70e parallèle) à travers l’ensemble de l’Europe, la Russie, la Sibérie jusqu’à la côte pacifique (Okhotsk), la Mongolie et le nord-est de la Chine. Du nord au sud, elle couvre la taïga boréale, les forêts tempérées et les montagnes méditerranéennes.
En France, le pin sylvestre est présent sur l’ensemble du territoire à l’exception de la Bretagne occidentale et des plaines littorales atlantiques les plus humides. Il forme d’importants massifs :
- Massif central : forêts de Margeride, Aubrac, Causses, Cévennes, Livradois, où il constitue l’essence dominante des versants secs
- Alpes : étage montagnard et subalpin inférieur, des Préalpes calcaires aux vallées internes (Briançonnais, Queyras, Maurienne)
- Pyrénées : versants secs de l’étage montagnard, Cerdagne, Capcir
- Vosges : peuplements importants sur grès
- Bassin parisien : forêts sur sables (Fontainebleau, Sologne en mélange)
- Alpes du Sud et Provence : peuplements d’altitude sur substrats calcaires et marneux
C. Associations végétales
Le pin sylvestre participe à de nombreux groupements forestiers selon les régions et les altitudes. Dans les plaines sablonneuses du nord de l’Europe, il domine les pinèdes à Calluna vulgaris, Vaccinium myrtillus, V. vitis-idaea (Vaccinio-Pinetum). En montagne française, il forme des pinèdes sèches sur calcaire avec Buxus sempervirens, Amelanchier ovalis, Juniperus communis et un cortège d’orchidées (Erico-Pinetum sylvestris). Sur substrats acides, il s’associe à Pteridium aquilinum, Deschampsia flexuosa, Molinia caerulea. À l’étage subalpin, il cède progressivement la place à Pinus uncinata (pin à crochets) et à Larix decidua (mélèze). Les peuplements de pin sylvestre constituent une étape dynamique vers la forêt de feuillus (chênaie, hêtraie) dans de nombreuses stations, l’espèce étant progressivement éliminée par compétition pour la lumière.
III. PARTIES UTILISÉES
- Bourgeons de pin (Pini turiones ou Pini gemmae) : Inscrits à la Pharmacopée française. Récoltés au début du printemps (mars-avril), avant le débourrement, lorsqu’ils sont encore fermés et fortement résineux. Le séchage s’effectue à température ambiante ou à l’étuve à basse température (30-40°C maximum) pour préserver l’huile essentielle. La drogue sèche se présente sous forme de bourgeons ovoïdes-coniques, brun-rougeâtre, visqueux, agglomérés par la résine, à odeur balsamique intense et saveur résineuse amère.
- Huile essentielle de pin sylvestre (Pini sylvestris aetheroleum) : Inscrite à la Pharmacopée européenne. Obtenue par hydrodistillation des aiguilles et rameaux feuillus, avec un rendement de 0,2 à 0,5 %. L’huile est limpide, incolore à jaune pâle, à odeur fraîche, résineuse et boisée.
- Térébenthine (Terebinthina) : Oléorésine obtenue par gemmage (incision de l’écorce). Après distillation, elle fournit l’essence de térébenthine (fraction volatile) et la colophane (résidu solide).
- Goudron de pin (Pix liquida) : Obtenu par pyrolyse lente du bois de pin en meule ou en four. Inscrit à la Pharmacopée européenne. Liquide visqueux, brun-noir, à odeur empyreumatique caractéristique.
IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOLÉCULAIRE
Le profil phytochimique de Pinus sylvestris est dominé par les terpénoïdes, en cohérence avec sa nature de conifère, mais comprend également des composés phénoliques et des acides organiques d’intérêt.
A. Monoterpènes et sesquiterpènes (huile essentielle)
L’huile essentielle des aiguilles et bourgeons est dominée par des monoterpènes hydrocarbonés (70-95 % de la composition totale) :
- α-Pinène (25-50 %) — monoterpène bicyclique, composé majoritaire, responsable de l’odeur caractéristique « pin »
- β-Pinène (5-20 %)
- Δ3-Carène (5-30 %, très variable selon les chémotypes et provenances)
- Limonène (3-15 %)
- β-Myrcène (1-8 %)
- β-Phellandrène (1-5 %)
- Camphène (1-5 %)
- Terpinolène (1-5 %)
- Sabinène (traces à 3 %)
Les monoterpènes oxygénés sont minoritaires : acétate de bornyle (1-5 %), bornéol, terpinéol-4, α-terpinéol. La fraction sesquiterpénique comprend le β-caryophyllène, le germacrène D, le cadinène et l’α-humulène, en proportions mineures (1-5 % au total).
La composition de l’huile essentielle varie considérablement selon la provenance géographique, l’organe distillé, la saison de récolte et le chémotype. Des chémotypes à dominante α-pinène, Δ3-carène ou β-phellandrène ont été identifiés en Europe.
B. Diterpènes et acides résiniques
La résine (oléorésine, térébenthine) contient une fraction diterpénique majeure constituée d’acides résiniques : acide abiétique (composé principal), acide déhydroabiétique, acide palustrique, acide néoabiétique, acide pimarique, acide isopimarique, acide lévopimarique et acide sandaracopimarique. Ces acides diterpéniques constituent la colophane après distillation de la térébenthine. On identifie également des diterpènes neutres : pimaradiènes, abiétadiénal et des alcools diterpéniques.
C. Composés phénoliques
L’écorce de pin sylvestre est une source importante de proanthocyanidines oligomères (OPC), structuralement proches de celles du pin maritime (Pinus pinaster). Les monomères constitutifs sont principalement la catéchine et l’épicatéchine, liés par des liaisons C4-C8 et C4-C6 (proanthocyanidines de type B). On identifie également des stilbènes, notamment le pinosylvine et le pinosylvine monométhyl éther, composés fongitoxiques caractéristiques du duramen de pin. Les aiguilles contiennent des flavonoïdes : hétérosides de quercétine, de kaempférol et de myricétine, ainsi que des acides phénoliques (acide caféique, acide férulique, acide p-coumarique).
D. Goudron de pin
Le goudron de pin est un mélange complexe de centaines de composés issus de la pyrolyse, comprenant principalement des phénols (gaïacol, créosol, 4-méthylgaïacol, eugénol), des acides organiques (acide acétique, acide formique), du résorcinol, du rétène (hydrocarbure aromatique polycyclique d’origine diterpénique) et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) en teneurs variables, dont la présence soulève des questions toxicologiques.
V. MÉCANISMES PHARMACODYNAMIQUES
A. Action expectorante et mucolytique
Les monoterpènes de l’huile essentielle, en particulier l’α-pinène, le limonène et le 1,8-cinéole (présent en traces), exercent une action expectorante par un double mécanisme. Par voie réflexe gastro-pulmonaire, ils stimulent les récepteurs de la muqueuse gastrique, provoquant par voie vagale une augmentation de la sécrétion du mucus bronchique (effet expectorant sécrétolytique). Par voie directe, après absorption et élimination partielle par voie pulmonaire, les monoterpènes stimulent l’activité des cellules ciliées de l’épithélium bronchique (augmentation de la fréquence du battement ciliaire) et modifient les propriétés rhéologiques du mucus en réduisant sa viscosité par dépolymérisation des mucines. L’α-pinène active les récepteurs TRPA1 des neurones sensoriels des voies aériennes, déclenchant un réflexe de toux productif facilitant l’expectoration.
B. Action antiseptique respiratoire
L’α-pinène et le β-pinène possèdent une activité antimicrobienne documentée in vitro contre les pathogènes respiratoires courants : Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Staphylococcus aureus, Moraxella catarrhalis, avec des CMI de l’ordre de 0,5 à 4 mg/mL. Le mécanisme implique une perturbation de l’intégrité membranaire bactérienne par insertion des monoterpènes lipophiles dans la bicouche phospholipidique, provoquant une augmentation de la perméabilité, une fuite d’ions K+ et de contenu cytoplasmique, et une dépolarisation membranaire. L’α-pinène possède également une activité antifongique contre Candida albicans et une activité antivirale modérée documentée contre certains virus respiratoires enveloppés, par interférence avec la fusion de l’enveloppe virale.
C. Action anti-inflammatoire
L’α-pinène inhibe la voie NF-κB dans les macrophages alvéolaires stimulés, réduisant la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-α, IL-1β, IL-6) et de médiateurs lipidiques (PGE2, LTB4) par inhibition de la COX-2 et de la 5-lipoxygénase. In vivo, dans des modèles d’inflammation pulmonaire chez le rongeur, l’inhalation d’α-pinène réduit significativement l’infiltration leucocytaire dans le lavage bronchoalvéolaire et l’œdème pulmonaire. Le β-caryophyllène, sesquiterpène minoritaire de l’huile essentielle, agit comme agoniste sélectif du récepteur cannabinoïde CB2, contribuant à un effet anti-inflammatoire et analgésique sans effet psychotrope. Les proanthocyanidines de l’écorce inhibent la libération d’histamine par les mastocytes et réduisent la perméabilité vasculaire.
D. Action rubéfiante et antalgique locale
En application locale, l’huile essentielle et la térébenthine provoquent une vasodilatation cutanée réflexe (effet rubéfiant) par stimulation des thermorécepteurs TRPV1 et TRPA1 des terminaisons nociceptives. Cette hyperhémie locale améliore la perfusion tissulaire et accélère la résorption des exsudats inflammatoires. L’effet contre-irritant (révulsion) résulte de la stimulation des afférences sensorielles cutanées qui, par un mécanisme de contrôle inhibiteur descendant (gate control et modulation spinale), atténuent la perception de la douleur profonde (myalgies, arthralgies).
E. Activité antioxydante
Les proanthocyanidines de l’écorce exercent une puissante activité antioxydante par piégeage direct des radicaux libres (pouvoir ORAC 20 fois supérieur à celui de la vitamine C), inhibition de la peroxydation lipidique, chélation des métaux de transition et activation de la voie Nrf2/ARE induisant les enzymes antioxydantes endogènes. Cette activité est partagée avec les stilbènes (pinosylvine) et les flavonoïdes foliaires.
VI. DONNÉES CLINIQUES
A. Essais cliniques
Les données cliniques spécifiques à Pinus sylvestris sont relativement limitées, l’essentiel de la recherche clinique sur les pins ayant porté sur l’extrait d’écorce de pin maritime (Pinus pinaster, Pycnogenol). Néanmoins, plusieurs études méritent d’être mentionnées :
Des essais cliniques ouverts ont évalué l’efficacité de l’inhalation d’huile essentielle de pin sylvestre (3-5 gouttes en inhalation humide, 2-3 fois/jour) dans le traitement symptomatique des infections respiratoires hautes (rhinite, sinusite, bronchite aiguë), rapportant une amélioration subjective de l’obstruction nasale, de la toux et de l’expectoration chez 70-80 % des patients (Juergens, 2014).
Des études cliniques sur des préparations combinées (bourgeons de pin + thym + eucalyptus) ont montré une réduction significative de la durée et de la sévérité des symptômes de bronchite aiguë par rapport au placebo, mais l’attribution de l’effet au pin seul est impossible dans ce contexte.
L’application topique de goudron de pin en association avec des corticoïdes dans le psoriasis a fait l’objet de plusieurs études, montrant une efficacité modeste mais réelle dans la réduction de l’épaisseur des plaques et du prurit, confirmant l’usage dermatologique ancien.
B. Tradition d’usage
L’usage traditionnel des bourgeons de pin en infusion est reconnu par la Pharmacopée française et par la note explicative de l’Agence du médicament (1998) pour le traitement des « affections bronchiques aiguës bénignes ». L’ESCOP reconnaît l’usage de l’huile essentielle de Pinus spp. par voie inhalée et en application locale pour les affections catarrhales des voies respiratoires et les douleurs rhumatismales. Une monographie européenne existe pour Pini sylvestris aetheroleum reconnaissant un usage traditionnel bien établi pour le soulagement de la toux liée aux refroidissements et pour les douleurs musculaires et articulaires mineures en application locale.
VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOSÉS
| Composé | Classe | Action principale |
|---|---|---|
| Huile essentielle (α- et β-pinène, limonène) | Monoterpènes | Expectorante, antiseptique respiratoire |
| Acétate de bornyle | Ester terpénique | Balsamique |
| Proanthocyanidines, résines | Polyphénols / résines | Antioxydants |
VIII. FORMES GALÉNIQUES
A. Infusion de bourgeons
Verser 200 mL d’eau (départ à froid) sur 2 à 3 g de bourgeons de pin secs grossièrement concassés. Couvrir et laisser infuser 15 minutes. Filtrer. Posologie : 2 à 3 tasses par jour. Le goût est fortement résineux et balsamique, pouvant être adouci par du miel.
B. Sirop de bourgeons
Préparer une infusion concentrée (50 g de bourgeons pour 500 mL d’eau, infusion 30 minutes), filtrer et ajouter 900 g de sucre. Chauffer à feu doux jusqu’à dissolution complète. Posologie : 3 à 4 cuillères à soupe par jour pour l’adulte, 2 à 3 cuillères à café pour l’enfant de plus de 6 ans.
C. Huile essentielle
L’huile essentielle de Pinus sylvestris s’utilise selon plusieurs voies :
- Inhalation sèche : 2-3 gouttes sur un mouchoir ou un diffuseur personnel, 3-4 fois par jour
- Inhalation humide : 3-5 gouttes dans un bol d’eau chaude (non bouillante), inhaler sous une serviette pendant 10 minutes, 2-3 fois par jour
- Diffusion atmosphérique : 5-10 gouttes dans un diffuseur ultrasonique, 30 minutes, 2-3 fois par jour
- Voie cutanée : 3-5 gouttes diluées dans 1 cuillère à soupe d’huile végétale (10-15 %), en friction thoracique pour les affections respiratoires, ou en massage des zones douloureuses pour les douleurs musculaires et articulaires
- Bain aromatique : 5-10 gouttes dispersées dans un dispersant (base neutre, lait entier, sel de bain) avant ajout à l’eau du bain
D. Térébenthine et essence de térébenthine
L’essence de térébenthine rectifiée est utilisée en application externe (frictions rubéfiantes) diluée à 10-20 % dans une huile végétale. Usage réservé à l’adulte. Les préparations à base de térébenthine entrent dans la composition de nombreuses spécialités OTC pour frictions pectorales et bains balsamiques.
E. Goudron de pin
Utilisé en dermatologie sous forme de pommades (1-5 %), shampoings (2-10 %) et solutions pour bains (5-10 mL par bain). Indications : psoriasis, eczéma chronique, dermite séborrhéique du cuir chevelu. L’usage est aujourd’hui limité en raison de la présence d’HAP.
F. Gemmothérapie
Macérat glycériné de bourgeons frais au 1/20 (eau-alcool-glycérine). Posologie : 5 à 15 gouttes par jour, pouvant être augmentée progressivement jusqu’à 30 gouttes. Indications : sphère ostéoarticulaire, reminéralisation, soutien respiratoire.
IX. TOXICOLOGIE
A. Toxicité aiguë
L’huile essentielle de pin sylvestre présente une toxicité aiguë modérée. La DL50 orale chez le rat est supérieure à 5 g/kg pour l’huile essentielle totale. L’α-pinène isolé a une DL50 orale de 3,7 g/kg (rat) et une DL50 dermique supérieure à 5 g/kg (lapin). En cas d’ingestion accidentelle de quantités importantes d’huile essentielle, les symptômes incluent des irritations gastro-intestinales (nausées, vomissements, douleurs abdominales), une néphrite tubulaire (élimination rénale des terpènes oxydés), et, dans les cas graves, des troubles neurologiques (agitation, convulsions, coma). L’essence de térébenthine est plus toxique (DL50 orale 5,76 g/kg, rat).
B. Contre-indications
- Asthme et hyperréactivité bronchique (risque de bronchospasme paradoxal par inhalation d’huile essentielle concentrée)
- Enfants de moins de 6 ans (risque de spasme laryngé pour les formes par inhalation et d’application cutanée sur le visage)
- Nourrissons : application nasale ou périnasale strictement contre-indiquée (risque de spasme glottique réflexe potentiellement fatal)
- Grossesse et allaitement (par précaution)
- Insuffisance rénale (néphrotoxicité potentielle des terpènes à forte dose)
- Lésions cutanées étendues ou peau irritée (application topique)
- Coqueluche (contre-indication des inhalations balsamiques)
C. Effets indésirables
L’huile essentielle peut provoquer des irritations cutanées (dermatite de contact irritative ou allergique), surtout si elle est oxydée (les peroxydes de terpènes formés par autoxydation sont de puissants sensibilisants). Les inhalations prolongées ou à forte concentration peuvent entraîner des céphalées, des vertiges et des nausées. Le goudron de pin contient des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP, notamment benzo[a]pyrène) classés cancérogènes, ce qui a conduit à restreindre son usage et à exiger des goudrons déphénolés ou déterpénés pour les préparations pharmaceutiques.
D. Interactions médicamenteuses
Pas d’interaction médicamenteuse cliniquement significative documentée pour l’huile essentielle aux doses thérapeutiques. L’application concomitante avec des médicaments topiques peut modifier leur absorption percutanée (effet d’enhancement des terpènes sur la perméabilité cutanée). L’inhalation concomitante avec d’autres huiles essentielles à monoterpènes (eucalyptus, ravintsara) est additive mais ne présente pas de risque particulier aux doses recommandées.
X. USAGES HISTORIQUES
A. Usage culinaire
Les graines de pin (pignons) ne sont pas récoltées sur Pinus sylvestris en raison de leur petite taille, à la différence de P. pinea (pin parasol). Cependant, d’autres parties du pin sylvestre connaissent des usages alimentaires traditionnels. Les jeunes pousses printanières sont utilisées pour préparer un sirop de bourgeon de pin, boisson populaire en Europe centrale et nordique, obtenue par macération dans le sucre. En Scandinavie et en Russie, l’écorce interne (phloème secondaire) a été historiquement consommée comme aliment de survie, séchée et réduite en farine (pettu en finnois), riche en glucides et en fibres. Les aiguilles fraîches peuvent être infusées pour préparer une tisane riche en vitamine C (200-300 mg/100 g de matière fraîche), usage qui a permis de prévenir le scorbut dans les expéditions nordiques et chez les peuples autochtones d’Amérique du Nord (avec d’autres espèces de Pinus). La résine était autrefois utilisée pour aromatiser certaines bières traditionnelles scandinaves.
B. Traditions populaires et ethnobotaniques
Le pin sylvestre occupe une place majeure dans les traditions européennes. Symbole d’immortalité et de renaissance dans la mythologie gréco-romaine (mythe d’Attis et Cybèle), il est associé aux cultes solaires et aux rituels de purification dans les traditions germaniques et celtiques. Le « mai » de pin, arbre décoré planté lors des fêtes villageoises, perpétue ces traditions en France méridionale et en Europe centrale.
En médecine populaire, les bourgeons de pin en infusion sucrée au miel étaient le remède domestique universel contre les refroidissements, les bronchites et les toux hivernales dans toute la France rurale. Les bains de vapeur à base de branches de pin étaient pratiqués dans les saunas finlandais (sauna au vihta de bouleau et pin) et les bains slaves. La térébenthine servait d’onguent rubéfiant pour les douleurs musculaires, les rhumatismes et les entorses, mélangée à du suif ou de la cire. Le goudron de pin (pix liquida) était un produit essentiel de l’économie forestière nordique, utilisé pour calfater les navires, imperméabiliser les cordages, traiter les affections cutanées des animaux domestiques (gale, plaies), et comme antiseptique pulmonaire en fumigation. La récolte de résine (gemmage) a constitué une activité économique majeure dans les Landes de Gascogne du XVIIIe au XXe siècle, principalement sur Pinus pinaster mais aussi sur P. sylvestris dans d’autres régions.
INTÉRÊT ÉCOLOGIQUE
Le pin sylvestre joue un rôle écologique considérable dans les écosystèmes forestiers de l’hémisphère Nord. Espèce pionnière par excellence, il colonise les milieux ouverts perturbés (coupes, incendies, friches agricoles, dunes), initiant la succession forestière et préparant l’installation ultérieure d’espèces plus exigeantes (chênes, hêtres). Cette capacité de colonisation repose sur sa production abondante de graines légères anémochores, sa tolérance aux sols pauvres et acides, et son association mycorhizienne précoce et diversifiée.
Les pinèdes sylvestres abritent une biodiversité spécifique importante. Le cortège fongique ectomycorhizien est parmi les plus riches de toutes les essences forestières européennes, comprenant de nombreuses espèces de bolets, lactaires, russules et cortinaires. Les peuplements de pin sylvestre constituent l’habitat essentiel de plusieurs espèces d’oiseaux forestiers en France : le bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra), dont le bec est adapté à l’extraction des graines des cônes, le pic noir (Dryocopus martius), la mésange huppée (Lophophanes cristatus), la mésange noire (Periparus ater) et le roitelet huppé (Regulus regulus). L’écureuil roux (Sciurus vulgaris) consomme les graines et contribue à la dispersion secondaire. Les chenilles processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa), bien que nuisibles, font partie de la chaîne alimentaire (prédation par la huppe fasciée et les coucous).
Dans le contexte du changement climatique, le pin sylvestre est considéré comme une espèce vulnérable dans la partie méridionale de son aire (sud de la France, Espagne), où l’augmentation des sécheresses estivales et des vagues de chaleur entraîne des phénomènes de dépérissement massif documentés depuis les années 2000. En revanche, l’espèce progresse naturellement en altitude et vers le nord, colonisant les étages supérieurs libérés par le recul des neiges.
CONFUSIONS POSSIBLES
La confusion entre espèces de pins est fréquente pour le néophyte, les caractères distinctifs résidant dans des détails morphologiques précis :
- Pinus uncinata Ramond ex DC. (pin à crochets) : Espèce vicariante d’altitude (subalpin, 1 400-2 700 m). Aiguilles groupées par 2, plus courtes (3-5 cm), vert foncé, non glauques. Cônes plus petits (4-6 cm), à écailles munies d’un crochet recourbé très caractéristique (apophyse en crochet), caractère diagnostique absolu. Écorce uniformément gris foncé, non orangée en partie haute.
- Pinus nigra Arnold (pin noir) : Aiguilles groupées par 2, nettement plus longues (8-16 cm), rigides, vert foncé non glauque, piquantes. Écorce épaisse, profondément crevassée, uniformément gris noirâtre (pas de partie orangée). Cônes plus grands (5-10 cm), à écailles à apophyse aplatie avec umbo central mucroné. Trois sous-espèces en France : subsp. salzmannii (Cévennes, Pyrénées), subsp. nigra (naturalisé), subsp. laricio (Corse).
- Pinus pinaster Aiton (pin maritime) : Aiguilles groupées par 2, très longues (12-25 cm), épaisses, rigides, vert vif. Cônes très grands (10-18 cm), vernissés, persistant longtemps sur l’arbre. Écorce épaisse, profondément crevassée, brun-rougeâtre. Espèce atlantique et méditerranéenne de plaine.
- Pinus mugo Turra (pin mugho) : Arbuste ou petit arbre prostré de l’étage subalpin. Aiguilles courtes (3-5 cm), groupées par 2, vert foncé. Cônes petits (2-5 cm), à apophyse à umbo central. L’huile essentielle de P. mugo (pumilione) a des usages similaires en aromathérapie mais une composition légèrement différente.
- Picea abies (L.) H.Karst. (épicéa commun) : Confusion possible pour le néophyte. Se distingue immédiatement par ses aiguilles solitaires (non groupées par 2), disposées en brosse autour du rameau, et ses cônes pendants, cylindriques, longs de 10-18 cm. Famille des Pinacées mais genre distinct.
XI. SYNTHÈSE PHARMACOGNOSIQUE
Pinus sylvestris L. constitue une drogue végétale polyvalente dont l’intérêt pharmacognosique repose principalement sur sa richesse en monoterpènes, en proanthocyanidines et en acides résiniques. Les bourgeons et l’huile essentielle forment le socle de la thérapeutique traditionnelle par le pin, solidement ancrée dans la tradition populaire européenne et validée par les monographies institutionnelles (Pharmacopée française, Pharmacopée européenne, ESCOP).
L’huile essentielle, dominée par l’α-pinène, exerce une action triple sur la sphère respiratoire : expectorante (par stimulation réflexe et directe de la clairance mucociliaire), antiseptique (par perturbation des membranes microbiennes) et anti-inflammatoire (par inhibition de la voie NF-κB et de la cascade arachidonique). Ces propriétés en font un outil thérapeutique de première intention dans les affections catarrhales des voies aériennes supérieures et inférieures, en inhalation ou en friction thoracique.
Les proanthocyanidines de l’écorce, bien que moins exploitées que celles du pin maritime, représentent un potentiel antioxydant et vasculoprotecteur considérable. Le goudron de pin, malgré les réserves toxicologiques liées à sa teneur en HAP, conserve une place en dermatologie pour le psoriasis et les dermatoses chroniques, sous réserve d’une utilisation encadrée de produits déphénolés.
L’avenir pharmacognosique du pin sylvestre se situe à la convergence de l’aromathérapie clinique (développement de protocoles standardisés d’inhalation), de la nutraceutique (extraits d’écorce riches en OPC) et de la chimie verte (valorisation des résines et de la biomasse de pin pour la production de terpènes biosourcés à usage pharmaceutique et industriel).
GEMMOTHÉRAPIE
Partie utilisée : bourgeons — Pinus sylvestris
Forme : Macérat glycériné 1DH
Indications
- arthrose
- ostéoporose
- reminéralisation
- douleurs articulaires chroniques
- rachitisme
Propriétés principales
- reminéralisant
- stimulant ostéoblastique
- anti-arthrosique
- régénérant du cartilage
Posologie
- Adulte : 5 à 15 gouttes par jour, en dehors des repas, pures ou dans un peu d'eau
- Enfant : 1 goutte par année d'âge, par jour
- Durée : 3 semaines, pause 1 semaine, cure de 3 mois possible
Associations fréquentes
- Bouleau verruqueux (arthrose)
- Cassis (inflammation articulaire)
- Sapin blanc (croissance enfant)
Précautions : Aucune connue aux doses recommandées
AROMATHÉRAPIE
Partie distillée : aiguilles — distillation à la vapeur d'eau
Chémotypes
CT α-pinène — α-pinène (30-50%)
Autres composants : β-pinène (5-15%), limonène (5-15%), δ-3-carène (5-15%), acétate de bornyle (2-8%)
HE riche en monoterpènes stimulants. L'α-pinène est un puissant antiseptique respiratoire et un cortison-like (stimulant des corticosurrénales). Bonne tolérance générale.
Voies d’administration
Voie cutanée : 20-30% dans une huile végétale
Posologie : 3 à 4 applications par jour en friction sur le thorax, les surrénales (bas du dos) ou les articulations
Indication : Bronchite, sinusite, fatigue profonde, douleurs articulaires
Voie diffusion : 5 à 10 gouttes
Posologie : 15 à 20 minutes, 3 fois par jour
Indication : Assainissement, tonus, ambiance forestière
Voie inhalation : 3 à 5 gouttes sur mouchoir ou dans bol d'eau chaude
Posologie : 5 à 10 minutes, 2 à 3 fois par jour
Indication : Encombrement nasal et bronchique
Voie bain : 5 à 10 gouttes dans base dispersante
Posologie : 1 bain tonifiant le matin
Indication : Fatigue, douleurs musculaires, convalescence
Propriétés
- antiseptique respiratoire
- expectorant
- stimulant corticosurrénalien (cortison-like)
- tonique général
- antalgique
- anti-inflammatoire
- décongestionnant lymphatique
⚠️ Contre-indications : grossesse et allaitement, enfants < 6 ans, insuffisance rénale (néphrotoxicité des terpènes à forte dose), allergie aux conifères
Toxicité : Néphrotoxicité possible des terpènes à doses élevées. Irritation cutanée par oxydation des terpènes. Globalement bien tolérée aux doses recommandées.
Précautions : Les monoterpènes (pinène) peuvent irriter la peau sensible : toujours diluer. Possible néphrotoxicité en usage prolongé à fortes doses. Conservation au réfrigérateur (les terpènes s'oxydent et deviennent irritants).
Associations synergiques
- Eucalyptus radié (infections respiratoires)
- Épinette noire (fatigue surrénalienne)
- Romarin ct. cinéole (bronchite)
- Ravintsara (immunité hivernale)
XII. BIBLIOGRAPHIE ACADÉMIQUE
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- Farjon A. A Handbook of the World’s Conifers. 2e éd. Leyde : Brill ; 2017.
PROPRIÉTÉS MÉDICINALES — NOTATION
- ★★★★☆ Expectorant / balsamique
- ★★★☆☆ Antiseptique respiratoire
- ★★☆☆☆ Rubéfiant (externe)